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Kyklos

février 09, 2026

Jean Christophe Gapdy, Franck Selsis, Rivière blanche, 2026, 318 p., 22€ papier

 
Kyklos, une planète en trois dimensions

Pitch de l'éditeur : 

Lorsqu’il jaillit dans un système totalement inconnu, le vaisseau spatiographe Marmaréen se retrouve face à une planète dont l'étrange climat sépare les deux hémisphères aux saisons extrêmes d'une infranchissable ceinture glacée équatoriale. Contraint de séjourner sur ce monde curieusement habitable et peut-être habité, son équipage va avancer de surprise en surprise au cœur de celle qu’il a baptisée Kyklos.

 

Mon ressenti : 

Pour une fois, le résumé est très bien fait : je peux donc passer directement au cœur du sujet. Disons-le tout de suite : ce roman m’a à la fois enchanté… et parfois franchement horripilé. Le roman suit l'équipage, mais aussi les points de vue de trois espèces d’êtres vivants sur Kyklos. Et ce sont clairement ces dernières que j'ai le plus aimé.
Le récit est réaliste, renforcé par le fait que la planète a été simulée par l’astrophysicien Franck Selsis bien connu de la sphère SF, intégrant des données sur les vents, les précipitations ou encore l’évolution de la banquise. Cette approche « hard SF » permet de découvrir un monde cohérent, où la géographie dicte directement les conditions de survie.

L’obliquité de Kyklos est plus ou moins comparable à celle d’Uranus : les pôles se retrouvent à l’équateur, et inversement. À cela s’ajoute l’existence d’une immense bande de terre, surmontée de hautes montagnes, qui fait presque le tour du globe et le scinde quasiment en deux. De quoi imaginer l’évolution de deux biosphères distinctes, séparées depuis des millénaires. Car ce qui fait le sel roman réside dans sa faune et sa flore, fondées sur une organisation tripartite : des êtres dotés de trois ou six membres, de trois yeux et de trois mâchoires. L’auteur évite aussi l’écueil classique des extraterrestres parlant humain ou traduit par une IA magique : les aliens de Kyklos communiquent par des flux sémiochimiques, les savoirs sont stockés dans des polyèdres de souvenirs, les xiomps, que les individus peuvent « inhaler » pour revivre l’histoire de leurs ancêtres. Bref, l'anthropocentrisme ne fait pas réellement parti du livre. Cette mémoire olfactive permet de connaitre le périple de Klisj, Mklihis et Hanjna, 6 000 ans plus tôt, et offrant une perspective sur l’évolution d’espèces conscientes sur le long terme.

Au delà de l'aventure, le roman interroge notre rapport à la découverte. Face à la richesse de Kyklos et à l’émergence de civilisations comme les Adüßs qui pratiquent l’élevage et développent des formes d’art, l’équipage humain se retrouve face à un dilemme moral : observer ou coloniser ? Faire disparaître cette découverte ou prendre le risque que l’humanité anéantisse ces formes de vie ?

En parallèle, on suit cet équipage humain étrange, dont on ne sait presque rien au départ. Le couple semble détester les adolescents, sans que l’on comprenne immédiatement pourquoi. Les éléments de réponse arrivent progressivement, mais je n’ai jamais vraiment cru à ces personnages, que j’ai trouvés creux. Chacun vit dans sa bulle, sans réelle dynamique collective. Bref, ce sont les humains qui m’ont le plus embêté dans cette histoire.

Malgré ce bémol humain (et cette couverture…), Kyklos reste une aventure dépaysante, et j’ai quitté cette planète à regret.
A la fin du roman, Jean Christophe Gapdy, Franck Selsis nous expliquent la genèse du roman et c'est particulièrement intéressant : cela éclaire à la fois la manière dont une idée de fiction peut naître, et propose une vulgarisation des effets de l’obliquité sur le climat et les saisons.


Si tu as un doute, n'hésite pas à aller lire les infos sur Kyklos sur le site de l'auteur : 
https://jc.gapdy.fr/index.php/univers/kyklos

Worm-Zero

juin 11, 2024

 

Jean-Christophe Gapdy, Rivière blanche, 2024, 292 p., 22€ papier

 

Joueurs de jeux vidéo, ne vous laissez pas tromper par le titre : il ne s'agit pas d'un préquel à la saga Worms, mais du point final à la série des Gueules des vers.
 
 

Pitch de l'éditeur : 

Dès leur naissance, Mirus et les supra-gueules des vers se ruèrent à travers l’Univers pour courber l’espace et tordre le temps, dupliquant, çà et là, des mondes et systèmes qu’elles frôlaient. Lorsque, lentement, les civilisations naquirent, y compris celle des Humains, elles ignoraient tout de ces singularités, jusqu’au jour où elles commencèrent à s’éloigner de leurs planètes. C’est alors que chacune d’elles découvrit ces trous de vers effrayants et, surtout, le péril de WORM-ZERO…

 

Mon ressenti :

Soyons clairs, ce dernier tome est pour moi le meilleur, et clôt merveilleusement l'ensemble. Le terme "merveilleux" n'est pas exagéré ici, car l'auteur m'a véritablement ébloui en réinventant les classiques de la science-fiction à sa manière. On retrouve bien sûr des trous de ver, mais aussi des rencontres du troisième type, des univers parallèles, du voyage spatio-temporel... Le tout lié par une réflexion sur les androïdes, les cyborgs et l'intelligence artificielle.

Les précédents tomes pouvaient parfois être complexes, mais ici, JC Gapdy simplifie les choses, offrant un roman plus apaisé et avec une plume plus assurée. L'intrigue tourne autour de la découverte, dans le système solaire, de gueules de ver aux propriétés étranges, jouant avec l'espace et le temps, et créant des univers parallèles qui s'entremêlent.

Ce que j'ai le plus apprécié, c'est la rencontre avec une espèce alien qui conserve son étrangeté : il est impossible de comprendre pleinement cette altérité. J'aurais aimé en savoir plus, mais j'adore que l'auteur ait choisi de laisser libre cours à mon imagination.

