Affichage des articles dont le libellé est Thierry Di Rollo. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Thierry Di Rollo. Afficher tous les articles

Bifrost n.113. Intelligence artificielle : le futur rêve-t-il toujours de moutons électriques ?

mai 23, 2024

Bifrost, Le Bélial, 2024, 192 p., 6€ epub sans DRM


Le futur rêve-t-il toujours de moutons électriques ?
Ce qui est sûr, c'est que notre présent est électrique et notre avenir incertain...



Le Charme discret de la machine de Turing, de Greg Egan
Malgré de bons résultats, Dan est licencié sans préavis, pour être remplacé par une IA, sur le champ, tandis que le crédit de la maison continue. La maîtresse de sa fille est remplacé par un programme informatique, tandis que sa femme est remplacée par un assistant de soin.
Egan prend son temps pour nous faire connaître ses personnages et leur quotidien bouleversé. Par petites touches, on explore leur entourage. Des tranches de vie assez éparses et diverses jusqu'au dénouement qui rassemble le puzzle de très belle manière. Brillant

Renaissance, de Jean-Marc Ligny
Quoi, un texte de Ligny sur les IA ?! Mais qu'à t'il fait de sa climatique fiction ? Pas d'inquiétude, nous sommes bien dans l'univers de ses derniers textes, quelques temps après la catastrophe écologique et climatique, les âges sombres. Ces derniers textes n'étaient pas très gaies, même si on décelait dans le recueil Dix histoires des âges sombres quelques nuages noirs qui s’étiolaient au loin. Ici on est quasi dans le Hope punk. Le pitch ? Un étranger explique comment il est arrivé dans ce camp nomade. Un très bon texte qui ne regarde pas d'un oeil noir les IA, c'est assez rare pour le signaler. Un vrai conteur ce Ligny

RêveVille, de Thierry Di Rollo
Une vie de rêve demande bien quelques sacrifices.
Une ville parfaite, des citoyens parfaits, le tout géré par des IA. Tout va bien, mais la disparition des ombres restent inquiétant. J'ai souvent du mal avec le style de Di Rollo, et cette nouvelle ne déroge pas à la règle. 

Rayée, d’Audrey Pleynet
Une épidémie se propage...
Premier réflexe, encore un succédané de post apocalyptique. Mais l'autrice nous concocte un univers assez original. Nous sommes en plein confinement et nous découvrons ce monde déliquescent. Pourquoi ?comment ? c'est le but de la nouvelle, je ne dévoile donc rien. Crédible et réaliste, autour du sujet de l'IA et aussi du bouc émissaire. Très bon texte.



Le cahier critique ne m'a pas donné envie de découvrir de nouveaux textes, même si Les nomades du fer me fait un peu de l'oeil. Le "parole de" donne la parole à l'illustratrice Saralisa Pegorier qui a oublié de mettre un soutien gorge à la couv' du dernier Bifrost et qui a fait couler beaucoup d'encre et surtout de noms d'oiseaux. N'aimant pas son univers, difficile de m'immerger complètement, mais il est toujours instructif de découvrir les façons de travailler des uns et des autres.



Dossier Intelligence artificielle

Après un tour d'horizon historique sur l'IA dans les écrits, qui augmentera malheureusement votre PAL. 4 références pour moi : Jack Williamson avec la novellaLes Bras croisés et le roman Les Humanoïdes;  Fredric Brown et son conte « La Réponse »; Le Problème de Turing d’Harry Harrison et Marvin Minsky; Robopocalypse de Daniel H. Wilson,  Nicolas Martin fait de même côté audiovisuel. Trois références pour moi :  les film Génération Proteus et War Games, ainsi qu'une série de livres qu'il a mis alors que ce n'était pas sa partie !!!  Le Programme conscience de Herbert et War games. Des IA machiavéliques arriveront on aujourd'hui à des IA bienveillantes ? Il semblerait...
Suit une ne interview de deux auteurs, d'un éditeur et d'un expert sur le sujet. Un croisement des points de vue bienvenue qui permet de mettre en avant les problématiques de cette technologie. Un point de vue féminin aurait été bienvenue. Ceci dit les 4 interviews sont d'accord sur un point, la question du droit d'auteur est primordial.
Frédéric Landragin nous explique la pensée et la construction de l'IA. Ou plutôt des IA celle symbolique et statistiques. Très pédagogique et didactique avec de nombreux exemples pour comprendre la théorie. Suis une sélection de romans sur la thématique qui a renforcé mon envie lire Le Programme conscience, mais aussi 2001 l'Odyssée de l'espace.
Pour conclure, un texte d'Ada Palmer qui permet de voir une vision positive du progrès technologique, pour peu que le politique au sens large s'en empare. Vision que je partage.

