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Bifrost n.100. Tomas Day : Sexe, Dragons & Rock 'n' roll !

avril 08, 2021

 

Bifrost, Le Bélial, 2020, 192 p., 6€ epub sans DRM

  

Sous la plume acide de Thomas Day/Gilles Dumay, un coeur sensible s'y cache t'il ?


La Bête du loch Doine, de Thomas Day
La religion de l'arbre, voilà le nouveau créneau de ce jeune homme à la recherche de la foi véritable. Une tranche de vie très réaliste dans un royaume écossais qui interroge foi vs religion. Très beau texte qui finit un peu abruptement.

Circuits, de Rich Larson
Dans ta jeunesse, ou une fois adulte, tu passais ton temps à faire aller ton train sur son circuit pendant des heures. Et si tu avais tout le temps du monde, tu aurais continuais sans fin. Voilà la mésaventure qui arrive à une IA dans un monde dévasté. En très peu de pages, l'auteur nous pond une histoire et un monde crédible, tous en sensibilité.

Des millénaires de silence nous attendent, de Catherine Dufour
Deux femmes, une jeune, une vieille. Qu'est ce que la société attend elles ? Pas ce qu'elles ont envies en tout cas. Un joli texte, plein de cynisme et d'amertume, mais avec une once d'espoir : et si on envoyait tout se faire foutre ?

Décapiter est la seule manière de vaincre, de Thomas Day
La fille de son père.
Dans un monde cyberpunk, l'Asie a gagné contre l'occident. Les multinationales géantes se combattent selon les rites ancestraux. Qui gagnera ?
Un texte qui réussi à construire un monde malgré le peu de pages et à nous emmener dans l'univers sans foi ni loi du monde de l'entreprise.



Suit le cahier critique qui m'a donné envie de découvrir : L'obscur de Philippe Testa; L'espace entre les guerres de Laurent Genefort (quelques critiques gratuites ici)

Le coin des revues se devait d'être à la hauteur pour un dossier spécial Tomas Day. Mais après la longue interview, il lui restait bien peu de temps pour lire ses revues. Par chance, certaines ont tout fait pour alléger son planning de lecture en faisant leur maximum pour qu'ils ne les lisent pas où si peu. Morale de l'histoire, à part Bifrost, ne perd pas ton temps...

Paroles de est la petite pastille que je dévore en premier, et cette fois, il est consacré à mon chouchou : Nicolas Martin. Même si je connaissais pas mal de choses, c'est toujours un plaisir que d'entendre parlera de la méthode scientifique et des passions de son animateur vedette. Mais j'ai tout de même appris une chose, j'ai raté l'émission sur les tortues. Et personne ne m'avait prévenu ! Alors après les tardigrades, les blobs et les ornithorynques, voilà ma prochaine écoute avec un suspense intenable : sera t-il question, un court instant, des tortues ninjas ?


La résilience, c'est l'art de rebondir selon Cyrulnik. Et on peut allègrement comparer Gilles Dumay à une balle rebondissante... Rarement lu un entretien aussi riche, humain, intime, franc (çà je m'en doutais). Il vide son sac sans fausse pudeur, avec un sacré recul et sans rancune ou rancoeur. J'ai souvent une image de familles riches lorsque j'entends parler d'édition. Même s'il n'est pas né dans la dèche, le boss a roulé sa bosse jusqu'à plus soif...

Gilles Dumay est pour moi celui qui m'a fait découvrir Robert Charles Wilson et je ne peux m'empêcher de faire un parallèle : Ses aventures en Asie m'ont fait penser aux chronolithes, avec son personnage qui bourlingue en moto, retardant sans cesse son retour à la civilisation. Gilles Dumay y trouvera t'il son Kuin à vaincre ? Rien n'est moins sûr, mais je lirai la suite des aventures avec un immense plaisir dans le Bifrost n.200.
Une interview fleuve comme je les aime, s'attardant plus sur l'auteur comme l'indiquait le titre du dossier et l'homme, l'éditeur se faisant plutôt "timide". Au final, un dossier à lire pour tout amateur de la prose de Thomas Day. Dossier qui contient aussi un court entretien avec Ugo Bellagamba, plus anecdotique. et un guide de lecture. Même si je doute d'être fan de sa prose, Sexe, Dragons & Rock 'n' roll n'est pas ma came, j'ai repéré 2-3 textes: Stairways to hell, L'automate de Nuremberg, Cette année-là l’hiver commença le 22 novembre et Sept secondes pour devenir un aigle. (toutes les critiques publiés dans les anciens Bifrost)