Cerise sur le gâteau, l'auteur nous propose un petit jeu à travers les intitulés des parties, avec des allusions à d'autres romans de SF à découvrir.
Worm-Zero conclut parfaitement ce cycle atypique, mais pas de larmes à verser : JC Gapdy nous promet quelques spin-offs dans les années à venir (projets entre parenthèses, l'éditeur ayant des problèmes de santé...)

 

Vineta

décembre 06, 2022

 

Jean-Christophe Gapdy, Rivière blanche, 2022, 300 p., 22€ papier

 
Un véritable plaisir de lecture.

 

Présentation de l'éditeur :

Lorsque le bâtiment jaillit brusquement du trou de ver, Colorado comprit qu’un nouveau drame était survenu. Ce n’était pas l’espace normal qu’elle découvrait autour de son navire, mais une terrible et dangereuse nasse spatiotemporelle, un piège effroyable dans lequel s’était jeté le Piet Hein. Elle aurait pu l’accepter pour elle-même, mais rien ne saurait être facile pour une IA de pilotage, surtout quand son équipage se réduisait à un ado de seize ans et qu’en face d’elle apparaissait un étrange cimetière spatial. Elle apercevait des dizaines et des dizaines de vaisseaux ; certains avaient été rapprochés et accouplés pour former un imposant agglomérat flottant dans ce coin perdu de l’Univers. C’était sans doute une masse vivante et opérationnelle, car des milliers de lumières y brillaient et des signaux en fusaient tous azimuts. Plus incroyable, l’un d’eux lui apportait un message de bienvenue au sein de la cité perdue de VINETA...

 

Mon ressenti :

2080, un réseau de maisons closes pour VIP est démantelé. Le fils d'une des prostituées est confié à son père, un ponte de La spatiale, une sorte de NASA et d'armée du futur. Futur proche donc, on se retrouve sur Terre à suivre les pas d'un ado qui va découvrir l'espace. Une mise en bouche pleine de saveurs. Le temps de faire connaissance et hop, direction Neptune pour une mission double casquette scientifique et espionnage et à devoir éduquer une IA pour en faire une IA dotée d'empathie et capable de discerner les biais humains. A partir de là, à l'occasion d'une sortie dans le système solaire, va arriver l'impossible...

L'auteur nous emmène dans un coin de l'espace où le temps fluctue, se contracte, se replie, se dilue. Un temps qui a des conséquences matérielles et parfois biologiques. Un temps ennemi, un temps quasi anarchiste. Il arrive à nous faire comprendre la peur que ressentent les protagonistes face à ce temps impalpable et muable.

J'ai beaucoup aimé, allez, ne soyons pas avare de superlatif, j'ai adoré cette lecture qui m'a dépaysé et surtout qui se joue du lecteur : on pense être dans un space opera classique mais l'auteur nous révèle bien des surprises pour épicer le tout, bref, c'est loin d'être linéaire. Je n'en dévoile pas plus pour ne pas déflorer l'aventure. L'auteur lie plusieurs intrigues et cela permet de surprendre le lecteur. Juste un bémol sur les personnages un peu inconsistants, mais cela est dû au fait d'en avoir beaucoup. L'un des points forts est l'intelligence artificielle qui y est développée. En outre, il y en a plusieurs avec des niveaux de développement et d'intelligence différents.

Autre point fort, l'auteur arrive à faire de ce roman, dont l'univers est une série, un parfait one shot alors que le background général est assez ahurissant. Qui plus est, c'est fait de manière légère, je n'ai pas eu l'impression de lire des résumés assommants.

Pour finir, le tout est préfacé par un autre de mes auteurs chouchous : Arnauld Pontier.



F.E.L.I.N.E. : Le Vaisseau noir

septembre 08, 2022

 

Arnauld Pontier, Rivière blanche, 2020, 404 p. (110 p. ce tome), 30€ papier


Le tome 1 a été dévoré, le second englouti en une bouchée. Qu'en sera t'il de ce final ?

 

Présentation de l'éditeur :

Lars Hamilton, alias Lothar Milton, ex-Conseiller général de la Fédération, Maître de l’organisation déviante Arach, responsable de trois génocides planétaires, reste insaisissable.. Mais si, grâce à ses multiples avatars, il a pu jusqu’à présent échapper à la F.E.L.I.N.E. : la Force d’Elimination, de Libération et d’Intervention Nano-Equipée, échappera-t-il au capitaine Saronis et à son extraordinaire VAISSEAU NOIR ?
Avec l’aide de ce partenaire inattendu et surprenant, la F.E.L.I.N.E. a enfin une chance de vaincre l’ennemi public numéro Un et d’en apprendre un peu plus sur sa propre histoire et sur les mystérieuses Meyres qui l’ont enfantée. A moins que tout ne soit pas si simple…

 

Mon ressenti :

On retrouve Féline dans une étrange situation : elle semble avoir perdu la mémoire, du moins perdre le fil des évènements et elle se trouve dans un étrange vaisseau, noir... Je ne vous en raconte pas plus pour ne pas dévoiler certains éléments de l'intrigue. Tous les ingrédients ont été placés dans les deux tomes précédents, reste donc à savoir que donnera ce dessert. Le constat est simple, ça se lit aussi facilement que les autres, on retrouve avec un réel plaisir nos différents protagonistes et on se demande quel final va nous réserver l'auteur.

Pour être tout à fait honnête, j'ai trouvé ce tome un peu en deçà, je m'attendais à plus de retournement de situations, plus de surprises. Mais que voulez vous, l'auteur avait mis la barre tellement haut. Alors un poil déçu mais heureux d'avoir pu continuer l'aventure. Dans les autres tomes, tout se tenait, s'assembler à la perfection alors qu'ici j'y ai trouvé un ou deux Deus ex machina.
J'ai surtout apprécié les légères pointes d'humour du récit et le renforcement des personnages et de l'univers. La fin, par ses quelques citations, permet si il était nécessaire de faire le lien avec l'actualité du transhumanisme et de la singularité. 

