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L'espace

décembre 03, 2020

Nicolas Martin, Matthieu Lefrançois, EPA éditions, 2020, 157p., 25€

Contributeurs : Carlo Rovelli (Préface), François Forget, Alain Riazuelo, Sandrine Codis, Hélène Courtois, Roland Lehoucq



L'espace, l'état des savoirs, et même plus encore...


Présentation de l'éditeur :


En 1957, au début de l'ère spatiale avec le lancement de Spoutnik, le Big Bang divise les astrophysiciens. Personne alors ne parle de matière noire, les trous noirs sont encore des objets hypothétiques et les exoplanètes sont, peu ou prou, un rêve de science-fiction. En 2100, que connaîtrons-nous de l'espace ? L'être humain aura-t-il posé le pied sur Mars ? Aurons-nous découvert des traces de vie ailleurs que sur Terre ? Pourrons-nous envoyer une sonde, voire une navette au-delà de notre système solaire ? Et l'installation sur une autre planète sera-t-elle possible ? En partant de l'histoire de l'astrophysique et de la cosmologie, Nicolas Martin et cinq astrophysiciennes et astrophysiciens décryptent cinq des grands enjeux de la recherche spatiale et dessinent le visage de l'univers de demain.

 

Mon ressenti :

L'espace, c'est grand. Et c'est surtout rempli de trucs divers et variés. Comme des planètes, des lunes, des trous noirs... Mais comment cela fonctionne t-il ? Comment est-on passé d'une Terre centre du monde à une Terre grain de poussière ? Voilà l'objet de ce livre.




On commence par une préface de Carlo Rovelli, une pointure dans la physique théorique. Et miracle, moi le petit lecteur de SF, je comprends ce qu'il dit. Tout sera de même tout au long de ce livre, accessible à celle et ceux qui sont intéressés par le sujet sans pour autant avoir les connaissances scientifiques idoines.
Il nous donne au cours de ses 5 parties une petite approche historique de la thématique, comment les paradigmes sont nés, ont été bousculés au cours du temps et l'explication des grandes découvertes récentes. Les auteurs auraient pu s'arrêter là mais ont décidé de franchir le pas de la prospective pour nous jeter dans l'avenir et nous proposer de possibles découvertes que laissent entrevoir les innovations récentes.

Le livre s'ouvre sur notre système solaire pour peu à peu nous emmener vers les super amas, la création de l'univers, pour revenir sur nos pas et nous renvoyer illico dans l'espace. J'ai beaucoup apprécié la partie sur les trous noirs : dès le démarrage, en deux petits paragraphes, je comprends enfin ce qu'est un trou noir. Et l'émerveillement se fait.

En astronomie, la vitesse de libération, aussi appelée «vitesse d'évasion», décrit la vitesse à laquelle un corps sans propulsion autonome doit être lancé pour échapper définitivement à l'attraction gravitationnelle d'un astre. Sur Terre, cette vitesse vaut un peu plus de 40 000 km/h. Cette notion s'explique naturellement à partir des équations de la gravitation formulées par Newton à la fin du XVIIe siècle.
À cette même époque, le consensus s'établit autour de l'idée que la lumière ne se déplace pas instantanément mais à une certaine vitesse, certes très grande mais qui reste finie, de l'ordre de centaines de milliers de kilomètres par seconde. À titre de comparaison, alors que la Terre met une année pour faire le tour du Soleil, il ne faut à la lumière qu'une cinquantaine de minutes pour parcourir la même distance. Elle met par conséquent un certain temps à parcourir la distance séparant deux points de l'espace. Or, si l'on considère que la lumière est soumise à la gravité comme n'importe quel corps, il est logique de conclure que, si un astre est suffisamment compact, sa vitesse de libération sera supérieure à la vitesse de la lumière et que cette dernière finira piégée dans son champ de gravitation, sans jamais pouvoir s'échapper. Aucune lumière émise par cet objet ne pouvant plus parvenir jusqu'à nous, nous aurions l'impression d'être face à un corps totalement invisible.


En creux, c'est la méthode scientifique qui se fait jour peu à peu, comment les théories ou l'observation, ont, par des coups de génie ou de hasards, abouti aux découvertes. La science chaque jour se confronte à la réalité et revoie sa copie si nécessaire, parfois avec bruit et fureur.


