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30/Robert Charles Wilson/custom

Bifrost n.96. William Gibson : auteur matriciel

décembre 09, 2019
 

Bifrost, Le Bélial, 2019, 192 p., 6€ epub sans DRM

Dernière livraison en date de la revue Bifrost : n'ayant pas d'atomes crochus avec Gibson, je me suis perdu dans la matrice



Olivier Girard n'est pas content : les éditeurs poche ne font plus leur boulot, celui de préserver le fond patrimonial SF, ce que je remarque aussi régulièrement en lisant des textes plus ou moins ancien.
Sa conclusion ouverte "À considérer la disponibilité des catalogues des éditeurs de poche historiques, on peine à se dire que ça pourrait être pire — sauf à considérer le pire comme toujours certain, à l’instar de ce bon vieux Edward Murphy… Il y a du pain sur la planche. Un boulot essentiel. Un travail  d’éditeur.", je me pose cette question : est ce que Le Bélial a pour projet d'investir dans le poche ?

Les nouvelles


Fidèle à soi, de Claude Ecken
Je vous mets souvent un petit résumé des nouvelles que je lis, chose que je serais bien en peine de faire ici : Lu deux fois et je n'ai toujours rien compris. Comme quoi, la hard SF française existe.

L'Express des étoiles, de Michael Swanwick
Le texte de Michael Swanwick est dans la même veine, il m'a laissé indifférent et je n'ai plus aucun souvenir de quoi ça parle. Seul chose que j'ai retenu est que Le Bélial devrait sortir un recueil du bonhomme.

Rêves impossibles, de Tim Pratt
Enfin un texte qui m'a plu : Un magasin vidéoclub d'une réalité parallèle apparaît durant quelques heures et disparaît. Dans l'autre réalité, des petites modifications filmiques apparaissent, de quoi faire pendre la langue aux fans de ciné. J'ai l'impression d'avoir déjà lu ou vu un truc de ce genre, mais impossible de retrouver la référence planquée dans ma caboche. Cela biffurque par la suite sur une histoire d'amour qui n'était pas à mon sesn indispensable.

Neuromancien [extrait], de William Gibson
Un extrait de neuromancien' dans sa nouvelle traduction a paraître dans un an.
Pas le livre que j'ai envie de lire mais sait on jamais : et bien non cela m'a paru très décousu et n'est clairement pas dans le style que j'aime


Ballades sur l'arc


Objectif Runes :
Pas mal de romans chroniqués, et même si tu es fauché, tu peux lire certains avis de livres que tu ne pourras pas lire : ici et ici
 J'y ai noté pour ma part Les Bras de Morphée de Yann Bécu où il sera question d'une étrange épidémie de sommeil, Gunpowder Moon de David Pedreidra, un thriller sur la lune (que j'ai lu depuis et qui se lit vite et s'oublie aussi vite) avec une magnifique coquille qui offre un nouveau sous genre à la SF : la hard SD. C'est vrai que la HD est beaucoup mieux !
Il y a aussi ceux que j'avais déjà repéré et dont les avis confirment mes envies de les lire : Les sept morts d’Evelyn Hardcastle de Stuart Turto, La fracture de Ni Allan, Replis d'Emmanel Quentin, Acadie de Dave Hutchinson ou Aurora de Kim Stanley Robinson.
Le Trop semblable à l’éclair d'Ada Palmer attendra la sortie de sa suite, malgré les avis en demi-teinte qui fleurissent à droite et à gauche.
D'un point de vue général, j'ai l'impression que les avis deviennent de plus en plus long par rapport à jadis.

Le coin des revues
Thomas Day devient diplomate et a tourné son stylo sept fois avant de donner son avis sur les revues. Mais sous le politiquement correct se glisse quelques pics bien sentis, pour mon plus grand bonheur. Par contre, pas sûr que les revues apprécient le changement.

Paroles de bibliographe : Alain Sprauel, par Erwann Perchoc
Certains aiment ranger, classer, chercher. Alain Sprauel est de ceux là. Il emmagasine des tas de bouquins, s'amusent à les ranger, à les classer différemment et nous dit tout sur sa passion de bibliographe. Et le week end, pour s'aérer, il va chez des amis qui ont la même manie.
J'aurai apprécié plus de photos pour mieux voir le labyrinthe que doit être son intérieur.


Au travers du Prisme : William Gibson

Le dossier est surtout composé de traduction d'articles, avec en point d'orgue l'interview par Larry McCaffery datant de 1988, l'auteur étant du genre taiseux. Un dossier que j'ai surtout survolé du fait d'une édition numérique calamiteuse et du peu d’interêt que je porte à l'auteur. Néanmoins, j'ai beaucoup aimé l'entretien, ainsi que l'interview de Marion Mazauric, la cheffe des éditions du Diable Vauvert qui détient le fond Gibson : 2020 sera à marquer d'une pierre blanche pour les amateurs de l'auteur.
Ceci dit, le dossier est complet et devrait satisfaire les gibson-maniac.
Concernant l'édition numérique, pas eu de mise à jour depuis, mais les problèmes principaux viennent surtout des deux premiers articles et leurs nombreuses citations. On se perd dans la mise en forme entre le gras, l'italique, les tirets et autres bugs. Bref, on s'en prend plein les mirettes...


Scientifiction
Roland Lehoucq, partant d'un comic, The Atom, nous parle de la matière dégénérée dans la science-fiction. Un article un peu hard à mon goût, de la vrai hard HD ! Je retiens tout de même le conseil judicieux du prof, sait-on jamais, cela pourra peut-être m'éviter des mésaventures futures :
Je ne recommande pas d’extraire un morceau d’une naine blanche car celui-ci vous explosera à la figure ! 