Une nouvelle clôt l'ensemble, sous forme de synopsis à l'ensemble et permettant aussi d'en apprendre plus sur la fameuse race des lyxiens, de farouches guerriers ressemblant fortement à des félins ! Mais n'allait pas faire de vilains jeu de mots en les comparant avec des chats, pour ne pas écourter votre vie.

Cette trilogie a été un plaisir de lecture que je n'avais pas rencontré depuis longtemps. L'auteur nous pond un univers sans nous bassiner avec un trop plein d'explications. Son monde tient par son récit et ses protagonistes.
J'y ai vu un peu du Andrea Cort dedans, sans le côté enquête bien que...


Fabien Lyraud dans sa postface conclue ainsi et je ne peux qu'approuver. 

Alors ne vous fiez pas à la couverture, l'auteur se joue des codes machistes des pulps originels et c'est ce que j'attends exactement d'un pulp publié de nos jours. Il renouvelle le genre. Le style est simple, au service de l'intrigue mais l'économie de mots, la facilité à conter les aventures ne doivent pas vous trompez, il y a du talent derrière.
Et si le mot pulp te fait peur, je te rassure, il faut juste le prendre comme synonyme de lecture doudou, plaisir, simple mais pas simpliste. Lorsque j'ouvre un roman, je veux qu'il me raconte une histoire, que j'y crois et que je n'ai d'autres envies que de lire encore un chapitre supplémentaire. Et l'air de rien, l'air de ne pas y toucher, me permet de réfléchir sur quelques sujets. Comme le dérèglement climatique où en un seul paragraphe Arnauld Pontier t’assène que le seul bilan qu'il faudra en tirer, c'est que les hommes auront fait le choix de trouver un moyen technologique pour se tirer de cette planète fichue. Du bien consommable. On jette et on recommence.

 

Mon avis sur le premier tome 
Mon avis sur le second


Lu dans le cadre du
Summer Star Wars – Obi-Wan Kenobi
 
 
S4F3

 

F.E.L.I.N.E. : L'Équilibre de l'Extinction

juin 26, 2022

Arnauld Pontier, Rivière blanche, 2020, 404 p. (130 p. ce tome), 30€ papier

 

Comment nous faire oublier le monde qui nous entoure en nous plongeant dans un récit addictif ?
La leçon d'Arnauld Pontier !


Présentation de l'éditeur

On ne sait presque rien des Meyres. Peut-être ne sont-elles qu’une légende, un mythe, l’invention de quelque prosateur, qui n’aura laissé aucune autre trace dans l’Histoire ? Ou bien l’univers, en naissant, il y a quinze milliards d’années, a décidé de les enfanter. Leur mission est de veiller à L'Équilibre de l'Extinction.
Afin de pourchasser Lothar Milton, le Conseiller général de la Fédération, qui, en détruisant la planète Laméo, a rompu cet équilibre, elles vont prendre le contrôle du Central et créer une arme redoutable, humanoïde, la F.E.L.I.N.E. : la Force d’Élimination, de Libération et d’Intervention Nano-Équipée.

 

Mon ressenti :

Un monolithe vieux de plus de 10 000 ans, avec dessus des inscriptions dans une écriture qui n'existait pas à cette époque, qui semble provenir d'un peuple, les Meyres (mythique ou alien ?). Dans le même temps, la découverte d'une planète habitée par des individus dont la beauté est irrésistible.

Voici comment débute ce deuxième tome, qui est en fait un préquel : Comment tout cela a commencé ?
Le jeu de dupes débuté dans le tome 1 ne fait que se renforcer. Le méchant est il vraiment si méchant ? ou n'est ce pas lui le gentil de l'histoire ? mais il se pourrait que le troisième comparse soit plus gentil. Ou... L'auteur laisse tomber des indices, qui se révèleront faux ou pas...
Les zones floues du premier tome s'éclairent et on est face à une belle construction. Un monde régit par une intelligence artificielle plus à même de décider rationnellement de ce qui est bien ou mal pour l'humanité. Certains sont d'accord, d'autres pas. Est ce cela une démocratie ?

Ça se lit tout seul, un thriller SF comme j'en redemande. Ce tome est un peu plus calme, prenant le temps de nous donner les clés de cet univers. Et peu à peu, on s'interroge sur le bien fondé du clonage et du transhumanisme.
En conclusion, j'ai hâte de lire le final, tout en me demandant comment l'auteur va encore me rouler dans la farine. 
 
Mon avis sur le second tome
Mon avis sur le dernier

Lu dans le cadre du

Summer Star Wars – Obi-Wan Kenobi

S4F3



F.E.L.I.N.E.

juin 21, 2022

 

Arnauld Pontier, Rivière blanche, 2020, 404 p. (130 p. ce tome), 30€ papier

 

L'agent 007 est une p'tite bite, place à l'agente 727, sévèrement poumonée !


Présentation de l'éditeur

Son maître l’avait bien formée : elle atteignait toujours le point vital. Ses adversaires n’avaient aucune chance. D’autant que la Phase lui conférait un avantage temporel imparable. Elle pouvait aussi se travestir ou user de ses charmes ; c’était également une experte en matière d’infiltration. Mais malgré son habileté et sa puissance, elle n’était pas libre : elle était sous la tutelle du Superviseur, qui, au gré des événements, l’envoyait aux quatre coins de l’univers, en mission pour le compte du Central...
Elle ne s’était jamais posée de questions sur le bien-fondé de ces missions, sur ses soeurs de Materna et sur sa propre nature, jusqu’à ce que les Déviants prennent contact et qu’une mystérieuse organisation, Arach, s’en mêle… Tous prétextant détenir la vérité sur elle et sur son employeur, la F.E.L.I.N.E : la Force d’Élimination, de Libération et d’Intervention Nano-Équipée…

 

Mon ressenti :

Futur indéterminé, on se ballade dans l'espace comme on se ballade actuellement en avion, l'agente 727 a le permis de tuer et c'est la meilleure. Corps de rêve, technologie avancée, rien ne lui résiste. Une nouvelle mission va se révéler plus hasardeuse que prévue.