Mais toi qui écoute régulièrement la méthode scientifique, cela ne te sert à rien d'acheter le bouquin ? Et bien si, car dans les émissions, les sujets sont souvent sur un point précis d'une théorie, mais ici, nous avons un essai qui relie le microcosme et le macrocosme, c'est le Livre du Tout !
Accessible certes, mais aussi ardu par moment. Comme dans la partie sur le Big Bang qui met en jeu des théories bien peu assimilables par un chien tel que moi. Mais la partie qui suit sur la structure de l'univers, est beaucoup moins ardue et reprend les concepts évoqués auparavant. Tout dépendra donc de ton appétence pour les sujets. Et cela permet de mesurer l'évolution ou non de ton intelligence lors d'une relecture. 




Des clins d'oeil à la SF sont bien entendus de la partie et nous retrouvons quelques petites touches de légèreté. La partie sur la structure de l'univers m'a enchanté, rempli d'anecdotes sur la vision de la cosmogonie ou autres. Des étoiles plein les yeux, d'autant plus avec la belle iconographie.



Tout est il parfait ? Le chien critique serait il aveuglé par son amour de l'émission ?
Non, deux bémols. Si la majorité des livres sortent en noir sur fond blanc, c'est que c'est facile à lire. Les encarts sont sur un fond de couleur et rendent la lecture plus difficile pour mes yeux vieillissants.
Et j'aurai bien aimé un signet, comme l'objet est relié.


Je suis relativement étonné d'avoir apprécié ce livre car je ne suis pas trop essai, le blabla, très peu pour moi. Et au final, j'ai pris énormément de plaisir à le lire en quelques jours seulement, dans mon canapé voguant à travers l'univers, les trous noirs, les galaxies...
Et comme dans son émission, Nicolas Martin a tenté de respecter la parité dans le choix des contributeurs, un petit plus à saluer comme il se doit.
Et dernière chose : souvent, les auteurs n'osent pas dire qu'ils ne savent pas, mais pas ici. Si les connaissances scientifiques n'ont par permis de connaitre un point, c'est dit. Cela parait idiot mais cela m'a beaucoup plu.



Si tu veux en apprendre plus sur Nicolas Martin, il te dit tout (ou presque, nous avons oublié d'évoquer Gaston) sur son parcours et les coulisses de La méthode scientifique dans un entretien fleuve qu'il m'avait accordé en 2019 : La méthode scientifique : la science critique

Monstrueuse Féérie

novembre 30, 2020

Laurent Pépin, Flatland, 2020, 100 p., 8.5 € papier


Une elfe, des monstres et un psy sont dans un asile...

Présentation de l'éditeur :


Quand un psychologue rencontre une Elfe dans le Centre psychiatrique où il travaille, il croit d’abord que cet amour naissant permettra d’écarter les Monstres qui l’assaillent…
Avis aux amateurs : conte pour adultes teinté de pataphysique, de psychanalyse, de poésie et d’humour noir.

Mon ressenti :

Il y a toujours une fenêtre que je laisse ouverte pour que les Monstres puissent entrer. Je ne le fais pas vraiment exprès. Mais tous les Monstres rentrent dans toutes les têtes de la même façon : on les y invite. Parce qu’il y a quelque chose en eux qui nous fascine, qui nous comble, ou du moins qui absorbe notre esprit logique en polarisant nos réflexions. Quand ils sont là, c’est trop tard. Ils ne sortent plus et la terreur grandit.

Quel étrange bouquin que ce livre. Insaisissable dans son essence. A la fois poétique, psychanalytique, rempli d'humour noir, d'horreur. Une sorte de traité sur les fous pour les gens normaux. Ou plutôt l'inverse, un traité sur les gens normaux à l'usage des fous.
Ou ne serait ce qu'une banale histoire d'amour ? Ou non, le regard d'un homme sur la vie ? Ou alors un conte, noir et cruel comme jadis. Ou une critique de l'institution psychiatrique, de la norme sociale ?
Ce livre est tout cela et bien plus encore. Il est ce que tu viens chercher, et plus encore.

Quand il vidait des animaux pour les empailler, il y avait une odeur épouvantable dans la maison. En même temps, il était occupé et ça avait l’air de l’intéresser vraiment. C’était bien, comme activité, pour le père. En revanche, il nous regardait du coin de l’œil et ça me faisait peur. Je me disais qu’il pesait le pour et le contre. Il devait se demander à quel âge il devrait nous vider nous aussi et nous bourrer de produits chimiques et de paille pour qu’on ne s’en aille jamais et qu’il puisse rester en sécurité.

