Affichage des articles dont le libellé est Jean Pierre Andrevon. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jean Pierre Andrevon. Afficher tous les articles

Scories - Les Retombées

janvier 20, 2020

Scories

Bruno Pochesci, Editions 1115, 2018, 112 p., 1,50€ epub sans DRM


Lorsqu'un texte vous en fait découvrir un deuxième...

 

Présentation de l'éditeur :

La lueur et l’explosion. L’Événement… Ces paysages martiens, qui l’instant d’avant n’étaient que verdure et collines… Tu les as vus s’évaporer. La peur de ta vie. Cette peur animale, qui vient te rendre visite pratiquement toutes les nuits, tu ne l’as jamais oubliée… Fidèle compagne d’une vie en dents de scie… De si…
Un 25 juin d’il y a très longtemps, tu pars te balader. Respirer un peu de bon air hors de la ville, mais pas trop loin quand même. Tu as la trentaine à peine entamée, un job d’ingénieur spécialisé dans la lyophilisation et une déception amoureuse toute fraîche à digérer. Le monde t’appartient, mais tu penses sottement qu’il est en train de s’écrouler.
Et soudain, il s’écroule vraiment.


Mon ressenti :


Quelques décennies après l’Événement, un dictateur dirige d'une main de fer et surtout d'une langue à la répartie venimeuse la France. Mais une certaine résistance est présente malgré l'état d'urgence installé depuis moultes années. Une prise d'otages va faire cohabiter le Président avec son "pire" détracteur.
Futur brun, futur dystopique où le nationalisme a pris la main sur le devenir de la France. Les quelques anecdotes sur ce monde donne furieusement envie de donner des coups de latte dans les parties des adeptes de la Marine ! On pourrait se dire, encore une dystopie de plus, mais celle ci contrebalancée par la gouaille furieuse et enlevée de l'auteur. Nous sommes ici dans un contre la montre aux réparties cinglantes. Sans avoir l'air d'y toucher, l'univers dépeint est réaliste, si on met un peu à part la caricature des personnages. De cet Événement, en sort les gagnants et les perdants, l'élite et les scories.

Il m'a manqué des explications sur cet événement qui garde ses mystères. Mais cette novella est en fait une suite d'une autre écrite par le sieur Jean Pierre Andrevon, récemment réédité.


Du bon et du moins bon selon Sf émoi




Les retombées

Jean-Pierre Andrevon, Le passager clandestin, 2015, 128 p., 7€ papier


Présentation de l'éditeur : 


On ne sait ni où, ni comment, ni pourquoi, mais c’est arrivé. Ces quelques individus épars se sont trouvés dans le brouillard lourd et épais, et se serrent les coudes en attendant d’en savoir plus. Plus sur ce qui s’est passé. Plus sur la réalité des radiations qui les entourent. Plus sur l’avenir du pays. Du monde. Et encore plus sur leur chance de survie. Au bout de leur errance dans la campagne française, certaines réponses ne vont pas tarder à surgir.


Mon ressenti :



Publié initialement dans le recueil Dans les décors truqués en 1979 chez Présence du futur, la novella fut rééditée chez le Passager clandestin en 2015. L'histoire narre le destin de François et de quelques autres suite à un événement mystérieux : guerre, accident, attentat nucléaire ?
Alors qu'un petit groupe d'individus errent dans les paysages post apocalyptiques, ils sont recueillis par l'armée et envoyés dans un camp.

Cette amélioration de l’ordinaire ne rasséréna pas François ; le camp se construisait, se meublait, le provisoire tendait à se solidifier dans des structures de permanence. 

