Affichage des articles dont le libellé est Le Bélial. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Le Bélial. Afficher tous les articles

Eversion

mars 16, 2023

 

Alastair Reynolds, Le Bélial, 2023, 320 p., 12€ epub sans DRM


Sens dessus dessous


Pitch de l'éditeur :

Qui est Silas Coade ? Où se trouve-t-il ? Et quand ?
Un médecin, sans doute, à bord de la goélette Demeter, à l’orée du XIXe siècle, perdu dans les eaux norvégiennes en quête d’un Édifice dont il ignore tout ? Ou plutôt à la fin de ce même siècle, non loin du pôle Sud, sur la trace de ce même Édifice, prêt à rejouer un désastre annoncé ? À moins qu’il ne soit dans les entretoises d’un dirigeable, quelques dizaines d’années plus tard, en route pour le cœur de la Terre, sur la piste, toujours, de cette structure cyclopéenne mystérieuse ?
Silas Coade est médecin, et il se peut qu’il ne cesse de mourir à jamais, ici, là ou ailleurs… À moins d’envisager l’inenvisageable, et d’affronter l’impensable.

 

Mon ressenti :

Les vaisseaux en SF, c'est du vu, du revu, et du rerevu. A moins d'être un fan assidu et hardcore de maquettes, pas de quoi se ruer sur le pénultième roman avec un vaisseau. Ce qui est mon cas, moi qui ne suis pas en outre très friand de Space opéra.
Mais tu as beau prendre des résolutions, ne pas lire des trucs avec des vaisseaux de la mort of death qui navigue à 200% de la vitesse de la lumière, quand ce n'est pas ceux qui plient l'espace ou empruntent un trou qui les fait tomber où ils veulent (moi, lorsque je tombe, je me retrouve toujours dans une situation que je ne veux pas)... Malgré tout cela, certains (sale engeance d'éditeur) s'en contrefichent et sortent un bouquin avec un vaisseau et ajoutent insidieusement le nom de Alastair Reynolds en couverture. Moi je suis quelqu'un de faible : entre vaisseau et amour, je choisis amour. Amour d'un auteur et de sa série Les inhibiteurs. Qui se résume a des vaisseaux (et des IAs surpuissantes). Bref, tout ce que je viens de te dire que ce n’est pas ma came.
Et pour bien mettre un terme à tes putains de résolutions, ces moins que rien n'hésitent pas à mettre une putain de couverture (dont tu contrefous, car tu lis en numérique) qui envoie du lourd. Et comme tu n'es qu'un pov' clébard, tu sors la CB et tu achètes un roman avec des vaisseaux...

Après tous ses préliminaires, tu t'attends à lire une histoire avec un immense vaisseau tip top original, surtout avec Alastair à la barre. Et tu remarques qu'il s'agit seulement d'une saloperie de bateau, un vaisseau naval quoi, une putain de barque !!! J'entends d'ici que vous vous exclamez : tu n'as pas vu le bateau sur la couverture qui déchire ? Si, mais je pensais que c'était un truc de graphiste, une licence poétique... Et je ne lis plus les 4e de couverture....

Un livre, deux couvertures :
La vraie à gauche, faite par un illustrateur, Amir Zand
L'autre par une IA qui a pris le titre au pied de la lettre... (comme moi)


Plutôt méchamment pas content, je m’aperçois que je ne sais même pas ce que cela veut dire Eversion. Étant une personne intelligente, je sors mon dico qui me dit que c'est une histoire de pied. De pied !? Mais il est où le bateau dans l'histoire ? Car dans la mienne d'histoire il y a un bateau. Je réfléchis un peu et me rappelle que les distances dans ce bouquin sont en pieds (merci le traducteur ! Encore un payé à rien foutre). Voilà donc ce fameux rapport ? Ou alors que c'est pour dire que ce bouquin, c'est le pied ? Trop de possibilités pour mon cerveau canin... Je balance donc mon dico et consulte Google qui me déçoit rarement (vive les IAs), qui me dit que Eversion n'est pas une histoire de pied mais de sphère. Et c'est vrai que dans le film Sphère, il y a bien bien des vaisseaux : des bateaux, des sous marins et même une sphère et que ce film n'était pas le pied.

Plus hard que la hard-SF, la définition qui t'embrouille au lieu de t'éclairer :

"le mouvement d'éversion du pied est le fait de porter la face plantaire en latéral (vers l'extérieur), en soulevant le bord latéral du pied. Cette torsion externe associe flexion dorsale et valgus du pied (abduction et pronation). Elle s'oppose à l'inversion ou torsion interne, associant flexion plantaire et varus du pied (adduction et supination)."


Tout concorde (un avion est-il un vaisseau ?) enfin, je peux continuer ma lecture. Qui me fait rapidement boire la tasse, car le bateau à voile est finalement un bateau à vapeur ! Eh oh le traducteur, il serait pas l'heure de prendre sa retraite ? "Pfff, ces traducteurs, j'vous jure. Pas comme ça qu'on va relever la France !" Bref, c'est le bordel complet, tout est inversé, sens dessus dessous et vice versa, et plus j'avance dans ma lecture, plus je sais que je ne pourrai rien en dire et que je devrais faire une chronique qui parlera de tout sauf de l'histoire, une longue digression. Et que tu t’aperçois pauvre lecteur de mon blog, que tu viens de perdre quelques minutes pour ne rien savoir de plus.

Mais comme je suis quelqu'un de sympa tout de même, juste une constatation après la dernière page tournée : lit Eversion, c'est le pied.
Et là, enfin, l'illumination : pied - chaussures - chaussures bateau !!! Yes.

D'autres avis sur le fil dédié du forum Le Bélial


Bifrost n.107. Spécial Fictions

mars 02, 2023

Bifrost, Le Bélial, 2022, 192 p., 6€ epub sans DRM


De bonnes nouvelles, d'autres moins...

Deux vérités, un mensonge, de Sarah Pinsker
Deux amis d'enfance se retrouvent après de nombreuses années suite au décès d'un frère. Je suis passé complètement à côté de ce texte qui nous parle d'histoires et de vécu. C'est fantastique et très méta, et ce fut très ennuyeux pour moi.

Après les âges sombres, de Jean-Marc Ligny
Suite de son recueil Dix légendes des âges sombres ? Ce recueil se terminait par quelques notes d'espoir que l'on retrouve ici. Les âges sombres sont loin, et on suit les pas du vieux Daniel, homme solitaire vivant au milieu de tours effondrées en cultivant son lopin de terre. La vie reprend doucement le dessus, faune et flore commencent leur printemps, le retour à la nature moins virulente fait doucement son apparition. Mais l'homme rode. J'aime bien le Ligny sombre mais ce texte parvient à lier désastre et espoir, timide mais bien présent pour un bon plaisir de lecture.

Les Cinq éléments de l’esprit du cœur, de Ken Liu
Au Belial, ils aiment Ken Lieu, moi, c'est beaucoup plus mitigé. Et avec un titre comportant "l'esprit du cœur", je pars plus que sceptique dans ma lecture, à la limite de la gerbe..
Seule survivante dans une capsule de survie, Tira tente son ultime chance de s'en sortir, faire un saut dans un système inconnu en croisant les doigts pour que quelqu'un s'y trouve.
Un début qui rappelle l'esprit pulp mis au goût du jour, une histoire d'amour qui rappelle aussi le pulp
Et une chute qui rattrape, un peu, le tout grâce à l'explication scientifique qui me semble avoir été confirmé depuis.


Franck Goon
Ombres, de Ketty Steward
L'illustration et le titre me faisait croire à une histoire qui fait peur, mais non (quoique)
Enfin les femmes au pouvoir. Enfin presque, car le pouvoir c'est de la merde. Une nouvelle société plus juste... vous connaissez la musique.
J'ai bien aimé ce texte qui joue avec les ombres, ce qui est écrit entre les lignes. Peut être un peu didactique par moment, mais cela participe à ce jeu d'ombres et de lumière, de vignettes de la vie quotidienne et de point de vue sociétale.

