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Ondes Futures, le retour ?

août 09, 2018
 

Ondes Futures, c'est une sélection hebdomadaire de programmes radio, télé autour de la science-fiction, du fantastique et de la science.

Originellement publié sur le webzine Futurs Présents qui prend des vacances prolongées, que faire de cette sélection désormais ? Assez chronophage, je ne savais pas si je continuais l'aventure, mais Ondes Futures avaient son public, certes très restreint, mais fidèle.
J'ai cherché un moyen de rendre cette sélection plus rapide à faire, j'ai testé quelques outils de curation : Scoop.it, Pearltrees,... sans être pleinement satisfait. Puis je suis tombé sur Wakelet. Simple et fonctionnel. Pas parfait, mais il a un mode embed permettant de l'intégrer sur une page web. Son seul défaut est un paramétrage rudimentaire. Mais aussi que ce soit un outil externe, dépendant du fournisseur, sans aucune garantie de pérennité, d'absences de pubs, ou de virage éditorial...

Donc voici une version test de ma sélection, pour que vous me donniez votre avis éclairé.
Je dois changer aussi le logo, au moins le fond qui reprenait la charte graphique de Futurs Présents.

Je suis toujours à la recherche d'un meilleur outil, toute aide ou conseil sont les bienvenues.
En outre, je continue à croire qu'Ondes Futures n'a pas sa place sur mon blog, du moins dans sa version actuelle. A mon avis, le webzine était idéal pour cela. Donc pas sûr qu'Ondes Futures intègrent mon blog de manière perenne. Là aussi, les conseils sont quémandés.

Le test :

La version embed ci dessous, mais une page dédiée est disponible : http://wke.lt/w/s/GWqEW

Toutes les sélections hebdos seront disponibles sur cette page : https://wakelet.com/@lechiencritique_SFFF
(que vous pouvez liker et partager sur les principaux réseaux Facebook, Twitter et Google+)

J'attends donc avec impatience vos commentaires positifs et négatifs, n'hésitez pas

Par la même occasion, je vous invite à découvrir une sélection similaire autour des parutions SFFF sur différents blogs, éditeurs, romans, films, concours... sur le blog de Chut... Maman lit. (Ses gosses sont peut être carencés affectivement, le délaissement maternel réel, mais ces news ont un côté bien pratique, donc ne prévenez pas les services sociaux.)
Cela s'appelle Les news de l'imaginaire et c'est une page que je consulte de manière hebdomadaire, y découvrant toujours quelques infos que je n'ai pas vu passer sur les autres médias.

Iron Sky

août 06, 2018


Timo Vuorensola, 2012, 1h30


Vous en avez marre des films à gros budget au scénario interchangeable ? Iron Sky dynamite les codes du genre pour 1h30 de plaisir régressif. 
Le mot d'ordre du film pourrait se résumer en une paraphrase : 

On ne naît pas nazi, on le devient.

Synopsis :

Depuis 70 ans, ils nous observent. Dans l’ombre de la face cachée de la lune, les Nazis se préparent à l’attaque finale. En 2018, le mal absolu renaît... cette fois-ci, la guerre contre l’envahisseur sera totale.


Mon ressenti :


Un film que j'avais zappé lors de sa sortie, et ce n'est que ma lecture du roman Le Reich de la lune qui me l'a fait découvrir.
De nos jour, une nouvelle expédition lunaire est lancée vers sa face cachée. Deux astronautes américains font leur premier pas. Une désagréable surprise va les attendre. Pas de rencontre du troisième type, mais rencontre avec la Race supérieure, le Nazi ! Cette scène donne le ton du film.
Oubliez les superproductions, ici le budget minimaliste est de mise, les astronautes sont ridicules dans leurs combinaisons mais tout cela est pleinement assumé, le réalisateur en tire parti et l'image est belle. Malgré le budget famélique, quelques effets spéciaux sont particulièrement réussis : la flotte nazi ou le vaisseau assez steampunk. Et lorsque l'on a pas de fric, on compense avec de l'humour et des idées. Et de ce côté, le pari est réussi.



Sans verser dans le loufoque ou le burlesque outrancier, on est plus dans un divertissement avec un peu de réflexion derrière. Une satire de nos sociétés, Etats-Unis en tête, avec leur mode des communicants : on ne gagne pas une élection avec un programme mais avec un scénario "poudre aux yeux". Les séquences sur le Conseil de sécurité de l'ONU sont de pures parties de plaisir. Et l'air de rien, le film compare les américains aux nazis, loin des clichés des films où les USA sont toujours les gentils. Les femmes ne font pas non plus de la figuration, elles sont les personnages importants du film sans verser dans le féminisme à tout va et en se permettant même des atours sexy.


