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Rendez-vous demain

septembre 23, 2022


Christopher Priest, Denoël, 2022, 368 p., 16€ epub avec DRM

 
Le seul prestige de ce roman : me l'avoir fait lire jusqu'au bout

 

Présentation de l'éditeur : 

À la fin du XIXe siècle, le professeur Adler Beck étudie les glaciers et les changements climatiques liés à l’éruption des volcans, aux courants marins et aux cycles solaires. Après des années de recherche, il arrive à la conclusion que la planète subira un refroidissement majeur dans le courant du XXIe siècle.
Pourtant, en 2050, le climat ne cesse de se réchauffer et la montée des eaux semble inéluctable. C’est en tout cas ce que constate au quotidien Chad Ramsey, qui vient d’être évincé de son poste de profileur pour la police. Juste avant son licenciement, on lui a implanté dans le crâne un moyen de communication révolutionnaire. Il va s’en servir pour aider son jumeau, Gregory, qui cherche à en savoir plus sur un grand-oncle qui aurait fait de la prison il y a bien longtemps.
Cet ancêtre serait-il Adolf Beck, le frère jumeau d’Adler, qui aurait connu un certain succès sur les scènes d’opéra d’Amérique du Sud ? À moins qu’il ne s’agisse d’un dénommé John Smith, condamné à cinq ans de travaux forcés pour escroquerie en 1877 ? La vérité pourrait bien remettre en question les certitudes de Chad.

 

Mon ressenti : 

Un nouveau Priest débarque, je me rue de suite dessus (je l'ai lu en avril). Enfin, je regarde le prix : 16€ en epub !!! 22.50€ en papier ! Ouch, ça pique. Heureusement que les médiathèques existent et bonheur, ils ont le Priest en numérique, sinon, je ne l'aurai pas acheté. Reste la question de savoir si ce roman vaut ce prix...

Après avoir lu ce roman, je suis certain d'une chose : Christopher Priest écoute assidûment La méthode scientifique. Une bonne partie de ce que j'ai écouté se trouve dans ce livre, surtout les émissions autour de l'écologie, du changement climatique et celles de SF. Il a mélangé le tout avec ses thèmes favoris, la réalité distendue, les jumeaux. C'est ce qui m'avait fait tiquer à la lecture du résumé, l'impression d'être un concentré de Priest. Mais n'y a-t-il pas trop de Priest dans un seul texte ?

Du Priest à la sauce Méthode scientifique, cela ne pouvait que me plaire. Las, n'est pas Nicolas Martin qui veut. Ici c'est intéressant, mais qu'e st ce que c'est chiant. Il aurait dû prendre aussi la légèreté de l'équipe pour faire son livre. Alors c'est du Priest, la réalité n'est pas forcément la réalité, ca se lit rapidement, mais bon. L'auteur semble se justifier des critiques comme la mienne à la fin de son roman :

Il commença à lire Alerte !, le livre d’Adler. Il avait pour sous-titre : Un scientifique révèle la terreur à venir. Au début, il trouva son style difficile à suivre. Il était pesant, périphrastique, presque pompeux. Les paragraphes étaient longs, les phrases aussi. Le ton était un peu professoral, les rares tentatives d’humour étaient maladroites, il insistait trop sur les détails.
Le premier chapitre, très long, était une histoire de la science des glaciers depuis son origine jusqu’à l’époque où Adler écrivait, soit probablement les toutes premières années du XXe siècle : le livre avait été publié en 1905, Adler avait dû l’écrire un ou deux ans plus tôt. Les détails et les anecdotes étaient visiblement autobiographiques, mais l’usage maladroit de la troisième personne rendait la lecture peu digeste.

Alors oui, si on veut, mais ce roman est chiant à lire. Pas inintéressant, mais juste chiant. Le reproche principal fait aux jeunes auteurs est show don't tell. Voilà ce qu'a fait Priest. Le seul prestige de ce roman : me l'avoir fait lire jusqu'au bout en espérant que. Mais même pas !



