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30/Robert Charles Wilson/custom

Celle qui a tous les dons

mai 24, 2018


M.R. Carey, L'Atalante, 2014, 448 p., 10€ epub sans DRM

Un champignon, des zombies, une apocalypse et quelques misérables humains tentant de sauver leur peau.
Un bon moment de lecture sans verser dans le gore ni l'action à outrance. Et un final original...

Présentation de l'éditeur :


Tous les dons ne sont pas une bénédiction.
Chaque matin, Melanie attend dans sa cellule qu’on l’emmène en cours. Quand on vient la chercher, le sergent Parks garde son arme braquée sur elle pendant que deux gardes la sanglent sur le fauteuil roulant. Elle dit en plaisantant qu’elle ne les mordra pas. Mais ça ne les fait pas rire.
Melanie est une petite fille très particulière…

Mon ressenti :


Retour à la bonne éducation, avec une pédagogie innovante pour un enseignement des plus studieux : les gosses sont attachés à des fauteuils roulants, bien espacé les uns des autres. En cas de non respect du règlement, les pions en tenue camouflage sont présents pour rappeler les bases des règles de vie communes. Et gare aux petits rebelles, les gars des sciences ne sont pas contre quelques cobayes pour leur cours d'anatomie appliquée.
Un rêve, une utopie pour nombre d'enseignants !
Sauf qu'il n'y a plus réellement d'enseignants, et les petits morveux ont un drôle d'appétit, le cannibalisme n'étant pas un de leur tabou. En effet, le monde (ou une partie) est en proie aux zombies, mais ces enfants ont tout de mêmes quelques neuronnes qui fonctionnent encore. Seraient-ils le chainon manquant entre le zombie et l'humain ? Et peut être la possibilité d'un vaccin ?

Dans cet école idéal, les événements vont comme de bien entendu tourné vinaigre, et Mlle Justineau, l'enseignante empathique, la petite zombie intelligente Mélanie, l'affreux militaire Parks et l'ignoble scientifique Caldwell vont se retrouver sur les routes et tenter de sauver leur peau face à ses Affams affamés.
Malgré des personnages archétypaux et caricaturaux, une intrigue assez linéaire, une parabole religieuse assez prégnante, l'auteur parvient à faire monter la mayonnaise, la tension est présente, même si le rythme n'est pas échevelé. La fin et son happy end ironique, prend le lecteur à rebours. A noter, une  fin beaucoup plus visuelle que le film.
On se croirait parfois dans un film SF des années 50 : le militaire borné mais ayant un bon fond, le scientifique savant fou, prêt à tout pour poursuivre ses recherches. Et La Chose, effrayante de par son étrangeté, mais plus humaine que certains...

Mike Carey nous donne son interprétation du mythe de Pandore, autrement dit celle qui a tous les dons et nous offre un roman divertissant, renouvelant, à la marge, le zombie.
Les studios de cinéma en ont fait un film honorable, et l'auteur nous en a donné un préquel :


Mon avis Le film

Citation :

L’une des choses qui lui plaisent chez Justineau, c’est son sérieux. Il a carrément la haine contre les gens frivoles, inconséquents, qui dansent à la surface du monde sans regarder en dessous.

H-Man

mai 23, 2018

Série réalisée par Joseph Cahill, 2014, Arte, 10 épisodes de 5mn


Marre de la SF gauchiste ?
Alors, dites bienvenue à H-Man, le super héros français de droite prêt à tout pour sauver les valeurs de la France, de l'Europe et du libéralisme.
Les Etats-Unis avaient Lovecraft, Heinlein et Anderson pour rassurer les WASP, désormais, les Gaulois peuvent compter sur H-Man pour préserver l'orthodoxie de la pensée unique.



Mon ressenti :

Alors que les super héros traditionnels ont des pouvoirs extraordinaires, H-Man n'a pas de super pouvoirs, ce qui ne l'empêche nullement d'être présent quand il le faut :
Durant la crise grecque pour sauver la monnaie unique avec sa fidèle Valkyrie allemande dans sa tenue de bavaroise sexy;
Pour sauver sa moitié lorsqu'elle est menacée par des écolos en guerre contre le nucléaire;
Pour karchériser avec son K-pat la crise des banlieue à coup de bogey bogey;
Pour défendre la France contre les technocrates européens et leur robot euro;
Pour sauvegarder l'identité française face à la horde des étrangers;
Pour combattre le marché financier en compagnie du FMI contre Capitaine Crise;
Pour défendre le pouvoir d'achat des super-retraités;
Au côté d'Hadopi contre les pirates du net et tenter de réconcilier les hackers et la culture


Mais on peut défendre des valeurs conservatrices et être ouvert à quelques changements, pour preuve la non insensibilité du super héros pour apaiser les tensions entre l'église catholique et la communauté gay lors des débats sur mariage homosexuel, ou son air dubitatif face aux mineurs étrangers.
Et l'inventivité est au rendez vous, comme lors de l'épisode La crise grecque et son prof de kitesurf Zeus et sa cape pour cacher le trou des finances publiques.

ep06

Pétri de second degré, d'absurde et de surréalisme, rare sont ici les solutions apportées aux problèmes de société provoqués par les supervilains : le Calamar grecque, la Pâquerette nucléaire, la Caillera peace, le conseiller Flot Noir
Des méchants vraiment méchants, portés par de splendides effets spéciaux à la pointe de la technologie, qui vous rappelleront les meilleurs moments des films des années 50.


