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Ondes Futures du samedi 17 au vendredi 23 novembre 2018

novembre 16, 2018


Ondes Futures, une télé et une radio résolument SFFF !
Chaque semaine, ma sélection de programmes SFFF pour ne plus jamais vous endormir devant la petite lucarne ou au volant.


Cette semaine sur les ondes :
Willow le Nelwyns arrivera t-il à protéger Elora malgré sa petite taille ?
Batman, Superman et Robocop vont ils s'allier pour faire la nique aux Stormtroopers ?
Xavier Mauméjean gagnera t-il sa partie d'échec contre le roi ?
Les cosmonautes sont-ils des cobayes comme les autres ?
Le changement climatique est-il à la solde des pays riches ?

En ligne sur Wakelet : http://wke.lt/w/s/zzRTY




Challenge Robert, je t'aime ! Le bilan

novembre 15, 2018
 

Quelques mois ont passé, Robert Charles Wilson nous a emmené dans le passé, le futur, nous a emmené très loin dans l'espace, nous a fait rencontrer pas mal d'aliens, plus différents les uns que les autres.
Petit bilan de cet escapade canadienne.

Petit rappel pour les amnésiques : C'est quoi Le challenge Robert, je t'aime !
Chroniquer tous les romans du dieu Wilson de mai 2017 à mai 2018.

Pourquoi ?
Il y a quelques temps, un admirateur secret de mon blog me faisait - sournoisement ? - remarquer le  peu d'avis présents sur les livres de RCW sur ce blog pour un fan. Alors voilà...


D'un challenge personnel, sont venus s'y greffer d'autres personnes.
Au final, nous étions trois, un lutin, un troll et un clébard pour affronter le monument Wilson, plus une participante qui n'a pas dépassé le stade de l'inscription. Je tairai le nom de cette mécréante mais vous pouvez retrouvez son blog ici !


Les résultats :

L'important était de participer, tous ont relevé le défi, cela s'est fait dans une ambiance pleine de second degré et de coup bas. Le but n'était pas de se prendre au sérieux, mais de passer du bon temps. Et il le fût.
Propager la Parole wilsonienne et faire circuler les textes de l'auteur étaient notre sacerdoce. Nous sommes les Témoins de Wilson !
Au vue des nombreux billets (38 exactement) et commentaires, nul doute que nous ayons fait découvrir aux uns, aux unes et aux aliens les Ecritures.
Cela représente 18 romans, un recueil de nouvelles et un omnibus, plus quelles nouvelles éparses.



Le lutin, malgré sa petite taille s'est attelé à la tache de bien belle manière, avec pas moins de 7 livres lus et chroniqués. Le lutin peut revêtir le costume de Bonne soeur de l'église wilsonienne.

Le troll et son marteau se sont attaqué à la montagne avec hargne, 9 livres lus et chroniqués. Le troll est donc Pape de l'église wilsonienne.

Pour ma part, ce fut une croisière trop courte, les 22 livres lus, relus et chroniqués m'ont mis en bouche de bien belle manière. Vous cherchiez un Apôtre, il est là, et c'est un chien !


Certains livres ont été plus lus que les autres, voici les livres lus par l'ensemble des participants




Les affinités
les sciences sociales c'est fantastique.
Il n'y a pas que la hard SF dans la vie, Wilson hisse la soft SF au sommet.

Celindanaé : Le récit est très immersif, servi par des personnages profondément humains, une plume fluide et un récit parfaitement maîtrisé.

Lutin82 : Court, efficace et jouant à la fois sur l’émotion et l’intellect, Robert Charles Wilson nous délivre un roman percutant et mémorable.

Le chien : un très bon roman sur les interactions interpersonnelles qui peut être lu par les amateurs du genre comme par les autres.





Les chronolithes
Dur de renouveler la thématique des voyages dans le temps. Sans paradoxe, Wilson nous entraine dans le tourbillon du temps.


Celindanaé : Premier livre de l’auteur que je lisais mais certainement pas le dernier.