Une intrigue captivante selon Le dragon galactique, un puzzle passionnant pour Le nocher des livres, une grande réussite très Priestienne selon Le Maki. Lorhkan est plus réservé : le résultat n’est pas aussi parfait qu’on aurait pu l’espérer et La navigatrice de l'imaginaire rejoint mon avis : Rendez-vous demain n’est pas un roman qui m’a transcendée ni vraiment emportée

L'odyssée interstellaire

septembre 19, 2022

Documentaire de Vincent Amouroux et Alex Barry, 2019, 208 mn


L'odyssée interstellaire ou le fil d'Ariane de La méthode scientifique


Synopsis :


C’est l’histoire d’une épopée extraordinaire. Celle que l’homme fera probablement au cours du siècle prochain : un voyage entre les étoiles, vers de nouvelles planètes aux confins de l’univers. À ce jour, les astronomes ont découvert plus de 3000 exoplanètes. Et si certaines d’entre elles abritaient la vie ? A la NASA, à l’ESA, au CNES, la plus grande exploration de tous les temps a déjà commencé. Mais il faudra attendre plusieurs générations pour qu’elle devienne réalité. Documentaire scientifique d’anticipation L’odyssée interstellaire se propose de faire ce voyage dans le cosmos à la découverte de ces nouvelles planètes et de la vie qui pourrait s’y trouver.
Un voyage dans l’univers qui va également nous apprendre beaucoup sur nous-mêmes et les origines de la vie sur Terre.

 

Mon ressenti :

Après 6 ans d'écoute de La méthode scientifique (désormais La science, CQFD), en particulier les émissions sur l'espace, tu es devenu un spécialiste. Mais quoi de mieux que de passer le test ultime en regardant cette série documentaire qui nous envoie vers Minerva, une exoplanète lointaine ?

Mais avant d'envoyer un vaisseau sur cette planète, encore faut-il la trouver, et surtout celle qui offrira le plus de potentialités pour abriter la vie. Et c'est ici que La méthode scientifique joue à plein : comment détecter des exoplanètes ? De Mayor à Guy Forget, les intervenants francophones sont présents. Zone d'habitabilité, composition chimique de la planète, le Chili et ses étoiles, observation du ciel grâce au James Webb télescope, le satellite Tess. Tout t'a déjà été expliqué dans cette formidable émission. Ici, en plus, les images magnifiques, de synthèse ou de la Terre et de sa biosphère, on écarquille les yeux et on s'en prend plein la vue.

Minerva, une planète imaginaire située à 4.5 années lumières de notre Terre, comme Proxima B. Y envoyer un rover demande la construction d'un vaisseau gigantesque, mais comment faire décoller ce mastodonte, comment le construire ? Avec la propulsion chimique actuelle, il devrait avoir une quantité de carburant équivalent à la masse de l'univers, bref, difficilement imaginable...
Place donc à d’autres moyens comme le plasma, on en a parlé dans notre émission adorée. Mais c'est un  moteur qui a besoin d'électricité qui pourrait provenir de la fusion, sujet déjà abordé dans...
Autre problème, à ces distances, impossible de commander le vaisseau depuis la Terre. Et donc une bonne Intelligence Artificielle est indispensable. Reste à construire le vaisseau sous les bons conseils de notre bon professeur Roland Lehoucq .


Après avoir trouvé la planète et envoyé le vaisseau, place à la recherche de la vie. Mais c'est quoi la Vie ? Jean Sébastien Steyer, qui a participé à quelle émission d'après vous, et qui fait aussi partie des poulains de la collection Parallaxe de la maison d'édition Le bélial comme le prof Lehoucq. Et comment la détecter si elle n'est pas constituée d'éléments chimiques connus ? Comment la vie apparaît ? L'occasion de reparler de Rosetta et Philae.



Le dernier épisode revient à notre période actuelle avec le programme SETI chargé d'écouter l'univers pour découvrir des signaux aliens. Et aussi avec la recherche exoplanètes avec une atmosphère ayant des biomarqueurs. Et si la vie est découverte, quelle forme aurait elle ? Jean Sébastien Steyer nous explique comment les formes pourraient être en fonction des conditions planétaires sur terre et dans la mer. Et si la vie est découverte, à quel stade se situerait-elle ? En devenir ou en extinction ? L'équation de Drake permet de répondre à combien de civilisation serait possible dans notre galaxie. Avec cette dernière lettre, le L qui mesure la durée de vie d'une civilisation. Quelle est celle de la terre avec le dérèglement climatique ? Cette odyssée spéculative sera-t-elle possible ?



