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Le Novelliste #05

juin 10, 2021

Nina Allan, Ethan Robinson, Yves Letort, Sylvain-René de la Verdière, Didier Pemerle, Alexis-Nicolas de la Vitche, Léa Fizzala, Pascal Malosse, Ketty Steward, Pierre Laurendeau, Céline Maltère

Flatland éditeur, 2021, 212 p., 13€ papier

 

Les éditions Flatland ne m'ont pas fait un cadeau en m'envoyant gratuitement ce numéro : car désormais, comment résister à la tentation d'acheter les prochains ?
Je ne vous remercie pas Monsieur Flatland.

 

Présentation de l'éditeur :


Ce cinquième numéro du Novelliste vous invite à quelques embarquements, immédiats ou différés, qu’il s’agisse de traverser des océans bien réels, spatiaux, ou même métaphoriques. C’est une nouvelle de Nina Allan inédite dans notre langue qui fait l’ouverture, complétée par un entretien. Autre première, la traduction d’un épisode des aventures du Capitaine Mors, pirate des cieux, introduit par un article de fond de Marianne Sydow, LA spécialiste de ce proto-super-héros allemand début vingtième. Les autres rendez-vous ne sont pas à négliger non plus : une rencontre avec Patrice et Viktoriya Lajoye, des éditions Lingva, que complètent un portfolio consacré à un dessinateur russe trop peu connu par chez nous, Anatoli Chpir, ainsi qu’une nouvelle de thriller-maritime-avant-l’heure signée Andréi Zarine. En outre, J.J. Astor et ses héros poursuivent leur voyage apergétique à travers l’espace dans une deuxième livraison de notre roman à suivre, et les talentueux novellistes réunis ici (Ethan Robinson, Yves Letort, Sylvain-René de la Verdière, Didier Pemerle, Alexis-Nicolas de la Vitche, Léa Fizzala, Pascal Malosse, Ketty Steward, Pierre Laurendeau et Céline Maltère) vous proposent d’embarquer sans attendre, le temps d’une lecture, pour le monde qui est le leur. (L.D.)

 

 

Mon ressenti :

Voilà un bon moment que cette revue m'intriguait, surtout grâce aux avis de Thomas Day dans la revue Bifrost, parlant de revue de vieux pour les vieux. Et moi, les vieux, je les aime. Par contre, les vieux et le numérique... Et donc pas de version électronique à mon grand désespoir. Mais Le novelliste dans sa grande largesse m'a envoyé sa dernière production.
Première surprise, c'est beau. Une bien belle maquette et couverture.
Deuxième surprise, c'est dense, très dense. Tu en as pour ton argent. Corolaire, pour faire entrer le tout dans les deux cents pages, il faut écrire petit, parfois très petit. Ce qui m'étonne pour une revue de vieux. À moins que ce ne soit une revue de jeunes ?
Dans tous les cas, me voilà bien embêté, car c'était du haut niveau. (Merde, je suis un vieux !) J'ai adoré y trouver des textes de jadis parsemés de textes récents inédits.


Grande recension de ce qui se trouve à l'intérieur

Angélus, Nina Allan
Une femme rencontre lors de son arrivée dans un hôtel une personne qui lui est familière. Un amant, un ami...
L'autrice, dont c'est la première fois que je lis la prose, délie peu à peu quelques fils de l'histoire de la narratrice. Une tranche de vie qui se déroule dans un monde où l'exploration spatiale est possible, mais semble avoir des effets secondaires handicapants. Très peu d'indices nous sont donnés, laissant libre cours à l'imagination du lecteur, comme sa fin ouverte.
Je continuerai ma découverte de Nina Allan.
Une interview de l'autrice datant de 2013 complète ce texte.


Exitus Mortalis, Ethan Robinson
Voici le compte rendu, factuel, distant et parcellaire des derniers jours d'un employé dont le travail consistait à appuyer sur des touches.
Beaucoup de digression et détour dans ce texte très ironique que j'ai adoré.
Sa présentation indique que ce texte a été refusé par toutes les revues et anthologies SF américaines et a fini par être publié sur le site de l'auteur. Chose que je ne comprends pas, car c'est excellent.


La fièvre, Yves Letort
Un père un fils et un fleuve. Une vie hors de tout.
Même si tout cela est très bien écrit, j'ai trouvé ce texte très classique et manquant cruellement d'originalité.