Nous craignons que les artistes et les écrivains ne meurent de faim ? Ils sont déjà dans la misère, en raison d’un système de copyright inopérant qui favorise avant tout les monopoles. Nous craignons que l’image des acteurs soit récoltée gratuitement par les algorithmes pour produire ces histoires de superhéros pour collégiens ? Mais en réalité, presque tous les acteurs et actrices galèrent, cumulent souvent un deuxième boulot, sans moyen de gagner leur vie alors même que leur image ou leurs paroles se répandent dans le monde numérique. La plupart des profits générés par les tubes vont aux actionnaires, non aux musiciens. C’est là qu’est la véritable menace pour la prospérité humaine — pas chez l’IA.

La rubrique science donne la parole à Laurent Vercueil qui nous parle de l'énergie psychique, de l'ésotérisme qui a permît une invention réellement scientifique et encore utilisé aujourd'hui l'EEG en faisant le lien avec l'homme truqué, qui se confond avec l'inventeur Hans Berger dont on a récemment, en 2014, appris sa non détestation du régime nazi, alors que sa biographie suggérait le contraire...

A.E. van Vogt : Mastermind

juin 25, 2020


Bifrost, Le Bélial, 2020, 192 p., 6€ epub sans DRM


Quoi, un dossier van Gogh dans Bifrost !
Étrange, mais pourquoi pas ? Cela m'aura fait connaitre un pan de son oeuvre que je ne connaissais pas : en plus de peindre, il écrivait de la science-fiction !

Voilà un auteur que je connaissais seulement de nom, représentant de l'âge d'or de la SF, l'occasion de découvrir pour moi un nouvel auteur via deux articles, un guide de lecture et une bibliographie.
Pascal J. Thomas nous parle de ce rêveur galactique en présentant la biographie de l'auteur, mais on tombe vite par la suite dans une bibliographie commentée et on perd un peu la vision de l'homme. Pour ceux qui ne connaissent pas trop l'histoire éditoriale de la SF américaine, cela peut paraître un peu abscons. J'ai l'impression que la vie de van Vogt est surtout connu par ce qu'il disait de lui, impression confirmée dans le second article qui donne des extraits d'interview et qui reprend les mêmes anecdotes déjà évoquées.
Van Vogt semble être un recycleur hors pair de ses propres textes, les recombinant à l'infini, il utilisait aussi une technique d'écriture singulière et était fan de "psychologie" dans sa version para et pseudo-sciences.
Dans l'intro du guide de lecture, il est dit :

Nous avons abordé l’homme, son rapport à son œuvre et, en écho, l’apport de cette dernière au corpus SF. De fait, nul ne peut revenir sur le statut de géant de l’Âge d’or de van Vogt, et son importance dans l’histoire du domaine 

Mais moi je n'ai pas vu réellement l'apport de van Vogt dans l'histoire de la SF. Et pour cause, c'est en lisant les avis sur une sélection de ses oeuvres qu'on découvre son apport dans le corpus de l'imaginaire. Une chose qui m'a fait tiquer, c'est le propos de Jacques Sadoul :

Le Monde des Ā est un particularisme national : roman le plus connu de van Vogt, il jouit d’une renommée qui s’étend au-delà du cercle des lecteurs habituels de science-fiction. Il a été traduit par Boris Vian et est considéré par Jacques Sadoul, directeur des éditions Opta, puis de J’ai Lu, comme le roman qui a lancé la SF en France à sa sortie en 1953.
Serge Lehman, grand pourfendeur de l'apport français de la SF, a bien du se marrer...