Un film documentaire prenant, toujours en lien et à mettre en parallèle avec les projections futuristes de notre réalité actuelle. Et in fine, comprendre que cette exploration n'est là que pour permettre de connaître les mécanismes qui ont permis à la Terre de voir naitre la vie. C'est ce croisement entre spéculations et notre histoire qui est particulièrement intéressants, et qui comme dans la SF se sert de l'imaginaire pour interroger notre présent. Au final, beaucoup de questions qui restent sans réponses, mais permettent de se projeter loin dans l'univers des possibles. Une série documentaire pour tous les fans de science et de science-fiction.
Et mon Robert avait raison lorsqu'il disait que si la rencontre du troisième type a lieu, elle serait sûrement une rencontre entre robots.



Le mot de la fin revient à Jacques Arnould : 

Explorer, découvrir, coloniser, tout ça appartient à l'espèce humaine dans son essence.
Mais tout cela ne peut avoir un sens que si on y introduit l'imaginaire.
L'imaginaire, être capable de s'imaginer ailleurs dans l'espace et dans le temps.
Sans imaginaire, pas de sciences.
Sans imaginaire, pas d'actions humaines.
Et sans imaginaire, pas de futur.
Nous serons maîtres de notre futur si aujourd'hui nous sommes des êtres d'imagination.

Dans la même veine, avec quelques collaborateurs dont ce billet a parlé, sort le 20 octobre chez Le Bélial

La Vie alien : Manuel pour construire un monde extraterrestre
de Roland Lehoucq, J. Sébastien Steyer, Laurent Genefort, Willy Ley, Hal Clément

La question de la vie extraterrestre est l’une des plus abstraites et fondamentales qui soit. Abstraite, faute d’exemple d’une telle vie. Fondamentale, car touchant à notre place au sein du cosmos, au décentrement ultime que représenterait l’existence avérée d’autres êtres vivants. Ainsi, dans un étroit dialogue entre science et science-fiction, penser des aliens crédibles et les mondes qu’ils peuplent se révèle une entreprise exaltante qui tient autant de l’acte démiurgique que du bricolage.
Chacun dans son domaine de spécialité, l’astrophysicien Roland Lehoucq, le paléontologue Jean-Sébastien Steyer et l’écrivain Laurent Genefort proposent ici un véritable manuel de création d’univers, de la formation d’un système stellaire et de ses exoplanètes aux conditions nécessaires à la vie, sans oublier l’apparence de celle-ci, son évolution et ses interactions environnementales. Imaginer la vie ailleurs, autrement, c’est revisiter celle que nous connaissons, questionner ses moteurs et s’interroger sur son caractère exceptionnel…

 

Summer Star Wars – Obi-Wan Kenobi



AOC n.62

septembre 14, 2022

 

Morgane Guilhem, Sasha D. Page, Agathe Tournois, Olivia Cabanaz, Présences d'esprits, automne 2021, 81p., 3.50€ papier



Un numéro spécial Visions du futur, un concours de nouvelles dont il suffit pour participer d'envoyer un texte répondant à un, et un seul, des critères qui étaient cette année là, en 2021 :

a. « Les racines inspirent, mais elles ne sauraient donner à quiconque le souffle nécessaire à sa propre course. » Fatou Diome
b. (In)justices
c. « Pour eux, on était des Martiens. » Roland C. Wagner
d. « Tu apprendras à tes dépens que le long de ton chemin tu rencontreras chaque jour des millions de masques et très peu de visages. » Luigi Pirandello


Accessit : AB+ de Morgane Guilhem
Pitch de l'éditeurCensure du chien. Mieux vaut ne rien savoir pour déguster pleinement

Une ligne dans une usine où des ouvriers s'activent. Mais cela semble ne pas coller à cause de leurs noms étranges : 2344-H-AB+ ou 2380-F-B+
L'auteure garde le mystère jusqu'au bout de sa nouvelle et la chute arrive, brutalement et magnifiquement. Difficile d'en dire plus s'en déflorer le texte et par la même la surprise. J'aime les nouvelles à chute, j'aime donc AB+
Critère : « Pour eux, on était des Martiens. » Roland C. Wagner

3e prix : Dissémination de Sasha D. Page
Pitch de l'éditeurKaheni est en symbiose avec la ronce, ce qui lui a permis de devenir une guerrière redoutable, et d’échapper au sort de très nombreuses femmes : une fleur délicate fait d’elles de dociles jouets pour les hommes. Le chef du cartel l’envoie en mission pour récupérer une graine qui fera d’une autre femme une esclave parfaite, Kaheni lui obéira-t-elle ?