Des dialogues savoureux et truculents, dignes des plus grands dialoguistes
- Je ne suis pas folle ! Je suis la Main Verte
- La Main Verte ? Mmmmhhh, j'adore planter des graines.


Une série à couper le souffle, les stars ne s'y sont pas trompé. Au fil des épisodes, vous rencontrerez les plus bankable : Annie Cordy, Mathieu Amalric, Jacques Higelin, Mylène Jampanoï….
Sans oublier dans le rôle titre, Arthur H
Une série qui a débuté grâce à ce clip, Dancing with Madonna, où H-Man faisait son apparition pour la première fois :



Mettez à la poubelle vos films de super héros américains interchangeables et appréciez le non sens français.
Diffusé initialement sur Arte, vous pouvez facilement retrouver les épisodes sur youtube.





Une interview du réalisateur ici : https://smallthings.fr/h-man-interview-du-realisateur-joseph-cahill/


La part du monstre

mai 17, 2018


M.R. Carey, L'Atalante, 2018, 448 p., 10€ epub sans DRM



Dans la famille Celle qui avait tous les dons, je demande le préquel.
Des zombies, des militaires et des scientifiques, soit les mêmes ingrédients que dans Celle qui avait tous les dons mais les évènements se situent avant. Une suite préquel qui change des suites à rallonge, mais est ce suffisant ? Oui et non.

Présentation de l'éditeur :


Sur une Terre en proie à la terreur.
Stephen, 14 ans, autiste et surdoué, a pris place dans un laboratoire mobile avec six militaires et six scientifiques. Sauveront-ils l’humanité ? 

Mon ressenti :


Nous sommes 10 ans après La Cassure, 10 ans avant les évènements narrés dans Celle qui avait tous les dons.
La Cassure, c'est le moment de l'histoire où l'humanité s'est prix un grand coup de savate dans la gueule qui l'a laissé moribonde, le monde appartient désormais aux Affams, des zombies dont la seule particularité est d'être appelé Affams !
Quelques groupes s'organisent à qui mieux mieux, dont la ville de Beacon qui décident d’envoyer des scientifiques et militaires de seconde zone chercher un remède au virus.
Douze hommes et femmes, partagés équitablement entre militaires et scientifiques, et un adolescent autiste : Stephen, l'inventeur du gel étatbloquant qui permet de s'aventurer sans avoir un grand panneau clignotant au dessus de sa tête "Ici chair fraiche et tendre"

Tout cela se lit sans mal, un bon page turner pas trop frénétique, dans la droite ligne de l'opus précédent. Ceux qui aiment le gore ou l'action en seront pour leur frais, car le rythme est tout de mème assez lent, sauf dans la dernière partie. Le périple de nos chers protagonistes est assez semblable à Celle qui avait tous les dons, mais le lecteur découvre quelques éléments sur la survenue du virus et sur les enfants humanité 2.0.

Ce qui m'a le plus dérangé c'est le manque de réflexion sur les différentes thématiques. Il y a bien la loyauté des militaires à leur hiérarchie ou à leur mission, sur le devenir de l'humanité mais cela ne va jamais très loin. M.R. Carey ajoute un nouvel élément dans le duel bas du front/haut du front : un gouvernement duel civil et militaire. L'expédition en paye les frais avec deux commandants, par contre au temps le le commandement armé est crédible, ce n'est pas le cas de l'autre, falot et couard.
L'auteur a cependant le souci d'éviter la caricature dans ses personnages sans toutefois y parvenir pleinement.
Les rapports avec les événements futurs sont bien amenés, enrichissant l'univers, comblant les trous.
Un grand bravo pour la fin sous forme d'épilogue qui ravira les lecteurs du premier roman.

Un divertissement honnête qui manque cependant d'originalité par rapport au premier opus mais qui ravira les lecteurs du premier tome. Et l'envie de relire Celle qui avait tous les dons...
Pouvant se lire de manière indépendante, n'appelant pas forcément à une suite, mais qui sait, certaines portes sont ouvertes...


Mon avis Le film


Quelques citations :


La plupart des satellites sont tombés du ciel il y a un bail, donc tout ça, c’est de la pure théorie, et il ne voit pas ce qu’il y a de si génial dans le fait de laisser sa marque. On a une vie, qui se finit. Ensuite, on est mort. Ce qui compte, c’est de vivre, pas de prouver aux autres qu’on est passé sur cette Terre. Tout disparaît, c’est dans l’ordre des choses. Les trucs qui restent en place, ils croupissent.


Sans qu’aucune démonstration satisfaisante n’en ait été faite, c’est la doctrine Caldwell, selon laquelle la mort psychique survient dès l’instant de l’infection, qui prévaut à Beacon. L’autre hypothèse, horrible mais pas improbable, veut que les affams soient atteints d’une forme de syndrome de déefférentiation motrice. Qu’ils soient conscients, mais court-circuités par l’agent pathogène qui s’est installé dans leur système nerveux et donc incapables de commander à leur corps. Quel effet ça ferait ? Une âme qui scrute le dehors à travers des rideaux gris, pendant que l’organisme qui a pris possession de son enveloppe célèbre sa liberté à grand renfort de carnages aveugles ?


- Stephen, es-tu devenu fou ?
Le visage de Fournier a viré à un rouge brique tirant sur le bordeaux.Peut-être. Il n’y a pas moyen de savoir, car c’est toujours le problème – pour lui comme pour tout un chacun. La santé mentale est une chose en suspens, ancrée dans rien d’autre qu’elle-même. On tâte le sol à quelques centimètres au-devant, on s’avance comme s’il était ferme, mais le monde entier est en chute libre et on l’est avec lui.

