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30/Editions 1115/custom

Mutræ

janvier 20, 2022

Pascal Casolari, Emmanuel Quentin, Emmanuel Régis, Les explocreateurs, 2020, 104 p., 35€

 
Une planète inconnue, un vaisseau échoué, un xénomorphe ?

 

Présentation de l'éditeur :


De retour d'une mission de reconnaissance, le lieutenant Mutræ, pilote chevronné de la Confédération de la 8ème Nébuleuse, s'écrase sur une planète tellurique à la végétation luxuriante.
Ici, le silence règne étrangement. Les deux soleils sont comme des yeux fixant le naufragé par-delà les nuages. Tout est tellement calme.
Mutræ ne se souvient plus des circonstances de son accident.
Est-ce le vent qu'il entend tout à coup, un appel, ou une hallucination ?
Résolu à ne pas attendre d'éventuels secours, le lieutenant se met alors en marche, en quête des réponses soulevées par ce monde énigmatique.
Mais peut-être aurait-il mieux fait de rester à proximité de son vaisseau...


Mon ressenti :

Casque sur les oreilles, je me plonge dans Mutræ qui nous narre l'histoire de Mutræ justement (le monde est bien fait)(même si je pensais que c'était le nom de la planète !) dont le vaisseau s'écrase sur une planète non référencée à la végétation luxuriante. En attendant les secours, il explore la flore environnante pour tomber derrière un rideau de verdure sur ...

Mutrae est un livre trois en un.

Trois en un car c'est déjà un Beau Livre : couverture cartonnée, papier de qualité, pleins d'illustrations couleurs, un CD, un site. Bref, on parle depuis des années des livres augmentés et en voilà une espèce rare et en voie d'extinction. Tu en as pour ton fric et ça, c'est cool.

Trois en un par sa structure aussi. On commence par une nouvelle. Puis nous avons le droit à un carnet d'exploration avec des croquis et des cartes. Et enfin un making-off avec une bio et des explications des trois compères.

Trois en un car il s'agit surtout d'un livre de trois auteurs : un texte d'Emmanuel Quentin, accompagné d'illustrations de Pascal Casolari et une ambiance sonore inventée par Emmanuel Régis.


L'écriture de Quentin, visuelle et pour qui connait l'auteur ne sera pas déçu du voyage, permet de suite une immersion sur cette xéno-jungle. Et comme souvent chez l'auteur, nous avons le droit à une pirouette finale. Seul bémol, c'est beaucoup trop court. Surtout lorsque tu ne lis pas le détail du bouquin avant de t'y plonger. La dernière page tournée, j'ai fait les yeux ronds en me disant, mais il y a encore plein de pages, c'est quoi ce bordel !

Je ne suis pas un lecteur qui visualise lorsque je lis, je me fais une idée générale de l'univers, mais jamais dans les détails. Les illustrations sont au diapason du texte et m'ont permis de m'immerger plus encore sur cette planète, me faire voir les détails plutôt que les ombres.

Le son m'a plus chiffonné. Déjà je préfère lire dans le silence, mais j'ai décidé de jouer le jeu. Et le texte est très clair sur cette planète, le silence règne. Alors pourquoi une bande son ! Mais les explications de l'auteur à la fin m'ont permis de réaliser ce que je n'avais pas remarqué lors de mon écoute. Et donc j'ai eu un autre regard sur cette bande son, surtout avec ce zigomar pondant une planète silencieuse. Il m'a l'air du genre taquin cet Emmanuel Quentin. (A sa place, j'aurais aussi décrit que cette planète était plongée dans le noir complet, histoire de bien emmerder le monde !)

À la fin, on a une vision des différents processus créatifs ayant conduit à cet oeuvre, le pourquoi des choix. Un vrai must.

Ce livre fait partie du projet Ruines, et qui n'est pas fini encore côté livre car Emmanuel Quentin m'a dit que le trio avait une "suite" sur le feu qui s'intitulera Sonja. Mais il faudra attendre encore quelque temps, difficile de réunir les trois loustics avec leurs plannings chargés.
Et on dirait que les auteurs ont entendu par anticipation ma critique sur la longueur, car il y en aura plus... Patientons donc.
Et en attendant, il parait qu'il reste encore quelques exemplaires de ce Mutræ.




L'Immortelle de Maison-Ville

janvier 17, 2022

Jean-Marc De Vos, Autoédition, 2021, 376 p., 5€ epub avec DRM



Pourquoi se décarcasser à pondre un très bon thriller pour l'enrober de la plus hideuse des manières ?
 