Un monde où il est possible de vivre en symbiose avec une plante, faisant des femmes de belles plantes. Ce rôle du fait de la symbiose est accolé à leur peau, leur sang... Ronce se voit obliger de dérober une graine extrêmement rare.
Dommage que le monde soit si peu développé pour une immersion plus forte et moins caricatural. Nous sommes plus dans la Fantasy, aucune explication sur cette symbiose. La chute ne fait que renforcer l'effet que j'ai du texte, raté. Du moins pour moi, vu que ce texte a remporté la troisième place.
Critère : « Les racines inspirent, mais elles ne sauraient donner à quiconque le souffle nécessaire à sa propre course. » Fatou Diome

2e prix : Shiawase Lady d’Agathe Tournois
Pitch de l'éditeurShiawase est un opérateur de téléphone qui équipe ses clients de puces neurales. Pour les rassurer et montrer leur intérêt, il a créé les Shiawase Lords and Ladies, des hommes et des femmes que l’entreprise recrute pour devenir les anges gardiens de ses usagers. Chitose rêve de se voir proposer cet emploi, mais quand cela arrive, elle découvre l’envers du décor…

Fini le smartphone, place à la puce neurale. Alors que certains ont peur des dérives possibles sur la vie privée, l'entreprise Shiawase a une idée marketing de génie. Voilà une histoire basée sur une très bonne idée qui nous dessine un monde dystopique où la bonté humaine va en prendre un sacré coup.
J'ai adoré l'idée, légèrement moins le traitement trop adolescent et manquant de noirceur. Mais c'est vraiment pour dire quelque chose de négatif car j'ai trouvé l'idée excellente. Cela est un très bon épisode de La quatrième dimension, j'aurai juste voulu un traitement à la Black Mirror. Les deux références citées vous montre ma haute estime sur ce texte. Bravo Agathe.
Critère : « Tu apprendras à tes dépens que le long de ton chemin tu rencontreras chaque jour des millions de masques et très peu de visages. » Luigi Pirandello

1er prix : Camara Transfer d’Olivia Cabanaz
Pitch de l'éditeurDans cette lagune du bout du monde, Peppe attend. L’enfant ne sait pas très bien pourquoi il est là, mais il aime bien cette vie comme suspendue, éclairée par la présence de Soralyn. Soralyn, elle, est prise au piège ici, comme tant des misérables qui vivent dans ce coin perdu. Peppe, déchiré entre le désir de voir son amie heureuse et la crainte de son départ, devra choisir.

Camara, une bourgade sur pilotis ou végète les déshérités arrivés là on ne sait comment. Rien à faire, rien à attendre. Donc on se raconte des histoires entendues mille fois. Un jour, une personne nouvelle arrive, avec peut être de belles histoires à la clé ?
Toutes les histoires ne sont malheureusement pas belles, ce que va découvrir le protagoniste à son cœur défendant. Un univers entre post apo et réalisme magique où il sera question de choix qui auront des conséquences ici ailleurs et autrepart. C'est la gagnante du concours et ce est pas un hasard.
Critère : (In)justices

Les Chants de Nüying

septembre 10, 2022

Émilie Querbalec, Albin Michel Imaginaire, 2020, 464 p., 12€ epub sans DRM

 

Tu aimes sortir ?
Tu aimes faire la fête ?
Alors n'achète pas ce bouquin,
Car dès les premières pages lues,
Impossible de le lâcher

Avec Emilie Querbalec,
Ta vie sociale s'évanouit,
Ton imaginaire s'épanouit


Présentation de l'éditeur :