J'ai adoré l'affiche "Black to the moon" ou cette réplique quand nos protagonistes découvrent le vaisseau nazi : "ce type doit avoir le plus petit pénis de la galaxie". Ou dans le rôle du savant fou nazi, une caricature d'un célèbre scientifique allemand. Plein de bonnes idées et de bons mots, la satire fonctionne à plein régime. Si vous êtes fan de John Scalzi, ce film a tout pour vous séduire.


Sur un scénario improbable, lorgnant vers la série B sans y succomber, le spectateur est vite happé par l'histoire. Doublé d'une critique de nos sociétés capitalistes, où l'image est reine, ou pour le dire autrement : comment vous faire croire que vous êtes l'homme supérieur, un divertissement parfait pour vos zygomatiques ET vos neurones.

Une des scénariste, la romancière Johanna Sinisalo en a tiré une novélisation : Le Reich de la lune qui garde la trame générale mais comble certaines zones d'ombre du scénario, le roman se finissant là où les évènements de Iron sky 2 débuteront. Un film à la sortie sans cesse repoussé, désormais 2019 et dont un teaser pour le 3 vient juste de paraitre.


Artemus Dada l'a vu et son avis est sans appel : Un film qui mérite donc largement le détour !


Mon avis





Challenge SSW EP8




Le Reich de la lune

août 02, 2018

Johanna Sinisalo, Actes Sud, 2017, 384 p., 17€ epub avec DRM

 

On me dit que des juifs se sont glissés dans la salle ?
Vous pouvez rester.
N’empêche que... On ne m’ôtera pas de l’idée que, pendant la dernière guerre mondiale, de nombreux juifs ont eux une attitude carrément hostile à l’égard du régime nazi.
Il est vrai que les allemands, de leur côté, cachaient mal une certaine antipathie à l’égard des juifs.
Ce n’était pas une raison pour exacerber cette antipathie en arborant une étoile à sa veste pour bien montrer qu’on n’est pas n’importe qui, qu’on est le peuple élu, et pourquoi j’irais pointer au vélodrome d’hiver, et qu’est-ce que c’est que ce wagon sans banquette, et j’irai aux douches si je veux...
Quelle suffisance !
Pierre Desproges, Les juifs

De pauvres petits nazis veulent rendre la superbe à la Terre. Mais les États-Unis sont en embuscade.
Une uchronie satirique pleine de Sieg Heil et de Yes, we can !

 

Présentation de l'éditeur :


Mon ressenti :

1945, l'armée allemande est en déroute, Hitler se suicide, les alliés ont gagné. Fin de l'Histoire ?
Non, les nazis se sont pris une raclée, mais ont décidé de se refaire une santé sur la lune. Discrètement, quelques dignitaires avaient planché sur un plan B. A l'aide d'une technologie nouvelle et secrète, ils ont pu s’envoler sur notre satellite pour y établir leur base, en forme de croix gammée !
Ils y établissent sur la face cachée leur paradis : race pure, respect et femmes au fourneau et à la glorieuse descendance pure.

Une uchronie ayant pour point de départ l'envol des nazis sur la la lune. Le reste est presque identique : la sonde lunaire a bien été lancé, de même que l'alunissage d'Apollo 11, provoquant quelques remous dans la politique séléniste. Des extraits de manuel scolaire parsèment le récit, permettant de raconter l'histoire des nazis de la lune.
Plus qu'une satire des nazis, ce sont les hommes qui sont visés ici. Vie politique, géopolitique, médias, marketing et consulting, mode et éducation sont dans le viseur de l'auteure. L'uchronie prend ici tout son sens : la propagande nazie joue sur la vraie histoire pour glorifier le régime, bref, elle part d'un point pour en donner une interprétation autre, l’Histoire diverge... Ce n'est pas la population qui est coupable, mais bien les dirigeants (nazis ou libéraux) qui embrigadent les foules. Et en terme d'embrigadement, régime nazi et idéologie capitaliste n'ont rien à apprendre l'un de l'autre.


Un des points forts est le changement de point de vue. Nous sommes dans la peau de personnes vivant en autarcie et de manière autosuffisante. Voir leur réaction face à nos modes de vie consuméristes, nous voir gâcher l'eau, l'espace, polluer à outrance permet une agréable distanciation, drôle mais assez grinçante. Étant cependant dans la peau de nazi convaincus, le malaise est palpable...
Des notes d'humour parsèment le texte comme lorsque il nous est dit de ne pas oublier notre vitamine B12 si nous ne voulons pas affaiblir notre race supérieur. La manière dont l’auteure parvient à jouer avec les codes de la théorie du complot est tout aussi réjouissant.