Présentation de l'éditeur :

Dans le Nouveau Monde, érigé sur les ruines de l’ancien détruit lors des Conflits du XXIe siècle, l’enfer a un nom : Maison-Ville, le monstrueux immeuble qui abrite huit millions d’âmes sur ses soixante niveaux. Repaire d’exclus et de criminels, la cité-libre symbolise non seulement le mal absolu, mais aussi l’échec des implacables lois Éthiques et Écologiques qui régissent la planète.
En 2180, un mystérieux phénomène s’abat sur la cité. Du jour au lendemain, plus personne ne meurt, les malades guérissent, les gens arrêtent de vieillir. Abhorrée la veille, Maison-Ville devient l’objet de toutes les convoitises. Mais comment un bidonville, aussi peuplé soit-il, peut-il résister face aux pressions des institutions politiques, financières, militaires et religieuses du monde entier ? Sans oublier les millions d’êtres prêts à tout pour y entrer.
Dans une lutte à mort pour contrôler la Jouvence, s’affronteront au fil des âges des personnages hauts en couleur, tels la chancelière Alex Khan, le commandant Willy Baumsteiger, le milliardaire Elton Soors, le procurateur Casimir Marcinkus et tant d’autres…
 
 

Mon ressenti :

Il ne faut pas se fier aux apparences. D'accord mais faut pas abuser quand même ! Après, je me pose une question existentielle : plus la couverture est moche, plus le succès est au rendez-vous chez les autoédités ? Vaste débat. Quoiqu'il en soit, je vous ai mis des bandeaux rouges afin que vous ne vous bruliez pas les yeux en la regardant, les plus aguerris d'entre vous peuvent scroller directement en bas de billet pour la voir. A vos risques et périls !!!

Nous savons donc que Jean-Marc De Vos n'est pas un bon graphiste (une constante chez lui) et à la limite, je m'en fous car c'est le texte que je juge. Et là, il n'y a pas à chipoter, le mec roule sa bosse.
Soit notre monde dans une certaine d'années, des conflits ont éclaté partout pour diverses raisons que l'on connait tous, il suffit de regarder les infos et ouvrir sa fenêtre.
Après 20 ans de guerre, il ne reste plus grand chose et le peu de monde restant établi des règles éthiques sociales et environnementales strictes, sous une gouvernance mondiale. Fini de faire mumuse avec l'ADN, le nucléaire et la surconsommation. De nouvelles villes naissent sur les ruines.

J'ai vraiment lu avec plaisir ce roman qui m'a emmené dans ce monde où tout n'est ni blanc ni noir. Les personnages évoluent et sont ambiguës à souhait. J'aime avant tout lorsqu'un livre m'entraîne dans son intrigue et me fait réfléchir sur le monde et c'est ce que j'y ai trouvé.
Les sujets actuels comme l'immigration et son traitement y sont traités sans en avoir l'air. Nous avons une protagoniste qui ne se laisse pas conter des histoires de prince charmant et mène sa barque. Les relations entre puissants, les classes laborieuses et comment se joue les relations de pouvoir s'y trouvent et ce, sans grandiloquence, tout en simplicité. Ce monde où les lois sont plus équitables et environnementales entrainent la résurgence de problèmes que le progrès technologique avait aboli. Alors que faire ?

Jusqu'à la fin, l'auteur m'a baladé et a rogné mes heures de sommeil. 
La couverture moche a bien trompé son monde. 
 
 
 
Attention à vos mirettes, ça va piquer !





L'effet coccinelle

janvier 10, 2022

 

Yann Bécu, Les Éditions de l'Homme sans nom, 2021, 320 p., 10€ epub sans DRM


Une mission impossible, Ethan Hunt est en vacances.
Que faire ?
Appeler en renfort une équipe de bras cassés aliens !

Présentation de l'éditeur :

Le lancement de l'Homo Sapiens, c'était une idée pourrie. Génétiquement trop instable. Le service Créa avait prévenu dès le début. Ils préféraient de loin le projet Bonobo. Question score de paix, une vraie promenade ! Bonobo Sapiens, ça aurait signifié la résolution du moindre conflit par le sexe... Chantier pépère, en somme. Tu parles ! Les boss du 33e étage n'avaient rien voulu entendre. L'Homo Sapiens c'était parfait pour eux : audacieux, vendeur, et tellement sexy sur le papier.
Sur le papier, peut-être, mais sur le Terrain... Parce que nous autres on est les techniciens, les larbins de la création... "Les Boueux" , comme ils disent en haut lieu. Siècle après siècle on patauge dans ces eaux crapoteuses. Et chaque fois qu'on prend possession d'un corps ici-bas, on en paie le prix : coups de chaud, coups de froid, coups de pompe, coups de blues, coups de foudre, toute la chimie humaine s'impose à nous...
Alors forcément, il arrive qu'on gaffe. Or notre récente bourde risque de coûter cher. Si on ne la rattrape pas très vite, l'humanité va droit dans le mur... Adieu, triple A. Adieu, Homo Sapiens. Et bonjour les sanctions. Avec L'Effet Coccinelle, Yann Bécu développe une idée vertigineuse... Si une "preuve divine" était publiée, aussi éblouissante soit-elle, il resterait tout de même une question potentiellement explosive : quelle branche de quelle religion a misé sur le bon cheval ?


Mon ressenti :

L'effet coccinelle, rien que le titre m'a fait rire tout le long de ma lecture. Malheureusement, je ne peux rien vous en dire, divulgachache et tout et tout. Mais ce titre résume parfaitement le contenu.