On finit par le Paroles de normes. Il n'y a pas que les clopes, l'alcool, l'électricité, les assurances qui augmentent leur tarif, le Bifrost s'y colle aussi : 5 euros à l'année, soit un UHL à lire en moins par an ! Et l'arroseur arrosé... Ceci dit, cela faisait 14 ans sans augmentation, on va pas mettre son gilet jaune dans ces conditions. Toutes les infos ici

Dernier numéro de l'année, nous avons le droit à l'ouverture des votes pour le prix des lecteurs de Bifrost 2019, réservé aux seuls abonnés, dont moi. Et comme les nouvelles de l'année ont peu éveillé mon intérêt, le choix est vite limité. Ce sera « Le Triangle de Lavrentiev », de Michael Rheyss (in Bifrost 94) et « Les Hommes-Fourmis du Tibet », de Stephen Baxter (in Bifrost 95)

Ondes Futures du samedi 07 au vendredi 13 décembre 2019

décembre 06, 2019

Ondes Futures, une télé et une radio résolument SFFF !
Chaque semaine, ma sélection de programmes SFFF pour ne plus jamais vous endormir devant la petite lucarne ou au volant.


Cette semaine sur les ondes :


Une surfemme cybernise France Culture;
Gollumien ou saturnien, l'anneau est à l'affiche;
Et si tu en as l'étoffe, deviens un héros !

Tout cela et bien plus encore : https://wke.lt/w/s/39RWA7


Bilan 2019 - Prix du chien 2019

décembre 05, 2019

Bilan 2019 - Prix du chien 2019


L'heure est enfin arrivé de tirer un bilan de l'année, et il est très glorieux pour la science fiction qui a su prévoir :

- le réchauffement climatique : Trois canicules rien qu'en France en 2019, les lendemains qui déchantent risquent d'arriver plus tôt que prévu. Greta Thunberg, tu aurais dû naitre un peu plus tôt !

- La face cachée de la Lune : Les chinois sont allés voir si les nazis n'étaient pas planqués sur la face cachée de la Lune. Rassurez vous, il n'y sont pas. Et le scoop du siècle, je vous le dis : ils n'ont malheureusement jamais quitté la Terre !

-  L'espace, c'est grand : Les sondes Voyager ont enfin quitté notre système solaire après 40 ans d'autoroute spatiale. Plus que 40 000 ans pour la rencontre avec la première étoile. L'univers, c'est plus que grand, c'est immense !

Du côté négatif, aucun auteur n'avait prévu un revival de la chanson Belle interprétée sublimement par Garou, Daniel Lavoie, Patrick Fiori. C'est vraiment dommage, nous aurions pu anticiper et profiter du cinquantenaire des premiers pas sur la Lune pour  faire un barbecue sur notre satellite et éviter le désastre musical. (oui, je sais Prof Lehoucq, faire du feu sur la lune va être compliqué)

Le hold up du siècle : Les sombres et tristes révélations des blogueurs littéraires


Côté statistiques du blog, je peux te faire un topo sur les services de presse, les livres qu'un éditeur t'envoie gracieusement en échange d'une critique.
J'avais ouvert ce blog pour obtenir des livres gratos, et ça marche, même si on a pas sa langue dans sa poche !
En trois ans, 6 mois et 12 jours, j'ai obtenu 35 livres :
20 en papier (378.30€),
15 en numérique (137€)
pour une valeur totale de 515,30 euros !


Ma méthode est simple :



Mais tu peux faire beaucoup mieux que 515 euros en trois ans !
Alors si toi aussi tu veux des livres gratos, suis ces quelques conseils si tu veux obtenir un rendement plus élevé que le mien :
(Avec ce que je vais te dévoiler, je perds toute crédibilité auprès des éditeurs et de mes camarades blogueurs qui vont se dire : mais il parle de moi ce con !). Mais je suis un lanceur d'alerte, je te le dois à toi lecteur.


1. Préparez le terrain

Ouvre un blog, un compte Facebook, Twitter, Instagram, Babelio...
 

2. Occuper le terrain

Fais toi connaitre durant un an, fais toi un réseau d'amis, commentes plus que de raisons à droite et à gauche.
A ce moment là, les crevards d'autoédités vont venir te quémander un avis : tu refuses tout net, sinon ta réputation chèrement acquise va s'écrouler. Qu'ils apprennent déjà à écrire et à se faire publier dans de vénérables maisons d'édition...


3. Lire en papier,

C'est LA condition pour te faire du pognon, cf plus bas


4. Le culot n’est pas une honte

Ne pas attendre que les SP viennent à toi.
Au bout d'un an, contactes directement les éditeurs en mettant en avant la qualité de ton blog, du nombre d'abonnés à tes différents comptes.
Il y a plein de blogs existants, si tu attends, tu risques la paralysie, ou de ne recevoir que les livres dont personne ne veux, je parle d'expérience.

 

5. Etre diplomate, même si tu n'aimes pas.

Evite les formules tel que "C'est de la merde", "Je m'en suis servi comme PQ", "Cela m'a fait saigner des yeux". C'est rigolo, mais les éditeurs sont des gens sensibles, il faut les préserver.
Alors pour éviter de te décrédibiliser auprès de tes clients lecteurs, utilises des formules toutes faites :
"Un sujet fort bien traité" "La plume de l'auteur sert à merveille le récit". En gros, pas de ressenti, juste du factuel.
Pour des exemples concrets, tu peux visiter les blogs de CENSURED. (Pour éviter les jalousies, pas de nom !)
Et si vraiment le roman est une bouse intersidérale, contacte l'éditeur pour dire qu'en l'état, tu ne peux pas publier l'avis car tu n'es pas le public cible. La maison d'édition constatera ta "bonne foi" et t'enverras encore plus de merde livres.

