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Le Chant des glaces

janvier 22, 2025

Jean Krug, Critic, 2021, 350 p., 11€ epub sans DRM



Jean Krug nous sert un cocktail glacé de science-fiction… mais attention, à mettre trop de glaçons, le goût se perd !



Pitch de l'éditeur :


Delas est une planète glaciaire dont les ressources, extraites jour et nuit par des milliers de prisonniers, alimentent en eau potable le reste de la galaxie. Mais on y trouve également le cryel, un morceau de glace aux propriétés spéciales que seuls les plus agiles des détenus parviennent à prospecter : les chanteurs.
Lorsqu’un jour, l’occasion est donnée à Bliss et Fey, chanteurs insurgés, de se libérer, ils n’hésitent pas une seconde.
Accompagnés par Nox, ancien pilote et Jennah, scientifique exilée, ils vont plonger au cœur du plus gigantesque des glaciers. Et dans les méandres de ses galeries obscures, animés par la quête folle d’un cryel parfait, c’est surtout leur propre conscience qu’ils vont explorer. Avec cette question lancinante : « Au fond, quelle liberté ? »

Mon ressenti :

Le nom de Jean Krug circule depuis quelques temps dans la sphère de l'imaginaire. En plus d'être romancier, il est aussi glaciologue, et en ces temps de changement climatique où les hivers disparaissent peu à peu, un peu de fraîcheur ne peut faire de mal. Donc en route vers ce chant des glaces.

Chant qui m'a très vite désarçonné : n'ayant pas lu le pitch, je croyais que l'action se déroulait sur notre Terre, mais pas du tout ! Nous sommes loin dans le futur, sur une planète glacée qui sert de prison esclavagiste. Le roman se concentre autour du cryel, un cristal de glace aux propriétés exceptionnelles, l'énergie du futur...

Le Chant des glaces navigue à travers plusieurs sous-genres de la science-fiction : space opera, planet opera, SF militaire, et roman d’aventure… avec plus ou moins de réussite. Parfois, je me suis demandé où l’auteur souhaitait réellement m’emmener. Personnellement, c’est le côté thriller qui m’a le plus emporté, ainsi que les passages se déroulant dans ou sur la glace. J’avoue avoir craint que l’auteur parte dans trop d'explications scientifiques autour de la glace, de par son métier. Mais non, c'est même l'inverse, j'aurais voulu en apprendre d'avantage sur les glaciers, gourmand que je suis...
Le principal défaut de ce livre réside dans sa volonté de s’aventurer dans trop de directions à la fois. J’ai eu l’impression que l’auteur y mettait tout son amour pour la SF. Mais il a un trop gros cœur 😅.

Cela reste un premier roman, imparfait, mais parfait pour le dépaysement.
Il y a quelques jours, je lisais un article sur les glaciers où était évoqué les moulins. Et grâce à Jean Krug, je savais ce que ce n'était pas un moulin à vent ! Un divertissement très visuel aux accents écolo qui m'a permis l'air de rien d'être un peu moins con, c'est déjà pas mal. Et l'envie de continuer à découvrir l'auteur...


 

After ®

janvier 09, 2023

 

Auriane Velten, Mnémos, 2021, 252 p., 6€ epub sans DRM

 


De l'importance du titre. Lors de la sortie de ce roman, je l'ai complétement zappé à cause du titre qui me faisait penser à la saga After. Résultat : Je n'ai même pas regardé de quoi ça parlait.
Et puis La science CQFD (SF, c'est la rentrée ! du vendredi 16 septembre 2022) a invité l'autrice (qui s'excusait presque d'être autrice) et ce qu'elle en a dit à éveiller mon intérêt. De là...

 

Pitch de l'éditeur :

La Terre d’après… À l’abri d’un baobab, une société utopique, soudée par des règles strictes et bienveillantes, semble profiter d’une vie paradisiaque, totalement apaisée et égalitaire.
Pourtant, l’un des membres de cette communauté ne peut s’empêcher de se poser mille et une questions, sur tout, y compris sur l’avant. Une particularité qui fait de Cami la personne idéale pour remplir une mission d’exploration – sous surveillance. C’est donc avec Paule que Cami part pour les terres renoncées, une zone inhabitée et hostile, en quête d’une mémoire oubliée. Rapidement, leurs découvertes dépassent l’entendement, et les déroutent au-delà de ce qui peut être imaginé.
Ce voyage risque bien de bouleverser leur vie… et l’humanité.

Mon ressenti :

Deux personnes sont envoyés trouver des éléments sur le monde d'avant. Ils sont issus d'une communauté qui pratiquent la bienveillance et l'égalité, mais de manière stricte. Il y a des choses interdites. L'un d'eux est empli de curiosité, l'autre veille au respect de la lettre, le savant et le religieux.
Des premières pages, en résultent un post apo que l'on pense classique, un de plus sur la haute pile. En outre, quelques bizarreries émaillent le récit me faisant sourciller. Ce roman a tout de même remporter le prix Utopiales 2021, ces erreurs sont étranges...

Et tout d'un coup, tout s'explique, le roman prend une tournure résolument autre, les bizarreries étaient des indices. A partir de là, ferré je suis, il me faut savoir comment nous en sommes arrivés là et surtout pourquoi. Autre point positif, nos deux gaillards vont redécouvrir le monde d'avant et leur regard candide sur nos objets du quotidien apportent de l'humour et j'essayais de trouver ce que c'était avant le dévoilement.

Autre particularité, le roman emploie l'inclusif, mais une version différente de ce que je connaissais (le fameux iel) qui s'explique, je pense, par l'univers du livre. J'ai trouvé cela plutôt bien vu et je me suis fait très rapidement à ces nouveaux pronoms et autres. Seule la fin m'a laissé un peu sur ma faim, m'attendant a être surpris. 

Quoiqu'il en soit, une lecture agréable, lente mais pas chiante. Plutôt une bonne réussite pour un premier roman. Sur une idée assez traitée en SF, qu'est ce que l'homme, Auriane s'en sort admirablement et m'a rappelé l'atmosphère de L'Oiseau d'Amérique (Le nouveau titre est "L'oiseau moqueur" ) de Walter Tevis, ce qui est une très bonne chose.


Les dinosaures de notre temps

novembre 28, 2022

Kenneth Lavocara, UGA éditions, 2021, 162 p., 13,50€ papier


Sans histoire, un fossile n'est qu'une pierre parmi d'autres


Présentation de l'éditeur :

Les dinosaures, disparus depuis longtemps peuvent-ils nous apprendre encore des choses sur notre avenir ? Oui, répond le paléontologue Kenneth Lacovara.
L’auteur tisse ensemble les histoires de notre éveil géologique, de la lutte épique de l’humanité pour comprendre la nature des temps profonds, la signification des fossiles et notre propre place sur le vaste et généreux arbre de la vie.Il nous entraîne dans un voyage dans le temps, à l’époque où les dinosaures régnaient sur la Terre pour découvrir comment ils ont réalisé des exploits sans précédent. Apprenez les secrets des paléontologues pour trouver des fossiles et explorez des questions originales mais profondes, telles que : un pingouin est-il un dinosaure ? les bras minuscules de T. rex sont-ils la clé de sa puissance et de sa férocité ?