La planète Nüying, située à vingt-quatre années-lumière du Système solaire, partage de nombreux traits avec la Terre d’il y a trois milliards d’années. On y trouve de l’eau à l’état liquide. Son activité volcanique est importante. Ses fonds marins sont parcourus de failles et comportent quantités de sources hydrothermales. Elle possède une magnétosphère et une atmosphère dense, protectrice. Tout cela en fait une bonne candidate pour héberger la vie. La sonde Mariner a transmis des enregistrements sonores de Nüying : des chants qui évoquent par analogie ceux des baleines. Quand elle était enfant, Brume a entendu cet appel. Désormais adulte, spécialisée dans le domaine de la bioacoustique marine, elle s’apprête à participer à la plus grande aventure dans laquelle se soit jamais lancée l’Humanité : rejoindre Nüying au terme d’un voyage spatial de vingt-sept années. Que va-t-elle découvrir là-bas ? Une civilisation extraterrestre ou une remise en cause totale de ses certitudes ?


Mon ressenti :

D'Emilie Querbalec, j'ai lu son premier livre, puis son second. A l'annonce de la sortie de son nouveau roman le 31 août, il a de suite rejoint la liseuse. Et j'ai encore plus rapidement commencé à le lire. Et dès les premières pages, avec un préambule écrit de manière poétique, j'ai été happé. Émilie a une plume, c'est certain. Mais jamais elle ne l’étale, on revient vite dans une écriture classique qui nous conte l'aventure de Brume qui va quitter notre cailloux pour un autre cailloux, peut être identique, qui aurait peut-être accueilli la vie. Nous sommes au 26ème siècle, l'homme existe toujours mais les problèmes sont bien présents, trop présents. La découverte de cette planète pourrait remplacer la notre, usager, sale... Mais pas si vite, pas si simple surtout que cette planète recèle un chant, celui du titre. Et c'est parti pour un voyage de 27 ans, destination la planète Nuying, située à vingt-quatre années-lumière du système solaire.

Ce que j'ai aimé, ou disons plutôt adoré soyons honnête, est fait de petites choses qui font pour moi de grands romans : L'histoire individuelle face à la grande Histoire. (Tu as déjà lu du Robert Charles Wilson ?). Ici c'est centré sur l'individu. Pourquoi vouloir quitter sa famille, sa planète dans un voyage peut-être sans retour ? L'autrice nous narre le point de vue de 4 personnages pris dans le tourbillon de la Vie et happé par le chant des sirènes de Nuying. Des personnages "avec des problèmes d'homme, simplement, des problèmes de mélancolie" (bien vu Weirdaholic)
Il y a aussi la manière de l'autrice de combler l'amateur éclairé de SF et le petit nouveau. Pas de grand étalage technique, mais au détour d'une phrase, elle montre son savoir faire et sa connaissance du genre. Un exemple : sur une station en apesanteur, des olives servies comme amuse gueule dans un ballon et qu'il faut attraper à l'aide d'une pince. Tout est dit sans trop ennuyé le lecteur peu féru de sciences. De l'anecdotique qui a du sens. Son interrogation autour de la science m'a emporté, mais chut. Et impossible de ne pas faire de nombreux parallèles avec notre monde.

Un roman en trois actes, la préparation, le voyage et enfin l'arrivée. Classique, comme les thématiques, le premier contact, le transhumanisme, la religion et la science. Mais ici le traitement dans une ambiance asiatique est magnifiquement fait, tout en douceur pour nous interroger sur le sens de notre vie. Si tu aimes les histoires, ce livre est pour toi. En outre, j'ai cru savoir où voulait m'emmener ce voyage, mais Emilie a plus d'un tour dans son sac... Je suis certain de me replonger dans ce roman dans quelques années.
Alors Le Chien, pourquoi il faut lire Les Chants de Nüying ? "Parce que le vertige"



Tous les avis, et ils vont être nombreux, sur le forum du Bélial


 Lu dans le cadre du

Summer Star Wars – Obi-Wan Kenobi

F.E.L.I.N.E. : Le Vaisseau noir

septembre 08, 2022

 

Arnauld Pontier, Rivière blanche, 2020, 404 p. (110 p. ce tome), 30€ papier


Le tome 1 a été dévoré, le second englouti en une bouchée. Qu'en sera t'il de ce final ?