Lutin82 : Un thriller scientifique condensé, prenant et angoissant

Le chien : quand l'extraordinaire vient se confronter à l'ordinaire







Les perséides
Les romans vous saoulent ? Bonne nouvelle, Robert aime aussi la forme courte. Attention cependant aux risques d'angoisse cosmique.

Celindanaé : entre Science Fiction et fantastique, le doute s'installe  sur ce qui se passe.

 Lutin82 : Ce livre est pour vous si vous aimez le fantastique angoissant

 Le chien : Le premier Wilson sans DRM ! Champagne.








Spin
Si vous voulez lire un roman de Wilson, c'est sûrement celui-ci, sans conteste. VERTIGINEUX

Celindané : Un livre captivant, où tout s’imbrique à la perfection, qui traite de beaucoup de thématiques, qui nous questionne et nous transporte.

Lutin82 : Dense sur le fond, très abordable dans la forme, ce récit illustre avec brio le potentiel à la fois spéculatif et romanesque de notre genre

Le chien : Un voyage à travers le temps et l'espace dont vous ne reviendrait pas indemne.





Sur cette page, vous retrouverez les livres de Robert Charles Wilson avec
- leurs genres
- le pitch
- Les avis des participants (et les futurs à venir)
Plus aucunes raisons de ne pas lire du Wilson, nous vous avons mâché le travail


Et si vous viviez dans un roman de Wilson ?


Pour conclure ce bilan, les participants se sont prêté à un petit jeu, se mettre dans la situation évoqués dans quelques romans 




Nous sommes demain, un test permet de déceler à quelles affinités (réseaux) tu fais partie. Serais tu contre ce système ou te verrais tu plutôt bien dans cet univers ? (Tout en sachant que tu fais déjà partie d'une affinité celle de la SFFF !)

Le troll : Je dois t'avouer que je me suis posée la question en lisant le roman (un de mes favoris de RCW). Me connaissant, je pense que ma curiosité prendrait le dessus et que je voudrais savoir, je ferais certainement le test. Le système a des avantages, faire partie d'une communauté comme la SFFF par exemple mais des points négatifs aussi, le clivage et le rejet de ce qui est différent.
Le lutin : Nous sommes déjà en plein "demain", les affinités existent déjà de manière moins explicite (SFFF, Tennis, Abeilles). Je me vois bien dans ce genre d'univers peut-être pas aussi poussé que dans le roman de RCW.
Le chien : Je déteste les clans, les groupes, les communautés, la patrie... C'est l'exact inverse de la société. Et le premier pas vers les distinctions, les préjugés, les discriminations, le racisme.
Mais je ne me leurre pas, je fais partie de pleins d'affinités : familiales, amicales, de travail et de
Donc non, j'espère que ce lendemain n'existera jamais


Un chronolithe s'invite dans ton jardin, bousillant toutes les jolies pensées que tu faisais pousser; Comment réagis tu ? Tu repars chez le fleuriste ? Tu sors ton burin ? Tu répand le nouvel évangile ?

Le troll : Je ne fais pas pousser de jolies pensées dans mon jardin mais dans ma tête. Aucune des 3 possibilités mais j'irais l'examiner et voir si ce truc a l'air dangereux ou en quoi c'est fait, donc le burin oui pourquoi pas (ça ressemble un peu à un marteau mais en plus petit)
Le lutin : Oh! la je sors le burin et l'artillerie lourde. J'ai pas envie d'avoir des tonnes de touristes dans mon jardin Zen. Tout y passe du coup de marteau au missile SOl-Sol. J'hésite à voler les codes rouges de l'arsenal nucléaire car ensuite mon jardin aura moins de zénitude en rayon....
Le chien : Déjà, je me dis que j'aurai moins à désherber, et plus de temps pour relire les romans de Wilson ! Comme l'affinité que j’exècre le plus est la religion (à égalité avec l'armée), prêcher la fin du monde, et/ou l'arrivée d'un ordre nouveau, très peu pour moi. Donc je vérifierai simplement si le chronolithe n'a pas écrasé un de mes chats. Le reste, si il est bien à sa place, tant mieux pour lui.