Le Reich de la lune est un roman d'action SF satirique à la mode Blockbuster qui se ressent à la lecture. Nous avons l'impression d'être devant un film de super-héros, avec tout ce qui va avec : de grosses ficelles, des facilités, mais le divertissement est tel que cela fonctionne. Ne pensez pas trouver ici des explications scientifiques crédibles et savourez simplement.
Je trouve cependant que l'auteure a eu du mal à lier réflexion et satire, certaines parties étant trop l'un ou trop l'autre, et chaque fois j'ai du me forcer à me remettre en situation.
Un divertissement intelligent, qui continue à trotter dans la tête après lecture. Une postface de l'auteure clôt l'ensemble de belle manière. Un bon livre gâché par un prix fort, des DRM, et une 4ème de couverture qui résume le livre... Merci Actes Sud

Nous sommes en fait dans une novélisation d'un film : Iron sky. Johanna Sinisalo avait participé à l'écriture du scénario, elle aborde dans ce roman les éléments restés dans l'ombre tout en suivant la trame générale. Et le texte s'arrête où Iron Sky 2 débutera, sur vos écrans, en 2019 si tout va bien, la date de sortie étant régulièrement repoussé.
Le roman peut se lire de manière indépendante de manière satisfaisante, mais je vous conseille de regarder aussi le film qui vaut le coup d'oeil, nous en reparlerons...


Yossarian a lu un roman étonnamment malin et amusant, Anudar a lu une satire mordante - par moment.


Mon avis


Challenge SSW EP8


Bifrost n.91. Spécial Fictions

juillet 30, 2018


Bifrost, Le Bélial, 2018, 196 p., 6€ epub sans DRM


L’équipe de Bifrost est parti en vacances tôt cette année, et en a oublié de nous concocter un dossier sur un auteur ! Pour réparer l'erreur, un numéro spécial fictions, avec pas moins de 6 nouvelles.

Ex Silentio d’Olivier Caruso
Une vie extraterrestre a été découverte et les scientifiques frétillent de la queue face à ce nouveau joujou. Qu'ils cassent en partie ! Un juriste spécialisé dans les réparations financières est appelé pour estimer la compensation. Des ET foncièrement autre, mais dès lors comment communiquer ? Comment éviter les quiproquos ?
Une nouvelle à la forme et au style tarabiscotés pour un fond somme tout convenu, mais dont la fin m'a bien plut.

La mort de John Smith de Michel Pagel
Futur. Une planète va rencontrer un astéroïde. Quelques déprimés de la vie profitent de l'occasion. Des mages, des vampires, un pygmée holmesien, un journaliste et un friqué, voilà pour les personnages improbables de ce texte. Michel Pagel réussit à lier le tout, et, étrangement, on y croit !
Bref, un polar fantasy-SF de bonne tenue et tout à fait recommandable.

Écouter plus fort de Léo Henry
Un mélange des genres aussi pour ce texte, entre post apo, fantasy, aventure initiatique. Un pitch binaire, mais tout est dans le style, lisez plutôt : La jeune Simet Deux-Doigts Renard-d’un-Été vit à Ombre-Courte Jonc-Fleuri et décide d'aller découvrir les terriers des nommeurs.
Malgré une belle écriture, je suis passé à côté de ce "conte".

Souvenirs de ma mère de Ken Liu
Que peut on raconter en trois pages ? Beaucoup de choses si on est un bon auteur. Comment voir grandir son enfant lorsque l'on est atteint d'une maladie mortelle ? C'est Einstein qui a la réponse.
Un texte sensible sur une relation mère fille.
Un court métrage en a été tiré, Beautiful Dreamer de David Gaddie que vous pouvez visionner gratuitement et en français grâce à Nicolas Winter du blog Just a word. Merci à lui.

Trademark, de Jean Baret
En septembre sort Bonheur TM aux éditions Le Bélial, Trademark en est l'amuse gueule, et il n'a pas régalé la mienne.
Dans un monde où la consommation est reine et obligatoire, nous suivons deux enquêteurs qui se rendent sur les lieux d'une intervention. Une ballade qui permet aux lecteurs de s'imprégner de l'univers.
L'intérêt se trouve dans la critique de la consommation, mais rien ne m'a fait départir d'un goût de déjà vu.
Vous pouvez vous faire une idée de la future trilogie en lisant l'interview de l'auteur sur le site du Bélial

Voyage avec l'extraterrestre, de Carolyn Ives Gilman
Ils sont là, et viennent en paix ! Le titre résume parfaitement l'intrigue.
Malgré quelques pilules difficiles à avaler, et sur une thématique éculée, Carolyn Yves Gilman parvient à happer le lecteur dans cette ballade à travers les Etats Unis. Un texte très humain qui joue avec quelques codes du contact. Pas besoin de révolutionner le genre pour réussir un bon texte, un bon angle d'approche et c'est parti.

