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Les Naufragés de Velloa

juin 10, 2026

 

Romain Benassaya, 2019, Critic / Pocket, 450 p., 8€ epub sans DRM



Le Grand Soir n’a pas eu lieu, mais le Grand Exode, lui, a bien laissé les plus pauvres sur le carreau. Bienvenue dans Les Naufragés de Velloa, là où l'humanité a enfin réussi à se débarrasser de ses déchets (nous).


Pitch de l'éditeur : 

XXVIIIe siècle. Mars et Vénus dominent le système solaire, protégeant jalousement leur surface habitable des milliards de naufragés condamnés à errer dans l'espace suite à la destruction de la Terre.Quand Mark Slaska, agent des services de renseignement martiens, découvre sur Mercure un vaisseau de naufragés à qui Vénus avait refusé l'asile, a pu rejoindre l'étoile Sigma Draconis quatre cents ans plus tôt, une vive stupéfaction s'empare des deux planètes : comment un appareil à peine capable de faire la distance Terre-Vénus a-t-il pu parcourir une distance de près de 20 années-lumière, qui plus est, de manière quasi-instantanée ? Existe-t-il une force, dans l'orbite de l'étoile, qui les y aurait invités ?  
 

Mon ressenti :

Au 28e siècle, l'humanité a enfin sonné le clap de fin de la Terre, la rendant inhabitable. Une grande partie de la population a péri, tandis que les puissants ont colonisé Mars et Vénus. Reste une lie de l'humanité à qui l'on refuse toute entrée sur ces îlots : les "blattes".

On pourrait reprocher à l'auteur un pitch caricatural, digne de la lutte des classes des années 70, mais si l'on se penche sur notre société actuelle, on remarque bien vite que nous vivons nous-mêmes dans une caricature. En outre, l'auteur n'est pas naïf et nous dresse un univers malheureusement très crédible. La science-fiction, en nous contant l'avenir, ne cesse de nous interroger sur notre présent. Dont acte.

Mais ce n'est pas un essai, loin de là. C'est un pur thriller avec, principalement, trois points de vue. Chaque étape nous montre la complexité de cet univers ainsi que celle de la nature humaine. Car, au-delà de ces sociétés, la majorité des gens qui les composent ne sont pas aussi tranchés dans leurs opinions une fois que leurs œillères tombent.

Moins réussi, selon moi, est la planète lointaine découverte et son régime féodal. C'est dessiné plus grossièrement, et le thème "la religion est l'opium du peuple" aurait mérité d'être plus nuancé.

Romain Benassaya est habitué aux "big dumb objects" ; c'est un peu moins le cas ici, son grand objet stupide est tout simplement cassé. Reste à savoir par qui ? Ce fil rouge purement SF a maintenu mon intérêt tout au long. Tous les secrets ne sont pas révélés et il faudra lire l'ensemble de l'œuvre de l'auteur pour, peut-être, avoir des réponses. Même si la fin reste trop précipitée, sa nature ouverte ne m'a pas gêné.

Un très bon thriller.

Retour sur Mars

février 15, 2024

 

Ben Bova, Fleuve noir/ Pocket, 2005, 704 p., épuisé

 

Exploration ou exploitation ?

 

Pitch de l'éditeur : 

Six ans après les premiers pas de l'homme sur Mars, le géologue Jamie Waterman, mi-Anglais, mi-Navajo, ne peut résister au magnétisme que la mystérieuse planète exerce toujours sur lui. Capitaine de la seconde équipe d'exploration, il doit mener à bien la mission scientifique qui lui incombe, malgré les intérêts qui l'opposent à Dex Trumball, le fils du milliardaire qui finance l'expédition. Mais il y a beaucoup plus en jeu que les sentiments personnels de Jamie et la sécurité de ses équipiers. Ce monde hostile et énigmatique dissimule encore d'incroyables secrets — comme cette construction improbable perchée sur une falaise, que Jamie a aperçue lors de son premier voyage sur la planète rouge...



Mon ressenti :

Après un Mars excellent, je ne pouvais que poursuivre avec ce Retour sur Mars. Après une ellipse sur le retour de la première mission, la seconde démarre tout aussi vite. Mais après quelques pages, le soufflé retombe assez vite. Alors que le premier roman était "science based", cet opus oublie très rapidement le réalisme pour nous offrir moultes rebondissements. Làs, ces derniers jouent surtout sur les relations entre les personnages, sexuelles bien entendu. Loin de moi que de penser qu'un voyage de deux ans doit se passer sans sexe, mais ici, on dirait que c'est le ressort principal de l'intrigue. Nous connaissons le dicton "ils ne pensent qu'à leurs bites" c'est bien le cas ici, même si les femmes ne sont pas en reste...