 
Dans la nouvelle Les Perséides, RCW fait dire à un de ses personnages :
Quelqu’un ou quelque chose nous regardait presque certainement. Les chiffres sont simples : avec pas moins de cent milliards d’étoiles et plusieurs centaines de milliards de planètes dans la galaxie, même si la vie est rare et l’intelligence un accident de l’évolution, les probabilités veulent que quand on contemple les étoiles, il y a quelque part dans cette infinité sans horizon un autre œil braqué sur vous.
D'accord, pas d'accord ?

Le troll : Tout à fait d'accord, il y a tellement de planètes que les probabilités jouent en faveur d'une existence de vie autre.
Le lutin : Tout à fait d'accord!!!
https://www.youtube.com/watch?v=8Cbh6L4N-do
Le chien : On ne peut plus d'accord. Devant l'immensité de l'univers, croire que l'homme est le seul montre bien la suffisance de ce dernier.


En regardant le ciel nocturne, tu t’aperçois que les étoiles disparaissent, et que le temps s'emballe à une vitesse folle. Dans quelques années, le soleil deviendra une supernova, emportant tout sur son passage, dont l'humanité, donc toi et ta famille.
Diane Lawton se perd dans la religion,
Jason Lawton accepte et tente par tous les moyens de trouver une explication rationnelle
Tyler Dupree se laisse porter par le vent, tout en essayant d'aider son prochain.
Qui es tu ?


Le troll : Je pense Tyler Dupree même si je comprend tout à fait le fait de vouloir comprendre, mais se laisser porter j'aime bien.
Le lutin : Je penche pour Tyler car je crains de ne pas avoir assez de génie pour jouer soit les Jason, ou trouver de réconfort dans les nouveaux messies.
Le chien : Je ne vais guère jouer l'originalité, Tyler me semble un bon compromis de ma personne.



La croyance de Robert, c'est que la rencontre du troisième type se fera entre robot ou IA, mais sûrement pas entre l'homme et un extra terrestre. La biologie de l'homme est trop inadaptée à la vie dans l'espace et au temps long, ce qui n'est pas le cas des technologies qui restent à inventer.
Es tu d'accord avec sa Parole ?

Le troll : Vaste question que voilà. Je suis d'accord sur le fait que l'homme est pour le moment inadapté à la vie dans l'espace et au temps long mais peut être que les technologies permettront de palier cela. Du coup, les technologies permettront de rencontrer les extraterrestres, mais l'homme sera forcément différent, peut être proche d'une IA ou un mélange d'humain et de technologie ultra poussée.
Le lutin : Oh, que oui. Déjà les robots et IA sont allés plus loin que nous dans notre propre systéme solaire (et même au-delà). Alors, effectivement ce seront eux qui seront à l'rogine de ce premier contact. A moins que les ET nous visite d'abord. Là, je m'interroge sur la nature de leur hypothétique venue (Zoo photographique, garde-manger,...)
Le chien : Je ne m'étais jamais posé la question avant de fréquenter Robert. Et je pense qu'il a de sacrés à sa réflexion. Donc comme lui, je pense que la rencontre du troisième type se fera entre deux IA ou robots.



Robert, Dieu de la SF ? Quelques mois après la fin du challenge, que penses tu de cet écrivain ?

Le troll : RCW est un très bon écrivain, cependant certains romans sont parfois en dessous du reste (Bios par exemple). Mes préférés sont Les Affinités, Spin (le premier, le reste beaucoup moins) et Les chronolithes. C'est un écrivain aux idées multiples et surtout au style vraiment très fluide qui rend ses romans faciles à lire malgré leur contenu parfois hard sf. Donc merci pour le challenge qui m'a poussé à lire plusieurs de ses romans!
Le lutin : Une très belle découverte; un auteur qui nous amène à réflechir sur des demains à portée de mains..
Le chien : Les dieux sont assez personnels, mais il est le mien assurément. J'aime son écriture simple, le soin qu'il porte à ses personnages, dont j'ai toujours trouvé réel. Et puis RCW est le roi du quotidien bouleversé par un événement extraordianire, nous n'avons aucun mal à nous projeter dans l'histoire, à nous demander comment nous agirions à la place des protagonistes.
Et puis, il y a toujours un certain humour chez lui, une certaine ironie, une politesse du désespoir. Le plus flagrant est dans son roman A travers temps, assez méconnu mais dont je garde une affection particulière malgré ses défauts.
En outre, les sujets de ces romans sont toujours des lieux communs, mais il emprunte toujours les chemins de traverses pour les explorer, prend la thématique de manière biaiseuse. Donc ce sont des tetxes que je trouve toujours originaux.