 

Présentation de l'éditeur :

Lars Hamilton, alias Lothar Milton, ex-Conseiller général de la Fédération, Maître de l’organisation déviante Arach, responsable de trois génocides planétaires, reste insaisissable.. Mais si, grâce à ses multiples avatars, il a pu jusqu’à présent échapper à la F.E.L.I.N.E. : la Force d’Elimination, de Libération et d’Intervention Nano-Equipée, échappera-t-il au capitaine Saronis et à son extraordinaire VAISSEAU NOIR ?
Avec l’aide de ce partenaire inattendu et surprenant, la F.E.L.I.N.E. a enfin une chance de vaincre l’ennemi public numéro Un et d’en apprendre un peu plus sur sa propre histoire et sur les mystérieuses Meyres qui l’ont enfantée. A moins que tout ne soit pas si simple…

 

Mon ressenti :

On retrouve Féline dans une étrange situation : elle semble avoir perdu la mémoire, du moins perdre le fil des évènements et elle se trouve dans un étrange vaisseau, noir... Je ne vous en raconte pas plus pour ne pas dévoiler certains éléments de l'intrigue. Tous les ingrédients ont été placés dans les deux tomes précédents, reste donc à savoir que donnera ce dessert. Le constat est simple, ça se lit aussi facilement que les autres, on retrouve avec un réel plaisir nos différents protagonistes et on se demande quel final va nous réserver l'auteur.

Pour être tout à fait honnête, j'ai trouvé ce tome un peu en deçà, je m'attendais à plus de retournement de situations, plus de surprises. Mais que voulez vous, l'auteur avait mis la barre tellement haut. Alors un poil déçu mais heureux d'avoir pu continuer l'aventure. Dans les autres tomes, tout se tenait, s'assembler à la perfection alors qu'ici j'y ai trouvé un ou deux Deus ex machina.
J'ai surtout apprécié les légères pointes d'humour du récit et le renforcement des personnages et de l'univers. La fin, par ses quelques citations, permet si il était nécessaire de faire le lien avec l'actualité du transhumanisme et de la singularité. 

Une nouvelle clôt l'ensemble, sous forme de synopsis à l'ensemble et permettant aussi d'en apprendre plus sur la fameuse race des lyxiens, de farouches guerriers ressemblant fortement à des félins ! Mais n'allait pas faire de vilains jeu de mots en les comparant avec des chats, pour ne pas écourter votre vie.

Cette trilogie a été un plaisir de lecture que je n'avais pas rencontré depuis longtemps. L'auteur nous pond un univers sans nous bassiner avec un trop plein d'explications. Son monde tient par son récit et ses protagonistes.
J'y ai vu un peu du Andrea Cort dedans, sans le côté enquête bien que...


Fabien Lyraud dans sa postface conclue ainsi et je ne peux qu'approuver. 

Alors ne vous fiez pas à la couverture, l'auteur se joue des codes machistes des pulps originels et c'est ce que j'attends exactement d'un pulp publié de nos jours. Il renouvelle le genre. Le style est simple, au service de l'intrigue mais l'économie de mots, la facilité à conter les aventures ne doivent pas vous trompez, il y a du talent derrière.
Et si le mot pulp te fait peur, je te rassure, il faut juste le prendre comme synonyme de lecture doudou, plaisir, simple mais pas simpliste. Lorsque j'ouvre un roman, je veux qu'il me raconte une histoire, que j'y crois et que je n'ai d'autres envies que de lire encore un chapitre supplémentaire. Et l'air de rien, l'air de ne pas y toucher, me permet de réfléchir sur quelques sujets. Comme le dérèglement climatique où en un seul paragraphe Arnauld Pontier t’assène que le seul bilan qu'il faudra en tirer, c'est que les hommes auront fait le choix de trouver un moyen technologique pour se tirer de cette planète fichue. Du bien consommable. On jette et on recommence.

 

Mon avis sur le premier tome 
Mon avis sur le second


Lu dans le cadre du
Summer Star Wars – Obi-Wan Kenobi
 
 
S4F3

 

Destination Outreterres

septembre 05, 2022

 

Robert A. Heinlein, Hachette, Le rayon imaginaire, 2022 (date de parution originale : 1955), 352 p., 16€ epub avec DRM

 

Les scouts de l'espace


Présentation de l'éditeur :

La Terre étouffe sous le poids de sa surpopulation et se meurt lentement. Pour survivre, l'humanité a dû ouvrir de nouvelles routes de colonisation : des portails perçant des passages dans l'espace vers les Outreterres, ces planètes lointaines où la vie semble possible. Chaque année, une Mission Survie teste les jeunes futurs candidats à l'exil. Une destination inhabitée secrète, un équipement choisi à l'aveugle, trois jours d'épreuve.
Un seul conseil : Attention aux stobors ! Mais que se passera-t-il si un portail se referme à jamais derrière un groupe envoyé à l'épreuve sur une planète inconnue ? Comment survivre ?