 

Mon ressenti :


Petit test pour commencer


Réponse en fin de billet
 
 
 
 
Pourquoi le terme de dinosaure a t-il une connotation péjorative ?
En quelques pages, l'auteur nous démontre notre absurdité et que l'étude de notre passé éclaire notre futur, afin de tirer des leçons pour notre présent. Dès l'introduction, me voilà ferré...

Plus que les dinosaures, Kenneth Lavocara nous conte avec humour, pédagogie et vulgarisation l'histoire de la paléontologie. Qui est une discipline très récente alors que certains fossiles ont des millions d'années. Il répond aussi à la question de comment notre environnement influe notre façon de voir : la théorie de la terre jeune ne pouvait cohabiter avec l'existence de fossiles. Donc pas de fossiles, mais des cailloux. Et si fossile, la terre est beaucoup plus vieille. CQFD
La paléontologie est une histoire imbriquée - sans géologie pas de paléontologie ! - dont le livre nous raconte l'évolution avec deux Charles qui ont changé la vision du monde, littéralement : Lyell et Darwin pour la biologie.

Des cailloux, encore des cailloux. Ça m'énerve les cailloux !!!

Un livre qui se lit comme une friandise et l'image du dinosaure nous permet d'avoir un panorama des découvertes scientifiques au fil du temps. Pas chiant pour un sou, c'était ma plus grande crainte, je sors de cette lecture ravi et avec un peu plus d'espérances sur l'humanité. C'est rempli d'anecdotes, comme celle ci qui me reste en mémoire plusieurs mois après lecture : l'auteur invite une archéologue sur un site de fouille pour lui montrer le travail de paléontologue. La collègue ne voit que des cailloux, ce qui fait bien rire Kenneth, d'autant plus lorsqu'elle ramasse un "fossile" qui n'est en fait... qu'un caillou. Et là la collègue de rire: il s'agit en fait d'un morceau de hache ! On voit ce que l'on a appris à voir.

Aujourd'hui, nous sommes les maîtres des continents des mers. Notre espèce est tout sauf douce et déclenche un désastre environnemental d'une telle ampleur que l'on peut a juste titre le qualifier de sixième extinction. Nous réchauffons la planète, faisons fondre les glaciers et provoquons la hausse du niveau des mers. Le dioxyde de carbone que nous libérons dans l'atmosphère réagit avec l'eau salée et acidifie les océans, entraînant la mort des récifs de corail. Nous fauchons les forêts pluviales, comblons les zones humides et entraînons le dégel de la toundra. Nous empoisonnons notre environnement avec des pesticides, des métaux lourds et une mixture infernale de résidus pharmaceutiques. D'après une étude récente98, le taux d'extinction actuel est mille fois supérieur au taux naturel. Nous sommes l'astéroïde ! Et il est bon de rappeler que les dinosaures non aviens et les trois quarts de la vie sur Terre ne sont pas les seuls à avoir péri dans la cinquième extinction de masse : l'astéroïde a été détruit également.

 
Ce livre donne surtout une réponse à une question que tout être vivant a dû se poser un jour : que faire si un T-Rex veut faire de vous son repas ? Je vous laisse réfléchir, je mets la réponse en fin de billet.
Seul bémol, je trouve qu'il manque une iconographie car n'étant pas paléontologue, j'ai dû de nombreuses fois aller voir sur internet les œuvres dont parlait le livre.
 
Un immense merci à Alice Gallori, la traductrice, qui m'a envoyé un exemplaire, dédicacé qui plus est. J'aimerai bien vous toucher un mot sur son travail, mais je n'ai pas fait de lecture comparée VO/VF (de toute manière, vu mon niveau d'anglais...). Le seul truc que je puis dire : ça se lit tout seul, donc...



Réponse au test :

"Le mosasaure : pas un dinosaure. Les mosasaures étaient des lézards marins plus étroitement apparentés aux varans de Komodo qu'aux dinosaures. Comment pouvons-nous trancher la question ? Ils ne possèdent pas les traits anatomiques qui définissent les dinosaures. Le ptérosaure : pas un dinosaure. Les ptérosaures, qui comprennent les célèbres ptérodactyles, étaient des reptiles volants qui ont vécu en même temps que les dinosaures, mais ils n'étaient pas des dinosaures pour autant. Une fois de plus, leur anatomie n'est pas la bonne. Les ptérosaures sont très proches des dinosaures, mais ils descendent d'un ancêtre commun aux deux groupes, qui existait avant l'apparition des premiers dinosaures. Le crocodile : pas un dinosaure. Les crocodiles sont actuellement les parents les plus proches des dinosaures, mais ils ne sont pas des dinosaures. Ils ne passent pas le test de l'anatomie, eux non plus. Le bébé manchot tout mignon et duveteux : oui, c'est un dinosaure ! Les manchots, ainsi que tous les autres oiseaux, sont des dinosaures. Ils ne sont pas des parents proches des dinosaures, ils sont des dinosaures. C'est un choix binaire très simple : soit on est un dinosaure, soit on ne l'est pas; il n'y a pas d'entre-deux. Les dinosaures aviens, que nous appelons les oiseaux, possèdent ou ont eu des ancêtres qui possédaient tous les traits définissant les dinosaures. Les oiseaux sont des dinosaures au même titre que T rex, Stegosaurus et Dreadnoughtus."


Que faire si un T-Rex veut faire de vous son repas ?

"Les êtres humains sont relativement agiles et peuvent pivoter sur eux-mêmes en une fraction de seconde. Tyrannosaurus rex, par contre, devait avoir du mal à en faire de même. Une grande partie de la masse de son corps de 14 mètres était placée loin de son centre de gravité. Imaginez-vous essayant de pivoter alors que vous portez un poteau téléphonique sur vos épaules. La conservation du mouvement angulaire vous ralentirait considérablement. Donc, que faire si un T-rex vous poursuit et s'apprête à vous avaler comme un cookie bien fondant? Faites demi-tour! Je sais, l'idée de se retourner sur un Tyrannosaurus en pleine chasse est terrifiante et laisse franchement à désirer, mais cela reste votre meilleur espoir d'avoir la vie sauve. Je dois toutefois reconnaître que je serais le dernier à me porter volontaire pour mettre cette hypothèse à l'épreuve si l'occasion se présentait."