Une couverture bien pulpée, un titre aguicheur, bref toute la littérature que je déteste. Le Pulp était peut être bien dans les années 70 mais 50 ans plus tard, les mentalités ont changé, évolué. Seul un nom sur la couverture, Arnauld Pontier me fait passer à l'acte d'achat (encore merci Ponpon ! ;p). Un gros pavé sous une apparence fine, 400 pages, mais il y en a dans le coffre : 3 romans, une nouvelle et une postface. (Je ne parle ici que du premier roman, le reste viendra en son temps...)

J'entre dans le récit du bout des coussinets, m'attendant au pire, mais espérant me tromper. Et le flair canin, infaillible, est encore bien affûté. Alors oui il y a du sexe, pulp oblige, mais l'auteur s'en sert pour dénoncer les caricatures d'autrefois, détourner les codes sexistes de l’époque. Exemple, une fouille au corps de F.E.L.I.N.E. devient un acte hideux. Une mentalité de nos jours, OUF.  Voici un autre exemple :

Tu es bien serrée ; j'aime ça, souffla-t-il d'une voix rauque. C'était un piteux amant: il ne partageait rien, il prenait, sans d'autres égards que son propre plaisir. Un plaisir dénué de tout raffine ment. Pareille manière d'assouvir un tel acte, quand bien même consenti, est un viol. Elle en éprouva un profond dégoût. Par bonheur, il ne s'agita que quelques minutes, avant de rendre les armes et de se relever, conqué rant. P.110

En outre, la dédicace donne le ton si il en était encore besoin


Un thriller pour découvrir qui est au final cette F.E.L.I.N.E. , nom de code 727 mais qui préfère que l'on la nomme Lina. Un jeu de dupes, avec un empilement de méchants et/ou de gentils. Entre les tenants d'un monde géré par l'homme et les tenants d'un monde régi par la machine. Il y a un peu du Andreas Cort dedans, avec toutes les espèces aliens, et ce twist final, délicieux.

Car rien n'est jamais parfait en ce bas monde, je regrette quelques explications supplémentaires sur le monde, la technologie. Mais nul doute que ces manques soient voulus et apparaîtront des explications en temps et en heure dans les prochains tomes.
Le seul vrai bémol est la couverture de cette intégrale, qui trompe le lecteur sur la qualité et le sens du contenu.

Mais un conseil, ne l'achetez pas, c'est un page turner efficace, difficile de reposer le bouquin une fois commencé. Et il y a deux autres romans derrière. Ce serait dommage d’avoir pris une location à 2000€ la semaine pour rester affalé dans le canapé pour lire au calme.

 

Mon avis sur le premier tome  

Mon avis sur le dernier

C'est toi que que remercie
pour toutes ces heures de détente et de réflexions.

Lu dans le cadre du

Summer Star Wars – Obi-Wan Kenobi

S4F3


Les Murailles du Temps

décembre 05, 2021

Jean-Christophe Gapdy, Rivière blanche, 2021, 340 p., 25€ papier

 
Trop hautes pour moi ces murailles, j'ai eu du mal à les franchir...

 

Présentation de l'éditeur :

Mia a été capturée avec ses amies par des aliens destructeurs de mondes. Esclave dans un de leurs gigantesques vaisseaux, leur petit groupe parvient, malgré la perte de trois des leurs, à s’enfuir et à rejoindre une planète étrangement semblable à la Terre. La découvrant détruite et envahie par la mort, elles ne peuvent y demeurer et vont plonger, avec leur petit jet spatial, au cœur d’un proche trou de ver pour tenter de rentrer chez elles. Mais, dans l’univers lointain, rien n’est jamais ce que l’on croit ni ce que l’on espère. Si franchir l’espace et le temps, au risque d’être jetées dans l’inconnu d’une autre époque, reste leur plus grande peur, ce sont des pièges bien plus incroyables qui les attendent, car ce n’est pas avec le temps, mais bien avec celles et ceux qui veulent les franchir que jouent les Murailles du Temps...
 

Mon ressenti :

Troisième tome du cycle SysSol (Les gueules des vers - L'enfer des vers), l'auteur a eu la bonne idée de faire qu'il ne soit pas nécessaire d'avoir lu les précédents et ça c'est cool.

Nous sommes dans un monde où la découverte de trous de vers, les gueules de vers, permet de voyager dans l'espace et aussi le temps. Mais ce n'est que le début de cette connaissance et les recherches pratiques tentent de faire avancer la science, parfois en en payant le prix fort.
Nous suivons les pas d'un d'un groupe de personnes esclaves d'un vaisseau suite à l'attaque de leur planète. Un jeu du chat et de la souris va commencer entre eux avec pour paysage ces fameuses gueules de vers.

JC Gapdy est un auteur que je suis depuis quelques années, souvent avec de grands frissons de lecture a la clef. Malheureusement, ce n'est pas le cas cette fois. Pourquoi ? Les raisons en sont diverses et variées alors que tous les ingrédients que j'apprécie sont présents.

Déjà des aliens et des hommes, j'aime quand on confronte l'altérité dans le récit, mais ici, cela va beaucoup trop vite à mon goût, tout est trop simple, rapide. Grâce au fameux Deus ex machina, ici une IA quasi omnisciente qui va permettre un dialogue interespèce quasi naturel. Ce n'était pas l'objet du livre mais cela me fait toujours un peu sortir de ma lecture (Même problème dans  A dos de crocodile de Greg Egan)
Seconde raison, mon attachement aux personnages qui manquent pour moi d'épaisseur et deviennent dès lors interchangeables. L'impression d'avoir des persos légèrement young adult même si le récit ne l'est pas.

Dans cette série, ce qui m'interpelle, c'est les trous de vers et la particularité de créer des univers parallèles. J'ai envie d'en apprendre davantage là-dessus, les théories scientifiques, et le jeu que créée l'auteur dessus. Mais il a préféré prendre un axe aventure, des rebondissements, des retournements de situations...
C'est dommage, car il y a de très bonnes choses dedans, comme ce twist au début qui nous place dans une situation d'altérité. Il y a aussi cette fameuse muraille, un assemblage infernal de ces gueules de vers, leurs descriptions sont magnifiques et dévoilent leurs monstruosités. L'auteur joue aussi avec des genres différents, une société matriarcale, une façon de faire famille autre, mais ne va pas assez loin à mon goût.