 

Sous l’ombre des étoiles

avril 01, 2021

Thomas Geha, Les Moutons électriques, 2020 (1ère parution 2014), 6€ epub sans DRM



Reposant


Présentation de l'éditeur :

La guerre entre Salamandres et Humains a pris fin.
À la suite d’une dernière bataille épique, Kee Carson, tireur d’élite à bord du Templier, s’échoue sur une planète insignifiante, Seinbeck.
Resté deux siècles en hibernation, il s’y éveille et apprend qu’Humains et Salamandres, descendants des naufragés, ont fini par s’allier en tribus nomades pour faire face à une menace mutuelle : les indigènes de ce monde.
Dans le clan qui l’adopte, Carson fait la connaissance de Sirval, un salamandre qu’il déteste aussitôt. Difficile pour lui d’oublier ses années de guerre, celles qui l’ont séparé de sa famille et de Valtor, sa planète natale. Mais bientôt, contaminé par Mari-Ou, guide de la Tribu de l’Espace, et Poing de Verre, un géant rouquin devenu son meilleur ami, il commence à changer...


Mon ressenti :


Une guerre dans l'espace, un vaisseau qui explose, la fuite dans un caisson cryogénique et le réveil plus de deux cents ans plus tard sur un monde, autre.

De Thomas Geha, je ne connaissais que sa trilogie Alone que j'avais appréciée, un hommage à Julia Verlanger. Un auteur, mais pas que, qui semble assez discret. Cette réédition d'un roman paru chez Rivière blanche était l'occasion de renouer avec sa plume.

Nous sommes dans une atmosphère de découverte d'un monde et d'une manière différente de vivre après le conditionnement de la guerre. Comment vivre avec ses ennemis de jadis, comment vivre en osmose avec la nature. L'impression de lire une tranche de vie, un récit de vie, un point de vue personnel et voir les changements qui se font au cours de la vie.
Un roman hors du tumulte, où même lorsque l'action est présente, celle-ci se fait sans esbroufe, voir à son corps défendant, car elle est souvent synonyme d'horreur à venir.
À la moitié du roman, petit changement dans la routine pour nous faire découvrir un autre pan de ce monde et rompre avec une possible monotonie. L'auteur parvient toujours à maintenir son lecteur dans son histoire.
Plus étonnant, ce roman paru initialement en 2014 est en pleine actualité de par son côté bienveillant pacifiste et très humaniste. Voilà un texte qui nous change des thrillers pleins de fureur avec un cliffhanger toutes les 10 pages. L'auteur nous démontre que l'on peut maintenir l'intérêt du lecteur sans ces subterfuges et même en devinant la fin. Même l'histoire d'amour ne m'a pas fait changer de trottoir, mais j'aurais tout de même pu m'en passer.

Elle rentre de plain-pied dans ce monde d’adultes, qui n’a que faire du pacifisme, de la non-violence, que seul le pouvoir détermine. Et le pouvoir passe par le conflit, la mort ou la destruction d’autrui.


Le seul bémol, sans en être un, est la nouvelle bonus "Une île (et quart) sous la lune rouge". Je pensais naïvement que l'histoire aller se passer dans le même univers, d'autant que le roman fait parti d'un cycle : Planètes Pirates.
Ceci dit, que vaut ce texte ?
Très étrange, très surprenant, à la lisière des genres SF et fantastique même si nous sommes en terre science fictionnelle. Il y a un côté qui rappelle la SF d'avant qu'elle ne s'appelle ainsi. Deux histoires croisées celle d'une ado et d'un scientifique qui vont s'entrecroiser. Alors je ne peux dire si j'ai aimé ou non, mais cette nouvelle m'a permis de découvrir un versant de l'auteur que je ne connaissais pas, entre merveilleux scientifique et hard SF matinée de fantastique.


vrai délice qui se dévore avec gourmandise, tandis que Dup hait Thomas Geha.
Xapur n'est pas déçu avec cet auteur. qui est décidément un bien bon auteur de littérature populaire nous dit Lorhkan. La Lune a même versé sa petite larmichette, bref, un très beau roman, une indubitable réussite selon Laird Fumble, tout en finesse et émotion conclue le Troll.

