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Ondes Futures du samedi 21 au vendredi 27 septembre 2019

septembre 20, 2019

Ondes Futures, une télé et une radio résolument SFFF !
Chaque semaine, ma sélection de programmes SFFF pour ne plus jamais vous endormir devant la petite lucarne ou au volant.


Cette semaine sur les ondes :


Du vrai fantastique à la télévision, vous en rêviez, W9 l'a fait : un fantôme, de l'amour et bien entendu, de la poterie !
Pour celles et ceux plus terre à terre, reste un cours magistral de linguistique céleste;
Ou glissez vous dans la peau d'un mathématicien d’exception.

Tout cela et bien plus encore : https://wke.lt/w/s/hp5-nx




Semiosis

septembre 19, 2019
 

Sue Burke, Albin Michel Imaginaire, 2019, 448 p., 13€ epub sans DRM



Les hippies auraient eu le voyage spatial à disposition, croyez vous qu'ils seraient allés s'enterrer à Katmandou ?
Non ils seraient allés fonder Pax.
Voici leur histoire :

Présentation de l'éditeur :


Ils sont cinquante - des femmes, des hommes de tous horizons. Ils ont définitivement quitté la Terre pour, au terme d'un voyage interstellaire de cent soixante ans, s'établir sur une planète lointaine qu'ils ont baptisée Pax. Ils ont laissé derrière eux les guerres, la pollution, l'argent, pour se rapprocher de « la nature ». Tout recommencer. Construire une Utopie.
Mais très vite, des drames menacent leur idéal. Du matériel irremplaçable est détruit. Des morts surviennent et s'accumulent.
La nature est par essence dangereuse ; celle de Pax, mystérieuse, ne fait pas exception à la règle. Pour survivre, les colons vont devoir affronter ce qu'ils ne comprennent pas et comprendre ce qu'ils affrontent.


Mon ressenti :


50 gugusses pleins aux as en ont marre des horreurs commises sur Terre et veulent fonder une nouvelle communauté en osmose avec une nouvelle planète. Ni une ni deux, ils remplissent le coffre de leur vaisseau spatial et vive la vie en communauté. De la bienveillance plein les poches, cette chienne de vie va leur montrer qu'entre idéal et réalité, les choses ne sont pas si simples.
Et cela, dès leur réveil devant une planète qui ne correspond pas à leur destination choisie. Sans compter que le déchargement du vaisseau ne se passe pas comme prévu !

L'histoire se déroule ici - Source : site de l'autrice sur le roman


Raconté sur plusieurs générations, chaque chapitre est narré par un protagoniste différent, le ton et le style s'accordant avec la psychologie du personnage. C'est bien fait, voir trop, j'ai failli reposer le livre au chapitre 2 en compagnie de cette ado chiante qui découvre que les adultes sont de fieffés menteurs. Même gageure un peu plus loin. Immersion un poil trop  réussie donc.
J'ai eu aussi quelque mal avec une autre race que nos colons croiseront durant leur périples, et dont le langage m'aura énervé au possible. (un langage "petit nègre" si vous voyez de quoi je veux parler).

Parler aux plantes


L'histoire nous conte le rapport entre ces terriens immigrés, les Pacifistes, et une faune et une flore différente, radicalement étrangère. Comment s'y adapter ? Comprendre l'autre surtout si ce n'est qu'un bambou, même pas un roseau pensant ?
Rare sont les romans à nous parler d'aliens végétaux, Semiosis est de ceux là. L'autrice arrive à nous immerger dans les pensées du Bambou conscient, Bambouffon pour les intimes, et nous parle de sa biologie, de son développement et de sa communication. Elle nous parle du lien nécessaire entre les différentes formes de vie, pour que chacun puissent se développer à sa pleine mesure. Tout cela sans trop de lourdeur et de manière accessible le plus souvent.
Cependant, Bambouffon n'est pas la gentille plante verte, elle est l'espèce la plus intelligente de son ecosystème, et cela l'a rend un poil arrogante, voir manipulatrice. La question de savoir si Bambouffon veux vraiment le bien de nos colons traversera le roman, même si vers la fin du roman, ce doute s'estompe un peu trop.




