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Bifrost n.104. Stanislas Lem : un siècle de solaristique

mai 19, 2022

 

Bifrost, Le Bélial, 2021, 192 p., 6€ epub sans DRM


Presque un an de retard dans ma lecture des Bifrost, cette situation ne pouvait plus durer !


Willy le zinzin, Stephen King
Dans une famille, le dernier semble ne pas avoir toute sa tête, il aime la mort et discute avec son grand-père, jusqu'au jour où...
Un texte autour d'une actualité mondiale récente (devinez laquelle !) qui manque d'épaisseur sauf pour dénoncer le coût de la santé aux USA.

Un soupçon de bleu, de Ken Liu
Une uchronie où l'énergie est désormais dragonique. Dans une petite ville, l'arrivée de dragons laisse présager un développement économique.
Ken Liu se concentre sur ses personnages pour nous conter son histoire, qui se situe bien dans le genre de la SF malgré la présence de dragons. Beaucoup de choses s'en dégagent en peu de mots. A lire.

Fantômes électriques, de Rich Larson
Un échange dans une boîte de nuit entre une biologiste et la patronne du bar. Et un alien...
Pas compris où l'auteur voulait m'emmener, mais le chemin n'est pas désagréable, seule l'arrivée m'a laissé dans l'expectative.

Sixième croisade, ou comment Trurl et Clapaucius conçurent un démon de seconde espèce afin de terrasser l’infâme Grandgueulier, de Stanislas Lem
Un début très loufoque, comme l'indique le titre, autour d'un itinéraire spatial et des lieux parcourus. Après quelques pages on s’aperçoit qu'il s'agissait d'une sorte de guide plus ou moins imaginaire entre les mains de réels navigateurs. Je pensais que cela allait prendre une autre envergure, mais non, on reste dans le loufoque. Bref, je suis passé à travers ce texte dont les protagonistes sont l'objet d'une série de l'auteur.

Le cahier critique

Quelques livres étaient passés sous mon radar, j'avais oublié de noter d'autres pour les lire plus tard :
L'intégrale des romans de Gérard Klein, Espace-temps K, je n'ai jamais lu l'auteur, une bonne occasion de m'y mettre (et on reviendra sur sa casquette de directeur de la collection Ailleurs et Demain plus bas); La dernière Arche de Romain Benassaya, Oublier les étoiles, de XM Fleury
Thomas Day ne s'est pas arraché les yeux pour une fois en lisant les revues. Le "paroles de" nous fait un retour à Sauramps avec un nouveau libraire en charge du rayon imaginaire en lutte contre une direction plus versée par la diversification de la marchandise pour augmenter ses profits. Si en plus on vend un ou deux bouquins à côté, pourquoi pas !

Au travers du Prisme : Stanislas Lem

Viens le gros dossier Stanislas Lem, auteur que je ne connais guère et dont le seul écho que j'avais de lui était l'adaptation de son roman Solaris qui m'avait laissé sur le bord du chemin.
Après une biographie, des articles sur Solaris le cycle de Ijon Tichy, et de l'essai Summa technologiae, une grosse interview, tronquée dans la version papier, mais disponible dans la version électronique. Un beau morceau qui devrait plaire au plus grand nombre, de part la variété des sujets abordés. J'ai bien aimé son analyse sur le pourquoi certains livres se vendent et d'autres non. Certains passages sont un peu intellectuels pour moi cependant, mais tout le monde n'est pas aussi con que moi.
Le guide de lecture en français et en langues étrangères, faut dire que les textes disponibles en librairie sont plutôt rares. Ce n'est guère louangieux sur la bibliographie de Lem. J'ai noté un titre, mais du bout des doigts : L'invincible Son oeuvre a largement été adaptée, peu on franchit la frontière de l'Est et quasi aucun n'a su dépasser celle de la qualité. 
Quoiqu'il en soit, un solide dossier, comme souvent avec cette revue.