AOC n.62

septembre 14, 2022

 

Morgane Guilhem, Sasha D. Page, Agathe Tournois, Olivia Cabanaz, Présences d'esprits, automne 2021, 81p., 3.50€ papier



Un numéro spécial Visions du futur, un concours de nouvelles dont il suffit pour participer d'envoyer un texte répondant à un, et un seul, des critères qui étaient cette année là, en 2021 :

a. « Les racines inspirent, mais elles ne sauraient donner à quiconque le souffle nécessaire à sa propre course. » Fatou Diome
b. (In)justices
c. « Pour eux, on était des Martiens. » Roland C. Wagner
d. « Tu apprendras à tes dépens que le long de ton chemin tu rencontreras chaque jour des millions de masques et très peu de visages. » Luigi Pirandello


Accessit : AB+ de Morgane Guilhem
Pitch de l'éditeurCensure du chien. Mieux vaut ne rien savoir pour déguster pleinement

Une ligne dans une usine où des ouvriers s'activent. Mais cela semble ne pas coller à cause de leurs noms étranges : 2344-H-AB+ ou 2380-F-B+
L'auteure garde le mystère jusqu'au bout de sa nouvelle et la chute arrive, brutalement et magnifiquement. Difficile d'en dire plus s'en déflorer le texte et par la même la surprise. J'aime les nouvelles à chute, j'aime donc AB+
Critère : « Pour eux, on était des Martiens. » Roland C. Wagner

3e prix : Dissémination de Sasha D. Page
Pitch de l'éditeurKaheni est en symbiose avec la ronce, ce qui lui a permis de devenir une guerrière redoutable, et d’échapper au sort de très nombreuses femmes : une fleur délicate fait d’elles de dociles jouets pour les hommes. Le chef du cartel l’envoie en mission pour récupérer une graine qui fera d’une autre femme une esclave parfaite, Kaheni lui obéira-t-elle ?

Un monde où il est possible de vivre en symbiose avec une plante, faisant des femmes de belles plantes. Ce rôle du fait de la symbiose est accolé à leur peau, leur sang... Ronce se voit obliger de dérober une graine extrêmement rare.
Dommage que le monde soit si peu développé pour une immersion plus forte et moins caricatural. Nous sommes plus dans la Fantasy, aucune explication sur cette symbiose. La chute ne fait que renforcer l'effet que j'ai du texte, raté. Du moins pour moi, vu que ce texte a remporté la troisième place.
Critère : « Les racines inspirent, mais elles ne sauraient donner à quiconque le souffle nécessaire à sa propre course. » Fatou Diome

2e prix : Shiawase Lady d’Agathe Tournois
Pitch de l'éditeurShiawase est un opérateur de téléphone qui équipe ses clients de puces neurales. Pour les rassurer et montrer leur intérêt, il a créé les Shiawase Lords and Ladies, des hommes et des femmes que l’entreprise recrute pour devenir les anges gardiens de ses usagers. Chitose rêve de se voir proposer cet emploi, mais quand cela arrive, elle découvre l’envers du décor…

Fini le smartphone, place à la puce neurale. Alors que certains ont peur des dérives possibles sur la vie privée, l'entreprise Shiawase a une idée marketing de génie. Voilà une histoire basée sur une très bonne idée qui nous dessine un monde dystopique où la bonté humaine va en prendre un sacré coup.
J'ai adoré l'idée, légèrement moins le traitement trop adolescent et manquant de noirceur. Mais c'est vraiment pour dire quelque chose de négatif car j'ai trouvé l'idée excellente. Cela est un très bon épisode de La quatrième dimension, j'aurai juste voulu un traitement à la Black Mirror. Les deux références citées vous montre ma haute estime sur ce texte. Bravo Agathe.
Critère : « Tu apprendras à tes dépens que le long de ton chemin tu rencontreras chaque jour des millions de masques et très peu de visages. » Luigi Pirandello

1er prix : Camara Transfer d’Olivia Cabanaz
Pitch de l'éditeurDans cette lagune du bout du monde, Peppe attend. L’enfant ne sait pas très bien pourquoi il est là, mais il aime bien cette vie comme suspendue, éclairée par la présence de Soralyn. Soralyn, elle, est prise au piège ici, comme tant des misérables qui vivent dans ce coin perdu. Peppe, déchiré entre le désir de voir son amie heureuse et la crainte de son départ, devra choisir.

Camara, une bourgade sur pilotis ou végète les déshérités arrivés là on ne sait comment. Rien à faire, rien à attendre. Donc on se raconte des histoires entendues mille fois. Un jour, une personne nouvelle arrive, avec peut être de belles histoires à la clé ?
Toutes les histoires ne sont malheureusement pas belles, ce que va découvrir le protagoniste à son cœur défendant. Un univers entre post apo et réalisme magique où il sera question de choix qui auront des conséquences ici ailleurs et autrepart. C'est la gagnante du concours et ce est pas un hasard.
Critère : (In)justices

Présences d’esprits n.106 : Hommage à Paul-Jean Hérault

juin 09, 2022

 

Présences d’esprits, automne 2021, 52 p., 5€ papier


Une revue faite par des amateurs, mais loin d'être une revue d'amateurs.
Même si cet opus ne m'a pas donné envie de découvrir de romans, un bon dossier avec une optique originale.


La revue Présences d'Esprits a aussi sa rubrique #Improbablologie chère à La méthode scientifique. Ici, Emilie Querbalec (mais si tu la connais, c'est Madame Quitter les monts d'automne et bientôt de Les Chants de Nüying) se prend pour Natacha Triou avec les WC hologrammes !


Marthe continue quant à elle son confinement avec des séries chinoises et coréennes. Rien qui ne me fera lâcher mon Présences d'esprits cependant, trop de romances, pas assez de SF.

La nouvelle, Une femme puissante d'Héloïse Eloi-Hammer, va être difficile à vous résumer, n'ayant pas réussi à la terminer. Cela traite de mythes, de Danaé et de Pythie, mais je n'ai pas réussi à m'immerger, trop loin de mes goûts.

Place au dossier Paul-Jean Hérault, auteur dont je n'ai jamais lu un texte, mais dont j'avais lu une anthologie, Naufragés de l’espace, chez Critic. Un auteur de space opéra, genre dont je ne suis pas très friand, décédé durant la crise du COVID et dont la revue a décidé de rendre un hommage à la hauteur de l'engouement qu'il a eu. Un dossier multifocus, retraçant sa vie et son oeuvre, mais aussi en le montrant à travers les yeux de ses lecteurs, amis, éditeurs ou auteurs. Points de vue multiples qui permettent de dessiner le portrait de cet auteur.
Jean Marc Archaimbault complète l'univers de Cal, cher à PJ Hérault. Même si je ne connais pas, cela se lit sans difficulté. Cal est ici devant une problématique : protéger un peuple pacifiste d'un autre belliqueux. La solution est étonnante. C'est léger et amusant.

Un entretien avec Benoit Sokal est présent, ainsi que les critiques livres, BD cinéma et jeux.



Dissidence

mai 05, 2022

 

Jean-Marc De Vos, Autoédition, 2021, 298 p., 5€ epub avec DRM


Une invasion cachée alien, oui je sais, on en a lu mille fois. Mais si on en lit autant, c'est peut-être que nous avons gardé notre âme d'enfant ? Alors cette mille et unième histoire vaut elle le coup ?


