Affichage des articles dont le libellé est Bifrost. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Bifrost. Afficher tous les articles

Bifrost n.113. Intelligence artificielle : le futur rêve-t-il toujours de moutons électriques ?

mai 23, 2024

Bifrost, Le Bélial, 2024, 192 p., 6€ epub sans DRM


Le futur rêve-t-il toujours de moutons électriques ?
Ce qui est sûr, c'est que notre présent est électrique et notre avenir incertain...



Le Charme discret de la machine de Turing, de Greg Egan
Malgré de bons résultats, Dan est licencié sans préavis, pour être remplacé par une IA, sur le champ, tandis que le crédit de la maison continue. La maîtresse de sa fille est remplacé par un programme informatique, tandis que sa femme est remplacée par un assistant de soin.
Egan prend son temps pour nous faire connaître ses personnages et leur quotidien bouleversé. Par petites touches, on explore leur entourage. Des tranches de vie assez éparses et diverses jusqu'au dénouement qui rassemble le puzzle de très belle manière. Brillant

Renaissance, de Jean-Marc Ligny
Quoi, un texte de Ligny sur les IA ?! Mais qu'à t'il fait de sa climatique fiction ? Pas d'inquiétude, nous sommes bien dans l'univers de ses derniers textes, quelques temps après la catastrophe écologique et climatique, les âges sombres. Ces derniers textes n'étaient pas très gaies, même si on décelait dans le recueil Dix histoires des âges sombres quelques nuages noirs qui s’étiolaient au loin. Ici on est quasi dans le Hope punk. Le pitch ? Un étranger explique comment il est arrivé dans ce camp nomade. Un très bon texte qui ne regarde pas d'un oeil noir les IA, c'est assez rare pour le signaler. Un vrai conteur ce Ligny

RêveVille, de Thierry Di Rollo
Une vie de rêve demande bien quelques sacrifices.
Une ville parfaite, des citoyens parfaits, le tout géré par des IA. Tout va bien, mais la disparition des ombres restent inquiétant. J'ai souvent du mal avec le style de Di Rollo, et cette nouvelle ne déroge pas à la règle. 

Rayée, d’Audrey Pleynet
Une épidémie se propage...
Premier réflexe, encore un succédané de post apocalyptique. Mais l'autrice nous concocte un univers assez original. Nous sommes en plein confinement et nous découvrons ce monde déliquescent. Pourquoi ?comment ? c'est le but de la nouvelle, je ne dévoile donc rien. Crédible et réaliste, autour du sujet de l'IA et aussi du bouc émissaire. Très bon texte.



Le cahier critique ne m'a pas donné envie de découvrir de nouveaux textes, même si Les nomades du fer me fait un peu de l'oeil. Le "parole de" donne la parole à l'illustratrice Saralisa Pegorier qui a oublié de mettre un soutien gorge à la couv' du dernier Bifrost et qui a fait couler beaucoup d'encre et surtout de noms d'oiseaux. N'aimant pas son univers, difficile de m'immerger complètement, mais il est toujours instructif de découvrir les façons de travailler des uns et des autres.



Dossier Intelligence artificielle

Après un tour d'horizon historique sur l'IA dans les écrits, qui augmentera malheureusement votre PAL. 4 références pour moi : Jack Williamson avec la novellaLes Bras croisés et le roman Les Humanoïdes;  Fredric Brown et son conte « La Réponse »; Le Problème de Turing d’Harry Harrison et Marvin Minsky; Robopocalypse de Daniel H. Wilson,  Nicolas Martin fait de même côté audiovisuel. Trois références pour moi :  les film Génération Proteus et War Games, ainsi qu'une série de livres qu'il a mis alors que ce n'était pas sa partie !!!  Le Programme conscience de Herbert et War games. Des IA machiavéliques arriveront on aujourd'hui à des IA bienveillantes ? Il semblerait...
Suit une ne interview de deux auteurs, d'un éditeur et d'un expert sur le sujet. Un croisement des points de vue bienvenue qui permet de mettre en avant les problématiques de cette technologie. Un point de vue féminin aurait été bienvenue. Ceci dit les 4 interviews sont d'accord sur un point, la question du droit d'auteur est primordial.
Frédéric Landragin nous explique la pensée et la construction de l'IA. Ou plutôt des IA celle symbolique et statistiques. Très pédagogique et didactique avec de nombreux exemples pour comprendre la théorie. Suis une sélection de romans sur la thématique qui a renforcé mon envie lire Le Programme conscience, mais aussi 2001 l'Odyssée de l'espace.
Pour conclure, un texte d'Ada Palmer qui permet de voir une vision positive du progrès technologique, pour peu que le politique au sens large s'en empare. Vision que je partage.

