Affichage des articles dont le libellé est Seuil. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Seuil. Afficher tous les articles

Au bal des absents

novembre 16, 2020

Catherine Dufour, Seuil, 2020, 224 p., 13€ avec DRM

 

Si tu es trop pauvre pour te payer une cure de psychanalyse, le meilleur moyen d'exorciser tes démons est d'affronter une maison hantée.

 

Présentation de l'éditeur :

Claude a quarante ans, et elle les fait. Sa vie est un désert à tous points de vue, amoureux et professionnel ; au RSA, elle va être expulsée de son appartement. Aussi quand un mystérieux juriste américain la contacte sur Linkedin – et sur un malentendu – pour lui demander d’enquêter sur la disparition d’une famille moyennant un bon gros chèque, Claude n’hésite pas longtemps. Tout ce qu’elle a à faire c’est de louer la villa « isolée en pleine campagne au fond d’une région dépeuplée » où les disparus avaient séjourné un an plus tôt. Et d’ouvrir grands les yeux et les oreilles. Pourquoi se priver d’un toit gratuit, même pour quelques semaines ? Mais c’est sans doute un peu vite oublier qu’un homme et cinq enfants s’y sont évaporés du jour au lendemain, et sans doute pas pour rien.

 

Mon ressenti : 

Claude est aux portes de la rue mais un emploi inopiné lui permet d'éviter la case SDF. Avec pour seul bagage un sac et quelques effets, le reste ayant été vendu pour remplir un pécule bien mince, elle s'en va enquêter sur la disparition d'une famille américaine alors d'une villégiature dans un manoir. Bien que lors de cette sortie, j'étais plutôt sceptique : du fantastique, un éditeur généraliste... Mais les premiers retours avec le côté social de la chose me faisait de l'oeil. De ce que j'ai lu des maisons hantées, on y voit toujours de gros richards, et cela est salutaire pour moi. Ici, c'est la misère, la pauvreté, la vraie, celle qui fait compter chaque chose du quotidien, où chaque perte d'un objet est autant de moins sur le compte en banque, que ce soit une brosse à dent ou un rouge à lèvre. Toujours calculer, dès le premier jour du mois, en espérant qu'aucune merde ne viendra mettre à bas cet édifice fragile jusque la prochaine rentrée d'argent.

Mais point de misérabilisme ici, le roman est très drôle, mordant, l'humour n'est pas réservé qu'aux riches... Et n'oublions pas que nous sommes face à une maison hantée, avec ses morts qui peuplent chaque coin d'ombre avec quelques petites frayeurs qui émaillent le récit, entre deux parties de rigolades pour trouver comment exorciser cette faune diaboliques en éclusant tout ce que le genre fantastique a mis à la disposition : web, littérature, audiovisuel.

On ne s'ennuie pas une seconde dans cette enquête absurde, effrayante et sociale. Catherine Dufour n'a pas son pareil pour s'emparer d'un genre, le malaxer et nous le recracher avec toute sa verve et sa gouaille. Un bon moment de détente qui m'a changé du classicisme de la maison hantée. Et puis cette fin...

Une interview de l'autrice à propos de ce roman chez Les pipelettes

Concours :

Ayant reçu le livre au format papier, je mets celui ci en jeu.

Pour le gagner, il suffit de mettre en commentaire une blague avec des fantômes ou une maison hantée... et de m'envoyer ton adresse postale sur mon mail : lechiencritique@gmail.com

Fin du jeu : jeudi 19 novembre à 06h06mn06s

La blague qui m'aura fait le plus rire gagne.

Et c'est Sam D. qui remporte la mise de bien belle manière :



Avis réalisé dans le cadre d'un service de presse

Défaite des maîtres et des possesseurs

juin 01, 2016

Vincent Message, Seuil, 2016, 304 p., 13€ epub avec DRM




Défaite des maîtres et des possesseurs.
Le titre seul m’a donné envie de lire ce roman

Un homme, une femme, un accident. Le présent dans toute sa banalité. Mais dès les premières pages, quelques mots suggèrent une étrangeté dans le quotidien décrit.
Je n’ai pas envie de vous dévoiler plus de cette intrigue, au risque d’en gâter le charme de la découverte.

Nous sommes ici à la lisière de la science-fiction, ou plutôt dans un roman de sciences humaines-fiction. La présence d’un extranaturel est ici prétexte à une dissection de nos modes de vie et de notre aveuglement face à une catastrophe environnementale imminente.

Réflexion éthique et philosophique autour de la domination, Vincent Message nous délivre un message fort sur notre avenir, décline l’altérité sur plusieurs niveaux. Il nous jette à la figure nos petites hypocrisies, nos petits arrangements-compromis avec notre conscience. Les dangers qui nous guettent sont connus de tous, mais nous préférons « courageusement » tirer les rideaux. L’auteur tente de les entrouvrir et il y parvient admirablement.
Fourni par Blogger.