Portfolio consacré au dessinateur soviétique Anatoli Chpir, commenté par Patrice Lajoye
Voici de l'archeo SF russe qui permet de constater que la SF irrigue le monde depuis fort longtemps. C'est court, plein d'illustrations sont présentes et le commentaire restitue bien l'époque et l'univers qui s'y accroche.


Nuit terrible, Andréï Zarine
Place au thriller maritime avec ce texte russe. Un navire embauche un étrange mousse. À partir de ce moment, rien ne va plus.
Une vieillerie qui tire encore son épingle du jeu et nous emmène dans une nuit de tempête glaçante où l'horreur va peu à peu monter en puissance.


L’affaire de L’Ange gardien, Sylvain-René de la Verdière
Nous restons dans les histoires maritimes dans le genre horreur fantastique. Imitant le style de l'époque 1800, l'auteur nous conte un fait divers étrange : la découverte d'ossements sur un navire fantôme.
Un style ancien, une forme moderne et au final une très bonne aventure au sujet actuel. L'auteur a déjà écrit dans cet univers et s'est inspiré d'un fait divers réel.


Le jour du nuage, Didier Pemerle
J'ai dû rater un truc, car je n'ai rien compris à part que cela parle de merde, de rats, de sexe et de shit. Seul point positif, c'est court.


Les éditions Lingva, entretien avec Viktoriya et Patrice Lajoye
Un bel entretien avec les éditions Lingva. Kesako ? Mais si vous les connaissez, les frères Strougatski chez Denoël, La loi des mages chez Mnemos, les anthos russes chez Rivière Blanche. Et plein d'autres choses. Deux passionnés qui arrivent à nous faire partager leurs passions, celle de la littérature russe ancienne... Une sinécure.


Voyage en d’autres mondes 2/4, roman à suivre de J.J. Astor
Étant la seconde partie et n'ayant pas lu la première, je m'abstiens de le lire, mais les quelques lignes lues et le pitch donnent envie : une histoire d'explorateurs dans un aérostat qui s'envolent vers Jupiter . Par contre, la taille de la police est vraiment toute petite.


Cinq semaines dans l’éther, Alexis-Nicolas de la Vitche
Un scientifique invente un moyen pour aller dans l'espace.
Voilà le type d'histoire vu et revu, cela se lit sans déplaisir, mais l'originalité n'est pas forcément au rendez-vous si ce n'est le moyen. Mais bon, lorsque l'on aime les vieilleries, on y retrouve le charme suranné qui fait tant plaisir.


Terre à terre, Léa Fizzala
Un jeune désoeuvré est sur le point d'entrée en contact avec une race alien.
Voilà un premier contact qui change de ce qu’on lit habituellement. L'autrice nous promène dans son univers avec de légères touches d'humour. La présentation de l'ado est un must.
Un twist final bien mené.




Capitaine mystérieux, article de Marianne Sydow sur le feuilleton allemand Der Luftpirat
Voilà un excellent article sur un feuilleton SF allemand des années 1910. L'autrice nous parle de sa découverte alors que pratiquement tous les textes ont disparu. Des thématiques très modernes ainsi qu'un aspect scientifique et social prégnant. Après lecture, une seule envie : lire ce capitaine Mors. Ce qui tombe plutôt bien, car :


Capitaine Mors, pirate des cieux, premier épisode
La revue nous offre le premier épisode qui est une très bonne découverte. Un pirate des airs cherche vengeance. De l'action, du suspense, une construction que j'ai rarement vu dans des textes anciens.
Plusieurs interrogations cependant : connaîtrons-nous la suite des aventures ? Ce premier épisode correspond-il au premier fascicule ou en regroupe-t-il plusieurs ...
En outre, c'est traduit par un des messieurs du Le belial.


Souvenir d’enfance, Pascal Malosse
Souvenir d'une réunion d'une riche famille corse lors de la Toussaint
Un texte social qui arrive à nous mettre dans ce souvenir, mais dont la fin est un peu trop abrupte à mon goût.


La porte, Ketty Steward
Surtout tu regardes pas la porte !
Voilà comment débute ce court texte.
Pourquoi ne pas la regarder ? On découvre rapidement la raison, fantastique et réaliste. J'ai bien aimé ce texte qui laisse aux lecteurs la possibilité de ressentir ce qu'est l'enfermement.
Je n'ai pu m'empêcher de penser au poème La porte de Guillaume Apollinaire. Ketty Steward écrivant de la poésie, je pense que la coïncidence n'est pas du fait du hasard.Et bien si :

"Comme une image : autour d’un dessin d’Huguette Lendel, trois micro-nouvelles spécialement écrites par Céline Maltère (À nous quatre), Pierre Laurendeau (Le débordement), Didier Pemerle (Quatre fois une opération, de gauche à droite et de haut en bas) " clôt le tout.