Ballades sur l’arc

Suit le fameux Cahier critique sur l'actualité du genre SF. Afin de pouvoir prévoir ses futurs achats. Indispensable pour ne pas jeter de l'argent par les fenêtres. Le nombre de pages de la revue n'étant pas illimité, quelques critiques en ligne ici
Pas grand chose à me mettre sous la dent, mis à part Le Nuage pourpre de P. Shiel. Paru en 1901, il est republié chez L'arbre vengeur pour la modique somme de 18€ !

Déjà lu et chroniqué par mes soins : L'année du Lion, AmatkaCelle qui n’avait pas peur de CthulhuLa part du monstre, dont je partage l'avis, La Controverse de Zara XXIII qui pour ma part est hautement recommandable, et Dans la toile du tempsLa Ballade de Black Tom, Dernières fleurs
avant la fin du monde dont j'ai un ressenti plus mitigé.

La réédition de Brûle, sorcière, Brûle ! est l'occasion pour Xavier Mauméjean de nous offrir un panorama de la sorcière dans la littérature et les oeuvres audiovisuelles.

Paroles… d'éditeur : L'arbre vengeur : de la sève à la feuille
L'occasion de découvrir cette maison d'édition spécialisée dans l'exhumation d’œuvres tombées dans l'oubli. Il paraitrait que leurs livres sont de beaux objets, ce qui expliquerait le prix élevé du Nuage pourpre. Un éditeur que je ne suis pas près de fréquenter car, "sans ostracisme", l’édition numérique ne les intéresse pas...

Scientifiction
Aucune destination ne vous tente pour les vacances ? Roland Lehoucq vous propose la lune. Et si vous ne faites pas parti du clan des millionnaires qui pourront bientôt s'offrir le voyage, la littérature et le cinéma sont là pour vous aider à vous évader. De quoi apprendre deux trois anecdotes que vous pourrez raconter à vos collègues à votre retour de congés !

Ainsi s'achève ce numéro rempli de destinations imaginaires. Pour 6€, quelle agence de voyage peut vous en promettre plus que Bifrost ?
Un effort, remarqué, pour l'édition numérique, qui n'est pas rempli de bugs divers, si ce n'est un oubli de CTRl+V dans le sommaire, dommage pour Michel Pagel.


Un numéro exceptionnel à la couverture exceptionnelle selon le troll aux superlatifs
Gromovar vous dis pourquoi il vaut mieux lire Bifrost que Télé 7 Jeux
Nicolas Winter est le seul à avoir apprécier le texte de Léo Henry
Et Artemus dada nous prouve de bien belle manière qu'il a le sens du marketing !



Challenge SSW EP8

Pour tant qu'il y aura des hommes

juillet 26, 2018



Les vacances, le ciel, le soleil et la mer. Sans compter la chanson de l'été, les tongs, les barbecues entre amis, la coupe du monde. Bref, c'est la joie dans les chaumières.
Mais moi toute cette liesse me débecte. Tous ces gens heureux en train de s'amuser me donne la nausée. Alors un peu de désespoir et de noirceur ne peut pas faire de mal...
Car comme le disait Léo Ferré :

Le Désespoir est une forme supérieure de la Critique. Pour le moment, nous l´appellerons Bonheur.

Alors je vous livre les paroles de ma chanson de l'été, tiré de l'album Du simple au néant, des Ogres de Barback. un texte qui n'a rien à envié aux romans les plus sombres de la SF....
Et plus bas, si vous êtes toujours d'attaque après les paroles, Le grand jeu de l'été ! Youpi.

Je pense que l'humanité n'est pas nécessairement la favorite de la nature,
Que l'humanité peut très bien disparaître,
Que nous ne sommes pas une espèce sacrée,
Qu'il y a eu 10 millions d’espèces animales jusqu’ici et que 9 millions ont été éliminées.
On est pas l'espèce élue comme on l'a cru longtemps.
La Nature peut très bien se passer de nous...
Et c'est nous qui pourrions nous éliminer.
[Hubert Reeves]


Dans un millénaire, on parlera encore de ce millénaire.
On ne sait jamais ce que le passé nous réserve, mais l'avenir ne reviendra pas.
Et dans ce millénaire, c'est ce siècle qui fera date, et qui fera tache.
Un siècle de turpitudes.
Nous en sortons exténués, inhibés, esquintés.
La queue entre les jambes de l'humanité.