Sarcophage, de Ray Nayler

Une planète glacée et glaciale avec un individu seul tentant de rejoindre un abri.
Moi, lorsque je lis glace, je pense à Frankenstein et à The thing. Donc j'ai peur. Ajoutez au pitch un possible monstre et la tension monte d'un cran, voir deux. Finissez par une chute comme celle là, et vous voyez un chien partir apeuré. Et si on a peur, c'est que le texte est réussi.

Encore 5 ans, de Audrey Pleynet
Imaginez le monde en arrêt total. Une pause pour laisser le temps à la planète de se refaire une petite beauté. 15 ans, pas une seconde de plus. Mais pourquoi pas encore 5 ans pour peaufiner ?
Une belle idée, une belle utopie, mais j'aurai arrêter la nouvelle quelques pages avant la fin.
Ce qui me fait penser que je dois lire le réveil de la madame, Ellipses.

Le cahier critique m'a rappelé de me pencher sur le livre L'architecte de la vengeance et la trilogie Métro Paris. En regardant les prix par rapport au nombre de pages, j'ai remarqué que l'on arrive bientôt à 10 centimes la page pour les bouquins de 200 pages environ. Acheter des pavés est bon pour votre porte monnaie.

Un parole de consacré à Gwennaël Gaffric, le monsieur qui a traduit, entre autres, Le problème à trois corps. Toujours intéressant et trop court. et pour la traduction de 辛苦了, je propose Merci pour ton travail.

Je crois que je me suis mis à traduire par paresse d’écrire


Pour finir Roland Lehoucq s'adjoint les compétences de Fabrice Chemla pour analyser la protomolécule de The Expanse. On y apprend plein de trucs, comme la différence (et parfois l'existence de terme) entre fluorescence, phosphorescence, chimiluminescence et bioluminescence. Et plein d'expérience à réaliser chez soi :

Au quo­tidien, le Schweppes Indian Tonic à l’extrait d’écorce de quinquina (donc de quinine) est fluorescent dans le bleu quand il est éclairé par de la lumière ultraviolette.

la banane est fluorescente

J'apprends aussi pourquoi les méchants criminels mettent de la javel, ce n'est pas pour effacer le sang !

le luminol réagit avec le fer de l’hème sanguin (10) en présence d’eau oxygénée. La réaction produit une molécule dans un état excité qui re­vient à son état fondamental en émettant une belle lumière bleue, très semblable à celle de la protomolécule. C’est ainsi que les enquêteurs peuvent détecter la forme et l’étendue des taches de sang, même si la couleur de celles-ci s’est atténuée avec le temps. Un système qui n’est pas sans limite, car le luminol réagit également avec l’eau de Javel par exemple : nettoyer une scène de crime à l’eau de Javel permet de brouiller les traces en provoquant aussi la chimiluminescence du luminol.
Le Paroles de Nornes nous donne les lauréats des grands prix, avec en entre autres ceux du GPI et quelques pics en passant. (c'est l'amour fou entre eux).

Bifrost n.108. Octavia E. Butler

février 23, 2023

 

Bifrost, Le Bélial, 2022, 192 p., 6€ epub sans DRM


Un bon numéro, avec deux auteurices que j'aime : Ketty Steward et Nicolas Martin.
Cela aurait pu être exceptionnel, malheureusement...

 
Collatéral, de Peter Watts
Des pêcheurs se font tuer par un cyborg militaire. Indignation mondiale, plateaux de télévision et l'armée qui tente de limiter la casse voir d'en sortir grandit.
Un jeu de dupes où on s'interroge sur la responsabilité du cyborg, de l'armée et de la technologie. La démonstration est brillante est fait froid dans le dos. Seul bémol, Peter Watts amoncelle trop de quincaillerie SF à mon goût.


Un soir d’orage, de Nicolas Martin
 


Glace, de Rich Larson
Deux frères, deux caractères, un groupe de jeunes et l'intégration. Difficile lorsque l'on est différent.
Je n'ai pas du tout accroché à ce texte a cause d'un univers froid et assez peu évocateur pour moi. La relation entre les deux frères m'a semblé assez convenu. Cela fait désormais plusieurs nouvelles que je lis de Rich Larson et la conclusion s'impose : il ne semble pas compatible avec le chien...

Enfants de sang, d’Octavia E. Butler

Fan de SF, tu as sûrement vu District 9 ? L'univers est le même mais inversé, ici ce sont les humains qui sont dans une réserve. Mais une réserve de quoi ?
Lorsque en quelques pages tu as l'impression d'avoir lu un roman de 300 pages, c'est soit que ce fut très laborieux, soit que l'univers créé te laisse ton imaginaire foisonner. C'est bien entendu la seconde explication qui est la bonne ici. Tout est juste, bien esquissé avec des protagonistes solides et une histoire qui tient la route et riche en sujets.


Pas grand chose qui m'ont donné envie de lire dans le cahier critique. De la fantasy de l'histoire, de la presque SF. C'est vrai aussi que lire son Bifrost 5 mois après parution n'aide pas, les romans qui me faisaient de l'oeil ayant déjà été lus : La guerre des Marionettes, Les Chants de Nüying, Composite (critique à venir), La Millième nuit. Et j'avais déjà lu ce qui aurait pu me plaire. Je note toute de même Un pays de fantômes de Margaret Killjoy chez Argyll, Le livre de Phénix de Nnedi okoraror et Nos futurs solidaires chez Actusf. Dans son édito, le chef parle de surproduction, mais même si la taille du cahier critique augmente (des avis plus longs souvent) on y trouve de plus en plus d'éditeurs généralistes...

Viens l'interview de Guillaume Sorel qui est excellente. Je pensais être un extra terrestre dans mon rapport avec les femmes et je vois que je ne suis pas seul. 


Cela me permet de parler ici de la couverture qui a fait couler beaucoup d'encre sur les réseaux sociaux (mais étrangement aucune réaction sur le forum du Bélial, pourtant rarement avare en débats houleux...). Au delà de l'illustration que je trouve belle, il y a deux choses qui m'ont choqué.
Comme on parle de Octavia E. Butler, on met une Africaine en couverture, automatiquement.
L'expression Femme puissante, qui est pour moi insultante voir contradictoire : est ce à dire que la majorité des femmes sont.... Et quand on parle des grands de ce monde, on dit les puissants, pas les hommes puissants.
Dans un article du dossier, Ketty Steward dit une chose qui je trouve résume bien mon ressenti sur la couverture :

Que comprenons-nous réellement de son travail si nous nous bornons à la considérer comme femme, noire et américaine, avec ce que nous fantasmons habituellement de ces caractéristiques? Quelles cécités nous créons-nous en supposant cette écrivaine capable, seulement, de rendre compte de sa réalité vécue, en un lieu et un instant donnés ? Comment apprécier son sens du récit, sa dextérité à manipuler les mythes, à placer l'espoir dans une approche du temps long et de l'espace infini ainsi que sa préoccupation pour le devenir de l'espèce humaine, si l'on s'obstine à ne voir en elle que la fille d'un cireur de chaussures, forcément obsédée par l'esclavage et sa propre couleur de peau?

Une couverture à chier donc.


Dossier Octavia E. Butler
J'ai connu la prose d'Octavia il y a 20 ans avec la sortie de La parabole du talent chez Au diable Vauvert. Et sa suite, deux romans que j'avais trouvé excellents mais je n'avais trouvé malheureusement rien d'autre d'elle.
Le premier article revient sur son parcours en liant bio et bibliographie. Très clair, il permet de connaître la dame et ses sujets de prédilection. Et je n'en reviens pas de comment elle est morte ! (en se prenant les marches de sa porte dans la gueule)
Suit un entretien avec l'autrice un peu bizarre, les questions n'y figurent pas, cela reste toutefois compréhensible. Un peu court mais j'aime beaucoup la façon qu'elle a de voir le monde et les rapports humains.
Ketty Steward analyse l'incommunicabilité, l'empathie et les rapports de domination dans l'oeuvre d'Octavia. Une clé de lecture fort intéressante, pour comprendre ses écrits mais aussi nos rapports sociaux.