Avis réalisé dans le cadre d'un service de presse

Dans la SFère de pensée rmdolhienne

juin 07, 2021

 

crédit : Emmanuel Grandvillain

"Un bon chaton est un chaton mort"

Quel ignoble personnage peut prononcer ce genre de sentence avec autant de haine et de délectation ?
Tu ne seras pas étonné d'apprendre que cet odieux est aussi fan de métal et adepte des mauvais genres, la SF. Voilà qui pose son bonhomme !
On peut donc conclure sans sourciller que c'est un mécréant.

D'un autre côté, c'est grâce à lui que les bouquinistes et libraires de genre existent, au vu de ses nombreux achats.
Sans oublier que sans lui, Bordage, Dufour, Caza ou encore Vonarburg seraient SDF. Il leur a ouvert en grand les portes de son antre.

Voilà donc les deux visages de René-Marc Dolhen dont nous allons tenter de percer la psyché pour voir ce qui se passe dans sa SFere de pensée

 

 

Tu vas nous raconter plus bas comment est née la nooSFere, mais avant peux-tu nous dire comment tu es tombé dans la marmite SF et son fandom.

J’ai toujours lu du genre. J’ai appris à lire en CP avec « Le merveilleux voyage de Nils Holgersson » de Selma Lagerlöf, autant dire que c’était mal barré dès le départ. Je n’ai jamais arrêté par la suite ; j’ai la chance d’avoir grandi dans une ville de banlieue disposant d’une belle bibliothèque municipale, j’ai commencé au premier rayonnage et j’ai lu tout ce qui ressemblait à de la SF dans cette bibliothèque, de Asimov à Zelazny.
Le fandom, je savais que ça existait aux US, mais je n’ai jamais essayé d’explorer l’équivalent français, j’étais un lecteur solitaire et je ne parlais avec qu’avec 3 ou 4 copains étudiants. Ce n’est que sur un groupe de discussion (fr.rec.arts.sf), vers 96/97, que j’ai découvert qu’on pouvait discuter avec d’autres gens. Mais j’ai vraiment eu l’impression de découvrir le fandom en allant aux Utopiales.


Si tu ne veux pas que ton gosse finisse comme René-Marc,
ne lui fais pas lire ce livre !


NooSFere est né en 1999, il y a 22 ans donc, comment l’idée vous est-elle venue ? Qui se cache derrière le site ?

A l’époque, plusieurs personnes de ce groupe de discussions avaient des sites persos consacrés à des auteurs ou des livres chez le même hébergeur. Mais celui-ci a arrêté l’hébergement gratuit, et on a discuté de l’idée de se regrouper pour partager les frais. Une personne, Fabrice Fauconnier, a proposé de créer une asso, une vingtaine de personnes ont envoyé un chèque (alors qu’on ne s’était jamais vu !), Yann Minh a proposé le nom, et hop !, nooSFere a démarré. On ne se doutait évidemment pas que le site existerait toujours vingt ans après et aurait cette ampleur.

En 2003, une BDD de 20 000 livres et 2000 avis.

Près de 20 ans plus tard, 73 000 livres et 8500 critiques
Productifs les nooSferiens ?


La nooSFere, c'est de la SF. Nous sommes d'accord, la fantasy et le fantastique c'est de la merde ?

Bien sûr, mais tous les adhérents de nooSFere n’ont pas des gouts aussi raffinés que moi ! Plus sérieusement, nous sommes extrêmement larges dans ce que nous référençons dans nooSFere, je lis d’ailleurs beaucoup de livres qui sont à l’extrême limite des genres et que beaucoup de personnes ne classeraient pas en SF/fantasy/fantastique. Cela nous donne aussi plus de boulot pour tout référencer !

 

Les autoédités ont-ils le droit de vie sur la nooSFère ?

Oui, mais nous ne sommes pas proactifs sur les ouvrages autoédités. Nous passons déjà énormément de temps à référencer ce qui parait chez les éditeurs classiques, nous ratons une partie des publications des petits éditeurs, alors pour les autoédités, nous ne saisissons que ceux qui nous contactent ou dont nous entendons parler.