Si Robert était en face de toi, quelle question lui poserais tu ?


Le troll
: Est ce qu'il aime le sirop d'érable, que pense t'il des trolls des cavernes, et les réponses aux questions précédentes !
Le lutin : Pourquoi ne nous ferait-il pas un récit sur la conquête spatiale ?
Le chien : N'étant pas très prolifique sans être lent, je suis condamné à relire vos romans précédents pour patienter. D'après vous, quels sont les auteurs dont les textes pourraient être pris comme les vôtres ?
(Donc Robert, je sais que tu passes souvent sur ce blog, si tu pouvais nous répondre en commentaires.)



Quelque chose à ajouter ?
 
Le troll : Merci pour ce sympathique challenge, ah mince je l'ai déjà dit, mais c'est sincère!
Le lutin : Mon ami canin : Je t'aime!!!
Le chien : Quelle bande de flagorneuses !
Pour ma part, juste une prescription, lire Wilson :
- le matin pour avoir bonne mine,
- le midi pour aider à la digestion,
- le soir pour faire de magnifiques rêves remplis de sense of wonder.


Conclusion


J'avais promis aux participants un cadeau. Ce dernier étant un peu trop gros, je ne peux l'offrir sur ce billet déjà fort long,
Je donne donc rendez vous au lutin et au troll la semaine prochaine sur ce blog pour la surprise. Les autres peuvent venir aussi, nous avons partagé avec vous toutes ces lectures, alors autant partager le cadeau.

Et ça va être du lourd, du titanesque.
Pascal Godbillon, Monsieur Denoël Lunes d'encre, l'éditeur de la majorité des livres de RCW offrira t'il le poids du vainqueur en romans de Wilson ? (heureusement que le troll n'a pas gagné !)
Ou offrira t'il le prochain roman à venir, The cure, dédicacé aux participants ?
Un concours sera t-il organiser pour gagner l'ensemble des livres de l'auteur ?
Ou est ce une sale blague du clebs ?

La réponse la semaine prochaine, de quoi prendre les paris !

La terre sauvage : La mort en billes - L'île brûlée

novembre 12, 2018

Gilles Thomas / Julia Verlanger, Bragelonne, 2008, 540 p., 25€ papier (Intégrale Bragelonne)


J'avais fais la découverte de Julia Verlanger il y a peu par le premier tome d'une trilogie post apocalyptique, qu'en est-il de ses suites ?


La mort en billes, 1977

Nos protagonistes se sont réfugiés sur l'île de Porquerolles où un semblant de normalité les guettent. Mais pas facile la vie de "groupés" pour des solitaires. Las, une mission va les renvoyer dans cette France usée par les guerres bactériologiques. La Peste bleue semble vaincue, mais les billes translucides menacent la vie.

Bref, on reprend les mêmes ingrédients que dans le tome 1 et on recommence. De nouveaux protagonistes, de nouveaux lieux, mais l'originalité n'est plus de mise, d'autant que ces billes nous avait été présentées dans le tome 1. En outre, sur l'"antidote" de cette mort en bille, je n'arrêtais pas de souffler une solution à nos personnages, solution qui s'est révélé être la bonne. Mais bon, pas besoin d'avoir une intelligence hors du commun pour la trouver, on aurait pu croire que des adeptes de la survie y pensent à un moment ou à un autre. Cela se lit sans mal, j'avais toujours envie de suivre les aventures, mais rien de très exceptionnel, malgré un détour par la Suisse. Pour avoir un sentiment de nouveauté, le dernier tome réserve de bonnes et agréables surprises.