Dans cette seconde mission, c'est le privé qui finance, mais le principal financeur est une caricature de lui même, il ne pense qu'au fric et son fiston aussi, qui a réussi à avoir une place pour le voyage. La tension dramatique est donc le méchant est il aussi méchant qu'il en a l'air ? Bref, un ressort dramatique qui ne m'a guère subjugué. Le programme part à vau l'eau sans trop inquiéter, chacun fait ce qu'il veut en fonction de son pouvoir et de ses envies, en dépit du bon sens.

Ben Bova a assez de talent pour me faire tourner les pages assez vite, mais la déception demeure : où est le réalisme que j'avais tant aimé dans le premier tome ? Même la découverte extraordinaire qui arrive au milieu m'a semblé bien trop peu probable, jetant le discrédit sur le réalisme encore un peu plus.

Reste le sujet de l'exploitation commerciale de Mars en l'ouvrant au tourisme (nous sommes dans un avenir récent ou certaines zones de la lune sont habitables). Mais même ici, c'est fait de manière assez caricaturale. Cela ne m'empêchera pas de continuer à explorer la biblio de l'auteur, en particulier son cycle sur le système solaire.

Mars

septembre 25, 2023

 

Ben Bova, Fleuve noir/ Pocket, 2001/2004 (parution originale 1991), 768 p., épuisé


Un film d'exploration martien palpitant. Un bon dosage entre réalisme et imaginaire, car l'important est de raconter une histoire qui fasse rêver.

Pitch de l'éditeur :

2020. À l'instigation d'un scientifique brésilien, Alberto Brumado, une mission d'exploration vers la planète rouge va enfin voir le jour.
Vingt-cinq candidats de toutes nations ont été sélectionnés pour cette odyssée sous contrôle russo-américain. Après un voyage de neuf mois, toute l'équipe devra désormais se confronter à l'hostilité de la planète mais également aux tensions, jalousies et conflits inévitables après une longue période de huis clos. Chacun rêve de découvertes extraordinaires, mais la réalité est plus prosaïque : tempêtes de sable, pluies de météorites, virus mystérieux...

 

Mon ressenti :

En lisant la recension d'Apohis sur Les profondeurs de Vénus, je remarque qu'il parle de Ben Bova et son Vénus. N'ayant jamais lu l'auteur et le Künsken étant un premier tome, pourquoi ne pas tenter ? Mais les avis sont unanimes : le Mars de Bova est meilleur que son Vénus. Alors...

Dans les romans d'exploration, qui sont souvent touffus, il y a toute une partie sur les préparatifs physiques et politiques. Puis le voyage, c'est loin Mars, et une fois posé sur la planète rouge, nous sommes déjà aux derniers chapitres. Ou comme chez Kim Stanley Robinson, il y a des tonnes de descriptions qui ajoutent des longueurs interminables. Et ce n'est pas ce que je recherche bien souvent.

Ici, dès les premières pages, nous assistons au premier contact avec le sol martien. Bien entendu, nous aurons le droit a des flashblacks politiques, des préparatifs, mais l'auteur fait des chapitres assez courts. Il ne tombe pas non plus dans les cliffhanger à foison, il se passe relativement peu d'action. Cependant, à chaque fois, cela reste réaliste. Vers le milieu du bouquin, une couille arrive à la base  martienne et dès ce moment, je n'ai plus reposé le roman, la tension étant à son paroxysme. Résultat, la nuit était bien entamée une fois la dernière page tournée. Et j'ai même lu quelques chapitres de la suite (Retour sur Mars) tant j'étais dans l'histoire. Suite qu'il n'est pas nécessaire de lire, la fin fermant les fils ouverts. 


Chose que j'ai bien aimée, c'est qu'il montre deux types d'explorateurs : les vrais cosmonautes confirmés et les scientifiques qui n'ont pas toujours en tête les dangers d'une telle mission. Quelques notes d'humour parsèment en outre le texte. J'ai bien ri lorsque l'un des astronautes souffle sur la poussière qui a grippé un mécanisme et s'aperçoit qu'il a son casque. Ou le fait de hocher la tête ou les épaules pour répondre alors que la tenue de scaphandrier empêche aux autres de comprendre.

J'ai passé 45 sols sur Mars et ce fut paradisiaque. Il y a bien un deux petit bémol : à part le narrateur, les autres personnages sont un peu oubliés, la place des femmes est assez timide et elles doivent bien souvent jouer de leur physique... Mais ce roman a été écrit en 90 et je me demande si malheureusement tout cela n'est pas tristement réaliste. 30 ans nous séparent de son écriture, il y a bien quelques bricoles qui nous le rappellent comme les disquettes, mais cela reste très actuel même si notre connaissance de Mars a aussi un peu évolué depuis.
Ben Bova livre ici un film d'exploration martien palpitant. Un bon dosage entre réalisme et imaginaire, car l'important est de raconter une histoire qui fasse rêver.