Nuit et Goulag. Charnier et Brouillard.
Dans la nuit, les feux d'artifice projettent les ombres de la Kolyma, d'Hiroshima, et des trains pour Auschwitz, plutôt que le premier pas d'un homme sur la lune, Einstein tirant la langue, ou la beauté d'Ava Gardner.
Mais l'une des ruses de l'histoire veut que les siècles commencent et finissent là où ils veulent.
Ainsi de Sarajevo à Sarajevo, notre siècle a pris fin dans les débris de la chute du mur de Berlin.
Fini le siècle des grandes impuissances, voici venu le siècle de l'évidence :
Fin de l'histoire, Pensée unique, Nouvel ordre mondial.
Plus rien à voir, circulez.
Nous avons obtempéré.
Nous circulons, sans rien voir
[Daniel Mermet]

Les Ogres de Barback, Pour tant qu'il y aura des hommes

Sur le texte de Daniel Mermet, la littérature SF n'est pas avare en lecture : dystopie, anticipation sociale sont les genres à surveiller pour rafraichir votre misanthropie.

Mais, et c'est la question du Grand Jeu de l'été, que me conseillez vous sur le texte d'Hubert Reeves ? Ou, pour préciser, existe t-il des romans SF où le récit nous narre une aventure sans humains ? Je ne veux pas de livres qui racontent la déchéance de l'humanité et où l'Homme, à la fin du roman, déserte enfin la Terre. Je ne veux pas d'humain 2.0, d'élévation ou d’androïde anthropomorphe, mais une histoire sans humains, entièrement Autre de A jusqu'à Z. Allez, je veux bien une dizaine de pages sur la fin de l'humanité, mais pas plus. Car j'ai beau me creuser la tête, je n'ai pas de titres qui me viennent à l'esprit.
Qui dit jeu, dit cadeau, mais cela procurerait trop de joies et mettrait à mal ma misanthropie. Le seul bénéfice sera, peut-être, éventuellement, de voir le(s) roman(s) chroniqué(s) sur ce site. Et c'est déjà pas mal !

Pour conclure, un petit clip, non officiel, pour entendre la musique de cette chanson de l'été.
Attention, les images qui suivent peuvent heurter ceux qui ont encore un peu d'espoir en l'humanité.




Allez bonnes vacances. Et n'oubliez pas le principal, on crèvera tous !


Dernières fleurs avant la fin du monde

juillet 23, 2018


Nicolas Cartelet, Mü éditions, 2018, 192 p., 6€ epub sans DRM




Un vide impossible à combler

La révolte d'un homme dans/pour un possible futur. Bof !

Présentation de l'éditeur :


Un futur sans abeilles, étouffé dans la grisaille de gigantesques latifundia. Un futur où l’humanité se meurt, privée de descendance.
Albert, journalier agricole, répand le pollen à la main. Manon, sa compagne engagée à l’usine, sombre peu à peu dans la folie. Et dans la morosité du quotidien, une lueur, Apolline sous les cerisiers… les dernières fleurs avant la fin du monde.

Mon ressenti :


Tout commence par une rumeur : des champs de pomme de terre seraient la proie du mildiou. Et le mildiou lorsque l'on est un journalier agricole, c'est la fin du salaire. D'autant que nous sommes dans un futur où les abeilles ont disparu, ce sont les journaliers qui chaque jour s'épuisent à polleniser les fleurs. On entre ainsi de plein pied dans le récit via cet événement dramatique, venu par le vent de la rumeur.
L'exploitation agricole est aussi l'exploitation des hommes chargés de polliniser manuellement arbres fruitiers et plantes. Un boulot harassant pour une poignée de patates, maigre pitance. Et il a aussi droit à un logement, une sorte de poulailler humain rationné en électricité. Albert, chef d'une poignée de journaliers, droit dans ses bottes, jusqu' au jour où la réalité lui saute aux yeux, celle qu il refusait de regarder en face. Sa révolte, sa conjuration comme il dit, est ce que nous allons suivre.
A mi parcours, le récit prend un autre chemin, et moi je reste au bord de la route. Fini les champs laborieux, direction les salons de la classe supérieure, l'auteur délaisse son réalisme brutal pour une bourgeoisie que j'ai trouvé très irréaliste.
Ce n'est pas le livre que je pensais lire. Nous sommes plus dans la littérature blanche, introspective, la SF est un décorum (Des abeilles nous n'apprendront rien. De l'effondrement de la société non plus). Cela n'enlève rien au style "droit au but", mais ce n'est pas la littérature que j'aime. Je préfère celle qui se préoccupe de l'humain, pas de l'individu seul. Ceci dit, la révolte de cet homme suit son chemin particulier, individualiste. Pourquoi se révolter, pourquoi combattre alors que les camarades d'aujourd'hui sont les délateurs d'hier et de demain ? Pourquoi ne pas penser dès lors à soi ?

