Christopher Bouix, Au diable Vauvert, 2024, 400 p., 13€ epub sans DRM
Quand une dystopie brillante se transforme en polar Netflix du dimanche soir…
Le pitch de l'éditeur :
À qui profite le bonheur ?
Bienvenue dans un monde parfait. Ici la vie heureuse s’étale
quotidiennement sur le réseau HappyApp, où l’indice de bonheur
individuel donne accès à ce que la société réserve aux meilleurs. Offres
premiums, métier et logements hauts-de-gamme, et surtout parentalité,
désormais réservée aux citoyens les plus épanouis.
Jeunes, beaux, amoureux, jusqu’où Juliette et Néo Lanhéry seront-ils prêts à aller pour y accéder ?
Mon ressenti :
Il y a trois ans, je me prenais une claque monumentale avec le roman Alfie, écrit par un inconnu (dans la sphère de l'imaginaire), Christopher Bouix, débarquait avec un truc drôle, con, intelligent… Une IA qui disséquait une famille dysfonctionnelle avec une précision chirurgicale. Forcément, quand j'ai vu débouler son petit dernier, Tout est sous contrôle, ma liseuse avait frétillé (et depuis le temps a passé, deux nouveaux romans sont sortis).
Le pitch ? On est en plein dans la surveillance totale, mais version « sourire forcé ». L’auteur nous balance dans une société où tout - absolument tout - tourne autour de ton « score de bonheur » noté sur 10. Si tu flirtes avec le 10, tu fais parti de ceux qui comptent. Si t'es pas heureux, t'es suspect. Sociologiquement, c'est parfait. Bouix tisse les fils de cette dictature de la félicité avec une logique implacable. Et au bout du compte, il nous montre comment une idée de merde finit par broyer le quotidien des gens.
Passés
les premiers chapitres qui posent l'ambiance de dystopie, le roman bifurque. On se retrouve avec une enquête policière
presque classique, un peu trop pépère à mon goût. Le décor du "bonheur obligatoire" finit par devenir un simple papier peint, un
arrière-plan qu’on oublie presque pour suivre une intrigue de polar asse convenu.
Certes,
la fin tente de rattraper le coup et de reboucler les fils, mais le mal
est fait. C’est moins acide, moins drôle et plus sage qu’Alfie. Ça
reste un bon moment de lecture, ne boudons pas notre plaisir, mais quand
on a goûté au mordant du premier, celui-ci fait un peu figure de
caniche de salon.
Son de cloche inversé chez le Maki, pour un résultat identique : "Pour conclure, Tout est sous contrôle, malgré un début poussif et un univers bien trop classique pour le lectorat imaginaire, reste un bon divertissement"