6. Si tu aimes, dis le haut et fort, mais pas trop.

Comme 99% des romans reçus en SP auront un avis dithyrambique de ta part, des formules comme : Éblouissant, Formidable, Le roman de la décennie, risquent vite d'être rapidement épuisé.
A utiliser avec parcimonie, surtout pour les romans édités chez les maisons dont tu as envie de recevoir des SP.
 

7. Miser sur l'intelligence du lecteur

Ne pas dire dans ton billet que ce livre a été reçu dans le cadre d'un service de presse, comme tu es impartial, cela ne sert à rien et le lecteur risque de vouloir lire entre les lignes.


8. Lire, lire et lire ?!

L'erreur la plus commune est de vouloir tout lire. Comme tu reçois de plus en plus de SP, les délais s'allongent mais il faut impérativement publier dans un délai d'un mois maximum.
Conseil primordial : Il ne faut surtout pas lire tous les livres reçus, c'est du temps de perdu car tu diras au final qu'il est génial. L'astuce est d'attendre la sortie de quelques billets sur le roman, et tu utilises les outils de résumés automatiques en faisant des copier/coller des avis des uns et des autres.
De toute façon, la majorité des romans sont interchangeables.
Quelques outils de résumé automatique ici

9. Utiliser la brosse à reluire

Dès ton billet publié, envoies un mail à l'éditeur résumant ton avis, les différents liens où tu as posté. N'hésites pas à redire en quelques mots tout le bien que tu penses du livre, de la maison d'édition, de son travail d'éditeur, de son nouveau look, parfum...
Tu simplifies son travail de veille et il pourra roupiller un peu plus à son bureau. Et au final, il t'en sera redevable.


En utilisant ces quelques conseils, ta boite aux lettres devraient contenir régulièrement des romans.
Comme tu as lis en version papier et que tu ne les a pas abimé car pas lu, tu peux de suite les revendre en ligne. Si tu les vends toi même via Amazon ou consort, une nouveauté "comme neuf" peut te rapporter 50% du prix du roman.
Attention cependant, certains éditeurs préfèrent envoyer les épreuves non corrigés, coller des étiquettes SP, invendable en l'état. Éviter les partenariats avec eux, ils sont la honte de cette profession vénérable.
Logiquement, tu dois pouvoir atteindre 1000€ de livres reçus/an, et espérer une moyenne de 500€ de bénéfice revente.  Net d’impôt !!!

Donc si tu veux arrondir tes fins de mois, ouvre ton blog littéraire.








Les prix du Chien


Trêve de frivolité et passons aux choses sérieuses, voici Les prix du Chien, les livres qu'il faut avoir lu, ou pas.
Prix déjà reconnus internationalement dans ce millénaire attardé.


Le prix de l'Os d'or
pour la lecture qui m'a fait le plus frétiller la queue

Une cosmologie de monstres, de Shaun Hamill
Albin Michel Imaginaire

Un roman avec un chien à cape et des super pouvoirs, il ne m'en fallait pas plus pour me faire dévorer ce roman en deux soirées !
Mon avis


Le prix du Collier d'émeraude
décerné à ce qui est beau

Hicham Berrada - Paysages générés

Une exo-exposition hallucinante : Algorithme + Chimie + Arts plastiques


Le prix du foutage de gueule

Les hommes frénétiques

Les éditions Snag sont de grands blagueurs
Alors que le livre est tombé dans le domaine public, donc disponible gratuitement, il vende leur epub à 13€.
En outre, j'ai bien peur qu'il n'y ait aucune valeur ajouté à part la belle couverture (mais en epub, on s'en fout un peu)
Du grand Art
Même pas envie de mettre de lien vers mon avis !



Le prix de l'Aboiement
pour récompenser ceux qui gueulent

Hante voltige (Paris est une bête), Nelly Chadour
Moltinus

Enfin un livre paru récemment et qui dit arabe au lieu d'écrire "personne issue de la troisième vague d'immigration". En plus, il y a des méchants flics qui ratonnent de gentils arabes et punks.
On se marre et s'est au final bien foutu.
Mon avis


Le prix de la Crotte de chien
récompense la merde la plus nauséabonde de l'année

Galaxies SF n.57 : Zombies

Un dossier ni fait ni à faire
L'illustration se comprend mieux après lecture, il s'agit du pauvre lecteur devant ce dossier
Mon avis



Prix du coming out le plus marrant
(et navrant)

Years and Years

Comment en se focalisant sur l'intimité d'une famille, évoquer les grandes mutations sociétales à venir. C'est du Robert Charles Wilson sur petit écran, c'est peu dire.
Grandiose
Mon avis


Prix du jappement

Nicolas Martin et La méthode scientifique

Monsieur La méthode scientifique m'a fait l'immense honneur de m'accorder un entretien fleuve.
Il est beau, il est drôle, il est intelligent, il est multi-tâche et il met régulièrement la SF à l'honneur.
Bref il m'énerve, mais un grand merci à lui.
L'interview



Pas de véritable cérémonie sans prix spécial du jury.

La Niche de platine
est attribuée à 

Mausolées, de Christian Chavassieux
Mnémos

Un post apocalyptique atypique, tout en nuances, servi par une belle plume. Magnifique.



Les gagnant(e)s ont joué le jeu pour me remercier et vous souhaitent de joyeuses fêtes de fin d'année.

Gilles Dumay

Nelly Chadour - Melchior Ascaride

Nicolas Martin



Christian Chavassieux


Et pas de nouvelle année sans porter un toast.