 

Mon ressenti :

Heinlein n'est pas un auteur qui me donne envie, j'ai un a priori assez négatif : militariste, et tout le toutim. Mais bon, parfois faut juger sur pièce. Et lorsque j'entends qu'un nouveau roman paraît, inédit de surcroît. Inédit en français ! Une exclusivité qui date de 70 ans en langue originale, je pouffe. S’il était si bien que cela, cela ferait des années qu'il serait réédité. Alors...
Et pourtant me voilà en train de lire ce texte. Alors pourquoi ? Le cabot perd la boule ? Ou l'envie de faire une critique assassine ? Non, tout ça est à cause du podcast C'est plus que de la SF qui m'a donné envie de m'y plonger malgré des bémols, un exploit. Le classement jeunesse, même si des guillemets sont plus ou moins nécessaires selon les intervenants, et un prix de 16€ vérolé par des DRM, un pouce au vice. Demeure une question : ai je bien fais ?

Topo classique aujourd'hui : la Terre est surpeuplée, mais v'là t'y pas que l'invention de portails vers d'autres planètes change la donne. Des colons partent donc explorer. Et comme les voyages forment la jeunesse, on les forme à la survie.
Le début me conforte dans l'idée d'avoir bien fait de changer d'avis, la présentation de l'univers est très bien faite et je n'ai qu'une hâte, entrer dans le vif du sujet. Puis arrive le moment où nos protagonistes sont lâchés en pleine nature, ce qui laisse place à une robinsonnade classique et à mon humble avis très jeunesse. C'est assez linéaire et convenu : des épreuves, des difficultés qui nos jeunes apprentis survivants vont devoir affronter et surpasser. Il m'a manqué de la complexité et cela se déroule bien trop rapidement. L'apprentissage de la vie en société, sa gestion reste caricaturale.
 

Pas mauvais certes, il faut replacer en outre le roman dans son époque, mais bien trop naïf et bienveillant pour le vieux cabot que je suis.

 
Une bonne lecture immersive pour le troll, mais pas le roman le plus époustouflant de Robert A. Heinlein pour Feyd Rautha

 

S4F3
Summer Star Wars – Obi-Wan Kenobi
 
 

 

Un été dans les étoiles

août 26, 2022

 

Reportage de Nicolas Martin, réalisé par Nathalie Salles, France Culture, 2022, 40x4mn

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/un-ete-dans-les-etoiles



Visiter les plus grands télescopes du monde dans le désert d'Atacama, au nord du Chili, pénétrer dans les coulisses de l'observation des étoiles, découvrir un paysage incroyable, c'est la promesse, tenue, par ce podcast.

Synopsis :

Partez à la rencontre des femmes et des hommes qui dédient leur vie et leurs nuits à scruter les immensités infinies de l'univers et envolez-vous pour le cosmos.


Mon ressenti :

Du 15 avril au 30 avril 2022, c'est Antoine Beauchamp qui était aux manettes de La méthode scientifique. Pourquoi, car Nicolas Martin est parti en vacances, tous frais payés avec l'argent de mes impôts, au Chili. A l’inverse de nombreuses personnalités publiques, qui cachent leurs abus sociaux, Nicolas Martin à mis quelques photos sur son twitter et nous a fait un magnifique album radiophonique. Résultat, j'en ai des étoiles plein les oreilles.
Mais pourquoi le Chili ? Il voulait aller dans les étoiles, et je suppose que la direction financière de France Culture lui a dit que son projet de voyage dans la station spatiale internationale et vers le James-Webb télescope était un peu hors des clous. Et où on peut voir le mieux les étoiles sur Terre ? "Il y a un endroit sur Terre où la nuit est plus claire, où les étoiles brillent plus fort, où la Voie Lactée se tutoie. Cet endroit, c'est le désert d'Atacama, au nord du Chili, où sont installés les plus grands télescopes du monde..."


