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F.E.L.I.N.E. : Le Vaisseau noir

septembre 08, 2022

 

Arnauld Pontier, Rivière blanche, 2020, 404 p. (110 p. ce tome), 30€ papier


Le tome 1 a été dévoré, le second englouti en une bouchée. Qu'en sera t'il de ce final ?

 

Présentation de l'éditeur :

Lars Hamilton, alias Lothar Milton, ex-Conseiller général de la Fédération, Maître de l’organisation déviante Arach, responsable de trois génocides planétaires, reste insaisissable.. Mais si, grâce à ses multiples avatars, il a pu jusqu’à présent échapper à la F.E.L.I.N.E. : la Force d’Elimination, de Libération et d’Intervention Nano-Equipée, échappera-t-il au capitaine Saronis et à son extraordinaire VAISSEAU NOIR ?
Avec l’aide de ce partenaire inattendu et surprenant, la F.E.L.I.N.E. a enfin une chance de vaincre l’ennemi public numéro Un et d’en apprendre un peu plus sur sa propre histoire et sur les mystérieuses Meyres qui l’ont enfantée. A moins que tout ne soit pas si simple…

 

Mon ressenti :

On retrouve Féline dans une étrange situation : elle semble avoir perdu la mémoire, du moins perdre le fil des évènements et elle se trouve dans un étrange vaisseau, noir... Je ne vous en raconte pas plus pour ne pas dévoiler certains éléments de l'intrigue. Tous les ingrédients ont été placés dans les deux tomes précédents, reste donc à savoir que donnera ce dessert. Le constat est simple, ça se lit aussi facilement que les autres, on retrouve avec un réel plaisir nos différents protagonistes et on se demande quel final va nous réserver l'auteur.

Pour être tout à fait honnête, j'ai trouvé ce tome un peu en deçà, je m'attendais à plus de retournement de situations, plus de surprises. Mais que voulez vous, l'auteur avait mis la barre tellement haut. Alors un poil déçu mais heureux d'avoir pu continuer l'aventure. Dans les autres tomes, tout se tenait, s'assembler à la perfection alors qu'ici j'y ai trouvé un ou deux Deus ex machina.
J'ai surtout apprécié les légères pointes d'humour du récit et le renforcement des personnages et de l'univers. La fin, par ses quelques citations, permet si il était nécessaire de faire le lien avec l'actualité du transhumanisme et de la singularité. 

Une nouvelle clôt l'ensemble, sous forme de synopsis à l'ensemble et permettant aussi d'en apprendre plus sur la fameuse race des lyxiens, de farouches guerriers ressemblant fortement à des félins ! Mais n'allait pas faire de vilains jeu de mots en les comparant avec des chats, pour ne pas écourter votre vie.

Cette trilogie a été un plaisir de lecture que je n'avais pas rencontré depuis longtemps. L'auteur nous pond un univers sans nous bassiner avec un trop plein d'explications. Son monde tient par son récit et ses protagonistes.
J'y ai vu un peu du Andrea Cort dedans, sans le côté enquête bien que...


Fabien Lyraud dans sa postface conclue ainsi et je ne peux qu'approuver. 

Alors ne vous fiez pas à la couverture, l'auteur se joue des codes machistes des pulps originels et c'est ce que j'attends exactement d'un pulp publié de nos jours. Il renouvelle le genre. Le style est simple, au service de l'intrigue mais l'économie de mots, la facilité à conter les aventures ne doivent pas vous trompez, il y a du talent derrière.
Et si le mot pulp te fait peur, je te rassure, il faut juste le prendre comme synonyme de lecture doudou, plaisir, simple mais pas simpliste. Lorsque j'ouvre un roman, je veux qu'il me raconte une histoire, que j'y crois et que je n'ai d'autres envies que de lire encore un chapitre supplémentaire. Et l'air de rien, l'air de ne pas y toucher, me permet de réfléchir sur quelques sujets. Comme le dérèglement climatique où en un seul paragraphe Arnauld Pontier t’assène que le seul bilan qu'il faudra en tirer, c'est que les hommes auront fait le choix de trouver un moyen technologique pour se tirer de cette planète fichue. Du bien consommable. On jette et on recommence.

 

Mon avis sur le premier tome 
Mon avis sur le second


Lu dans le cadre du
Summer Star Wars – Obi-Wan Kenobi
 
 
S4F3

 

F.E.L.I.N.E. : L'Équilibre de l'Extinction

juin 26, 2022

Arnauld Pontier, Rivière blanche, 2020, 404 p. (130 p. ce tome), 30€ papier

 

Comment nous faire oublier le monde qui nous entoure en nous plongeant dans un récit addictif ?
La leçon d'Arnauld Pontier !