    



Les Maîtres enlumineurs

mars 29, 2021


Robert Jackson Bennett, Albin Michel Imaginaire, 2021, 604 p., 13€ epub sans DRM

 

La méthode Coué de la magie.

Présentation de l'éditeur :



Toute l’économie de l’opulente cité de Tevanne repose sur une puissante magie : l’enluminure. À l’aide de sceaux complexes, les maîtres enlumineurs donnent aux objets des pouvoirs insoupçonnés et contournent les lois de la physique. Sancia Grado est une jeune voleuse qui a le don de revivre le passé des objets et d’écouter chuchoter leurs enluminures. Engagée par une des grandes familles de la cité pour dérober une étrange clé dans un entrepôt sous très haute surveillance, elle ignore que cet artefact a le pouvoir de changer l’enluminure à jamais : quiconque entrera en sa possession pourra mettre Tevanne à genoux. Poursuivie par un adversaire implacable, Sancia n’aura d’autre choix que de se trouver des alliés.

 

Mon ressenti :

Une voleuse, curiosité aidant, ouvre une petite boîte qu'elle vient de subtiliser de manière peu orthodoxe. Elle découvre une clef qui permet d'ouvrir toutes les serrures et même plus encore. Et en outre, c'est une clef qui parle ! 🧐

Il y a des livres qui à peine commencé vous donne envie de meurtre, d'autres, plus rares, vous donnent envie de ne faire qu'une chose : lire lire et lire.
Malheureusement Les Maîtres enlumineurs fait partie d'une tout autre catégorie : lire jusqu'à plus soif, en oubliant tout ce qui se passe autour de vous, ce que vous avez à faire pour vous immerger complètement, profondément, dans son univers.

Je pourrais vous parler de ce choc culturel entre la plèbe et la Haute, la banlieue et la ville;
Je pourrais vous parler de cette ode à la liberté, à la justice;
Je pourrais vous dire aussi que c'est un roman drôle, la politesse du désespoir;
Je pourrais vous dire que vous allez y apprendre plein d'expressions imagées et grossières;
Je pourrais vous dire qu'il est aussi une fantasy cyberpunk et hopepunk;
Je pourrais vous dire qu'on y parle du rôle de la femme, que le héros est une héroïne;
Je pourrais vous dire dire qu'il est très bien construit, sans lourdeur, que la SF et la fantasy s'y imbriquent de manière surnaturelle, mais parfaite;
Je pourrais aussi vous dire que c'est un roman divertissant et intelligent;
Je pourrais vous dire que c'est une curain de putain de bon bouquin;
Je pourrais vous dire que le plus spectaculaire est que ce roman plaira sûrement au novice comme à l'amateur;
Mais tout ce que je pourrais vous dire ne parviendra jamais à vous faire comprendre combien j'ai apprécié ce roman;
Car je ne suis qu'un simple blogueur, pas un écrivain talentueux;

La seule question que tu dois te poser : Te laisseras-tu embobiner par les maitres embobineurs ?


Avis unanimes pour le moment : forum Le Bélial


Critique réalisée dans le cadre d'un service de presse.