Donc de très bons ingrédients, mais un dosage inapproprié pour mes papilles...

Son de cloche différent sur Le Galion des étoiles, Djackdah Nielle a apprécié la balade.

Six Lunes Noires dans une Nuit Blanche

août 30, 2021

 

Dumè Antoni,  Rivière blanche, 2021, 232 p., 20€ papier


Un peu de noirceur dans ce monde de brutes ne peut faire de mal.




Présentation de l'éditeur :

De format et d’inspiration variés, les six nouvelles et novellas rassemblées dans ce recueil oscillent entre la Science-Fiction horrifique, l’Anticipation dystopique, l’uchronie fortement imprégnée de paradoxes temporels et la franche épouvante. Si la tonalité d’ensemble s’avère donc assez sombre – voire très sombre –, les récits présentés n’en témoignent pas moins d’une réjouissante diversité. Car Dumè Antoni n’aime guère se laisser enfermer dans des cases. Au contraire, il prend un malin plaisir à brouiller les pistes et bousculer les codes pour mieux aller là où on ne l’attend pas.

 

Mon ressenti :

Suite à ma découverte de l'auteur avec son roman Lune de Métal, je continue la découverte de ses textes avec ce recueil diversifié dans les genres et les thématiques. Le titre nous promet une nuit blanche à la lecture de ces 6 sombres nouvelles, mais peu sont les histoires qui me tiennent éveiller pour lire toujours une page supplémentaire.
Promesse ici à moitié remplie pour ma part, mais même dans les nouvelles que j'ai le moins apprécié, il y a du bon. Et puis j'ai appris trois nouveaux mots : saupe, lamnidé et surtout le magnifique épiploon !

Petit aperçu rapide de ce que vous trouverez dans ce livre :


Programme Schrödinger

Un homme, père de famille, pour qui tout semble glisser sur lui, sa femme, ses gosses, son travail...
Jusqu'au jour où une proposition, une opportunité ?, lui est faite.
Quantique, Schrödinger, univers parallèle et tout le toutim, l'une des thématiques les plus connue en SF, alors à quoi s'attendre à part quelques bâillements vu que tout semble avoir été dit ?
J'ai été plutôt agréablement surpris., l'auteur arrive à créer des personnages crédibles et humains. Leurs vies et drames rendent le récit intimiste et parfois émouvant. Une très belle réussite sur le fameux "Et si" qui tient jusqu'au final.

on ne peut pas dire que CH n’aime pas sa femme et ses enfants. Ou encore le confort de sa maison et son jardinet couvert de fleurs parfumées. Et bien sûr sa bagnole qui lui a coûté un bras rien que pour frimer. Il ne pourrait vivre sans sa famille et le sait. Mais on ne peut pas vivre non plus sans air ou sans eau ; ça ne veut pas dire pour autant qu’on aime l’air ou l’eau. Ni qu’on n’aime pas l’air ou qu’on n’aime pas l’eau.


SOS

Un vaisseau est dérouté suite à un appel à l'aide. Problème, le message provient d'un des membres du vaisseau.
Un peu brouillon, des personnages qui ressemblent à des coquilles vides et le mystère qui devait rendre l'atmosphère lourde claquent comme un pétard mouillé.


13/11/2015

Suite à une rupture, un jeune homme tente d'oublier en sortant avec des amis, mais un attentat va faire basculer son monde .
Un texte sur un monde parallèle, avec une histoire alternative que j'ai trouvé un peu brouillonne. Je n'ai pas réussi à comprendre ce que voulait signifier l'auteur. Ce qui est dommage, c'est que son monde autre est terriblement séduisant avec sa vie non basée sur le temps mais la température. C'est cette partie la plus intrigante qui n'est malheureusement pas assez développée.


Même les monstres ont une mère

Très beau titre pour une histoire sombre et actuelle. Une femme quitte son amant pour tenter de comprendre ce qui ne va pas dans cette relation. Une nouvelle aux connotations fantastiques. L'auteur montre bien les conséquences d'un traumatisme, dommage que l'on devine un peu trop rapidement le fin mot de l'histoire qui amoindrit la chute. Mais cela n'est qu'un petit bémol pour cette aventure dans la psyché.


Quand le jour se lève à l'ouest

Chaque matin, tu attends son lever. Mais si ce lever était le dernier ? Si le soleil était devenu une géante rouge qui s'élève pour annoncer la fin du monde ? Certains ont eu la chance de partir dans une arche, mais d'autres, la majorité, attendent le clap de fin avec sa cohorte de vilenie.
On suit les pas d'un couple dont la femme est partie rejoindre une hypothétique rumeur.
Un texte qui m'a un peu fait penser à Thomas Geha et son Alone. Un joli texte malgré quelques incohérences, un fil non parcouru (ce texte étant un prequel à un autre, peut être que...) une page finale qui n'était nullement nécessaire à mon sens, faisant perdre le charme de l'ensemble pour un final plus conventionnel
Mais bon, j'ai passé un très bon moment de lecture, dans les pas de cet homme jouant son va tout.


Du sang, des larmes et un cerveau

Cellule souche, chimère. Que pense un cerveau ?
Un texte sur la thématique du Science sans conscience.
L'auteur parvient à nous mettre à la place de ce cerveau destiné à un donneur et nous offre une revisite de la belle et la bête version SF.


Avis réalisé dans le cadre d'un service de presse

Les Tiges - La guerre des chiffoneurs

avril 12, 2021

 



Après le très bon Sous l’ombre des étoiles, je continue ma découverte du cycle “Planètes Pirates” avec Les tiges et La guerre des chiffoneurs. Cet ordre de lecture m'a été conseillé par l'auteur.



