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30/Robert Charles Wilson/custom

Pardon, s’il te plaît, merci

novembre 21, 2019

Charles Yu, Aux Forges de Vulcain, 2019, 240 p., 16€ papier


Pardon Charles Yu, mais tes textes de jeunesse sont de valeurs assez fluctuantes, alors,
S'il te plait, ne m'en tiens pas rigueur car j'aime ton regard absurde, oblique, surréaliste sur l'imaginaire.
Merci.


Présentation de l'éditeur :


Depuis le début de notre siècle, le romancier américain Charles Yu a acquis auprès de la critique américaine un renom particulier, en raison notamment de ses nouvelles régulièrement primées. Dans ces textes courts, qui sont autant de petits romans, il mêle une imagination à la Vonnegut, un sens de l’absurde à la Kafa et un humour geekesque à la Adams.
Grand représentant de la littérature spéculative, il déploie dans ses récits une forme moderne de réalisme magique. Partant de situations absurdes, inventives, loufoques, il déploie leurs conséquences concrètes, avec un sens aigu de la psychologie – dessinant un creux l’immense vide existentiel, qu’est devenue notre modernité.




Mon ressenti :


A l'instar d'un Ken Liu, Charles Yu utilise les tropes de la science-fiction pour nous parler de la société d'aujourd'hui, Il garde ici son ton absurde, voir surréaliste que l'on pouvait déceler dans son Guide de survie pour le voyageur du temps amateur qui, sous prétexte de voyage dans le temps décalé, nous parlait d'une relation père/fils très crédible.
Un recueil qui ne dépare pas dans le catalogue des Forges de Vulcain, qui nous sort régulièrement des textes atypiques aux frontières des genres et nous font sortir des sentiers balisés de la SF. Ici, nous sommes dans le jeu littéraire, nous entrons de plein pied dans la tête de l'écrivain ou encore dans les pensées des personnages qui se savent le jouet d'un narrateur joueur.
Paru initialement en 2012, ce sont donc des textes de jeunesse, et il faut séparer le bon grain de l'ivraie, certaines nouvelles n'ayant pas eu ma préférence, l'auteur, à mon sens, se regardant plus écrire pour l'expérience en tant que t'elle, en oubliant le lecteur qui veut une histoire qui tienne la route.
Un recueil qui plaira à celles et ceux qui aiment les mises en abyme, un fond critique qui n'oublie pas la forme littéraire.
Petit tour d'horizon des quelques textes qui ont eu ma préférence

Pack de solitude standard
Un employé d'une sorte de call center nous dévoile ses états d'âme et son laborieux travail. Mais ici, nous sommes dans le futur, la technologie a fait un bon en avant, et ce n'est pas du SAV, la vente de fenêtre ou de plat minceur qui occupe les journées des travailleurs. Un scénario qui aurait toute sa place dans la série Black Mirror. La solitude des sociétés modernes prend ici tout son sens, pas le temps de s'apitoyer sur les malheurs de la vie quotidienne, d'autres sont là pour ça. Si l'argent peut tout acheter, que nous reste t-il ? Une nouvelle effrayante dont la chute manque cependant de piquant, dommage.

Jeu de Tir à la Première Personne et Le Héros subit des dégâts considérables nous entraine dans les méandres du jeu vidéo, via les zombies et le jeu de rôle. Même si elles se lisent facilement, il manque cependant d'universalité dans le propos et s'oublient rapidement une fois la dernière page tournée.

Inventaire : un texte autour du travail de création de l'écrivain et de ses personnages toujours remis sur le métier chaque jour. Et si ce personnage avait conscience de soi, que penserait il de lui, de son créateur ? Est ce que cette histoire est en partie autobiographique ? Ou simplement imaginé. Tant de questions....

Note à moi même joue aussi de la mise en abyme, ici via la rencontre du narrateur avec lui-même issu d'un monde parallèle. Que se passerait-il dans cette situation, une réponse loin d'être simple

Yeoman
Nous voici dans la peau d'une équipe de Star Trek qui enfile les missions à la chaine et de son yeoman qui doit mourir pour les besoins de l'épisode. Cela m'a fait penser au Redshirt de Scalzi . Complètement barré, absurde mais drôle, loufoque et assez intelligent sur le fond.

Émotion griffée 67 nous emmène à l'écoute du discours annuel sur les résultats et projets du PDG d'une multinationale pharmaceutique. Toujours aussi décalé, la diatribe est cependant valable et légèrement effrayante..