Présentation de l'éditeur :

Des milliardaires abandonnent leurs empires industriels à des inconnus. Un mystérieux rayon envoyé depuis Phobos met hors service un satellite météo américain. À Monaco, qui sont ces « Éveillés » convoqués par la richissime Émilie Germain-Rozet pour activer le plan Dissidence ?
Et pendant que se développe un complot qui menace la planète, un commissaire alcoolique et une inspectrice suspectée de corruption sont associés pour une enquête bancale relative au mal-être d’un financier belge.
Comment cet improbable et pathétique duo pouvait-il se douter que le destin de l’humanité reposait entre ses mains ?

 

Mon ressenti :

Le plan des aliens est simple : l'invasion doit être finalisée dans un an, les aliens sont sûrs de leur coup, les humains sont trop cons et le temps qu'ils s’aperçoivent de quelque chose, il sera trop tard. Mais voilà que la destruction d'un satellite révèle l'existence d'un étrange faisceau venu d'une lune de Mars, Phobos. En outre, en Belgique et ailleurs dans le monde, un syndrome touche 1% de la population, mais surtout des PDG de multinationales. Deux flics, un vieil ivrogne et une jeune femme sexy, deux placardisés, sont mis sur l'affaire en espérant qu'ils ne fassent rien.

On sent de suite que l'auteur s'amuse à écrire son histoire, on est clairement dans la veine Scalzi, il s'amuse de ce duo improbable qui a tout pour ne pas s'entendre et va pourtant nous démontrer le contraire. La jeune fille sexy n'est présente pour nous montrer notre société "progressiste". On peut s'habiller de manière féminine et être une bonne professionnelle, ce n'est pas antinomique.

Une aventure entre polar et SF qui modernise la vieille SF à papy. Le twist final est magnifique et bien amené.

Cela fait quelque temps que je suis l'auteur et à part un hiatus (L'ambassadeur), c'est du tout bon. Il sait mener sa barque, il nous emmène avec lui dans son univers, des touches d'humour... Reste à mettre un fond derrière ses aventures (comme dans L'immortelle de Maisonville), et Scalzi aura son pendant français. Et franchement, je ne dis pas cela pour faire mousser l'auteur, je le pense réellement.
Sur sa page FB, l'auteur annonce qu'il a trouvé un éditeur pour son roman que j'ai le moins aimé cité plus haut (je crois avoir des goûts orthodoxes !), j'espère qu'il ne s'agit pas d'une obscure maison d'édition et que sa carrière décolle.

Cerise sur le gâteau, l'auteur a dû entendre mes critiques sur ses couvertures et a décidé de la moderniser. Attention les yeux, voici l'ancienne (il y a eu pire dans sa bibliographie, celle-ci était regardable) :

 



Olangar, Le combat des Ombres

janvier 31, 2022

 

Clément Bouhélier, Critic, 2021, 688 p., 14€ epub sans DRM


Mais quel putain de final !!!
 

Présentation de l'éditeur :

 
Sous le joug des duchés, la grande cité vit désormais recroquevillée sur elle-même tandis que ses habitants subissent les affres des privations et la violence de la milice dirigée par le pantin de Jush Thagon, Lec Rossio. Dans l’ombre des bas quartiers, les nains organisent la résistance autour de Baldek et de Nockis tandis qu’un tueur mystérieux s’en prend aux miliciens.
Depuis son fief au sud du royaume, Evyna d’Enguerrand, la jeune suzeraine, et son ami l’elfe Torgend Aersellson s’entendent avec le chancelier en fuite, Ransard d’Alverny, pour mettre au point un plan qui, peut-être, permettra de libérer Olangar.
Nul ne sortira indemne de ce dernier combat.
 
 

Mon ressenti :

Et voilà, ce qui devait arriver arriva, voici le dernier tome de la trilogie d'Olangar débuté en 2018. Ce quatrième roman (oui, c'est une trilogie !) vient clore en beauté cette fantasy engagée, sans fées et dragons, mais avec de la sueur, du sang et des conspirations. J'avais adoré le premier, aimé le second et c'est un peu fébrile que je me suis jeté sur ce final.

La ville d'Olangar n'est plus que l'ombre d'elle-même, tombée dans les mains des fascistes, une purge sanglante s'organise via une milice bas du front. Les héros d'hier deviennent des parias. Dans l'ombre cependant, des scènes macabres se jouent dont sont victimes des miliciens. 
 
On retrouve avec plaisir les personnages qui nous ont accompagnés durant plus de 1000 pages. Les années ont passé, ont laissé de vilaines cicatrices dans leurs corps et c'est fatigués qu'ils vont tenter une nouvelle fois de sauver cette ville honnie et adorée à la fois. Avec cette conclusion, je ne m'attendais à rien de précis, juste que l'auteur clôt son oeuvre comme il l'a commencé. Clément Bouhélier se demande en fin d'ouvrage "si ce roman est à la hauteur" du reste, et pour moi, c'est mille fois oui. Une fin idéale. Les protagonistes n'ont pas dormi beaucoup parfois, et c'est la mésaventure qui m'est arrivée : j'ai englouti ce pavé (et dessous, il n'y avait pas de sable, mais la liberté !).

Ma seule crainte était que Clément en fasse trop, la fasse blockbuster avec effets pyrotechniques à foison, m'obligeant à mettre mes lunettes de soleil. Que nenni, il prend le temps de poser l'intrigue, de mettre en place les alliances improbables, les coups de théâtre, dans l'ombre. Mais même ce calme apparent est rempli de tension. Il jongle avec deux époques, nous laissant entrevoir les histoires derrière le récit. Et côté action, l'auteur arrive à nous faire visualiser toute la complexité. 
Un sans faute.

Olangar m'a fait renouer avec la fantasy et même en mettant des nains, des orcs et des elfes, l'auteur n'a fait que s'éloigner des lieux communs du genre pour nous offrir une fantasy actuelle et moderne.

Une série à lire sans hésitation (Le troll), qui clôt très bien cette trilogie (Le bibliocosme) en faisant un récit âpre mais pas dénué d'un certain espoir (Fantasy à la Carte). C'est un coup de coeur (Dup)

 

Mon avis

 
 

L'Évangile selon Myriam

janvier 26, 2022

Ketty Steward, Mnémos, 2021, 208 p., 10€ epub sans DRM

 

Ketty écrit, le lecteur lit ce que Ketty écrit. Et le blogueur de te dire ce que le lecteur en a pensé.
C'est l'ordre des choses.

 

Présentation de l'éditeur :

À seulement seize ans, Myriam est chargée d’écrire le livre de la Vérité qui manque à sa communauté de survivants de l’apocalypse. Elle n’a plus accès qu’à quelques ouvrages en lambeaux et à des récits oraux conservés tant bien que mal. Qu’à cela ne tienne, elle remplit sa mission.
Puisant à toutes les sources, de la chute de Lucifer aux chaussons de Cendrillon, en passant par Le Lac des cygnes et les pérégrinations d’Œdipe, elle trace des démarcations nouvelles entre le mensonge et la vérité.

 

Mon ressenti :

Premier roman de Ketty Steward que je lis, enfin...