A une certaine époque, la mode était à l'invasion alien invisible. Puis c'est passé de mode. Et Yann Becu a décidé de remettre le sujet sur le tapis et il a bien fait. Car c'est drôle, pas lourdingue, mais drôle. Un humour qui me plaît à moi, dont plutôt noir, grinçant, légèrement absurde et sarcastique.
Le pitch : un vaisseau traverse l'espace en ensemençant la vie sur des planètes. Seul limite, à chaque fois l'espèce doit être originale et la planète vivre en paix. Mais après moultes expériences, les idées se fanent, on en arrive sur la Terre et la création des humains...

Scénario improbable pour réalisation réussie haut la main. Un xéno-road trip à travers l'Europe et la Hongrie. Les trois aliens que nous suivons sont les petites mains, les premiers de corvée. Pas forcément très intelligents mais remplis de malices, malins et taquins, c'est une équipée sauvagement drôle qui égratigne nos travers d'humains, nous, l'espèce la plus intelligente de l'univers. Cerise sur le chapeau, l'auteur s'amuse avec le libéralisme et le monde de l'entreprise, mais aussi la religion.

Contrairement à son précédent roman Les bras de Morphée qui m'avait aussi bien fait marrer mais était sorti de ma mémoire sitôt lu, L'effet coccinelle reste bien dans mon cerceau. J'attends le prochain roman de l'auteur avec impatience.

Yuyine a passé un sacré bon moment de lecture, Le nocher des livres a passé un moment très agréable
 

2021, la SFFF toujours avant gardiste, ou presque

décembre 31, 2021

 

L'année 2021 est pour moi : 

  • Une bonne pandémie comme dans les meilleurs romans d'anticipation. Je pensais que les auteurs en rajoutaient parfois, que l'on frôlait le grand n'importe quoi. Et non, ils sont en dessous de la réalité. Un peu plus d'imagination bordel.


  • La non parution du dernier roman de mon Robert, The Cure, qui est reparti dans un tiroir. Pourquoi ? Nul ? On ne sait pas, mais Robert devrait sortir son premier essai en 2023...


  • C'est aussi le changement climatique qui nous offre ses premières réalisations visibles par le commun des mortels. Ce n'est sûrement que le début des emmerdes mais pour l'instant tout va bien pour nos gouvernants qui continuent de regarder leur PIB. Quand aux populations nées sous de mauvais cieux, on commence à construire nos murs. Lisez du Jean Marc Ligny pour connaitre notre avenir radieux...


  • 2021, c'est surtout la mise en avant de l'avant gardisme de la science fiction. Ce que j'aime dans la SF, c'est sa prospective sur les problèmes d'aujourd'hui. On pourrait croire que tout se passe bien dans le microcosme de l'imaginaire. Las, l'affaire Marsan, Monsieur Bragelonne, nous démontre que le milieu ne balaie pas devant sa porte. Après des années où tout le monde savait, mais ne faisait rien, à part se trouver des excuses. Après le dévoilement d'une autrice, suivi par le soutien des autrices de cette maison d'édition face aux agissements sexistes, voir plus, le futur ou la justice nous le dira. Après un silence assourdissant de la maison d'édition, le directeur-président-fondateur de la maison est démis de ses fonctions. Problème réglé, tout est bien qui finit bien. Reste les personnes qui ont subi les agissements, des dommages collatéraux malheureux. En outre, les autrices ont pu compter sur le soutien indéfectible de la gente masculine du milieu, du moins les compter sur les doigts de leurs mains.
    Un non événement donc, plus de sexisme dans l'imaginaire, un cas isolé. Peut être un jour nous apprendrons que le racisme y existe aussi, ou d'autres discriminations...
    Le vrai problème aujourd'hui est que le papier se fait rare et cher.


Je ne doute pas que l'année 2022 nous offrira le meilleur de la SF.

Editions 1115 : la bonne nouvelle

décembre 26, 2021

En 2017 apparaissait un nouvel éditeur dans le monde de l'édition, que dis-je, une agence de voyages littéraires ! De quoi promettre aux lecteurs un dépaysement total. Une maison spécialisée dans le format court, pas la chose la plus vendeuse. Et pourtant.
Une petite structure avec à sa tête un inconnu dans l'édition mais qui va peu à peu faire l'objet d'un bouche à oreille très flatteur. Les raisons sont multiples mais un prix bas (dumping social ?), un objet livre au format 11x15 et un graphisme léché ont sûrement joué. Ajouté à cela des noms d'auteurs reconnus... Cinq ans plus tard, le succès est au rendez vous et le micro-éditeur va prendre un nouvel élan pour nous offrir de nouvelles destinations. Rien de mieux qu'un entretien pour découvrir ce "1115 2.0".
Editions 1115 : la bonne nouvelle, un entretien passionnant pour découvrir les coulisses de cet éditeur qui n'a pas fini de nous en mettre plein les yeux.





Le chien critique : Frédéric Dupuy, tu es la personne qui se cache derrière les éditions 1115. Tu es un éditeur isolé ou y a-t-il d’autres personnes qui bossent avec toi ? Peux-tu te présenter, nous donner ton parcours ?


