Dmitry Glukhovsky, Robert Laffont, 2026, 368 p., 15€ epub sans DRM
Oubliés de la capitale, une brume toxique et un commandant alcoolique.
Bienvenue dans L'Avant-poste. Un roman qui colle à la peau comme une
vieille infection et qui rappelle que, parfois, le pire n'est pas
ce qui sort de la brume…
Pitch de l'éditeur :
À la suite d'une guerre civile destructrice, des régions entières sont contaminées et les rivières empoisonnées. Egor vit enfermé dans un avant-poste qui marque la frontière de l'État de Moscovie. Son beau-père, commandant du poste, lui rend la vie difficile, et la belle Michelle ne s'intéresse pas à lui. Egor rêve du monde au-delà du pont ferroviaire, de l'autre côté du fleuve. Personne n'a traversé ce pont depuis des décennies. Jusqu'à aujourd'hui... Qui est cet homme en provenance de l'autre rive. Que se passe-t-il de l'autre côté du pont ?
Mon ressenti :
Nous sommes plongés sans préambule dans le quotidien d'un avant-poste oublié de tous. Son quotidien, surveiller un pont qui enjambe un fleuve qui crache une brume violette toxique. C’est un bastion isolé qui survit de bric et de broc, au gré des marchandises que Moscou daigne encore envoyer. L'écriture est volontairement simple, faite de phrases courtes, sèches. Et puis, un jour, une silhouette émerge de la brume. L'aventure commence.
Dans cette ambiance fantastique et étouffante, on suit des tranches de vie amères. Il y a la famille du commandant, qui n’a sûrement pas décuvé de sa vie ; sa femme, une gitane voyante ; et leur rejeton, amoureux éconduit de la belle Michelle. Elle, elle ne rêve que de la grande vie dans la capitale, loin de ce coin paumé rempli de bouseux.
Pas d’action à tout casser ici. Glukhovsky nous embarque dans un roman d’ambiance, lourd de secrets et de non-dits. Qu’y a-t-il de l’autre côté du fleuve ? Pourquoi cette brume ? Les questions restent sans véritables réponses, l'auteur ne nous livre que quelques rares éléments de compréhension. C'est le règne du flou.
L'écriture de Glukhovsky accompagne parfaitement cette lourdeur : elle est volontairement simple, faite de phrases courtes et sèches. À travers ce récit, Glukhovsky continue de disséquer la Russie avec son écriture en guise de scalpel. C’est un catalogue de l'absurde : absurdité de la guerre, du pouvoir, de la religion et des hommes. En filigrane, c’est surtout un hymne au libre arbitre.
Premier tome d'un diptyque si l'on en croit la bibliographie russe de l'auteur, je trouve que ce roman se suffit largement à lui-même. Sa force réside dans son atmosphère qui n'a pas forcément besoin d'une suite pour marquer l'esprit.








