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30/Jean Christophe Gapdy/custom

Les oubliés d’Ushtâr

juillet 08, 2020

Emilie Querbalec, Nats éditions, 2018, 468 p., 5€ epub sans DRM (promo à 2€ jusque fin août 2020)


Pierre, ciseau, feuille,
Une main tendue pour un rendu,
Vaut mieux que doigts perdus !

David contre Goliath, qui va gagner ?


Présentation de l'éditeur :

Ushtâr, planète-océan des confins.
Lorsque, après une guerre aussi brève qu’inégale, le Gouvernement tombe aux mains du régime autoritaire et ultra-patriarcal d’Albâr, Gul-Yan n’a d’autre choix que de fuir avec les autres Infants. Objectif : sauver la Gemme de Vie, dépositaire de la mémoire de son peuple. Mais cette évacuation ne se déroule pas comme prévu… Dans les méandres d’une cité à moitié engloutie, la traque commence. Or, rien n’arrête les Nadjams, ces soldats programmés pour tuer.
Rien, sauf peut-être l’Arme-Vie. Mais celle-ci n’est-elle pas une simple légende ?

Mon ressenti :


Emilie Querbalec sort, en automne comme il se doit, son dernier roman chez Albin Michel Imaginaire, avec un joli titre "Quitter les Monts d’Automne", une belle couverture et un pitch faisant allusion aux écrits d'Ursula Le Guin. Assez pour m'intriguer et aller fouiner du côté de son premier roman.
En outre, et surtout, elle me permet de cocher la case Bretagne du Défi Cortex alors qu'elle n'est pas originaire de cette région. Donc pour la remercier, j'ai décidé de me pencher sur ses oubliés.

Cela commence assez violemment par un abordage de vaisseaux, mais l'écriture et le style laisse présager autre chose que le Space op des années 70. Et j'ai été particulièrement étonné de cette plume pour une autrice inconnue avec seulement quelques nouvelles à son actif.

Pureté, force et spiritualité, songea Pi-Yan avec écœurement – un symbolisme qui justifiait les pires atrocités

Mais au delà de cet aspect purement littéraire, est ce que l'histoire nous emporte avec elle? Assez classique sur le fond, c'est le worldbuilding et l'ambiance générale qui m'ont surtout agréablement étonné. Deux planètes, trois cultures différentes qui vont s’affronter. Alors que j'avais peut d'un roman initiatique, on découvre peu a peu ces deux sociétés qui se font la guerre et dessine par moment de manière assez juste les gens de la haute et le peuple, leurs manières différentes de voir la vie. Et d'un objet assez banal, une gemme qui orne le front de certains membres du peuple, l'altérité se fait jour.

Loin d'être sans défauts - des erreurs de jeunesse ? - avec une intrigue un peu fluctuante, une fin plus que brouillonne, et des ruptures de style entre un texte descriptif mais poétique et des scènes d'action, bien faites, mais dont l'écriture est trop différente. L'impression aussi que l'autrice ne savait pas trop dans quel direction faire aller son texte, qui est à la lisière du space/planet opera, et du récit initiatique.
Mais les sujets abordés, domination masculine, libre arbitre, religion, pouvoir et société égalitaire étaient assez forts pour faire oublier ces faiblesses.

A voir si Emilie Querbalec transforme l'essai avec son prochain roman, même si ce qu'en dit son éditeur me laisse dubitatif :

C’est un roman de science-fiction a priori très classique qui navigue dans les eaux douces de Robert Silverberg et d’Il est difficile d’être un Dieu des frères Strougatski. Pour moi la vraie singularité du texte vient de la collision d’une influence miyazakienne avouée et d’un érotisme, assez cruel, justement totalement absent de l’œuvre de Miyazaki. Quitter les monts d’automne est très sensuel.
Source : Albin Michel Imaginaire





Les coulisses du critique : Les statistiques se rebiffent

juillet 06, 2020


Le chien critique est il plus visité que ton blog ? Moins ?
Et toi l'inconnu, es tu isolé ou fais tu parti de la multitude de mes lecteurs ?
Quel a été le billet le plus consulté, quel est l'auteur dont tout le monde se contrefout ?
Toutes les réponses et bien plus encore...