Lu dans le cadre d'un service de presse, un petit mot d'explication s'impose sur le choix de ce recueil : J'aime bien les choix de l'éditeur, mais malheureusement, ses publications ne sont que très rarement au format numérique. De nombreux titres ont éveillé mon intérêt au fil du temps, mais l'achat d'une version papier me rebutait car même si l'originalité est de mise avec cette maison d'édition, cela peut aussi désarçonner, et n'ayant pas un compte en banque illimité... L'éditeur ayant fait récemment un appel aux blogueurs pour mettre en avant Charles Yu afin de préparer la sortie au printemps-été 2020 de son futur roman, j'en ai donc profité pour recevoir gratuitement ce recueil. Et tenterai de lire Super-héros de troisième division, si Les forges sont d'accord !
Et si David Meulemans a été sage cette année, peut-être que le Père Noël lui offrira une usine à epub ?

Toi aussi tu veux le lire gratos ?

Depuis peu, pour mes lectures papier reçus dans le cadre de service de presse, j'offre ce livre à qui voudra le lire.
Pour cela, il suffit de répondre à cette unique question :

Le monde dans lequel on vit n'est en fait que tiré de l'imagination d'un écrivain.
Quel en serait son titre ?

Réponse à envoyer par mail avec ton adresse postale.
Arrêt du concours le Lundi 25 novembre à 23h59mn59s
Je choisis le/la gagnant(e) sur la base du Titre donné en réponse.

Les hommes frénétiques

novembre 18, 2019

Ernest Pérochon, Plon, 1925, 352 p., Domaine public




Géopolitique du futur. Chiant.


Présentation de l'éditeur (Snag) :


Après des siècles de guerres et l’anéantissement des civilisations, une nouvelle société humaine s’est mise en place sur Terre le long des parallèles.
Une seule obsession désormais : la paix.
Mais la science incontrôlée et le désir impitoyable de conquête semblent vouloir reprendre le dessus sur le destin de l’humanité.

Mon ressenti :


Futur lointain, alors que le monde entier jouit d'une paix durable et d'une douceur de vivre grâce à la science, certains événements vont semer la discorde...
On découvre ce monde avec beaucoup de plaisir : l'énergie est disponible gratuitement a tout à chacun; des avions servent de moyen principal de communication... L'utopie enfin réel, l'an 2000 enfin réalisé. Puis une fois les présentations faites, et le loup dans la bergerie, la science sans conscience, l'auteur se lance dans de longues descriptions des évènements mondiaux qui vont précipiter la fin de ce monde idyllique. Cependant il calque un peu trop son histoire sur la notre : chauvinisme, patriotisme, religion. Mélangez le tout et vous obtenez une guerre et l'incapacité des gouvernements mondiaux à l'empêcher via un ersatz de Société des nations. Puis dans un autre chapitre : intérêts commerciaux, volonté de pouvoir et vous obtenez une guerre sur un autre continent et bla bla bla et bla bla bla. Les chapitres se répètent dans de longues descriptions froides, sans personnages pour faire tenir le tout.

Arrivé a ce stade, stop. Même si l'auteur a peu foi en l'humanité, cela ne rattrape pas le peu d'enjeu de la chose. Des personnages inexistants, une histoire inexistante. Un intérêt, le mien inexistant.
En outre, le regard blanc sur les autres races devient vite gênant, malgré l'humanisme supposé de l'ensemble. Oui, je sais, il faut se replacer dans le contexte. Mais sincèrement, il existe des auteurs qui ont écrit avant cette date et avaient un regard plus critique sur le racisme, le colonialisme.
Mon plaisir de lecture étant nul, vite un autre roman.


La bonne blague du jour :
Une édition numérique a 13€ chez Snag éditions, sachant que le roman est tombé dans le domaine public et que vous pouvez le télécharger gratuitement ici ou ailleurs !!!
Merci Snag éditions pour cette bonne tranche de rigolade.


Mes camarades sont plus enthousiastes : SFmoi, TmbM, 233°


Récapitulatif


Ondes Futures du samedi 16 au vendredi 22 novembre 2019

novembre 15, 2019

Ondes Futures, une télé et une radio résolument SFFF !
Chaque semaine, ma sélection de programmes SFFF pour ne plus jamais vous endormir devant la petite lucarne ou au volant.