Au vue du guide de lecture, sa plume n'est plus au goût du jour, ni du mien. Cependant, l'équipe de la revue à eu la bonne idée de nous mettre une de ses nouvelles Le village enchanté. Quoi de mieux que la lecture pour se faire sa propre opinion.
Et en l’état, j'ai apprécié. Après un naufrage sur Mars qui le laisse seul membre de son équipage, ce dernier tombe sur un village enchanté. Une seule chose à faire pour survivre : S'adapter.

Un dialogue homme ville intéressant avec une chute qui conclue de belle manière l'ensemble. A réserver cependant a ceux qui aiment les temps anciens où on pouvait déambuler sur Mars sans combinaison et y découvrir des formes de vie.


Les autres nouvelles de ce numéro m'ont moins emportées. Plaine-guerre, de Thierry di Rollo nous parle d'une étrange guerre que ne renierai pas Christopher Priest. Un soldat demande une permission qui lui est accordée. La guerre pour la guerre qui use les hommes. J'aurai voulu un développement sur quelques pages supplémentaires, mais ne boudons pas notre plaisir devant cet avenir sombre.

Le dernier verrou de Sveta Koslova, de Franck Ferric nous parle d'un futur proche qui nous est présenté à travers une protagoniste sur les traces de son passé. Une belle écriture qui nous parle du dérèglement climatique tout en douceur face à une technologie en pleine essor qui use encore plus encore cette bonne vieille Terre. Si vous aimez les gouffres géants dont l'actualité se fait de plus en plus l'écho, c'est à lire.

C'est vous Sannata3159 ?, de Vandana Singh nous met dans la peau d'un animal destiné à l'abattage.
Futur déprimant, ville et stratification sociale, chômage comme horizon. Un abattoir vient s'installer dans le quartier et offrir du travail. Bien écrit mais pas très original. Deux semaines plus tard j'ai du me relire le tout en diagonale pour faire ce retour.

Michel Pagel conclue la partie des nouvelles avec À la recherche du Slan perdu qui lie Proust à van Vogt. N'ayant lu aucuns des deux auteurs, j'avais peur de passer à côté de ce texte et au final, ce n'est pas le Slan qui était perdu, mais bien le chien !

Suit le fameux cahier critique dont vous pouvez retrouver gratuitement quelques critiques en ligne sur le blog du Bélial.
Thomas Day nous livre son avis sur les autres revues de l’imaginaire, toujours sans filtre et avec humour. J'avoue que c'est l'article que je lis en premier lors de la réception de la revue (et je regrette le temps ou les critiques des romans avaient ce ton spécifique)
Paroles de ... s'attarde sur la librairie spécialisée Le Nuage vert. Voilà le second article qui est lu dès réception et toujour savouré avec plaisir nous montrant les différents champs de la littérature de l’imaginaire.

Car il faut bien finir, c'est le rôle qui échoue à Roland Lehoucq et son scientifiction. Le confinement lui a donné des forces (La Force ?) car il s'est mis en tête de déplacer la Terre ! Ou du moins nous dire que Liu Cixin avait peut être fumé un peu trop de cigarette qui font rire avant d'écrire sa novella. Pour tous ceux qui ont lu Terre errante, c'est impératif de lire cet article. 


Pour le numéro suivant, on reste à la même époque, mais en explorant une figurine féminine : Shirley Jackson

Pour conclure, Bifrost est LA revue dont la blogosphère SF attend la réception avec impatience pour se livrer à un petit jeu : l'ouverture de l'enveloppe. Voici ma tentative d'extraction sans l'abimer :




Pour les miséreux qui ne peuvent se permettre de s’acheter cette revue, vous pouvez toujours vous rabattre sur le podcast de C'est plus que de la SF consacré à l'auteur :






La revue des mondes imaginaires Bifrost vient de sortir un excellent numéro sur cet auteur connu pour avoir écrit Le Cycle du Non-Ā traduit par Boris Vian en personne. Van Vogt qui est né en 1912 et décédé en 2000 est un monstre sacré de l’âge d’or de la science-fiction américaine. Le canadien rejoint les grands noms comme Asimov, Robert Henlein, Fritz Leibert, Clifford D. Simak, Theodore Sturgeon, Artthur C Clark. Pour parler de cet auteur pas comme les autres, nous avons invité Pascal J Thomas. Il est l’auteur du fameux article biographique dans le dernier Bifrost.