Ce qui est certain, c'est que l'auteur a un style et une sacré plume. Alors , c'est quoi le pitch ? Un narrateur qui nous raconte sa vie, avec une famille très étrange, un "Chez ces gens là" monstrueux.
Une chose que j'ai beaucoup apprécié, c'est ce regard porté sur l'autre, la volonté de tenter de le comprendre dans sa complexité. Un aller vers, une sorte d'utopie sur le vivre ensemble. Bref, l'essence même de la SF, bien que nous sommes dans le fantastique, mais la frontière avec la réalité est poreuse, perméable.
Je ne suis pas très friand de psychanalyse, et les lignes en contiennent pas mal, mais cela participe aux multiples lectures qui peuvent en être faite.

Je suis devenu psychologue et je travaille dans ce Centre. Souvent mon boulanger me demande si ce n’est pas trop dur de travailler avec “les fous”. Moi j’ai envie de lui répondre que ce qui est vraiment dur, c’est plutôt ce genre de dialogue, mais je me tais.

Avec tout ce que j'en dis, tu te dis que ce bouquin n'est pas pour toi. Je suis d'accord avec toi, car ce n'est pas un bouquin pour moi. Et pourtant j'ai adoré. Va comprendre...
Et franchement, cette novella est vraiment poilante dans sa première partie. Mais je suis d'accord avec toi, ce bouquin n'est pas pour toi. Mais qui sait ?

Je ne t’ai pas menti, jamais. Même si je sais que mes histoires sont un peu… Mais ce ne sont pas des mensonges. Ce sont des métaphores. C’est mon histoire, c’est moi qui raconte. J’ai le droit de faire des métaphores. Je n’ai pas le choix de toute façon. Il y a des choses qu’on ne peut pas raconter autrement. Et puis je ne veux pas. Ce n’est pas la direction que j’ai choisie. Il faut bien reconstruire le monde à sa façon, on ne peut quand même pas le prendre tel qu’il est. C’est trop triste. Prends le ciel, les nuages, les oiseaux, ce que tu voudras, ça n’a aucun sens si on n’y invente pas autre chose avec, un peu d’accent dans le regard qu’on y met. C’est vrai, c’est nul la nature naturelle…



Lu dans le cadre d'un service de presse

Une interview de l'auteur chez L'ours danseur



Ondes Futures du samedi 28 novembre au vendredi 04 décembre 2020

novembre 27, 2020


Ondes Futures, une télé et une radio résolument SFFF !
Chaque semaine, ma sélection de programmes SFFF pour ne plus jamais vous endormir devant la petite lucarne ou au volant.


Cette semaine sur les ondes :


Le bateau coule ? Une expression peut être bientôt obsolète, car soit elle sera devenue une espèce en voie de disparition, soit elle sera dans les mains des multinationales.


Tout cela et bien plus encore : https://wke.lt/w/s/Oefhdl



Pearly gates

novembre 26, 2020

Nicolas Pagès, Les Editions du 38, 2020, 412 p., 7€ epub sans DRM

 

Est ce dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes ?

 

Présentation de l'éditeur :

2858 : L'humanité a fui la Terre désormais planète stérile, et s'est étendue à d'autres systèmes solaires. Un système de castes régit la société, dominée par une toute-puissante entité politico-religieuse appelé Consortium. Cette dernière règne d'une main de fer sur la plupart des activités humaines, contrôlant les ressources énergétiques et les matières premières. La liberté individuelle et le libre arbitre ne sont plus que des chimères brandies par les oligarques afin d'asseoir leur hégémonie. Ailleurs, à la surface d'une planète nouvellement répertoriée, une expédition minière met à jour un antique vaisseau enterré sous la poussière et la roche. Cette découverte changera le destin du monde connu.
2888 : Quand Daniel Pearly se met en devoir d'explorer une planète aride aux confins d'un obscur système solaire pour le compte du Consortium, il est loin de se douter que cette mission routinière ne sera pas de tout repos. Contre toute attente, il croisera la route d'une créature extraterrestre pour le moins belliqueuse. Cette rencontre sera le point de départ pour Pearly et sa complice Deina, d'une course-poursuite haletante au cours de laquelle les deux explorateurs tenteront d'échapper à l'emprise d'Hilton, le dirigeant de la Caste Digarion qui projette de soumettre la créature et de l'utiliser à ses propres fins suprémacistes.



Mon ressenti :


Tu connais sans doute la collection FNA, Fleuve Noir Anticipation, de la littérature populaire avec du très bon, du bon, du moins bon et du franchement mauvais. Voici à quoi m'a fait penser ce livre, comme lorsque l'on enfile sa bonne vieille paire de pantoufles. Restait à savoir si cela allait être une paire de charentaise ou un produit Made in Taïwan.

