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AOC n.62

septembre 14, 2022

 

Morgane Guilhem, Sasha D. Page, Agathe Tournois, Olivia Cabanaz, Présences d'esprits, automne 2021, 81p., 3.50€ papier



Un numéro spécial Visions du futur, un concours de nouvelles dont il suffit pour participer d'envoyer un texte répondant à un, et un seul, des critères qui étaient cette année là, en 2021 :

a. « Les racines inspirent, mais elles ne sauraient donner à quiconque le souffle nécessaire à sa propre course. » Fatou Diome
b. (In)justices
c. « Pour eux, on était des Martiens. » Roland C. Wagner
d. « Tu apprendras à tes dépens que le long de ton chemin tu rencontreras chaque jour des millions de masques et très peu de visages. » Luigi Pirandello


Accessit : AB+ de Morgane Guilhem
Pitch de l'éditeurCensure du chien. Mieux vaut ne rien savoir pour déguster pleinement

Une ligne dans une usine où des ouvriers s'activent. Mais cela semble ne pas coller à cause de leurs noms étranges : 2344-H-AB+ ou 2380-F-B+
L'auteure garde le mystère jusqu'au bout de sa nouvelle et la chute arrive, brutalement et magnifiquement. Difficile d'en dire plus s'en déflorer le texte et par la même la surprise. J'aime les nouvelles à chute, j'aime donc AB+
Critère : « Pour eux, on était des Martiens. » Roland C. Wagner

3e prix : Dissémination de Sasha D. Page
Pitch de l'éditeurKaheni est en symbiose avec la ronce, ce qui lui a permis de devenir une guerrière redoutable, et d’échapper au sort de très nombreuses femmes : une fleur délicate fait d’elles de dociles jouets pour les hommes. Le chef du cartel l’envoie en mission pour récupérer une graine qui fera d’une autre femme une esclave parfaite, Kaheni lui obéira-t-elle ?

Un monde où il est possible de vivre en symbiose avec une plante, faisant des femmes de belles plantes. Ce rôle du fait de la symbiose est accolé à leur peau, leur sang... Ronce se voit obliger de dérober une graine extrêmement rare.
Dommage que le monde soit si peu développé pour une immersion plus forte et moins caricatural. Nous sommes plus dans la Fantasy, aucune explication sur cette symbiose. La chute ne fait que renforcer l'effet que j'ai du texte, raté. Du moins pour moi, vu que ce texte a remporté la troisième place.
Critère : « Les racines inspirent, mais elles ne sauraient donner à quiconque le souffle nécessaire à sa propre course. » Fatou Diome

2e prix : Shiawase Lady d’Agathe Tournois
Pitch de l'éditeurShiawase est un opérateur de téléphone qui équipe ses clients de puces neurales. Pour les rassurer et montrer leur intérêt, il a créé les Shiawase Lords and Ladies, des hommes et des femmes que l’entreprise recrute pour devenir les anges gardiens de ses usagers. Chitose rêve de se voir proposer cet emploi, mais quand cela arrive, elle découvre l’envers du décor…

Fini le smartphone, place à la puce neurale. Alors que certains ont peur des dérives possibles sur la vie privée, l'entreprise Shiawase a une idée marketing de génie. Voilà une histoire basée sur une très bonne idée qui nous dessine un monde dystopique où la bonté humaine va en prendre un sacré coup.
J'ai adoré l'idée, légèrement moins le traitement trop adolescent et manquant de noirceur. Mais c'est vraiment pour dire quelque chose de négatif car j'ai trouvé l'idée excellente. Cela est un très bon épisode de La quatrième dimension, j'aurai juste voulu un traitement à la Black Mirror. Les deux références citées vous montre ma haute estime sur ce texte. Bravo Agathe.
Critère : « Tu apprendras à tes dépens que le long de ton chemin tu rencontreras chaque jour des millions de masques et très peu de visages. » Luigi Pirandello

1er prix : Camara Transfer d’Olivia Cabanaz
Pitch de l'éditeurDans cette lagune du bout du monde, Peppe attend. L’enfant ne sait pas très bien pourquoi il est là, mais il aime bien cette vie comme suspendue, éclairée par la présence de Soralyn. Soralyn, elle, est prise au piège ici, comme tant des misérables qui vivent dans ce coin perdu. Peppe, déchiré entre le désir de voir son amie heureuse et la crainte de son départ, devra choisir.