Que s'est il passé, pourquoi parque t-on la population ? Face aux éléments qu'ils ont vécu et devant le silence des institutions, chacun réagit comme il peut, et les réminiscences du passé reviennent en mémoire.
Une tranche de vie extraordinaire abordée d'une manière ordinaire : le quotidien. Comment réagirions nous face à l'impensable ? Dans abasourdissement du choc, la confiance en l'état et l'armée pour protéger est évident. Mais ...
Une écriture très visuelle, l'auteur nous immerge très rapidement dans la vie de notre protagoniste et arrive à faire monter la tension sur ce silence de ce qui s'est passé. La force du texte est de ne rien en dévoiler, qui en fait un récit très réaliste. Et cela force le lecteur à remplir les blancs, et à réfléchir.

Immersion réussie chez MarieJuliet


Quelques dizaines d'années après l'événement, les retombées s'en font toujours sentir nous dit Bruno Pochesci et il nous propose avec ses Scories une tentative d'explication possible. A mon avis, la lecture des retombées n'est pas nécessaire, mais vous passeriez à côté d'un grand texte.

The Maki Project 2020


Galaxies SF n.62 : Barjavel et l'écologie

janvier 09, 2020

Galaxies SF, 2019, ? p. (numérique), 5€ epub sans DRM


Sous une couverture hideuse et repoussante - de quoi vous dégouter à jamais d'avoir la main verte - se cache un dossier sur Barjavel et l'écologie.
Pas moins de onze nouvelles pour ce dernier galaxies SF chapeauté par Jean-Pierre Andrevon qui prend sa retraite de rédac chef, et j'espère surtout d'illustrateur, car c'est lui qui a commis cette ignominie.


Les météorites, de Céline Maltère
Courte nouvelle fantastique : alors qu'un printemps éternel est là, quelques flocons font leur apparition.
Une apocalypse que je qualifierai de psychanalytique, et à laquelle je n'ai pas adhéré.

Le vainqueur, de Patrik Centerwall
Alors que Dieu est mort, un mystérieux messager apporte l'Apocalypse. Une courte nouvelle ou le drapeau noir flotte de manière assez acerbe. Bien aimé le ton et le second degré qui s'en dégage.

Le Chœur malade, de Noé Gaillard & Richard Canal

La musique adoucit les moeurs ?
Dans un monde dystopique, la musique y est magique et sert entre autre de protection. Mais une tentative de meurtre est commise sur Le Dirigeant. Une enquête s'ouvre...
Une idée originale traitée un peu à la old school. C'est dommage car l'univers de science-fantasy aurait pu donner lieu à un très bon texte. Reste dès lors une sympathique histoire.

Les anges rêvent-iels de Lamashires ?, de Jeanne-A Debats
Le titre donne le La : nous serons dans le farfelu, mais qui tient la route. Dans ce texte, on retrouve tout ce qui est à la mode en ce moment : genre, violence conjugale, inégalité, îlot réservé à l'élite.... Mais l'autrice arrive à amalgamer l'ensemble et je me suis mis à croire à l'histoire.



Dossier : Barjavel et l'écologie

Un article, une bibliographie et 9 nouvelles (dont une de Barjavel) composent ce dossier.
A part la nouvelle de Barjavel et de Bruno Pochesci, pas vu le rapport avec le dossier mais je ne connais très peu l'auteur. (Cela aurait pu être intéressant d'indiquer dans la présentation des nouvelles le rapport avec Barjavel...)

La politique est une saleté. Il n’y a pas de société idéale. Il n’y a pas de solutions sociales aux problèmes humains. Il n’y a que des compromis. Il n’y a que des sociétés un peu moins mauvaises que d’autres.
Barjavel

Andrevon commence de suite à poser la question "mais d'abord, c'est quoi l'écologie" pour en définir ce qui l'en entend, en gros protéger la Terre de l'homme. Andrevon "doit sa carrière" à Barjavel (et ne s'en cachant pas), l'article aurait pu être une éloge mais reste avant tout critique sur l'homme et son parcours. J'aurais aimé une analyse un peu plus poussée et le sujet restrictif, l'écologie, de l'article piège un peu son rédacteur. Ceux qui connaissent bien l'itinéraire de Barjavel en seront donc pour leur frais, ceux qui n'y connaissent rien apprendront deux trois choses et découvriront les textes qui pourraient leur plaire. 