Fahrenheit 451

mai 13, 2018


Ray Bradbury, Folio SF, 2016 (parution originale 1953), 240 p., 6€ epub avec DRM


L’abêtissement comme asservissement.

Votre vie de tous les jours vous satisfait, la société dans laquelle vous vivait vous comble.
Alors, allez acheter Fahrenheit 451 et brûlez-le !


Présentation de l'éditeur :


451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres, dont la détention est interdite pour le bien collectif. Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement poursuivi par une société qui désavoue son passé.


Mon ressenti :



Des enfants qui s'abrutissent à l'école et se défoulent pour de vrai à Grand Theft Auto.
Des adultes qui parlent d'une seule voix, celle de la Nation, celle de la norme. La lecture se résumant à lire des publicités ou des scripts de telenovelas.
La délation comme seul lien, l'égoïsme pour compagne.
Des pompiers au pas : protéger les citoyens du pire danger qui soit : la réflexion.
Bienvenue chez nous !

Brûle livre brûle.
Brûle connaissance brûle !
Brûle idée déviante brûle !
Brûle esprit critique, brûle !

Une anticipation visionnaire par bien des points, une prescience de l'avenir phénoménale. Car débarrassé de ces oripeaux SF, bien des points abordés par Bradbury sont devenus notre quotidien : Ses murs-écrans et le besoin d'en recouvrir chaque mur ressemblent furieusement à nos écrans plats dont nous devons acheter le dernier modèle plus grand, plus coloré, plus Hi-Fi pour admirer comme il se doit 22 connards en shorts.
Ces enfants qui s'amusent pour évacuer la pression à écraser les piétons, se bastonner, voler est le scénario du célèbre jeu vidéo Grand Theft Auto.
Que dire de ses émissions dont nombre de nos séries et télé réalité n'auraient pas à rougir.
Quand à la promotion du livre, de la Culture, cela fait bien longtemps que l'épitaphe a été gravé sur leurs tombes, le dernier coup de grâce rendu par Macron pour en faire un lieu de loisir publicitaire sans livres...
Beaucoup d'auteurs en aurait fait une anticipation pleine de fureur, de bling bling à la cyberpunk. Ray Bradbury préfère prendre la voie de la poésie. Fini l'âge d'or, le monde change, les désillusions se ramassent à la pelle, le monde nouveau n'est pas celui espéré.



Texte cependant qui a quelques défauts : le revirement de Montag est un peu trop rapidement amené, les personnages manquent de profondeur (quand bien même ils reflètent la société décrite), l'enchainement des événements parfois improbables.
Le style m'a paru assez pompeux, mais cela reste un point subjectif et malgré la brièveté du récit, j'y ai trouvé quelques longueurs. Mais ce défaut fait aussi parti d'un certain éloge de la lenteur prôné par Montag.

Reste une fable critique sur les travers de la société, toujours d'actualité.
Une dystopie utopique car oui, les lendemains peuvent chanter.



Dans les années 90, l'éditeur était plus généreux, deux nouvelles et deux essais complétait le roman. Il faudra se contenter de nos jours d'une préface de Jacques Chambon, éclairante:

Une autre façon de brûler les livres est de les traduireen clarifiant l'obscur et en simplifiant le complexe.
Il y est aussi et surtout question de l'impérialisme des médias, du grand décervelage auquel procèdent la publicité, les jeux, les feuilletons, les « informations » télévisés. Car, comme le dit d'ailleurs Bradbury, « il y a plus d'une façon de brûler un livre », l'une d'elles, peut-être la plus radicale, étant de rendre les gens incapables de lire par atrophie de tout intérêt pour la chose littéraire, paresse mentale ou simple désinformation.

Un film en a été tiré, réalisé par François Truffaut en 1966
Prix Hugo 1954

Le danger n’est pas dans les livres, il est dans l’absence de livres.
Espace d'un temps

La force du propos rattrape le style assez suranné et ampoulé du roman.
Xapur

Un pompier un peu pompeux
Blog o Livre


Quelques citations :

Jusque-là, ça n'avait jamais été plus compliqué que de moucher une chandelle. La police arrivait d'abord, bâillonnait la victime au ruban adhésif et l'embarquait pieds et poings liés dans ses coccinelles étincelantes, de sorte qu'en arrivant on trouvait une maison vide. On ne faisait de mal à personne, on ne faisait du mal qu'aux choses. Et comme on ne pouvait pas vraiment faire du mal aux choses, comme les choses ne sentent rien, ne poussent ni cris ni gémissements, contrairement à cette femme qui risquait de se mettre à hurler et à se plaindre, rien ne venait tourmenter votre conscience par la suite. Ce n'était que du nettoyage. Du gardiennage, pour l'essentiel. Chaque chose à sa place. Par ici le pétrole ! Qui a une allumette ? 

Elle ne voulait pas savoir le comment des choses, mais le pourquoi. Ce qui peut être gênant. On se demande le pourquoi d'un tas de choses et on finit par se rendre très malheureux, à force. Il vaut bien mieux pour cette pauvre fille qu'elle soit morte.