 


L'île brûlée, 1979

La Peste bleue et les Billes sont désormais des événements en passe d'être résolue, mais au retour
d'une mission, nos solitaires en équipe retrouve leur éden brûlé. Et par des Sarrasins de surcroit !!!
Je n'en menais pas très large au début : alors que j'appréciais de plus en plus la plume de l'auteure, une croisade anti pas-comme-nous ne me tentait guère. A ma plus grande joie, Julia Verlanger ne cède pas aux tentations frontistes, et nous fait découvrir l'Autre, résolument Autre.
Changement de continent pour l'Afrique du Nord, un climat différent, des populations inconnues et une faune et une flore imminemment dangereuse.
Un tome qui conclu de manière satisfaisante cette trilogie post apocalyptique, le mystère est présent, l'intrigue plus complexe, moins linéaire. 




 


Les nouvelles

Ce premier volume se clôt par 4 nouvelles de bonnes factures, au ton assez sombre sur notre humanité.

 « Elles ont été écrites à une époque où l’ombre omniprésente de "La Bombe" empoisonnait nos jours et nos nuits. Je ne sais trop si les lecteurs actuels pourront sentir passer la peur qui nous rongeait. On s’habitue à tout, même à ça… Je n’écrirais sûrement plus ce texte aujourd’hui. Non que j’ai appris la résignation, mais bien l’inutilité des phrases. »
Julia Verlanger : L’exploratrice des terres sauvages, Serge Perraud

Les Bulles, écrit en 1956 est le premier texte de l'auteure. Premier mais assez exceptionnel, dont la chute brutale augmente encore son intérêt. Nous sommes dans un avenir pas tout rose, une guerre nucléaire semble avoir semé la désolation. Les habitants survivent claquemurés dans leurs maisons. Nous suivons le récit de l'une d'elles.

Le recommencement est sa suite. Autant Les Bulles étaient désenchantées, l'espoir renait avec ce texte parue en 1989 après la mort de l'auteure.


Nous ne vieillirons pas
(1961) est une courte nouvelle, poétique et sombre sur un futur qui semble impossible. 

Les Derniers jours (1958) est tout aussi crépusculaire. L'homme est un loup pour l'homme. Alors qu'une guerre se déclare, une famille part trouver une certaine sérénité en pleine nature. Mais est ce simplement possible ? L'hiver est annoncé, et il sera impitoyable.



Laurent Genefort et Serge Perraud concluent l'ensemble, en nous donnant des éléments biographiques et des pistes de lecture. Peut-être un peu court, mais éclairant pour moi qui ne connaissait pas l'auteure. Et il reste quatre volumes de cette intégrale, et donc possiblement des autres annexes. Au passage, l'explication surle pourquoi d'un pseudo masculin ou comment Julia est devenu Gilles:

Chez cet éditeur [Fleuve noir], en effet, les dames sont absentes de l’écurie des auteurs. Est-ce une désaffection des femmes pour les genres publiés ? C’est surtout la politique de la maison, le Fleuve Noir ayant une réputation de conservatisme. Les luttes acharnées des femmes, à partir de 1973, pour acquérir une autonomie réelle, restent sans effet sur la position des éditions Fleuve noir… sauf pour Julia, qui doit cependant se cacher sous un pseudonyme masculin.
Julia Verlanger : L’exploratrice des terres sauvages, Serge Perraud


Rien de révolutionnaire dans ces textes, mais un plaisir de lecture bien présent. Il semblerait que c'était pourquoi elle écrivait :

Son but n’était pas de décrire un système quelconque, social ou autre, son ambition était de raconter des histoires et de distraire ses lecteurs.
L’imaginaire marqué au fer rouge : Verlanger par ses pairs, Laurent Genefort

Pour ceux et celles qui ont raté mon avis sur le premier tome L'autoroute sauvage :

Mon avis

Quelques citations :


Le problème, avec le mouton, c’est qu’il est trouillard. Et qu’il accepte n’importe quoi pour sauver sa carcasse. Y compris lécher les orteils d’un petit tyran de bazar. Un dictateur, ça ne reste pas en place par l’opération du Saint-Esprit. Ça y reste parce que ses asservis sont trop péteux pour le faire dégringoler de son piédestal.
La mort en billes