La seule chose sur laquelle on ne peut se tromper, c’est que Barjavel fut un écologiste avant la lettre, un vrai amoureux de la nature. Mais, dans son refus de l’engagement, il est toujours resté du côté « des fleurs et des petits oiseaux », et aurait sans doute entretenu la plus grande méfiance envers l’écologie politique très militante d’aujourd’hui.
Andrevon

Colomb de la Lune, de René Barjavel
Voici l'histoire de Colomb de la Lune, parti sur la Lune pour donner à l'humanité les renseignements sur notre satellite. Mais...
Un texte écolo, peut-être un peu trop poétique pour ma pomme et qui joue avec la mise en abyme.

C’est pour Demain, de Bruno Pochesci
Bruno Pochesci aime bien titiller là où ça fait mal : connaissant son Barjavel et ses soupçons, lavés, de collaboration en 39-45 (dont l'article dit quelques mots), il situe son texte durant cette période avec comme protagoniste, un joli et fervent collaborateur !

La nostalgie l’étreint. C’était le bon temps. Celui de la gloire, de la belle vie et du devoir accompli. De la racaille enfin nettoyée au Zyklon B.

Que justice soit faite !
Alors que nombre de collabos sont passés entre les mailles du filet, un voyageur prudent rode...
Un côté provoc comme Desproges savait très bien le faire pour une chute délicieuse de justice et de barbarie. Pochesci joue avec la bibliographie de Barjavel, émaillant son récit d'anecdotes utilisées à bon escient.
Sans conteste LA nouvelle de ce numéro

Flinguez-moi tout ça, de Daniel Walther
Un auteur prolixe en son temps, inconnu de moi, mais je vais regarder sa biblio de plus près désormais. Le prochain numéro de la revue comportera une nouvelle inédite, La mort en Colchide
Pour celles et ceux qui ont encore des doutes sur le fait que la SF militaire peut être antimilitariste, lisez ce texte.
Même si histoire est connue, l'auteur montre bien l'absurdité de la guerre et l'aveuglement de certains individus sur leur acte.


— … il y a bien assez de place pour tout le monde dans l’univers, prêchaient les tenants de cette philosophie. La guerre est une monstrueuse absurdité qui va contre les desseins du Créateur.
Mais personne ne les avait écoutés et, quand ils avaient commencé à faire du bruit et à défiler avec des pancartes, on avait mis le holà. Pour leur prouver que la guerre n’était nullement une absurdité mais une nécessité vitale, on leur avait fait enfiler l’uniforme de la Flotte de l’Espace et on les avait envoyés prêcher la compréhension mutuelle avec des armes de fort calibre. C’était une façon comme une autre de changer les mal-pensants en bien-pensants et de transformer les anarchistes en honnêtes citoyens.


Vice pure, de Fabienne Leloup
Futur lointain, sur une planète dirigée par le clergé...
Un mélange de religion, de science et d'asservissement pour un texte que je n'ai pas compris.

Le festin des amnésiques, de Philippe Astier *
Il s'agit ici de plusieurs nouvelles du même auteur. Entre SF et fantastique, des textes bien écrits, à la old school, mais qui manque cruellement de chute et d'entrain pour m'avoir passionné. Seul le dernier, qui narre la ballade d'un biologiste a eu l'honneur de me faire rire avec son côté conte monstrueux.

Le ciel au-dessus, de Dominique Douay
Une amnésique se réveille dans un endroit très étrange...
Une belle plume pour un texte très ouvert sur son interprétation. Avec en point d'orgue les mots, leur signification et aussi le ciel, au-dessus.
Dominique Douay est un des noms de la SF française, c'est aussi la première fois que je le lis.