Sphère

février 17, 2022

 

Michael Crichton, 1988, Pocket, 394 p., épuisé


Plongée en eau profonde dans la psyché humaine.

Présentation de l'éditeur :

Dans le sud de l'océan Pacifique, à des milliers de mètres sous la mer, un étrange vaisseau spatial est repéré, reposant sur les fonds sablonneux... Un groupe de savants américains descend dans les abysses pour examiner cette extraordinaire découverte qui trouvent défie leur imagination : un engin spatial intact après une chute aussi vertigineuse ! Encore plus incroyable, il semble qu'elle ait traversé au moins trois siècles... Provient-elle d'un univers différent ? Du futur ? Un fait est certain : elle n'a pas été construite par l'homme.


Mon ressenti :

Un psychologue spécialisée dans les cellules de soutien psychologique en cas de catastrophes aéronautiques est envoyé en pleine mer. Quelques années plus tôt, il avait rédigé un rapport sur les rencontres du troisième type.

Comme dans Jurassic Park, un début prometteur qui se perd malheureusement dans des scènes d'actions de plus en plus grandiloquentes. Second roman que je lis de l'auteur, le début prend le temps  d'exposer l'intrigue et ses personnages, de nous montrer les conditions de vie et les installations techniques. La découverte de cet artefact extraterrestre qui semblent se jouer de la réalité et provoquer d’étranges événements. Un huis clos rempli de suspense doublé d'une étude de moeurs. La manière de mener son intrigue a légèrement mal vieilli mais cela se lit sans déplaisir.

 


On m'avait déconseillé de visionner l'adaptation cinématographique qui en avait été faite en 1998 avec un casting de stars (de l'époque), mais un soir, ne sachant quoi regarder, j'ai craqué.
Fidèle au roman, on n'y perd cependant tout le background savamment mis en place par l'auteur. Les personnages sont beaucoup plus manichéens et après un début qui se laisse regarder, on tombe vite dans le grand n'importe quoi. Ce fut un échec complet, tant financier que scénaristique.

Jurassic Park

novembre 18, 2021

 

Michael Crichton, 1992, Pocket, 512 p., 8€ papier


Ce roman est génial, je suis sûr qu'un jour un réalisateur en fera une adaptation cinématographique.

Présentation de l'éditeur :

Qu'est-ce qu'un dinosaure ? C'est une question que le Dr Bobbie Carter, ancienne interne de l'hôpital de Chicago, n'aurait jamais imaginé devoir se poser. Et pourtant, quand on lui amène, dans sa modeste clinique du Costa Rica, un homme couvert d'atroces blessures, et qu'elle recueille ses dernières paroles juste avant qu'il ne meure, ses certitudes basculent. Que se passe-t-il réellement sur cette île perdue du Pacifique, sur laquelle on devine des êtres terrifiants ? Et qui sont ceux qui ont donné la vie à ces créatures monstrueuses ? Le Dr Carter pensait passer quelques mois tranquilles au bord de l'océan, elle ne savait pas qu'elle était aux portes de l'enfer. Mike Bowman, sa femme Ellen, leur fille Tina devaient également l'apprendre. Très vite. Trop vite...


Mon ressenti :

Il y a quelque temps, Alys exhumait ce roman et m'a donné l'envie de le lire. Je connaissais bien entendu la version cinématographique, mais je n'avais jamais tenté le roman. Première fois aussi que je lis du Crichton. Le pitch est connu : un nouveau zoo d'attraction va ouvrir ses portes avec des dinosaures fraîchement nés après une petite disparition.

J'ai beaucoup apprécié la première moitié, peu développé dans le film, qui s'attarde sur les origines de ce parc et aussi sur les protagonistes de l'histoire : le riche, les paléontologues, le mathématicien... L'auteur prend son temps pour nous présenter la création de son parc, permettant un bon background. Scientifiquement assez solide, c'est un roman science based, il explore différentes disciplines et nous conte les connaissances de l'époque.

La seconde moitié est beaucoup plus classique, plus proche du film dont la trame générale reste identique. Bref de l'action dès que les dinosaures sont lâchés. On tique quelquefois devant cet acharnement de malchance qui a amené à la catastrophe, et aussi quelques hasards heureux. Mais l'auteur sait mener son petit monde et on tourne les pages avec plaisir. Des chapitres courts alternant entre les personnages, la tension est présente malgré que l'on connait l'histoire.
Un bon moment de divertissement malgré les trente ans de la bête.

Cerise sur le gâteau, l'éditeur joue le jeu à fond, et se la joue dinosaure : en effet, aucune version numérique légale n'existe !

Replis

septembre 01, 2021

 

Emmanuel Quentin, Mnémos, 2021 (Mü éditions, 2019), 264 p., 6€ epub sans DRM



Un jeune homme reçoit la plus belle des propositions, avoir une relation fusionnelle avec son père, et refuse... Pourquoi ?