Source Twitter Nicolas Martin


La lune et un magnifique rayon laser transperçant le ciel étoilé.
Source Twitter Nicolas Martin


Son périple commence à Paranal où se situe le Very Large Telescope (VLT) en plein désert aride à plus de 2600 mètres d'altitude. Le VLT est en fait un réseau de 4 télescopes dotés chacun d'un miroir (on apprend même comment se passe le nettoyage de ces mastodontes) de 8.20 mètres. Il y a bien sûr plein d'autres instruments qui permettent de voir les galaxies, les étoiles et des exoplanètes. Ballade dans le centre de commande, avec les opérateurs et astronomes et nous avons le droit aussi de visiter l'hôtel où loge tout ce petit monde, la Residencia est son immense coupole de verre (c'est ballot, la coupole est couverte la nuit pour ne pas diffuser sa lumière...). Une piscine qui est quasi déserte et sert surtout à humidifier l'air, nous sommes dans un désert aride où le taux d'humidité avoisine le 0.

la Residencia, source ESO

La coupole de la Residencia, source ESO
Vue 360 ° ici

Nicolas Martin nous emmène ensuite une la montagne du Cerro Armazones située à 20 km de Paranal où se construit le futur joujou de l'ESO : l'ELT pour Extremely Large Telescope avec son miroir de 38m ! En fait pleins de petits miroirs qu'il faut construire et assembler. Un chantier monumental qui se situe dans un endroit qui pose de nombreux problèmes techniques.

Source Twitter Nicolas Martin


La suite nous emmène à Silla, le premier site fondé par l'ESO, puis à l'APEX, où on écoute le ciel dans un oasis en plein désert. Puis sur le plateau de Chajnantor pour découvrir l'ALMA et l'APEX. Je ne vous fait pas la visite, le podcast est là pour cela.

Oh, un panneau avec une soucoupe volante
Source Twitter Nicolas Martin


Nicolas Martin s'attarde aussi sur la place des femmes au sein de l'ESO, le métier d'astronomes étant surtout masculin, mais les choses changent peu à peu. Nous avons  le droit aussi a des quantités d'interviews sur les différents métiers, comment on y travaille et comment on concilie vie privée et travail, son lieu étant situé au milieu de nulle part. Et surtout, on y travaille de nuit.

Nicolas Martin en mode Fremen
Source Twitter Nicolas Martin

Bref, quasi 3 heures d'écoute qui passent comme une lettre à la poste, voir bien trop vite. J'ai l’habitude de voir le résultat, les photos des observations des astronomes, je découvre désormais comment cela a été possible. Je suis vert de jalousie, ce voyage a dû être impressionnant si j'en crois les gémissement de Nicolas lorsqu'il met les yeux dans le télescope pour observer les nuages de Magellan.

Un des épisodes nous offre un duo de Nicolas Martin, voici le bonus, un âne s’appelant Nicolas
Source Twitter Nicolas Martin



Car rien n'est jamais sans défaut, le final m'a laissé un peu sur ma sur ma faim, avec le présentateur de la matinale qui balance simplement que c'était le dernier épisode. Le découpage en mini reportage de 4-5 minutes n'a pas aider non plus, j'aurai préféré un découpage en 30mn comme en 2019 avec son podcast Un été en Antarctique (j'en parlais ici). Ceci dit, je m'enfilai parfois une dizaine d'épisode sans m’apercevoir du découpage en 5mn.

Source Twitter Nicolas Martin

Je vous conseille fortement l'écoute de ce périple, c'est très instructif et je suis toujours étonné qu'un documentaire radiophonique me donne autant d'étoiles dans les yeux. Si comme moi tu préfères télécharger les épisodes, je t'ai fait une petite archive en les numérotant pour faciliter l'écoute. A télécharger ici.

Source Twitter Nicolas Martin

Merci Nicolas de nous avoir donné un magnifique aperçu des coulisses de l’observation du ciel, nul doute que tu vas donner envie à quelques personnes de se lancer dans une carrière d'astronome ou consort. Un immense merci à toi de m'avoir permis de comprendre un peu mieux comment fonctionne la science.

Dernier jour
Source Twitter Nicolas Martin





Source Twitter Nicolas Martin

Une parfaite image pour un même, quelques exemples ici :


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