Frédéric Dupuy : Ça tombe bien que tu commences par là. Car oui, à l'origine, il s'agit de mon projet, et pendant cinq ans, j'ai mené ma barque en solitaire. Du moins, sur le papier, puisqu'un projet éditorial est par nature un projet collectif qui réunit auteurs, graphistes, illustrateurs, photographes, comité de lecteurs, correcteurs et éditeurs. Jusqu'à peu, donc, j'ai piloté ce projet en solo. Par le biais d'une microentreprise. Et puis, en août, les choses ont changé. Courant 2019, lors d'une soirée littéraire dans Lyon, et par l’entremise de Davy Athuil des éditions Mü, j'ai fait la rencontre d'un jeune auteur en herbe, Thomas Fouchault, que j'ai eu la chance d'éditer avant tout le monde avec son excellente novella "Les fileurs de temps". Et dès l’abord, Thomas s’est montré très impliqué dans le travail éditorial ; il débordait d’énergie et d’idées, m’accompagnait dans les salons et les festivals, s’investissait de plus en plus, toujours avec ce bel enthousiasme et ce professionnalisme dont il a le secret. Alors c’est tout naturellement qu’en août de cette année, je lui ai proposé de passer à la vitesse supérieure en intégrant la structure 1115. Officiellement. Nous avons étudié la situation, fait des plans sur la comète, mis en regard nos attentes respectives, pour finalement décider de faire évoluer la microentreprise en une SAS à 50/50. Une longue période de paperasse et de mouvements financiers plus tard, nous avons donc la joie d’officialiser notre partenariat et la constitution de ce 1115 2.0 à compter du 15/12/2021.

Thomas Fouchault : C’est une nouvelle aventure qui commence !
Le saut dans l’édition s’est fait naturellement après quelques années à sillonner les salons avec Frédéric, à découvrir le milieu et échanger avec le public. Je reste également auteur, ainsi qu’un représentant élu au Conseil syndical de la Ligue des Auteurs Professionnels. Cette nouvelle casquette ne change rien à mes engagements ; mieux, elle les alimente avec une meilleure compréhension des mécanismes de l’industrie du livre. Et qui sait ? Peut-être pourrons-nous changer le monde du livre de l’intérieur ?

Nous prenons nos fonctions avec Frédéric en Président, et moi-même en tant que Directeur Général de la SAS 1115. Au-delà de la gestion classique, Frédéric apporte le grain de folie et le souci de la musique des textes ; moi, l’amour des intrigues bien construites (et de l’administratif, et du développement).

Frédéric Dupuy, en compagnie de Marge Mantel (à gauche) et Paladine Saint-Hilaire (à droite)
lors des salons Curnonsky à Angers 2018. source


Il existe une flanquée d’éditeurs dans l'imaginaire, pourquoi ouvrir encore une boîte ? Que pensez-vous apporter de plus qui n'existe pas déjà ? Quelle est votre politique éditoriale ?


Frédéric Dupuy : Certes, il existe une palanquée d’éditeurs plus ou moins spécialistes de l’Imaginaire, mais la majorité d’entre eux publie quasi exclusivement au grand format, alors que je rêvais de nouvelles, de novellas et de romans courts, si difficiles à trouver à l’unité, en dehors des anthologies ou des recueils. Et puis je rêvais d’auteurs francophones, bien vivants, de créateurs du moment, d’acteurs de l’Imaginaire ancrés dans notre quotidien et dans les problématiques qui agitent aujourd’hui notre monde. En résumé, lorsque j’ai créé la maison, je voulais du court et du francophone, alors je me suis lancé dans le court et le francophone, et dans le petit format à petit prix.

Thomas Fouchault : Nous observons également qu’avec la concurrence des séries, des réseaux sociaux et des mille occupations de la vie quotidienne, beaucoup de personnes n’ont plus le temps de lire. Les textes courts et percutants répondent aux besoins de lecteurs qui cherchent à s’évader une demi-heure avant d’éteindre la lumière, ou dans les transports en commun, ou durant la courte sieste du petit dernier…
Mais la maison grossit, et nos ouvrages aussi. Breaking news ! Nous préparons une collection grand format pour intégrer des textes qui nous ont convaincus malgré leur taille. Le petit format restera toutefois le vaisseau amiral de la maison.


Thomas Fouchault lors des Imaginales 2021. Source


Les éditions 1115 ont eu 5 ans au mois d’août ; quelles erreurs pensez-vous avoir commises au démarrage ? L'enthousiasme du début s'est-il estompé ?

Frédéric Dupuy : Ipso facto, on commet toujours des erreurs au démarrage d’une activité. Et tout au long de son activité, aussi. C’est en partie de cela que l’on apprend, de ses erreurs. L’important, c’est de faire, d’agir, d’aller au bout de ses idées, de ne jamais baisser les bras, et vingt fois, cent fois, mille fois s’il le faut, sur son métier remettre son ouvrage. Commencer et recommencer. Essayer, se tromper, rectifier le tir, avancer. Et à dire vrai, créer est en soi un exercice trop grisant pour jamais devenir lassant. Donc non, l’enthousiasme des débuts n’est pas retombé. Au contraire même, plus la maison grandit, plus elle bruisse de ce bouillonnement créatif si cher à mon cœur.

Thomas Fouchault : Peut-être que nous avons été trop discrets ? Nous allons y remédier.