Les Tiges
Thomas Geha, in Destination univers, Griffe d’Encre, 2012, épuisé

A l'occasion du premier confinement, Thomas Geha avait mis cette nouvelle à disposition sur le net, une histoire avec quelques humains après une guerre ayant entrainé la disparition de la Terre.
En 26 pages, l'auteur arrive à faire rentrer tout un univers, physique, géopolitique et historique, une gageure réussie haut la main. Petit à petit, de manière déstructurée, on comprend les tenants de l'histoire jusqu'au point final qui nous glace les sangs. C'est un texte de space opera où l'auteur s'interroge sur l'évolution possible de l'humanité et d'autres espèces, très réaliste et basé scientifiquement. Je ne vous en dit pas plus, mais c'est vraiment très bon, à tel point qu'il a remporté
le Prix Rosny aîné 2013.
Il y a un gros défaut tout de même, je veux un roman de cet ampleur !!! Au boulot Thomas...



La Guerre des ChiffonneursThomas Geha, Rivière blanche, 2011, 194 p., 17€ papier


Présentation de l'éditeur :


Dur d'être un Terrien élevé par le peuple Jadoin, des pirates... surtout quand on s'entiche d'une femme promise à son frère adoptif ! Marcus Mardel l'apprendra à ses dépends. Banni de son clan, il se retrouve sur la planète Tanope où il rencontre Raugri, un félin humanoïde bougon et asocial. Ensemble, dans le but de devenir prospecteurs, ils acquièrent un astronef, surnommé un soir de beuverie Le vieux mais joli lapin rose. Problème, pour le faire fonctionner, il lui faut un chiffonneur, et seul cet appareil permet la navigation intergalactique. Mais en ces temps troublés où certaines technologies se sont perdues, les chiffonneurs se font rares... de quoi déclencher, peut-être, la guerre des chiffonneurs...

 

Mon ressenti :


Parfois, il serait marrant de lire les romans sans connaître le nom de l'auteur et la date de parution et jouer à replacer le livre dans une chronologie.
Si j'avais fait ce petit jeu, j'aurai dit que le roman était sorti dans les années 70 dans la collection Fleuve Noir Anticipation. Quand à l'auteur, jamais je n'aurai trouvé Thomas Geha.
J'ai dû regarder à plusieurs reprises la date de parution : 2011.

Même si ça se lit tout seul, qu'il n'y a aucun temps mort, nous sommes clairement dans de la littérature de gare. C'est court, c'est plein d'action, il y a de l'amour et de grosses ficelles.
L'histoire : un humain adopté par un clan alien se fait lyncher suite à sa trahison : tromper son frère de lait. Il ne meurt pas. Bien entendu, une aventure rocambolesque va réunir ce petit monde. Un Space opéra d'aventure classique.

Je n'ai rien contre les divertissements, j'en suis même friand, mais ici, qu'est ce que c'est vieillot. Si l'auteur a voulu faire une copie conforme des FNA, c'est réussi. Dans tous les autres cas, c'est loupé. Seul son chiffoneur, un moteur qui "chiffone" l'espace a éveillé un peu mon intérêt mais cela n'est guère développé, comme dans la nouvelle "les tiges"
Seul point positif, Thomas Geha m'a offert un voyage dans le temps avec ce texte.

L'enfer des vers

janvier 13, 2020

Jean-Christophe Gapdy, Rivière blanche, 2020, 350 p., 5€ epub sans DRM (sur le site l'éditeur)


Les vers, c'est d'enfer !


Présentation de l'éditeur :


Les Gueules des Vers vous ont laissé, comme Dick Hanson, anéanti, incrédule et à peine capable de reprendre pied dans notre monde. L’Espace, le Temps et l’Univers entier se sont ligués pour vous mener, avec lui, dans une course folle où vous vous interrogiez sans cesse pour savoir où et quand vous étiez, une course durant laquelle vous vous demandiez si Mirus, SysSol et tant d’autres choses existaient réellement…
Vous n’avez pas encore lu ces Gueules des vers ? Alors STOP ! Ne faites plus un pas, reculez dans le temps et ne revenez qu’après les avoir découvertes. Si, au contraire, ayant survécu, ces questions vous taraudent encore, si vous n’avez pas peur de croiser Anaïs Lys et Damienzo, de suivre de nouveau Colorado, Dick et Yessica, si aucune angoisse ou frayeur ne vous fait reculer, peut-être parviendrez-vous, comme eux, à vous frayer un chemin à travers ces Singularités avec le ferme espoir de ressortir vivant – et surtout en ayant conservé votre santé mentale – de L'ENFER DES VERS...

Mon ressenti :


Il y a un an et demi, je faisais la connaissance avec le premier roman d'un jeune auteur, Jean Christophe Gapdy et ses gueules des vers, un premier tome plein d'ambition avec une trame temporelle fourbe due à des trous de vers. L'enfer des vers vient clore ce diptyque.
Le premier tome étant bien dense en événements et en personnages, la bonne surprise vient d'un résumé complet d'une dizaine de pages. Ouf !

L'histoire en deux mots : un trou de ver est découvert dans notre système solaire permettant d'explorer d'autres univers (d'autres parties de notre univers ?). Mais problème, une fois passée cette gueule, en revenir est problématique, il peut se passer des années avant de voir un vaisseau réapparaitre. En outre, il semblerait que ceux qui en reviennent ne soient pas tout à fait les mêmes, saloperie d'univers multiples ! Nous voilà donc avec des versions différentes des mêmes personnages.
Pour nous simplifier la tâche, les persos sont nommés de manière différente, les chapitres indiquent la période et l'univers, mais l'auteur reste un tantinet taquin, ce qui fait le sel du récit.