Présentation de l'éditeur :

Dans une France ravagée par le changement climatique et la Grande Guerre des Frontières qui s’en est suivie, l’État contrôle tout et abreuve la population de fake news. Daniel Sagnes est l’un de ces monteurs/menteurs, simple rouage de la grande machinerie du mensonge institutionnalisé. Et à ce titre, il sait que l’Assimilation, qui permet de transférer aux enfants la conscience d'un de leurs parents en fin de vie, présentée comme seul espoir de survie dans ce monde de centres, est une supercherie. Alors quand vient le moment d’accueillir en lui la conscience d’un père honni, il n’a d’autre alternative que la fuite.


Mon ressenti : 


Second roman de l'auteur que je lis sans savoir de quoi il retourne, bonne idée ou pas ?
Ai-je tenté un repli après quelques lignes ?

Daniel Sagnes est monteur vidéo travaillant pour l'État. Son rôle est de faire de la propagande en faisant dire aux images ce qu'elles ne sont pas. C'est le monsieur Photoshop de la vidéo. Comme le personnage de 1984, nous sommes aussi en pleine dystopie dans quelques dizaines d'années. Un monde apocalyptique après une hécatombe végétale ayant eu des effets dévastateurs sur la vie. La science a tout de même fait une percée significative : la possibilité de transfert de la conscience dans la tête de sa progéniture.

Encore un roman sur des lendemains qui déchantent comme je les aime, plein de cynisme et de misanthropie. On rigole, jaune, noir et je me suis bien marré avec les répliques du personnage principal.
Emmanuel Quentin nous parle du mensonge, des fake news vidéos auxquels nous aurons de plus en plus dans quelques années. C'est un véritable page turner, un thriller efficace lu en deux jours. Encore un auteur qui fait baisser cruellement ma productivité au boulot... Un auteur à éviter si tu travailles dans une centrale nucléaire...
Un bémol cependant, la fin est un peu trop rapide, j'aurai aimé rester un peu plus dans ce monde. Mais bon, si on veut du rabe, c'est que le plat est bon.

Ne me reste que Dormeurs à lire de l'auteur, mais comme il n'a pas fait d'effort pour choisir un éditeur avec format numérique, moi je vais aller dormir afin de récupérer les heures de sommeil que l'auteur m'a volé.

Ce roman existe aussi en poche chez Pocket


La Nuit des temps

mars 30, 2020

René Barjavel, 1968, Pocket, 416 p., 8€ papier




La science libère l'homme, le politique l'asservit.

Présentation de l'éditeur :


Au pôle Sud, les membres d'une expédition internationale sont en émoi. Ils ont détecté, sous 1 000 mètres de glace, des ruines gigantesques, enfouies depuis 900 000 ans et d'où s'élève un signal régulier. Que vont-ils découvrir ?

Mon ressenti :


Ayant lu par imprudence un roman de René Barjavel, il y a quelques temps, le voyage en Antarctique de Nicolas Martin m'avait donné envie de retrouver l'atmosphère du pôle Sud. Considéré comme un classique de la SF, paru en blanche comme il se doit, que vaut cette nuit des temps ?

On démarre assez classique avec une expédition scientifique qui découvre des ruines dont l'existence est impossible selon les connaissances de la science et de l'Histoire de la Terre. Nous sommes en plein mythe de la civilisation disparue.
Mais là où souvent s'arrête l'histoire, Barjavel prend un virage assez novateur dans la forme, il nous narre les événements d'il y a un million d'années. On part dès lors en pleine utopie où la science a permis des progrès fulgurants grâce à l'équation de Zoran : l'énergie universelle. Chaque citoyen y a accès librement, la vie est belle et douce. Utopie oblige, la dystopie n'est cependant jamais loin...

— Je ne comprends pas ce qui le rend si dur, dit-il. Il est pratiquement pur.
— « Il », quoi « il » ? Quel est ce métal ? demanda Léonova énervée.
Hoover était un géant roux ventru et débonnaire, aux mouvements lents. Léonova était mince et brune, nerveuse. C’était la plus jolie femme de l’expédition. Hoover la regarda en souriant.
— Quoi ! Vous ne l’avez pas reconnu ? Vous, une femme ?... C’est de l’or !...

La lecture vaut surtout pour sa critique des médias et pour la place accordée à la science, même si elle reste ancrée dans l'imagerie de l'époque. Les items sont classiques, le thriller aussi et certains événements font parfois lever les sourcils ou offrent un peu de sport à nos zygos. Paru en 68, le texte en contient les marqueurs, révolution des moeurs, les blocs politiques rappellent le conflit Est/Ouest, toutes les représentations de la SF sont présentes : alimentation à l'aide de pilules, voiture volante... La place de la femme est mi-figue, mi-raisin selon les pages.
Reste une ode à la science, progrès humaniste libérateur de l'Homme et une forme novatrice pour l'époque. Le ton est assez pessimiste, l'homme étant décidément et définitivement un loup pour lui-même.