Bob, de Matie-Olivia de Cabanaz *
Alors que les implants IA ont envahi le cerveau des gens, un nouveau type de produit apparaît sur le marché : Bob. Et il va tout faire pour que vous soyez heureux !
A force de se laisser diriger par nos assistants smartphone - courir, manger équilibrer, bien dormir...  - jusqu'où peut on aller sans perdre notre libre arbitre ?
Un texte qui se lit sans mal mais qui manque un peu d'un ton glaçant pour rester dans les mémoires.

Le quatrième appétit, de Robert Yessouroun *
Sous forme d'extraits divers, les conséquences de la technologie du rajeunissement.
Un traitement décalé qui m'a laissé sur le bord du chemin. Les conséquences sociales sont trop survolées et manquent de crédibilité.




Articles :

Suit un article de Franck Jammes sur le comics Marshal Law que je n'ai pas lu, les comics et moi n'étant pas compatibles

Crise des frontières et diabolisation de l’Autre * de Kawthar Ayed propose "d’étudier dans cette communication la crise des frontières et la diabolisation de l’Autre dans la littérature utopique/dystopique en étudiant en particulier Wang de Pierre Bordage, Globalia de J.-C. Rufin et 2103, Le Retour de l’éléphant de Abdelaziz Belkhodja."
L'intention est bonne, mais quelques pages ne suffisent pas à entrer dans le coeur du sujet. Reste un survol rapide et assez convenu.

L’écran du souvenir : Homunculus, d’Otto Ripert
Jean-Pierre Fontana nous parle d'une séries de films que seuls les personnes âgées de plus de 115 ans ont pu voir dans leur jeunesse. Il y sera question d'androïde et de lutte des classes.

Enfin, peut-être la raison de la retraite d'Andrevon : l'envie de rester plus longtemps affalé sur son canapé à regarder des films qui touchent de près ou de loin à la SFFF, dont de nombreux navets  ?
il m'a tout de même donné l'envie de visionner le film d'animation Monsieur Link de Chris Butler.
La rubrique est assez longue, le nombre de nanars consternants, mais bonne nouvelle, la rubrique deviendra bi-mensuelle, permettant d'ancrer plus dans l'actualité cinématographique.


Rien de transcendant, à part la nouvelle grinçante de Bruno Pochesci (dont on reparlera bientôt sur le blog pour sa novella Scories, une suite hommage au texte Les retombées d'un certain Andrevon !), ni de repoussant, dans ce numéro,et si vous aimez les nouvelles, vous serez servi.

Les  textes avec un astérisque * sont disponibles gratuitement en téléchargement sur le site de Club galaxies





Si vous voulez en connaitre plus sur Barjavel sans dépenser un kopeck, je vous conseille d'écouter l'émission que lui a consacrée La méthode scientifique, bien plus complète à mon humble avis.

René Barjavel : une oeuvre à l'abri des ravages du temps

https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-du-vendredi-21-decembre-2018
La méthode scientifique du 21 décembre 2018
Lien direct (enregistrer sous)
Comment Barjavel est-il devenu une référence de la science-fiction ? Quel fut son parcours et ses autres vies ? Comment percevait-il le progrès scientifique ? Quelles furent ses inspirations et qui inspira-t-il ?
Pour parler de l’œuvre de René Barjavel, nous recevons aujourd'hui Pierre CREVEUIL, président de l’association des Amis de René Barjavel, et Natacha VAS-DEYRES, chercheuse associée de l’université Bordeaux-Montaigne et spécialiste de la littérature d’anticipation.



Galaxies SF n.57 : Zombies

avril 08, 2019


Galaxies SF, janvier 2019, 226 p. (numérique), 5€ epub sans DRM



Non seulement les Ch'tis sont pédophiles, chômeurs et consanguins, mais en plus ils lisent de la SF. Et en font même une revue. Alors les Ch'tis, bons pour l'euthanasie ou juste des représentations nauséabondes ?