Nous craignons que les artistes et les écrivains ne meurent de faim ? Ils sont déjà dans la misère, en raison d’un système de copyright inopérant qui favorise avant tout les monopoles. Nous craignons que l’image des acteurs soit récoltée gratuitement par les algorithmes pour produire ces histoires de superhéros pour collégiens ? Mais en réalité, presque tous les acteurs et actrices galèrent, cumulent souvent un deuxième boulot, sans moyen de gagner leur vie alors même que leur image ou leurs paroles se répandent dans le monde numérique. La plupart des profits générés par les tubes vont aux actionnaires, non aux musiciens. C’est là qu’est la véritable menace pour la prospérité humaine — pas chez l’IA.

La rubrique science donne la parole à Laurent Vercueil qui nous parle de l'énergie psychique, de l'ésotérisme qui a permît une invention réellement scientifique et encore utilisé aujourd'hui l'EEG en faisant le lien avec l'homme truqué, qui se confond avec l'inventeur Hans Berger dont on a récemment, en 2014, appris sa non détestation du régime nazi, alors que sa biographie suggérait le contraire...

Bifrost n.112. Anne Rice : Reine des damnés

novembre 16, 2023

 

Bifrost, Le Bélial, 2023, 192 p., 6€ epub sans DRM

 

Des nichons, des nichons, et des nichons !
Des Roberts quoi...
Et quoi de plus normal pour un numéro avec une nouvelle de mon Robert !

Après le numéro sur Octavia, le fandom s'est étripé sur les seins de la couverture. Etripé est un bien grand mot car chacun est resté chez lui en s'offusquant soit sur la misogynie de la couverture, soit sur ces pudibonderies wokistes. Aller faire un tour sur le forum du Bélial pour vous faire une idée. Pour ma part, je trouve la couverture moche et comme je ne comprends pas pourquoi on met des femmes à poil pour tout et rien, vous avez mon point de vue. Seule certitude, le dialogue semble bien loin, pas étonnant que le monde par à vau l'eau.
Ce qui aussi m'étonne, c'est la com de l'éditeur qui choisit cette couverture et n'assume pas (entre guillemets, je me doute que cela faisait partie du charme du choix de cette couv) après dans sa promotion en cachant ces nibards que je ne saurai voir...
Résultat, des lecteurices ne liront pas ce numéro qui est pourtant très intéressant... Allez, choisi ton camp camarade, pour ma part, je désespère de l'humanité. 





 
L'éditorial revient sur la fin des éditions ActuSF, et donne son point de vue sur le pourquoi de sa disparition. Je reste très circonspect sur les raisons avancés (manque de ligne éditoriale surtout). Je ne connais pas les rapports entre Olivier Girard (Bélial) et Jérôme Vincent (ActuSF), mais j'espère que le premier a dit de vive voix ce qu'il pensait du second...
Pour info, les éditions ActuSF ont trouvé un repreneur, un retour à l'envoyeur ?
 
 
Dans le corps du ciel, de Robert Charles Wilson
Les romans de mon Robert se font rares, même si il vient de sortir un essai qui ne sera sûrement pas traduit (et qu je m'en bats les couilles (on illustre tétons, j'ai le droit de dire couille)), donc cette nouvelle, parue dans l'essai en question, à tout pour faire mon bonheur.
L'exploration spatiale chez Wilson, c'est l'avenir des machines. Dont acte ici avec l'histoire d'un jeune couple ayant des divergences d'opinion sur l'avenir de l'humanité, l'un se concentre sur la vie, l'autre sur le transhumanisme. Histoire personnelle qui va faire écho à la grande histoire ou sous la régolite semble se cacher de drôles de choses.
Une nouvelle qui n'est pas sans rappeler Spin mais dont la brièveté ne permet pas de construire des personnages plus épais. Dommage, mais cela reste excellent, en toute objectivité...
 
