Le Test de Rungholt

Laurent Genefort, Albin Michel Imaginaire, 2026, 304 p., 13€ epub sans DRM


Pitch prometteur, lecture anesthésiante.
Entre deux autopsies d’aliens, j’ai cherché l’intrigue… elle est toujours portée disparue.
Même les cadavres avaient plus de vie que le récit.

Pitch de l'éditeur : 

L’humanité est sur le point d’entrer dans la Mosaïque, une vaste communauté extraterrestre.
Pour cela, un test de cohabitation est nécessaire et c’est Rungholt, une ville européenne, qui a été sélectionnée pour une période probatoire de vingt ans, pendant laquelle elle servira d’avant-poste.
Alors des milliers d’espèces différentes débarquent.
Ingrid Belloc, médecin légiste, est chargée d’aider l’inspecteur en chef Mendoza à résoudre les crimes liés aux visiteurs d’outre-Terre. Chaque corps à autopsier se révèle un nouveau monde à explorer, mais aussi une énigme redoutable. Le duo est chapeauté par un alien chargé de contrôler les enquêtes. Dénuée de la moindre once de diplomatie, Belloc possède un talent unique pour comprendre comment fonctionnent les corps extraterrestres.
Mais ce talent sera-t-il suffisant pour sauver le test de Rungholt ? 

 

Mon ressenti : 

D'ordinaire, un Laurent Genefort, ça s'achète les yeux fermés. D'ordinaire... A l'annonce de la sortie du livre, j'étais sûr à 80% que ce livre finirait dans ma liseuse ; il en est ressorti avec la même excitation qu'un bulot en fin de vie sur un étal de poissonnier. Le pitch promettait de l'aventure, le résultat m'a filé une ordonnance pour des antidépresseurs.

Bienvenue à la morgue. On suit Belloc, une légiste tellement aimable qu'on a envie de s'auto-disséquer pour ne plus l'entendre. Elle nous fait visiter l'Institut Légal avec un alien, et avant même qu'on puisse demander où sont les toilettes, paf ! Un cadavre. Le premier d’une longue et interminable liste…
Genefort nous balance des viscères et des termes techniques, mais oublie un détail : nous expliquer ce qu'on fout là. Le "Test" ? On s'en tape. Le monde ? Une salle d'attente de dentiste, mais avec des tentacules et sans les vieux magazines Gala.

La foire aux macchabées : C'est plat, c'est froid, c'est chiant :
Le deuxième crime : Un alien ressemblant à une étoile de mer est retrouvé mort. L'exoautopsie peut commencer. Le problème, c'est que nous n'assistons pas à l'enquête, nous aurons juste un résumé à la fin. Ce qu'il reste ? Une autopsie et des hypothèses. Zéro info sur l'univers, mais on sait que le cadavre puait. Super.

La troisième enquête : Un alien mort dans un terrain vague. On découvre que Belloc a une relation sentimentale et fait "crac crac" (histoire de vérifier si son propre cœur fonctionne encore, j'imagine). Et là, le sommet du livre : l'inspecteur Mendoza et le comparse alien de Belloc se tapent un match de foot dont tout le monde se fout. Le lecteur est laissé sur la touche, faute d'avoir tous les éléments pour résoudre l'énigme par lui-même. L'arrivée d'une maire froide ajoute une couche politique, mais sans chaleur humaine.

Le quatrième crime : Des aliens en pièces détachées dans la forêt. Enfin un peu de "puzzle" ! Le texte s'allonge, on parle enfin du Test de Rungholt. Les personnages commencent doucement à dégeler, on frôle presque l'émotion humaine. J'y crois !

Le cinquième crime : Un alien est retrouvé sans que l'on sache si c'est un crime ou une mort naturelle. Est-ce un meurtre ? Est-ce que le lecteur va s'endormir ? Je pensais que ce dernier cadavre lancerait enfin la grande aventure, mais le récit reste confiné dans sa stature clinique. La politique s'en mêle, ce qui permet de rajouter des dialogues froids comme une porte de chambre froide. Belloc continue de tripatouiller des organes, mais elle mène aussi l'enquête : vive la pluridisciplinarité !

Une fois la dernière page tournée, je me sens comme un stagiaire qu'on a forcé à vider des poubelles de viscères pendant 300 pages. Je ne sais rien du monde, juste des hypothèses. Ce livre est le premier tome d’une série, et nul doute que les éléments nous seront donnés au fil des volumes, mais cela m’étonnerait fort que je fasse partie de l’aventure pour la suite.

Ce livre, c’est un pur malentendu entre les intentions de l'auteur et mes envies de lecteur. J'ai détesté Belloc, sa morgue (au sens propre comme au figuré) et son côté "Cheffe-je-sais-tout-poussez-vous-je-découpe" m'a sérieusement tapé sur le système. J'ai eu l'impression de regarder un monde incroyable à travers le trou d'une serrure... et la serrure était bouchée par un morceau de foie d'alien.

Verdict : 2/5 🔬👽 (Et je suis généreux parce que j'aime bien les étoiles de mer.) (Et la couverture est magnifique)

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