 

2500 visiteurs par jour et aucune publicité sur le site. Vous êtes plein aux as ou une bande de communistes anticapitalistes comme le laissent penser tes quelques billets sur La brèche numérique ?

OMG, le déterrage de vieux trucs ! C’est beaucoup plus simple : on a choisi dès la création de l’asso de refuser la publicité pour que le site soit propre. Notre budget est assuré uniquement par les cotisations des adhérents (autour d’une centaine), on est à peu près à l’équilibre et c’est un confort incroyable qu’on peut aussi se permettre, car on a les compétences pour tout gérer nous-mêmes. Mais tout le monde peut nous donner de l’argent via le bouton paypal de la page d’accueil…

Bifrost, Galaxies SF,  Fiction, il y a de nombreuses recensions provenant de diverses revues. Vous êtes les fossoyeurs des avis ? Avez-vous des partenariats avec ces revues ?

Bien sûr ! On demande l’autorisation aux revues (quand elles existent toujours) et aux chroniqueurs et chroniqueuses. On a notamment passé les premières éditions des Utopiales à repérer ces gens pour leur demander l’autorisation et leur présenter le site (on disposait d’ordinateurs installés par la cité des congrès à l’époque, cela nous a beaucoup aidé).

 

Crâneur !

Je suis lecteur de SF, je voudrais déposer un avis sur un roman, est-ce possible ?

C’est possible, mais pas automatique. On ne veut pas, autant que possible, que n’importe quoi soit posté sur le site, donc il faut nous contacter par mail, nous envoyer une chronique dont on va éventuellement discuter et corriger. On est pas Babelio ou Senscritique.


Noosfere est partenaire de pas mal de festivals, en quoi consiste ce partenariat ?

Tu es en retard, on ne fait plus rien pour les festivals, on se contente de les annoncer dans notre liste des événements.  On a longtemps hébergé le site des Utopiales, car au début ils n’avaient pas les compétences et ça les arrangeait, mais ce n’est pas notre métier, on ne peut pas fournir la même prestation qu’un véritable hébergeur, on a même eu un crash disque quelques jours après une édition des utos provoquant l’indisponibilité temporaire du site. On a juste encore les sites de certaines conventions françaises de SF, mais là c’est du fandom, ce n’est pas la même importance et la même fréquentation que le site des Utopiales.

 

Lune a montré l'exemple récemment en prenant son adhésion à l'association. À part un soutien à la Noosfere, qu'est-ce que cela peut apporter aux adhérents ?

Plein de choses ! Une fois adhérent, on peut travailler, saisir des nouveaux livres, scanner des couvertures, corriger les fiches des auteurs et autrices, bref choisir sa servitude ! Bon, il y a quand même une compensation : on peut gérer sa bibliothèque à un niveau impossible ailleurs, puisqu’on a les multiples éditions et retirages de chaque livre. Et c’est pas mal utilisé par les adhérents et adhérentes : on a aujourd’hui 185330 livres papier VF, 2269 livres papier VO et 7086 livres numériques dans leurs bibliothèques.

 


Pour moi, Noosfere est le site de référence en SF, un formidable contenu, mais qu'est-ce que ça pique les yeux même si des efforts ont été faits. Vous avez de la merde dans les yeux à force d'intégrer des milliers de couvertures hideuses ?

Tu touches le point noir du site : le design n’est pas top. D’une part, ce n’est pas notre priorité, on préfère ajouter des fonctionnalités, et d’autre part, nos pages contiennent énormément d’informations, ce qui complique la mise en page, notamment sur téléphone portable (ce qui représente plus du quart des visites). Et puis quand je compare à isfdb.org, qui est notre équivalent anglosaxon, je trouve qu’on est pas si moche… Mais ça fait plusieurs années que je veux travailler avec un ou une webdesigner pour vraiment améliorer ça. Faut juste que je trouve le temps…

 

Crâneur bis !

Mettons les mains légèrement dans le cambouis : hébergez-vous votre vos propres serveurs ou êtes-vous hébergé ailleurs ? Est-ce toi qui s’occupes de la maintenance ?

Nous sommes nos hébergeurs, nooSFere tourne sur deux serveurs dédiés. La maintenance de serveurs, c’est mon métier, j’en gère une centaine à mon boulot, alors deux de plus ou de moins…


Petite question très technique posée par une informaticienne, Mariejuliet pour ne pas la nommer : Combien faut-il de litres de gin rhubarbe pour saisir 11000 liens de nooSFere vers le site La Base De Donnée Francophone de l'Imaginaire ?