"Reconnais que c’est une sacrée couleuvre à avaler"


On pourra reprocher une faune et une flore, une biosphère un peu trop ressemblante à ce que l'on trouve sur terre, mais cela rend l'acclimatation plus simple et rapide. Idem, on peut respirer sans problème, mais une robinsonnade en combinaison spatiale n'est pas des plus simples.
De même, le fait qu'une trentaine de personnes puisse recréer une population fiable sans bâtardise, cela peut surprendre. Mais contrairement à nombre de space-opera, il n'est pas question ici de se servir de la main d'oeuvre en hibernation pour sortir les corps de métiers nécessaires en fonction des situations.

Le récit multigénérationnel permet d'explorer les premières générations humaines sur Pax. Mais le découpage a aussi ses défauts : lorsque au chapitre 3 une esquisse de dialogue débute et qu'au chapitre suivant, plein de zones d'ombres sur cet apprentissage ne sont pas développés, cela est très frustrant. Nous sommes ici dans de la SF pour tout public, sans aucunes connotations péjoratives, l'amateur en voudra plus, celui qui s'initie au genre appréciera. Quoiqu'il en soit, j'ai trouvé le récit bien menée, et j'ai terminé le roman en 2-3 jours.

"Ils aspiraient à la joie, l’amour, la beauté et la communauté"


La dystopie est sur Terre, le monde bienveillant sur Pax, Sue Burke émaille cependant son récit de doutes sur les actions des uns et des autres. Alors qu'ils venaient en paix, le quotidien va leur démontrer que même dans un groupe bienveillant, la malveillance peut prendre forme. Heureusement, car lorsque je lis des phrases comme celle du dessus, mon envie de vomir refait surface (quels doux souvenirs que ma lecture du roman Les étoiles sont légion). Fascime, racisme, assimilation, meurtre, égaieront les journées de nos explorateurs.
Un roman utopique qui plaira à celles et ceux qui en ont marre du pessimisme en SF, mais qui reste mesuré.

Points de vue multiples et temporels, Sue Burke utilise aussi une autre méthode pour ne pas ennuyer le lecteur : chaque chapitre a son genre : on passe du roman d'aventure à l'enquête policière, du roman Young Adult à l'amateur confirmé, en faisant un détour par l'ethnologie ou l'étude de moeurs...
Cela donne un côté fix-up à ce livre, des nouvelles reliées par un fil conducteur : Pax et son bambou pensant.



Bien que le roman puisse se lire de manière indépendante, une suite existe, Interference, qui paraitra en octobre 2019 aux Etats-Unis. Et moi, malgré les bémols ici ou là (ne pas oublier qu'il s'agit du premier roman de l'autrice), j'ai bien envie de la lire. Alors, s'il te plait, sors ton porte monnaie :

J’attends de voir les premiers mois d’exploitation de Semiosis pour prendre une décision sur Interference.
L'état actuel du marché me contraint à une extrême prudence, en ce qui concerne les nouveaux auteurs.
Gilles Dumay, boss AMI sur le forum du Bélial



La blogosphère est partagée, cela va du "Oh, oui ! Encore !" au "Oui, mais", sans oublier le Beurk.

Oh, oui ! Encore !
Au pays des cave trolls - Chut maman lit - Les critiques de Yuyine - Les pipelettes en parlent - Uranie - Un papillon dans la lune -

Oui, mais - Bof, mais
Le bibliocosme - Le culte d'Apophis - L'épaule d'Orion  - Les lectures du Maki - Quoi de neuf sur ma pile ? - Reflets de mes lectures -

Beurk, les bambous
Touchez mon blog -


Et pour savoir si tout cela n'est que fadaises, écoute La méthode scientifique du 22 janvier 2018