Scientifiction s'attarde sur les cryptomonnaies, en particulier le bitcoin et les NFT. J'y ai lu un truc étrange dont je n'avais jamais entendu parler : les prêts nus. Tu te prends en photo et vidéos et tu reçois de l'argent en échange. Si tu ne rembourses pas, hop sur le net ... L'humain n'aura de cesse de m'étonner.



Paroles de Nornes ou quand Lloyd Chéry se prend une veste.
Après un détour sur la collection Ailleurs et demain qui porte bien mal son nom désormais, Ailleurs et hier serait plus à propos, cette collection ne sortant plus de nouveautés. La cause : une guéguerre entre chefs, ego et sûrement pièces sonnantes et trébuchantes...
 
 
Retour de l'affaire sur le prix GPI accordé à Dune dans le Bifrost n.103 :


 

Le jury exige un droit de réponse dispo dans le n.104



 
qui donne droit au droit de réponse du chef de Bifrost dans le même numéro


Entre le fait d'accorder un prix à un membre du jury et la réponse grandiloquente, pas sur que la SF en sorte grandie et je me demande si connaître les coulisses du fandom SF est d'un quelconque intérêt (à part manger des pop corn)

 

La guerre des mondes - Chapitre II : l'affrontement

mai 16, 2022

 

Série de Howard Overman, Canal+/Fox, 8x45mn

 

Ta gueule, c'est quantique.

Présentation :

Après l’attaque extraterrestre qui a pratiquement éradiqué la vie sur Terre, les survivants s’organisent et ripostent pour reprendre le contrôle de la planète. En Angleterre, quatre mois après la première attaque, Bill progresse dans ses recherches : il découvre que les extraterrestres présentent d’étranges similitudes avec les humains et met au point un virus susceptible de les vaincre définitivement. Il s’interroge sur la proximité d’Emily avec les aliens. En France, alors que la menace extraterrestre s’intensifie, Catherine recueille Micah, un alien pacifique d’apparence humaine qui lui révèle que le cours des choses peut changer si elle trouve le professeur Bill Ward. Il lui confie son carnet de travail avant de mourir. Du côté des aliens, certains mettent en cause la radicalité de l’attaque menée par Adina. Il n’empêche, un affrontement sans merci se profile pour les deux camps, mettant à mal les certitudes de chacun.



Mon ressenti :

Cette saison 2 nous embarque en post apocalyptique où on suit deux groupes. Disons le de suite , j'ai regardé jusqu'à la fin car c'est La guerre des mondes, mais avec un silence poli, un ennui profond et des haussements de sourcils nombreux.
Cela commençait plutôt bien avec un résumé de la saison 1 qui s'est révélé fort décevant : l'impression d'une bande-annonce plutôt qu'un réel résumé. Et moi après deux ans, j'ai vécu, j'ai lu, regardé d'autres séries. Après 2 épisodes pour se remettre les idées en place, l'envie d'en connaître plus sur nos personnages se fait ressentir jusqu’au moment où une explication arrive : c'est quantique. Quantique dans sa version populaire : c'est comme Ferme ta gueule.

Nos groupes de personnages se rejoignent et se séparent, des atomes quantiques sûrement. Les personnages réagissent de manière absurde, mais ne vous inquiétez pas, dans une réalité parallèle, quantique, ils auraient réagi comme de vrais humains. Un moment nous avons même le droit à la force gravitationnelle quantique qui permet de manipuler l'espace-temps quantique. 

- Merde, la France et l'Angleterre sont séparés par la mer !
- T'inquiètes, les téléspectateurs n'ont pas de cerveau.