Ce roman était à l'origine un scénario de film qui n'a jamais vu le jour.
Pour compléter, tu peux toujours écouter ce podcat consacré à l'auteur.

Défi Cortex

 

René Barjavel : une oeuvre à l'abri des ravages du temps

https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-du-vendredi-21-decembre-2018
La méthode scientifique du 21 décembre 2018
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Comment Barjavel est-il devenu une référence de la science-fiction ? Quel fut son parcours et ses autres vies ? Comment percevait-il le progrès scientifique ? Quelles furent ses inspirations et qui inspira-t-il ?
Pour parler de l’œuvre de René Barjavel, nous recevons aujourd'hui Pierre CREVEUIL, président de l’association des Amis de René Barjavel, et Natacha VAS-DEYRES, chercheuse associée de l’université Bordeaux-Montaigne et spécialiste de la littérature d’anticipation.



Quelques citations :


Nous avons quelque chose en commun qui est plus fort que nos différences : c’est le besoin de connaître. Les littérateurs appellent ça l’amour de la science. Moi, j’appelle ça la curiosité. Quand elle est servie par l’intelligence, c’est la plus grande qualité de l’homme. Nous appartenons à toutes les disciplines scientifiques, à toutes les nations, à toutes les idéologies. Vous n’aimez pas que je sois un Russe communiste. Je n’aime pas que vous soyez de petits capitalistes impérialistes lamentables et stupides, empêtrés dans la glu d’un passé social en train de pourrir. Mais je sais, et vous savez que tout ça est dépassé par notre curiosité. Vous et moi, nous voulons savoir. Nous voulons connaitre l’Univers dans tous ses secrets, les plus grands et les plus petits. Et nous savons déjà au moins une chose, c’est que l’homme est merveilleux, et que les hommes sont pitoyables, et que chacun de notre côté, dans notre morceau de connaissance et dans notre nationalisme misérable, c’est pour les hommes que nous travaillons. Ce qu’il y a à connaître ici est fantastique. Et ce que nous pouvons en tirer pour le bien des hommes est inimaginable. Mais si nous laissons intervenir nos nations, avec leur idiotie séculaire, leurs généraux, leurs ministres et leurs espions, tout est foutu !


Vous aimez les escargots, petite sœur ? Ils sont repartis d’au-dessous du barreau le plus bas de l’échelle, et ils ont refait toute la grimpette, ils sont retombés en route, ils ont remonté encore, et retombé, et, obstinés et têtus, le nez en l’air, ils recommençaient toujours à grimper, et j’irai jusqu’en haut, et plus haut encore ! dans les étoiles ! Et voilà ! Ils sont là ! Ils sont nous ! Ils ont repeuplé le monde, et ils sont aussi cons qu’avant, et prêts à faire de nouveau sauter la baraque. C’est pas beau, ça ? C’est l’homme !

Le livre d'or de la science-fiction : Roger Zelazny

octobre 17, 2019

Roger Zelazny, Pocket, 1985, 384 p., épuisé


Ma notation selon l'échelle de Perceval :
Sur une échelle de 2 à 76, et là je préfère prendre large : de 2 à 71 c'est pas pour moi, de 72 à 75, c'est toujours pas pour moi, et seulement à 76 je prends mon pied en gueulant Yes !

Présentation de l'éditeur :

Né en 1937, Roger Zelazny, débuta en 1962 et devint d'emblée une des stars de la nouvelle science-fiction américaine : dès 1965, son roman le Maître des rêves, sorte d'adieu à ses études de psychologie, remportait le prix Nebula. Cultivant la poésie depuis l'enfance, il s'est imposé par ses dons de visionnaire et son exceptionnelle qualité de style. Un héros en quête de lui même se découvre immortel et doué de superpouvoirs : peut-il devenir dieu, créer des mondes à profusion, jouir à jamais d'une perfection grandiose ? Va-t-il hésiter au seuil de la toute-puissance qui abolit le désir, rencontrer la mort dans l'éternité, affronter des doubles maléfiques aussi forts que lui ? L'euphorie est une frêle pellicule à la surface de l'horreur, les dieux reculent et rêvent de redevenir de hommes. c'est le sujet de ses premiers romans. Puis son imagination a produit de purs joyaux comme l'Ile des morts, les Neuf Princes d'Ambre et le Maître des ombres.


Mon ressenti :

Six Hugo, trois Nebula, c'est peu dire que Roger Zelazny n'est pas un inconnu en science-fiction.  Pourtant, je ne connaissais guère ses textes, quand bien même ressortent régulièrement des rééditions, voir des inédits (Mnémos, Helios ou Le Bélial).