Monde végétal : une intelligence en germe
https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-lundi-22-janvier-2018
Quels sont les comportements d’adaptation et d'interaction du monde végétal ? Comment ces découvertes changent notre conception des plantes ? Est-ce qu’on peut identifier une forme d’intelligence chez les plantes ? Quelles sont les caractéristiques de cette forme d’intelligence ?
Nous parlions vendredi dernier d’émotion animale. Puisqu’il est désormais acquis que les animaux sont doués d’intelligence, à divers degrés et même d’émotions, n’est-il pas tout aussi légitime de s’intéresser au monde végétal. Certes, les plantes n’ont pas de système nerveux, il n’en reste pas moins que l’étude de la cognition végétale nous montre que les arbres communiquent entre eux, que la forêt est un ensemble vivant capable d’entraide, de mémoire, de nouer un lien entre génération et que certaines plantes seraient même en mesure d’apprendre. Mais comment penser une intelligence végétale qui serait, par nature, si différente de la nôtre ?
Et pour évoquer cette épineuse question, au sens propre comme au figuré, nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui Jacques Tassin, chercheur en écologie végétale au CIRAD, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), auteur de « A quoi pensent les plantes ? », chez Odile Jacob, et en duplex, depuis studios France Bleu Saint-Etienne Loire, Bruno Moulia, directeur de recherche à l’INRA de Clermont Ferrand, de l’Unité Mixte de Recherche Physique et Physiologie Intégratives de l’Arbre en Environnement Fluctuant (PIAF).

Critique réalisée dans le cadre d'un Service de presse


Les couvertures des versions électroniques, ainsi que les vignettes sur les librairies en ligne, étaient jusqu’à une époque récente préservée des affreux bandeaux. C'est désormais une époque révolue. Dommage de payer un graphiste pour saloper son travail !


A lire avec cette chanson en fond musicale ?


Challenge Summer Star Wars

Hante voltige (Paris est une bête)

septembre 16, 2019

Nelly Chadour, Moltinus/Les Saisons de l'étrange, 2019, 192 p., 6,50€ epub sans DRM



Un roman peut-il être à la fois con, intelligent, foutraque, bien construit, drôle, tragique, fantastique, réaliste, engagé et militant ? Nelly Chadour fait de la haute voltige avec brio.
Un véritable coup de babouche dans la gueule.

Présentation de l'éditeur : 

Année 80, Paris, il chevauche la nuit sur sa moto chromée, hantant les rues enfumées de la Capitale.
Que peuvent faire Leïla et Fusain pour arrêter cette menace sans visage, caché derrière un casque noir comme l'éternité ?
Le Motard fait rugir son moteur, et sa soif de vengeance ne connaît pas de frein.

Mon ressenti :


J'ai acheté ce livre un peu sur un coup de tête, mon esprit avait fait un lien avec Roland C. Wagner, sûrement à cause du motard. Je ne m'attendais pas forcément à grand chose, si ce n'est un divertissement honnête. Et après lecture, je pense que ce Hante voltige n'aurait pas démérité à côté des romans de Wagner.



On rentre assez rapidement dans le vif du sujet, dans cette époque raciste où les flics cassent de l'arabe tranquillement dans ce Paris des années 80, avec le meurtre de Malik Oussékine alors que les étudiants et les lycéens battaient le pavé à propos d'une énième réforme de l'éducation. Au milieu de ces révoltés, une bande hétéroclite de punks, goths et beurette, "tous allergiques aux ciseaux du coiffeur."
Et puis, il y a le voltigeur, avec son casque immaculé, qui désire "envoyer au diable tous les fils du Maghreb".

La police n’est pas là pour nous protéger, bichette, reprend la vieille dame d’une voix plus douce. Elle est là pour rappeler que des gens comme vous ne seront jamais entièrement français et pour s’assurer que le petit peuple ne fera jamais de vague qui nuirait au plan des puissants.