Présentation de l'éditeur

On ne sait presque rien des Meyres. Peut-être ne sont-elles qu’une légende, un mythe, l’invention de quelque prosateur, qui n’aura laissé aucune autre trace dans l’Histoire ? Ou bien l’univers, en naissant, il y a quinze milliards d’années, a décidé de les enfanter. Leur mission est de veiller à L'Équilibre de l'Extinction.
Afin de pourchasser Lothar Milton, le Conseiller général de la Fédération, qui, en détruisant la planète Laméo, a rompu cet équilibre, elles vont prendre le contrôle du Central et créer une arme redoutable, humanoïde, la F.E.L.I.N.E. : la Force d’Élimination, de Libération et d’Intervention Nano-Équipée.

 

Mon ressenti :

Un monolithe vieux de plus de 10 000 ans, avec dessus des inscriptions dans une écriture qui n'existait pas à cette époque, qui semble provenir d'un peuple, les Meyres (mythique ou alien ?). Dans le même temps, la découverte d'une planète habitée par des individus dont la beauté est irrésistible.

Voici comment débute ce deuxième tome, qui est en fait un préquel : Comment tout cela a commencé ?
Le jeu de dupes débuté dans le tome 1 ne fait que se renforcer. Le méchant est il vraiment si méchant ? ou n'est ce pas lui le gentil de l'histoire ? mais il se pourrait que le troisième comparse soit plus gentil. Ou... L'auteur laisse tomber des indices, qui se révèleront faux ou pas...
Les zones floues du premier tome s'éclairent et on est face à une belle construction. Un monde régit par une intelligence artificielle plus à même de décider rationnellement de ce qui est bien ou mal pour l'humanité. Certains sont d'accord, d'autres pas. Est ce cela une démocratie ?

Ça se lit tout seul, un thriller SF comme j'en redemande. Ce tome est un peu plus calme, prenant le temps de nous donner les clés de cet univers. Et peu à peu, on s'interroge sur le bien fondé du clonage et du transhumanisme.
En conclusion, j'ai hâte de lire le final, tout en me demandant comment l'auteur va encore me rouler dans la farine. 
 
Mon avis sur le second tome
Mon avis sur le dernier

Lu dans le cadre du

Summer Star Wars – Obi-Wan Kenobi

S4F3



F.E.L.I.N.E.

juin 21, 2022

 

Arnauld Pontier, Rivière blanche, 2020, 404 p. (130 p. ce tome), 30€ papier

 

L'agent 007 est une p'tite bite, place à l'agente 727, sévèrement poumonée !


Présentation de l'éditeur

Son maître l’avait bien formée : elle atteignait toujours le point vital. Ses adversaires n’avaient aucune chance. D’autant que la Phase lui conférait un avantage temporel imparable. Elle pouvait aussi se travestir ou user de ses charmes ; c’était également une experte en matière d’infiltration. Mais malgré son habileté et sa puissance, elle n’était pas libre : elle était sous la tutelle du Superviseur, qui, au gré des événements, l’envoyait aux quatre coins de l’univers, en mission pour le compte du Central...
Elle ne s’était jamais posée de questions sur le bien-fondé de ces missions, sur ses soeurs de Materna et sur sa propre nature, jusqu’à ce que les Déviants prennent contact et qu’une mystérieuse organisation, Arach, s’en mêle… Tous prétextant détenir la vérité sur elle et sur son employeur, la F.E.L.I.N.E : la Force d’Élimination, de Libération et d’Intervention Nano-Équipée…

 

Mon ressenti :

Futur indéterminé, on se ballade dans l'espace comme on se ballade actuellement en avion, l'agente 727 a le permis de tuer et c'est la meilleure. Corps de rêve, technologie avancée, rien ne lui résiste. Une nouvelle mission va se révéler plus hasardeuse que prévue.

Une couverture bien pulpée, un titre aguicheur, bref toute la littérature que je déteste. Le Pulp était peut être bien dans les années 70 mais 50 ans plus tard, les mentalités ont changé, évolué. Seul un nom sur la couverture, Arnauld Pontier me fait passer à l'acte d'achat (encore merci Ponpon ! ;p). Un gros pavé sous une apparence fine, 400 pages, mais il y en a dans le coffre : 3 romans, une nouvelle et une postface. (Je ne parle ici que du premier roman, le reste viendra en son temps...)