L'éditrice de Au diable Vauvert revient sur les livres, les publications et sa réception en France. Marrant de voir comment la vie d'un livre peu évoluer au cours du temps, des modes. Octavia a été un peu en avance sur son temps et même si elle bénéficié de la reconnaissance de son vivant, cette dernière ne fut qu'un pâle écho de ce qu'elle est aujourd'hui. En attendant, chez le diable, Octavia ne disparaîtra pas de sitôt.

La série Patternist ne me donne pas envie, Liens de sang (voyage dans le temps à l'époque esclavagiste pour une protagoniste noire) me fait de l'oeil, comme le cycle de Xenogenesis (dont j'attendrai la fin de la publication pour m'y plonger, soit courant 2024). Un recueil de nouvelles devrait paraître en 2025, et il sera mien. Quand à la série des Paraboles, il faudra bien un jour que je la relise.


Explorer le milieu interstellaire, par Roland Lehoucq
Comment voyager vite et loin ? Pas grâce à la technologie (même si cela aide) , mais grâce à des astuces d'homo-sapiens. Bref il s'agit de trouver des astuces pour faire avec les moyens du bord. Mais pourquoi allez loin. Roland te dit tout.

 
 
 
D'autres sons de cloche sur le forum du Bélial

La Millième Nuit

janvier 05, 2023

 

Alastair Reynolds, 2022, Le Bélial, 144 p., 6€ epub sans DRM

 

« Regardez ! » Quelqu’un désignait le ciel. « Une étoile filante ! »
J’ai levé les yeux assez vite pour apercevoir la traînée avant qu’elle ne disparaisse. Peut-être un bon présage, ai-je songé. Sauf que je ne croyais pas aux présages, moins encore lorsqu’ils se résumaient à des morceaux de gravier cosmique projetés sur l’atmosphère d’une planète.

 

Sans fin,  reproduire les mêmes erreurs.

 

Pitch de l'éditeur :

Dans plusieurs millions d’années…
Ayant essaimé à travers l’ensemble de la Galaxie, l’humanité s’est divisée en une myriade de cultures et civilisations adaptées à des contraintes environnementales et des modes de vie aux variétés pour ainsi dire sans limites. Ainsi en est-il de la Lignée Gentiane, mille clones immortels ou presque, issus d’une souche unique, qui arpentent les étoiles depuis des centaines de milliers d’années. Si, au fil du temps, chaque membre de la Lignée s’est singularisé, explorant et poursuivant ses intérêts propres, tous les deux cent mille ans, selon une antique tradition œcuménique, l’étrange fratrie se réunit pour partager ses expériences, souvenirs et projets – des célébrations grandioses qui culminent lors de la Millième Nuit. Jusqu’à ce qu’un grain de sable ternisse les dernières retrouvailles… Un détail, une anomalie insignifiante derrière laquelle pourrait bien se cacher un complot à l’échelle proprement astronomique…

 

Mon ressenti :

La famille, c'est important. Alors on se réunit régulièrement pour parler de ce chacun a fait durant la séparation. Et parfois certains enjolivent leurs aventures, voir parfois mentent, surtout le mouton noir, la brebis galeuse, le vilain petit canard de la famille. Voilà le topo du livre, pas très vendeur il faut bien l'avouer. Mais c'est Alastair Reynolds aux manettes, et il n'est pas un chien, il a du talent et de l'imagination. Donc sa réunion de famille est clairement exceptionnelle. On entre dans le récit comme un gendre ou une bru on ne comprend rien à tous ce qui est baragouiné. Mais peu à peu, au fil des rencontres,  le voile se lève...

Cette novella est faite pour t'en mettre plein les mirettes si tu aimes les choses impossibles, le gigantisme. C'est typiquement le sense or wonder, la came tant recherchée par les amateurs de SF. Petit plus ici, pas besoin à mon sens d'être un quincailler de l'imaginaire pour le lire, l'auteur ne s'encombre pas de technicité, les images parlent d'elles même. Seul défaut pour moi, la partie whodunit du texte. Comme le personnage principal assez indifférent, cela ne semble pas intéressé l'auteur. La révélation fait donc un peu pétard mouillé, assez décevant mis en parallèle avec l'univers créé.

Quoiqu'il en soit, l'auteur a écrit dans le même univers un roman, House of Suns, qui sera traduit prochainement par l'éditeur, et je ferai parti des lecteurs.  

D'autres avis sur le forum du Bélial


Bifrost n.106. Kim Stanley Robinson : Terraformeur utopiste

novembre 21, 2022

Bifrost, Le Bélial, 2022, 192 p., 6€ epub sans DRM


Kim Stanley Robinson est un auteur reconnu en SF, surtout pour sa trilogie martienne. Pourtant, tout le monde semble s’accorder sur un truc : c'est pas OUF.


Venise engloutie, de Kim Stanley Robinson
Voilà un titre simple qui résume parfaitement le texte. Quelques habitants vivent sur les toits aménagés  de bric et de broc - et oui, le bas des maisons est sous les eaux - et vivotent grâce au tourisme. Et oui, il y en aura toujours pour vivre sur le dos des catastrophes. Une tranche de vie précaire où il faut serrer les dents pour survivre. Ça se lit tout seul et vaut surtout pour ce commerce de la pauvreté.
Je ne peux que voir le parallèle avec le roman New York 2140 même si la ressemblance semble s'arrêter sur l'aménagement des toits.

On est peut-être des sims, de Rich Larson
Encore un titre qui résume parfaitement le texte, le monde deviendrait-il parfait ? Ou bien je suis dans une simulation qui me donne ce que j'ai envie, comment savoir ? C'est la même question que nos trois condamnés envoyés dans l’espace se posent. Un seul moyen pour connaître la réponse.
Un texte court qui arrive à nous rendre des personnages crédibles et une histoire qui tient debout sur un sujet recraché

Résonance lointaine, de Johan Heliot
Le Syndrome de Reconfiguration Neuronale ou Effet Enstein plonge les gens dans le coma. Certains se réveillent d'autres non. Mais en cas de réveil, le syndrome Einstein donne à ces personnes une soif de connaissance inextinguible. Voilà le genre de textes que j'aime, profondément humain, et qui rend réel l'imaginaire de l'auteur.

Expiation, de Tade Thompson
On suit les pas d'un mec qui entre dans un bar et où tout semble se passer très bizarrement. Sur une thématique ultra classique, l'invasion alien, l'auteur nous pond un texte bien conçu, drôle et flippant à la fois. 