Les avis des uns, des unes et des autres sur le fil du forum du Bélial


Bifrost n.92. Theodore Sturgeon : le trop humain

novembre 28, 2018

Bifrost, Le Bélial, 2018, 196 p., 6€ epub sans DRM


En attendant les prochains dossiers sur Peter Watts et John W. Campbel, Bifrost s'attarde sur un vieux de la vieille en la personne de Theodore Sturgeon. Cela tombe plutôt bien, je ne connais pas l'auteur et je voulais lire Cristal qui songe. L'envie est elle toujours présente après la lecture de ce numéro ?


Les nouvelles


Tandy et le Brownie de Theodore Sturgeon
Sturgeon avait dans l'idée d'écrire une nouvelle sur chacun de ses sept enfants, expérience qui s'est vite stoppée. Nous avons donc ici une histoire d'une petite fille et d'un brownie, mais pas celui qui se mange.
Si vous avez déjà parlé à un père ou à une mère qui vous raconte dans le détail une tranche de vie de son gosse dont vous n'avez rien à foutre, vous touchez du doigt ce que j'ai ressenti à sa lecture : gênant, chiant et ennuyeux. Si vous aimez les mioches, vous pourriez trouver cela émouvant, à vous de voir.
Ce qu’il y avait de plus remarquable dans son cas, c’est qu’elle ne se laissait jamais entraîner à des excès justifiant une punition. Jamais on ne l’avait mise au piquet. Elle savait s’arrêter à la juste limite de l’outrance. Elle était les pieds qui traînent, la dissipation supportable, la mauvaise volonté qui demeure en deçà du point critique.

Brumes fantômes de Thierry Di Rollo
Un retour aux sources à ses origines pour une nouvelle espèce d'assassin. C'est bien écrit, mais j'ai déjà lu ce genre d'histoire. En outre, on devine assez rapidement la fin.
Reste le propos sur le genre humain, toujours incisif avec l'auteur :

Le genre que l’on dit humain a besoin de tueurs, parce que c’est le moyen le plus simple de régler un problème, ou de refuser de le régler —les deux notions signifiant presque systématiquement la même chose. Partout, on entretient le chaos au bénéfice d’un pouvoir inutile et incompétent. L’ordre est une illusion qui rassure les honnêtes gens ; il n’existe pas. L’unique réalité qui vaille, ce sont les jalons posés pour dégager un chemin, de préférence le sien, au mépris de tous les autres. Pourquoi ? Parce que la vie reste la plus forte. La vie et son pendant ultime, admirable : la mort, la seule loi universelle qui arrive à soumettre toute cette absurdité.

Aux portes de Lanvil de Michael Roch
Une sorte de Frankenstein revisitée. L'univers est original, l'histoire moins. Si vous avez une âme de marin au coeur bien accroché.

L'Homme qui a perdu la mer de Theodore Sturgeon
Un astronaute, ou un plongeur en scaphandre, échoué sur une plage est dérangé par un enfant.
Une construction éclatée pour mieux perdre le lecteur, ce qui a été mon cas, mais aussi celui de l'agent de Sturgeon :

L’agent de Ted lui renvoya la nouvelle, disant qu’il n’y comprenait rien.
in Theodore Sturgeon, conteur, par Paul Williams

Ce dernier Bifrost de l'année ouvre les votes pour le prix des lecteurs 2018, aucune de ses nouvelles de cette livraison n'ayant eu ma préférence, voici mon vote, les deux textes ayant été publié dans le numéro 90 consacré à Edmond Hamilton :

Meilleure nouvelle étrangère : « Comment c'est là-haut », de Edmond Hamilton
De la SF crépusculaire, rien que ça. Les nouvelles ne sont pas ma tasse de thé, mais celle-ci m'a cloué sur mon canapé.Un astronaute fait le tour des popottes à son retour sur Terre avant de rentrer sagement chez lui. Pour tout ceux qui ont des étoiles dans les yeux face aux navigateurs de l'infini, la désillusion va vous happer. Une finesse dans le traitement psychologique des personnages couplée au mur de la réalité économique, médiatique et politique.Plus rien ne sera comme avant.