J'entre dans le récit du bout des coussinets, m'attendant au pire, mais espérant me tromper. Et le flair canin, infaillible, est encore bien affûté. Alors oui il y a du sexe, pulp oblige, mais l'auteur s'en sert pour dénoncer les caricatures d'autrefois, détourner les codes sexistes de l’époque. Exemple, une fouille au corps de F.E.L.I.N.E. devient un acte hideux. Une mentalité de nos jours, OUF.  Voici un autre exemple :

Tu es bien serrée ; j'aime ça, souffla-t-il d'une voix rauque. C'était un piteux amant: il ne partageait rien, il prenait, sans d'autres égards que son propre plaisir. Un plaisir dénué de tout raffine ment. Pareille manière d'assouvir un tel acte, quand bien même consenti, est un viol. Elle en éprouva un profond dégoût. Par bonheur, il ne s'agita que quelques minutes, avant de rendre les armes et de se relever, conqué rant. P.110

En outre, la dédicace donne le ton si il en était encore besoin


Un thriller pour découvrir qui est au final cette F.E.L.I.N.E. , nom de code 727 mais qui préfère que l'on la nomme Lina. Un jeu de dupes, avec un empilement de méchants et/ou de gentils. Entre les tenants d'un monde géré par l'homme et les tenants d'un monde régi par la machine. Il y a un peu du Andreas Cort dedans, avec toutes les espèces aliens, et ce twist final, délicieux.

Car rien n'est jamais parfait en ce bas monde, je regrette quelques explications supplémentaires sur le monde, la technologie. Mais nul doute que ces manques soient voulus et apparaîtront des explications en temps et en heure dans les prochains tomes.
Le seul vrai bémol est la couverture de cette intégrale, qui trompe le lecteur sur la qualité et le sens du contenu.

Mais un conseil, ne l'achetez pas, c'est un page turner efficace, difficile de reposer le bouquin une fois commencé. Et il y a deux autres romans derrière. Ce serait dommage d’avoir pris une location à 2000€ la semaine pour rester affalé dans le canapé pour lire au calme.

 

Mon avis sur le premier tome  

Mon avis sur le dernier

C'est toi que que remercie
pour toutes ces heures de détente et de réflexions.

Lu dans le cadre du

Summer Star Wars – Obi-Wan Kenobi

S4F3


Histoire de la science-fiction en bande dessinée

juin 16, 2022

 

Xavier Dollo, Djibril Morissette-Phan, Les Humanoïdes associés, 2020, 216p., 22€


En gravant le nom des auteurs et autrices qui ont fait la science fiction, Xavier Dollo entre dans l'histoire de la SF

Présentation de l'éditeur :


Découvrez la première bande dessinée documentaire retraçant l’histoire de la science-fiction, narrée par un spécialiste du genre. Plus qu’un simple historique, il s’agit d’une véritable réflexion autour du genre, un panorama riche en anecdotes et en surprises. Qui a écrit le premier récit de science-fiction ? Comment est née la science-fiction américaine ? Quels livres faut-il lire pour tout savoir sur la conquête spatiale ? Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

 

Mon ressenti :

Acheté à sa sortie, c'est seulement maintenant que je tourne la dernière page. Souvent, une lenteur de lecture signifie bouquin à la ramasse, pas ici, j'ai pris le temps de le déguster. J'aimais y retourner de temps à autre, le picorer et surtout savourer l'ensemble.

J'avais deux craintes sur ce livre : je pensais benoîtement qu'il s'agissait d'une histoire qui nous contait l'histoire de la SF, comme jadis Il était une fois l'homme, une aventure avec comme toile de fond la science-fiction. L'autre est que j'avais déjà lu ou écouter des trucs sur l'histoire de la SF et c'est souvent les mêmes anecdotes, les mêmes références littéraires qui en ressortent.

Et bien j'avais tout faux. Cette BD m'a surpris en me faisant noter une multitude de textes à lire à l'avenir. J'ai l'impression que le mot d'ordre de la construction de ce livre a été comment faire du neuf avec du vieux ? Et Xavier Dollo s'en sort à merveille, sortant des sentiers battus, imposés. Autre atout, la mise en avant des femmes.

 


Alors il y a surement des manques, des auteurs dont tu aurais aimé voir cité, développé (Robert par exemple). Oui, je suis d'accord et pas d'accord. Il faut faire des choix, ce n'est pas une encyclopédie, c'est un condensé. Amusant qui plus est, ce n'est pas un essai universitaire pompeux servant à étaler sa science. Ici c'est attrayant, tu prends plaisir à apprendre, à connaitre les premiers textes qui ont parlé des concepts de la SF.