Quelques citations :


« Curain de fils de pute ! retentit la voix dans les escaliers. Sale enfant de putain édentée merdeuse à deux duvots ! »
Gregor s’arrêta au sommet des escaliers de la fonderie Spinola et jeta un bref regard au garde en faction, qui lui renvoya un haussement d’épaules nerveux. La voix continuait de tempêter.
« Comment ça, tu penses que les archives sont précises ? Comment peux-tu seulement penser que tes archives sont précises ? La précision est un curain d’état binaire ; soit elles sont précises, soit elles ne le SONT PAS ! » Les deux derniers mots avaient été beuglés avec une telle puissance qu’ils firent littéralement mal aux oreilles de Gregor, même à cette distance. « Tu es marié ? Tu as des enfants ? Si c’est le cas, ça me sidère, je suis même positivement éberlué, parce que tu es tellement con que je doute que tu saches comment glisser ta chandelle dans ta bonne femme ! Peut-être que tu pourrais regarder un peu dans le voisinage, histoire de voir si d’autres crétins hébétés ressemblent bizarrement à tes sales mioches ? Je jure devant Dieu que si tu ne reviens pas dans une heure avec des archives authentiquement, imparablement, indéniablement précises, j’enduis personnellement tes couilles de gelée de figue et je te jette à poil dans une fosse à cochons ! Maintenant, disparais de ma vue ! »


Tomas Ziani était richissime et avait la réputation d’être un négociant rusé – mais aucunement un enlumineur. En matière de sceaux, il n’aurait pas fait la différence entre son propre cul et un trou dans le sol.


Je dois admettre, glissa Gio, qu’à l’échelle de nos projets, c’est de plus en plus dur de distinguer une connerie mystique d’une autre.

 

Au royaume des vivants

mars 25, 2021

Emmanuel Quentin, Editions 1115, 2020, 140 p., 1,50 € epub sans DRM


Il y avait bien quelque chose de pourri au royaume des vivants
 
Certains auteurs, des petites bites, nous offrent à travers leur polar une enquête. Emmanuel Quentin, lui, n'est pas de ceux-là, car ce n'est pas une, ni deux, ni trois, mais 4 enquêtes qu'il te propose. Le tout dans une certaine de pages. De là à dire qu'il en a une grosse, voici un pas que je ne franchirai pas.
 

Présentation de l'éditeur : 


Dans un futur plus ou moins proche, pour aller d'Hanoï à Rio de Janeiro en quelques minutes à peine, il suffit d'emprunter le réseau mondial des téléporteurs. Simple, pratique, abordable. Désormais, tout le monde peut franchir les océans en traversant une porte. Tout le monde, sauf les personnes du groupe sanguin AB négatif, et ce bien qu'aucune science ne soit capable d'expliquer pourquoi. C'est ainsi. Dominique Serin, enquêteur privé de son état, ne peut pas se téléporter. Pourtant, ça lui serait fort utile pour résoudre ces cas de disparitions qui l'obsèdent depuis des années. Car là encore, la science a échoué à résoudre le mystère de ces disparitions. Vraiment, il se passe des choses étranges au royaume des vivants.

Mon ressenti :


Un privé hypocondriaque se voit offrir une enquête qu'il délègue à son assistant sarcastique. L'occasion pour lui de se replonger dans de vieilles affaires non résolues.
Je me suis demandé une bonne partie du récit où voulait m'emmenait l'auteur, et la réponse est : me mener en bateau. Mais avec talent, car une fois la révélation finale faite, on tente de se remémorer les moments où l'on s'est fait avoir, de repérer les indices disséminés çà et là.
C'est aussi rempli de clins d'oeil et de références à d'autres oeuvres et certaines thématiques chères à la science fiction.
Difficile d'en dire plus sans manquer de dévoiler le pot aux roses, et même si le principal de ce texte concerne une enquête, la SF a bien toute sa place.

Un bon moment de lecture, un voyage littéraire - littéralement aussi - dans les genres de l'imaginaire comme sait nous offrir l'éditeur à prix doux.
Cela fait quelques textes courts de l'auteur qui me plaisent, reste à me lancer dans ses romans.

Comme d'habitude, même son de cloche chez le maki


Le jour où l'humanité a niqué la fantasy

mars 22, 2021

 

Karim Berrouka, ActuSF, 2021, 425 p., 10€ epub sans DRM



C’est la faute des punks. Saloperie de punks…




Marre de lire de la fantasy avec des fées et des lutins ?
Alors lit une fantasy avec des fées et des lutins !