Meilleure nouvelle francophone : « Les Torches », de Michael Rheyss
La dernière "lettre" de papi à son petit fils, ou comment revisiter l'histoire de la SF. Michael Rheyss signe ici une nouvelle complotiste de manière virtuose. Le grand secret des auteurs de SF nous est enfin dévoilé. Brillant et référencé.


Carnets de bord


Suit le fameux Cahier critique sur l'actualité du genre SF. Afin de pouvoir prévoir ses futurs achats. Indispensable pour ne pas jeter de l'argent par les fenêtres. Le nombre de pages de la revue n'étant pas illimité, quelques critiques en ligne ici et aussi ici
Beaucoup de blogueurs ont travaillé dur dans cette livraison : RSF blog, Just a word, Nébal est un con... Karine Lhisbei à écoper du lot "oiseau", et m'a même donner envie de lire Hier, les oiseaux de Kate Wilhelm et Tous les oiseaux du ciel de Charlie Jane Anders. J'y ai remarqué aussi De grands et beaux lendemains de Cory Doctorov, ainsi que Super-héros de troisième division de Charle Yu me fait envie, en espérant une édition électronique pour ses deux livres.


Thomas Day dit tout le mal qu'il pense des revues SFFF avec sa mauvaise foi (?) habituelle. J'aimerai retrouvé autant de mordant dans la cahier critique.
(Voir les commentaires pour le droit de réponse de Thomas Day)

"Paroles de" s'attarde sur une médiathèque spécialisée en SFFF. Cela donne envie d'en avoir une comme celle là près de chez soi, va falloir que je me délocalise à Paris un jour.

Au travers du Prisme : Theodore Sturgeon

Vient le dossier consacré à Theodore Sturgeon à travers cinq articles et une bibliographie.

Le théâtre d'une vie, par Francis Valéry
Le genre d'article où deux hypothèses ont ma préférence sur leur rédaction :
- le rédac chef qui appelle pour avoir un article pour un trou dans le dossier et qu'il faut rendre en urgence pour hier...;
- Un article commandé de longue date et dont l'auteur a oublié d'honorer, jusqu'au jour où le rédac en chef appelle pour avoir le texte.
J'ai un penchant pour la seconde hypothèse, nous sommes dans un dossier sur Sturgeon, l'homme qui remet au lendemain : "Ted continue de vivre — non dans le passé, mais dans un éternel présent, où, quelques instants plus tôt, on lui a apporté cet objet et où, dans quelques instants, il va le remettre à neuf, dès qu’il se sera occupé d’un truc ou deux dans l’intervalle."
Sous forme de pièce de théâtre, je trouve que Francis Valéry s’éparpille beaucoup : il joue le rôle d'éditeur en refaisant la nouvelle Killdozer et nous offre une histoire du rayon fantastique ! Ne reste qu'une énumération rapide de la bibliographie de Sturgeon et de quelques événements marquants de sa vie. De toute manière, le résultat est le même : une impression de paraphrase bâclée de l'article suivant, couplé à un "Un point de vue extérieur, personnel, certes, mais avant tout de lecteur." "long article un peu fourre-tout au titre pompeux où FV parle pas mal de lui" (dixit org) 'Bref, c’est bordélique, un poil autocentré," (dixit le même org ) et j'ajouterai un peu hors sujet, mais il faut bien remplir les blancs du temps qui presse...


Theodore Sturgeon, conteur, par Paul Williams
Voilà L'ARTICLE de ce dossier, qui donne envie de découvrir Sturgeon, ou plutôt ses histoires, la pièce maitresse à mon sens du dossier. Connaisseur, ami (?) de l'homme, Paul Williams, sans panégyrique, mais avec la dose d'amour pour son oeuvre, nous raconte la vie de Sturgeon, de ce qu'il a mis dans ses textes, pas de l'autobiographie, mais ses tripes, son regard sur le monde, de manière différente de la meute du troupeau. 
Voilà d’où proviennent les miracles de Sturgeon : de sa capacité à considérer le monde ordinaire et à le voir d’un autre point de vue, de le renverser et le rendre fascinant sans en retirer sa réalité palpable. Ces miracles viennent de l’empathie qu’il ressent pour tous ces gens qui voient les choses différemment et de son talent à augmenter l’empathie du lecteur jusqu’à des degrés étonnant, jusqu’à ce que nous soyons forcé de tomber d’accord avec le dramaturge romain Terence : « Je suis humain et rien de ce qui est humain ne m’est étranger. »