Pas de bol pour le téléspectateur, entre toutes les réalités parallèles possibles et imaginables, nous avons eu le droit au scénario de merde, c'est la Loi de Murphy quantique. Mais le quantique, c'est fantastique, cela permet de traverser la Manche à pied, c'est toujours cela de pris.
Au fil des épisodes, l'intrigue n'avance guère, heureusement des histoires d'amour et de trahison seront présentes. Les haussements de sourcil deviennent la norme et je m'étonne lorsque l'intrigue devient réaliste.
Et une chose que je ne saurais leur pardonner c'est d'avoir dévoyé l'un des tenants de Spin sans avoir cité mon Robert !!!

Que reste t-il du roman de Wells ? Et les scénaristes de la série de répondre : quel roman ?


Mon avis sur la saison 1

Dormeurs

mai 09, 2022

Emmanuel Quentin, Mü éditions, 2016, 312 p., épuisé


Un premier roman est toujours un roman bancal
Voici l’exception à la règle.

 

Présentation de l'éditeur :


Il en est des rêves comme de la vie. Comment les traverser, comment les affronter ? On peut être endormi et se rêver poète, espion, astronaute, plongeur, aventurier, voyageur le long des côtes, sur la route, sombrant dans n’importe quel abîme ou contournant les obstacles.
Dans une société dévastée par une crise économique sans précédent, des « Dormeurs professionnels » ont été sélectionnés pour la richesse structurelle de leurs rêves.
Fredric Jahan est l’un d’eux. Les images de son sommeil, enregistrées à l’aide de capteurs nanotechnologiques pour une clientèle fortunée, caracolent en tête des ventes. Mais un jour, ses rêves, trop réalistes, ne s’enregistrent plus...


Mon ressenti :

Mais ça ne va pas dans la tête d'Emmanuel Quentin de nous faire lire une histoire pareille ? Comment fait-on pour dormir en paix désormais ? Comment ne pas avoir peur de voir des choses dans nos rêves et de se dire que, peut-être... 

Bonne nouvelle pour toi, ce roman est désormais épuisé, tu ne gratteras pas sur tes heures de sommeil pour le terminer au plus vite. Seconde bonne nouvelle, tu ne pesteras pas sur l'auteur non plus qui va te faire flipper de rêver, c'est toujours cela de pris !
(L'auteur étant publié chez Mnémos, 1115 éditions et Pocket, j'espère que l'un d’eux va se bouger les fesses et le rééditer)

Fredric Jahan fait partie de la cohorte des exclus suite à une crise sans précédent (ce point sera le seul bémol du roman, ce point n'étant pas développé, mais l'histoire haletante permet d'oublier ce manque). Les lendemains déchantent et quoi de mieux que vendre du rêve en ces temps sombres ? Du vrai rêve, fourni pas des dormeurs professionnels pour la fange des élites. Fredric rejoint ce club très fermé et devient la poule aux oeufs d'or. Jusqu'à ce que...

Je fus pris par cette peur qu’on éprouve tout gamin lorsqu’on se retrouve face à un couloir affreusement noir, un couloir dont notre esprit a ôté murs et limites pour en faire un espace illimité de dangers et d’angoisses insurmontables. Un espace que l’on doit franchir coûte que coûte parce qu’on a oublié notre foutu jouet à l’autre bout. Un défi lancé à notre imagination.

Alors, qu'est-ce qui fait que c'est un roman haletant ? Le talent pardi. Ayant lu tout ou presque mon Emmanuel Quentin, je peux te certifier que tu peux acheter ses bouquins sans problème, c'est du bon. Mais dans le cas présent, je m'attendais tout de même avec ces Dormeurs à une petite désillusion, c'est tout de même son premier roman ! Las, l'auteur ne m'accorde même pas cela.
Emmanuel Quentin nous rend ses personnages réalistes, il sait mener son intrigue, distillant ici et là quelques pistes, quelques traquenards pour te tenir en haleine. Pire, son thriller SF va prendre des tournures dont je n'osais m'imaginer. Il est fort ce bougre.