Nouvelles



Diplopie, de Philippe Curval
Un ado souffre du syndrome de diplopie, le fait de voir deux images qui se superposent. Mais est ce vraiment cette maladie ?
Servie par la plume de Curval, nous sommes dans une veine satirique, un pastiche des romans SF de papy. C'est rigolo à défaut d'être mémorable.

Lupihaques, de Léa Fizzala
Nous sommes à la lisière du monde réel et virtuel. Pour des raisons obscures, le serveur d'une des réalités virtuelles va être formaté, ce qui n’est pas au goût d'une personne. Très bien écrit, ce texte devrait être la prémisse d'un futur roman. Réinventer le réel serait la thématique. Mouaih.

Dans la nécropole troyenne, de Jean-Louis Trudel
Deux archéologues sont en concurrence pour découvrir la tombe d'un homme. Une nécropole d'un nouveau genre qui m'a fait penser à la pollution de l'espace. Bien aimé le fait que les protagonistes ne s'appelle pas Pierre, Paul, Pierrette ou Paulette, ce n'est pas grand chose, mais si. Un space opera légèrement hard SF très plaisant.

Rex (Tremendae majestatis), de Pierre Stolze
Je connais l'auteur à travers sa feu rubrique dans Bifrost "À la chandelle de Maître Doc Stolze"
Assez rare la musique classique en SF, surtout lorsque le mélomane est sidérurgiste. Bien que le lien avec les littératures SFFF soit assez tenue, permet de passer un agréable moment de lecture.

Guerre contre la Lune, de André Maurois de l’Académie française
Une nouvelle énergie est disponible, et va mettre la Terre à feu et à sang. D'un autre côté, le peuple, suite à une presse uniforme et sans saveurs, s’ennuie. Et l'ennuie n'est jamais bon. Comment lutter contre la guerre qui se profile ?
Un texte patrimonial de 1928 d'un membre de l'Académie française, excusez du peu. Et il nous livre une anticipation qui n'a pas pris beaucoup de rides, j'ai beaucoup aimé.

Dès 1930, les théoriciens de la politique avaient commencé à comprendre que toute démocratie, étant un gouvernement d'opinion publique, est en réalité aux mains de ceux qui font l'opinion publique, c'est-à-dire des propriétaires de journaux. Dans tous les pays, de grands industriels, de grands financiers s'étaient efforcés d'acquérir les journaux importants et y avaient peu à peu réussi.
Très adroitement, ils avaient respecté les formes extérieures de la démocratie ; les peuples continuaient à élire des députés, ceux-ci à faire des ministres et des présidents, mais présidents, ministres et députés ne pouvaient durer qu'en acceptant les directives des maitres de l'opinion publique. Ils le savaient et se montraient soumis.

Vous connaissez nos lecteurs ; vous savez combien il est facile de les diriger... Ne les avons-nous pas vus guéris par des remèdes qui n'avaient d'antre mérite que d'être bien lancés ? Ne les avons-nous pas connus fous de livres dont ils ne comprenaient pas un mot, d'une peinture qui les ahurissait, simplement parce qu’une adroite campagne d'éditeurs ou de marchands de tableaux les avaient préparés à tout accepter ?

Dans tous les cas, dans tous les pays, on observe les mêmes phénomènes… La haine de l'ennemi est créée, puis maintenue par des récits de crimes, d'attentats, à peu près semblables dans les deux camps. L’esprit critique disparaît entièrement, le bon sens devient un vice, la crédulité un devoir. L'invention la plus invraisemblable est aussitôt acceptée par une opinion publique affolée... A un peuple irrité, on peut tout faire croire de l'ennemi...


Exodust, de Carol Bedouet
Une expédition scientifique est envoyée sur une planète d'Alpha du Centaure.
Beaucoup trop de maladresses pour être efficace et un texte trop explicatif pour le lecteur avertit de SF, qui a déjà lu ce genre d'histoires. Pourra plaire à celles et ceux qui font leurs premiers pas dans le genre, la chute faisant le sel du récit.