Mon oncle dit que les architectes ont supprimé les galeries parce qu'elles étaient inesthétiques. Mais d'après lui ce n'était qu'un prétexte ; la véritable raison, cachée en dessous, pourrait bien être qu'on ne voulait pas que les gens restent assis comme ça, à ne rien faire, à se balancer, à discuter ; ce n'était pas la bonne façon de se fréquenter. Les gens parlaient trop. Et ils avaient le temps de penser. Alors fini les galeries. Et les jardins avec. Il n'y a plus beaucoup de jardins où s'asseoir en rond. Et voyez le mobilier. Plus de fauteuils à bascule. Ils sont trop confortables. Il faut obliger les gens à rester debout et à courir.
Monsieur Montag, c'est un lâche que vous avez en face de vous. J'ai vu où on allait, il y a longtemps de ça. Je n'ai rien dit. Je suis un de ces innocents qui auraient pu élever la voix quand personne ne voulait écouter les "coupables", mais je n'ai pas parlé et suis par conséquent devenu moi-même coupable. Et lorsqu’en fin de compte les autodafés de livres ont été institutionnalisés et les pompiers reconvertis, j'ai grogné deux ou trois fois et je me suis tu, car il n'y avait alors plus personne pour grogner ou brailler avec moi. Maintenant il est trop tard.  

C'est le bon côté de la mort ; quand on n'a rien à perdre, on est prêt à courir tous les risques.

Bifrost n.90. Dossier Edmond Hamilton : le roi des étoiles

mai 07, 2018


Bifrost, Le Bélial, 2018, 192 p., 6€ epub sans DRM

 


Le « sense of wonder » est quelque chose qui se ressent et qui vous transporte à l’intérieur. Comme tel, il se situe très au-delà de la compréhension des critiques qui appréhendent la science-fiction uniquement de manière intellectuelle…
Francis Valéry

 


A conseiller aux fans de pulps, car plus qu'un dossier sur Edmond Hamilton, ce bifrost (notons au passage que le correcteur orthographique de blogger propose Rosbif pour Bifrost !) va vous offrir un vrai tour d'horizon sur l'histoire de la SF américaine de 1930 à 1960, à travers ses pulps, ses comics et les auteurs de l'époque.


Interstyles

Le Berceau de la création de Edmond Hamilton
La maison du Capitaine Futur (plus connu sous nos latitudes sous le sobriquet de Capitaine Flam) et sa bande est cambriolée durant leur absence. Plus que de savoir qui est le voleur, il s'agira d'apprendre ce qu'il est venu volé.
Il s'agit de l’ultime aventure du capitaine Futur. Mourra t-il dans d'affreuses souffrances ? Convolera t-il avec Joan Randall ? Grag finira t-il à la ferraille et Simon Wright dans un cabinet de curiosité ? Otho adoptera t-il une ultime forme ?
Un ton assez mélancolique pour cette nouvelle qui, au final, ne m'a pas transporté.

Les Torches de Michael Rheyss
La dernière "lettre" de papi à son petit fils, ou comment revisiter l'histoire de la SF. Michael Rheyss signe ici une nouvelle complotiste de manière virtuose. Le grand secret des auteurs de SF nous est enfin dévoilé. Brillant, référencé, et bien à propos du dossier.
Si j'ai bien compris la présentation cryptique du texte, Michael Rheyss est un pseudo d'Ugo Bellagamba, auteur de SF et professeur de droit.
Comment c'est là-haut ? de Edmond Hamilton
De la SF crépusculaire, rien que ça. Les nouvelles ne sont pas ma tasse de thé, mais celle-ci m'a cloué sur mon canapé.
Un astronaute fait le tour des popottes à son retour sur Terre avant de rentrer sagement chez lui.
Pour tout ceux qui ont des étoiles dans les yeux face aux navigateurs de l'infini, la désillusion va vous happer. Une finesse dans le traitement psychologique des personnages couplée au mur de la réalité économique, médiatique et politique.
Plus rien ne sera comme avant.

Quand on prit Market Street, j’aperçus une énorme banderole en travers de la rue : Harmonville souhaite la bienvenue à son astronaute.
L’astronaute, c’était moi. Les journaux nous appelaient ainsi. Ça convenait pour les gros titres. Tout le monde leur avait emboîté le pas. On avait voyagé entassés dans une cellule de prison volante, voilà tout – et on était des « astronautes », à présent.

Ballades sur l’arc

Suit le fameux Cahier critique sur l'actualité du genre SF. Afin de pouvoir prévoir ses futurs achats. Indispensable pour ne pas jeter de l'argent par les fenêtres. Le nombre de pages de la revue n'étant pas illimité, quelques critiques en ligne ici
J'y ai noté C’est le cœur qui lâche en dernier de Margaret Atwood, peut être Le cinquième principe de Vittorio Catani
Le focus collection Les Orpailleurs me donnent bien envie, mais pas d'édition électronique et un prix abusif pour des textes tombés dans le domaine public. Après quelques recherches, L’Énigme de Givreuse, de J.-H. Rosny aîné est dispo en audio ici  et la nouvelle qui l'accompagne est présente sur le site, excellent, consacré à l'auteur;
Un chalet dans les airs, d’Albert Robida est présent sur Gallica gratuitement !
Tandis que La Grande Panne, de Théo Varlet est en téléchargement audio ici et en epub ici.

Déjà lu et chroniqué par mes soins : Celui qui dénombrait les hommes que je vous conseille aussi, Artémis, dont je suis beaucoup plus réservé, L’or du diable d'Andreas Eschbach, Nouvelles de la mère patrie de Dmitry Glukhovsky, ainsi que Maja Lunde est son Histoire des abeilles.