Une question demeure : son personnage s'appelle-t-il Fredric en hommage à un certain Freddy ? Non, c'est ce que je pensais, mais après interrogatoire de l'auteur, il s'agit d'un hommage à Fredric Brown, un auteur qu'il apprécie fortement. Autre point, quelques allusions à une de ses futures nouvelles, Céder la place, me semblent présentes, un clin d'oeil par anticipation ?

Dormeurs est un roman que je prendrai sûrement plaisir à relire dans quelques années (lors de sa réédition ?)  pour le disséquer et voir tous les indices posés ici ou là.


Je remercie chaleureusement Emmanuel Quentin de m'avoir donné la version électronique de ce roman. Il m'avait accordé une interview il y a quelques mois, n'hésite pas à y jeter un oeil :  Emmanuel Quentin : L'écriture comme exutoire.

Dissidence

mai 05, 2022

 

Jean-Marc De Vos, Autoédition, 2021, 298 p., 5€ epub avec DRM


Une invasion cachée alien, oui je sais, on en a lu mille fois. Mais si on en lit autant, c'est peut-être que nous avons gardé notre âme d'enfant ? Alors cette mille et unième histoire vaut elle le coup ?


Présentation de l'éditeur :

Des milliardaires abandonnent leurs empires industriels à des inconnus. Un mystérieux rayon envoyé depuis Phobos met hors service un satellite météo américain. À Monaco, qui sont ces « Éveillés » convoqués par la richissime Émilie Germain-Rozet pour activer le plan Dissidence ?
Et pendant que se développe un complot qui menace la planète, un commissaire alcoolique et une inspectrice suspectée de corruption sont associés pour une enquête bancale relative au mal-être d’un financier belge.
Comment cet improbable et pathétique duo pouvait-il se douter que le destin de l’humanité reposait entre ses mains ?

 

Mon ressenti :

Le plan des aliens est simple : l'invasion doit être finalisée dans un an, les aliens sont sûrs de leur coup, les humains sont trop cons et le temps qu'ils s’aperçoivent de quelque chose, il sera trop tard. Mais voilà que la destruction d'un satellite révèle l'existence d'un étrange faisceau venu d'une lune de Mars, Phobos. En outre, en Belgique et ailleurs dans le monde, un syndrome touche 1% de la population, mais surtout des PDG de multinationales. Deux flics, un vieil ivrogne et une jeune femme sexy, deux placardisés, sont mis sur l'affaire en espérant qu'ils ne fassent rien.

On sent de suite que l'auteur s'amuse à écrire son histoire, on est clairement dans la veine Scalzi, il s'amuse de ce duo improbable qui a tout pour ne pas s'entendre et va pourtant nous démontrer le contraire. La jeune fille sexy n'est présente pour nous montrer notre société "progressiste". On peut s'habiller de manière féminine et être une bonne professionnelle, ce n'est pas antinomique.

Une aventure entre polar et SF qui modernise la vieille SF à papy. Le twist final est magnifique et bien amené.

Cela fait quelque temps que je suis l'auteur et à part un hiatus (L'ambassadeur), c'est du tout bon. Il sait mener sa barque, il nous emmène avec lui dans son univers, des touches d'humour... Reste à mettre un fond derrière ses aventures (comme dans L'immortelle de Maisonville), et Scalzi aura son pendant français. Et franchement, je ne dis pas cela pour faire mousser l'auteur, je le pense réellement.
Sur sa page FB, l'auteur annonce qu'il a trouvé un éditeur pour son roman que j'ai le moins aimé cité plus haut (je crois avoir des goûts orthodoxes !), j'espère qu'il ne s'agit pas d'une obscure maison d'édition et que sa carrière décolle.

Cerise sur le gâteau, l'auteur a dû entendre mes critiques sur ses couvertures et a décidé de la moderniser. Attention les yeux, voici l'ancienne (il y a eu pire dans sa bibliographie, celle-ci était regardable) :

 



La saison de la sorcière

mai 02, 2022

Roland C. Wagner, VOolume, Les Moutons électriques, 2022 (1ère parution : 2003), 349 min, 17,90 audiolivre sans DRM

 

Plus c'est con, plus c'est bon !