Petite structure, vous avez commencé avec quelques beaux noms. Je vois tant d'éditeurs avec d'obscurs auteurs, comment fait-on ? Vos parents sont connus dans le milieu ?


Frédéric Dupuy : Non seulement mes parents (ces tranquilles retraités berrichons férus de jardinage et de voyages) ne connaissent personne dans le milieu, mais qui plus est, j’ai commencé cette activité en partant de zéro, sans aucun contact professionnel ni aucun auteur dans mon entourage. Seulement, j’ai décidé de prendre mon courage à deux mains et d’aller frapper à toutes les portes, en expliquant mon projet et mes ambitions, le plus sincèrement du monde. Ensuite, tout n’a été que rencontres et feeling. À ce niveau, je dois avouer que j’ai eu de la chance. Beaucoup de chance. J’ai rapidement rencontré des auteurs incroyables, des personnes passionnantes et passionnées, et je crois qu’au-delà de nos affinités naturelles, c’est mon projet qui les a convaincus. Faire vivre leurs textes courts dans un petit format abordable et adapté, avec toujours cette idée du "Voyage Littéraire" en toile de fond, du dépaysement. Au bout d’un moment, ce sont même les auteurs qui sont venus à ma rencontre lors des salons ou des festivals pour me proposer leurs textes.

Thomas Fouchault : Le format court séduit les lecteurs, mais aussi les auteurs ! Difficile de faire rentrer des novellas dans les catalogues des grosses maisons d’édition. Et puis, il ne faut pas sous-estimer la puissance du bouche-à-oreille entre les auteurs : quand le travail se passe bien avec un éditeur, ça finit par se savoir.

Festival ImaJnere 2021
Arnauld Pontier, Emmanuel Quentin, Paladine Saint-Hilaire et Thomas Fouchault source


 Vous publiez ce que l’on appelle de la Science Fiction Fantasy Fantastique, mais sérieusement, la #SFFF, ce n’est pas de la littérature !

Frédéric Dupuy : Une chose est sûre, ça, ce n’est pas une question.

Thomas Fouchault : C’est plus que de la littérature ? Ça a beau sonner comme le sifflement d’un cobra asthmatique, nous souhaitons donner des lettres de noblesse à la SFFF avec des textes de qualité qui font voyager vite et loin.



J’ai beau regarder la liste des auteurs publiés, je n’y trouve pas d’auteurs anglo-saxons. Vous n’avez pas envie que votre maison d’édition fonctionne ? On entend régulièrement les éditeurs dire, à leur corps défendant, qu’il n’y a pas de relève d’auteurs francophones. Partagez-vous ce constat ?


Frédéric Dupuy : Sorry, I don’t understand your question. I don’t speak french.

Thomas Fouchault : Qu’ils se dénoncent ! Pour notre part, nous découvrons avec chaque nouvelle publication des auteurs de talent, vivants, qui ne cessent de nous faire rêver. Nous souhaitons partager ces rencontres avec le grand public pour qu’il y ait autre chose que des best sellers ou des bouquins d’auteurs morts depuis plus de 70 ans dans les étagères. Comme nous cherchons à créer la proximité entre les auteurs et les lecteurs, le rachat de droits étrangers n’est pas une priorité pour le moment.



18 auteurs, 8 autrices, la parité est - presque - respectée. Hasard ou volonté ?
(Liste des auteurs publiés)

Frédéric Dupuy : Ou peut-être qu’en y mettant un peu de bonne volonté, ce n’est pas si difficile de donner autant la parole aux femmes qu’aux hommes. Smiley clin d’oeil.

Thomas Fouchault : Les vieilles SF et fantasy de boomers ont fait leur temps. Nous cherchons une pluralité de voix qui rendra la littérature plus riche. Et que voulez-vous, nos autrices ont du talent !

Source


De mon expérience avec les petits éditeurs, les couvertures sont souvent très moches, hideuses ou repoussantes, souvent les trois réunis. Ce n’est pas le cas chez vous. Une belle charte graphique, de suite reconnaissable. Vous pouvez nous en toucher un mot ?

Frédéric Dupuy : Goût. Ça fait un mot. Mais j’aurais pu aussi dire : œil. Ou encore : simplicité. Seulement ça fait trois mots. Donc je vais m’en tenir à : Goût. Plus sérieusement, j’ai toujours eu un rapport très particulier à l’image puisque, dans mon parcours scolaire, j’ai fait cinq ans d’arts plastiques et six ans d’Histoire de l’Art. Sans parler de ma mère, grande lectrice s’il en est, qui peint depuis mon plus jeune âge. À la maison, j’ai grandi dans les odeurs de livre et de térébenthine, entre l’atelier et la bibliothèque. Du reste, si je n’avais pas d’auteurs parmi mes connaissances jusqu’à la création de la maison d’édition, j’ai toujours eu des amis artistes, qu’ils soient peintres ou photographes. Victor Yale, le créateur des couvertures de la maison, est l’un d’eux.