La conjuration d'Albert a plu aux lectures du Maki


Challenge S4F3

Quelques citations :


À quoi rêvions-nous alors, Manon et moi ? Mes rêves je ne m’en souvenais pas, ne restait plus que leur regret, le creux qu’ils avaient laissé en moi avant de s’envoler. Ceux de Manon, pas mieux. Ne restaient que les certitudes de ce qu’elle n’avait pas voulu, ce qu’avait imprimé en creux de nos vies l’ancien monde, évaporé ; les champs et l’usine, les tours d’Armandville, nos solitudes. L’impuissant de mari. Des cauchemars pour Manon, des aigreurs d’espérance.


Et pourtant mon forfait était là, à quelques pas, j’avais expérimenté la désobéissance, la révolte : je ne pouvais plus penser à autre chose. Je ne pouvais plus penser à rien. Un étrange sentiment de puissance engourdissait mes membres. J’avais accompli ce geste, immense et ridicule : un geste à ma mesure. C’était le pouvoir que j’avais sur ce monde.

Et déjà la question des limites me venait à l’esprit : un cerisier était tombé, et si d’autres suivaient ? Et si cent ? Et si mille ? J’en avais le tournis. Les choses sont advenues aussi simplement que ça, par un refus de ma part ; pas même un acte, rien, un non acte : je venais de fonder la conjuration des pollinisateurs. C’était une conjuration de papier, j’en étais le seul membre et n’envisageais pas de recruter pour le moment – recruter qui, qui d’autre qu’un délateur en puissance ? Mais enfin toutes les révoltes avaient leur commencement, même des plus modeste. Je me consolais à cette idée.

Elle et moi étions du même moule, de ceux qui devaient s’excuser, toujours, de n’être que ça, nous. Des inexcusables tarés. 

Lorsque venait le soir et l’heure de la paye, c’étaient mes couilles vides que je présentais fièrement aux intendants, tout sourire, ma petite boîte de métal allégée du pollen : je leur crachais à la gueule, ils me payaient en retour.
 

Les coulisses du critique - Partie 2

juillet 19, 2018


Il y a un mois, je te donnais mes précieux conseils pour ouvrir ton blog et qu'il soit presque aussi bien que le mien. Tu as acheté ton nom de domaine, tu as trouvé ton hébergeur, choisi ta plateforme, ton template, bidouiller le code pour obtenir un blog magnifique graphiquement.
Mais, car il y a un mais, bloguer n'est pas qu'une sinécure. Alors avant de publier ton premier billet, je vais te dire pourquoi tu as dépensé du temps et de l'énergie dans le vide...
Il est temps de te dévoiler le côté sombre du blogging .

Les coulisses du critique - part 2 revient sur la toile, et il n'est pas content !

L'idée de cette suite au tag vient de Marie-Claude Rioux du blog Hop ! sous la couette qui avait envie de poursuivre son auto-psychanalyse de blogueuse.


Chronophage, le blogging ?

Tu bosses 10 heures par jour, tu as deux gosses en bas âge, tu adores partir en week end, tu es abonné à 2 clubs de sport ? Si tu n'as pas découvert le moyen d'arrêter le temps, tenir un blog risque d'être compliqué.
Moi qui glande à longueur de temps au boulot, délaisse ma famille et passe mon temps affaler sur le canapé, le blog m'oblige à m'assoir devant mon PC pour te dire pourquoi ce roman m'a plu ou déplu. Parfois, cela va vite, mais parfois, cela demande de se remuer les méninges. Et au lieu de lire, tu te creuses la tête pour dire ton ressenti sur ce livre lu il y a un mois. Bref, parler de tes lectures t'oblige à moins lire !
Et si seulement il n'y avait que ça...

Le rythme de publication

Un blog est un type de site web utilisé pour la publication périodique et régulière d'articles personnels.Wikipedia
Dans la définition, il y a deux termes importants : périodique et régulier. C'est le deal, sinon, ce n'est plus un blog, mais un site web.
J'ai adopté un rythme de deux billets par semaine, que j'arrive plus ou moins à tenir en alternant des avis sur des livres, revues, séries ou films. Mais pas facile de s'y tenir, l'envie n'est pas toujours à la rédaction, parfois ce sont les pannes de lecture, les autres loisirs qui prennent le dessus.
Depuis deux ans, je publie en moyenne deux billets par semaine. Soit deux cent articles. Chacun prenant entre une à deux heures à rédiger, j'ai perdu 300 heures de lecture, ce qui représente à peu près une quarantaine de romans !
Et si seulement il n'y avait que ça... .