Je vais décevoir Marie, mais je ne bois qu’après avoir codé ! Pour les liens vers BDFI, ça a été assez simple : j’ai discuté avec eux du format de leur site et j’ai codé un script qui teste auteur par auteur. Ça n’a représenté que quelques heures de boulot, donc pas beaucoup de gin.

 

J’ai quelques représentations, dont l’une veut que les informaticiens ne sachent pas écrire. Cependant, j’ai croisé quelques développeurs et j’ai été très surpris par leur capacité à s’exprimer, à écrire dans un bon langage. A quoi cela est-il dû ?

C’est l’excellence du système éducatif français ! (ahem) Bon, une partie des informaticiens ont fait des études supérieures, ce qui implique un minimum de culture générale… Mais le développement implique de structurer sa pensée, pas forcément de l’exprimer, donc tous les développeurs ne sont pas loquaces…

 


Noosfere a t-il des équivalents étrangers ?

isfdb.org, bien sûr ; mais je ne connais pas vraiment d’équivalent ailleurs. Dans l’enthousiasme de la jeunesse, Fabrice avait monté un projet pour créer un site européen, on en avait parlé avec des gens de différents pays, tout le monde était enthousiaste, sauf quand on parlait budget et financement.


Est-ce toi le mécréant qui se cache sous le site https://sf.mecreant.org/ ? Peux-tu nous en toucher un mot ?

Oui, à une époque j’écumais les festivals et expo avec un appareil photo et je mettais tout ça en ligne sur ce site. Mais les smartphones sont apparus, j’ai moins pris mon appareil photo et j’ai plutôt posté mes images sur facebook ou twitter, ce que je regrette maintenant, car c’est bien plus périssable. J’ai décidé il y a quelques temps de reprendre mon appareil, mais tous les festivals sont tombés à l’eau…


René-Marc, Pierre-Paul, Jean-Daniel, le fandom SF est-il phagocyté par une certaine bourgeoisie ?

C’est surtout que la fandom est plein de vieux : les prénoms composés ont été à la mode dans les années 50/60.



Tu es bibliophile et collectionneur, lis-tu tout de même en numérique ? Que penses-tu de ce format ou celui de l’audiolecture ?

Le numérique me sert surtout pour la VO. Je suis aussi lecteur pour J’ai lu (je ne chronique d’ailleurs jamais de livres pour cet éditeur alors que ce sont forcément ceux que je préfère) et les agents anglosaxons envoient tout en numérique, donc je les lis sur ma tablette. Je préfère malgré tout lire sur papier, mais je suis bien incapable de te dire pourquoi. L’audiolecture ne m’attire pas, j’aime trop maitriser mon rythme et faire des retours arrière. Je n’écoute d’ailleurs quasiment pas de podcast pour les mêmes raisons.



Comment devient ton collectionneur ? Quelles sont les collections dont tu es le plus fier ?

Je le suis devenu par hasard, juste en ne pouvant pas me débarrasser de mes vieux livres. Je n’ai pas de fierté particulière, mais je suis content d’avoir des collections qui m’ont marqué comme lecteur (je ne crois pas collectionner beaucoup de livres pour leur esthétique). J’ai ainsi beaucoup de présence du futur, d’ailleurs & demain, ainsi que titres/sf qui m’a fait découvrir que le genre pouvait oser des trucs trash (j’ai d’ailleurs dit toute ma gratitude à la directrice de collection, Marianne Leconte, la première fois que je l’ai croisée !). J’ai aussi presque tout ce que l’atalante a produit dans les années 90, beaucoup de Denoël lunes d’encre… Ainsi que toute la revue galaxie de chez Opta et pas mal de fiction.

Je crois me rappeler un de tes tweets où tu disais t'être séparé de livres pour faire de la place pour d'autres. Comment fait-on pour choisir quoi garder ?




Oui, j’ai mis 40 ans avant d’envisager de me débarrasser de livres… J’ai commencé par virer tout ce qui me parait anecdotique, donc beaucoup de fantasy (arf) ou de la SF de faible qualité, ainsi que pas mal de romans que j’avais en double ou triple (et parfois plus…) et que j’ai donné à des proches. Mais il me reste encore beaucoup à faire.


Quels sont les moyens que tu mets en œuvre pour dégoter les perles rares qui te manquent ?