Cette semaine sur les ondes, rien de moins que la recette pour sauver la Terre :

- Constater les dégâts aux pôles
- Plumer les volatiles !
- Lire les anticipations d'Albin Michel Imaginaire

Tout cela et bien plus encore : https://wke.lt/w/s/ez1yDx



L'Enfance attribuée

novembre 14, 2019

David Marusek, Le Bélial, 2019 (1ère parution 1995), 128 p., 5€ epub sans DRM


Dans le futur aussi les bébés naissent dans les choux et sont apportés par la cigogne à leurs parents ébahis.
A moins qu'un petit défaut dans un rouage ne vienne enrayer la machine...

Présentation de l'éditeur :


En cette fin de siècle surpeuplée, quand les traitements anti-vieillissements rendent chaque individu virtuellement immortel, avoir un enfant relève du luxe le plus extrême. Sam Harger, artiste spécialisé en design intérieur, ne s’attendait pas à tant de bonne fortune lorsqu’il rencontra l’ambitieuse Eleanor Starke. Couler le parfait amour, puis obtenir l’autorisation d’avoir un bébé… une chance inouïe pour le couple, qui ne cache pas son bonheur. Mais dans ce monde surveillé à l’extrême, dominé par l’informatique et les intelligences artificielles, est-on jamais à l’abri des bugs ?

Mon ressenti :


Un homme, une femme. Un artiste, une femme d'affaire. Une histoire d'amour. Voilà qui commence mal, très mal pour moi. Cependant, l'auteur nous place tout ceci dans un monde futuriste peuplé d'IA domestiques, de Milice et même de sangsues ! Le tout sans nous en donner les codes et en semant ici ou là quelques interrogations sur certains événements. Pour comprendre, rien d'autre à faire que de continuer sa lecture.

Arrivé à la moitié de la novela, toujours pas de rapport avec le titre, et le chabadadada commence sérieusement à m'insupporter. Et enfin, arrive cet enfant attribué, et surtout le dévoilement des codes de cette société. Tout devient clair et cette longue présentation prend tout son sens.
Nous sommes bien en terre dystopique et l'auteur s'interroge sur notre rapport à la technologie, et ses conséquences possibles si un cil venait enrayer la machine.
La force de ce texte est sa banalité, celle du quotidien. Pas de longues digressions, juste une tranche de vie qui va révéler toute l'horreur de ce lendemain technologique.
Paru initialement en 1995, ce texte est à mon sens encore plus actualité aujourd'hui, avec nos assistants smartphone Siri Alexa et consort. Et où l'enfant sur catalogue se dessine de plus en plus.
Un paradis d'enfer !

La couverture de la première édition de 1999


Réédition d'un texte de 1995, la traduction de Patrick Mercadal a été revue par les Quarante-Deux.
(Si j'en crois la page Noosfere, le prix du livre papier a doublé en 20 ans !)
Tous les avis sur le fil du forum Le Bélial

Attribution du livre


Un très grand merci à Elhyandra qui m'a offert son exemplaire suite à un commentaire sur son blog. (A votre place, je n'hésiterai pas à commenter tout azimut ses billets pour lire gratos !)
Comme elle, je ne garde pas beaucoup de livres papier, donc je l'attribue, avec son marque page, à la personne qui donne la bonne réponse à ce problème littéraire :
(je choisirai parmi les bonnes réponses avec un algorithme technologique de haut niveau : à la gueule du client !):


Attention, ne mettez pas votre réponse en commentaire, il y a des tricheurs.
Envoyer un mail à ma niche avec votre réponse et votre adresse postale.
Fin du concours Dimanche 17 novembre à 17h11mn19s heure française

Concours terminé, c'est Léna qui remporte la mise. Bravo et bonne lecture.



Lors de la distribution des prix de fin d'année, Juliette a reçu trois romans.
Romans : La nuit des fées, Le retour du disparu, Le voyage inachevé
Genres : historique, policier, sentimental
Nombre de pages : 192, 240, 256

1. La nuit des fées n'est pas un roman historique.
2. Après avoir lu 200 pages de ce roman sentimental, il était aisé de deviner le dénouement.
3. À la page 244 du roman policier, on pouvait lire : La maison hantée frissonnait de torpeur.
4. Le retour du disparu a plus de 250 pages.
5. Chaque roman est d'un genre différent et n'a pas le même nombre de pages.

Pour chaque roman, devinez le genre et le nombre de pages.