Le guide de lecture m'a donné envie de me pencher sur Austral de Paul J. McAuley

Kim Stanley Robinson : Terraformeur utopiste
Un bon dossier sur Kim Stanley Robinson qui m'a été très utile, merci L'épaule d'Orion) comme j'étais en train de lire Mars la rouge, que j'ai trouvé très chiant mais aussi intéressant. Cela a l'air d'être le style de l'auteur : de très bonnes idées mais des personnages inexistants, d'interminables longueurs et des raccourcis heureux. J'ai noté cependant deux titres, malgré les bémols : Les Menhirs de glace et Aurora. Mais aussi de découvrir un vieux roman, 1894, La fin du monde de Camille Flammarion, ainsi que Le Pire voyage au monde d’Apsley Cherry-Garrard (chez Paulsen), et La Lune est blanche de François & Emmanuel Lepage


Roland Lehoucq revient sur le film Don't look up. Pour celles et ceux qui se demandent inquiets si le ciel va leur tomber sur la tête, la réponse est dans l'article. Un très bon sujet, moins demandeur de paracétamol que d'autres. Et pour ceux qui ne veulent pas acheter ce numéro, il vous reste à écouter la méthode scientifique :


Grand entretien avec Kim Stanley Robinson
Jeudi 24 juin 2021
“La science-fiction est le réalisme de notre temps. C’est la meilleure façon de décrire le monde dans lequel nous vivons.” Et de facto, la littérature de notre invité est très ancrée dans notre présent ou dans un futur sur le point d’advenir… C’est lui qui imagine au début des années 90 ce que sera la colonisation de Mars, dans une trilogie qui fait date dans l’histoire de la SF. Il imagine encore le futur proche de notre planète soumise aux bouleversements climatiques anthropiques ou encore trois avenirs possibles à l'État de Californie. Multiprimé, toujours sensible aux questions politiques et écologiques, notre invité s’est également essayé à l’Uchronie dans une Europe décimée par la peste et reconquise par les civilisations asiatiques. Nous avons l’immense plaisir de recevoir Kim Stanley Robinson.
 
D'autres avis sur le forum du Bélial

Une Heure-Lumière - Hors-série 2022

novembre 17, 2022

 

Priya Sharma, Le Bélial, 2022, 112 p., presque gratuit

 
 
Chaque année, c'est la même rengaine chez Le Bélial : un Hors-série offert pour l'achat de deux titres (papier) de la collection « Une heure-lumière » (UHL). Et chaque année, j'attends avec impatience qu'une âme charitable me donne un de ses doubles. Je redonne normalement ce HS à Yogo des Lectures du Maki, mais cette année, c'est lui qui me l'a donné. Alors que faire ? Réponse en fin de billet...

Des bêtes fabuleuses

La Fantasy, tout le monde le sait, c'est nulle. Mais beaucoup en lisent... Et parfois, rarement faut pas déconner, on y prend du plaisir. Avec ce texte, ce fut le cas pour moi. Ça cause d'une fille vivant avec sa mère dans un quartier délabré. Mais cette fille a une particularité, c'est une princesse et un monstre !
Même si nous sommes en terre Fantasy, c'est un texte bien ancré notre réalité sociale. Je ne peux malheureusement pas dévoiler le sujet tabou mais je peux vous dire qu'il s'agit d'une thématique encore actuelle malheureusement. Un texte simple, où les personnages prennent de l'épaisseur et de la nuance au fur et à mesure de l'avancée du texte. Même si la chute n'est pas brutale, l'histoire en comporte assez, cela se termine par une note de résilience bienvenue.
 
Une autre tradition des HS UHL, c'est le catalogue qui reprend l'intégralité des opus publiés. Et cette année, innovation, avec une présentation sous forme de menus pour choisir lesquels acheter selon ses goûts. C'est sur une idée de Vanille du blog La bibli derrière le fauteuil dont l'éditeur lui a demandé de concocter d'autres menus pour cette occasion. (tu peux retrouver les anciens ici)
 
Voilà ce que je pense de cet HS, mais quoi de mieux que de se faire un avis par soi-même ?
Comme il est difficile de se procurer ce HS alors que l'opération est terminée. Cependant le HS UHL a une particularité, c'est un livre voyageur. Il est arrivé à moi via un maki, qui n'a malheureusement pas goûté au récit. Et il continuera de voyager. Pour être sa prochaine destination, il suffit de répondre à une question : de quelle couleur étaient les premiers UHL ?
La première personne me donnant la bonne réponse ET son adresse postale gagne.
Ta réponse à lechiencritique@gmail.com...
Trop tard pour toi, nous avons un gagnant.
La réponse :Les 4 premiers titres de la collection ont eu un souci lors de l'impression est la couverture était rose/violacée. https://forums.belial.fr/viewtopic.php?f=16&t=4611&start=340
 

 

Bifrost n° 105. Leigh Brackett : La dame de Mars

juin 01, 2022

Bifrost, Le Bélial, 2022, 192 p., 6€ epub sans DRM


Mon cher Bifrost continue d'étoffer ma culture SF, avec encore une autrice que je ne connaissais que de nom. Avec un scoop, la dame de Mars n'est pas la femme d'Elon Musk !


Père, de Ray Nayler
Une petite uchronie où un fils retrouve son père après sa disparition...
L'auteur arrive à nous peindre cette société où l'étranger robotique n'est pas toujours le bienvenu. Il m'a manqué cependant un peu d'attachement aux personnages pour être tout à fait emporté.

Cavorite, de Laurent Genefort
Je connaissais les romans fix up, mais pas les nouvelles fix up, Laurent Genefort l'a fait. Après ses temps ultramodernes, son traité de cavorologie, place aux faits divers dans ce monde où la cavorite bouleverse le monde. Une très bonne idée que ce traitement journalistique explorant toutes les facettes des médias. La conclusion est OUAH.

Les plus lucides de ces savants se décident enfin à comprendre que les entrailles de la Terre ne sont pas inépuisables et qu’un jour viendra, plus tôt qu’on ne le croit, où notre globe, creusé à l’instar d’un vieux navet, ne recélera plus une parcelle de cavorite ni une goutte de pétrole.
Alors, tas d’andouilles, comment les ferez-vous marcher, vos machines volantes, vos bécanes à essence ?
Quand ce moment arrivera, dites-vous, vous ne serez plus de ce monde, et vous vous fichez de ce qui se passera alors. Joli raisonnement et qui montre bien de quel égoïsme se pétrit votre âme sèche.


La tragique affaire, de Eric Brown
Les martiens ont colonisé la Terre, mais ne doivent pas avoir de bons enquêteurs par chez eux car ils décident de faire appel à un célèbre détective, Sherlock Holmes.
C'est léger, mais je m'attendais à plus avec cette idée. La fin arrive abruptement et le format court ne permet pas de développer une véritable enquête.

Toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, de Leigh Brackett
Premier texte que je lis de Leigh Brackett, et sûrement pas le dernier. La terre fait la connaissance d'aliens qui tentent d'amener l'humanité vers un meilleur avenir. On vit dans la peau d'un couple qui découvre la Terre et les hommes qui y vivent. Mais être homme ne suffit pas pour avoir de l'humanité.
Un texte glaçant autour du racisme. Une belle réussite.

Dans le cahier critique, je n'ai pas repéré grand-chose. Bienvenue au paradis de Alexis Legayet me faisait de l'oeil, mais il n'existe pas en numérique. Tant pis...
Le coin des revues et son Galaxies SF tant attendue sont une très bonne livraison, permettant de déployer les ailes de l'imagination féconde de Thomas Day.
Paroles de s'attarde sur un représentant de chez Harmonia Mundi, un diffuseur. Même si l'entretien permet de se faire une idée du métier de diffuseur, j'ai trouvé qu'il n'était pas assez pousse dans ce métier, à part que c'est un routier qui passe son temps entre deux librairies.


Place au dossier Leigh Brackett. Le premier article retrace le parcours littéraire de l'autrice, surtout connu pour son Le Grand Livre de Mars. Ne connaissant rien à la dame, ce fut instructif pour moi même s’il me manque quelques éléments sur sa vie, l'article s'attardant plus sur ses textes.
L'interview en commun avec son mari,  Mr Edmond Hamilton, est un très bon morceau de choix. Suit un article faisant le point sur sa carrière de scénariste et le traditionnel guide de lecture. Sa nouvelle Toutes les couleurs de l’arc-en-ciel m'avait laissé croire que Leigh allait me plaire, mais non, pas trop ma came. Deux nouvelles me font de l'oeil tout de même :

En mai 1956, les lecteurs francophones découvrent la première nouvelle de Leigh Brackett dans la revue Fiction (n° 30). « L’Animal » (« The Tweener », The Magazine of Fantays and Science Fiction, février 1955) marque comme une sorte de nouvelle manière de l’auteur. L’accent est mis sur le côté xénophobe de l’être humain. L’histoire de cet animal martien ramené au sein d’une famille terrienne, et qui en bouleverse la vie, est exposée de manière très réaliste.
Fiction publie en avril 1959 (n° 65) une autre nouvelle notoire de l’auteur, « Les Immigrants » (« The Queer Ones », Venture SF, mars 1957), retraçant les aventures d’un groupe d’extraterrestres venu s’installer subrepticement sur notre planète et provoquant des réactions de rejet de la part des autochtones.