Comme le disait Raymonde et les blancs becs, en son temps :


Tout le monde en piste, tout le monde à son poste,
Il faut agir réagir organiser la riposte,
Contre tous les fascistes qui rêvent d'un nouvel holocauste,
Contre tous les racistes,
Tchin Tchin, portons un toast

Years and Years

décembre 02, 2019

Série de Russell T Davies, 2019, 6x1h



Les années sombres...
En douceur et profondeur.
Formidable



Présentation :


La vie des Lyons, une famille de Manchester, racontée sur 15 ans alors que la Grande-Bretagne se retire de l'Europe et qu'un nouveau monde émerge. Vivienne Rook, une célébrité rebelle devenue une femme politique majeure, divise l'opinion par ses prises de position controversées. Son arrivée au pouvoir va bouleverser le pays et bien au-delà. Une famille ordinaire peut-elle faire la différence ?

L'insouciance, avant les cataclysmes à venir


Mon ressenti :



Une famille lambda, un peu bourgeoise pris dans les tourments de la vie et de ses drames. Pas la famille conservatrice : Il y a l'aîné, qui a bien réussi professionnellement, marié à une black et ses deux enfants métis. Son frère, une sorte d'assistant social, qui tente de loger des réfugiés toujours plus nombreux. Sa soeur, la militante activiste, toujours à l'autre bout de la planète pour défendre bec et ongles ce que l'en quoi elle croit. Et le canard boiteux, la dernière soeur, dans la dèche et en fauteuil roulant, qui ne l'a pas empêché de faire des mouflets avec autant de pères différents. Et la mère de toute cette progéniture, dans sa maison de campagne où toute la tribu vient passer les fêtes.
Chacun à son rôle, qui va évoluer au gré des événements extérieurs, dont la montée d'une femme politique à la langue bien pendue. Ou comment un parti populiste va accéder au pouvoir.

Vieille réac souriante. Mais...


Raconté sur 15 ans, avec en point fixe les fêtes familiales et un barbecue hivernal, la tension monte crescendo, l'emballement des incertitudes, des crises internes ou externes et leur retombés sur les Lyons.
Un futur sombre mais contrebalancé par un humour british. La scène du coming out de la fille, époustouflant de drôlerie et d'humour grinçant pour nous démontrer que nous ne sommes pas toujours aussi ouvert d'esprit qu'on se le dit.
La série arrive aussi à nous montrer son côté dramatique, dans toute son horreur banale, quotidienne sans toutefois tomber dans la sinistrose et laisse présager un lendemain meilleur.

Pour des lendemains déenchantés


Et surtout, cette ascension d'un parti populiste, brossant dans le sens du poil les bas instincts de la populace. Le bas peuple, mais pas seulement, la rhétorique fallacieuse touche aussi toutes les couches de la population.
Écologie, dérèglement climatique, guerre, transhumanisme, économie flagellante. politique sociale, immigration, droit d'asile, crise bancaire, racisme, relation géopolitique, démocratie, vie politique, militantisme, homosexualité et autres. Des sujets sociaux qui apparaissent en filigrane de la vie quotidienne, juste parfois évoqué mais permettant d'ancrer dans le réalisme cette société proche.

Etre homo et immigré : Aïe Aïe Aïe


La bande son est à l'unisson et nous emporte avec elle dans le tourbillon de la vie.
Seul bémol, alors que l'anticipation sociale tient la route, celle technologique est beaucoup plus hasardeuse et bancale et nous sort du réalisme de la série.
Mais pour le reste, c'est du tout bon.
En outre, une série de 6 épisodes, pas de saison supplémentaire de pévu, pas de blabla inutile, juste l'essentiel.

Si tu aimes Robert Charles Wilson, pour son approche personnel d'événements mondiaux, regardes Years and Years.
A regarder de toute urgence, pour vous préparez au mieux au pire.

Je vous signale l'avis d’Erwan Perchoc sur le blog du Bélial, qui dépeint la série de bien belle manière.



Ondes Futures du samedi 30 novembre au vendredi 06 décembre 2019

novembre 29, 2019

Ondes Futures, une télé et une radio résolument SFFF !
Chaque semaine, ma sélection de programmes SFFF pour ne plus jamais vous endormir devant la petite lucarne ou au volant.


Cette semaine sur les ondes :


Les ondes gravitationnelles sont elles des commères ?
Le robot est-il un golem ?
L'IA va t'elle aider Ayo ?

Tout cela et bien plus encore : https://wke.lt/w/s/SGOb-_



L’espace, le temps et au-delà

novembre 28, 2019

Bruno Pochesci, Flatland, 2019, 282 p., 16€ papier



Quatorze nouvelles, dont treize contiennent d'une manière ou d'une autre du sexe !
Donnez du bromure à Bruno Pochesci, il en a grand besoin !


Présentation de l'éditeur :


La science-fiction de Bruno Pochesci pétille et pétarade, rue dans les brancards et s’ébroue, traque les conformismes et dans l’avenir les lignes de fuite qui se dessinent. Rabelaisienne et humaniste, elle sait transcender dans une langue souvent pyrotechnique et toujours gourmande les archétypes du genre sans les trahir. Spéculative, elle sait aussi se saisir des données scientifiques établies pour en faire le miel de ses conjectures. D’une dystopie aux résonances métaphysiques à une utopie lumineuse et porteuse d’espoir, de la gare de Perpignan à la ceinture de Kuiper, du « moins pire des mondes » au « prochain drink », les quatorze nouvelles réunies ici offrent un aperçu complet de la palette d’un auteur qui a su devenir, en l’espace de quelques années, un des meilleurs novellistes de nos genres de prédilection.