Présentation de l'éditeur :

Au départ, il y a un lutin qui hurle « Vous avez niqué la fantasy ! » alors qu’il retient en otage plusieurs personnes dans une bibliothèque. Et puis il y a le coup d’un soir d’Olga qui se met à déconner et à foutre le feu à son appartement, avant d’aller brouter les pissenlits par la racine. Et il y a aussi les trois punks Jex,
Skrook et Pils qui doivent jouer au Festival du Gouffre tandis qu’il se passe de drôles de trucs dans la forêt d’à côté.

Mon ressenti :

Le suffixe punk n'est pas l'apanage de la seule science-fiction. La preuve, Karim Berrouka nous pond de la fantasy punk. Mais comme Karim est une saloperie de punk, alors cela est un peu trop simpliste pour lui, trop normé. Donc ce sera plutôt de la méta fantasy punk.
C'est quoi ce genre ? Justement, cela n'en est pas un, ce n'est pas le genre de la maison, c'est juste un condensé de ce roman inclassable : il y a du méta, ils y a de la fantasy, et il y a des punks, bref, de la

méta fantasy punk.

- Dites donc, vous êtes remontée contre la police.
- Mes parents étaient punks. Enfin, quand je suis née. Après mon père a mal tourné, il devenu hippie.

La recette est plutôt simple et les ingrédients sont 100% locaux et développement durable. Cela ressemble au quatre-quarts, mais au format trois tiers. Donc 3 punks, 3 doses de fantasy ( 1/3 fées, 1/3 lutins et 1/3 démon) et 3 métas (1 Platteau, 1 Cam et 1 Ebory). Tu mélanges le tout, tu enfournes dans la gueule du lecteur et tu as un
Le jour où l'humanité a niqué la fantasy.  

Mais ne te voilà pas plus avancé, un petit résumé pourrait aider ? Cependant, comme l'auteur préfère niquer les interviews en non-résumant son bouquin, ne compte pas sur moi pour le faire. Je pourrai limite te dire que nous sommes plus proche d'un
Terry Pratchett que d'un Tolkien. Ou sinon, d'un anti-Tolkien.

Nous ne sommes pas de la police. Nous travaillons pour des causes plus nobles qu’affermir le pouvoir de gouvernements rompus à la dévastation du pays qu’ils prétendent diriger en suçant jusqu’à la mort les gens qui ont eu l’idée saugrenue, mais elle était naïve et pleine d’espoir, de les porter au pouvoir.

Je peux te dire que dans cette recette, j'ai beaucoup aimé les punks, les méta, moins la fantasy. Mais un Karim Berrouka reste un
Karim Berrouka et c'est aussi pour cela qu'on l'aime : pour les vannes, pour les gros mots, pour les punks... Et surtout, pour le fait de nous pondre un titre avec niqué dedans.


Yuyine te donne ses conseils préventifs de lecture
La pipelette Zina apprécie les
répliques juteuses
L'Ours s'est régalé
 
 
Si tu veux toi aussi niquer la fantasy, c'est possible, il suffit de répondre à cette énigme :

Que fais-tu si tu vois la lumière ?

Ta réponse en commentaire et tu envoies en même temps ton adresse postale à lechiencritique@gmail.com
Si tu gagnes, je t'enverrai mon exemplaire papier et son bandeau rouge

Fin du concours mercredi 24 mars à 23h59mn59s


Avis réalisé dans le cadre d'une opération Masse Critique Babelio

Le Crépuscule de Briareus

mars 18, 2021

Richard Cowper, Argyll éditions, 2021 (1ère parution VF : 1976), 350 p., 10€ epub sans DRM


Boum
L'astre du jour fait Boum
Tout avec lui dit Boum
Le monde entier fait Boum
Tout l'univers fait Boum



Présentation de l'éditeur :

Les étoiles meurent aussi…
Suite à l’explosion de la supernova Briareus Delta, située à 132 années-lumière, la vie est complètement chamboulée sur Terre. Alors que se succèdent tempêtes et typhons, prémices d’une nouvelle ère glaciaire, l’humanité se découvre soudain stérile. Les unes après les autres, les sociétés humaines s’écroulent, victimes de dérives autoritaires autant que d’un effondrement philosophique… Car que faire dans un monde sans avenir, vidé du rire des enfants ?
Réfugiés dans le sud de l’Angleterre, Margaret et Calvin survivent tant bien que mal. Jusqu’au jour où ils découvrent une petite communauté isolée où vit Elizabeth, étrange jeune femme issue de la Génération du Crépuscule. Dans cet enfer blanc, vierge de tout espoir, serait-elle la clef de la survie ?