Présentation de l'éditeur :

Un ptérodactyle géant arrache la Tour Eiffel, des statues de Mao ravagent Pékin, un Godzilla dévaste le port de Yokohama …
Une vague d’attentats tout aussi déroutants qu’inexplicables ébranle les symboles de puissance des nations les plus industrialisées. L’Europe est particulièrement touchée par cette nouvelle forme de terrorisme à nulle autre pareille, qui fait usage de forces surnaturelles mais épargne les vies humaines. Pour les États-Unis, la lutte contre les « sorciers du tiers monde » devient presque une mission sacrée, qui justifie même une invasion de la France et d’une partie de l’Europe sous prétexte de « protéger » le Vieux Continent… C’est dans ce contexte que Fric, jeune zonard français fraîchement sorti de prison, doit entamer sa réinsertion…

 

Mon ressenti :

Roland C. Wagner nous réjouir la chasse aux sorcières de manière littérale : les États-Unis, des sorcières et vas y que je te ponds un roman.
J'avais lu de lui l'intégrale de son histoire du futur, mais n'avait pas été beaucoup plus loin à part un texte ici et là. Au détour d'une masse critique Babelio, je remarque ce roman en audiolivre et banco.

Des attaques terroristes incroyables se produisent dans le monde : par exemple, la tour Eiffel se fait enlever par un ptérodactyle. Les États-Unis, jugeant que les états ciblés par les sorciers ne vont pas assez vite dans leur réaction, décident de prendre le problème à bras le corps pour sauver le monde, non sans envahir quelques pays plus ou moins alliés.
Là-dessus, une bande de jeunes de banlieue se retrouvent... Il sera aussi question d'une communauté anar...

Je connaissais l'Urban Fantasy, pas très fan, mais l'Urban Fantasy politique, j'adore. Oh je vois que tu tiques avec ce mot politique. Mais l'auteur ne nous bassine pas trop avec, on sent tout de même ou son coeur bât, battait en l'occurrence. A part un ou deux passages un peu plus appuyés, cela reste buvable pour les gens de droite.
C'est fun, c'est inventif, c'est intelligent, ça dit beaucoup de choses sur notre société. Écrit en 2003, c'est un texte qui reste assez actuel même si quelques références passeront au-dessus de la tête des moins de 40 ans. On ne va pas en parler des heures : J'ai adoré et dévoré ce livre.

Ma seule crainte en écoutant ce livre était l'audiolecture. J'avais testé grâce à Un papillon dans la lune un livre sur Audible, mais il avait fallu que j'installe l'application sur mon smartphone, et ma bagnole n'étant pas le modèle le plus high tech, cela était très pénible pour revenir en arrière, faire pause....
Ici avec ce nouveau fournisseur, Voolume, cela a été plus simple pour moi. Je me suis créé un compte rapidement, et on télécharge les bons vieux MP3. Après les avoir dezippé, on met sur sa clef USB et la ma voiture me permet de faire pause, avance ou retour. L'idéal pour moi. Pas de DRM, des verrous numériques m'empêchant de faire ce que je veux avec mes fichiers. Je peux les mettre sur cd, les enregistrer sur cassette selon les possibilités de ta voiture, de ton walkman. Un très bon point pour moi
Seul bémol, j'adore écouter les podcasts de la méthode scientifique ou de plus que de la SF durant mes trajets boulot maison, mais ce roman est court et j'ai pu vite reprendre mon train-train quotidien. La voix du comédien m'a de suite emporté avec. Bref une belle expérience.

J'avais acheté l'epub afin de lire en dehors des trajets, ce que j'ai fait très peu. Je donne donc cet epub a qui n'en veut. Pour cela, il faut répondre à une seule question : les initiales de l'auteur correspondent aussi à mon chouchou. Quel est il ? Premier qui répond correctement à cette adresse lechiencritique@gmail.com remporte l'epub. Pas de délai...