J’ai eu une grosse période ebay où il m’arrivait d’acheter des cartons entiers pour compléter noosphère (bonjour l’intégrale de jimmy guieu). Mais je me fournis surtout chez mon libraire (l’excellent Scylla) qui a un stock impressionnant.

Cette homme est devenu extrêmement riche grâce à rmdohl
Découvre toi aussi sa méthode ! (source)


J'imagine ta maison envahie de livres. Mais un jour, tu vas passer l'arme à gauche. As-tu déjà prévu l'après ? As-tu peur de voir ta collection partir aux quatre coins du monde ?

Alors ça, je m’en fous complètement pour l’instant. C’est plutôt mon fils que ça inquiète, il veut que je m’en occupe avant !

 

Comment ton entourage familial voit ta passion dévorante ?

Je ne suis pas le seul à avoir beaucoup de livres, donc ça règle le problème, on a chacun beaucoup de livres (et une grande maison, heureusement).


Pour moi, un livre est fait pour être lu. Prêtes-tu tes livres ou c'est sacrilège ?

Je ne les prête qu’à des gens de confiance qui ne les ouvrent pas à plus de 30 degrés.


Sur ton compte twitter, on voit du bookporn, de la foodporn et même du metalporn, mais aucune photo de tes chats. Tu n'aimes pas les chatons ?

Un bon chaton est un chaton mort.

 

Un autre amoureux des livres passionné de SF, Joseph Altairac, est décédé récemment, le connaissais-tu ?


Tous les gens qui ont trainé dans le milieu SF parisien ont connu Joseph. J’ai d’abord parlé avec lui sur les groupes de discussion, puis régulièrement dans les rencontres parisiennes ; c’était toujours un plaisir de discuter avec Joseph qui possédait une énorme culture et aimait la partager sans pédanterie.



Tu connais ma passion pour Robert Charles Wilson, que penses-tu de cet auteur ? Penses-tu que Spin est l'un des meilleurs bouquins de SF de ces 30 dernières années ?

Attends que je vérifie… hum, désolé, il n’est pas dans mon top10. Mais il est certainement dans mon TOP 50, c’est déjà ça, non ?


Quels sont les auteurs et autrices que tu préfères et pourquoi ?

J’ai une fascination totale pour Philip Dick, et ça a commencé alors que j’étais ado et que je ne savais pas du tout que c’était assez partagé en France. Ensuite, j’ai découvert James Ballard, John Brunner et Ursula Le Guin ; ce n’est pas le même niveau de fascination, mais je les aime beaucoup quand même. Du coté Français, dans le prolongement de Dick, j’ai dévoré Michel Jeury et Dominique Douay.
Plus tard, j’ai découvert Iain Banks, Neal Stephenson, Tim Powers et Ted Chiang. Si tu ajoutes Catherine Dufour et Ann Leckie, tu n’es pas loin d’avoir mon panthéon SF personnel. Hors SF, je ne vais surprendre personne en ajoutant George Orwell.



Finissons par quelques scénarios :

Lecteur de SF tu dois savoir quoi faire à la fin du monde. Qu’est-ce qu’il faudrait faire en cas de survenue d'une épidémie d'un virus inconnu qui envahit le monde ?

Pourquoi faire quelque chose ? Je ne suis pas sûr qu’on mérite de survivre.


Autre scénario , dans une ville imaginaire appelait disons Marsan, le maire Stéphan utilise son pouvoir pour harceler la gent féminine. Quelle serait selon toi la ville utopique bannissant ce style de comportement et prônant le vivre ensemble ?

Facile : Le monde deLimbo, de Bernard Wolfe : sans bras, sans jambe, avec une lobotomie ; la seule solution pour pacifier les hommes (on va encore dire que je suis pessimiste).


Je te laisse clore cet entretien si tu le souhaites…

Même si je parle souvent au nom de nooSFere (je m’occupe d’ailleurs des comptes facebook et twitter quand j’ai le temps), il ne faut pas oublier qu’on est une association et que beaucoup de monde travaille sur le site : Bruno Para gère la base de données et c’est un boulot énorme, mais il y a aussi une vingtaine  de personnes qui saisissent les livres, complètent les informations sur les auteurs et autrices, mettent à jour les évènements, écrivent des critiques, bref, c’est avant tout un travail d’équipe !

 

crédit : Alfred Zaillemeure
Il porte le masque pour ne pas montrer qu'il mâche un chaton !