On se prend à cette histoire tragique, drôle et fantastique et les pages s'enfilent à grande vitesse. On va pas se mentir, les persos sont caricaturales, cela part dans tous les sens mais on prend du plaisir à lire une page puis une autre. C'est foutraque, mais on passe un bon moment.
Mais au fur et à mesure, les fils épars se rejoignent, l'intrigue prend alors toute son ampleur. Et je me dis qu'au final tout cela n'est pas si con que cela, l'intrigue fait sens. Et pour cause, ici, on se retrouve avec de vrais personnages que l'on côtoie dans notre vrai vie, ceux dont on parle très peu en littérature, les marginaux, les arabes, les punks et autres. La lie de la société bien pensante. Et ça fait un bien fou, tellement c'est rare.

Il y a aussi ce Paris interlope, loin de l'image d'Épinal, et des touristes. Les 2-3 références que j'ai vérifié existent bel et bien. Il y a aussi et surtout ce vieil arabe Ahmed, alias Papy Pantoufles, un Yoda beur qui me restera en mémoire longtemps.

Même si tout le monde sait dans le foyer que les deux vieux ne partagent aucun lien de parenté, nul ne se serait avisé à en faire la remarque à Papy Pantoufles. Malgré sa stature microscopique et ses yeux plissés d’homme qui a longtemps regardé les réverbérations du soleil sur le désert, son drôle de bonnet blanc cousu de symboles berbères et son immense chemise rayée qui lui bat les mollets, il impose le respect. Particulièrement en raison de ses connaissances des moindres recoins de la capitale, son don pour trouver toute denrée demandée contre une somme dérisoire ou de menus services, et sa force de frappe à la babouche. Car son surnom ne vient pas seulement de son pas traînant : le vieux excelle dans l’art de la mandale pantouflée. Un mot de travers, une insolence, et vlan ! Avant que l’œil n’ait saisi le geste, la joue enregistre la douleur cuisante.

Ajouter à cela des sujets faits divers pas si divers : le racisme, les ratonnades, les skins et les bavures policières. Ça fait du bien d'entendre reparler de Malik Oussékine, tué par ceux qui devait le protéger. Tout y est : la colère, rentrée, refoulée devant les injustices. Mais il y a aussi la fraternité.
Mais ici pas d'apitoiement, pas de leçon de morale, on se marre et on réfléchit en même temps. l'autrice se paye même le luxe de jouer avec nos représentations sur les maghrébins pour mieux les retourner : la débrouillardise, le système D, les apparts aux pièces minuscules qui se transforment en loft à la barbe du proprio.
Et d'un roman ancré dans les années 80, Nelly Chadour se paye le luxe de les relier avec des d'autres drames des années 60 pour mieux faire ressortir les avancées sociales de notre époque. Enfin, à ce que l'on dit...

En 192 pages, tout est dit. Je me suis surpris à me payer des franches parties de rigolades en lisant certains dialogues. Chapeau bas à Nelly d'avoir fait rentrer tout cela en si peu de pages. Et que tout se se tient. De la belle ouvrage, je dirais même de la haute voltige.
Et puis un livre qui fait un parallèle entre les mouches (à merde ?) et les flics racistes, moi, ça me fait rire.

Un moulin qui va se révéler digne de Burton


Chaque année, je discerne mes Prix du chien, dont l'un est décerné à ceux qui gueulent. Il y a fort à parier que j'ai trouvé la gagnante de cette année, qui sera en bonne compagnie entourée d'Alex Jestaire et de Roland C. Wagner.

J'avais repéré ce livre via le blog de Chut... Maman lit ! et désespérais de le lire, n'ayant pas trouver de version électronique. La distribution est un métier assez étrange (logique me direz vous pour un opus des saisons de l'étrange) : je ne l'avais trouvé ni sur 7swith, ni sur la page dédiée à l'autrice sur le site de l'éditeur. Sûrement un coup de l'Intérieur !!!
Mais la version existe belle et bien, l'autrice m'a donné le lien direct, je vous le transmet donc :
Hante voltige en epub

Rare que je suis aussi enthousiaste, si vous avez encore des doutes, allez lire les Chroniques du chroniqueur, de Alias ou de Maman lit.
Et je vous conseille fortement d'aller lire l'interview de Nelly Chadour faite par le Chroniqueur



A lire en écoutant le Ministère des Affaires Populaires qui correspond bien à l'ambiance festive et engagé.