La Malédiction de Vaucanson et autres Contes, de Patrice Lussian
Trois petits contes fantastiques assez introspectif. Pas assez frappant pour rester en mémoire.


Copyright Galaxies SF

Dossier Zombies

On commence par une courte approche historique et une analyse psychanalytique de la figure du zombie. Pour moi qui ne me suis pas trop attardé sur la question zombiesque, c'est instructif, mais il m'a manqué une analyse bien plus poussée avec d'autres dimensions, notamment sociale, pour être pleinement satisfait. J'avais l'impression d'être plus devant un ressenti qu'une réelle analyse. même si une courte bibliographie conclue l'ensemble, des notes de bas de page aurait été bienvenue pour connaitre d'où viennent certaines affirmations de l'article.
En outre, l'article nous apprend les origines haïtiennes du zombie, pour 20 pages plus loin nous dire que le zombie haïtien n'a rien à voir avec le zombie moderne !!!

il faut vraiment considérer le zombie haïtien et le zombie moderne comme deux personnages qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre, hormis le fait qu’ils partagent le même nom.

On poursuit avec un entretien avec un zombie, où Ïan Larue se prend pour un zombie qui a de l'humour, les questions au ton doctorale et les réponses humoristiques font que c'est un peu bancal. Mais Ïan Larue par son franc parler éructe quelques sentences bien senties :

La société, en vrai, a horreur des « femmes » et des hybrides. Elle persécute les « étranger·es » et les « migrant·es », elle hurle à la mort quand on manipule des cellules, elle refuse les personnes transgenres, non binaires ou intersexes. Mais quand il s’agit de fiction, au contraire, ça l’enchante !
Mi-humaine mi-vampire, la fille de Bella ! Mi-humain mi-animal, le patron du Merlott ! La fantasy regorge d’hybrides et de « femmes » – peut-être parce que « le lecteur » est avant tout une lectrice, soyons mercantiles !

Un autre article est un petit guide du zombie dans la littérature, au cinéma, à la télé et dans les consoles. Ludivine Picot, qui a rédigé le dossier, est peut être très sympathique dans la vie, elle donne dans le ton léger, mais il ne faut pas confondre légèreté et foutage de gueule : Romero est balancé en quelques lignes, un jeu comme Resident evil n'est même pas cité, et plein de romans singuliers autour du mort vivant n'ont pas le droit de cité... Elle cite tout de même la série In the flesh.qui renouvelle le genre.
Moi qui déjeune rarement avec des zombies, j'ai l'impression que ma culture en la matière me permettrait de citer beaucoup plus de références. Pour sa défense, elle dit dans son article 

J’ai essayé de t’énumérer quelques exemples qui me semblent pertinents vis-à-vis du sujet traité, mais ce n’est qu’une toute petite partie des œuvres consacrées au zombie et, surtout, ce n’est que mon avis. 

Mais nous sommes dans un dossier. Ne pouvoir mettre tout le monde d'accord, pas de problème, mais je pense qu'il y a des figures incontournables. Quels sont les oeuvres majeures qui ont modifié, apporté du sang neuf à la figure du zombie, détourner les codes... Devant un tel dossier, j'attends de pouvoir lire, visionner, jouer avec les références majeures de la thématique.
Je pensais que Ludivine était une incollable sur le sujet,  vu qu'elle en a eu la charge, ce guide me fait douter, l'article suivant confirme :

Avant de travailler sur la figure du Zombie, j’étais une jeune padawan qui ne savait rien. You know nothing Jon Snow… enfin, Ludivine. J’ai commencé à lire des livres et des essais généralistes

Le dossier se clôt par quelques conseils assez léger sur les zombies, glanés par ses lectures sur cette thématique clairement dispensable, même si deux trois passages relèvent le niveau.