Thomas Fouchault : Et encore, il ne vous dit pas à quels dispositifs et contorsions il s’est adonné pour saisir la bonne prise pour la couverture. Le côté petit livre-objet attire l’œil, on voit même une relation affective s’établir entre ces petits ouvrages colorés et des lecteurs (pour Noël, oubliez chats et chiens : adoptez une novella 1115 !).
Enfin, laissez-moi vous faire une petite confidence : prenez un de nos livres et tournez-le en format paysage. Que voyez-vous avec ce code-barres étrange sur le côté ? Un billet d’avion ou de train ! Notre promesse tient dans la charte graphique : nos livres vous feront voyager.


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J’ai cru entendre que le format et la mise en page étaient assez atypiques, j’ai des problèmes d’audition ou est-ce vrai ?


Frédéric Dupuy : Si tu poses cette question, c’est que tu n’as jamais tenu un livre 1115 au format papier entre les mains. Je te conseille donc de prendre rendez-vous au plus tôt chez un audioprothésiste ou un ORL. Avant que la lecture sur liseuse ne te rende définitivement sourd à toute considération papetière.

Thomas Fouchault : Au-delà du format 11x15, les exemplaires papier intègrent un travail de mise en page qui n’apparaît pas dans les versions numériques. Selon les ouvrages, vous trouverez de fausses coupures de presse, des cartes postales, des images satellites de Mars, des calligrammes… de quoi enrichir l’expérience de lecture. Ici aussi, la forme dialogue avec le fond.


source



Argyll est une nouvelle maison d'édition qui se propose d'être plus responsable. A contrario, cela signifie qu'ailleurs ce n'est pas la même chanson. Voyons point par point comment cela se passe chez toi :



“La relation éditeur·ices / auteur·ices est souvent vue comme problématique,
car elle est source de déséquilibre et de coercition”

“le contrat propose à l’auteur·ice de cocher ce qu’iel souhaite et
ne souhaite pas parmi les propositions qui sont faites dans les divers articles [du contrat]”

“Nous n’utiliserons pas, non plus, d’à-valoir qui implique bien trop souvent une notion de dette envers l’éditeur·ice. Dans l’éventualité que l’auteur·ice ne vend pas assez, il ne « doit rien », n’a rien à « rembourser », il n’est pas placé en position de faiblesse. “

“une rémunération deux fois l’an. Ce n’est, souvent pas le cas dans le domaine de l’édition, qui rend les comptes une fois par an seulement. Un système souvent perçu comme difficile, car il ne permet pas à l’auteur·ice d’avoir des revenus régulièrement. “

“L’éditeur communique la liste des services de presse pendant la période de lancement, et communique les chiffres de mise en place.”

Frédéric Dupuy : Xavier et Simon sont des amis, je refuse donc de dire du mal de leur excellent travail. Si ce n’est que nous partageons toutes leurs valeurs. Nous travaillons main dans la main avec les auteurs, du contrat jusqu’à l’exploitation, en passant par le travail éditorial et la mise en place du livre. Nous ne donnons pas dans les contrats léonins et, côté pécuniaire, nous versons autant d’avances que possible tout au long de l’année, au minimum deux fois par an, parfois trois ou quatre fois. Nous émettons les redditions en temps et en heure, et réglons toujours les sommes dues rubis sur l’ongle. C’est notre mode de fonctionnement depuis le début de la maison, et ça n’est pas prêt de changer.

Thomas Fouchault : Je confirme ! Durant ma relation d’auteur avec 1115, je n’ai pas retrouvé les travers des grosses maisons d’édition décriées sur les réseaux. Maintenant que je suis passé de l’autre côté du miroir, je vais m’assurer qu’on intègre les meilleures pratiques dans nos contrats et notre mode de fonctionnement, en nous appuyant notamment sur les recommandations de la Ligue des Auteurs Professionnels. L’auteur est à la base de la chaîne du livre, il faut qu’il soit bien rémunéré et qu’il sache ce qu’on fait de ses écrits. Auteurs et éditeurs sont partenaires, il faut que leur relation soit aussi équilibrée et transparente que possible. Mais à chacun son rôle : à l’auteur d’écrire des textes, à l’éditeur de les exploiter.



Pour se différencier et apporter un plus au lecteur, pourquoi ne pas offrir un entretien avec l'auteur du texte, ou d’autres contenus additionnels ? Je crois que c’était le cas dans La Machine différente de Jean-Laurent Del Socorro.

Frédéric Dupuy : Nous avons déjà proposé un tas de focus et d’interviews des auteurs de la maison via le journal de bord de notre site internet, et nous en proposerons encore à l’avenir, pas d’inquiétude.

Thomas Fouchault : Et qui sait ? Peut-être fournirons-nous plus d’exclusivités, de making-of, d’échanges en live avec nos lecteurs sur les réseaux !



De suite les éditions 1115 ont sorti leurs livres aux formats papier et numérique, initiative que je salue en tant que lecteur numérique. Cependant, il existe un décalage entre la sortie papier et la sortie numérique, pourquoi ? Le lecteur numérique est-il un lecteur de second choix ?

Frédéric Dupuy : C’est le livre numérique qui est un choix secondaire. Les lecteurs, eux, sont toujours notre priorité.