Ou Assassin et son magnifique L’État assassine.






Quelques citations :


« Alors, Papy, on revient d’une nuit blanche ? Ça devait être quelque chose.
– M’en parle pas, gamin, j’ai causé pendant cinq heures avec les flics, j’ai entrevu l’infini du néant emprisonné sous des boîtes crâniennes étroites.
– Veinard ! Moi j’y ai eu droit pendant vingt-quatre heures sans un mot d’excuse quand ils ont fini par reconnaître leur erreur. Mais apparemment, c’était pas leur faute, c’est nous qui nous ressemblons tous.
– C’est parce que nous sommes tous frères de misère, gamin.

La gueule de l’emploi, commente Papy. C’est ça qui m’émerveille avec les forces de l’ordre de votre pays : on y laisse entrer les pires brutes et on s’émeut ensuite de ce que vous appelez pudiquement des bavures.

L’endroit fleure bon le vieux vomi et la boulette d’héro cramée. Jamais voulu toucher à cette saloperie, c’est pour cette raison que je fraye plus volontiers avec les goths et les métalleux, qui se contentent d’être alcoolos.

 
Challenge S4F3

Ondes Futures du samedi 14 au vendredi 20 septembre 2019

septembre 13, 2019

Ondes Futures, une télé et une radio résolument SFFF !
Chaque semaine, ma sélection de programmes SFFF pour ne plus jamais vous endormir devant la petite lucarne ou au volant.


Cette semaine sur les ondes :


Alors que certains veulent nous mettre au régime sec, la fonte des glaces est-elle une bonne nouvelle ?
Pourquoi ne pas faire appel à nos super-héros pour nous sauver de cette triste situation ?
Et qui dit eau dit repas, chaud de préférence, car c'est bon pour vos neurones si l'on n'en croit la jolie maxime : je pense, donc je cuis !


Tout cela et bien plus encore : https://wke.lt/w/s/FzzR8L




Hicham Berrada - Paysages générés

septembre 12, 2019

Hicham Berrada, Musée du Louvre Lens, 2019


Algorithme + Chimie + Arts plastiques = Art alien ?


Au détour d'une ballade impromptue au musée du Louvre Lens, sous des tonnes de Culture, au fin fond de la Galerie du temps se cache un espace pour des expos temporaires. De loin, je lis le titre de l'expo et cela m'interpelle en tant que lecteur de SF : Paysages générés (j'avais lu dégénérés)
Je m'approche, et je me sens de suite en terre science fictionnelle, en compagnie de paysages qui ne dépareraient pas des mondes imaginaires que les auteurs de SF nous inventent.

Kéromancie

Hicham Berrada reprend la kéromancie, une pratique divinatoire où on interprète la forme que prend de la cire jetée dans de l'eau.
Ici, le procédé est plus scientifique et contrôlé, le résultat est moulé puis fondu à l'aide de différents métaux et mis en électrolyse. La forme évolue avec le temps et les ajouts d’éléments chimiques.

 




Selon l'angle d'observation, l'objet, l'écosystème change pour se transformer en faune ou en flore d'une exoplanète. Des transparences, des formes éthérées comme un champignon translucide qui absorbe, envahit peu à peu les objets. Cela parait vivant.  Une vidéo nous parle de sa démarche et de sa technique. Des œuvres qui évoluent avec le temps, composées à partir de réactions chimiques. L'artiste ne se la pète pas, s'explique simplement et reste humble. Pas trouvé trace de cette vidéo sur le net, mais je vous conseille d'aller visionner celle-ci produite par TV5 monde

Augures Mathématiques


A quelques mètres de là, posées par terre ou accrochées au mur, des excroissances organiques blanchâtres. Des squelettes de je ne sais quel race alien, des exo-coraux peut-être.
Pour Hicham Berrada, ce sont des sculptures issues "d'algorithmes de morphogénèse, des formules mathématiques qui permettent de calculer et donc de prédire le développement des formes de la nature". Il les intitule Augures Mathématiques.