Plus sérieusement, la confrérie zombie possède une qualité que nous avons beaucoup de mal à intégrer en tant que genre humain : la tolérance. Les zombies ne font aucune distinction, vous ne trouverez jamais chez eux la moindre trace de discrimination. Et c’est une chose dont nous, les êtres humains, ne pouvons pas nous vanter. Vous ne subirez jamais plus le racisme, l’homophobie, la misogynie, rien de tout cela. Les zombies sont purement égalitaires


Zombi de lait, de Mémoire-du-Temps
Original dans son approche du mort vivant, un peu moins dans son traitement. Je n'aime pas trop les bons sentiments et ici ils ont la part belle. En outre certains éléments de l'intrigue m'ont paru pour le moins pas très logique, me faisant sortir de l'histoire. Mais pourra contenter les lecteurs bienveillants si ils aiment les relations bébés-adultes.


Zombies en Beaujolais, de Bruno Pochesci
Un salon de l'imaginaire avec ces auteurs et éditeurs entre caresse et rancœur. Puis l’imaginable arrive.
Je me suis éclaté à lire ce récit à l'humour ravageur. En plein dans l'actualité du moment que ce soit avec les gilets jaunes ou la place de la femme, ça grince et cela fait énormément de bien. Un auteur que je suivrais les sorties.

Puis il rature le tout, se demandant une fois de plus comment il a pu tomber si bas. Qu’est-ce qu’il lui a pris, bordel de Sauron, de se mettre à écrire de la fantasy ? Une trilogie, en plus, pour être original ! La science-fiction et le fantastique ne lui rapportaient certes pas un kopeck, mais au moins jubilait-il en écrivant.

John Gunash et Valerio Zuccadura se croisent en faisant mine de ne pas se connaître, le regard de l’un tourné vers un étalage à l’opposé du champ visuel de l’autre. Raccords sans le savoir sur le fait qu’il y a bien mieux à faire dans la vie qu’attendre d’une rivière qu’elle charrie sous vos yeux le cadavre d’un ennemi présumé, ou de simples connards. Intuition d’autant plus pertinente que, d’une part, même un fleuve de la taille de l’Amazone, du Nil et du Mississippi réunis, ne saurait contenir l’ensemble des ceusses reconductibles à cette dernière catégorie ; et de l’autre, qu’il y a de fortes chances pour que nombre de nos semblables nous classent d’office dans ce vaste club de nuisibles, brise-miches et autres peine-à-laisser-jouir.

 

Articles

Midnight Nation : la Marche des invisibles, de Franck (Zaïtchick) Jammes
Midnight Nation est une série de comics écrite par Joe Michael Straczynski et dessinée par Gary Frank, cet article revient en long et en large sur cet oeuvre où les invisibles deviennent visible. N'étant pas très fan de comics, j'ai survolé son analyse, mais cela m'avait l'air de bon niveau.

Le cinéma apocalyptique, représentation de la catastrophe, par Marine Gruchet
C'est quoi l’apocalypse au cinéma ? Et bien des nanars mais pas que. Petit tour d'horizon avec quelques films apocalyptique et post apo les plus représentatifs du genre. Un très bel article

Musique de films SF
Alors que les aliens détruisent l'humanité, la musique classique vient adoucir le tout. Des débuts de la musique dans les films SF à aujourd'hui, les oeuvres majeurs du genre sont analysés par Jean-Guillaume Lanuque. Encore du très bon niveau.

Ces deux derniers articles n'ont rien à voir avec la qualité du dossier et je m'étonne qu'ils n'aient pas été mis à l'intérieur de ce dernier, en révisant un peu leur propos.