L'histoire est somme toute assez classique : la découverte d'un artefact alien qui va semer le trouble et la discorde quelques dizaines d'années plus tard. Cela commence de manière fastidieuse, l'auteur tombant dans le piège du "Show, don't tell". Mais très vite, plus l'intrigue avance, plus je me prends à tourner les pages de plus en plus vite et une certaine épaisseur se fait jour. Et il y a même des tentacules !
L'auteur sait très bien manier les différents points de vue de manière fluide, il adore jouer avec les deus ex machina, et pourrait faire son credo de plus c'est gros, mieux c'est !

La traditionnelle histoire d'amour est bien présente, mais mis au goût du jour. Même si le narrateur est de type bourru-macho, les demoiselles ne sont pas des princesses tirés de Walt Disney elles ont leurs mot à dire et plutôt deux fois qu'une. Les personnages sont plaisant, le narrateur, gros lourdaud toujours à la recherche du bon mot, cachant derrière ses boutades une sensibilité et un sens du bien public. Et puis il y a aussi un fameux et étrange animal, le bloski, extrêmement sympathique même si légèrement vicieux. Vivement le déconfinement pour que j'en adopte un dans une SPA exo-planétaire !

Une lecture entrainante, d'autant que chaque chapitre du roman s'ouvre sur des extraits de paroles de chansons rock, dont l'auteur n'hésite pas à traduire pour les lecteurs allergiques à la langue de Shakespeare. La lecture idéale pour oublier le temps de quelques heures le monde déliquescent qui nous entoure.

Attention si vous achetez chez Amazon et consort, ce roman existe toujours dans sa première édition chez Ivre Book, mais ne comprend que la première partie !

Attention bis, Nicolas Pagès a un homonyme plus célèbre, et comme celui qui nous occupe ne prend pas trop la peine de mettre à jour son site  ni sa page officiel Facebook (syndrome du "je veux vendre mon livre mais je ne fais rien pour me faire connaitre" ? (à part offrir des SP au Chien critique (c'est déjà pas mal !)))

Avis réalisé dans le cadre d'un service de presse.

Contes des sages d'autres mondes et d'autres temps

novembre 23, 2020

Pierre Bordage, Le Seuil, 2020, 212 p., 20€ papier


Le livre qu'il faut absolument aux signopaginophiles,
et à celles et ceux qui aiment écouter les histoires

Présentation de l'éditeur :


Les Contes des Sages d’autres mondes et d’autres temps contiendront douze contes consacrés à la plupart des grands thèmes de la science-fiction : l'intelligence artificielle, la robotique, la rencontre avec l’extra-terrestre, le post-humanisme, la colonisation spatiale, la fin du monde ou le post-apocalyptique, le voyage dans le temps, le clonage, la manipulation génétique, l'immortalité, la surveillance globale... Pierre Bordage suivra un axe chronologique qui démarrera à notre époque et se prolongera par l’exploration spatiale jusqu’à ce que la Terre des origines ne soit plus qu’un lointain souvenir ou un mythe. De ces histoires traitées comme des contes se dégagera une forme de sagesse, une piste de réflexion, ou encore une invitation à modifier nos points de vue particulièrement signifiante dans cette période tourmentée que nous traversons.

Mon ressenti :

Voici le dernier Bordage, dans un très joli écrin : couverture cartonnée, reliure, illustrations et signet (en recherchant le nom exact de ce marque page intégré, j'ai appris que ceux qui les collectionnaient étaient des signopaginophiles !). Un petit format atypique contenant 12 contes nous narrant une partie de la future histoire humaine. Avant disparition...



Il s'agit bien ici de contes et non de nouvelles, la différence se jouant dans le ton et la morale qui y est attachée. Plusieurs points communs : la nature et l'absurdité d'une grande partie des hommes. Même si une certaine naïveté se dégage de l'ensemble, ce ne sont que des mythes après tout, ces histoires dressent un portrait de notre rapport au monde et de l'urgence de le changer si nous ne voulons pas que cela se finisse dans l'impasse. Des contes politiques dans le bon sens du terme, parfois effrayant dans leur absurdité, parfois rempli d'humour, mais toujours justes.



J'ai pris un grand plaisir à lire ce recueil, le savourant peu à peu. L'auteur, même si il traite de la plupart des tropes propres à la SF, ne tombe jamais dans le verbiage techno-scientifique. Ce qui rend les textes universels comme tout bon conte et pourra plaire à un public plus large que celui de la SFFF. 