Camara, une bourgade sur pilotis ou végète les déshérités arrivés là on ne sait comment. Rien à faire, rien à attendre. Donc on se raconte des histoires entendues mille fois. Un jour, une personne nouvelle arrive, avec peut être de belles histoires à la clé ?
Toutes les histoires ne sont malheureusement pas belles, ce que va découvrir le protagoniste à son cœur défendant. Un univers entre post apo et réalisme magique où il sera question de choix qui auront des conséquences ici ailleurs et autrepart. C'est la gagnante du concours et ce est pas un hasard.
Critère : (In)justices

AOC n.60

juin 14, 2021

 

Anzala Peytoureau, Jean Christophe Gapdy, Agathe Tournois, Présences d'esprits, printemps 2021, 76p., 3.50€ papier

 

Une couverture ambiguë : est-ce que la personne se suicide après avoir lu les nouvelles de ce numéro ? Ou est-elle tombée due au vertige propre au sense of wonder ?
Pour le savoir, qu'une seule solution, lire en se tenant loin d'une falaise, un homme averti en vaut deux !

 

Nô, Anzala Peytoureau

Dans un théâtre où tous doivent porter des masques (pas ceux du covid !), une comédienne sort de scène pour aller dans les loges.
Une nouvelle étrange, un peu à la lisière des genres même si c'est de la SF. Dans ce labyrinthique théâtre des apparences, ces dernières vont être bousculées et les certitudes vaciller.
J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans cet univers (j'ai failli abandonner page 2), ce n'est pas le genre de texte que j'aime, encore moins le théâtre. Au final, je n'ai pas compris le pourquoi, ni le comment de ce texte.


Irréprochable propreté, Jean Christophe Gapdy

Lorsque l'on te dit d'écouter tes parents...
Une nouvelle maison, une adolescente qui n'écoute pas ses parents et une porte fermée.
Lorsque j'ai lu le résumé, je me suis dit, oh que c'est convenu. Puis j'ai lu la dernière phrase et j'ai été emballé.
Voilà donc un texte de SF gore old school qui se lit tout seul. J'ai  beaucoup aimé que l'auteur change ce qui se trouve habituellement derrière la porte pour une chose beaucoup plus SF et l'héroïne n'est pas une dame apeurée.
Jusqu'à la fin, une question me taraudait, pourquoi ce déménagement ? Une erreur de l'auteur ? Mais non tout s'emboîte parfaitement et logiquement.
J'ai pris plaisir à lire ce texte qui change de ce que nous propose l'auteur même si quelques clins d'oeil ici et là font que l'on reconnaît sa patte. Que le terme de gore ne t'effraie pas outre mesure, cela reste léger, mais un conseil cependant, brosse-toi bien les dents... et écoute tes parents !


Entre deux mondes, Agathe Tournois

Changement de paradigme, dans le monde proposé par l'autrice, les handicapés sont les bien portants, depuis que les malformations ont touché la majeure partie de la population après une guerre génétique.
Une bonne idée, une assez bonne réalisation (difficile de traiter de nombreux sujets), un suspense savamment dosé. Par contre, moi j'aime les textes noirs et nous sommes plus ici dans du hopepunk, un peu trop bienveillant à mon goût.
Mais bon, je partage les idées derrière le texte et cela reste le principal ; A bas les fachos racistes et bas du front et vive le melting pot




La revue se clôt par un rappel pour voter au prix des lecteurs avec une belle dose d'humour





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