Solution : 

Le roman policier a 256 pages (indice 3). Le roman sentimental a 240 pages (indice 2). D’où, le roman historique a 192 pages. Le retour du disparu est un roman policier (indice 4). La nuit des fées est un roman sentimental (indice 1). D’où, Le voyage inachevé est un roman historique. 

RomansLa nuit des féesLe retour du disparuLe voyage inachevé
Genresroman sentimental
roman policier
roman historique
Pages240 p.256 p.192 p.




Rivages

novembre 11, 2019

Gauthier Guillemin, Albin Michel Imaginaire, 2019, 256 p., 10€ epub sans DRM





Moi aussi je fréquente les grands auteurs :

C'est un beau roman, c'est une belle histoire
C'est une romance d'aujourd'hui




Présentation de l'éditeur :


On l'appelle le Voyageur. Il a quitté une cité de canalisations et de barbelés, un cauchemar de bruit permanent et de pollution qui n'a de cesse de dévorer la forêt. Sous la canopée, il s'est découvert un pouvoir, celui de se téléporter d'arbre en arbre.
Épuisé, il a fini par atteindre un village peuplé par les descendants de la déesse Dana, une communauté menacée par les Fomoires, anciennement appelés "géants de la mer". Là, il rencontre Sylve, une étrange jeune femme au regard masqué par d'impénétrables lunettes de glacier. Pour rester avec elle, dans ce village interdit aux Humains, le Voyageur devra mériter sa place.

Mon ressenti :


Il était une fois, une ville d'une contrée lointaine luttait contre un oppresseur vert et hostile, le Dômaine. Le Voyageur, un citadin fatigué, usé par la vie, décide d'en finir et prend la route de cette nature tyrannique. A son grand étonnement, la Mort ne vient pas, mais bien au contraire, lui ouvre en grand ses bois. Le Voyageur va découvrir un monde qu'il n'osait imaginer. ou plutôt, un monde imaginé.

On ne va pas faire durer le suspense plus longtemps, ce roman n'est pas du tout ma came : le respect de la nature, vivre en symbiose avec elle, tout cela est bien beau, mais fleure trop le fameux "C'était mieux avant". J'avais l'impression d'être devant un Science vs Nature, le Bien contre le Mal. D'un retour à la terre, je préfère celui d'un Manu Larcenet, plus rigolo et beaucoup plus nuancé quand aux représentations des citadins et/ou des culs-terreux.
Le style est clairement à l'opposé de mes choix littéraires, chaque chapitre s'ouvre en effet par un extrait de grands poètes et nous sommes beaucoup dans l'introspection et contemplation.
L'histoire d'amour qui ne manque malheureusement pas d'arriver tient plus du prince qui vient délivrer la pauvre princesse.

C'est dommage, car l'idée générale était bonne, l'ode à l'imaginaire, aux histoires, contes et mythes amènent un plus incontestable mais j'ai trouvé que l'auteur n'allait pas assez loin dans sa logique.
J'ai aussi bien aimé ce village gaulois ondins avec son côté anarchiste, où chacun se voit attribuer un rôle en fonction de ses compétences, mais doit participer à la vie et aux charges de la vie communautaire.

Seul sur le sable
Les yeux dans l'eau
Mon rêve était trop beau
L'été qui s'achève, tu partiras
À cent mille lieues de moi
Comment t'aimer si tu t'en vas
Dans ton pays loin là-bas ?
 
Les vieilles étiquettes du genre prennent de plus en plus de plomb dans l'aile. Jadis, c'était simple, il y avait la SFFF : science-fiction, fantasy et fantastique. Désormais, tout fout le camp ! Nous voici en face d'une fantasy post apocalyptique doublée d'une utopie. L'avenir est au métissage, et c'est très bien ainsi. Et comme le dit la formule, qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse.
Cependant, on peut mélanger les genres, littéraires, mais pas les codes : Monsieur est du genre taiseux, il veut bien écouter l'histoire des autres, mais ne laisse rien filtrer de son passé, c'est un mâle alpha, la plus belle Ondine, Sylve, un croisement entre Cyclope de X-men et Méduse, ne peut que tomber folle amoureuse, même si elle sait qu'un jour, son homme repartira !
J'avais parfois l'impression que l'auteur ajoutait des événements, personnages, sans trop s'en occuper par la suite.
Au final, un conte philosophique un peu niais, un Damasio écolo-poète !

Rivages était un one shot qui s'est transformé en diptyque, La fin des étiages paraitra chez le même éditeur au printemps 2020, sans moi comme lecteur.