Je t’assure, Gérald, t’as été verni de rester hors du coup. Ça ne t’aurait pas plu. Garanti. Alex n’a pas aimé davantage que moi. Il n’y avait que Hans pour se sentir à l’aise dans cette foire… Pour les guerres à grande échelle, on n’a pas la mentalité qui convient. En plus, le civilisé, quand ça se déchaîne… J’ai des tripes qui tiennent le coup, mais là, j’ai vu des trucs à dégueuler… Ils ne savent pas tuer proprement…
L'île brûlée

Être les témoins de l’Apocalypse ne nous est pas aisé. Il y faudrait une âme mieux trempée que la nôtre. Nous ne sommes que terreur, ténèbres et souffrance. Tout est si noir. Il n’y aura plus jamais de lumière.
L'île brûlée





Ondes Futures du samedi 10 au vendredi 16 novembre 2018

novembre 09, 2018


Ondes Futures, une télé et une radio résolument SFFF !
Chaque semaine, ma sélection de programmes SFFF pour ne plus jamais vous endormir devant la petite lucarne ou au volant.


Cette semaine sur les ondes :

Une tortue rouge sur une île mystérieuse,
en compagnie de Jean Baptiste Charcot,
qui a vu des singes descendre d'ovnis
et un docteur devenir une légende !
Voilà que je me mélange les pinceaux...
En ligne sur Wakelet : http://wke.lt/w/s/cAiLK



La fin du monde est plus compliquée que prévu

novembre 08, 2018

Franck Thomas, Aux forges de Vulcain, 2018, 432 p., 18€ papier


La littérature blanche est tout de même plus en avance que nombre de romans SF dans la survenue du Rien : après Trois fois la fin du monde, voici que cette dernière est plus compliquée que prévue. Mais originalité ne rime pas forcément dire qualité.


Présentation de l'éditeur :


A la mort de Kim Jong-un, le monde entier espère que la perspective d'une guerre totale s éloigne. Hélas, lors d'une conférence de presse, son fils de treize ans annonce qu'il a fait placer des bombes nucléaires dans toutes les grandes capitales, et l'Occident n'a que quelques jours pour se repentir. D'abord dubitatifs, la population et les dirigeants commencent à prendre peur. L'occasion pour un fan de petits trains électriques, une lieutenante de gendarmerie portée sur la boisson et un fonctionnaire de l'ONU un peu trop pépère d'être emportés dans une farce surréaliste.

Mon ressenti :

Un traducteur misanthrope, fan de trains électriques, une lieutenante nymphomane et alcoolique, trois cailleras que personne ne respecte, une agent immobilière à la ramasse, une conseillère Pôle emploi à la langue bien pendue, des bretons nationalistes et un dictateur farceur. Voici quelques uns des protagonistes de ce roman barré.
L'histoire débute sur les chapeaux de roues, tout en ironie et en second degré et au bout de quelques pages, et en regardant celles qui me restaient à lire, je me suis vite interrogé sur la faisabilité de l'ensemble. Sur une centaine de pages, une pochade satirique peut me plaire, sur 400 pages, cela devient vite laborieux et répétitif. C'est le seul reproche, mais de taille, que je ferais à ce premier roman.

Religion, nationalisme, armée, instances internationales, individualisme, société qui marche sur la tête, tous les éléments étaient présents pour me faire passer un moment agréable, d'autant qu'une légère touche anar baigne l'ensemble. La fin grand-guignolesque est très réussie. Mais que le périple fut long pour moi. J'ai fini le livre en diagonale, afin de savoir où tout cela aller m’amener, mais j'ai failli lâcher prise de nombreuse fois.
A vous de voir si vous aimez l'humour sur la longueur...

Pas de version numérique (la raison ici), un site web qui ne mentionne pas les dernières nouveautés (la raison dans les commentaires). Autant je peux comprendre l'abandon des epubs, un site web est tout de même la vitrine de l'éditeur au 21ème siècle. Dommage car le catalogue contient de nombreux romans à la lisière de la blanche et de l'imaginaire toujours originaux.

Critique réalisée dans le cadre d'une opération Masse critique Babelio.