La photographie immense qui s'empare de la paroi de verre est aussi issue de la combinaison d' algorithmes de nuages, de lichens et de racines.





Céleste


A un autre endroit, une fenêtre sur un paysage boisée et vallonnée d'où une fumée colorée explose et remplie l'espace. Fumée, mousse, explosion chimique, atmosphère d'une exoplanète, invasion alien, qui sait ?









Sortie de là, j'étais ravi d'avoir visité des contrées lointaines, à l'écosystème profondément étrange. Un mariage réussie entre science, art et imaginaire.
La Culture institutionnelle n'est franchement pas ma tasse de thé, mais il y a toujours l’exception à la règle.
Je vous joins la petite brochure explicative du Louvre Lens. Hicham Berrada - Paysages générés

Etant très réactif, l'expo, gratuite, est malheureusement terminée depuis le 01 septembre, mais nul doute que d'autres musées accueilleront les oeuvres d'Hicham Berrada.



2019 Hicham Berrada, portrait
photographie © Courtesy Pinault Collection. Photo Maxime Tétard, Studio Les Graphiquants.





Silo 3 - Générations

septembre 09, 2019

 

Hugh Howey, Le livre de poche, Actes Sud, 2014, 417 p., 10€ epub sans DRM

 

Boum
Quand notre silo fait Boum
Tout avec lui dit Boum
Et c'est le lecteur qui trinque.
 

 

Présentation de l'éditeur :

À la suite d'un soulèvement, les habitants du silo 18 sont face à une nouvelle donne. Certains embrassent le changement, d'autres appréhendent l'inconnu. Personne n'est maître de son destin. Le silo est toujours sous la menace de ceux qui veulent le détruire. Et Juliette sait qu'elle doit les arrêter. La bataille pour le silo a été gagnée. La guerre pour l'humanité ne fait que commencer.


 Mon ressenti :

Après un tome 1 addictif, un préquel en demi teinte, voici enfin venue la fin de la trilogie Silo. Nous retrouvons Jules/Juliette dans son costume de Maire, secondé par son amant qui tient les rênes des communications. Juliette veut tenir sa promesse faite à Jimmy/Solo de venir le rechercher et rêve de quitter le Silo pour reconstruire.
L'ancien monde est mort, des microsociétés existent enfermées dans des silos gigantesques, des générations sont passées, ont oublié l'ancien temps, leurs géniteurs sont devenus des dieux, une nouvelle religion  intern'ait quidit de parler de certaines choses. Les dieux avaient pensé et mise en branle ce système coercitif sous la houlette du Silo 1 où les cadres sont soumis au lavage de cerveau au sens littéral du mot. Mais quelque soit le silo, certains veulent du changement.

Changement que le lecteur n'aura pas : tout a été dit dans les tomes précédents, la grande révélation fait pschitt. Cela commençait pourtant bien, on retrouvait nos héros enfermés pour suivre la fin de leurs aventures. Mais l'auteur attend trop, nous ballade dans les divers  niveaux et le thriller prend le pas sur l'étude de moeurs et une vision de la société.
Il manque clairement une dimension sociologique plus poussée pour me satisfaire totalement. Le système de castes, de division du travail,  de la communication freinée pour tenir les hommes dans l'ignorance est bien présent, mais l'auteur reste à mon sens, le comble, en surface, et après quelques passages, préfère revenir au thriller pour maintenir l’intérêt du lecteur. la base reste identique : chapitres courts + cliffhanger + changement de personnages. A la longue, cela lasse.