Les demandes d'auteurs

Je t'avais parlé des SP, mais il y a aussi certains auteurs qui te contactent directement pour te demander si tu serais intéressé de lire sa prose. Mon blog étant assez confidentiel, je ne croule pas sous les demandes, mais je lis à droite à gauche que cela n'est pas qu'une partie de plaisir.
Le premier auteur (Southeast Jones pour ne pas le nommer) qui m'a contacté l'a fait avec gentillesse et courtoisie, après avoir, je pense, lu quelques uns de mes avis. Un mail respectueux dans lequel il se présentait lui et ses textes. Plus étrange - et pour tout dire tout à son honneur - il a même fait la pub pour d'autres auteurs qu'il apprécie ! Bref, un échange chaleureux qui m'a permis de découvrir deux auteurs à la belle plume.
J'ai reçu d'autres demandes plus étranges pour des livres qui ne sont clairement pas dans mes styles. Soyons clairs, ceux là n'ont pas pris la peine de lire ne serait ce qu'un seul de mes billets et leur mail a tout l'air d'être du publipostage. Pas de suite pour ces demandes...
Je ne suis pas encore fait engueuler par des auteurs, d'autres blogueurs ont subi certaines de leurs colères, bloguer, ce n'est pas toujours une partie de plaisir.
Et si seulement il n'y avait que ça...


La gestion des commentaires

Tu blogues tranquillement dans ton coin, sans demander rien à personne, jusqu'au jour où tu reçois un mail de ton hébergeur t'avertissant qu'une personne a laissé un commentaire sur ton blog. Stupeur, ce n'est même pas du spam, mais un humain qui se cache derrière un pseudo. Tu prends alors conscience que tes billets ne sont pas lus que par les robots de Google, Yahoo et consort. Bref, la gloire est au rendez vous, tu te vois comme une futur star d'internet. Puis vient le deuxième commentaire, et le troisième...
C’est bien beau tous ces messages, mais il faut leur répondre, et ça prend aussi du temps. En outre, tu t’aperçois que certains tiennent aussi un blog. Alors la moindre des choses,  c'est d'aller voir leur tanière et de laisser un petit commentaire.
Tu découvres dès lors plusieurs choses :
- ton blog n'est qu'une infime portion de l'univers de la toile. Tu croyais faire partie des quatre cinq blogs de ton domaine de lecture, et tu te retrouves en plein désespoir : tu n'es qu'une petite merde parmi tant d'autres. Très bon pour l'humilité, moins pour ton égo surdimensionné.
- que cela devient très vite chronophage, tu suis de plus en plus de blogs, tu commentes de temps en temps, ta liste de future lecture augmente sans arrêt. Et tu t’aperçois que tu ne pourras jamais tout lire, que tu n'es qu'un misérable vermisseau qui crèvera sans avoir pu lire ce roman qui te faisait envie. La vie est trop courte, la camarde t'attend.
- certains commentaient régulièrement ton blog, et un jour plus rien. Et au hasard de tes surfs, la personne continue de commenter chez ton voisin. Est ce que je ne suis plus le blog tant adulé ? Ai-je écrit une chose qui a déplut ? Bref, le doute. Et tu te rends compte que toi aussi il t'arrive de ne pas commenter pour diverses raisons. Cela te rassure, mais ce n'est toujours pas bon pour ton égo surdimensionné.
- Tu as commenté sur un autre blog, et au bout de un jour, puis deux, puis trois, toujours pas de réponses ! Ou pire, c'est le seul commentaire qui n'a pas reçu de réponses ! Là non plus ce n'est pas bon pour ton égo !

Résultat  : plus tu es commenté, plus tu commentes et moins tu lis. Mais c'est toujours un plaisir de voir des commentaires en fin de billet.
Pour le moment, je suis dans une phase creuse, je commente chez mes collègues les seuls billets qui me donnent envie ou pour le plaisir de raconter une connerie. Commenter prend du temps, il faut lire attentivement les chroniques, il faut faire des choix.
Et si seulement il n'y avait que ça...


Les statistiques

J'ai commencé ce blog à cause de Babelio. Ayant mis mes avis sur ce réseau littéraire, je me suis dit que je n'étais pas à l'abri d'une disparition de ce site et l'idée était d'en garder une trace au cas où. L'idée du blog est venu de là, une simple sauvegarde en ligne.
Sans pub, sans facebook, mais grâce à quelques éditeurs (Le Bélial surtout) qui ont relayé certains de mes billets, mon blog s'est fait connaitre de quelques aficionados. Certains blogs m'ont mis dans leur blogroll.
De fil en aiguille, on jette un oeil aux stats, d'abord distraitement, puis de manière plus attentive.
Premier constat : ce n'est jamais les billets dont je suis le plus content qui trustent les sommets !
Deuxième constat : lorsque je dis des conneries plus grandes que moi, cela fonctionne !!!
Conclusion : on vient surtout ici pour mon côté atypique.