 Mon ressenti :


Pour ceux qui ont le bonheur de ne pas connaître Bruno Pochesci, c'est un auteur de SF qui a la particularité de ne jamais se prendre au sérieux. J'avais lu quelques uns de ses textes dans la revue Galaxies SF et ses bons mots et son ancrage dans l'actualité m'avait bien emporté. Et voilà qu'un recueil de nouvelles sort...
Pas beaucoup de nouveautés malheureusement, sur 14 textes, seuls 2 sont inédits : Entrée-plat-dessert et Aslexia maxima, pour le reste, c'est de la resucée de revues ou d'anthologies.
Le point commun aux différents textes : la SF, les bons mots et surtout le sexe. Sur tous les textes, seul un ne comporte ni scène de sexe ou d'allusion au sexe (à moins que je ne sois passé à côté d'une allusion ?). Je ne vais pas jouer les vierges effarouchés, crier à la pudibonderie, mais moi, si je lis de la SF, c'est pour éviter la littérature blanche et ses sempiternelles histoires d'amour et de cul ! Il y a tout de même un côté assez libertaire chez l'auteur, certains plan cul pouvant s'expliquer de cette manière...

Le recueil s'ouvre de bien belle manière avec Virtuose, où les nations prennent enfin conscience du réchauffement climatique et décident d'agir de manière assez brutal et dictatoriale. On retrouve ici les bons mots de l'auteur, son souffle libertaire, même si la fin manque un peu de maestria.
Puis ça se corse : La fille des vents nous balance en plein traitement de la crise des réfugiés, côté protection des frontières en inversant les points de vue. Mais tout cela est bien trop rapide et didactique, est ce du fait du coup de butoir de l'éditeur qui attend avec extase le texte. (Oui il y a du sexe);
Huis clos pour huit clones, qui convoque de grands noms de notre histoire en chahutant leur psychologie, m'a laissé indifférent. S'ensuit la nouvelle Le prochain drink qui va vous en apprendre sur la formation des planètes. Le tout avec beaucoup de stupre.
La Porte, la pendule et le Perce-Temps nous rejoue le surannée trope du voyage dans le temps à la mode quantique sans y apporter une grande originalité. La gare de Perpignan sous emmène dans une course folle contre l'effondrement de l'univers et dont je pourrais résumé par un "tout ça pour ça ?". Comme pour le texte Le syndrome Islandais où l'auteur nous donne le recette libertaire et libertine pour vivre enfin tranquille libérés des empêcheurs de tourner en rond. C'est rigolo, mais ça arrête là.

"Je t'y autorise" relève le niveau : deux personnes se retrouve piéger dans un monde bien étrange où les habitants sont tous très polis, convenants et policés. Je retrouve ici la gouaille de l'auteur qui s'amuse, et nous amuse, des normes et les transgresse avec panache. Il convoque pour cela les différents thèmes de la SF dans un grand maelstrom pour nous proposer une fin à chutes multiples.
"Dix petits warps" nous emmène à bord d'un vaisseau, l’Agatha, des invités et des meurtres comme il se doit. Même si un peu longuet, la nouvelle prend toute sa saveur une fois le dévoilement effectué.
"Du rififi dans la ceinture de Kuiper" nous parle d'une théorie un peu fumeuse autour de la Terre
qui m'a bien fait rigoler. Voilà le genre de nouvelles qui me font dire que Bruno Pochesci a du talent.
Dans "Côté cour côté jardin", alors que les plus grands scientifiques se fracassent les neurones pour unifier micro et macro en une grande théorie du tout, qui mieux que l'auteur pour nous en donner sa version. Mais comme dans toute théorie scientifique, difficile de comprendre l'infiniment complexe et où voulait aller l'auteur.

Le premier inédit, "Entrée-plat-dessert", ressemble plus à de l'érotique qu'à de la SF et on voit venir la fin de loin. Fin qui empêche tout de même au tout de s'effondrer grâce a son ancrage dans l'actualité.
Dans "Aslexia maxima", nous avons le droit à une fort belle apocalypse. Je n'avais jamais lu cette idée de fin du monde ailleurs et c'est tellement simple que ça en est effrayant, il fallait y penser. Le tout avec un côté anar bienvenue.

On finit avec "Le moins pire des mondes" où une invention va bouleverser le cours du monde. Voilà un texte qui, je pense, résume la philosophie de notre auteur : faite l'amour, pas la guerre. Mais en version quasi prude cette fois !!! Une bonne conclusion.


Au final, ce n'est pas le recueil du siècle, j'ai aimé la part libertaire, moins la part libertine. Je m'attendais à plus de rigolade, et c'est souvent l'indifférence qui s'est installé à la lecture.
J'aurais au moins appris deux choses : Jean Pierre Andrevon est aussi illustrateur et j'ai découvert un nouvel éditeur, Flatland, qui édite aussi la revue Le nouvelliste.


Avis réalisé dans le cadre d'une opération Masse Critique Babelio.


J'offre ce recueil à qui en veux, il suffit de me rendre moins con,
Comme dans la formule E=mc², on prononce le 2 à la fin par carré, alors que ce n'est pas un carré mais un deux ! Bref, d'où vient l'expression "au carré" ?
Votre réponse par mail avec votre adresse postale. Premier répondu, premier servi...

 

 

Quelques citations :


Au cours du siècle qui s'achevait, question hécatombes, on avait fait beaucoup mieux qu'Hitler et Staline. Deux milliards de morts, tout de même. Entre famines chroniques, exodes climatiques et conflits hydriques, l'homme — on ne pouvait plus l'ignorer — était un SS (sapiens sapiens) pour l'homme. Mais paradoxalement, les vingt millions de morts (dix de la répression, dix dus aux conséquences directes des grands chamboulements enclenchés) de ces dernières années allaient sans doute en éviter plusieurs milliards au siècle suivant. " En frapper un pour en éduquer cent "... Qui aurait pu imaginer que cette maxime d'un des pires dictateurs du XXe siècle pouvait receler le possible salut du XXIIe ?
"Virtuose"
 