Le coin des revues (et fanzines), par Thomas Day qui a aimé deux numéros de revues (sur 8). Un exploit au final salué par une petite passe d'armes entre gentilshommes.

Paroles... d'illustrateur : Rêve d’androïde : Melchior Ascaride.

Mes couvertures, c’est un peu comme des Lego : plein de pièces disparates que j’assemble, démembre et reconstruis autrement

Si vous aimez les couvertures des Moutons électriques, vous connaissez le lascar. L'interview revient sur sa manière de travailler, ses envies, ses craintes. Bref, encore un article de "Paroles de" qui éclaire les coulisses de nos livres.


Au travers du prisme : Edmond Hamilton : le roi des étoiles


Je ne suis pas de ceux qui aiment le space opera, je n'ai pas baigné dans les pulps, mais j'ai prix mon pied à la lecture de ce numéro, notant même quelques textes d'Hamilton qui pourraient me plaire : Ville sous globe, Requiem.
Un dossier critique dans le bon sens du terme, ne faisant pas l'impasse sur les défauts des textes de l'auteur, mais éclairant les différentes facettes d'une oeuvre prolixe et quantitative, à défaut d'être pleinement qualitative.
Histoires d'hommes, par Francis Valéry ouvre le dossier. Bien qu'un peu trop énumératif, mais pouvait-il en être différemment : 200 nouvelles, 50 romans, des scénarios de BD à foison. Cet article est intéressant pour tous ceux pour qui voudrait découvrir la SF américaine des années 1930-60. Les pulps n'auront plus de secrets pour vous, vous ferez des liens avec les grands auteurs de l'époque.

Cinquante ans d'émerveillement, par Leigh Brackett
Il s'agit de la traduction d'une préface à un recueil de nouvelles écrit pas Leigh Brackett, Mme Hamilton pour les intimes. Un peu redondant avec le premier article, et le ton est trop hagiographique à mon goût.
Ainsi voulions-nous vous proposer la traduction de son exceptionnel article autobiographique, « Fifty Years of Heroes : a Career Retrospective », auquel Laurent Queyssi fait plus loin abondamment référence. Hélas, faute de place, il nous fallut abandonner cette idée.

Dommage, je pense que cela aurait été plus instructif. Conseil tardif : il aurait fallu épargner la lecture des revues à Thomas Day, cela aurait été bon pour sa santé mentale et ses yeux et cela aurait fait gagner quelques pages pour glisser, peut-être cet interview...

Capitaine Futur : ad astra ! par Philippe Boulier
Du fond de la nuit, Philippe Boulier a parcouru cent mille millions d'années pour nous parler de celui qui n'est pas de notre galaxie. Impossible pour les 40-50 ans de ne pas avoir la musique d'un certain générique en lisant cet article instructif pour le profane.



Le sense of wonder avec une cape : Edmond Hamilton, scénariste de bande dessinée, par Laurent Queyssi
Hamilton n'a pas écrit que des conneries, il en a dessiné aussi !

Une paraphrase de Desproges, sans animosité contre l'auteur pour introduire cet article qui revient sur un Hamilton scénariste de comics. On ne connait pas l'étendu du travail de l'auteur dans ce genre car les scénaristes étaient peu crédité à l'époque. A son actif, quelques épisodes de grands noms comme celui d'une chauve souris ou d'un sieur qui a peur de la Kryptonite. Rien que ça.

Le dossier se termine par un guide de lecture et une bibliographie impressionnante, mais dont les amateurs devront essentiellement se tourner vers l'occase ou la lecture en VO.

Lorsque j'ai vu un dossier Hamilton, je me suis fait deux remarques : C'est qui Hamilton ? Et encore un numéro publicitaire ! L'avant dernier Bifrost était consacré à Nancy Kress dont Le Bélial venait de sortir un recueil, et maintenant un dossier Capitaine Flam dont le même éditeur publie les aventures... Ce numéro est tout de même beaucoup plus probant et complet : les nouvelles font écho au dossier, dossier que je vous conseille de lire avant d'attaquer les nouvelles.
A la question C'est qui Hamilton, je ne peux y répondre, les articles s'attardant sur l'oeuvre plutôt que sur l'homme, ce qui pourrait frustrer, mais qui ne m'a pour ma part pas dérangé.


Scientifiction


The Thing, la chose d'un autre monde, par J.-Sébastien Steyer, Roland Lehoucq & François Moutou
Ces trois là nous expliquent pourquoi La chose nous fait peur et revient sur la véracité scientifique de quelques scènes. Pour ceux qui ont le porte monnaie troué, je vous renvoie vers mon billet sur La chose, billet beaucoup moins instructif et intéressant que celui des trois compères, mais gratuit !



Bifrost, la première revue novlangue dans sa version numérique. Des tirets en veux tu en voilà, des mots accouplés à d'autres, un chapitrage et découpage étonnant. Il faudra envoyer en SP l'epub du prochain numéro à Thomas Day pour son Coin des revues, ça va dépoter.
Une nouvelle version est parue depuis, espérons qu'elle corrige les nombreux bugs.
Je crois avoir lu sur le forum du Bélial qu'il reprenait la fabrication numérique de la revue pour éviter entre autres ces erreurs, le bilan est loin d'être positif, j'ai même l'impression d'une aggravation du problème. Il serait temps de s'atteler à bras le corps à la version numérique, la version papier étant exempt en majorité de ces défauts.