Mon ressenti :

Un homme, une femme, perdus dans une région enneigée sont à la recherche de ne je ne sais quoi. Ce quoi est justement le sujet de ce roman.
Voilà un texte assez atypique qui mêle plusieurs sous-genres de la science-fiction : le post apo, les mutations génétiques, les pouvoirs psys et les aliens, ce qui n'est pas très courant et laisse planer un sérieux doute sur la qualité du texte. Mais au final, l'auteur s'en tire avec les honneurs, ce bric-à-brac hétéroclite se tient de belle manière. Je partage le ressenti du troll en ce qui concerne une ressemblance avec un certain Robert Charles Wilson : des personnages très humains, concrets, réalistes, ainsi que dans le traitement du sujet. Ce n'est pas la catastrophe, l'événement extraordinaire qui est important, mais ses conséquences. Le fait de savoir en partie ce qui va se passer en plaçant la fin en tout début permet d'éviter le livre catastrophe et de se demander comment nous en sommes arrivés là. Et ici, et une fois encore, l'humain ne fait pas beaucoup preuve d'humanité. Ces divers éléments m'ont beaucoup intéressé, comment une société fait société, ou pas. Des thématiques très actuelles.
Mais à l'inverse d'un Wilson qui va avoir une approche plus scientifique , c'est ici que le bât blesse pour moi, nous n'avons que très peu d'éléments rationnels. Pire, les éléments spirituels se font de plus en plus prégnants. Dont la fin renforce trop fortement cet aspect.
Plus que les années 70, ce roman m'a fait beaucoup pensé aux approches des romans de première partie du 20e siècle.



Pendant des années, on avait pris l’habitude d’entendre crier au loup à propos des armes nucléaires, des engrais chimiques, des vapeurs d’essence et, par-dessus tout, de la population. Il y avait eu chaque fois une extraordinaire sécrétion d’adrénaline, et pour quels résultats ? Les armes étaient de plus en plus nombreuses et meurtrières, on utilisait de plus en plus les engrais, on fabriquait de plus en plus de voitures avec la bénédiction des économistes du gouvernement et des leaders syndicaux ; les aliments synthétiques formaient une bonne part du régime et l’augmentation de la population avait atteint un tel rythme que, selon les évaluations, les victimes des tempêtes briaréennes seraient remplacées trois mois après les funérailles de la dernière. Alors, quand les spécialistes commencèrent à gémir, à prédire la fin du monde, le public, ivre de catastrophes, répliqua sotto voce, en cent langues différentes : « Je m’en fiche. »


L'éditeur croit en son poulain de jadis il devrait publié un autre roman de l'auteur : au vu du titre, je crains un traitement empreint de spiritualité ou de religiosité. A voir...

Un éditeur résolument atypique : pour son premier livre, il s'agit d'une réédition
Sorti initialement en 1976 dans la collection Présences du futur, pourquoi payer 20€ alors que la première édition est facilement trouvable pour quelques euros ?

  • Il y a déjà la couverture, franchement, dans une bibliothèque, il n'y a pas à réfléchir longtemps, celle-ci est magnifique.
  • Si tu lis en numérique, c'est la seule version légale, à un prix plus que raisonnable et sans DRM
  • La traduction a été revue par le traducteur officiel de l'Imaginaire, Pierre-Paul Durastanti himself
  • Pour les annexes : je regrette régulièrement le prix des livres grand format, sans plus valu. Ici, ce n'est pas une, mais deux annexes qui ont été ajoutées : deux articles de Christopher Priest, qui est fort instructif et marrant pour le regard sur le monde de l'édition de cette époque et d'une interview avec Richard Cowper.