Marcel Thaon avait réunit en 1985 plusieurs de ses nouvelles, 25 au total en lui consacrant ce livre d'or de la science-fiction.
Le recueil s'ouvre sur un article de l'anthologiste, Roger Zelazny : entre Frankenstein et Pygmalion. Très érudit, très dense, la carrière de l'auteur n'aura plus de secret pour vous.

Qu'en est-il cependant du coeur du sujet, les textes de Zelazny ? Mon barème va de Excellent à Pas ma came. Seuls 4-5 nouvelles ont eu ma faveur. C'est surtout son style et écriture qui ne m'ont pas transporté. Par contre, j'ai été très étonné que l'auteur s'empare de la majorité des concepts SF s'en en avoir l'air, en les nommant autrement, comme la terraformation, le clonage, l'IA... Cela en fait des textes un peu atypiques pour le lecteur, la technologie n'y étant abordé que de biais, ou comme un personnage à part entière.

Au vue du nombre de textes, je ne vais pas revenir sur tous, me concentrant pour une fois sur ceux qui ont éveillé mon intéret.


Le temps d'un souffle, je m'attarde
Des machines intelligentes contrôlent la Terre alors que l'homme a disparu. Une des machines tente de comprendre ce qu'il était.
Une longue nouvelle qui voit s'opposer logique contre raison, rationalisme contre sensation. Un très beau texte sur des IA voulant devenir humaines pour combattre la "bêtise" mécanique .


Clefs pour Décembre
Jarry Dark, le féliforme est un humain (?) qui a subi une transformation physique et biologique pour vivre sur une planète. Lorsque celle-ci disparait, difficile de trouver une autre demeure accueillante.
Ce texte interroge comment construire une maison tout en respectant le lieu de son implantation. En d'autre termes, coloniser, terraformer doit il se faire au détriment de ce qui y vit ?
Terraformation et transhumanisme, un subtil point de vue, entre la morale individuelle et celle collective.
Ce texte est disponible dans l'édition Mnémos : L’Île des morts, intégrale, paru en 2016


Lumière lugubre

Quand les orages cessèrent, il avait des mers. Puis il déchaîna les feux intérieurs de la planète et, à la lueur des cataclysmes, il modela les masses des continents. Il fit différentes choses aux terres et aux mers, purgea l’atmosphère, éteignit les Krakatoas, apaisa les tremblements de terre. Puis il importa et muta des plantes et des animaux qui crurent et se reproduisirent à toute allure, leur laissa quelques années de répit, altéra de nouveau l’atmosphère, leur donna encore quelques années, altéra encore, et ainsi de suite – peut-être une douzaine de fois. Puis il se mit à trafiquer le climat.
Enfin, un jour, il débarqua avec quelques personnalités sur la surface de la planète, se débarrassa de son casque à oxygène, ouvrit un parapluie au-dessus de lui, respira une grande bouffée d’air et dit : « Cela est bon. Payez-moi », avant de se mettre à tousser.
Et ils virent que cela était bon, et cela fut ainsi, et le gouvernement fut heureux pour un temps. Sandow également.
Pourquoi tout le monde fut-il heureux, pour un temps ? Parce que Sandow leur avait concocté un sale fils de chienne de monde, ce que tous désiraient, pour des raisons différentes ; voilà pourquoi.
Pourquoi seulement pour un temps ? C’est là le hic, comme vous allez le voir plus loin.


Alors que Francis Sandow a façonné Lugubre pour en faire une planète prison assorti de planète test pour tout un tas de matériel, le narrateur, un prisonnier, tente de de faire une découverte qui pourrait racheter ce qu'il a commis jadis.
Un texte non dénué d'humour et de suspense, et alors que l'on se demande depuis le début la cause de cette découverte, la chute vient redistribuer les cartes.

Francis Sandow fera d'autres apparition dont L'île des morts
Ce texte est disponible dans l'édition Mnémos : L’Île des morts, intégrale, paru en 2016




Lorhkan a beaucoup plus apprécié le voyage.
Vous pouvez aussi retrouver l'avis d'Apophis sur quelques nouvelles qui ont été incluses dans le recueil de L'île des morts, paru chez Mnémos

Récapitulatif

Quelques citations :


La politique d’hier ne vaut pas le papier qu’on a gâché à disserter sur ses promesses, ses menaces.
Une plage au bout du chemin

Déserts, champs de glace et jungles, orages perpétuels, températures extrêmes et vents mauvais – vous rencontriez diverses combinaisons de tout cela, où que vous alliez sur Lugubre, et c’est la raison de son nom. Il n’y avait pas un havre de repos, pas un endroit qui fût agréable.
Pourquoi la Terre avait-elle payé Sandow pour créer cet enfer ?
Eh bien, les criminels doivent être réhabilités, aidés. Mais la chose a toujours eu, en outre, une teneur punitive. La thérapie d’un criminel comporte toujours une certaine dose d’expérience désagréable, pour l’enfoncer – je suppose – dans la peau aussi bien que dans la psyché.
Lugubre était une planète-prison.