Quatre années d'existence, et pour ce 599ème billet, un petit point sur les statistiques de fréquentation s'impose. De quoi contenter vos âmes de voyeuristes. Et vous pouvez remercier Anudar qui m'a donné l'envie de regarder un peu mieux mes résultats lors de ses commentaires sur mon précédent billet.
Comme j'ai deux modules de stats, je vais vous en mettre plein les yeux. Car les chiffres sont assez différents, de même que les billets les plus populaires, alors que les deux outils d'analyse sont issues de la même boite : Google !

Entre les stats Blogger et ceux d'Analytics, il y a un rapport de 1 à 7.
C'est proprement sidérant. Chez Blogger, je suis une star dans la blogosphère SF, mais juste un blog qui vivote chez l'autre. Qui croire ? Je pencherai - à mon égo défendant - pour ceux d'Analytics, qui est un outil utilisé par des professionnels. Ceux intégrés au blog sont juste de la poudre aux yeux, pour satisfaire le blogueur : oui tu es beau, les foules t'adorent et passent nuit et jour sur ton blog. De quoi te donner l'envie de continuer à publier des billets, donc du contenu que Google pourra mettre en avant et surtout, in fine, mettre de la publicité dessus.
Mais même si les chiffres sont différents, les billets devraient être les mêmes ? Et bien non, même pas. Allez, petit tour d'horizon


Qui est tu ?

Oui, tu es fliqué lorsque tu viens chez moi ( ou sur n'importe quel site).
Vous êtes plus de 46 000 personnes pour 68 000 sessions à être venu dans mon antre. Tu parles français à 90%, le reste doit s'être retrouvé sur mon blog par pur hasard.
Tu habites surtout en Ile-de-France, ou en Auvergne-Rhone-Alpes ou Bretagne (tes lieux de villégiature ?)  Par contre, je suis blacklisté en Bourgogne ! ( Ou est ce que les habitants sont trop bourrés pour lire ?)



Tu es riche (ou aime montrer des signes extérieurs de richesse) car 37 % des utilisateurs avec smartphone possèdent un Iphone ou un Ipad, suivi de très loin par les Galaxy S (si je ne m'abuse, l'élite des smartphone avec android). Ce qui fait tout de même 60 % de pauvres. Ce qui ne m'arrange pas trop, comment concilier dans mes futurs billets une approche de droite et de gauche ?
Quand au partage entre PC et téléphone, c'est kif kif bourricot.
Tu es une personne pressée, tu ne restes chez moi en moyenne que deux minutes, ce qui est amplement suffisant pour lire la chronique en entier.



Comment arrives tu chez moi ?

Les nazis ont encore de beaux jours devant eux, car c'est Iron Sky la star des mots clés, suivi par The Thing dont l'attente du prochain film à l'air d'impatienter de nombreuses personnes. (Le Bélial, ton UHL La bête d'un autre monde va cartonner si j'en crois mes stats !) Et si tu tapes The thing 3 dans ton google, mon billet arrive en deuxième place ! Ce qui me fait dire que les moteurs de recherche ne sont pas si intelligents, car si je suis en haut de l'affiche, c'est parce que le billet s'intitule  : The Thing : 3 films, 2 nouvelles et la pétoche. Donc The Thing 3 !
Et alors que les billets ont leur quart d'heure de gloire 1 ou 2 semaines, celui ci gagne en puissance avec le temps :


16 personnes sont venus le coeur sur la main, en tapant "donne chien" dans google.
Et 2 personnes sont venus en tapant "
alain damasio les furtifs" et ils ont du être bien triste, car pas de chroniques dessus.
Les pirates aiment bien venir voir mon site car il y a beaucoup de mots clés avec "Nom du roman" epub.
Juste avant de venir chez moi, tu te promenais sur Facebook, Twitter, mais aussi je t'ai vu trainer tes guêtres sur les forums du Bélial et ceux de Planet SF.