    La philosophie qui sous-tend un grand nombre de récits de SF me semble être à la fois dérisoire et dépassée. Trop souvent, elle n’est guère plus qu’une fantaisie adolescente de pouvoir (prendre et donner) qui est, je suppose, le résultat d’une tentative de projeter l’éthique commerciale capitaliste dans l’espace. Pourtant, la plupart des meilleurs récits de SF des trente dernières années ont nagé à contre-courant de cette marée


Donc bravo Monsieur Argyll. Après contact, il m'a dit qu'il allait tenter de faire de même pour les rééditions. (on saute le pas et on fait de même avec les romans inédits, chiche ?)

Le syndrome Quickson a décelé de véritables fulgurances de modernité. (c'est pas faux)

Au pays des cave trolls a apprécie les questionnements intemporels

Et Un papillon dans la lune a comblé son hypo post-apo


Avis réalisé dans le cadre d'un service de presse (encore merci le troll !)



DJAARHS !

mars 15, 2021

  

Jean-Marc De Vos, Autoédition, 2020, 440 p., 5€ epub avec DRM


Une couverture hideuse, un titre improbable, un pitch lu cent fois...
Et cerise sur le gâteau, c'est de l’autoédition.
Bref, tous les voyants sont au rouge.
Et pourtant...


Présentation de l'éditeur :

Comment une poignée d’extraterrestres pourrait-elle piller toutes les richesses d’une planète et asservir tous ses habitants ? Les Djaarhs, eux, le savent. Les Hommes le découvriront à leurs dépens. Pendant que l’humanité s’enfonce de jour en jour dans le désespoir, l’idée même de résister s’efface des esprits. Seule demeure la règle : obéir ou mourir. Dans cet univers dystopique, le destin de l’humanité se joue dans les relations ambiguës entre un général américain nostalgique des Confédérés, un mafieux bolivien qui se prend pour Scarface, un professeur déchu de l’académie des sciences, une troublante apparatchik russo-cubaine et le très mystérieux « Monsieur », qui détient les clefs de la résistance. Et perdu au milieu de la partie, quel rôle tient réellement Angelo Presti, devenu malgré lui le tout puissant « Consul de Djariha » ? Si, au moins, les Djaarhs avaient installé leur QG dans un autre endroit que le centre de Bruxelles, en plein milieu de la cour d’honneur du palais royal… 


Mon ressenti :

Un objet non identifié apparaît dans le ciel de la Terre tandis qu'au même moment une épidémie se propage. Pas besoin d'être mathématicien pour additionner 1+1, les aliens sont sûrement coupables, mais ils fournissent le remède. Où est le loup ?

Voilà une histoire qui fait partie des marronniers de la SF, question originalité, on repassera d'autant que tout le reste est quasi prévisible pour l'amateur d'imaginaire. Mais le style fluide et simple, l'humour et la bonhommie des personnages font que c'est plaisant à lire. De cette histoire lue cent fois, on y pénètre comme lorsque l'on enfile sa vieille paire de baskets, on est en terrain connu, chez soi, bref, on s'y sent bien. En outre, même si la Russie et les USA sont présents, l'intrigue se passe en Belgique, voilà qui change des lieux communs. C'est léger, mais plus la lecture avance, plus une certaine profondeur se fait jour. Cela reste assez caricatural et attendu, mais comme dans la vraie vie l'Histoire se répète sans que l'on en prenne conscience.
Mené tambour battant, difficile de s'arrêter dans sa lecture. Seule la fin est un peu en dessous, l'impression que l'auteur ne savait pas vraiment comment clore l'histoire. Ce n'est pas catastrophique loin de là, mais j'aurai voulu un truc un peu plus étonnant au vu du reste.

Nous sommes face à une lecture détente qui fait son taffe et cela fait du bien de temps en temps.

Une autre chose que l'on ne peut reprocher à l'auteur, c'est la constance dans l'utilisation de couvertures moches. 😉



Avis réalisé dans le cadre d'un service de presse.


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