 

 

Liens

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Entretien :
https://www.noosfere.org/icarus/articles/article.asp?numarticle=463

Pour adhérer à la nooSFère : https://www.noosfere.org/noosfere/assoc/cotisations.asp
C'est 30 € par an et encore moins cher si tu es pauvre


J'avais fait du teasing pendant trois jours sur les RS :


Premier indice :
Il s'agit de Céline Dion et feu mari René



Deuxième indice :
Il s'agit de marc de café

 



Troisième indice :
Il s'agit de l'actrice Ingrid Chauvin, devenu célèbre pour son rôle dans la série Dolmen : Dolhmen


Une Heure-Lumière - Hors-série 2020

juin 04, 2021

 

Kij Johnson, Le Bélial, 2020, 112 p., presque gratuit


Une fois n'est pas coutume ?
On dirait bien que si, car pour la troisième année consécutive, j'ai pu lire le HS UHL (hors série de la collection Une heure lumière du Bélial !), alors que le quatrième a déjà pointé le bout de son noyau.

Présentation de l'éditeur :

Une heure-lumière, c’est la distance que parcourt un photon dans le vide en 3600 secondes, soit plus d’un milliard de kilomètres…
C’est aussi le nom d’une collection réunissant à ce jour vingt-six titres, un espace éditorial inédit, unique, tant par le fond que par la forme, qui ambitionne de faire voyager vite et loin le lecteur.
Une collection qui, en l’espace de quelques années à peine, s’est bâti un statut de référence dans le paysage éditorial hyper-saturé des littératures de genre. Une heure-lumière célèbre les horizons nouveaux ; le Hors-série 2020, troisième du genre, célèbre Une heure-lumière. Avec entre autres un long récit inédit signé Kij Johnson, autrice, dans cette même collection, de l’époustouflant Un pont sur la brume salué par une kyrielle de prix, dont le Hugo, le Nebula et le Grand Prix de l’Imaginaire.
Une heure-lumière… sous une pluie d’étoiles !

Mon ressenti : 

Voilà le HS UHL que j'attendais le plus, car il fait la part belle aux traducteurs. Du moins celles et ceux qui ont traduit un opus de cette fameuse collection.
Mais voilà aussi le HS qui m'a le plus frustré. Une quinzaine de traducteurs pour une trentaine de pages et dans cette collection, elles ne sont pas très grandes. Soit pas grand chose pour développer. Certains traducteurs devaient être en retard dans les travaux à rendre car ils font le minimum vital, entre anecdotes, ressentis. D'autres sont plus prolixes et bavard pour mon plus grand bonheur.
Au final, déçu je suis mais surtout à cause de mes attentes par rapport à ce sujet. C'est gratuit et on ne va pas cracher dans la soupe, c'est une opération commerciale qui a du sens même si je regrette encore une fois le peu de attention réservé aux lecteurs numériques. Heureusement les camarades sont là pour nous refiler leur surplus.


Retour à N’dau, Kij Johnson

Une nouvelle de Kij Johnson clôt l'ensemble qui pourrait être un spin-off à La marche du Levant. Soit une planète qui tourne paresseusement autour de son soleil. Résultat, des jours qui n'en finissent pas et si vous ne voulez pas mourir de froid, il faut bouger sans cesse pour parfaire son bronzage.
Une jeune fille d'un petit village spécialisé dans l'élevage de chevaux voit arriver des étrangers...
Il s'agit en fait d'un "western", qui n'est malheureusement pas mon genre de prédilection. Cela se lit sans mal, mais je n'en ai pas eu pour mon argent !!!


Comme les années précédentes, je lègue ce hors série au Maki, autre lecteur numérique malheureux, qui en fera ce qu'il veut.
Un énorme merci à Lutin qui m'a donné son double. Après RSF Blog, Nevertwhere, Albedo, c'est au tour de Au pays des Cave trolls de devenir le fournisseur officiel 2021. Les HS UHL se refilent en douce sous le manteau, comme les meilleurs drogues.
Bravo au Bélial pour nous offrir chaque année ce hors-série


Pour les autres avis, le forum du Bélial est ton ami

 

 

 

 

 

La Troisième griffe de Dieu

mai 31, 2021

Adam-Troy Castro, Albin Michel Imaginaire, 2021, 464 p., 14€ epub sans DRM

 

Le crime du Carrosse Royal



Présentation de l'éditeur :


En choisissant ses nouveaux maîtres, Andrea Cort a été bien récompensée : elle est devenue Procureure extraordinaire pour le Corps diplomatique de la Confédération homsap. Enfin libérée de la plupart des liens hiérarchiques, elle n’a plus à rendre compte de ses déplacements. Invitée par la famille Bettelhine – des marchands d’armes qui sont moralement complices de nombreux massacres et génocides –, elle se rend sur Xana. Andrea méprise les Bettelhines, mais la curiosité est plus forte : elle aimerait savoir ce qu’ils lui veulent. A peine arrivée au port orbital, des assassins tente de l’éliminer avec une arme extraterrestre vieille de 15 000 ans : la troisième griffe de Dieu. Une arme aux effets effroyables. Piégée dans un ascenseur spatial, Andrea va devoir mener l’enquête la plus périlleuse de sa carrière.