Scientifiction nous propose pour la première fois un entretien avec une cane. Cane qui a une spécificité : elle pond des oeufs en or. Ne connaissant pas mon Asimov, cela ne m'a guère empêché de goûter à ce texte qui swingue entre humour et cours de chimie.

Pour finir, une petite déception avec le paroles de Nornes, mon feuilleton Tout sur Dune n'y est plus présent. Dommage, il me restait des pop corn.

D'autres avis sur le forum du Bélial

Bifrost n.104. Stanislas Lem : un siècle de solaristique

mai 19, 2022

 

Bifrost, Le Bélial, 2021, 192 p., 6€ epub sans DRM


Presque un an de retard dans ma lecture des Bifrost, cette situation ne pouvait plus durer !


Willy le zinzin, Stephen King
Dans une famille, le dernier semble ne pas avoir toute sa tête, il aime la mort et discute avec son grand-père, jusqu'au jour où...
Un texte autour d'une actualité mondiale récente (devinez laquelle !) qui manque d'épaisseur sauf pour dénoncer le coût de la santé aux USA.

Un soupçon de bleu, de Ken Liu
Une uchronie où l'énergie est désormais dragonique. Dans une petite ville, l'arrivée de dragons laisse présager un développement économique.
Ken Liu se concentre sur ses personnages pour nous conter son histoire, qui se situe bien dans le genre de la SF malgré la présence de dragons. Beaucoup de choses s'en dégagent en peu de mots. A lire.

Fantômes électriques, de Rich Larson
Un échange dans une boîte de nuit entre une biologiste et la patronne du bar. Et un alien...
Pas compris où l'auteur voulait m'emmener, mais le chemin n'est pas désagréable, seule l'arrivée m'a laissé dans l'expectative.

Sixième croisade, ou comment Trurl et Clapaucius conçurent un démon de seconde espèce afin de terrasser l’infâme Grandgueulier, de Stanislas Lem
Un début très loufoque, comme l'indique le titre, autour d'un itinéraire spatial et des lieux parcourus. Après quelques pages on s’aperçoit qu'il s'agissait d'une sorte de guide plus ou moins imaginaire entre les mains de réels navigateurs. Je pensais que cela allait prendre une autre envergure, mais non, on reste dans le loufoque. Bref, je suis passé à travers ce texte dont les protagonistes sont l'objet d'une série de l'auteur.

Le cahier critique

Quelques livres étaient passés sous mon radar, j'avais oublié de noter d'autres pour les lire plus tard :
L'intégrale des romans de Gérard Klein, Espace-temps K, je n'ai jamais lu l'auteur, une bonne occasion de m'y mettre (et on reviendra sur sa casquette de directeur de la collection Ailleurs et Demain plus bas); La dernière Arche de Romain Benassaya, Oublier les étoiles, de XM Fleury
Thomas Day ne s'est pas arraché les yeux pour une fois en lisant les revues. Le "paroles de" nous fait un retour à Sauramps avec un nouveau libraire en charge du rayon imaginaire en lutte contre une direction plus versée par la diversification de la marchandise pour augmenter ses profits. Si en plus on vend un ou deux bouquins à côté, pourquoi pas !

Au travers du Prisme : Stanislas Lem

Viens le gros dossier Stanislas Lem, auteur que je ne connais guère et dont le seul écho que j'avais de lui était l'adaptation de son roman Solaris qui m'avait laissé sur le bord du chemin.
Après une biographie, des articles sur Solaris le cycle de Ijon Tichy, et de l'essai Summa technologiae, une grosse interview, tronquée dans la version papier, mais disponible dans la version électronique. Un beau morceau qui devrait plaire au plus grand nombre, de part la variété des sujets abordés. J'ai bien aimé son analyse sur le pourquoi certains livres se vendent et d'autres non. Certains passages sont un peu intellectuels pour moi cependant, mais tout le monde n'est pas aussi con que moi.
Le guide de lecture en français et en langues étrangères, faut dire que les textes disponibles en librairie sont plutôt rares. Ce n'est guère louangieux sur la bibliographie de Lem. J'ai noté un titre, mais du bout des doigts : L'invincible Son oeuvre a largement été adaptée, peu on franchit la frontière de l'Est et quasi aucun n'a su dépasser celle de la qualité. 
Quoiqu'il en soit, un solide dossier, comme souvent avec cette revue.

Scientifiction s'attarde sur les cryptomonnaies, en particulier le bitcoin et les NFT. J'y ai lu un truc étrange dont je n'avais jamais entendu parler : les prêts nus. Tu te prends en photo et vidéos et tu reçois de l'argent en échange. Si tu ne rembourses pas, hop sur le net ... L'humain n'aura de cesse de m'étonner.



Paroles de Nornes ou quand Lloyd Chéry se prend une veste.
Après un détour sur la collection Ailleurs et demain qui porte bien mal son nom désormais, Ailleurs et hier serait plus à propos, cette collection ne sortant plus de nouveautés. La cause : une guéguerre entre chefs, ego et sûrement pièces sonnantes et trébuchantes...
 
 
Retour de l'affaire sur le prix GPI accordé à Dune dans le Bifrost n.103 :


 

Le jury exige un droit de réponse dispo dans le n.104



 
qui donne droit au droit de réponse du chef de Bifrost dans le même numéro


Entre le fait d'accorder un prix à un membre du jury et la réponse grandiloquente, pas sur que la SF en sorte grandie et je me demande si connaître les coulisses du fandom SF est d'un quelconque intérêt (à part manger des pop corn)

 

Sept secondes pour devenir un aigle

avril 25, 2022

Thomas Day, Le Bélial, 2013, 352 p., 8€ epub sans DRM


La Terre se porterait-elle mieux sans l'Homme ?

 

Présentation de l'éditeur :

Une île du Pacifique à la fois tombeau de Magellan et unique territoire d'un arbre à papillons endémique...
Un homme au visage arraché par un tigre mais qui continue de protéger « la plus belle créature sur Terre », coûte que coûte...
Un Sioux oglala sur le chemin du terrorisme écologique...
Un trio de jeunes Japonais qui gagne sa vie en pillant la zone d'exclusion totale de Fukushima...
Des Aborigènes désœuvrés cherchant dans la réalité virtuelle un songe aussi puissant que le Temps du Rêve de leur mythologie...
Une Terre future, post-Singularité, inlassablement survolée par les drones de Dieu...


Mon ressenti :

C'est la première fois que je me lance dans un livre de Thomas Day. J'avais bien lu quelques nouvelles ici et là, publiées dans la revue Bifrost, mais jamais du 100% Day. Suite au numéro spécial sur l'auteur dans la même revue, l'envie d'en découvrir plus est nait, même si j'vais un peu peur : j'entendais ici et là que ses textes étaient souvent âpres, violents et remplis de stupre. Après lecture, il y a un peu de vrai, mais pas autant que je le craignais. Ai-je aimé ? OUI, j'ai même rempilé avec un autre recueil de l'auteur : This is not America. Le sujet qui se dégage est l'écologie au sens large. Publié en 2013, il est toujours d'une actualité brûlante. J'ai trouvé que Thomas Day sait très bien brosser un univers et des personnages crédibles en quelques lignes, il va droit à l'essentiel tout en donnant des détails ici ou là.