Lune a aimé la petite friandise, et a permis au troll de s'évader et de réfléchir.


Avis réalisé dans le cadre d'un service de presse.




 

Concours :


Comme c'est bientôt Noël, c'est l'ouvrage idéal pour faire ou se faire un cadeau.

Pour le gagner, il suffit de répondre en commentaire (et d'envoyer ton adresse postal à lechiencritique@gmail.com) à cette question avant Jeudi 26 novembre à 09h :

Comment imagines tu l'humanité en l'an 3 000 ?

La personne qui me fait le plus rêver (ou frémir) gagne.

Ondes Futures du samedi 21 au vendredi 27 novembre 2020

novembre 20, 2020


Ondes Futures, une télé et une radio résolument SFFF !
Chaque semaine, ma sélection de programmes SFFF pour ne plus jamais vous endormir devant la petite lucarne ou au volant.


Cette semaine sur les ondes :


L'écriture à travers les âges;
Comment la religion voit la science;
Et le cosmos dans tous ses états


Tout cela et bien plus encore : https://wke.lt/w/s/LbBdP0


En quête de Jake et autres nouvelles

novembre 19, 2020

 

China Miéville, Fleuve éditions, 2020, 360 p., 18€ epub avec DRM

 

 Joli titre, joli couverture et magnifique contenu.

Présentation de l'éditeur :

Entrez dans un Londres post-apocalyptique ravagé par des créatures surnaturelles, à la fois étranges et familières… Dans la novella récompensée par le prix Locus en 2003 « Le Tain », Miéville imagine que nos miroirs abritent des êtres d’une nature incertaine, dangereux. Enfermés et réduits à une condition de simple reflet après avoir été défaits par les hommes dans une guerre très ancienne, ils attendent leur heure... Une fois libérées, ces créatures se mettent à assouvir sans merci leur désir de vengeance. Un seul survivant au milieu de l’apocalypse, Sholl, va tenter de rassembler ce qu’il reste de l’humanité pour résister.

 

Mon ressenti :

Je connaissais le China Miéville romancier, je le découvre désormais nouvelliste, mais tout aussi talentueux. J'avais un peu peur au début, comme il écrit surtout des pavés, est ce que ce format concentré allait pouvoir contenir sa fougue imaginative ? Les textes sont tous inédits en français et leur écriture s’étale entre 1998 et aujourd'hui.

Je pourrai vous dire que dès les premiers paragraphes, on entre dans les différents univers qu'il installe;
Je pourrai vous dire que son imagination  est toujours foisonnante, faisant naître les images des mots;
Je pourrai aussi vous dire qu'il instaure un climat de tension dans chacun de ses textes...
Mais il faut le lire pour le croire.

Dans tous ces récits, les personnages principaux sont Londres, et surtout ce qui se tapi dans l'ombre, les reflets, les apparences. A chaque fois, ce que l'on croyait connaître de la réalité se révèle faux. Parfois, la réalité est la plus sécurisante, mais bien des fois, c'est l'irréel qui semble le plus sûr. China Miéville nous ballade entre les genres, tire l'essence de ce qui n'est pas écrit, dit, montré.L'impalpable prend toujours un chemin étrange pour nous faire parvenir sa malignité, qui peut même, parfois, te refléter. 

Mais tout n'est pas que ténèbre, l'auteur nous emmène dans des ambiances beaucoup plus consommatrice, en hissant au sommet Ikea ou les fêtes de Noël. Pas de craintes cependant, China Miéville est un sale petit gauchiste et avec beaucoup d'ironie et de second degré, cela va devenir soit un grand foutoir, soit vous vous baladerez différemment dans les allées meublées suédoises.
Un seul défaut, le livre contient une courte BD dont l'impression est trop petite pour pleinement apprécié.

Une fois la dernière page tournée, un seul mot, quel talent !
Un recueil à grignoter au fil du temps, pour bien se repaitre de toutes les atmosphères sombres et cauchemardesques.


Concours

Tu le veux dans ta bibliothèque ?
Comme c'est du papier, je te l'offre.
Mais pour le gagner, il va falloir me montrer que tu es un(e) valeureux(se) lecteur(rice) et que tu sais affronter tes peurs devant tout le monde.

Raconte en commentaire ta plus grosse frayeur
et envoie dans le même temps ton adresse postale à lechiencritique@gmail.com

L'anecdote qui m'aura le plus empêché de dormir remporte la mise.
Fin du concours le lundi 23 novembre à 06h06mn06s


Avis réalisé dans le cadre d'une opération Masse critique Babelio

 

 

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