Si vous êtes déjà sorti dans le vide où tout est si lointain et intouchable, si vous avez déambulé autour de votre vaisseau, soigneusement protégé par votre scaphandre, vous savez ce que l’on peut ressentir. Un mélange d’émerveillement et de peur. Mais imaginez maintenant que vous vous trouviez dans ce vide sans aucune protection, sans lien perceptible avec votre navire, alors que, sous vos pieds, l’holographique vous montre l’espace. Et plus encore, imaginez que vous fonciez à une allure démentielle vers un trou sombre, duquel jaillissent des flagelles d’éclairs gigantesques, que votre cerveau et votre imagination vous représentent comme des tentacules cherchant à vous happer et à vous attirer vers eux. Il n’y a rien de la beauté des étoiles, des amas stellaires et galaxies. Juste le néant, celui d’un monstre indescriptible auprès duquel Rhan-Tegoth ou les Shoggoths feraient pâle figure.

Alors que le premier tome jouait avec les paradoxes temporels, nous voici plus en face d‘univers multiples et ses conséquences. L'auteur nous interroge aussi sur ce qu'est l'identité à travers les humains dupliqués, mais aussi des clones ou des androïdes. Le parallèle entre la construction de l'identité humaine/clone/androïde est bien amenée et permet de s'interroger sur la construction de la personnalité. Cette problématique est très bien menée, d'autant que personne ne sait si il est l'original ou la copie. Ajouter à cela un temps distordu, nos protagonistes auront fort à faire pour se sortir de cet enfer.
L'univers SysSolien est toujours aussi touffu et crédible, c'est gigantesque en terme de worldbuilding, ce que confirme une chronologie des principaux évènements et le lexique.

Un ver, ça va. Trois vers, bonjour les dégâts !

Cependant, j'ai un peu moins apprécié ce tome pour diverses raisons. La première, c'est qu'il n'y a plus l'attrait de la nouveauté. J'ai trouvé aussi qu'il manquait un peu d'émerveillement par rapport au tome 1, même si les derniers chapitres renouent avec en nous montrant la gueule des gueules, l'espace temps déchiré vers une nouvelle forme de physique.
Et dernière chose, l'auteur en rajoute parfois un peu trop dans la complexité de son histoire, au lieu de se pencher sur le récit et amener plus facilement le lecteur avec lui. Il faut donc avoir l'esprit à sa lecture pour ne pas se perdre dans les méandres de l'espace-temps.

Mais bon, on va pas cracher dans la soupe, c'est assez rare qu'un auteur français arrive à rivaliser avec ses condisciples anglo-saxons, et nous offre un space-opera plein d'ambition, à la limite de la hard SF, avec un univers dense qui laisse augurer d'autres romans dans ce/ces système solaire du futur.

Et dernière chose, un roman qui ose en quatrième de couverture et en ouverture dire qu'il vaut mieux allez lire le premier tome, c'est assez rare pour être saluer.

Critique réalisée dans le cadre d'un service de presse.


Mon avis sur le tome 1


Si tu ne sais pas ce qu'est un trou de ver ou l'espace-temps, commence déjà par ça :


Espace-temps, vous êtes ici

https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-emission-du-mardi-22-octobre-2019
La Méthode Scientifique du 22 octobre 2019

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Qu’est-ce que l’espace-temps ? Comment ce concept a-t-il été introduit ? Comment les théories de la relativité restreinte et générale introduisent l’espace-temps ? Combien de dimensions possèdent l’espace-temps ? Quelle forme prend-il dans le cadre de la théorie des cordes ?
Avant Einstein, tout était simple : il y avait l’espace en trois dimensions d’un côté puis le temps de l’autre. Mais à partir de la théorie de la relativité, les choses commencent à se compliquer. Le temps serait une dimension de l’espace, tout aussi sensible aux déformations gravitationnelles. C’est la naissance de l’espace-temps contemporain mais tout ne s’arrête pas là. Dans la volonté d’unifier relativité générale et mécanique quantique, les physiciens théoriciens ajoutent des dimensions, jusqu’à 26, où postulent que l’espace-temps est en fait discret, discontinu, et composé de petits grains. Mais alors, finalement : c’est quoi au juste l’espace-temps ?

Et pour tout comprendre à la nature de l’espace-temps, et à la façon dont a progressé notre compréhension jusqu’à aujourd’hui, nous avons le plaisir de recevoir Gabriel Chardin, physicien, président du comité des Très grandes infrastructures de recherche du CNRS, « L’insoutenable gravité de l’univers » aux éditions Le Pommier et Marc Henneaux, physicien, professeur à l’université libre de Bruxelles, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Champs, cordes et gravité » et directeur des Instituts de Physique et Chimie Solvay.

Trous de ver, la porte des étoiles

https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-du-mardi-08-mai-2018
La Méthode Scientifique du 08 mai 2018

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Qu’est-ce qu’un trou de ver ? Quelle était la théorie ou l'hypothèse d’Einstein et de Rosen ? Sur quoi est-elle fondée ? Quelles sont les différences entre trous noirs et trous de ver ?
Ce sont des objets purement théoriques, qui font fantasmer depuis des générations les écrivains et les lecteurs de science-fiction, et sur lesquels les astrophysiciens continuent de se casser les dents : les trous de ver, ces points de jonction entre deux zones de l’espace-temps, peut-être des passerelles entre des univers différents ? Pourquoi insister à faire de la recherche sur ces objets qui sont pourtant toujours hautement spéculatifs ? Et bien parce qu’ils n’en sont pas moins des solutions aux équations de la relativité générale d’Einstein, et parce qu’il reste toujours, certainement, au fond du cœur des physiciens, l’espoir de découvrir la porte des étoiles…
Pour évoquer ces objets aussi étranges que fascinants, nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui Monica Guica, physicienne à l’Institut de Physique Théorique du CEA, et Eric Gourgoulhon, directeur de recherche CNRS au Laboratoire Univers et Théories de l’Observatoire de Paris.



Les gueules des vers

août 20, 2018

Jean-Christophe Gapdy, Rivière blanche, 2018, 386 p., 25€ papier


Gueule du temps et Vers de l'espace s'affrontent dans un voyage sidéral et sidérant, avec les humains comme spectateurs.