J'ai découvert cette autrice (oui même les femmes écrivent de nos jours...) dans une fiction sur France Culture. Et depuis, ce texte me trotte dans la tête, pas parfait, mais voilà, il fait partie de ma vie de lecteur. Ou plutôt d'auditeur. Mais peu importe, livre ou pièce radiophonique, les images émergent des mots. 

Alors on regarde sa bibliographie, mais rien de long, ni de SF. On patiente, au détour d'une revue, on retombe sur sa plume, on lit quelques-unes de ses microfictions sur Twitter, on regarde quelques interviews ici ou , on patiente... Elle fait partie de ton existence, pas très proche, mais toujours présente, en filigrane. Et puis un jour tu vois qu'elle va publier un roman, de SF en plus. SF entre guillemets, car tu sais que Ketty n'aime pas les étiquettes, donc elle les arrachent un peu et collent d'autres morceaux d'étiquettes. C'est elle qui décide, car c'est Ketty qui écrit. Toi ton rôle de lecteur, c'est de lire ce que Ketty écrit. Et le blogueur de te dire ce que le lecteur a pensé de l'écriture de Ketty. C'est l'ordre des choses. C'est ainsi et pas autrement. De toute manière c'est écrit d'avance, tout n'est qu'un éternel recommencement. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut pas s'amuser avec les écrits : on peut les réécrire, on peut même prendre des textes sacrés et les malaxer, les mélanger, avec des contes aussi, des mythes. De toute manière, textes sacrés, contes ou mythologies racontent la même chose, c'est juste écrit différemment. 


Voilà ce que Ketty a écrit ici. Enfin pas Ketty, Myriam. Le sacerdoce de Myriam, c'est d'écrire ce qui a disparu, pour ne pas oublier, pour que son peuple se rappelle. Mais bon, Myriam fait ce qu'elle peut, de ce qu'elle se souvient. Les souvenirs sont parfois mensongers, trompeurs. Alors un bout de ça et de ceci, quelle différence ? Le principal, c'est ce qui est dit dans ces écrits. Et ces saynètes nombreuses, ces petits bouts de rien finissent par ce mélanger, s'amalgamer et finissent par ce lier, quelque chose en émerge, qui est plus que le total de ces bouts. Sans oublier les épices pour donner du goût. Et Myriam, ou Ketty, a choisi d'y incorporer quelques pincées d'humour. Pas trop, des légères, juste pour permettre aux bouts d'exalter tous leurs sucs.

Ketty écrit, le lecteur lit.
Si toi aussi tu lis, lis donc ce que Ketty écrit.
Et bonne nouvelle, il paraît que Ketty écrit encore.

Dune

janvier 23, 2022

 

Denis Villeneuve, 2021, 2h30



Denis Villeneuve distille l'épice, mais n'est pas bouilleur de cru qui veut.

 

Synopsis :

L'histoire de Paul Atreides, jeune homme aussi doué que brillant, voué à connaître un destin hors du commun qui le dépasse totalement. Car s'il veut préserver l'avenir de sa famille et de son peuple, il devra se rendre sur la planète la plus dangereuse de l'univers – la seule à même de fournir la ressource la plus précieuse au monde, capable de décupler la puissance de l'humanité. Tandis que des forces maléfiques se disputent le contrôle de cette planète, seuls ceux qui parviennent à dominer leur peur pourront survivre… 
 

Mon ressenti : 

Dune est le phénomène de cette dernière année, impossible de ne pas en avoir entendu parlé si tu traines sur les réseaux sociaux : Le film, le mook, les rééditions collector ou pas.
En tant que lecteur de SF, j'avais déjà entendu parler de ce roman de Frank Herbert paru en 1965, surtout en traînant mes guêtres du côté du blog d'Anudar ou de celui de Feyd Rautha (t'étais ou dans le film ?). Mais je ne l'avais jamais lu, seulement vu l'adaptation avec Sting il y a fort longtemps, mais son string ne m'avait pas donné envie d'aller plus loin dans la découverte de cette oeuvre.

Ce qui choque dès le début, c'est le titre Dune - Part One. J'étais habitué aux éditeurs qui ne signalent pas que leur roman est en fait une première partie, mais c'est pour moi une première pour un film. Aucune info sur l'affiche, dans la bande annonce et toute la pub. Merci, très sympathique de découvrir cela à la dernière minute. Pis, à la sortie du film, la partie deux n'était qu'une option parmi d'autre...

Les vers sont magnifiques, malheureusement, il faudra attendre le seconde partie, la troisième, la quatrième pour en apprendre plus.


Mais c'est quoi le pitch ? La maison mère d'une multinationale planétaire vire l'équipe en charge de la colonisation d'une planète et en place une autre. Pour épicer le tout, car sinon on se croirait dans un film d'entreprise, un sombre complot fait son arrivée. Les licenciés sont les méchants, les nouveaux de gentils patrons. Les méchants ne sont pas contents et vont mettre des bâtons dans les roues des seconds.

Alors oui, c'est assez manichéen. Le papa des gentils explique à son fiston qu'il doit prendre la relève, même si ce n'est pas ce qu'il veut, il faut avoir le sens du sacrifice. Le pouvoir est vraiment un sacerdoce. Pauvres riches, j'en ai même versé une larme. Maman Riche est plus attentionnée avec sa progéniture, mais elle est sous l'influence d'une secte qui jette son dévolu sur son gosse. Alors maman pleure. Elle est fragile. Donc elle pleure. Mais un matin elle se reprend en main et devient une femme forte, même si elle est déchirée et pleure encore parfois.
Le fiston est dans la fougue de la jeunesse, les hormones le travaillent. Alors il rêve. D'une jeune fille, belle et idéalisée, charmeuse et surtout mystérieuse. Moi j'ai l'impression qu'elle doit être un peu conne car elle n'a que deux moues comme expression... La grande question : Vont ils se rencontrer et s'aimer ? Suspense, suspense...
Bref, c'est du mille fois vu et lu. C'est binaire et on se doute de tout. 

Moue numéro 1

Moue numéro 2
Acteur, c'est un métier !

Comme je le disais au début du billet, difficile de ne pas connaître Dune, sa complexité, des intrigues politiques, sa mystique. Un roman profond et intelligent. Le film est son opposé, c'est beau, très beau, mais que c'est creux. L'impression qu'il faudra attendre la sortie blu-ray pour voir toutes les scènes coupées qui manquent à la compréhension, à la nuance. Car j'ai eu l'impression de voir un assemblage de scènes sans liant. C'est tout de même un comble pour un film de 2h30.

Conseil : allez au cinéma avec le roman pour comprendre le film

Le coffret qui sort ces deniers temps contient le roman, et c'est compréhensible car ce film est une coquille vide. Ayant écouter quelques podcasts, tous les intervenants ont lu le roman, l'ont disséqué et comblent les manques par leur connaissance, voit dans le frémissement d'une ride tous les non dits. J'aurai préféré ne pas connaître la supposée complexité du roman avant de voir ce film qui m'aurait sans doute mieux comblé. Un film à grand budget de plus.

Esthétiquement très beau, l'épure laisse un sentiment de vide


Économie dans le milieu du cinéma,
plus de chirurgie esthétique pour les actrices vieillisantes,
un napperon sur la tête et c'est plié.