Thomas Fouchault : Et il faut bien donner envie aux lecteurs numériques de nous lire après avoir flashé sur les couvertures ! Ce décalage permet de soutenir plus longtemps nos campagnes de promotion des nouveaux ouvrages sur les réseaux sociaux. Tout le monde s’y retrouve : l’auteur, l’éditeur, et le lecteur papier qui peut narguer ses camarades numériques durant quelques semaines.



Entre 1 et 4€ l’ePub (2 et 9 euros en papier) selon la pagination. En tant que lecteur, je trouve ces prix justes, mais comment faire marcher la boutique dans ces conditions ?

Frédéric Dupuy : En voyant les ventes en numérique comme du bonus, et non comme une ressource indispensable au maintien de l’activité. Néanmoins, notre politique tarifaire risque d’évoluer dans les mois à venir. Les prix que j’avais fixés au début de l’activité entendaient une rentabilité minimum, voire quasiment nulle dans certains cas. Tout était pensé à l’échelle de la microentreprise et de ses coûts réduits. Or, si nous voulons continuer à faire évoluer la maison, en intégrant par exemple les circuits de la distribution/diffusion, nous allons devoir réévaluer nos tarifs (sans doute en 2022) pour dégager la marge nécessaire à la pérennité de l’activité. Constat bassement matériel, mais non moins réel.

Thomas Fouchault : L’entrée dans la distribution/diffusion va bouleverser notre modèle économique. La prise de risque sera plus importante, et si l’on ajoute un convive très gourmand autour de la table, il faudra augmenter la taille du gâteau. Toutefois, la hausse des tarifs bénéficiera également aux auteurs.



À part quelques éditeurs, Le Bélial ou Albin Michel Imaginaire et en traînant ses guêtres sur le forum du Bélial, on a parfois quelques chiffres de ventes. Le monde de l'édition étant ce qu'il est, je suppose que vous connaissez à peu près le tirage des uns et des autres, pourquoi le cacher ? Pouvez-vous nous donner vos chiffres ?

Thomas Fouchault : Et faire pâlir Hachette d’envie ? Notre volume des ventes s’accroît d’année en année depuis le lancement de la maison, et nous nous attendons à un bon coup d’accélérateur avec l’évolution de la structure.

Frédéric Dupuy : Pour ma part, si j’avais voulu communiquer des chiffres, je serais devenu expert-comptable, ou commissaire aux comptes. J’aurais aussi pu présenter le loto, car « La loterie est plus qu’un simple passe-temps, Peter... C’est la main de Dieu descendue des cieux pour choisir un humain unique et lui octroyer un montant d’argent ou un billet gratuit. Je ne suis pas prêt à vivre dans un monde sans loterie, Peter. Je ne suis pas prêt à retirer au peuple le droit de rêver ! Car que sommes-nous sans loterie, Peter ?... Des animaux ! Des animaux !! » Marc Labrèche, alias Brett Montgomery, à propos du Super méga ultra bingo bongo loto dans Le cœur a ses raisons, saison 1, épisode 3.



Faut-il aimer le texte pour le publier ? Ou, dit autrement, choisissez-vous l'affect ou le rendement possible ?


Frédéric Dupuy : Remplace les mots « le texte » par « une personne » et « le publier » par « l’épouser » et tu auras ta réponse. Nota bene : Non, je ne cautionne pas les mariages arrangés.

Thomas Fouchault : Sans coup de cœur, il est plus ardu de défendre un livre. L’affect est une condition première, ensuite, il faut qu’il soit cohérent avec notre ligne éditoriale. En tant qu’éditeur indépendant, nous avons la chance de pouvoir tester des produits et d’avoir un contact direct avec notre public. Si un texte atypique nous plaît et qu’on se sent capables de le vendre, pourquoi pas ?



Je n'ai jamais vu un de vos livres en librairie, ça se vend comme des petits pains ou vous n’y êtes pas présents ? Comment fait-on pour être sur les étals des libraires ?


Thomas Fouchault : De l’XP et beaucoup de SP ! Nous sommes auto-diffusés et encore très mal connus des libraires. Le renforcement du lien avec les prescripteurs de lecture sera notre chantier le plus important à court terme. L’entrée dans le circuit de distribution-diffusion nous donnera beaucoup plus de visibilité à moyen terme.

Frédéric Dupuy : Personnellement, je crois que, en l’état actuel des choses, la meilleure solution pour être sur les étals des libraires, c’est de rentrer dans la boutique, de retirer poliment son manteau et de s’allonger sur les tables. Encore faut-il que le libraire soit d’accord.



2022 arrive à grands pas, quels voyages littéraires allez-vous nous proposer ?

Frédéric Dupuy : Là encore, nous te donnons la primeur de l’information. Le 14 janvier prochain, nous allons publier notre premier recueil de micronouvelles. Cent micronouvelles, pour être exact. Cent perles de causticité, de poésie et de jeux de langue. Nous avons décidé de l’appeler « Cent gouttes d’acide ». Tu pourras remercier Frédéric Gaillard et sa plume aiguisée pour ce coup de maître dont nous ne sommes pas peu fiers.