Présentation de l'éditeur : 


SysSol. Notre univers s’est étendu au-delà de la Terre et de sa Lune. Mars, Vénus, Jupiter et ses satellites, la ceinture des astéroïdes, aussi bien que les trainées troyennes de Jupiter… Et pour fédérer, autant que surveiller et pacifier toute cela, il y a la Spatiale, organisation interplanétaire au départ, devenue indépendante, qui vit des taxes qu’elle prélève auprès des milliers de vaisseaux qui traversent l’espace. Si ce n’est qu’hélas, au milieu de ces astéroïdes et de ces vaisseaux, il y a les pirates spatiaux. Que nul n’est encore parvenu à contrer ni éradiquer, qui dépouillent et rançonnent sans fin…
En juin 2126, Dick Hanson, fils de l’une des plus riches familles de SysSol, part en croisière vers Jupiter pour fêter ses quatorze ans. À son âge, il rêve certes d’aventures, mais surtout de s’affranchir de la surveillance d’Audrey, sa garde du corps personnelle, qui le suit partout depuis qu’il a failli être kidnappé voici quelques années. Il y parvient presque dans l’immense vaisseau qui les emporte… presque seulement, car ce dernier frôle les astéroïdes. Or les pirates spatiaux sont là et les arraisonnent. Pour protéger le garçon, Audrey n’a d’autre choix que de s’enfuir avec lui et son ami Jens, jeune mousse, dans une navette de secours.
Le 17 juillet 2126, Dick Hanson, Jens Cleryan et Audrey Cambellerich disparaissent, sans laisser la moindre trace, sans que ni leur navette ni quelque débris ne soit retrouvé. Nul ne sait où ils ont disparu et comment, nul ne peut imaginer qu’ils ont découvert une singularité, la première GUEULE DES VERS.

Mon ressenti :


Voilà un livre qui débute très mal : vous savez que si à la fin vous appréciez l'histoire, il vous sera impossible de le chroniquer et d'en donner l'envie comme le fait Franck Selsis dans la préface.
Ne reste qu'à espérer que le voyage se passe mal...
Ce que les premières pages confirment : l'histoire d'un gosse de riche qui s’acoquine avec un pauvre ado, tout en essayant de berner sa nounou de garde du corps. Et, triste coup du sort, le malheur s'abat sur eux via des pirates de l'espace. Bref, lu, relu et re-relu. Problème, tout ça tient en 20 pages et il en reste 360. Mais quel reste ! 380 pages bien tassés dévorées en trois jours.

Le space opera, c'est le fameux Sense of Wonder, le "merveilleux vertige" comme le dit Franck Selsis (Selsys - SysSol) dans sa préface, celui qui vous emporte dans l'histoire pour vous laisser pantelant lors de la dernière page tournée. Toute la quincaillerie du space opera est présente : IA, Vaisseaux spatiaux, Lutte de pouvoir, Espace intergalactique, Concepts physiques et forcément, un soupçon de pirates de l'espace. Nous sommes dans la hard SF, compréhensible, mais l'auteur ne s'y attarde pas trop, préférant nous perdre dans les méandres tortueuses de ces gueules de vers. Ici, il n'est pas question de singularité technologique, mais bien de singularité physique. Qui sont ces vers aux propriétés inconcevables ? Face à ce mystère, Dick Hanson va devoir se démultiplier pour tenter de comprendre l'énigme de sa vie. Ajouter à cela une trame temporelle facétieuse, et vous avez une intrigue qui ne cesse de prendre de l'épaisseur, des personnages dont la psychologie s'affine au fil des pages, une dualité au gré du périple. Mention spéciale au personnage de Colorado, à l’intelligence hors du commun. L'auteur joue avec le lecteur, entre les sauts en arrière, dans le futur et cela fonctionne à merveille. Bref, cela débute par une histoire linéaire pour s'étoffer peu à peu et devenir très complexe. Si vous aimez le space opera et désespérez du peu de talent francophone dans ce genre, jetez vous dans la gueule de ce roman.

Moi pour qui les voyages dans l'espace laisse souvent froid, j'ai attrapé quelques suées lors de ce voyage, grâce surtout à cette trame temporelle fourbe et la duplicité des personnages. Je ne dévoile pas plus les tenants de l'histoire, préférant vous laisser la surprise de la découverte.
Dans le dernier tiers, quelques petits défauts : certaines hypothèses sur les gueules de vers sont discutées entre les protagonistes, dont l'une plus probable, mais cette dernière sera tut au lecteur. Donc nous voguons dans l'expectative et ce mystère agace plus qu'il ne happe. Certaines choses restent assez peu développées, comme l'histoire des androïdes ou la géopolitique. Cela donne de l'épaisseur à l'univers mais frustre par son côté léger. D'autres tomes à venir qui viendront peut être ou pas combler les trous. De petits bémols qui ne remettent pas en question la qualité de l'ensemble.

380 pages bien denses, compléter par une petite préface qui donne envie de plonger dans ce roman sans en déflorer l'intrigue, un lexique et une petite chronologie, voilà le genre de petit plus que j'aime découvrir, surtout en grand format.
Dernier avertissement, à lire ce livre, vous risquez d'être happé par une de ces gueules et en ressortir ahuri quelques heures plus tard.

Reçu ce roman dans le cadre d'un service de presse suite à la demande l'auteur. C'est un roman que j'allais acheter, attendant simplement une hypothétique sortie en ebook. Son premier recueil Aliens, Vaisseau et Cie ! m'avait bien plu, ce roman confirme la plume et le talent. Les éditeurs ne s'y trompent pas, l'actualité de l'auteur ne cesse de s’étoffer.

Le galion des étoiles s'est fait prendre au piège des conjonctures spatio-temporelles


Citation :



Depuis la frontière du connu, science et SF contemplent de concert l’abime de l’inconnu et les cimes du possible. Mais si le scientifique en conçoit hypothèses et théories, un auteur de SF les recompose en histoire. Et certaines de ces histoires – pour moi les plus passionnantes – nous offrent un merveilleux vertige, celui de vivre une situation extraordinaire, impensable, aberrante mais… plausible. Quiconque l’a ressenti un jour est pour la vie prisonnier des univers SF, en quête de cette émotion unique.
Franck Selsis, préfacier

Challenge SSW EP8
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