L'Immortelle de Maison-Ville

janvier 17, 2022

Jean-Marc De Vos, Autoédition, 2021, 376 p., 5€ epub avec DRM



Pourquoi se décarcasser à pondre un très bon thriller pour l'enrober de la plus hideuse des manières ?
 

Présentation de l'éditeur :

Dans le Nouveau Monde, érigé sur les ruines de l’ancien détruit lors des Conflits du XXIe siècle, l’enfer a un nom : Maison-Ville, le monstrueux immeuble qui abrite huit millions d’âmes sur ses soixante niveaux. Repaire d’exclus et de criminels, la cité-libre symbolise non seulement le mal absolu, mais aussi l’échec des implacables lois Éthiques et Écologiques qui régissent la planète.
En 2180, un mystérieux phénomène s’abat sur la cité. Du jour au lendemain, plus personne ne meurt, les malades guérissent, les gens arrêtent de vieillir. Abhorrée la veille, Maison-Ville devient l’objet de toutes les convoitises. Mais comment un bidonville, aussi peuplé soit-il, peut-il résister face aux pressions des institutions politiques, financières, militaires et religieuses du monde entier ? Sans oublier les millions d’êtres prêts à tout pour y entrer.
Dans une lutte à mort pour contrôler la Jouvence, s’affronteront au fil des âges des personnages hauts en couleur, tels la chancelière Alex Khan, le commandant Willy Baumsteiger, le milliardaire Elton Soors, le procurateur Casimir Marcinkus et tant d’autres…
 
 

Mon ressenti :

Il ne faut pas se fier aux apparences. D'accord mais faut pas abuser quand même ! Après, je me pose une question existentielle : plus la couverture est moche, plus le succès est au rendez-vous chez les autoédités ? Vaste débat. Quoiqu'il en soit, je vous ai mis des bandeaux rouges afin que vous ne vous bruliez pas les yeux en la regardant, les plus aguerris d'entre vous peuvent scroller directement en bas de billet pour la voir. A vos risques et périls !!!

Nous savons donc que Jean-Marc De Vos n'est pas un bon graphiste (une constante chez lui) et à la limite, je m'en fous car c'est le texte que je juge. Et là, il n'y a pas à chipoter, le mec roule sa bosse.
Soit notre monde dans une certaine d'années, des conflits ont éclaté partout pour diverses raisons que l'on connait tous, il suffit de regarder les infos et ouvrir sa fenêtre.
Après 20 ans de guerre, il ne reste plus grand chose et le peu de monde restant établi des règles éthiques sociales et environnementales strictes, sous une gouvernance mondiale. Fini de faire mumuse avec l'ADN, le nucléaire et la surconsommation. De nouvelles villes naissent sur les ruines.

J'ai vraiment lu avec plaisir ce roman qui m'a emmené dans ce monde où tout n'est ni blanc ni noir. Les personnages évoluent et sont ambiguës à souhait. J'aime avant tout lorsqu'un livre m'entraîne dans son intrigue et me fait réfléchir sur le monde et c'est ce que j'y ai trouvé.
Les sujets actuels comme l'immigration et son traitement y sont traités sans en avoir l'air. Nous avons une protagoniste qui ne se laisse pas conter des histoires de prince charmant et mène sa barque. Les relations entre puissants, les classes laborieuses et comment se joue les relations de pouvoir s'y trouvent et ce, sans grandiloquence, tout en simplicité. Ce monde où les lois sont plus équitables et environnementales entrainent la résurgence de problèmes que le progrès technologique avait aboli. Alors que faire ?

Jusqu'à la fin, l'auteur m'a baladé et a rogné mes heures de sommeil. 
La couverture moche a bien trompé son monde. 
 
 
 
Attention à vos mirettes, ça va piquer !






L'auteur a entendu mon cri est à modifier ses couvertures.



L'effet coccinelle

janvier 10, 2022

 

Yann Bécu, Les Éditions de l'Homme sans nom, 2021, 320 p., 10€ epub sans DRM


Une mission impossible, Ethan Hunt est en vacances.
Que faire ?
Appeler en renfort une équipe de bras cassés aliens !

Présentation de l'éditeur :

Le lancement de l'Homo Sapiens, c'était une idée pourrie. Génétiquement trop instable. Le service Créa avait prévenu dès le début. Ils préféraient de loin le projet Bonobo. Question score de paix, une vraie promenade ! Bonobo Sapiens, ça aurait signifié la résolution du moindre conflit par le sexe... Chantier pépère, en somme. Tu parles ! Les boss du 33e étage n'avaient rien voulu entendre. L'Homo Sapiens c'était parfait pour eux : audacieux, vendeur, et tellement sexy sur le papier.
Sur le papier, peut-être, mais sur le Terrain... Parce que nous autres on est les techniciens, les larbins de la création... "Les Boueux" , comme ils disent en haut lieu. Siècle après siècle on patauge dans ces eaux crapoteuses. Et chaque fois qu'on prend possession d'un corps ici-bas, on en paie le prix : coups de chaud, coups de froid, coups de pompe, coups de blues, coups de foudre, toute la chimie humaine s'impose à nous...
Alors forcément, il arrive qu'on gaffe. Or notre récente bourde risque de coûter cher. Si on ne la rattrape pas très vite, l'humanité va droit dans le mur... Adieu, triple A. Adieu, Homo Sapiens. Et bonjour les sanctions. Avec L'Effet Coccinelle, Yann Bécu développe une idée vertigineuse... Si une "preuve divine" était publiée, aussi éblouissante soit-elle, il resterait tout de même une question potentiellement explosive : quelle branche de quelle religion a misé sur le bon cheval ?


Mon ressenti :

L'effet coccinelle, rien que le titre m'a fait rire tout le long de ma lecture. Malheureusement, je ne peux rien vous en dire, divulgachache et tout et tout. Mais ce titre résume parfaitement le contenu.

A une certaine époque, la mode était à l'invasion alien invisible. Puis c'est passé de mode. Et Yann Becu a décidé de remettre le sujet sur le tapis et il a bien fait. Car c'est drôle, pas lourdingue, mais drôle. Un humour qui me plaît à moi, dont plutôt noir, grinçant, légèrement absurde et sarcastique.
Le pitch : un vaisseau traverse l'espace en ensemençant la vie sur des planètes. Seul limite, à chaque fois l'espèce doit être originale et la planète vivre en paix. Mais après moultes expériences, les idées se fanent, on en arrive sur la Terre et la création des humains...

Scénario improbable pour réalisation réussie haut la main. Un xéno-road trip à travers l'Europe et la Hongrie. Les trois aliens que nous suivons sont les petites mains, les premiers de corvée. Pas forcément très intelligents mais remplis de malices, malins et taquins, c'est une équipée sauvagement drôle qui égratigne nos travers d'humains, nous, l'espèce la plus intelligente de l'univers. Cerise sur le chapeau, l'auteur s'amuse avec le libéralisme et le monde de l'entreprise, mais aussi la religion.