Janus

février 07, 2018
 

Alastair Reynolds, Pocket (Presses de la Cité), 2011, 896 p., épuisé

Les montagnes russes littéraires : un début prometteur, une longue et lente montée vers le frisson, une descente fracassante pour finir par un calme épilogue.

Présentation de l'éditeur :


En 2057, Janus, une lune de Saturne, quitte soudain son orbite. Unique vaisseau alentour, le Rockhopper, propriété d'une compagnie minière qui exploite la glace des comètes, est le seul véhicule spatial capable d'intercepter le satellite avant qu'il ne quitte définitivement le système solaire. En acceptant d'interrompre sa mission de routine pour effectuer une courte exploration de Janus, le capitaine Bella Lind et son équipage s'embarquent dans une aventure qui mettra à rude épreuve leur cohésion. Car, en réalité, Janus n'est pas une lune, mais un artefact extraterrestre qui leur réserve bien des surprises...


Mon ressenti :

Le prologue nous emmène dans un futur éloigné, où l'humanité a conquis les étoiles et essaimé sur plusieurs planètes. La chute de cette mise en bouche stupéfait et donne envie d'en savoir plus.
Mais pour ça, il va falloir patienter, patienter et patienter encore.

Alastair Reynolds, c'est l'auteur du cycle des inhibiteurs, un monument de Hard-SF. Un auteur qui aime écrire : le cycle fait plus de 3000 pages et reste un roman à traduire...
Janus, c'est 900 pages en poche, une quinzaine d'heure de lecture. Cela peut refroidir les ardeurs d'autant si c'est de la Hard-SF. De ce côté l'auteur la joue pédagogue et même une quiche en physique peut comprendre. Les années lumières qui ne correspondent à rien à monsieur et madame Tout le monde sont ici expliqué en termes simples, et de donner une idée des vitesses, et le vertige.

Quand ils atteindraient Janus, ils se trouveraient à treize heures-lumière de chez eux, si loin qu’un signal radio mettrait plus d’une journée à faire l’aller-retour entre la Terre et eux. Et ils ne se déplaceraient qu’à trois pour cent de la vitesse de la lumière, ce qui avait déjà de quoi inspirer une terreur justifiée. Trois pour cent de la vitesse de la lumière, autrement dit neuf mille kilomètres par seconde !
À chaque minute qui passait, ils parcouraient la distance séparant la Terre de sa lune, s’éloignant d’autant de leurs foyers.

L'auteur a la bonne idée aussi de mettre des personnages principaux féminins, ça change et apporte un petit plus. La mise en place de l'intrigue est facile à lire. L'auteur n'oublie pas les détails du "charme" des voyages galactiques : répondre au questions des journalistes; faire copain avec tous les élèves de la maternelle au lycée en passant par les interviews aux fans de SF. Voilà pour les cent premières pages.
Après, ça se gâte, il faut attendre la moitié du roman pour atteindre Janus et c'est long, très long. La quatrième de couverture parle de "remarquable justesse psychologique", moi j'ai trouvé les personnages pas assez subtils, caricaturaux. Donc leurs relations durant leur voyage vers Janus sont vites lourdes et sans intérêts, pour le lecteur et pour l'intrigue.

Arrivé à la moitié du roman cahin-caha, les pages commencent a se tourner plus rapidement, l'auteur me reprend dans ses filets (après 450 pages c'est pas trop tôt). Alastair Reynolds nous sort le grand jeu : premier contact, deuxième, troisième etc contact. Échelle de temps entrelacé, big dumb object. S'en parler du terrifiant "ange de glace". On en prend plein les mirettes, poussant des OOHHH, des AAAHHH et des OUUUAAAHHH.

Mais les relations entre les persos sont toujours aussi hasardeuses, l'auteur joue un peu trop avec les révélations. Quand on pense enfin connaître une chose, une péripétie opportune arrive et c'est reparti pour 50 pages de blablas avec des protagonistes dont je me contrefous.
La fin donne dans le pathos :  alors que tout explose dans un grand fracas, nos deux héroïnes prennent le temps de discourir sur ce qui aurait pu être mais qui n'a pas était. Les événements s'enchainent trop rapidement, donnant un sentiment de précipitation finale. Je pensais que le final allait me décoller la rétine des yeux, j'ai juste dû me mettre quelques gouttes de collyre dans les yeux après toutes ces pages lues.

Le titre Janus laissait espérer une finesse dans le traitement des personnages et de l'intrigue, tel n'a pas été le cas.

Le fil dédié sur le forum du Bélial contient quelques liens sur la chronologie de l'histoire et quelques notes et croquis de l'auteur.

Le Fils de la lune - Le puits des mémoires, tome 2

avril 22, 2017

Gabriel Katz, Pocket (Scrinéo), 2012, 400 p., 10€ epub sans DRM



Dans la gueule du loup.