Lorkhan a un ressenti assez similaire sur ce numéro, et y voit même un grand cru
Si Albedo doit vous conseiller une chose, c'est de secouer ce numéro pulpé !


 

Valérian et la Cité des mille planètes

mai 03, 2018

Film de Luc Besson, 2017, 02h20




Tremble industrie de l'entertainment américaine, tremble. Les bouffeurs d'escargots dégainent leur arme ultime pour venir conquérir vos parts de marché. Super Luc signe un blockbuster valant bien de nombreux nanars US


Présentation :


Au 28ème siècle, Valérian et Laureline forment une équipe d'agents spatio-temporels chargés de maintenir l'ordre dans les territoires humains. Mandaté par le Ministre de la Défense, le duo part en mission sur l’extraordinaire cité intergalactique Alpha - une métropole en constante expansion où des espèces venues de l'univers tout entier ont convergé au fil des siècles pour partager leurs connaissances, leur savoir-faire et leur culture. Un mystère se cache au cœur d'Alpha, une force obscure qui menace l'existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valérian et Laureline vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l'avenir de l'univers.

 

Mon ressenti :

Je n'ai pas lu les BD, mais j'ai vu le film.
Et j'aurais sûrement du faire l'inverse...

Évacuons tout de suite les sujets fâcheux du film :

- Casting : Acteur est un métier, pourquoi n'avoir alors pas pris des gens dont c’est la profession pour faire le film ? Grande question.
Valerian est une tête à claque ainsi que sa partenaire, madame Moue. Lui a le rôle du tombeur, l'autre de celle qui fait semblant de lui résister. Aucun d'eux ne va mourir, et ils vont se rouler une galoche dans les toutes dernières secondes du film, quel suspens.

Moue 1 en bikini
Moue 2 en armure

- Voix : J'ai regardé le film en VF et j'ai bien rigolé en entendant les premiers mots de Laureline. Quelle ton pourrait on donner à une "belle" blonde ? Quelques réunions stratégiques plus tard : suave et sensuelle ! La bonne blague.

- Les ET : Dieu a fait l'homme à son image, et l'homme a fait l'alien à la sienne. Tous les aliens nous ressemblent : une tête, deux bras et deux jambes ! La seule différence est qu'ils ont utilisé à plein le nuancier de peinture de leur partenaire Leroy Merlin, ainsi que sa gamme de silicone pour rajouter un gros nez ou de grosses lèvres

Peinture Valentine ton taupe ref:45895 - Silicone imitation bois ref:89657
 
 - Durée : Film de SF oblige, les plus de deux heures règlementaires sont respectés et c'est long. La première partie passe cependant assez vite, mais dès que l'action semble être en branle, c'est long, long.
Alors on remplit. Comme on a signé un beau gros chèque à Rihanna, autant qu'on la voit faire son numéro. (Pas de bol, elle est pas aussi bonne danseuse que le réalisateur pensait, il a fallu prendre une doublure et engager une équipe à plein temps pour les effets spéciaux). Çà permet de rajouter des scènes qui ne servent à rien, mais on a pu lorgner sur son décolleté, ses guiboles et son maquillage Maybeline.
La même scène chez Télérama ou quand des intellectuels veulent se la jouer : 

Au coeur du film, encore une créature féminine, et pas n'importe laquelle : la chanteuse Rihanna, dans un superbe numéro transformiste qui finit en une belle métaphore sur les apatrides et les sans-papiers.

- Scénario : le budget a été alloué aux effets spéciaux, on fait dans l'américain, on oublie. Alors oui, je me promène en armure de la mort of death pour me laisser enlever par le premier ET venu sans broncher. Je suis blonde, je peux pas penser à tout et il faut bien que mon prince vienne me sauver.
Et oui je casse la gueule au méchant très méchant pour lui apprendre à respecter son prochain et par là, je ne respecte plus ma hiérarchie, pour deux secondes plus tard faire un laïus sur "j'suis un militaire moi, je respecte les ordres" Mais bien sûr.
La liste est trop longue pour signaler toutes les incohérences et grotesque des situations, gageaons que vous trouverez votre bonheur chez l'odieux connard.
 
- Le paradis : depuis toujours, pas de changement : ciel bleu, plage blanche de sable fin, mer turquoise et indigènes très indigènes ! Ben voyons, même au 28ème siècle, les représentations ont du bon. Bien la peine aussi de tirer sur la corde humaniste pour nous montrer des images comme celles là.

Juste avant leur expulsion pour l'arrivée de Denis Brogniart
- Niaiserie : Luc Besson est aux manettes et c'est un indécrottable optimiste : alors oui l'amour, la paix, le vivre ensemble sont là et feraient même gerber un bisounours. Et vous rereprendez bien un peu de mysticisme religieux...


Ayant évacué les sujets qui fâchent, nous pouvons parler sereinement du reste. Reste qui se réduit à peau de chagrin : côté positif, une scène m'a surpris, celle où Laureline est un coquetier géant, je ne l'avais pas vu venir et j'ai trouvé ça drôle, et je l'avoue, j'ai même ri.
Et pour une fois, pas d'imprimante 3D, mais une jolie bestiole tout mimi qui duplique tout.

Le mot de la fin laissé à Télérama (et ils n'ont pas tout a fait tort, n'est ce pas la principale critique faite aux pulps et  au space op ?)
Alors, oui, peut-être, comme souvent chez Besson, le scénario est simpliste : le bien, le mal, avec des flash-back pour être sûr que tout le monde a bien compris. Mais il y a quelque chose qui fait un bien fou dans ce blockbuster : la candeur. Des rétifs dans la salle ? Dans l'espace, on ne les entendra pas ricaner...