Vous pouvez lire une interview de l'auteur sur le site d'AMI

Critique réalisée dans le cadre d'un service de presse.

Ondes Futures du samedi 09 au vendredi 15 novembre 2019

novembre 08, 2019

Ondes Futures, une télé et une radio résolument SFFF !
Chaque semaine, ma sélection de programmes SFFF pour ne plus jamais vous endormir devant la petite lucarne ou au volant.


Cette semaine sur les ondes :

Des rêveurs tentent de s'emparer de ton cerveau;
La science fait parler les morts;
Et la science-fiction s'allie à la la lutte anti-terroriste;
Si tu pensais encore avoir une vie privée...


Tout cela et bien plus encore : https://wke.lt/w/s/m_VYMo



Sept morts à vivre

novembre 07, 2019

Southeast Jones, Rêveur d’étoiles/Paul Demoulin, 2019, 156 p., 3€ epub sans DRM





Sept morts, sept nouvelles et une funéraille...


Présentation de l'auteur :


Vous allez tous mourir ! Il va falloir vous y faire, un jour tout va disparaître : vous, moi, le monde sur lequel nous vivons, et même l’univers ! D’aucun parmi vous se diront que ce n’est pas la fin, car après tout, la mort n’est peut-être qu’une option parmi d’autres ; à moins qu’il ne s’agisse d’une étape nécessaire à notre évolution… A la fin des temps, Dieu a rouvert les portes du paradis, mais les bienheureux y errent sans but et leur existence semble bien morne. Un homme, un seul, se refuse à les rejoindre, mais à quel prix ! Comment la vie est-elle apparue sur Terre ? Comment va-t-elle finir ? La réponse à ces questions risque fort de ne pas vous plaire ! L’horreur se dissimule parfois derrière le masque de la beauté, mais comment ne pas avoir envie de mourir lorsqu’elle se dévoile ? Et si nous n’étions que les acteurs d’une pièce de théâtre mise en scène par d’inconcevables entités cosmiques ? Que se passera-t-il lorsque tombera le rideau sur le dernier acte ? Quel rapport il y a-t-il entre un homme aux portes de la mort, un dragon et une créature qui se dit aussi vieille que l’univers ?


Mon ressenti :


Lorsque l'on veut citer des auteurs de SF, certains ne le seront jamais, soit parce qu'ils ont été injustement oubliés, soit parce qu'ils n'écrivent que de simples textes. Simples, mais non dénués de talents. Ils ne vont pas inventer de nouveaux concepts, les transcender en quelque chose de plus neuf, de plus cosmique. Non, ils vont écrire des histoires, des tranches de vie proche de ce que nous pourrions vivre, ils n'inventent pas le feu mais savent nous emmener avec eux dans leur monde.
Southeast Jones est de ceux là. C'est peu, mais c'est beaucoup.
Alors si comme moi tu aimes les récits banals mais qui nous parlent de notre humanité, peut être que ces Sept morts pourraient te faire vivre quelques bons moments.
Recueil auto-édité de sept nouvelles, dont 3 rééditions parues dans diverses anthologies, la couverture pique les yeux de prime abord, mais à y regarder de plus près, offre une jolie vue d'un bout de notre univers. Cependant, trop d'étoiles, tue l'étoile !

Petite revue de détail


Monde lent
Publié initialement dans le recueil Souvenirs du Futur, je vous colle ce que j'en disais à l'époque :
Et si parfois leurs yeux semblent se perdre dans le vide, c’est parce qu’ils regardent un ailleurs qui vous est inconcevable. 

Il y a un peu du roman Terminus là dedans, mais en plus humaniste. Un vieux sénile parle à son médecin de la compréhension du temps par les personnes âgées, les fous ou les handicapés, dans ce monde devenu lent où la sénescence serait une évolution de l'espèce, un cinquième âge de la vie, profondément autre. Alors comment communiquer, comment comprendre l'Autre ?
Microcosme et macrocosme se rejoignent. Un très beau texte, ode à la vieillesse, à l'autre, si proche et si lointain à la fois.


Vivante ou inanimée, l’existence de toute chose n’est qu’une perpétuelle altération. Tout se déchire, s’enchevêtre, se décompose et se réagence jusqu’à créer ad infinitum de nouvelles ramifications en fonction d’événements, directs ou indirects, où la causalité elle-même est remise en question. Explorer toutes les probabilités d’un tel univers semble impossible sans sombrer dans la démence. Se défaire de la raison reste peut-être la seule alternative pour espérer comprendre une infime partie du « Grand Tout », avant d’avoir l’esprit liquéfié par la connaissance ultime.