Édit très rapide : la réponse a été trouvée , il s'agissait de Robert Charles Wilson.

This is not america

avril 28, 2022

 

Thomas Day, ActuSF, 2003, 126 p., 3€ epub sans DRM

 


Présentation de l'éditeur :

Ce n’est pas l’Amérique.
En tout cas, pas la nôtre.
Mais c’est la sienne.
L’Amérique de Thomas Day, où frayent dans un carambolage d’influences, le carton pâte fané d’une puissance passée, le road sign rouillé – moitié ensablé – qui indique le chemin de la Zone 51, le cool déjanté d’un Tarantino sous crack et l’ombre, découpée dans la lumière du couchant sur John Ford’s Point, de ce héros américain – la mâchoire carrée et le zygomatique en berne – qui regarde loin, vers l’horizon et la Frontière.
This is not America c’est trois nouvelles, lettres d’une Amérique qui n’est tellement plus elle-même qu’on a déjà l’impression de la connaître.


Mon ressenti :

"Deux blagues pourries et un coup de vitriol pour faire briller" voilà comment Thomas Day résume son recueil. Après lecture, il s'avère que j'aime les blagues pourries, et que je déteste le vitriol !

Cette année-là, l’hiver commença le 22 novembre
19xx, un assassinat d'une personnalité a eu lieu. On suit trois personnes, les tueurs ?.
Un début qui nous laisse dans l'expectative puis tout s'éclaire peu à peu. On navigue entre les différentes théories du complot et c'est un délice. Nous sommes bien en terre SF. J'ai adoré la mise en place, adoré les personnages malgré que ce soit de sales types, j'ai adoré l'ambiance sombre, j'ai adoré le dénouement. Alors qu'ai je détesté ? Rien. Un régal je vous dit.

 

Y’a rien de plus désagréable
que le bruit d’une dent cariée qui se brise sous un talon de santiag


American Drug Trip
Imagine toi au coin de la cheminée, dehors c'est la tempête et une personne commence à raconter une histoire fantastique.
Enfin, pour être tout à fait raccord avec ce texte, imagine toi un soir d'été caniculaire devant un barbecue après avoir torché quelques canettes, et là, un mec bourré te raconte une histoire. Tu imagines le truc ? Et bien voilà qui te donne un bon aperçu de l'ambiance de ce texte jubilatoire. Est toi qui avait mal entendu ou c'est l'autre qui racontait tout de travers, peu importe, une fois débuté ce texte, une seule envie : écouter jusque l'ivresse. A déguster sans modération. Et puis il y a un ours qui parle comme protagoniste, comment ne pas craquer ?

Éloges du sacrifice
Des les premières lignes, j'ai du que ce n'était pas pour moi. Ce qu'à confirmé les quelques premières pages lues où je n'ai rien bité du tout. Je passe donc directement à l'interview qui clôture ce court recueil où Thomas Day dit de ce texte :

C’est un texte que j’ai commencé à écrire pour un antho du cafardcosmique.com, puis sa taille ne cessant de croître, je l’ai proposé à Bifrost qui l’a refusé. Ce n’était pas la première fois qu’Olivier Girard me refusait une nouvelle et ça ne sera pas la dernière, mais bon ça m’a quand même surpris, car je croyais avoir réussi mon coup. Sur ce texte, j’ai essayé de retrouver une densité dans la narration proche des nouvelles d’aventure de Poul Anderson, et comme je ne voulais pas faire un truc trop « vieille SF », j’ai mis du cul, de la violence et des mauvaises odeurs dedans. J’ai fait mon truc, quoi.

Ce n'est pas mon truc à moi...

 



 

Sept secondes pour devenir un aigle

avril 25, 2022

Thomas Day, Le Bélial, 2013, 352 p., 8€ epub sans DRM


La Terre se porterait-elle mieux sans l'Homme ?