Si Monsieur me permet une remarque tout ce qu'il y a de plus neutre, je pense que Monsieur est en train de se surpasser. » Le sculpteur achève un ponçage crucial en redoublant de minutie, rictus mi-méprisant mi-diverti derrière le masque. S'il n'a jamais, au cours de sa longue et glorieuse carrière, accordé le moindre crédit aux innombrables dithyrambes des plus célèbres critiques d'art, il est évident que l'avis d'un laquais — assené en méconnaissance totale de cause, et en vertu d'émois aussi rustiques et binaires que le classique « j'aime/j'aime pas » — ne saurait recouvrer à ses yeux plus d'intérêt que n'en aurait une pagode miniature de matières fécales se délitant sous une pluie acide. 
"Dix petits warps"

Southeast Jones : c’est l’histoire d’un belge...

novembre 25, 2019
 

Interview de Southeast Jones, 2019





Southeast Jones est un “petit” auteur de science-fiction, publié surtout dans de microstructures d’édition. Il a commis quelques dizaines de nouvelles parues dans divers recueils, anthologies et revues. Ma rencontre avec lui s'est faite sur une proposition à lire (un service de presse dans le jargon littéraire) son premier recueil Il sera une fois. C'est peu dire que le bonhomme m’a fait peur avec son look de Biker et un premier texte intitulé Barbares où il est question d’envahisseurs venant voler le pain des locaux ! (Représentations, quand tu nous tiens…). Et pourtant, ses nouvelles ont révélé un homme pétri d’humanisme, sans toutefois s’affranchir d’objectivité sur la bassesse humaine. Des textes simples sur des tranches de vie.
A l’occasion de la sortie de son second recueil Sept morts à vivre, l’envie d’en connaître plus sur lui s’est fait jour. Et comme ce belge n’est pas avare de largesse, il vous propose de gagner trois recueils, deux en version papier (un pour les français, l'autre pour les belges) et un en numérique. Mais pour cela, il va falloir lire cet entretien attentivement afin de pouvoir répondre au mieux et remporter le jackpot.


Le chien : Tu as derrière toi une carrière de boulanger-pâtissier, depuis quand les “manuels” savent écrire ? Tu ne peux pas laisser cela à ceux qui ont fait des études de lettres ?
Southeast Jones : Manuel, certes, mais ça n’empêche pas d’avoir de la culture, je suis naturellement curieux de tout. C’est vrai que je n’ai passé  « que » trois années en Athénée*, je rêvais de faire des études scientifiques, j’aurais voulu tant de choses, mais je suis tombé en pleine période de « maths modernes », auxquelles je n’ai jamais rien compris, alors que j’étais plutôt bon en maths conventionnelles. Les études que je voulais faire passaient obligatoirement par-là, j’ai fini par laisser tomber. Je ne le regrette pas vraiment, j’ai aimé être boulanger-pâtissier. Je lis depuis presque toujours, mais pour autant que je me souvienne, l’envie d’écrire a toujours été bien présente. Alors non, je n’ai pas fait « lettres », cela ne m'a pas empêché d’écrire, peut-être est-ce même mieux, je n’ai été conditionné que par mes goûts littéraires et mes seules limites étaient celles de mon imagination. 
* En Belgique, l’Athénée est le nom d’une des formes d’enseignements secondaires (six ans), permettant potentiellement l’accès à l’Université 

Chez ces gens là.
Le troisième à partir de la gauche.


Des différentes interviews que j’ai lues de toi, je remarque que tu t’es mis à l’écriture très tôt dans les années 60-70, puis plus rien jusque les années 2000. Tu étais dans le pétrin ?
Ah mais je n’ai jamais cessé d’écrire ! Je prenais sur mon temps de sommeil pour ça, je lisais aussi énormément. Je n’ai eu mon premier ordinateur que vers 2003, il me semble. Avant, je tapais mes textes à la machine, je participais à des concours locaux, sans grand succès d’ailleurs, la plupart des textes sélectionnés étaient plus… classiques, bref, la SF n’avait pas la cote ! 


Des nouvelles, des nouvelles et encore des nouvelles. Sais-tu qu’il existe une autre forme de littérature comme les romans ?
Je me sens très à l’aise dans la nouvelle, deux tiers de mes livres sont d’ailleurs des recueils et des anthologies, sans compter les différentes revues dédiées au genre, Galaxie, Fiction, Satellite, et beaucoup, beaucoup d’autres ! 
Un roman est en cours d’écriture, mais c’est un roman à quatre main avec un auteur que tu connais bien : J.C. Gapdy. On est parti d’une de mes nouvelles que je rêvais de développer (Jonas, in « Il sera une fois… »), quelques allusions laissent sous-entendre que l’univers où évoluent mes personnages est clairement alternatif. Pour en savoir plus, faudra attendre 2022.
Je n’en délaisserais pas pour autant la nouvelle, puisque je prévois un recueil pour 2020, et un autre pour 2021.


Quelle est ta recette pour écrire tes nouvelles ?
Je n’en ai pas. L’idée peut me venir au cours d’un rêve (en fait, c’est le plus souvent dans la phase d’endormissement). J’ai un cahier sur ma table de nuit, je prends quelques notes, généralement de simples mots clef, que je note sur Word le lendemain. Une conversation, un reportage, une découverte scientifique ou une nouvelle technologie, ça fait « tilt » et je me dis alors : et si…
J’écris lentement, j’ai en permanence quinze ou vingt nouvelles à différents stades d’écriture, quand je cale, j’arrête tout et je passe à autre chose. Les textes se construisent donc petit à petit.




Peux-tu nous parler de ton surnom ?
L’un de mes premiers livres était « L’aventurier de l’espace » de Catherine Loïs Moore (je l’ai toujours), un mélange de space op’, d’érotisme et d’horreur lovecraftienne. Bien sûr, c’était très soft, mais ça m’avait vraiment marqué ! Le héros se nommait Northwest Smith. Le parallèle me semble évident, non ?