L'autre reproche que j'ai vu dans certains avis étaient la portion congrue donnée à la SF actuelle. Oui, mais bon, nous sommes dans l'histoire, c'est comme demander à un livre d'histoire de France de développer le 21ème siècle. Non, le vrai bémol, c'est qu'il n'y a rien sur après 2020. La SF est avant gardiste bordel !

J'ai donc adoré, mais je dois t'avouer que tu ne dois absolument pas acheter cette bande dessinée. Elle est le Mal incarné. Car après sa lecture, tu auras noté plein de références, qu'il te faudra bien un jour ou l'autre lire, alors que ta liste d'envie, voir ta PAL sonne l'alerte. Et une fois que tu l'auras fait, l'envie d'y rejeter un oeil se fera peut-être ressentir, et tu y découvriras d'autres références, que tu devras... Si tu vois ce livre en devanture d'une librairie, change de trottoir !
Et si malgré tout tu penses te l'offrir, va jeter un oeil à l'entretien qu'il m'a accordé, cela finira de te convaincre.

Pêle mêle de références qui me font de l'oeil
















Mutræ

janvier 20, 2022

Pascal Casolari, Emmanuel Quentin, Emmanuel Régis, Les explocreateurs, 2020, 104 p., 35€

 
Une planète inconnue, un vaisseau échoué, un xénomorphe ?

 

Présentation de l'éditeur :


De retour d'une mission de reconnaissance, le lieutenant Mutræ, pilote chevronné de la Confédération de la 8ème Nébuleuse, s'écrase sur une planète tellurique à la végétation luxuriante.
Ici, le silence règne étrangement. Les deux soleils sont comme des yeux fixant le naufragé par-delà les nuages. Tout est tellement calme.
Mutræ ne se souvient plus des circonstances de son accident.
Est-ce le vent qu'il entend tout à coup, un appel, ou une hallucination ?
Résolu à ne pas attendre d'éventuels secours, le lieutenant se met alors en marche, en quête des réponses soulevées par ce monde énigmatique.
Mais peut-être aurait-il mieux fait de rester à proximité de son vaisseau...


Mon ressenti :

Casque sur les oreilles, je me plonge dans Mutræ qui nous narre l'histoire de Mutræ justement (le monde est bien fait)(même si je pensais que c'était le nom de la planète !) dont le vaisseau s'écrase sur une planète non référencée à la végétation luxuriante. En attendant les secours, il explore la flore environnante pour tomber derrière un rideau de verdure sur ...

Mutrae est un livre trois en un.

Trois en un car c'est déjà un Beau Livre : couverture cartonnée, papier de qualité, pleins d'illustrations couleurs, un CD, un site. Bref, on parle depuis des années des livres augmentés et en voilà une espèce rare et en voie d'extinction. Tu en as pour ton fric et ça, c'est cool.

Trois en un par sa structure aussi. On commence par une nouvelle. Puis nous avons le droit à un carnet d'exploration avec des croquis et des cartes. Et enfin un making-off avec une bio et des explications des trois compères.

Trois en un car il s'agit surtout d'un livre de trois auteurs : un texte d'Emmanuel Quentin, accompagné d'illustrations de Pascal Casolari et une ambiance sonore inventée par Emmanuel Régis.


L'écriture de Quentin, visuelle et pour qui connait l'auteur ne sera pas déçu du voyage, permet de suite une immersion sur cette xéno-jungle. Et comme souvent chez l'auteur, nous avons le droit à une pirouette finale. Seul bémol, c'est beaucoup trop court. Surtout lorsque tu ne lis pas le détail du bouquin avant de t'y plonger. La dernière page tournée, j'ai fait les yeux ronds en me disant, mais il y a encore plein de pages, c'est quoi ce bordel !

Je ne suis pas un lecteur qui visualise lorsque je lis, je me fais une idée générale de l'univers, mais jamais dans les détails. Les illustrations sont au diapason du texte et m'ont permis de m'immerger plus encore sur cette planète, me faire voir les détails plutôt que les ombres.

Le son m'a plus chiffonné. Déjà je préfère lire dans le silence, mais j'ai décidé de jouer le jeu. Et le texte est très clair sur cette planète, le silence règne. Alors pourquoi une bande son ! Mais les explications de l'auteur à la fin m'ont permis de réaliser ce que je n'avais pas remarqué lors de mon écoute. Et donc j'ai eu un autre regard sur cette bande son, surtout avec ce zigomar pondant une planète silencieuse. Il m'a l'air du genre taquin cet Emmanuel Quentin. (A sa place, j'aurais aussi décrit que cette planète était plongée dans le noir complet, histoire de bien emmerder le monde !)