 

Présentation de l'éditeur :

Une île du Pacifique à la fois tombeau de Magellan et unique territoire d'un arbre à papillons endémique...
Un homme au visage arraché par un tigre mais qui continue de protéger « la plus belle créature sur Terre », coûte que coûte...
Un Sioux oglala sur le chemin du terrorisme écologique...
Un trio de jeunes Japonais qui gagne sa vie en pillant la zone d'exclusion totale de Fukushima...
Des Aborigènes désœuvrés cherchant dans la réalité virtuelle un songe aussi puissant que le Temps du Rêve de leur mythologie...
Une Terre future, post-Singularité, inlassablement survolée par les drones de Dieu...


Mon ressenti :

C'est la première fois que je me lance dans un livre de Thomas Day. J'avais bien lu quelques nouvelles ici et là, publiées dans la revue Bifrost, mais jamais du 100% Day. Suite au numéro spécial sur l'auteur dans la même revue, l'envie d'en découvrir plus est nait, même si j'vais un peu peur : j'entendais ici et là que ses textes étaient souvent âpres, violents et remplis de stupre. Après lecture, il y a un peu de vrai, mais pas autant que je le craignais. Ai-je aimé ? OUI, j'ai même rempilé avec un autre recueil de l'auteur : This is not America. Le sujet qui se dégage est l'écologie au sens large. Publié en 2013, il est toujours d'une actualité brûlante. J'ai trouvé que Thomas Day sait très bien brosser un univers et des personnages crédibles en quelques lignes, il va droit à l'essentiel tout en donnant des détails ici ou là.

Première chose à l'ouverture du recueil, je ne vais pas pouvoir râler contre l'éditeur : un avant propos, une postface, une bibliographie et des illustrations ! Voilà qui met dans de bonnes conditions de lecture.


Mariposa
Un texte qui nous parle du voyage de Magellan, d'une île, Mariposa, et des arbres à papillon. Le rapport ? Et bien il faudra lire ce texte fantastique pour l'apprendre ! Même si je ne connais pas l'histoire de Magellan, cela ne m'a pas empêché d'apprécier la ballade temporelle sur plusieurs époques.


Sept secondes pour devenir un aigle nous emmène dans les pas d'un jeune indien dans une sorte de parcours initiatique. C'est beau, c'est violent (moralement), ça en dit plus que tout ce qui n'est pas écrit. Le titre est superbe. Alors pourquoi 7 secondes pour devenir un aigle ? La nouvelle est gratuite, tu cliques et tu lis.

Éthologie du tigre nous emmène au Cambodge dans les pas d'un amoureux des tigres. Un très bon texte, sauf pour l'histoire d'amour, autour du tourisme "vert". L'occasion en trois actes de prendre connaisse d'un mythe cambodgien.

Shikata ga nai nous parle de la zone contaminée de Fukushima où des paumés tentent de vivre en pillant ce qui peut l'être. Ca se lit rapidement et s'oublie aussi rapidement.

Place à l'Australie avec Tjukurpa où de jeunes aborigènes tentent de retrouver leur lieu de vie avant l'arrivée de l'homme blanc. Entre cyber réalité et réalisme glaçant.


Lumière Noire est la version longue d'une nouvelle publiée initialement dans Retour sur l'horizon. Une IA gouverne désormais un monde ravagée et nous suivons les pas de quelques rescapés. J'ai beaucoup aimé ce texte que j'ai trouvé quasi poétique même si nous sommes dans le cadre du post-apo.
 
La postface, Et la science-fiction entra elle aussi dans l'anthropocène, de Yannick Rumpala clôt de belle manière ce livre. Je ne peux que vous inviter à la lire, c'est gratuit ici. Et une postface citant mon Robert est toujours un bon texte !

 D'autres avis sur le fil dédié sur le forum du Bélial


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