Suite directe du premier tome, on retrouve nos trois amnésiques en route en plein oeil du cyclone, espérant ainsi se faire oublier de la traque dont ils font l'objet et y trouver un peu de répit Leur identité va t-elle être révélé ? Sachant qu'il y a un tome 3, pas si sûr. Mais qu'importe la destination...

Présentation de l'éditeur : 


Fuyant le royaume d’Helion où leur tête est mise à prix, Nils, Karib et Olen s’embarquent pour Woltan, sur les traces de leur identité. Pourquoi ont-ils assassiné le plus puissant roi du monde ? Dans leur quête de la vérité, ils vont découvrir un royaume fascinant, colossal, aux frontières des terres barbares. Mais leurs poursuivants n’ont pas abandonné la traque…
Pour les fugitifs sans mémoire, c’est l’heure des révélations, et de la plongée dans le grand nord, où leur vie ne tient qu’à un fil.

Mon ressenti :


Dans le premier tome, nos trois comparses avaient en parti résolu la question de leurs anciens métiers, leurs talents s'étant révélés dans leur vie quotidienne. Cependant, l'auteur laissait planait le doute sur leur réel carrière. Ce tome permettra t-il de lever le doute ?

La traque - Le puits des mémoires, tome 1

avril 13, 2017

Gabriel Katz, Pocket (Scrinéo), 2011, 412 p., 10€ epub sans DRM


Un royaume glorieux et fier, des chefs de guerre renommée, une armée gigantesque se battant comme un seul homme, des batailles épiques, des mages au sorts incommensurables.
Non, oubliez tout ça, nous ne sommes pas en Terre du Milieu. Gabriel Katz construit une fantasy légérement iconoclaste, pleine d'humour pour un divertissement assumé et réussi.
Un Kaamelott littéraire.

Présentation de l'éditeur :


Trois hommes se réveillent dans les débris d'un chariot pénitentiaire accidenté en pleine montagne. Aucun d'eux n'a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers venus de l'autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver.
Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués raison mystérieuse, ils vont devoir survivre dans un monde où, règnent la violence, les complots et la magie noire.

Mon ressenti :


Une pipelette, un taiseux et un beau parleur se retrouvent enfermés dans une carriole et s’aperçoivent qu'il leur manque quelques souvenirs. Donc ces trois amnésiques vont devoir faire un bout de chemin ensemble pour tenter de démêler le vide de leur histoire. Mais même amnésique, on ne perd pas ses réflexes, ou son sens innée. L'occasion, à la découverte de certains de leurs talents, de croire qu'ils étaient de tel métiers ou autres. Mais qui sait ?

La pluie du siècle

mai 19, 2016

Alastair Reynolds, Pocket, 2008, 864 p., épuisé

 

On reconnait parfois les bons écrivains à leur mélange audacieux des genres à priori sans rapport. Ici, l’auteur se permet le luxe de construire son thriller entre uchronie, voyage dans le temps, hard sf et space opera. Belle prouesse parfaitement réussie.

Alastair Reynolds nous parle des dérives de la science, notamment de la mauvaise utilisation de la nanotechnologie. Il confronte plusieurs points de vue, une science éthique, voir conservatrice, versus une science progressive, voir excessive dans ses développements. Il nous parle aussi de la montée des extrémismes qui peuvent en découler. Mais pas de manichéisme ici, l’auteur prônant un message de tolérance et de compréhension de l’Autre, si différent soit-il.

L’histoire est construite autour de deux fils narratifs au premier abord sans rapports qui finissent par se rejoindre grâce au savoir faire de l’auteur.

Nexus

mai 12, 2016

Ramez Naam, Pocket, 2014, 600 p., 14€ epub avec DRM


L'an 2040. Nexus est une nouvelle nano-molécule capable de relier les cerveaux entre eux. Alors que certains veulent l'exploiter, d'autres cherchent à l'anéantir. Kade, un jeune étudiant biologiste, voit dans cette drogue de nouvelles possibilités de communication et un immense progrès pour la société. À l'aide d'une poignée d'amis, il parvient à l'améliorer afin qu'il ne soit plus nécessaire de la consommer régulièrement pour en ressentir les effets. Mais les agences gouvernementales sont à leurs trousses... Sam, une espionne travaillant pour le compte de l'ERD (Emerging Risks Directory), les contraint à coopérer : Kade doit servir d'appât en intégrant l'équipe de Su-Yong Shu, une célèbre et géniale scientifique chinoise soupçonnée par l'ERD de travailler sur une technique lui permettant d'asservir les gens contre leur volonté. Dans un monde où se mêlent scientifiques chinois, moines bouddhistes et agents de la CIA, le jeune homme ne tardera pas à s'apercevoir que les enjeux sont bien plus importants qu'un simple trafic de stupéfiants...
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