Et puis il faut conclure, alors autant le faire vite et mal, dans de l'action qui part dans tous les sens, et met le réalisme en très fâcheuse position. En outre, le pourquoi de tout cela me semble tiré par les cheveux, le peu qu'il me restait après toutes ces courses poursuites. Bref, l'origine des silos étant brinquebalante, la fin ne pouvait que l'être d'autant plus.

Une trilogie trop longue et donc trop diluée qui a quand même quelques bons côtés, dont celui, extraordinaire, d'avoir obligé Actes Sud a renoncé à ses fidèles verrous numériques sur ces ebooks, Hugh Howey étant partisan du libre. Pour celles et ceux qui ont quitté à regret les silos, d'autres romans, des fanfiction, dans le même univers existent, en anglais.



Aileurs, le son de cloche est identique :
Lorhkan ne veut pas cracher dans la soupe à l'excès, Zina n’a pas été emportée par les aventures et Lune n'a pas ressenti plus de surprises.


Silo, c'est aussi une aventure éditoriale et un auteur atypique. Pour tout savoir, écouter La méthode scientifique :

Grand entretien avec Hugh Howey

https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/grand-entretien-avec-hugh-howey
La méthode scientifique du 27 juin 2019
Lien direct (enregistrer sous)

Pour conclure cette troisième saison, nous avons mis les petits plats dans les grands. En cette avant-dernière émission, nous partons au bout du monde pour retrouver celui qui a été tour à tour réparateur d’ordinateur, skipper, capitaine de yacht, puis commis dans une librairie universitaire. Il publie ses premiers romans sans grand succès, puis décide de publier ses nouvelles directement en ligne et d’un coup, c’est le grand emballement. Une nouvelle, deux, trois, les lecteurs se les arrachent, Hollywood se précipite. Il est avec nous sur son voilier depuis les îles Fidji. Hugh Howey, auteur de la trilogie Silo est notre grand invité de SF de cette fin de saison.
Une heure avec Hugh Howey : c’est le programme de luxe qui est le nôtre pour l’heure qui vient. Bienvenue dans La Méthode scientifique.


Mon avis
Mon avis




Quelques citations :



Quelqu’un à sauver. La folie de l’homme… la folie de ces foutus silos dont il était l’un des créateurs. Cette supposition qu’il y avait des choses à sauver. On aurait dû les laisser tranquilles, les hommes autant que la planète. L’humanité avait le droit de disparaître. De s’éteindre. C’est ce que la vie faisait : elle s’éteignait. Ça faisait de la place pour les suivants. Mais les hommes, en tant qu’individus, s’étaient souvent insurgés contre l’ordre des choses. Ils avaient leurs enfants – clonés illégalement –, leurs traitements aux nanomachines, leurs pièces de rechange et leurs cryopodes. Comme ceux qui avaient créé cette folie.


Vous nous promettez le paradis, hein ? Mais qu’est-ce que vous connaissez de notre enfer ?


Ondes Futures du samedi 07 au vendredi 13 septembre 2019

septembre 06, 2019

Ondes Futures, une télé et une radio résolument SFFF !
Chaque semaine, ma sélection de programmes SFFF pour ne plus jamais vous endormir devant la petite lucarne ou au volant.


Cette semaine sur les ondes :


Deux mois,
Deux mois que vous regardiez l'oeil vide vos postes TSF.
Deux mois à ne pas savoir quel programme est susceptible de vous intéressez.
Rassurez vous, après deux mois d'absence, Ondes Futures revient vous dire quoi écouter et regarder !
Avec en prime, des super héros à foison, des films à grands budgets en veux tu en voilà, des aliens teigneux comme jamais.
Mais une chose que vous attendiez encore plus, ce sont les jeux de mots des titres de La méthode scientifique. Et l'équipe vous gâte pour cette rentrée : Le stress, c'est la vie; Ces troublants trous blancs; Vagues de chaleur : on n'a pas fini d'en suer; Galaxies noires : c’est pas si clair; Facebook, il ne lui manque plus que la monnaie !


Tout cela et bien plus encore : https://wke.lt/w/s/ZeCFMI

En ligne sur Wakelet :



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