Les étoiles sont Légion

novembre 05, 2018


Kameron Hurley, Albin Michel Imaginaire, 2018, 416 p., 12€ epub sans DRM




Qu'est ce qui bouge le cul des Katazyrn ?

S'en sortir vivante grâce à un tentacule après avoir reçu un céphalopode Bhavaja lorsque l'on chevauche une limace de l'espace près de la Mokshi n'est pas donnée à tout le monde. Zan de Katazyrna est de celle là !!! 


Présentation de l'éditeur :


Quelque part aux franges de l’univers, une armada de vaisseaux-mondes en sursis, connue sous le nom de Légion, glisse doucement dans les zones d’obscurité qui séparent les étoiles. Depuis des générations, des conflits très violents opposent celles qui désirent prendre le contrôle de cette flotte.
Alors que les vaisseaux-mondes se meurent, un plan désespéré est mis à l’œuvre.
Zan se réveille sans souvenir, prisonnière d’un peuple qui dit être sa famille. On lui explique qu’elle est leur seule chance de survie – la seule personne capable d’embarquer dans la Mokshi, un vaisseau-monde porteur du plus précieux des pouvoirs : celui de quitter l’armada. Mais la nouvelle famille de Zan n’est pas la seule à vouloir désespérément prendre le contrôle du vaisseau légendaire.

Mon ressenti :

Voilà un roman qui m'a fait vomir pas seulement une fois, ni deux, mais trois fois ! Un record auquel on ne peut que s'attarder. Alors, qu'est ce qui a mis à mal mon estomac ?

Premier vomi ?
Si vous avez lu les premiers avis sur ce roman, vous n'êtes pas sans savoir que c'est un roman assez organique, sale, trash. L'auteure vous emmène dans un vaisseau monde ressemblant à l'intérieur d'un utérus en pleine menstruation. Et l'impression que l'auteure veut en rajouter des tonnes dans le dégueu, l’immondice, sans que cela ne serve l'intrigue. Pas très ragoutant, mais une fois passé la surprise, cela reste du décorum, du vrai. Car jamais nous n'aurons d'explications sur la raison de ce monde organique. Un univers assez original, mais dont aucune explications rationnelles ne sera donné.  Le "T'as gueule, c'est magique" fonctionne très bien en fantasy, mais en SF, il y a un minimum décent à respecter. Avec les premières pages, je pensais que Kameron Hurley lorgnait du côté de Reynolds et son vaisseau tumeur dans la trilogie des inhibiteurs, qu'elle allait peut être le surpassait. Mais non, cela fait Pschitt très vite. Au final, l'impression d'avoir lu une Fantasy dans l'espace, mais pas de la SF.
Résultat : cela peut choquer le chaland, mais moi, cela ne m'a pas fait vomir.

Deuxième vomi ?
Un livre dont tous les protagonistes sont des femmes. L'auteure pousse le bouchon un peu loin ? Mais moi je suis de la race canine assez ouverte. Pour peu, sans les autres avis, je ne suis pas sûr que je l'aurais remarqué. Reste une question, cela suffit-il à en faire un roman féministe ? Ben je m'en fous un peu aussi. Si le sujet est bien traité, qu'il me fait réfléchir, m'ouvre l'esprit, me chamboule dans mes certitudes, le pari est gagné. Mais pas ici. Car c'est ici un sujet sous jacent, jamais vous n'aurez de longues digressions philosophiques sur la femme dans la société. (mais les quelques fois où cela est abordé frontalement, c'est fais au forceps) Et tant mieux. Ou pas. Car quelques semaines après sa lecture, ce roman m'a tout de même fait réfléchir à la question de la place de la femme, son rôle et tout le toutim. Et je cherchais où et comment l'auteure avait fait germer ces réflexions. Alors est ce qu'il vaut mieux un livre qui vous interpelle pendant sa lecture ou après, à vous de décider.
Résultat : des femmes partout qui n'ont pas heurté ma sensibilité masculine, même pas vomi.