L'antre de la bête
Un homme qui se meurt veut apaiser le fardeau qui pèse sur ses épaules à quelques amis. Il leur conte sa terrible histoire.
Une SF horrifique au goût de Providence. L'ambiance retranscrit bien l'odeur des textes anciens, où un narrateur raconte au coin du feu sa terrible mésaventure, sans oublier le twist final qui permet de revoir l'histoire sous un nouvel angle. Une longueur supplémentaire aurait pu cependant rendre l'ambiance un peu plus oppressante.

Anamnèse
Un homme est victime de malaises et de pertes de mémoires. Son quotidien devient de plus en plus halluciné et fragmenté.
Je me demandais où voulait m'emmener l'auteur. Et bien précisément la ou je ne m'attendais pas. A relire de suite pour comprendre mieux le fonctionnement du texte qui parvient à retranscrire fidèlement les pensées du protagoniste.

Mon dragon et moi
Malgré le titre, pas de fantasy ici, mais un space-opera : un pirate de l'espace doit se charger de livrer un bien étrange colis. Nous rencontrons ici une espèce d'aliens bienveillants qui vont croiser la route d'une espèce belliqueuse, l'homme.
Un sujet sombre pour un texte empreint d'une profonde nostalgie et empathie.

Le temps des moissons
Les espèces vivantes reviennent à la vie après leur mort. Un scientifique étudie cette maladie dans un labo militaire. Il nous livre ses mémoires.
Pas des zombies méchants, ils aiment ici prendre le soleil et se prélasser à longueur de journée.
Assez classique dans sa thématique, son final rompt avec ce que l'on est en droit d'attendre de ce genre de récit pour mon plus grand bonheur.
En outre, un passage m'a fait penser à un texte de Léo Ferré : 'Tu nais tout seul tu meurs tout seul entre les deux, il y a des faits divers, des faits divers que je te souhaite de choisir, parce que la plupart du temps, ces faits divers, ils te sont imposés, alors fais tout ce que tu peux pour garder tes faits divers à toi"
Je ne sais pas si l'auteur connait, mais dans la nouvelle, ce passage en est clairement une paraphrase :

L’existence peut se résumer en trois étapes : la naissance, la vie et la mort ; bien que seules la première et la dernière aient une réelle importance. À l’échelle d’un univers que l’on suppose infini et dont la durée de vie est, de notre point de vue humain, ce qui se rapproche le plus de l’éternité, tout ce qui se passe entre les deux n’est qu’une succession de points de détail insignifiants.


Dernière maison avant le paradis.
Un reclus vit dans un coin perdu avec sa chienne, une petite vie tranquille à tenter de digérer le décès de sa femme. Un jour cependant, alors que la fournaise bat son plein, un étranger frappe à la porte.
Bien aimé ce texte irrévérencieux envers le Tout puissant. Nous n'avons qu'une vie, alors autant en profiter tant qu'elle est présente, l'après n'est jamais certain.


Épilogue

Une vieille bande d'amis fête  la quatorzième fin du monde dans l'insouciance. Mais la vraie fin du monde est parfois en retard.
Beaucoup aimé ce texte simple dont le twist final, tout bête, fonctionne admirablement.

Nous étions si souvent réunis qu’on eut pu nous croire de la même famille. 2012 avait été une première, le monde avait continué de tourner, pas toujours très rond, mais nous étions encore là, ensemble, pour le pire et le meilleur. J’ai toujours pensé que ce ne serait pas Dieu, ou la nature, ou même un géocroiseur qui causerait notre disparition, mais bien l’homme et sa folie. Qu’importe le moyen : le feu nucléaire, la guerre bactériologique, ou plus vraisemblablement la destruction de notre environnement, la machine était en route, et rien ne pourrait l’arrêter. Nous n’avions tous qu’un vœu : celui de ne plus être là lorsque cela arriverait.

In memoriam
Texte en hommage à...
Un jour d'enterrement, le deuil, la vie, après.


On peut être auto-édité et savoir se vendre, voici le teaser du recueil
https://youtu.be/12GAJ4Dv7ww


Critique réalisée dans le cadre d'un service de presse
Fourni par Blogger.