Comment décrirais-tu le style Southeast Jones ?
La grande majorité de mes lectures était, et est toujours anglo-saxonne, des nouvelles (énormément), et quelques romans, datant souvent des années 30 (parfois avant) à 60 pour les plus récentes, ça a fatalement influencé ma façon d’écrire. J’ai bien évidemment lu aussi des auteurs francophones, mais il y a une petite dizaine d’années que je m’y intéresse vraiment. Et je me dis que je suis passé à côté de pas mal de choses ! Bref, j’écris à la manière… d’une époque.

Tes auteurs de prédilection sont ceux de l’âge d’or, la SFFF récente, et ces grands noms actuels ont l’air de te passer au-dessus de la tête. Une raison particulière ?
Je m’y suis ouvert depuis quelques années, j’ai découvert de fabuleuses plumes, des livres qui m’ont fait rêver ou cauchemarder, je continue bien sûr, mais je reviens toujours à mes premières amours, il y a encore tant à lire et je n’ai qu’une vie !


Tu as déjà lu du Robert Charles Wilson ? (Attention, c'est mon échelle d'évaluation de mes rapports avec les gens.)
Je connais Robert Charles Wilson uniquement au travers d’un recueil de nouvelles : Les Perséides, que j’avais adoré, mais je serais assez tenté par sa trilogie Spin, dont j’ai lu beaucoup de bien. Ceci dit, j’ai tellement de livres que je ne pourrais vraisemblablement pas tout lire avant… bref, tu m’as compris.

On ne me ment plus, l'africain est mon frère
Le musulman, le juif, je respecte leurs prières
Individuellement le choix de chacun est propre à lui-même
Vu de l'espace l'Histoire de la Terre est pour tout le monde la même
Mais si on se rapproche, on voit qu'une Porsche
Motive plus d'amour qu'une mère qui nourrit ses gosses
C'est fou de voir tous ces gens attirés par l'argent
Comme le requin attiré par le sang
Shoota Babylone, Assassin

Pour moi, l'extrait ci-dessus résume assez bien le fond de tes textes, profondément humain, sans œillères sur nos bassesses, avec en filigrane, une sorte d'utopie qui se dessine sur ce que pourrait être une société idéale. D’accord, pas d'accord ?
Tout à fait d’accord. Le monde appartient à tous-tes, quelle que soit la couleur ou l’ethnie, la religion, la préférence sexuelle, et le statut social ; mais ça, c’est ce que je voudrais que le monde soit. Un jour très lointain peut-être...

Des textes assez courts avec des fins à chute, il y a souvent un voile sombre qui plane sur tes textes, même si tu y mets quelques notes de légèreté et d'humour. Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir ?
Il y a toujours un espoir, une porte de sortie, l’humour et la légèreté pour adoucir la réalité est peut-être simplement ma solution.


Il existe une école belge de la BD, y a t-il une école belge de la SF ?
Je n’en suis pas certain, je pense que toutes les deux ont principalement été influencées par Vernes, sans doutes aussi par Wells avec « La machine à explorer le temps », traduit en 1895 quelques mois à peine après sa publication en Grande-Bretagne et paru au Mercure de France. La Belgique, tant francophone que néerlandophone avait, il me semble, plus d’auteur de fantastique que de science-fiction, mais je n’oserais pas avancer qu’elle ait été influencée par la production française. Même si la fin du dix-neuvième et le début du vingtième a produit des œuvres mémorables, mais ayant pour la plupart mal vieilli. Il me semble que la SF américaine n’a réellement fait son entrée en Europe francophone que dans les années 30-40, et a forcément influencé la production européenne, mais c’est à vérifier, je ne suis pas historien, et mon avis est à prendre avec des pincettes .
Des auteurs de SF Belges connus ? Déjà Rosny ainé ("La guerre du feu »), dans le genre qui nous intéresse : Les navigateurs de l’infini, Les Xipéhuz, La mort de la Terre (pour ceux dont je me souviens), Jacques Stenberg, Jean-Gaston Vandel (publié à la belle époque du Fleuve Noir Anticipation), Alain Dartevelle, comment ne pas citer Henri Vernes, le créateur de Bob Morane, dont les aventures flirtèrent souvent avec la SF, mais aussi (et surtout !) Alain le Bussy. Pourquoi et surtout ? Tout simplement parce que j’ai eu le privilège de le rencontrer à plusieurs reprises, de discuter avec lui autour d’un verre, ou lors d’un ou l’autre évènement littéraire en Belgique (c’était un grand voyageur, très actifs dans la communauté SFFFR, je te laisse quelques liens qui lui sont consacrés, peut-être un jour écriras-tu un article sur lui, c’était un très grand monsieur.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Le_Bussy
http://www.phenixweb.info/Mon-ami-Alain-le-Bussy
Il y en a bien sûr beaucoup d’autres.
(pour compléter : Valérie Stiénon, Une école belge de l’anticipation ?, Textyles, n.48-2016


Lis tu autre chose que les mauvais genres ?
De la vulgarisation scientifique, des revues sur l’astronomie, le National Geographic aussi.


Ton dernier recueil est autoédité, alors que tu m'as dit que tu avais trouvé un éditeur. Pourquoi cet empressement ? Pourquoi ce besoin d’être lu ?
J’étais très impatient je crois et c’est plus un besoin de partager mes rêves, bons ou mauvais, être lu et apprécié, c’est le petit plus.



Tu fais partie des Artistes Fous Associés, une association pour le moins atypique qui publie, entre autres choses, différentes anthologies. Tu nous en dit quelques mots ?
Ma plus belle aventure avec des gens extraordinaires partageant la même passion pour les littératures de genre, la liberté d’écrire et d’offrir sans tabous et à vil prix des textes qu’on n’aurait pu trouver nulle part ailleurs. Montrer à tout le monde qu’un livre ne doit pas spécialement être formaté selon des normes préétablies, la normalité, c’est bon pour les autres.


