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Le Faucon de Malta-City

novembre 12, 2025

 

Jean-Christophe Gapdy, 2025, Pulp-factory, 262 p., 16€ papier

 
Même dans l’espace, personne n’échappe aux notes de bas de page.


Pitch de l'éditeur : 

En cette année 2105, les Gerulf sont chargés, par la commandante Xiān de la Spatiale, de retrouver une agente de leur service de renseignements disparue mystérieusement sur Europe, la Planète des Androïdes. La situation sur place est délicate, l’équilibre spatiopolitique de cette lune de Jupiter y est en effet fragile.
Les deux privés vont vite se rendre compte que l’enquête n'est pas aussi facile qu’ils l’escomptaient. Une conspiration semble se tramer dans les rangs de la Spatiale, alors qu’une autre disparition, celle d’un cadet, serait liée à leur affaire.
Sur Europe et dans les coursives d’un vaisseau-amiral de la Spatiale, les deux androïdes devront démêler un écheveau complexe pour découvrir la vérité afin d'éviter des conséquences dramatiques pour tout SysSol.


Mon ressenti : 

Des jumeaux détectives sont envoyés sur Europe et à bord d’un vaisseau spatial, pour élucider la disparition mystérieuse d’une espionne en mission. Particularité : les détectives sont des androïdes bardés d’IA… et empathes. 

Troisième enquête de Gerulf (la 1ère ici, la 2nde là), pas de panique : ce tome se lit très bien séparément.
Deuxième info capitale avant d’entrer dans le vif du sujet : l’auteur est annotomane. Un fan de l'ampire ottoman ? Non, juste un fan d’annotations ? Il adore les notes de bas de page. Et il s’en donne à cœur joie : sur les 262 pages du roman, il en a casé 65 ! Oui, soixante-cinq. Je sens déjà ta déception : cela veut dire que trois pages sur quatre n’ont pas de note. Scandaleux ? Ou pas… J’en ai lu quelques-unes, et franchement, souvent ma réaction a été : « Sérieusement ? Une note de bas de page pour ça ? » Difficile de généraliser, mais j’ai fini par les ignorer à 99 %. Ai-je raté un truc ? Peu probable, l’auteur lui-même précise qu’on peut tout à fait les zapper. Alors pourquoi en mettre partout ? Eh bien, parce qu’il est annotomane. Et en cette année dédiée à la santé mentale, soyons inclusifs : lisons les auteurs un peu (beaucoup) atteints de cette manie.
La troisième info capitale serait de parler de la couverture, mais halte aux digressions ! Pour faire court : une enquête à lire sans connaître les précédentes. Et si tu croises une note, passe ton chemin sans culpabiliser.

L’histoire démarre de manière un peu retorse - il faut garder ses neurones bien connectés - mais peu à peu se dessine un monde futuriste où l’humanité a colonisé le système solaire. Le chaos règne sur Terre, Mars et la Lune. Les androïdes et robots sont considérés comme ayant des droits. Mais la loi du plus fort reste la même qu'aujourd'hui, la loi est faite par les gagnants, ceux qui dirigent...  L’auteur nous peint ce futur par petites touches, sans lourdeur ni pessimisme, et ça fonctionne très bien.

Les fans d’enquêtes emberlificotées seront servis : il n’y en a pas une, mais deux, menées en parallèle. Et les amateurs de polars classiques s’amuseront à repérer les clins d’œil aux films et romans noirs, comme le laisse deviner le titre. Pour ma part, je n’ai pas cette culture, et ça ne m’a pas empêché de suivre l’aventure. Ce que j’ai surtout aimé, c’est la réflexion sur les droits et la différence. L’auteur parle du handicap (transposé ici aux cyborgs) et de la manière dont la société le perçoit. Il fait aussi le lien avec les droits des androïdes, dans une sorte de vallée de l’étrange où leur apparence mécanique contraste avec leur langage et leurs comportements presque humains. Ce décalage questionne notre rapport à l’altérité.

Une enquête de science-fiction bien ficelée, dense mais accessible, où l’humour discret côtoie une  réflexion sur la société de demain. Si tu aimes les polars spatiaux et que tu n’as pas peur des petites digressions en bas de page, fonce. Sinon, dis-toi qu’entre deux annotations, il y a quand même une sacrée bonne histoire.

"Troisième aventure, et toujours autant de plaisir à sa lecture." selon Djackdah Riker sur Le galion des étoiles.

L'arbre aux Lunes

décembre 12, 2021

 

Didier Reboussin, Pulp Factory, 2020, 198 p., 14€ papier


Plein de lunes et pourtant j'ai gardé mes pieds sur terre...


Présentation de l'éditeur :

Joss, un gourou, est déporté sur une mystérieuse colonie pénitentiaire par le Pouvoir qui règne en maître sur Terre. Il va découvrir un monde étrange et superbe, lʼArbre aux Lunes, une planète dominée par un arbre gigantesque qui a capturé ses satellites naturels dans ses branches. Aidé par Jung, le tueur, il va devoir sʼengager dans une guerre dont il est l’une des variables et dont lʼenjeu est le destin de lʼhumanité. Cependant lʼArbre aux Lunes recèle un secret qui rend son combat dérisoire… 


Mon ressenti :

Un gourou et un tueur sont envoyés en exil sur une lointaine planète du fait d'être en désaccord avec le maître du monde. A leur réveil, ils découvrent un système solaire étonnant : un arbre gigantesque a poussé dans l'espace et ses ramifications englobent les planètes de ce système.

Un début comme dans le vieil homme et la guerre, on prend plaisir à découvrir les personnalités et ce monde. Puis cela s'est gâté pour moi, l'auteur préférant les aventures trépidantes et pulp. Toutes les possibilités scientifiques de cet arbre sont à peine esquissées. Même si je n'ai pas lu Dune, on sent l'hommage : pas d'épices ici mais un nectar permettant de voir l'avenir proche.

J'ai failli jeter l'éponge plusieurs fois mais j'avais tout de même envie de connaître la fin. L'aventure se clôt mais mon intérêt n'a lui cesser de décroitre bien avant celle ci. Une suite est sortie récemment, dont je ferai l'impasse. L'ouvrage étant sorti chez un éditeur se nommant Pulp Factory, il n'y a pas tromperie sur la marchandise, l'aventure est présente, c'est rempli d'actions et d'une dose d'humour.

Un roman à réserver aux fans de pulps qui y verront sûrement bien d'autres références à cette SF rendant hommage au Fleuve noir anticipation. Pour les autres, comme moi, qui préfèrent la SF réaliste, ils passeront leurs chemins sans regret.

Lu dans le cadre d'un service de presse

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