Contrairement à son précédent roman Les bras de Morphée qui m'avait aussi bien fait marrer mais était sorti de ma mémoire sitôt lu, L'effet coccinelle reste bien dans mon cerceau. J'attends le prochain roman de l'auteur avec impatience.

Yuyine a passé un sacré bon moment de lecture, Le nocher des livres a passé un moment très agréable
 

Comme les autres

décembre 23, 2021

 

Élodie Serrano, Armada éditions, 2021, 36 p., 5€ papier

Edit du 21 mai 2022 :
Attention, l'éditeur semble ne plus honorer les commandes passées sur leur site ou vie les librairies. Je vous déconseille donc fortement de les acheter sauf si vous voyez les livres physiquement.
Les autrices et auteurs ont souvent un compte FB ou twitter, passez directement par eux, ils ont parfois quelques exemplaires papier qui trainent  chez eux.
J'avais eu écho d'une lectrice qui avait eu un problème avec sa commande, là, ce sont deux autrices : Anaïs Cros et Dominique Lémuri

Peut-on enfiler une veste qui n'est pas taillée pour soi ?
 

Présentation de l'éditeur : 

Depuis toujours, Griffes rêve de devenir Gardienne de la Paix, quand bien même tout le monde lui répète que c’est un métier de capybara et qu’une chatte n’a pas le physique ni le caractère pour le devenir.
Mais Griffes est bornée et tente tout de même sa chance. Le chemin, pavé de préjugés, risque bien de mettre son entêtement à rude épreuve.
Arrivera-t-elle à réaliser son rêve et tracer sa propre voie ?

 

Mon ressenti :

Un jour, les animaux acquièrent la parole et l'humanité disparaît face à toutes les souffrances qu'ils ont fait subir à la gente animale. Dans cette nouvelle société, un chatte tente de devenir flic.

Voilà une fable humaniste et positive sur la différence avec des animaux comme protagonistes. A l'inverse de La ferme des animaux, la bienveillance guide le récit, sans verser non plus dans la mièvrerie. Le monde homme ou animal est loin d'être égalitaire et l'autrice ne nous cache pas les discriminations. Ici, les flics sont en majorité des capyboras et voir arriver une chatte et un chien semble gêner aux entournures. L'autrice a préféré choisir l'espoir et de nous dessiner une possible utopie. Partant de là, la fin est connue, mais cela participe à l'esprit de Noël.
Même si j'ai toujours du mal avec la bienveillance, j'ai lu avec plaisir cette fable qui m'a fait penser au film d'animation Zootopie.

 


Challenge
Winter short stories of SFFF

Mécanique en apesanteur

décembre 20, 2021

 

Bénédicte Coudière, Armada éditions, 2021, 36 p., 5€ papier

Edit du 21 mai 2022 :
Attention, l'éditeur semble ne plus honorer les commandes passées sur leur site ou vie les librairies. Je vous déconseille donc fortement de les acheter sauf si vous voyez les livres physiquement.
Les autrices et auteurs ont souvent un compte FB ou twitter, passez directement par eux, ils ont parfois quelques exemplaires papier qui trainent  chez eux.
J'avais eu écho d'une lectrice qui avait eu un problème avec sa commande, là, ce sont deux autrices : Anaïs Cros et Dominique Lémuri

La différence, inconvénient ou atout ?


Présentation de l'éditeur : 

Cassandre est sans conteste la meilleure mécanicienne de sa génération. Il faut dire qu’elle dispose d’un atout non négligeable : elle peut dialoguer avec les machines qu’elle répare.
Appelée en urgence sur la station spatiale internationale suite à de multiples et étranges avaries, Cassandre y retrouve la capacité à se mouvoir librement grâce à l’apesanteur. Mais surtout, elle va faire la connaissance de l’être le plus passionnant et étrange qu’elle n’ait jamais rencontré.

Mon ressenti :

On débute par une partie d’échec qui nous fait comprendre une des particularités de la protagoniste : une intelligence différente du commun des mortels. Cette différence lui permet de pouvoir dialoguer avec des systèmes complexes et in fine de les réparer. Et justement, des avaries multiples touchent la station spatiale internationale.

Une nouvelle qui se lit facilement et nous met dans la psyché de cette mécanicienne. L'autrice utilise le trope du dialogue IA/Homme et l'éveil de la conscience de manière simple et compréhensible qui devrait permettre aux moins aguerris des lecteurs de SF de savourer pleinement le récit. Autre point positif, le handicap qui n'est pas vu comme un handicap ici, mais un avantage selon les conditions environnementales et la norme un désavantage. L'éveil de la conscience n'est pas forcément où on l'a voit !

 
 
 
D'autres avis sur le site du Galion des étoiles.
 
Challenge
Winter short stories of SFFF
 
 

Dans le cœur d'Eltanis

décembre 19, 2021

 

Dominique Lémuri, Armada éditions, 2021, 40 p., 5€ papier

Edit du 21 mai 2022 :
Attention, l'éditeur semble ne plus honorer les commandes passées sur leur site ou vie les librairies. Je vous déconseille donc fortement de les acheter sauf si vous voyez les livres physiquement.
Les autrices et auteurs ont souvent un compte FB ou twitter, passez directement par eux, ils ont parfois quelques exemplaires papier qui trainent  chez eux.
J'avais eu écho d'une lectrice qui avait eu un problème avec sa commande, là, ce sont deux autrices : Anaïs Cros et Dominique Lémuri

Si tu aimes les aliens non anthropomorphes.

 

Présentation de l'éditeur : 

Colon fraichement débarqué sur la planète Eltanis, le géologue Sergueï Olafsson se lance passionnément dans l’étude de son nouveau monde. Au coeur d’un échantillon de minerai de fer, il découvre une substance liquide au comportement inexplicable.
Quels risques encourt-il en s’intéressant à cet organisme qui n’appartient pas à son domaine d’expertise ? Sa curiosité de scientifique l’entrainera-t-elle bien plus loin que son imagination ?
 

Mon ressenti :


Sur une planète nouvellement colonisée, Eltanis, la rencontre avec une espèce alien va bouleverser l'installation.

Voici un préquel à Sous la lumière d'Hélios que j'avais beaucoup apprécié. Nous assistons au début d'une infection des colons d'un virus particulièrement invasif. Je retrouve avec plaisir la plume de l'autrice qui arrive en peu de mots à nous faire vivre son aventure. Des les premières pages, nous sommes plongés dans cette biosphère étrangère de façon très réaliste et naturelle. Un premier contact qui laisse présager un dénouement différent de ce que l'on lit habituellement, les aliens ne sont pas tous aussi méchants qu'Alien.
Découverte récemment, je continuerai avec plaisir à lire les textes de l'autrice.
 



Seul ombre au tableau, l'histoire n'est qu'un début et il faudra lire le roman pour en profiter pleinement. J'aurais préféré une nouvelle qui puisse se lire de manière indépendante. C'est donc une mise en bouche qui devrait donc vous faire lire ce roman. Et c'est au final une bonne chose. Et l'éditeur le signale dès la couverture.