Le splendide aliéné, par Gérard Klein
Trop ampoulé à mon goût, je n'ai même pas réussi à terminer l'article. De grands mots, de l'emphase, du boursoufflé, bref, c'est chiant à lire.
Paru initialement en 1957 dans la revue Fiction, vous pouvez lire ce texte sur le site des quarante-deux

La forme courte : l'essence de l'art, par Philippe Boulier et Les songes superbes : un guide de lecture sturgeonien
Vous ne savez par où commencer la lecture de Sturgeon ? Philippe Boulier et l'équipe de Bifrost décortiquent les quelques romans et nombreuses nouvelles de l'auteur. Difficile de ne pas trouver quelques textes à se mettre sous les dents. Pour ma part, deux recueils ont ma préférence (L’Homme qui a perdu la mer et Les Talents de Xanadu, tous deux épuisés), ainsi que Cristal qui songe, dans sa nouvelle traduction et Les plus qu'humains, mais j'attendrai pour cela la nouvelle traduction, la précédente étant ... La preuve avec un post de Pierre-Paul Durastanti :

Vis ma vie de réviseur des Plus qu'humains...
Original : A l’école du dimanche j’ai remporté l’épreuve de marche sur la tête
Vraie traduction : Au pique-nique du catéchisme, j’ai remporté la course en sac
Et mon préféré...
Original : Ensemble, ils firent de la périssoire sur les vagues qui roulaient jusqu'à la plage
Vraie traduction : Ensemble, ils firent un tour de montagnes russes

Vous pouvez retrouver la bibliographie d'Alain Sprauel en ligne

Ne connaissant pas Sturgeon, ce dossier a posé les jalons pour mieux connaitre l'écrivain et son oeuvre. Si vous êtes un familier de l'auteur, pas sûr que ce numéro vous contente.



Scientifiction

Frédéric Landragin et Roland Lehoucq nous parlent d'astrolinguistique pour éclairer la forêt sombre. Article que je n'ai pas lu, étant dans la lecture de la trilogie de Liu Cixin. Le premier tome avalé, je me posais des questions sur la véracité scientifique d'un traducteur automatique de langue alien, j'espère y trouver une réponse.



J'attends toujours la version électronique pour me plonger dans la lecture de la revue, et cela pique pas mal les yeux, l'équipe du Bifrost nous a offert un florilège des pires erreurs à ne pas commettre, et je mesure mes paroles ! En lisant les remerciements, on comprend que même les ordinateurs Apple peuvent tomber en rade, au bon moment comme toujours. Ceci expliquant cela ? Recevant cette version électronique à titre gracieux, étant abonné à la revue, cela ne me gêne pas trop, d'autant le problème d'ordinateur. Mais si vous voulez cependant acheter ce numéro en version epub, attendez quelques semaines que les bugs soient corrigés.
La version papier a connu aussi certaines péripéties,
Une livraison dont l'équipe de la revue se souviendra longtemps à mon avis.

D'autres avis ici et là

Un numéro intéressant, pas mon préféré au niveau des nouvelles mais toujours très agréable à lire et enrichissant.
Au pays des cave trolls


On reste donc sur une belle pente qualitative avec ce Bifrost, encore une fois doté d’un dossier solide et complet.
Lorhkan et les mauvais genres

Iimpossible de pas vouloir ouvrir un de ses textes à l’issue de ce numéro.
Albedo, univers imaginaire


La bonne nouvelle, c’est que ma wishlist sort indemne de la lecture ce numéro !
Les lectures de Xapur

Drift

septembre 11, 2017

Thierry Di Rollo, Le Bélial, 2014, 352 p, 10€ epub sans DRM





La fête est finie


De la SF comme un roman noir, de la vie comme un dérapage contrôlé (le fameux drift), ou pas.