Première chose à l'ouverture du recueil, je ne vais pas pouvoir râler contre l'éditeur : un avant propos, une postface, une bibliographie et des illustrations ! Voilà qui met dans de bonnes conditions de lecture.


Mariposa
Un texte qui nous parle du voyage de Magellan, d'une île, Mariposa, et des arbres à papillon. Le rapport ? Et bien il faudra lire ce texte fantastique pour l'apprendre ! Même si je ne connais pas l'histoire de Magellan, cela ne m'a pas empêché d'apprécier la ballade temporelle sur plusieurs époques.


Sept secondes pour devenir un aigle nous emmène dans les pas d'un jeune indien dans une sorte de parcours initiatique. C'est beau, c'est violent (moralement), ça en dit plus que tout ce qui n'est pas écrit. Le titre est superbe. Alors pourquoi 7 secondes pour devenir un aigle ? La nouvelle est gratuite, tu cliques et tu lis.

Éthologie du tigre nous emmène au Cambodge dans les pas d'un amoureux des tigres. Un très bon texte, sauf pour l'histoire d'amour, autour du tourisme "vert". L'occasion en trois actes de prendre connaisse d'un mythe cambodgien.

Shikata ga nai nous parle de la zone contaminée de Fukushima où des paumés tentent de vivre en pillant ce qui peut l'être. Ca se lit rapidement et s'oublie aussi rapidement.

Place à l'Australie avec Tjukurpa où de jeunes aborigènes tentent de retrouver leur lieu de vie avant l'arrivée de l'homme blanc. Entre cyber réalité et réalisme glaçant.


Lumière Noire est la version longue d'une nouvelle publiée initialement dans Retour sur l'horizon. Une IA gouverne désormais un monde ravagée et nous suivons les pas de quelques rescapés. J'ai beaucoup aimé ce texte que j'ai trouvé quasi poétique même si nous sommes dans le cadre du post-apo.
 
La postface, Et la science-fiction entra elle aussi dans l'anthropocène, de Yannick Rumpala clôt de belle manière ce livre. Je ne peux que vous inviter à la lire, c'est gratuit ici. Et une postface citant mon Robert est toujours un bon texte !

 D'autres avis sur le fil dédié sur le forum du Bélial


Bifrost n.103. Sylvie Denis : rêves cybernétiques

octobre 25, 2021

 

Bifrost, Le Bélial, 2021, 192 p., 6€ epub sans DRM


Moi j'aime quand mon Bifrost est bête et méchant, comme du temps des Razzies. Thomas Day nous sort le grand jeu pour nous parler de sa revue préférée, du moins celle qui éveille son talent de langue de vipère que j'adore. Et nous avons aussi un joli tir dans le paroles de nornes.
Sinon, le dossier est pas mal.


57 raisons qui expliquent les suicides de la carrière d’ardoise, de Sam J. Miller
Voilà un titre qui résume parfaitement le texte, mais pour le comprendre, il faut le lire. Une histoire d'amitié, de super pouvoir et de drames. Un texte court dont la forme permet un mystère sans qui ce dernier serait assez anodin.

Chacal, d’Olivier Caruso

Lorsque l'on meurt, on va en enfer ou au paradis, selon sa catégorie socioprofessionnelle. Un texte qui revisite la maxime "vendre son âme au diable". L'auteur nous pond un monde étrange dans une histoire étrange. J'ai cru comprendre à un moment, mais la fin est arrivée et m'a permis de savoir que je m'étais trompé.

Test d’écho, de Peter Watts
En fait, la nouvelle d'Olivier Caruso était très compréhensible par rapport à ce Watts. J'ai lutté quelques pages, mais non, je lisais des mots sans qu'aucun ne signifie quelque chose pour moi.

Le Palais du désert, de Thomas Day

Un père et son fils partent visiter le palais du désert.
Un texte court, un conte SF très plaisant dans un futur indéterminé, mais assez proche. Je ne peux en dire plus, mais j'ai rarement lu du Thomas dans une science-fiction aussi intimiste.


Le cahier critique m'a donné envie de laisser une chance à Ru de Camille Leboulanger ainsi que Le chant des glaces de Jean Krug, L'examen de Sylvain Neuvel. Dans la recension des revues, Thomas Day a du goût : il a aimé deux revues que j'ai appréciées (Le novelliste n.5 et Présences d'esprits n.103) et il s'en sort très bien pour dézinguer le Galaxies SF. C'est drôle et méchant, j'adore et je suis content d'avoir arrêté mon abonnement à cette revue.

Corinne Marotte, go between & cie
Paroles de s'attarde sur le rôle d'agent littéraire. Je n'ai pas trop compris ce qu'était réellement un agent de droits, à part vendre les droits du livre. Je pense qu'il me manque un maillon de la chaîne, celui de la vente des livres à l'internationale. En tout cas l'entretien est instructif même si je reste sur un flou. Donc Mr Bifrost, si tu lis ces lignes, un Paroles de sur ce marché boursier me ferait très plaisir.


Au travers du Prisme : Sylvie Denis

Contaminations
Sylvie Denis nous parle de notre monde dans trente ans et plus. Il fait chaud en France, peu de pluies ou alors dévastatrices. Dans la campagne, une famille vit dans une communauté agricole.
Une tranche de vie sur une vingtaine d'années. Sans nous épargner les lendemains qui déchantent, elle nous offre un peu d'espoir que les choses changent, que l'homme s'adapte et la nature avec. Peu d'espoir, mais espoir tout de même. Un texte doux-amer se concentrant sur les personnages.

Voilà une autrice que je ne connaissais pas, je pense que cela doit être la première nouvelle que je lis d'elle. Un long entretien intéressant sur son parcours. J'aime bien ce qu'elle dit de la SF, mais ses livres ne me parlent pas, c que le guide de lecture a confirmé. En outre elle écrit  peu, parfois en jeunesse. Un article revient sur la revue Cyberdreams et quelques anthologies dirigées pas Sylvie Denis. Et qui a fait découvrir en France des noms prestigieux comme Egan et Baxter.
Si un jour je tombe sur un de ses recueils de nouvelles, je pense tout de même m'y plonger.


Thiotimoline et autres canulars, par Roland Lehoucq et Fabrice Chemla
Le scientifiction nous parle d'une nouvelle d'un certain Asimov : Les Propriétés endochroniques
de la thiotimoline resublimée, ce qui nous vaut un cours de chimie, chose assez rare (unique ?) dans cette rubrique. Cerise sur le gâteau, c'est même compréhensible par les chiens.

Paroles de nornes revient sur les différents prix dont celui sur le Grand prix de l'imaginaire contient une belle pépite :

Rubrique écrite par écrit par Org, Jean-Daniel Brèque & Erwann Perchoc.
Je parie sur une estocade en règle d'Org


Mort™

octobre 18, 2021

 

Jean Baret, Le Bélial, 2021, 400 p., 10€ epub sans DRM


Pourquoi je lis, pourquoi je m'emmerde ?

Présentation de l'éditeur :

Rasmiyah vit à Babel. Bien qu’elle réside dans un quartier musulman, c’est une chaos magicienne. Enseignante de profession, elle vénère le dieu serpent Glycon et organise sa vie en fonction du grimoire fondateur de sa religion, le Moon and Serpent Bumper Book of Magic. De l’autre côté de la Bordure, à Mande-Ville, Xiaomi est journaliste. Et gonzo, avec ça. Ses enquêtes génèrent du clic comme s’il en pleuvait — de la consommation en bonne et due forme, bien entendu, mais il ne faudrait pas le prendre pour quelqu’un qui en a quelque chose à foutre. Quant à Donald Trompe, citoyen DN4n93xw dans la zone d’Algoripolis, il partage son quotidien sous l’égide de l’Indominux Lex, loué soit-Il, entre temps d’amour, d’amitié, de loisir et de travail — travail qui consiste à agencer des lettres flottant dans l’espace virtuel de son cube de vie. Ces trois-là ne se connaissent pas. Et pourtant, la M-Théorie va bouleverser leur vie à tous. Et peut-être même bien au-delà… 


Mon ressenti : 

Et voilà le troisième et dernier tome de la trilogie Trademark est enfin paru. Trop clic clic. J'ai demandé à ALGO 876893324 de télécharger l'epub histoire de consommer tout en priant que Mort™ soit un putain de bouquin What the Fuck.