À la fin, on a une vision des différents processus créatifs ayant conduit à cet oeuvre, le pourquoi des choix. Un vrai must.

Ce livre fait partie du projet Ruines, et qui n'est pas fini encore côté livre car Emmanuel Quentin m'a dit que le trio avait une "suite" sur le feu qui s'intitulera Sonja. Mais il faudra attendre encore quelque temps, difficile de réunir les trois loustics avec leurs plannings chargés.
Et on dirait que les auteurs ont entendu par anticipation ma critique sur la longueur, car il y en aura plus... Patientons donc.
Et en attendant, il parait qu'il reste encore quelques exemplaires de ce Mutræ.




L'arbre aux Lunes

décembre 12, 2021

 

Didier Reboussin, Pulp Factory, 2020, 198 p., 14€ papier


Plein de lunes et pourtant j'ai gardé mes pieds sur terre...


Présentation de l'éditeur :

Joss, un gourou, est déporté sur une mystérieuse colonie pénitentiaire par le Pouvoir qui règne en maître sur Terre. Il va découvrir un monde étrange et superbe, lʼArbre aux Lunes, une planète dominée par un arbre gigantesque qui a capturé ses satellites naturels dans ses branches. Aidé par Jung, le tueur, il va devoir sʼengager dans une guerre dont il est l’une des variables et dont lʼenjeu est le destin de lʼhumanité. Cependant lʼArbre aux Lunes recèle un secret qui rend son combat dérisoire… 


Mon ressenti :

Un gourou et un tueur sont envoyés en exil sur une lointaine planète du fait d'être en désaccord avec le maître du monde. A leur réveil, ils découvrent un système solaire étonnant : un arbre gigantesque a poussé dans l'espace et ses ramifications englobent les planètes de ce système.

Un début comme dans le vieil homme et la guerre, on prend plaisir à découvrir les personnalités et ce monde. Puis cela s'est gâté pour moi, l'auteur préférant les aventures trépidantes et pulp. Toutes les possibilités scientifiques de cet arbre sont à peine esquissées. Même si je n'ai pas lu Dune, on sent l'hommage : pas d'épices ici mais un nectar permettant de voir l'avenir proche.

J'ai failli jeter l'éponge plusieurs fois mais j'avais tout de même envie de connaître la fin. L'aventure se clôt mais mon intérêt n'a lui cesser de décroitre bien avant celle ci. Une suite est sortie récemment, dont je ferai l'impasse. L'ouvrage étant sorti chez un éditeur se nommant Pulp Factory, il n'y a pas tromperie sur la marchandise, l'aventure est présente, c'est rempli d'actions et d'une dose d'humour.

Un roman à réserver aux fans de pulps qui y verront sûrement bien d'autres références à cette SF rendant hommage au Fleuve noir anticipation. Pour les autres, comme moi, qui préfèrent la SF réaliste, ils passeront leurs chemins sans regret.

Lu dans le cadre d'un service de presse

Expiration

septembre 27, 2021

Ted Chiang, 2020, Denoël, 464 p., 16€ epub avec DRM


Barak Obama a-t-il bon goût ?


Présentation de l'éditeur :

Les neuf histoires qui constituent ce livre brillent à la fois par leur originalité et leur universalité. Des questions ancestrales – l’homme dispose-t-il d’un libre arbitre ? si non, que peut-il faire de sa vie ? – sont abordées sous un angle radicalement nouveau. Ted Chiang pousse à l’extrême la logique, la morale et jusqu’aux lois de la physique pour créer des mondes inédits dans lesquels les machines en disent long sur notre humanité.

Edition limitée, USA

Mon ressenti :

Il y a quelques années, je lisais le premier recueil de Ted Chiang, La tour de Babylone, auréolé de critiques enthousiastes. Pour ma part, j'avais trouvé cela moyen et très froid, malgré quelques bons textes comme celui qui a donné le film The Arrival. Je n'étais donc guère chaud pour lire ce nouvel opus, mais les premiers retours m'avaient donné l'envie d'y jeter un oeil. Et au final, j'ai bien fait de changer d'avis, les différentes nouvelles sont plutôt pas mal, voire très bien, Ted Chiang ayant abandonné en grande partie sa froideur pour un peu plus d'humanité.