Vert a trouvé le film sympathique, Alias a un avis “mitigé” tirant légèrement vers le “toupourri” et Lhisbei est très bon public, elle a ri deux fois aux blagues de Besson, c'est tout de même le double que moi.

Nouvelles de la mère patrie

avril 30, 2018

Dmitry Glukhovsky, L'Atalante, 2018 (parution originale : 2010), 256 p., 8€ epub sans DRM


за ва́ше здоро́вье !

Vodka, Média, Communisme, Corruption et Embouteillage


Présentation de l'éditeur :


Nouvelles de la mère patrie est un recueil de textes écrits à l’origine pour la presse russe, car, avant même d’être romancier, Dmitry Glukhovsky est journaliste.
Et rien ni personne n’échappe à sa plume acerbe, à commencer, bien sûr, par le numéro 1 (qui échange parfois sa place avec le numéro 2) – le Leader de la Nation –, suivi de près par les strates corrompues de l’administration, les mafieux reconvertis en hommes d’affaires, les nouveaux riches, les gens modestes, les travailleurs immigrés, les flics intègres, les journalistes, la télévision, l’alcoolisme omniprésent, les extraterrestres, le diable et ses hordes de démons, et les habitants oubliés des steppes sibériennes. Chacun reçoit son dû, qui pour ses vices, qui pour sa complaisance, qui pour sa naïveté et son incapacité à ouvrir les yeux sur le monde qui l’entoure. L’absurde et le fantastique, qui jalonnent le quotidien russe, ne sont jamais loin, et l’on se surprend même parfois à ressentir de la tendresse pour certains protagonistes.

Mon ressenti :

Inadmissible ! Révoltant ! Ecoeurant ! Déplorable !

Alors que la Russie rayonne dans la géopolitique mondiale, se saisit de la question des Droits de l'Homme partout où elle est en danger, qu'elle pourfend les dictateurs suçant le sang de leurs concitoyens, qu'elle fait preuve d'une intransigeante transparence dans l’utilisation des fonds publics, que ses politiciens sont tous d'une irréprochable honnêteté, qu'elle a une économie profitant au plus grand nombre, que les questions sociétales sont au coeur de sa politique, Monsieur Dmitry Glukhovsky, écrivaillon de troisième zone se permet de cracher dans la soupe de celui qui le nourrit.
J'avais déjà lu ses romans qui, bien que pouvant se lire de manière ambigüe, m'avait beaucoup plus. Et maintenant, après avoir vendu quelques millions de ses livres, il se permet de commettre des pamphlets contre le grand et valeureux Vladimir Poutine, de passer de la sous littérature qu'est la science fiction pour fabuler comme un journaliste corrompu sur cette grande patrie. Le voilà qu'il se complet dans la satire, dans l’humour noir et grinçant.

A ses yeux, les élites seraient toutes corrompues, la bienveillante idéologie communiste à la solde du capitalisme libéral. Il ose même comparer les leaders du peuple à de grands dinosaures en voie d'extinction, ou, plus révoltant encore, à les faire apparaitre comme des envahisseurs aliens.
Les grandes infrastructures routières de ce pays ne valent pour lui qu'à d'incessants embouteillages et pollution, alors que l'écologie est une question farouchement défende par les élites et le peuple. Peuple qui serait d’après lui insignifiants, alcooliques ou nazis, alors que les minorités sont une priorité du gouvernement démocratique russe.
Les médias sont forcément à la solde du grand communisme, pas d’échappatoire à l'idéologie dominante. Ce serait bien vite oublié que si Vladimir est sur tous les supports, c'est qu'il s'occupe énormément de son peuple. Pour preuve le grand raout annuel où Vladimir pourfend à la demande de ses citoyens quelques édiles locaux qui se sont égarés sur le chemin glissant de la corruption. Mais le Leader de la Nation veille !
Tous les fonctionnaires et politicards seraient corrompus, usant de leurs positions pour soutirer bakchichs et faveurs, le pire serait celui à la tête de ce grand pays. Alors que ce vénérable monsieur, adorant la pèche comme n'importe qui d'autre, redresse son pays comme un sacerdoce.


Allez, trêve de second degré, ce recueil de 16 nouvelles acerbes sur la Russie d'aujourd'hui se lit sans mal, fera sourire ceux qui suivent de loin l'actualité internationale. Pour les amateurs de SF, le bilan sera beaucoup plus noir, à part quelques renvois à nos thématiques, ce n'est clairement pas le sujet des textes. En outre, même si le plaisir de lecture est présent, les nouvelles sont loin d'être inoubliables.

Lorsque j'ai vu ce livre dans les parutions de L'Atalante, je me suis dis chouette, un nouveau Dmitry Glukhovsky, pour de suite déchanter : en lisant la quatrième de couv', je me rends compte qu'il s'agit d'un recueil d'articles écrits pour la presse.
Quelques temps plus tard, mon camarade Lecture42 publie son billet sur ce livre qui s'avère être un recueil de nouvelles, mais parues dans la presse ! Alors je ne sais pas si cela vient de moi, ou de l'éditeur, mais méprise il y a.
Si vous désirez savoir à quelle époque ces textes ont été écrit, dans quels journaux et à quelle occasion, j'espère pour vous que vous savez lire le russe, l'édition de l'Atalante ne s'attardant pas sur ces frivolités...