Thomas Fouchault : Nous allons ensuite accueillir deux nouveaux auteurs dans la maison, Silène Edgar et Gauthier Guillemin, qui nous ont soumis deux nouvelles fabuleuses. Au printemps, nous sortirons la prochaine novella d’Arnauld Pontier, « Merlin », qui après « Sur Mars » et « Dehors, les hommes tombent », nous offrira un nouveau voyage de toute beauté. Enfin, nous allons rééditer « Dans l’ombre des miroirs » de Marge Nantel en grand format, et offrir ainsi un écrin à la hauteur de ce bijou (prix Aventuriales 2019) d’ici au festival des Imaginales. Dans la foulée, nous sortirons la suite inédite de ce grand roman de fantasy : « La cité sous les Cimes ».

Pour ce qui est du second semestre, nous y travaillons !

Cent gouttes d’acide de Frédéric Gaillard - Facebook de l'auteur


Je vous laisse clore cet entretien…

Frédéric Dupuy : Merci à toi pour cet échange, et pour l’intérêt que tu portes à notre travail. J’espère que l’on pourra remettre ça à l’occasion. Ou te rencontrer, un jour, en chair et en os, lors d’un salon, d’un festival, ou à n’importe quelle occasion. Qui sait ? Un jour, peut-être, mettre un visage sur ce pseudonyme canin. D’ici là, je te souhaite les plus fabuleux des voyages littéraires. Promis, nous y travaillons d’arrache-pied.

Thomas Fouchault : Poil au nez. Ou à la truffe, pour les chiens concernés !


Le chien critique : un immense merci à vous.





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Mes avis sur quelques uns de leurs textes



Réponses au teasing que j'ai fait sur les réseaux sociaux


Jour 1 : Evangile Matthieu 11 15, en lien avec la dénomination de l'éditeur



Jour 2 : Clin d'oeil à l'agence de voyage littéraire


Jour 3 : le résultat de la multiplication de 11x15





Comme les autres

décembre 23, 2021

 

Élodie Serrano, Armada éditions, 2021, 36 p., 5€ papier

 

Peut-on enfiler une veste qui n'est pas taillée pour soi ?
 

Présentation de l'éditeur : 

Depuis toujours, Griffes rêve de devenir Gardienne de la Paix, quand bien même tout le monde lui répète que c’est un métier de capybara et qu’une chatte n’a pas le physique ni le caractère pour le devenir.
Mais Griffes est bornée et tente tout de même sa chance. Le chemin, pavé de préjugés, risque bien de mettre son entêtement à rude épreuve.
Arrivera-t-elle à réaliser son rêve et tracer sa propre voie ?

 

Mon ressenti :

Un jour, les animaux acquièrent la parole et l'humanité disparaît face à toutes les souffrances qu'ils ont fait subir à la gente animale. Dans cette nouvelle société, un chatte tente de devenir flic.

Voilà une fable humaniste et positive sur la différence avec des animaux comme protagonistes. A l'inverse de La ferme des animaux, la bienveillance guide le récit, sans verser non plus dans la mièvrerie. Le monde homme ou animal est loin d'être égalitaire et l'autrice ne nous cache pas les discriminations. Ici, les flics sont en majorité des capyboras et voir arriver une chatte et un chien semble gêner aux entournures. L'autrice a préféré choisir l'espoir et de nous dessiner une possible utopie. Partant de là, la fin est connue, mais cela participe à l'esprit de Noël.
Même si j'ai toujours du mal avec la bienveillance, j'ai lu avec plaisir cette fable qui m'a fait penser au film d'animation Zootopie.

 


Challenge
Winter short stories of SFFF

Mécanique en apesanteur

décembre 20, 2021

 

Bénédicte Coudière, Armada éditions, 2021, 36 p., 5€ papier

 

La différence, inconvénient ou atout ?


Présentation de l'éditeur : 

Cassandre est sans conteste la meilleure mécanicienne de sa génération. Il faut dire qu’elle dispose d’un atout non négligeable : elle peut dialoguer avec les machines qu’elle répare.
Appelée en urgence sur la station spatiale internationale suite à de multiples et étranges avaries, Cassandre y retrouve la capacité à se mouvoir librement grâce à l’apesanteur. Mais surtout, elle va faire la connaissance de l’être le plus passionnant et étrange qu’elle n’ait jamais rencontré.

Mon ressenti :

On débute par une partie d’échec qui nous fait comprendre une des particularités de la protagoniste : une intelligence différente du commun des mortels. Cette différence lui permet de pouvoir dialoguer avec des systèmes complexes et in fine de les réparer. Et justement, des avaries multiples touchent la station spatiale internationale.

Une nouvelle qui se lit facilement et nous met dans la psyché de cette mécanicienne. L'autrice utilise le trope du dialogue IA/Homme et l'éveil de la conscience de manière simple et compréhensible qui devrait permettre aux moins aguerris des lecteurs de SF de savourer pleinement le récit. Autre point positif, le handicap qui n'est pas vu comme un handicap ici, mais un avantage selon les conditions environnementales et la norme un désavantage. L'éveil de la conscience n'est pas forcément où on l'a voit !

 
 
 
D'autres avis sur le site du Galion des étoiles.
 
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