J'avais interviewé l'autrice il y a quelques temps.

D'autres avis sur le site du Galion des étoiles.
 

Les Murailles du Temps

décembre 05, 2021

Jean-Christophe Gapdy, Rivière blanche, 2021, 340 p., 25€ papier

 
Trop hautes pour moi ces murailles, j'ai eu du mal à les franchir...

 

Présentation de l'éditeur :

Mia a été capturée avec ses amies par des aliens destructeurs de mondes. Esclave dans un de leurs gigantesques vaisseaux, leur petit groupe parvient, malgré la perte de trois des leurs, à s’enfuir et à rejoindre une planète étrangement semblable à la Terre. La découvrant détruite et envahie par la mort, elles ne peuvent y demeurer et vont plonger, avec leur petit jet spatial, au cœur d’un proche trou de ver pour tenter de rentrer chez elles. Mais, dans l’univers lointain, rien n’est jamais ce que l’on croit ni ce que l’on espère. Si franchir l’espace et le temps, au risque d’être jetées dans l’inconnu d’une autre époque, reste leur plus grande peur, ce sont des pièges bien plus incroyables qui les attendent, car ce n’est pas avec le temps, mais bien avec celles et ceux qui veulent les franchir que jouent les Murailles du Temps...
 

Mon ressenti :

Troisième tome du cycle SysSol (Les gueules des vers - L'enfer des vers), l'auteur a eu la bonne idée de faire qu'il ne soit pas nécessaire d'avoir lu les précédents et ça c'est cool.

Nous sommes dans un monde où la découverte de trous de vers, les gueules de vers, permet de voyager dans l'espace et aussi le temps. Mais ce n'est que le début de cette connaissance et les recherches pratiques tentent de faire avancer la science, parfois en en payant le prix fort.
Nous suivons les pas d'un d'un groupe de personnes esclaves d'un vaisseau suite à l'attaque de leur planète. Un jeu du chat et de la souris va commencer entre eux avec pour paysage ces fameuses gueules de vers.

JC Gapdy est un auteur que je suis depuis quelques années, souvent avec de grands frissons de lecture a la clef. Malheureusement, ce n'est pas le cas cette fois. Pourquoi ? Les raisons en sont diverses et variées alors que tous les ingrédients que j'apprécie sont présents.

Déjà des aliens et des hommes, j'aime quand on confronte l'altérité dans le récit, mais ici, cela va beaucoup trop vite à mon goût, tout est trop simple, rapide. Grâce au fameux Deus ex machina, ici une IA quasi omnisciente qui va permettre un dialogue interespèce quasi naturel. Ce n'était pas l'objet du livre mais cela me fait toujours un peu sortir de ma lecture (Même problème dans  A dos de crocodile de Greg Egan)
Seconde raison, mon attachement aux personnages qui manquent pour moi d'épaisseur et deviennent dès lors interchangeables. L'impression d'avoir des persos légèrement young adult même si le récit ne l'est pas.

Dans cette série, ce qui m'interpelle, c'est les trous de vers et la particularité de créer des univers parallèles. J'ai envie d'en apprendre davantage là-dessus, les théories scientifiques, et le jeu que créée l'auteur dessus. Mais il a préféré prendre un axe aventure, des rebondissements, des retournements de situations...
C'est dommage, car il y a de très bonnes choses dedans, comme ce twist au début qui nous place dans une situation d'altérité. Il y a aussi cette fameuse muraille, un assemblage infernal de ces gueules de vers, leurs descriptions sont magnifiques et dévoilent leurs monstruosités. L'auteur joue aussi avec des genres différents, une société matriarcale, une façon de faire famille autre, mais ne va pas assez loin à mon goût.

Donc de très bons ingrédients, mais un dosage inapproprié pour mes papilles...

Son de cloche différent sur Le Galion des étoiles, Djackdah Nielle a apprécié la balade.

Squid Game

novembre 22, 2021


Série créée par Hwang Dong-hyeok, 2021, 9 épisodes entre 30 et 60mn


Et toi derrière ton écran, comment réagirais tu à leur place ?

Synopsis : 

Tentés par un prix alléchant en cas de victoire, des centaines de joueurs désargentés acceptent de s'affronter lors de jeux pour enfants aux enjeux mortels.

Mon ressenti :

Voilà la série dont tout le monde parlait il y a quelques semaines, LA série qu'il fallait absolument regarder pour être dans le coup. Raté pour moi, j'ai donc pris le second train. Et j'ai bien failli ne jamais le prendre. Je regardais la hype de loin et je ne voyais pas l'intérêt de regarder des gens se faire tuer. Car oui, c'est bien le pitch : des personnes sont enrôlées pour participer à un tournoi dont le gagnant remportera un jackpot phénoménal. Quand aux autres...



Une tuerie de masse avec un joli côté voyeuriste, pas de quoi me faire poser ma liseuse. Mais une personne bien informée me disait que c'était moins con qu'il n'y paraissait. Et bien m'en a pris. Car ce n'est pas cela qui compte, la psychologie sociale a ici toute sa place : Comment des gens se font enrôler de plein gré dans ce jeu de dupes ? Comment vont-ils s'organiser pour tenter de mettre toutes les chances de son côté ? Comment vont-ils se trahir les uns les autres ? Le volontariat est-il vraiment volontaire ? Cela m'a fait un peu penser à l'expérience de Milgram où des personnes lambda deviennent des bourreaux sans avoir l'air d'y toucher.



Une série avec un côté social, car si les participants sont présents, c'est bien à cause de la société. Pauvreté, délinquance, marginalité ... Des personnages bien campés malgré la caricature, on s'attache à certains, on en déteste d'autres. On sent le drame tisser peu à peu sa toile et on se doute que cela finira mal, ou du moins qu'il n'y aura pas de gagnant. Des individus qui s'étoffent de par leur action, mais aussi par des retours en arrière sur leur vie, qui nous montre comment ils en sont arrivés là.


C'est sombre sur le genre humain, même si des notes d'espoir demeurent. Et l'humour est de la partie pour alléger cette noirceur. Un humour parfois tranché, parfois burlesque, mais qui fonctionne. Les jeux, tirés du répertoire enfantin, sont bien choisis et participent au côté décalé de la série, comme les décors et musiques. On regarde, les yeux vissés sur son écran, on a ses favoris et on pleure lorsque ces derniers perdent ou l'on crie de bonheur lorsqu'un méchant se la prend à l'envers. C'est délicieusement monstrueux et gore, rempli de cruauté. Les twists permettent de pimenter le tout.


Quelques hiatus comme ce flic à la recherche de son frère dont on réalise rapidement les tenants et aboutissants, les riches forcément pervers. Mais ces quelques faiblesses n'arrivent pas à oblitérer le fait que j'ai passé un très bon moment à regarder cette série. Mon voyeurisme en a eu plein les mirettes tout en me brossant dans le sens du poil en me donnant des justifications intellectuelles.

Une deuxième saison est d'or et déjà prévue.

Pour aller plus loin, le podcast de C'est plus que de la SF


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