Livre dans la liseuse, excitation au paroxysme ce qui me permet de réduire un peu de mon temps de sexe. Ouverture, la couverture est vraiment trop clic clic, l'illustrateur a du talent. Premier chapitre avec Rasmiyah et sa scramble suit dans une ville où la religion est reine. Deuxième chapitre qui nous ramène à Algopolis tandis que le trois nous ramène à Mande-ville. Terrain connu , mon temps de loisir va être déficitaire. Mais ne croyez pas que je suis quelqu'un qui en a quelque chose à foutre.

7 jours plus tard, l'orgasme religieux n'est plus là. Mon temps de lecture frôle le zéro. Rien à foutre du monologue religieux pour nous démontrer l'absurdité des religions et de la place de la femme dans celle-ci. Pendant les monologues, je me distrais en regardant des holos tweets jusqu'à ce que je me dis : "Putain, fini le ce putain de bouquin ou ce sera le dernier livre que tu as lu avant de mourir". Mais pourquoi ? Quelle utilité ? Pourquoi pas ouvrir le tiroir, ouvrir la boîte qui s'y trouve, prendre le revolver et me le mettre dans la bouche ? Oui mes Vie et Bonheur étaient trop clic clic, il doit bien y avoir un truc de bien dans la Mort™. Il n'y a sûrement pas que ces foutues longues digressions chiantes et barbantes sur le pourquoi de cette trilogie.

Heureusement, les marques sont là pour me donner du bonheur, vive Mande-ville est son humour trash. La religion est triste, on s'emmerde. Pourquoi Baret a voulu justifier ? Pourquoi vouloir montrer qu'il est un écrivain philosopho-penseur, pas comme tous ces livres divertissants qui font oublier l'existence. Car en lisant je le vois passer le temps, j'ai même l'impression qu'il fait des pauses. Pourquoi je lis, pourquoi je m'emmerde ?

Passage mille fois sur le hub du Bélial. Toujours personne ne parle de ce dernier roman à la mode. Pas glop. Un flop. Ou ils ont tous fondé une secte : Baret m'a fait marrer et il me l'a mis profond ?
Et de toute manière, qu'attendre d'un livre sur le sens de la vie qui n'a même pas 42 chapitres ? 
Le final que j'espérais trop clic-clic a fait flop-flop.

Une Heure-Lumière - Hors-série 2021

septembre 13, 2021

 

Greg Egan, Le Bélial, 2021, 112 p., presque gratuit

 

 

Un château sous la mer

 
Greg Egan est un auteur dont la majorité des lecteurs ne comprennent rien à ce qu'il écrit, c'est Monsieur Hard SF version SM hardcore.
Un château sous la mer ne déroge pas à la règle, je n'ai rien bité au schmilblick ! Mais pour une fois, pas pour les raisons habituelles  : 99.99% est compréhensible, mais la chute est une chute obscure façon XXL. La première fois que j'ai lu la fin, j'ai pensé avoir loupé trois pages. A la seconde lecture, j'ai pensé être mal réveillé. A la troisième tentative, il a fallu me rendre à l'évidence, c'est Feyd Rautha le coupable. Pourquoi lui ? Il faut bien un coupable et ce ne peut être mon intelligence exceptionnelle. Et comme il est le traducteur de ce récit, c'est qu'il a fait un boulot de merde !
J'ai même une théorie hautement savante : l'ayant lu et n'ayant rien compris, il a traduit les dernières lignes de manière littérale et fanfaronne depuis en disant que la fin peut avoir plusieurs significations. Bref, il n'a rien compris non plus.

https://lepauledorion.com/2020/10/05/you-and-whose-army-greg-egan/


Mais nous sommes dans la hard SF. Greg Egan est un scientifique et il approuverait la méthode. Montrer ne sert à rien il faut aussi démontrer : ce que j'ai fait en lisant le texte en VO. Et là j'ai tout compris ! Si ce n'est pas une preuve... J'attends donc les excuses publiques de ce Feyd.
Preuve supplémentaire que cet ersatz de traducteur est un usurpateur : le titre VO est "You and Whose Army ?" qu'il traduit par "Un Château sous la mer" !!!
Donc s'il vous plaît Le Bélial, arrêter d'employer des amateurs et engagez de vrais professionnels, la profession n'en manque pas !

Avec tout cela, j'ai zappé de vous parler de l'histoire : Des quadruplés deviennent triplés, se sentent diminués et partent à la recherche du quatrième larron. Littéralement diminué, car ils sont le fruit d'une expérience scientifique ayant lié à jamais leurs cerveaux et souvenirs. L'histoire est prenante, Greg Egan nous livre peu à peu les éléments de compréhension jusqu'à la fin sabotée par Feyd Rautha !

Pas d'interview par contre cette année dans le hors série, Feyd Rautha doit prendre trop cher (pour un boulot merdique). Il faudra se contenter du catalogue une heure lumière. L'éditeur a trouvé la solution pour que les blogueurs ne râlent pas face à ce manque d'entretiens : inclure sur chaque livre de la collection une citation tirée de leur blog !
Mais votre serviteur n'est pas du genre à se laisser influencer, je critique tout de même. (J'entends les mauvaises langues persiflées que c'est à cause du fait que je n'ai pas de citation ! A ceux-là je leur tire la langue.)

Quand à Feyd, je n'ai qu'une chose à lui recommander, abandonner la traduction et trouver une place chez Ducros !
 
 
 
 
Un immense merci à Célinedanaë de m'avoir offert ce livre.
Vous pouvez retrouver son avis ici
Quant à moi, comme chaque année, j'ai refilé ce HS au célèbre maki Yogo
Pour les autres, il suffit de surfer sur le fil du forum Le Bélial


Bifrost n.102. Arthur C. Clarke, l'odyssée de l'espace

juin 17, 2021

 

Bifrost, Le Bélial, 2021, 192 p., 6€ epub sans DRM

 
Les joies de l'actualité me feront toujours rire. Alors que l'équipe de Bifrost travaille depuis plusieurs mois sur ce Arthur C. Clarke, se déchaîne l'affaire Bragelonne, éditeur principal de cet auteur !!!
Alors choisis ton camp camarade, suit les recommandations de ce Bifrost ou laisse parler ton éthique..
 
 
 
Cela doit bien faire une cinquantaine de numéros que je suis abonné à la revue Bifrost, ce qui équivaut à 15 ans. Mais la revue existait avant et ce dossier spécial Clarke marque leurs 25 ans d'existence, soit une génération. Si j'ai claqué 700€ depuis tout ce temps (à 1000€, j'ai le droit à un UHL HS gratos ?), ce n'est sûrement pas un hasard, je trouve que Bifrost est la meilleure revue SF de France. De nombreux souvenirs en témoignent, comme les longues attentes entre deux numéros afin de me jeter avidement sur le cahier critique, source de mes achats SF. Il y a aussi le fameux numéro 69, Culture Rock et science-fiction, à la couverture horrible et un dossier ni fait ni à faire. Mais il y en a eu tant d'autres qui ont étoffé ma soif de découverte. Reste à savoir si ce spécial Clarck restera dans mes annales, celles du meilleur ou du pire...

On commence par 4 nouvelles, dont aucune d'auteur français, il fallait bien cela pour ce numéro anniversaire d'une revue ayant eu pour ambition à ses débuts de célébrer l'imaginaire francophone !