J'ai lu Expiration il y a un an environ,  certain d'avoir publié mon avis. Lors d'un tri de mon bloc-notes, un doute survint : L'ait je vraiment fais ? Après moult recherches, il s'avère que non. Pourtant, je me souviens l'avoir fait, donc deux solutions : le phénomène du déjà vu, ou les réalités parallèles existent... Peut-être avez vous donc déjà lu cet avis, ce qui signifie que nous nous connaissons dans une autre réalité. Quoiqu'il en soit, dans ta grande chance, j'avais rédigé mon avis après chaque texte.

Edition japonaise


Le Marchand et la porte de l'alchimiste
Un conte oriental autour du voyage dans le temps. J'ai été de suite transporté dans ce récit qui interroge la notion de libre arbitre. Un très bon démarrage.

Edition chinoise

Expiration
Rares sont les textes qui ne comportent aucun être humain, en voici un à ajouter à cette courte liste. (liste que vous pouvez trouver sur le FB Fan de SF) Dans une ambiance steampunk, une autodissection d'un robot va interroger une nouvelle fois la notion de libre arbitre.

Edition portugaise



Ce qu'on attend de nous
Un nouvel objet a fait son apparition, le déducteur, un simple gadget, un casse-tête : quoique que tu fasses, le boîtier clignotera une seconde avant que tu n'appuies dessus. De quoi tenter par tous les moyens de trouver comment faire mentir la machine. Mais si tu n'y arrives pas, est-ce à dire que tout est déjà joué par avance ? De quoi en perdre son esprit...
Texte court et rigolo. Mais flippant.

Edition hongroise


Le cycle de vie des objets logiciels
Fatigant, ronflant, chiant. Littéralement. J'ai mis 4 jours à lire ce texte de 130 pages qui a eu l'effet d'un somnifère surpuissant sur mon organisme. Je n'ai jamais autant dormi de toute ma vie en si peu de jours. Un texte qui devrait être remboursé par l'assurance maladie. Une approche non médicamenteuse pour traiter l'insomnie. Je n'ose même pas vous en faire un résumé tellement j'ai peur de me rendormir...

Edition espagnole


La nurse automatique brevetée de Dacey
Il s'agit ici d'un article universitaire autour de l'éducation des enfants. Quelle méthode pédagogique pourrait être la meilleure ? Un robot ? Mais qu'en est-il de l'attachement dans ce cas ?
Rare de voir cette thématique abordée en SF, et ce texte pose beaucoup de questions et d'interrogation qui m'ont bien plu.

Edition russe


La vérité du fait, la vérité de l'émotion
Voici une histoire contée par un journaliste sur une nouvelle technologie naissante, une sorte de moteur de recherche indexant notre vie filmée. Non sans rappeler un épisode de la série Black Mirror, il le dépasse largement par son analyse de cette technologie. Voilà un texte magnifique, qui lie histoire orale et histoire écrite, souvenirs réels et souvenirs fabriqués. Cela faisait longtemps qu'un texte ne m'avait pas autant transporté. Tout simplement excellent.

Edition catalane


Le grand silence
Un texte qui porte bien son nom, car je n'ai pris aucune note dessus et je suis bien en peine de vous en toucher un mot. Alors soit il était génial et m'a coupé le sifflet, soit c'est une grosse merde et j'ai été trop atterré pour en dire un mot. A vous de choisir.

Edition turque


Omphalos
Un monde où science et religion sont en osmose pour décrire la création. Bienvenu chez les créationnistes. Une démonstration par l'absurde où l'auteur crée un univers du point de vue des adeptes de cette théorie. On perd un peu ses repères face à ce changement de paradigme, difficile de mettre en question ses certitudes sur le commencement. Un texte fort intéressant dans son propos, moins dans son récit, ayant eu l'impression de voir un texte à message. Démonstration brillante, mais froide.

Edition polonaise


L'angoisse est le vertige de la liberté

Et si ? Nous nous sommes tous posé cette question à propos d'un événement qui nous est arrivé. Dans ce texte, un ersatz d'ordinateur crée des réalités parallèles quantiques dès son activation. En achèteriez-vous un pour connaître une version alternative de vous ? Ted Chiang explore les conséquences individuelles et sociales d'une telle découverte. Mis à part la morale finale bienveillante (on peut tous devenir quelque qu'un de mieux si on s'en donne les moyens), un très bon texte.

Edition israélienne


L'ensemble se clôt par quelques mots de l'auteur sur l'origine des textes et ce qu'il a voulu y exprimer. Un petit plus fort appréciable. Seule ombre au tableau, le prix et les DRM.