6 Mois de cinéma SF et F
Jean-Pierre Andrevon est un écrivain assez prolixe bien connu de nos genres, on pourrait penser de prime abord qu'il ne s'éloigne pas trop de son clavier. Et bien détrompez vous, il fréquente assidument les salles obscures, je crois qu'il a vu tous les films SFFF de ces derniers mois, de quoi me donner l'envie d'en visionner moi aussi : Dans la brume, Pacific rim uprising, Jurassic world : fallen kingdom, Sans un bruit, Kin : le commencement, Ant-man et la guêpe, Détective dee : la légende des rois célestes, L’ile aux chiens, The cloverfield paradox


Conclusion :


Le site de la revue fait peur, la mise en page de l'édition pdf frôle l'amateurisme (et je me demande avec quelques appréhensions si la mise en page est identique pour la version papier), mais pour la version epub que j'ai en main, elle fait très bien le boulot. Si je compare aux dernières livraisons de la revue Bifrost, cette dernière devrait en prendre de la graine.

Le dossier Zombie n'est ni fait, ni à faire, mais les articles hors dossier sont très instructifs et j'ai savouré quelques nouvelles. Le numéro suivant est consacré à Julia Verlanger, Dame-Homme de la SF que j'ai découvert récemment. Et il y a quelques jolis noms à l'affiche : Ken Liu, Xavier Dollo, Serge Brussolo et Thomas Geha entre autres.

Pour vous faire une petite idée de la revue, un supplément gratuit existe au format numérique
Ce supplément concerne l'édition papier qui comprend 192 pages. Si vous achetez la version électronique, les pages supplémentaires y sont déjà insérées


Anecdote 1 : si vous êtes comme moi lecture numérique, vous savez comment on commande. 24h sur 24, on met le livre dans son panier, on dégaine sa CB et quelques secondes plus tard, le livre est téléchargeable. Mais ici, après avoir eu la confirmation que mon règlement était accepté, rien. Pas de lien pour télécharger la revue, pas d'email. Il est tard, on attend le lendemain, et on reçoit un email avec la revue électronique. Résultat, pas de robot derrière cette revue, mais de vrais humains. Pas très grave au demeurant, mais un petit mail après le paiement pour expliquer cette réalité ne serait pas du luxe et éviterait quelques frayeurs après avoir renseigné son numéro de CB

Anecdote 2 : J'ai acheté les numéros 57 et 58 en même temps, mais le lendemain, le mail m'indique que la version électronique du 58 n'est pas encore prête et que je la recevrai d'ici quelques jours (ce qui a été le cas). Moi, quand j'achète un epub, c'est souvent pour le lire de suite. En outre, je trouve qu'il aurait été judicieux et honnête de mettre sur le site en Précommande plutôt qu'En commande. 

Anecdote 3 : Je râle, je râle, mais j'ai tout de même envoyé un email à la revue pour leur dire ce que j'en pensais, avec humour, car il n'y a pas eu mort d'hommes. J'ai adoré la réponse du rédacteur en chef : "Merci pour votre message"




La maison qui glissait

mai 12, 2016

Jean-Pierre Andrevon, Le Bélial, 2010, 530 p., 10€ epub sans DRM


De Jean Pierre Andrevon, je n'avais lu que le travail du furet que j'avais aimé.
L'intrigue de la maison qui glissait m'a donné envie de m'y plonger. le plaisir a été de très courte durée.

Le roman débute par le phénomène étrange, un brouillard laiteux accompagné de coupures électriques. Nous faisons la connaissance de plusieurs habitants de la tour.
J'ai trouvé de suite le style lourd, très descriptif. La psychologie des personnages ne m'a pas paru très fouillée.
Plus rédhibitoire pour moi, les quelques personnages griffonnés par l'auteur sont tous décrits par leurs corps ou leurs moeurs sexuelles. Si le roman débute de cette manière, il y a de forte chance que cela s'accentue par la suite. Ce n'est pas ce que je recherche dans la science-fiction, et connaitre la taille d'un bonnet n'entre pas dans l'étude de caractères, ce que je pensais que le livre était.

J'ai interrogé les critiques sur Babelio qui m'ont vite refroidi : sexe sans intérêt, personnages caricaturaux, de grandes longueurs et un travail de relecture éditorial inexistant…

J'ai préféré fermé ce livre et « perdre mon temps » à une littérature plus agréable.


Fourni par Blogger.