Mon ressenti :


Un meurtre, un huis clos, une enquêtrice. Pas de quoi se relever la nuit. Alors, qu'est-ce qui fait que je me suis relevé, moi ?

Rassure-toi, je n'ai pas la gastro et je préfère, car au vu des effets d'une griffe de Dieu, je n'aurai pas fait le fier. Une griffe des dieux, c'est une arme redoutable, ancestrale dont je vous laisse la surprise de découvrir ses effets et qui prend tout son sel avec un soupçon de torture sadique.

Une autre torture, c'est Andrea Cort, l'enquêtrice, une "garce insupportable" toujours désagréable même si la rencontre de l'amour a adouci ses angles. Mais les chiens ne font pas des chats, et replacer la dans un cadre idéal, un meurtre, et voilà que le caractère ressort...  Toujours flanquée de sa paire d'inseps, un couple de fusionnés 3.0 qui est en fait une seule personne avec deux corps, dont on se demande comment ils font il fait pour ne pas prendre ses jambes à son cou.
Ce tome est l'occasion de comprendre un peu mieux la personnalité de tout ce petit monde et surtout leur évolution.
 
Agatha Christie est morte, vive Adam-Troy Castro !
 
N'étant plus de première fraîcheur, j'ai lu avec délectation de nombreux épisodes des aventures d'Hercule Poirot et Miss Marple. Las, depuis quelques années, l'autrice ne sort plus rien. Alors voici un Christie-like tout à fait recommandable et sûrement plus au goût du jour que les enquêtes de l'Anglaise. Voici donc un polar kicékilafait (copyright Apophis) qui se passe dans un univers SF qui n'est pas là que pour le décorum, comme avec le concept de servitude volontaire revue et corrigé 3.0 assez effrayant.
Les traditionnels interrogatoires dessinent cet univers futur, un monde injuste, la loi de l'offre et de la demande où seul le profit a le droit d'existence même s’il est synonyme de massacre ou de génocide.

Les marchands d'armes sont-ils de grands méchants ? 
 
Non Monsieur, ce sont juste des entrepreneurs qui vendent leur produit comme les autres. Accuse-t-on les vendeurs de marmites de participer au génocide des homards ? Non. Alors pourquoi serait ce différent pour eux ? Ils ont une famille comme toi et moi, des enfants et pensent à leur avenir. Quant à embaucher des génocideurs talentueux : pourquoi les laisser aux mains des génies du Mal ? Pensez à ces pauvres scientifiques allemands orphelins qui ont pu être sauvés des griffes du Mal pour aider les grandes puissances ?
Toutes ces interrogations traversent le roman, sans étalement théorique, bien intégré dans l'intrigue.
Ici, les Bettelhines ne sont pas des hors-la-loi, ce sont eux la Loi. Une sorte d'entreprise multinationale multiplanétaire régnant sur ses sujets et façonnant le monde depuis sa maison mère, une planète entière.
 
Stop ou encore ?

Tout cela te donne envie, mais tu n'as pas envie de te lancer dans une nouvelle série. Mais comme chez la reine du polar, tu peux picorer selon tes envies et choisir de commencer par le tome dont le pitch te sied le plus.Ce second livre est tout aussi distrayant que le premier, et je pense plaidera autant aux amateurs de SF comme aux autres.
Comme un Wilson ou un Scalzi, Castro semble me faire le même effet à chaque nouveau livre : un véritable plaisir de lecture intelligent. Vivement le tome 3 !

Une nouvelle clôt le livre, ou apparaît un nouveau protagoniste et c'est avec ses yeux que nous voyons Andrea Cort et ses insepts. L'occasion d'introduire un élément qui fera d'autres apparitions par la suite...

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Avis réalisé dans le cadre d'un service de presse

 

Mon avis sur le premier tome

 

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