Edition anglaise



A écouter, l'interview de l'auteur dans La méthode scientifique du 18 décembre 2020

Ted Chiang, l'inspiration

Alors que les vacances de Noël approchent à grand pas, l’équipe de La Méthode, comme chaque année, a revêtu son costume rouge et blanc pour vous déposer, avant l’heure, un cadeau sous le sapin. Cette année, nous ne sommes pas peu fiers de recevoir le lauréat de quatre prix Hugo, quatre prix Nebula et quatre prix Locus, le tout pour seulement 2 recueils parus. Sans doute l’un des nouvellistes de science-fiction le plus passionnant de notre époque, l’un de ses textes a déjà été adapté au cinéma par Denis Villeneuve, dans le film “Premier Contact”. Son dernier recueil, Expiration, confirme son immense talent qui emprunte autant à Greg Egan qu’à Borges. Ted Chiang est notre invité spécial.




Une Heure-Lumière - Hors-série 2020

juin 04, 2021

 

Kij Johnson, Le Bélial, 2020, 112 p., presque gratuit


Une fois n'est pas coutume ?
On dirait bien que si, car pour la troisième année consécutive, j'ai pu lire le HS UHL (hors série de la collection Une heure lumière du Bélial !), alors que le quatrième a déjà pointé le bout de son noyau.

Présentation de l'éditeur :

Une heure-lumière, c’est la distance que parcourt un photon dans le vide en 3600 secondes, soit plus d’un milliard de kilomètres…
C’est aussi le nom d’une collection réunissant à ce jour vingt-six titres, un espace éditorial inédit, unique, tant par le fond que par la forme, qui ambitionne de faire voyager vite et loin le lecteur.
Une collection qui, en l’espace de quelques années à peine, s’est bâti un statut de référence dans le paysage éditorial hyper-saturé des littératures de genre. Une heure-lumière célèbre les horizons nouveaux ; le Hors-série 2020, troisième du genre, célèbre Une heure-lumière. Avec entre autres un long récit inédit signé Kij Johnson, autrice, dans cette même collection, de l’époustouflant Un pont sur la brume salué par une kyrielle de prix, dont le Hugo, le Nebula et le Grand Prix de l’Imaginaire.
Une heure-lumière… sous une pluie d’étoiles !

Mon ressenti : 

Voilà le HS UHL que j'attendais le plus, car il fait la part belle aux traducteurs. Du moins celles et ceux qui ont traduit un opus de cette fameuse collection.
Mais voilà aussi le HS qui m'a le plus frustré. Une quinzaine de traducteurs pour une trentaine de pages et dans cette collection, elles ne sont pas très grandes. Soit pas grand chose pour développer. Certains traducteurs devaient être en retard dans les travaux à rendre car ils font le minimum vital, entre anecdotes, ressentis. D'autres sont plus prolixes et bavard pour mon plus grand bonheur.
Au final, déçu je suis mais surtout à cause de mes attentes par rapport à ce sujet. C'est gratuit et on ne va pas cracher dans la soupe, c'est une opération commerciale qui a du sens même si je regrette encore une fois le peu de attention réservé aux lecteurs numériques. Heureusement les camarades sont là pour nous refiler leur surplus.


Retour à N’dau, Kij Johnson

Une nouvelle de Kij Johnson clôt l'ensemble qui pourrait être un spin-off à La marche du Levant. Soit une planète qui tourne paresseusement autour de son soleil. Résultat, des jours qui n'en finissent pas et si vous ne voulez pas mourir de froid, il faut bouger sans cesse pour parfaire son bronzage.
Une jeune fille d'un petit village spécialisé dans l'élevage de chevaux voit arriver des étrangers...
Il s'agit en fait d'un "western", qui n'est malheureusement pas mon genre de prédilection. Cela se lit sans mal, mais je n'en ai pas eu pour mon argent !!!


Comme les années précédentes, je lègue ce hors série au Maki, autre lecteur numérique malheureux, qui en fera ce qu'il veut.
Un énorme merci à Lutin qui m'a donné son double. Après RSF Blog, Nevertwhere, Albedo, c'est au tour de Au pays des Cave trolls de devenir le fournisseur officiel 2021. Les HS UHL se refilent en douce sous le manteau, comme les meilleurs drogues.
Bravo au Bélial pour nous offrir chaque année ce hors-série


Pour les autres avis, le forum du Bélial est ton ami

 

 

 

 

 

Bifrost n.100. Thomas Day : Sexe, Dragons & Rock 'n' roll !

avril 08, 2021

 

Bifrost, Le Bélial, 2020, 192 p., 6€ epub sans DRM

  

Sous la plume acide de Thomas Day/Gilles Dumay, un coeur sensible s'y cache t'il ?