Les artistes fous associés, Sema édition, auto-édition, que des microstructures indépendantes. Un choix ou un non choix ?
Il ne faut pas se leurrer, les grosses structures ne s’intéressent que rarement à la kyrielle d’auteurs en recherche de reconnaissance, j’en connais pourtant une flopée qui mériterait plus qu’une édition « confidentielle ». Alors un choix ? Oui, sans doute, j’ai trouvé chez Les Artistes Fous et Séma Editions quelque chose qu’on ne trouve nulle part ailleurs : une formidable entente, de l’amitié et de la confiance, c’est un peu comme une famille.


Alors que ton dernier recueil sort, quel est ton regard entre autoédition et éditeur classique ?
Le respect et l’admiration pour les indés. J’éprouvais déjà ces sentiments, mais ils sont encore plus fort aujourd’hui. Quant à l’édition classique, j’ai eu la chance rare de trouver chez mon éditeur un vrai passionné, un homme qui a le feu sacré, qui aime profondément ce qu’il fait et y croit.


Alors que certaines maisons d’édition ayant pignon sur rue ont encore du mal avec le format numérique, qui est soit inexistant, soit trop cher, soit verrouillé, j’ai l’impression que les petites structures où tu as été publié proposent des epub peu cher, voir gratuit, sans verrous et de bonnes qualités. Connais-tu leur secret ?
En ce qui concerne Les Artistes Fous, c’est un peu la marque de fabrique, on n’a jamais commencé cette aventure avec l’idée de gagner de l’argent. Presque tous les foyers ont un ordinateur, beaucoup de personnes lisent, mais n’ont pas spécialement les moyens de dépenser quinze ou seize euros pour un bouquin, alors comme personne n’est sain d’esprit dans cette bande de joyeux lurons, pourquoi ne pas l’offrir ? Je sais que ça a provoqué quelques grincements de dents, mais bon, on fait ce qu’on veut, non ? En ce qui concerne les petites maisons d’édition, le secret, c’est qu’il n’y en a pas ! Non, mais vous avez vu les prix pratiqués chez certains gros éditeurs pour leurs livres numériques ? On est proche des deux tiers de celui de la version brochée, c’en est indécent ! Les petites maisons d’éditions ont fait un choix logique : rendre accessible à chacun et pour un prix minime la version numérique de leurs publications. Quant aux DRM et autres protections, il y a longtemps que ça ne sert plus à rien, quand bien même inventerait-on un nouveau moyen de protéger une œuvre numérique, je ne donne pas six mois, en comptant très large, avant qu’il ne soit contourné.

Ce n'est pas le tout d'écrire, il faut aussi trouver les lecteurs


Tu proposes toujours des services de presse de tes écrits, mais pas que. C’est grâce à toi que j’ai découvert Jean Christophe Gapdy, mais tu proposes régulièrement de découvrir d’autres auteurs (comme récemment avec Jean-Marc De Vos, qui a illustré Sept morts et vient de sortir L'Ambassadeur). C’est quoi ton boulot, agent littéraire ?
Deux auteurs de science-fiction que j’adore, et qui méritent vraiment d’être connus ! Mais il y en a d’autres : Frédéric Livyns (horreur et fantastique) et Delphine Schmitz (steampunk), par exemple. Alors non, je ne suis pas agent littéraire, mais je sais reconnaitre la qualité d’une œuvre lorsque je la vois, leurs écrits m’ont comblé à tout point de vue.  Je me suis essayé une fois à la chronique, c’était très, très mauvais ! Alors je laisse ça au blogueurs, de mon point de vue plus qualifié que moi. Lisez ces auteurs, vous ne serez jamais déçus, mieux, vous en redemanderez !


Si les lecteurs de ce billet ont envie de lire seulement un de tes textes en accès libre, lequel choisirais tu ?
J’ai une faiblesse pour « Emancipations », l’interprétation de la conclusion revient finalement au lecteur. Histoire banale ? SF ? Fantastique ?
A lire ici


Pourquoi Sept morts ? Et pas 9 ou 42 ?
Parce qu’il y a sept nouvelles, s’il y en avait eu plus, le chiffre aurait changé. Ah, mais il y a huit textes ! Effectivement, mais le dernier n’est pas un texte de fiction, la personne dont je parle est mon père. Le texte n’avait été écrit que pour moi seul, pour exorciser ma douleur autrement que par des larmes. Je l’ai ajouté au dernier moment, j’ignore toujours pourquoi.


Le mot de la fin ?
Coupez !



Mon avis sur ses deux recueils : Il sera une fois - Sept morts à vivre

Un autre belge, le tenancier du blog Evasion imaginaire a interviewé l'éditeur Mickaël Schoonjans, directeur de Sema éditions

Toutes les photos viennent de la page Facebook de l'auteur


Concours :




Cet entretien t'a donné l'eau à la bouche et tu as envie de découvrir la plume de l'auteur ?
Je te propose de lire gratuitement son dernier recueil Sept morts à vivre.
Pour cela rien de plus simple, il faut répondre à une simple devinette.

Trois exemplaires sont en jeu : deux en papier (un pour les français et un pour les belges), l'autre en numérique (epub)
Tu donnes ta réponse via mon mail, afin que les autres lecteurs ne trichent pas sur toi. Tu indiques ton adresse postale si tu joues pour l'exemplaire papier.
Fin du concours : samedi 30 novembre à 23h59mn59s
Les gagnants seront choisis à la tête du client par tirage au sort parmi les bonnes réponses.


La devinette :
4 boulangers font 4 pains en 4 minutes.
Combien de pains font 12 boulangers en 12 minutes ?

Concours terminé, la réponse était 36.
Merci aux participantes et participants.



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