Kim Stanley Robinson, Presses de la Cité, 2018 (1ère parution VO : 1993), 660 p., 14€ epub
"Nous partîmes... Nous étions une poignée
Bientôt ça débordera sur les trottoirs"
Léo Ferré, Il n'y a plus rien
Présentation de l'éditeur :
Demain. Cent pionniers s’embarquent à bord de l'Arès, un immense
vaisseau spatial dans lequel ils vont voyager une année entière. Leur
destination ? Mars. Seul un homme y a déjà posé le pied, John Boon,
légende vivante qui s'est porté volontaire pour ce second voyage, sans
espoir de retour vers la Terre. Car les hommes et les femmes de l'Arès
devront aller au-delà de l'exploration : ils devront rendre habitable ce
monde hostile, descendre dans ses canyons pour y chercher de la glace,
ensemencer les vallées où coulèrent des fleuves, braver le désert pour y
inventer de nouvelles villes avec des matériaux nouveaux. Mais ils
devront surtout affronter leurs différences politiques et religieuses
pour recommencer l'Histoire.
Mon ressenti :
Mars est enfin accessible et 100 femmes et hommes sont envoyés sur place pour préparer la colonisation et la terraformation.
Après
des années à avoir entendu parler de ce roman, le must sur Mars, il
fallait bien que je tente le coup. C'est aussi une découverte d'un
auteur que je n'avais jamais lu. Après 600 pages, le constat est
sans appel : c'est long, très long. J'ai pu me balader, en long, en
large et de travers sur Mars, mais après le énième volcan et le énième canyon, ça devient vite
gonflant. Je me suis retrouvé comme dans le roman Autour de la lune de Jules Verne, avec des descriptions sans fin, un cours de
géographie et de géologie, mais sans diaporama et un professeur très austère. Mais heureusement, entre ces puits d'un insondable ennui se
trouvent quelques oasis. Peu.
L'un des autres reproches que j'ai à faire, c'est que
tout va trop vite malgré que le roman soit un pavé et le premier tome d'une trilogie. Les cent arrivent et construisent via
des robots et des robots usines qui se répliquent, sans soucis. Il y a bien deux
trois hiatus, mais vite surpassés. On construit la base, puis une ville
puis une autre puis une autoroute. Puis ... Un ascenseur spatial ? Cool.
On détourne un météore et on place des usines robots et hop c'est fait ! J'avais entendu dire que ce roman était hard SF, il l'est par
certains côtés, mais côté technique, c'est plutôt je veux un truc et il
existe.
Tout va trop vite en géopolitique aussi. Même pas arrivé
sur place, des dissensions se font jour et une fraction veut tout
envoyer balader et poursuivre ses seuls objectifs, une utopie. J'imagine
très bien une sélection intensive de ces astronautes qui sélectionne des révolutionnaires
en puissance.. Les personnages sont assez vite croqués et j'ai eu un peu
de mal à faire la différence entre eux.
Malgré ces nombreux
bémols, l'envie de balancer le bouquin m'est rarement venue à l'esprit.
Car c'est un périple PHENOMENAL qui se déroule sous nos yeux, un terrain
de jeu magnifique dont les divers protagonistes veulent tirer le plus
de profit. Une utopie impossible face aux enjeux politiques des diverses
puissances mondiales. Une expérience en temps réel pour construire le
monde de demain dans les multinationales aux dents longues et prenant le
pas des États.
Bref, ce fut long, chiant (j'imagine comme sur un voyage sur Mars), mais on en ressort avec des étoiles plein les yeux. Et au final, l'envie de lire la suite est bien présente.