Troisième vomi ?
Et l'histoire dans tout ça ? Parce que moi, ce qui me fait aimer ou pas un livre, c'est son intrigue, l'envie de tourner la page pour savoir ce qui va se produire. Et ici, cela coince sévère, une histoire sans queue ni tête. Ce livre m'a fait penser au livre Le monde vert : un périple initiatique niais au possible, ressemblant aux pires romans publiés à la chaîne dans les années 60-70. Je ne pensais pas que des écrivains pouvaient nous pondre encore des inepties pareilles. Je ne vais pas vous dire tout ce qui cloche, reportez vous pour ça à la critique d'Apophis à laquelle je souscris entièrement.
Au mieux, cela ressemble à de la très mauvaise littérature jeunesse.
Résultat :  avec une intrigue pareille, je n'étais pas loin de vomir, mais non.

Mais alors, qu'est ce qui a mis mon estomac dans de si horribles états ? J'ai beau être un dur à cuire (hum hum), il y a une chose que je ne supporte pas. Et là me voilà servi. Quand je lis :

– Va savoir à quel point la situation a changé, depuis mon départ. Les Bhavaja sont mauvaises. Il me faudra une armée, pour les vaincre.
– Tu n’as pas besoin d’une armée : tu nous as, nous.

Ben moi, je vomi. Manquerai plus que l'on parle d'amour derrière.
Alors quand quelques pages plus loin, je tombe sur :

« Qu’est-ce qui les y contraint ? demandé-je.
– La peur. La peur de notre mère, Seigneure Katazyrna.
– C’est ça, votre moteur ? »
Elle hésite, mais répond avec sincérité. « Oui. Je suis sûre que ton peuple tue pour toi par peur.
– Non, par amour.
– Par amour ?
– Et rien que par amour. Pour celles derrière elles. Pour celles qui viendront après elles. Par amour. »

je re-vomi de suite
A peine retiré les derniers morceaux restés collés autour de ma bouche, Hurley m'assassine, le coup de grâce.

Ça suffit avec le passé. Nous bâtissons l’avenir, maintenant.
– J’ai peur.
– Je sais, mais c’est la peur qui nous a blessées. Il faut qu’on arrête d’avoir peur.
– Je ne sais pas comment faire.
– Nous apprendrons ensemble », dis-je.

Troisième vomi ! Et je vous pris de croire que lorsque l'estomac est vide, cela fait mal, très mal...
400 pages de crade-fantasy pour en arriver là, je dis chapeau bas l'artiste !
Alors, pour répondre à la question qui ouvrait mon billet : Qu'est ce qui bouge le cul des Katazyrn ? C'est l'amour. Si vous aimez Léopold Nord & Vous, vous aimerez Les étoiles sont légion.

Lu dans le cadre d'un service de presse

Certaines ont aimé : 
"Une histoire vibrante, une quête d’identité à la fois classique dans son cheminement mais originale dans son exécution." Tiger Lilly

D'autres aussi : 
"Space opera déjanté et carnassier, Les Etoiles sont Légion est un roman radical" FeydRautha
"Excellent moment de lecture avec ce livre qui offre, je trouve, un roman de Space Opera différent, entraînant et intelligent." Blackwolf
"je conseille à tous ceux qui cherchent une science-fiction qui sorte des sentiers battus." Alias

Certains sont plus mesurés :
"Ce roman de Kameron Hurley flirte trop avec les codes de la Fantasy pour me plaire." Yogo

Et d''autres ont du goût :
"Sur le plan de la singularité, ce roman gagne donc son pari, mais c’est un peu le seul, à mon sens."  Apophis
"le roman me laisse un goût amer" Célindanaé

Ondes Futures du samedi 03 au vendredi 09 novembre 2018

novembre 02, 2018


Ondes Futures, une télé et une radio résolument SFFF !
Chaque semaine, ma sélection de programmes SFFF pour ne plus jamais vous endormir devant la petite lucarne ou au volant.


Cette semaine sur les ondes :

France Culture se promène dans les allées des Utopiales;
Des jeunes qui se suicident malgré l'immortalité sur Arte;
Le mois de l'imaginaire se poursuit en novembre à la télé : Fantastique, Horreur, SF investissent les grilles;
Stephen King à l'honneur avec cinq adaptations;
Et les extra terrestres ne font qu'embêter les gentils américains, pas glop !

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