Je n'ai jamais communiqué sur mes stats. A cela plusieurs raisons :
1. qu'est ce que t'en a à foutre ? Si tu viens me lire, est ce seulement pour te dire que tu fais comme tout le monde, ou au contraire que tu connais un site hyper-confidentiel so hype ?
2. la plateforme : je parle ici de Blogger. Blogger, c'est Google. Google, lui ce qu'il veut, c'est du contenu pour mettre sa pub et faire de l'argent. Te faire mousser est l'une de ses stratégies pour que tu continues à pondre du contenu, à créer d'autres blogs. Tu es un panneau d'affichage sur le bord de la toile. Alors les stats Blogger sont à l'avenant inouïes, vertigineuses.
3. le template : j'ai changé il y a un an la présentation de mon blog. Depuis, les stats ont explosé. la première présentation était binaire, la seconde a plein de gadgets, ceci expliquant cela.
4. Il y a aussi les visiteurs fantômes, les robots, les réponses au commentaire. Tu as 20 commentaires, 20 vues, puis les réponses, 20 vues supplémentaires, sans compter les autres visiteurs qui ont commenté et vont voir les autres commentaires...
J'ai installé google analytics, beaucoup plus précis (mais jusqu'où ???) et mes milliers de visiteurs se sont vites transformés en dizaine... Pour ton égo, choisi Blogger comme plateforme et n'installe pas google analytics, trop humble. 
Et si seulement il n'y avait que ça...

L'attrait de la nouveauté.

Un blog, c'est chroniquer l'actualité, les sorties littéraires. Chacun y va de son "Révolutionnaire" "Réjouissant" "Époustouflant" "A lire de toute urgence" "Indispensable" et autres joyeusetés. 
J'ai lu il y a quelques temps un bifrost de 10 ans d'âge. je ne peux que faire le constat d'un certain anonymat de ces sorties exceptionnelles qui révolutionnent le genre. La machine marketing fonctionne bien.
Pour ma part, j'ai eu de cruelles déceptions avec "Le livre de la décennie" et préfère regarder de loin le train passer. Quelques exceptions ici ou là, surtout pour les auteurs qui me sont chers. Les vieilleries recèlent quelques pépites qui me fournissent pas mal de joie.
Et si seulement il n'y avait que ça...


Tu voudrais-tu venir jouer dans ma cour ?

La rançon du succès de ton blog, c'est que tout le monde veut t'avoir dans son "catalogue". des blogueurs ont vu leur billets se transformer en livre, certains collaborent à tout va.
Pour ma part, j'ai fait une tentative de collaboration avec le webzine Futurs présents. Je faisais une sélection hebdomadaire des programmes radio télé en lien avec la SFFF. Cela s'appelait Ondes Futures. Quelques retours enthousiastes pour des statistiques très confidentielles. Au vue du temps passé à faire cette sélection... Donc pas sûr qu'Ondes Futures reviennent sur la toile, il faudrait que je trouve un outil de curation simple et fonctionnel pour m'éviter une mise en page laborieuse.
Quand à faire venir d'autres personnes dans ma cour, l'occasion ne s’est jamais présenté. Et je doute de la valeur ajoutée que mon blog puisse apporter.
Et si seulement il n'y avait que ça...

Stop ou encore ?

Après deux ans d'existence, le blog m'amuse encore mais je suis beaucoup plus souple dans mon rythme de publication : si j'ai des choses à dire, je fais un billet, sinon cela attendra. Si garder à tout prix le rythme se fait au détriment du contenu et du plaisir, cela n'en vaut pas la peine. Tant pis pour les stats, je resterai un blog confidentiel suivi par quelques personnes et cela me convient très bien.
Bref, vous allez encore devoir me supporter quelques temps...



Futur blogueur, si j'ai un conseil à te donner, c'est de rester un quidam anonyme qui peut lire de tout son soûl et ne pas s'emmerder avec la tenue d'un blog.
Et puis, soyons honnête, pourquoi ouvrir un blog alors que je te dis quoi lire et quoi regarder !


Je ne tagues personne, qui veut s'amuser à répondre prenne plaisir à le faire. Je serais cependant content que ceux qui ont joué le jeu lors du premier tag donnent leur point de vue sur le côté obscur du blog.

Je vous renvoie à l'épisode 1 pour découvrir en fin de billets les réponses de certains blogueurs. Pour l'épisode 3, rien de prévu, mais la licence est libre, alors qui sait...

J'ai remarqué ces blogs qui ont répondu à l'épisode 2 :
Hop ! sous la couette
Miscellanées
The autist reading
Cunéipage 
Nevertwhere


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