La Bête du loch Doine, de Thomas Day
La religion de l'arbre, voilà le nouveau créneau de ce jeune homme à la recherche de la foi véritable. Une tranche de vie très réaliste dans un royaume écossais qui interroge foi vs religion. Très beau texte qui finit un peu abruptement.

Circuits, de Rich Larson
Dans ta jeunesse, ou une fois adulte, tu passais ton temps à faire aller ton train sur son circuit pendant des heures. Et si tu avais tout le temps du monde, tu aurais continuais sans fin. Voilà la mésaventure qui arrive à une IA dans un monde dévasté. En très peu de pages, l'auteur nous pond une histoire et un monde crédible, tous en sensibilité.

Des millénaires de silence nous attendent, de Catherine Dufour
Deux femmes, une jeune, une vieille. Qu'est ce que la société attend elles ? Pas ce qu'elles ont envies en tout cas. Un joli texte, plein de cynisme et d'amertume, mais avec une once d'espoir : et si on envoyait tout se faire foutre ?

Décapiter est la seule manière de vaincre, de Thomas Day
La fille de son père.
Dans un monde cyberpunk, l'Asie a gagné contre l'occident. Les multinationales géantes se combattent selon les rites ancestraux. Qui gagnera ?
Un texte qui réussi à construire un monde malgré le peu de pages et à nous emmener dans l'univers sans foi ni loi du monde de l'entreprise.



Suit le cahier critique qui m'a donné envie de découvrir : L'obscur de Philippe Testa; L'espace entre les guerres de Laurent Genefort (quelques critiques gratuites ici)

Le coin des revues se devait d'être à la hauteur pour un dossier spécial Tomas Day. Mais après la longue interview, il lui restait bien peu de temps pour lire ses revues. Par chance, certaines ont tout fait pour alléger son planning de lecture en faisant leur maximum pour qu'ils ne les lisent pas où si peu. Morale de l'histoire, à part Bifrost, ne perd pas ton temps...

Paroles de est la petite pastille que je dévore en premier, et cette fois, il est consacré à mon chouchou : Nicolas Martin. Même si je connaissais pas mal de choses, c'est toujours un plaisir que d'entendre parlera de la méthode scientifique et des passions de son animateur vedette. Mais j'ai tout de même appris une chose, j'ai raté l'émission sur les tortues. Et personne ne m'avait prévenu ! Alors après les tardigrades, les blobs et les ornithorynques, voilà ma prochaine écoute avec un suspense intenable : sera t-il question, un court instant, des tortues ninjas ?


La résilience, c'est l'art de rebondir selon Cyrulnik. Et on peut allègrement comparer Gilles Dumay à une balle rebondissante... Rarement lu un entretien aussi riche, humain, intime, franc (çà je m'en doutais). Il vide son sac sans fausse pudeur, avec un sacré recul et sans rancune ou rancoeur. J'ai souvent une image de familles riches lorsque j'entends parler d'édition. Même s'il n'est pas né dans la dèche, le boss a roulé sa bosse jusqu'à plus soif...

Gilles Dumay est pour moi celui qui m'a fait découvrir Robert Charles Wilson et je ne peux m'empêcher de faire un parallèle : Ses aventures en Asie m'ont fait penser aux chronolithes, avec son personnage qui bourlingue en moto, retardant sans cesse son retour à la civilisation. Gilles Dumay y trouvera t'il son Kuin à vaincre ? Rien n'est moins sûr, mais je lirai la suite des aventures avec un immense plaisir dans le Bifrost n.200.
Une interview fleuve comme je les aime, s'attardant plus sur l'auteur comme l'indiquait le titre du dossier et l'homme, l'éditeur se faisant plutôt "timide". Au final, un dossier à lire pour tout amateur de la prose de Thomas Day. Dossier qui contient aussi un court entretien avec Ugo Bellagamba, plus anecdotique. et un guide de lecture. Même si je doute d'être fan de sa prose, Sexe, Dragons & Rock 'n' roll n'est pas ma came, j'ai repéré 2-3 textes: Stairways to hell, L'automate de Nuremberg, Cette année-là l’hiver commença le 22 novembre et Sept secondes pour devenir un aigle. (toutes les critiques publiés dans les anciens Bifrost)


 

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