Présentation de l'éditeur :


Le Drift est un titan. Un monument sans pareil, le condensé d’un million de volontés tendues vers un but non négociable : quitter une Terre à bout de souffle. Le Drift est une cathédrale, le temple des vanités humaines, l’iniquité usinée en matériaux composites. Le Drift est la porte ouverte aux étoiles, mais une porte que bien peu prendront. Car pour gigantesque que soit le Drift, les places à son bord sont limitées. Aux seuls Justes, aux puissants, aux privilégiés des cités-dômes. Le Drift est le dernier espoir pour l’humanité. Mais une humanité qui n’est plus celle de tout le monde, une humanité aux franges de l’immortalité, orientée, assistée, nano-contrôlée, au-delà de sa propre condition, résolue à abandonner son berceau sans retour possible, déterminée à embrasser l’espace…

Mon ressenti :

Première chose qui frappe en lisant Drift, c'est l'absence du fameux vaisseau. On retourne son epub dans tous les sens, on relie la quatrième de couv', et on pense à une erreur de la part de l’éditeur. Et après un détour sur Babelio, on comprend qu'il s'agit en fait d un post apo suivi d'un space op et non d'un space opera classique comme le suggère la présentation.

La profondeur des tombes

février 27, 2017

Thierry Di Rollo, Folio SF, 2005 (Le Bélial, 2003), 224 p., 8€ papier


"Un animal est toujours à sa place, dans la nature. L’homme, j’en doute souvent."
Thierry Di Rollo

Présentation de l'éditeur :


Prêt à mesurer la profondeur des tombes ?
Demain. Le pétrole n'est qu'un souvenir. Reste le charbon, et avec lui ses mines titanesques et leurs millions de gueules noires, sa poussière grise et ses cieux asphyxiés. Un monde glacé où l'eau pure est la plus convoitée des denrées, où les animaux clonés en masse vont s'échouer au fond des filons, où le mot « jour » a été remplacé par « nuit claire ». Demain.
Pennbaker est porion, contre-maître à CorneyGround. Et il a contemplé la Mort dans les yeux, des yeux qui ressemblent étrangement à ceux de sa mère... La Mort qui lui a demandé, de cette voix si douce, s'il connaissait la profondeur des tombes... Et Pennbaker sait où chercher. Car au loin brillent les lumières de l'U-Zone, région de non-droit où réside Bartolbi, l'éleveur de hyènes. Débute ainsi la quête en compagnie de CloseLip, la fille chérie, son amour, sagement rangée dans sa valise...
La profondeur des tombes, celle qui nous traque, qu'on passe sa vie à éviter, mais qui, inexorable, nous rattrape...

Mon ressenti :


Suite au Bifrost n.85 consacré à Thierry Di Rollo, j'avais envie de me confronter aux écrits de l'auteur. Voilà la première pierre.
Un demain assez sombre dans cette SF qui m'a fait penser à un autre écrivain français en la personne de Roland C. Wagner et de son roman Les Derniers jours de mai, notamment par son découpage et sa seconde partie erratique. Et ce n'était pas la partie qui m'avait le plus emporté.

Bifrost n.85 - Thierry Di Rollo : no future ?

février 06, 2017

Bifrost, Le Bélial, 2017, 192 p., 6€ epub sans DRM


"Un animal est toujours à sa place, dans la nature. L’homme, j’en doute souvent."
Thierry Di Rollo

Une opinion que je partage, de quoi se jeter avidement sur ce dernier numéro bifrostien, en passe de devenir "La revue INTERNATIONALE des mondes de l'imaginaire". Ça commence à sentir le sapin toutes ses louanges sur Bifrost ses derniers temps !

Quatre nouvelles ouvrent ce numéro :

Ligne de marée, de Elizabeth Bear : Un robot militaire doté d'une IA fait la rencontre d'un enfant sur une plage déserte. Le rapport Homme-machine y est interrogée, ainsi que la thématique de la mémoire et de la transmission. Profondément humain, un texte récompensé en 2008 par les prix Théodore Sturgeon et Hugo, ce qui n'est que justice.
Le texte de présentation s'interroge sur l'absence de publication de l'auteur dans nos contrées françaises, des "anomalies éditoriales particulièrement surprenantes". Qu'est ce que vous attendez au Bélial, que je vous botte l'arrière train ?
Fourni par Blogger.