Lecture 42 a trouvé sa lecture rafraichissante, un grand merci à la vodka glacée.


Petit tour rapide des nouvelles
From Hell : Un géologue septuagénaire décide de retourner sur le terrain pour prouver que la nation russe risque d'être coupée en deux dans quelques millions d'années, la tectonique des plaques se fout de l’idéologie, aussi russe fut elle. Une théorie hérétique pour la Grande Nation Russe. Les fouilles vont révéler de bien grands mystères. Une revisite moscovite de l'autre côté du miroir.
Un pamphlet politico fantastique avec l'ironie en prime.

Tout à un prix : Une entreprise de construction utilise des ouvriers Tadjiks sur ses chantiers. Un beau paravent pour un commerce plus que douteux. Mais au pays en lutte contre le libéralisme, il n'y a pas de petits profits, tout à un prix !
Cynique.

Prothèse : La chirurgie esthétique, c'est bien, mais tout le monde peut en profiter, pas glam pour se faire remarquer. Alors qu'en une entreprise sort un nouvel implant...
Un texte à chute sur les diktats de l'apparence et l'inculture. Plaisant.

Panspermie : Une équipe internationale d'astronautes en orbite décident de fêter les 17 ans Gagarine, le premier homme a être aller dans l'espace.
Une interprétation, audacieuse, de la théorie de la panspermie.
International, la nouvelle mélange les langues françaises (russes) et américaines. pour les monolinguistes tel que moi, cela oblige à aller voir chaque note de page pour voir la traduction. Epuisant et fastidieux au bout de la quarantième. ces allers retours m'ont sortie de la lecture.

Avant l'acalmie : Un présentateur de débat sur le point de se faire virer propose un concept d'émission politique révolutionnaire en droite mire de la téléréalité trash. A l'oreillette "Voix Intérieure" prêchant la Bonne Parole, et cet allégorie économique du vent d'ouest.

Dans notre pays, les ordres qui viennent d’en haut sont l’expression de l’inconscient collectif

Une bonne action : Un milicien du Parti a des principes, une éthique ! Un espèce en voie de disparition en Russie. Alors, quand sa femme le quitte, que son patron lui retire son enquête qui risque de désobliger certaines huiles du Parti, il ne lui reste plus qu'une seule chose à faire.
Comment être un juste parmi les corrompus ? En devenir un aussi ? Une nouvelle que j'ai apprécié grace au personnage qui affronte une nation entière pour faire triompher la justice. La fin est splendide. Et sous des apparats réalistes, la SF est bien présente.

A chacun son destin : Un ministre se pose des questions existentielles à l'aune de ses 50 ans, Malgré sa réussite, que lui reste t-il à prouver ?
Sympathique.

Les informations qui comptent : Un journaliste qui doit couvrir le direct d'un événement planétaire : "Le discours du président adjoint de la commission de la Douma pour les ordures ménagères à propos de l’importance du ramassage des feuilles mortes dans les rues". Cependant, il est pris dans les embouteillages. Et il se pourrait qu'un fait divers se déroulant devant ses yeux fasse de lui le futur présentateur vedette.
Humour noir, caustique et grinçant pour une thématique chère à la SF.

Parfois ils reviennent : Un texte à la mode burlesque sur le changement en Russie, celui d'un président par un autre.
Bof

Utopia : Un homme d'affaire affilié au Parti et fan de Belmondo va voir se réaliser le rêve de sa vie : visiter on utopie. Une affreuse déconvenue.
Souriant.

Une pour tous : Un publiciste est reçu par le grand leader Vous-Savez-Qui. Son prochain contrat, redonner tout son faste au concept de Patriotisme.


Il faut ressusciter et moderniser le patriotisme. Redonner du sex-appeal à la Patrie. Déterminer ce que ce terme peut signifier dans un monde à l’ère d’Internet, à l’époque du village global. Je veux que le mot « Patrie » ne stimule pas seulement les centres nerveux des porte-étendards de l’orthodoxie ou des atamans cosaques. Je veux que la Patrie soit trendy. Que le centre d’art contemporain de Moscou organise des happenings patriotiques de son propre chef, et qu’en même temps, les retraités ne se sentent pas étrangers à cette Patrie-là… (Il guillotina un cigare et, avant de l’allumer, plongea son regard pénétrant dans celui de Goldovsky.) Bien entendu, ce nouveau concept de patrie devra plaire à tout le monde, et tout particulièrement à ceux qui allouent et signent les budgets.


Apparition : Une réécriture moderne et russe de l'immaculée conception.
Plaisant

Toucher le fond : Si il y a bien une chose au dessus de tout en Russie, c'est bien la Vodka (et le Grand Leader). Alors gare à l'alcool frelaté qui pourrait éloigner du droit chemin le peuple russe.
Mouaih

Deus ex Machina : La Grande Russie va devenir une grande nation "démocratique" : le vote électronique fait son apparition, les électeurs fantômes n'ont qu'à bien se tenir.
Un texte à chute drôle et facétieux avec, comme il se doit, un deus ex machina !

Pas de ce monde : Face à l'arrivée d'une pluie d'astéroides sur Terre, les grands dignitaires de la Nation vont devoir monter de quel bois ils se chauffent.
Ou une réponse à la disparition des dinosaures.

Avant et après :
Les habitants d'un village perdu de Sibérie devisent sur le retard des paiements de retraite, sur les rationnements, et la télévision.
Un regard désabusé sur les conditions de vie des campagnes reculées.



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