Les neuf milliards de noms de Dieu, Arthur C. Clarke

Des informaticiens sont envoyés au Tibet pour pondre un programme trouvant les 9 milliards de noms de Dieu. Pourquoi ?
Il paraît que c'est l'un des textes les plus connus de Clarke, ce qui me laisse très dubitatif sur la qualité du reste de son oeuvre...

La viandeuse, Ian R. MacLeod

Seconde guerre mondiale en Angleterre, une secrétaire semble porter la poisse aux pilotes dont elle s’émoustille, jusqu'à sa rencontre avec un pilote qui a "une chance incroyable, insolente" au "sourire qui ne réchauffait jamais ses yeux".
Voilà un texte où il ne se passe rien et où tout est dit, la guerre, ceux qui partent et ne rentrent pas, la place de la femme et les superstitions pour oublier l'horreur. Bref, j'ai adoré cette tranche de vie qui nous conte la grande histoire à travers la petite.

Je me dis, par exemple, que si tout le monde voyait ce que voyait Walt à l’époque, si tout le monde savait ce qui se passe vraiment à la guerre et subissait quelque chose comme ces visions, le monde serait un endroit plus paisible, où les gens se conduiraient de manière plus correcte les uns avec les autres. Mais on a la télé, maintenant, hein ? Tout le monde voit les enfants qui meurent de faim et les morceaux de cadavres dans les rues.

Demande d’extraction, Rich Larson

Des militaires se retrouvent face à une espèce alien hostile.
Même si cela se lit sans mal, je suis passé à côté de ce texte qui n'a rien éveillé en moi

L’Etoile, Arthur C. Clarke

Une expédition scientifique se dirige vers les lieux de l'explosion d'une étoile.
Encore un texte sur Dieu et la science, pas ma tasse de thé.
 
 
 
Le cahier critique, sans la petite pastille de méchanceté de Thomas Day, m'a donné envie de lire Friday Black de Nana Kwame Adjei-Brenyah; Les chats sont éternels de Fritz Leiber si il sort un jour en numérique; Le Grand Abandon de Cory Doctorow (chez Bragelonne, merde !).
Quelques avis sont disponibles en ligne
 
"Paroles de" , ma rubrique préférée avec Le coin des revues, se penche sur celui qui a commis la couverture, Manchu et qui t'apprendra pourquoi Manchu s'appelle Manchu. Et d'autres choses aussi.


Reste le gros de la revue, un dossier sur un des trois de la SF (trois que je n’ai quasi jamais lu). On ne va pas tourner autour du pot, j'ai rarement vu un dossier comme cela. Peut être était ce les célébrations des 25 ans de la revue, où le grand nom de l'auteur ou la covid. Quoiqu'il il en soit, c'est exceptionnel. Tous les articles qui composent ce numéro se complètent harmonieusement et font le tour complet du personnage et de ses différentes casquettes. Un entretien est même présent, un autre avec Baxter.
Pour ce numéro anniversaire, la revue se pare de 2 couvertures : une moche et une magnifique. J'aurais dû jouer au Loto ce jour-là, c'est la dernière que j'ai eue, ouf ! Par contre, les lecteurs numériques sont beaucoup moins chanceux...
 
 

Cela me fait penser aux anciens poids de balance, mais je ne vois pas le rapport avec l'auteur.


 
Ceci dit, j'avais très peu lu du Clarke, sans être enthousiasmé. Après lecture, Rama me fait de l'oeil ainsi que Chants de la Terre lointaine. Arthur est fan de métaphysique et de ce fait, j'ai un peu de mal à voir en Clarke l'un des grands de la SF. En outre, il a assez peu écrit, du moins seul et le dossier montre qu'il a commis pas mal de merde, seul ou à 4 mains. Je trouve qu'il a laissé plus a l'humanité en tant que scientifique qu'écrivain. Car Clarke est quand même l'un des pères des satellites géostationnaires, ce qui n'est pas à la portée de tous. Et les Trois lois de Clarke portent assez bien leur nom, dont la plus célèbre est sans nul doute possible : 

Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie
 
Ces considérations subjectives ne remettent pas en question le traitement complet et qualitatif de ce numéro. Ne tarde pas trop à aller l'acheter directement sur le site de l'éditeur, car il reste encore quelques couvertures belles en stock, après, tu n'auras plus que tes yeux pour pleurer.


Tous les autres avis sur le forum du Bélial (qui offre au regard quelques beaux roughs de Manchu)

Une Heure-Lumière - Hors-série 2020

juin 04, 2021

 

Kij Johnson, Le Bélial, 2020, 112 p., presque gratuit


Une fois n'est pas coutume ?
On dirait bien que si, car pour la troisième année consécutive, j'ai pu lire le HS UHL (hors série de la collection Une heure lumière du Bélial !), alors que le quatrième a déjà pointé le bout de son noyau.

Présentation de l'éditeur :

Une heure-lumière, c’est la distance que parcourt un photon dans le vide en 3600 secondes, soit plus d’un milliard de kilomètres…
C’est aussi le nom d’une collection réunissant à ce jour vingt-six titres, un espace éditorial inédit, unique, tant par le fond que par la forme, qui ambitionne de faire voyager vite et loin le lecteur.
Une collection qui, en l’espace de quelques années à peine, s’est bâti un statut de référence dans le paysage éditorial hyper-saturé des littératures de genre. Une heure-lumière célèbre les horizons nouveaux ; le Hors-série 2020, troisième du genre, célèbre Une heure-lumière. Avec entre autres un long récit inédit signé Kij Johnson, autrice, dans cette même collection, de l’époustouflant Un pont sur la brume salué par une kyrielle de prix, dont le Hugo, le Nebula et le Grand Prix de l’Imaginaire.
Une heure-lumière… sous une pluie d’étoiles !

Mon ressenti : 

Voilà le HS UHL que j'attendais le plus, car il fait la part belle aux traducteurs. Du moins celles et ceux qui ont traduit un opus de cette fameuse collection.
Mais voilà aussi le HS qui m'a le plus frustré. Une quinzaine de traducteurs pour une trentaine de pages et dans cette collection, elles ne sont pas très grandes. Soit pas grand chose pour développer. Certains traducteurs devaient être en retard dans les travaux à rendre car ils font le minimum vital, entre anecdotes, ressentis. D'autres sont plus prolixes et bavard pour mon plus grand bonheur.
Au final, déçu je suis mais surtout à cause de mes attentes par rapport à ce sujet. C'est gratuit et on ne va pas cracher dans la soupe, c'est une opération commerciale qui a du sens même si je regrette encore une fois le peu de attention réservé aux lecteurs numériques. Heureusement les camarades sont là pour nous refiler leur surplus.


Retour à N’dau, Kij Johnson

Une nouvelle de Kij Johnson clôt l'ensemble qui pourrait être un spin-off à La marche du Levant. Soit une planète qui tourne paresseusement autour de son soleil. Résultat, des jours qui n'en finissent pas et si vous ne voulez pas mourir de froid, il faut bouger sans cesse pour parfaire son bronzage.
Une jeune fille d'un petit village spécialisé dans l'élevage de chevaux voit arriver des étrangers...
Il s'agit en fait d'un "western", qui n'est malheureusement pas mon genre de prédilection. Cela se lit sans mal, mais je n'en ai pas eu pour mon argent !!!


Comme les années précédentes, je lègue ce hors série au Maki, autre lecteur numérique malheureux, qui en fera ce qu'il veut.
Un énorme merci à Lutin qui m'a donné son double. Après RSF Blog, Nevertwhere, Albedo, c'est au tour de Au pays des Cave trolls de devenir le fournisseur officiel 2021. Les HS UHL se refilent en douce sous le manteau, comme les meilleurs drogues.
Bravo au Bélial pour nous offrir chaque année ce hors-série


Pour les autres avis, le forum du Bélial est ton ami

 

 

 

 

 

Fourni par Blogger.