Par une route sans fin, d’Élodie Denis
On suit les pas d'une conductrice de De Lorean. Je n'ai rien compris au texte que j'ai trouvé en outre un peu verbeux. Trop intelligent pour moi...

Le Loup du passé, de Ray Nayler
Futur, dans une campagne où la guerre a laissé des stigmates et rejoué le passé, une famille a un élevage de moutons, mais les loups rôdent.
Excellente nouvelle, très humaniste, qui explore la thématique de la place de la femme (le tout sans pépés).

Le Maître de musique, de Morgane Caussarieu
Un père rumine la mort de son fils, qu'il pense être le fait du professeur de musique.
Une atmosphère vampirique bien rendu, mais bien trop court.

Ballades sur l'arc
Le cahier critique m'a donné envie de : Paradox hôtel me semble bien pour un moment de détente; Les profondeurs de Vénus sera lu lors de la sortie du tome 2; Terra Humanis me faisait de l'oeil et continue de le faire, et Mnémos me l'a offert en cadeau.s
La revue Galaxies a toujours libéré la créativité de Thomas Day. Drame cependant, sur deux numéros, il en a apprécié un et aurait voulu du rab. Tout fout l'camp...

La rubrique que j'aime le plus, c'est Paroles de car j'adore découvrir les coulisses des métiers que je ne connais pas. Ici c'est la traduction qui est mise à l'honneur avec Nathalie Mège. Très instructif, j'ai beaucoup aimé le fait qu'elle ne se cache pas dans l'utilisation des outils numériques : elle utilise en effet DeepL pour dégrossir son travail afin de pouvoir se concentrer sur une traduction fine et pro. Les outils existent, s’affinent (les IA désormais) et l'important est ce que l'on en fait (au delà de la question légitime des droits d'auteurs pour les BDD des IA).

Anne Rice : Reine des damnés
Place au dossier Lolos, pardon Anne Rice. De l'autrice, j'ai lu Entretien avec un vampire au siècle dernier, (peut être Lestat aussi, mais je ne m'en souviens pas). J'avais bien aimé, sans que cela me donne envie de voir d'autres choses. Alors ce dossier nénés ne me donnait clairement pas envie, mais pourquoi pas y jeter un oeil, je reste un mâle qui ne sait résister à quelques tétons. Et j'ai plutôt été agréablement surpris par ce tour d'horizon, que ce soit par l'entretien (une retranscription de celui donné pour l'émission Mauvais genres) et l’aperçu biographique. L'interview de Mr Vampire, Adrien Party, permet de se rendre compte de la postérité de Anne Rice mais aussi de la relativiser. Les articles sur la foi dans ses oeuvres, ainsi que la recension de ces romans et autres m'ont moins intéressé, pas a cause de leur qualité mais je n'envisage pas d'aller plus loin dans la découverte de l'auteurice, tout en sachant qu'il y a un peu de tout dans sa bibliographie, du bon, et du moins bon. Bref, je n'attendais rien de ce dossier, et je l'ai parcouru avec plaisir, malgré qu'il n'y est plus d'illustrations de poitrines à l'intérieur...

Roland Lehoucq nous parle des étoiles à neutron et des pulsars (je vous renvoie à l'émission de La science CQFD sur les magnétars) vis à vis du roman L'oeuf du dragon.
L'actualité du milieu clôt ce numéro avec bien entendu un hommage à Philippe Curval par son éditeur et les 42.

Et pour bien conclure, l'éditeur met un erratum en forme de doigt d'honneur à une de ses collaboratrices. Charmant.

Erratum.e.s
L'écriture inclusive qui émaillait initialement la retranscription de notre entretien avec Jeanne A-Debats dans notre dernier numéro, a malencontreusement disparu après correction dudit entretien par un des dangereux boomeurs de la rédaction. Nos excuses à la dame...



A l'heure de la liesse Utopiales (dirigée par la dite collaboratrice) où tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes en SFFF, impossible de ne pas voir les querelles mesquines.
Pas sûr que l'image de la SFFF en sorte grandit.




Fourni par Blogger.