Que viens tu reluquer chez moi ?

C'est ici que les choses rigolotes commencent.
Blogger me dit que tu as lu près de 700 000 billets. Vu que j'en ai publié presque 600, cela fait plus de 1000 vues par billet. Et je ne reçois en moyenne qu'un service de presse par mois ! Alors les éditeurs, vous misez sur les mauvais chevaux ? Donc voici mon adresse mail pour m'envoyer vos epubs : lechiencritique chez gmail. Merci d'avance.




Mais pas trop vite avant de m'envoyer vos fichiers numériques, attardons nous sur les chiffres Analytics. Lui me dit que vous n'avez lu que 100 000 billets. Soit seulement 160 vues par chroniques. Ce qui est tout de même beaucoup moins jouasse. Les petites maisons d'édition et les auto-édités se disent que ce n'est pas si mal, cela vaut le coup de tenter sa chance.

Mais pas trop vite encore une fois. Voyons voir en détail ce que viennent lire les gens.



Sur les 10 tops Blogger, seuls deux romans, dont un écrit en binaire ! Le reste, c'est de la retape pour France Culture et La méthode scientifique, des conneries que je raconte, une série et une histoire belge !
Si j'analyse ces résultats, il faudrait que Nicolas Martin raconte des blagues belges sur France culture. Sandrine Treiner, si il te reste deux minutes sur ta grille de rentrée, tu sais quoi faire ! Nico, ne me remercie pas pour cette idée.
Ceci dit, pour un blog littéraire, cela la fout mal, très mal, vous n'en avez strictement rien à foutre de ce que je dis sur les romans que je lis. Et maintenant, même les auto-édités ne veulent plus m'envoyer leurs romans !

Mais avant de me morfondre, allons voir sur Analytics ce qui se passe (là, pas de vignettes, c'est pour les pros, des chiffres, des chiffres et encore des chiffres)


Ici, c'est un peu mieux, 5 romans sont dans les 10 premiers. Pas les billets dont je suis le plus fier, ni les romans qui m'ont le plus transporté. Mais cela reste des livres, enfin.
Spin, de Robert Charles Wilson, n’arrive qu'à la 24ème position, avec 569 vues, alors si une âme charitable voudrait cliquer 3000 fois sur le lien...
Le premier roman écrit par un français arrive à la 15ème position : Le passe-muraille de
Marcel Aymé. Pas tout jeune ! En contemporain, c'est Jean Christophe Gapdy et ses gueules des vers qui remporte la palme, il finit 25ème. Pas mal pour un presque total inconnu (qui gagne à être lu)
Le premier roman écrit par une femme se place 35ème  et c'est Le Moineau de Dieu de Mary Doria Russell. Quand à la première autrice française, il s'agit de Sophie Divry avec ses Trois fois la fin du monde.
Quand au premier écrivain noir, non je déconne, on arrête là sinon demain on y est encore pour faire plaisir ) toutes les communautés... Ceci dit, le premier titre avec un canidé se place tout de même à la 6ème place !
Le billet le moins lu est français, Cocorico : Le camp de Christophe Nicolas, lu 6 fois ! Une review de mes premiers pas dans la blogosphère, sans Facebook ni Twitter.


Maintenant, un petit instant promotionnel, il faut bien que je fasse ma retape. 
Si je me focalise sur mon plus grand pourvoyeur de service de presse, Albin Michel Imaginaire, Gilles Dumay a t-il eu raison de me faire confiance ?


En fait, je n'en sais rien du tout car je n'ai pas de vision de la fréquentation des SP chez les autres blogueurs. J'ai l'impression que la machine s'auto-alimente d'elle même : beaucoup de ventes, beaucoup de vues... Attendons septembre pour voir si il continue de m'envoyer des romans ou si la manne s'arrête.

Bilan, se méfier des stats, en fonction de l'outil utilisé, des aléas des moteurs de recherche, on constate que cela veut dire tout et son contraire. Avec une moyenne de 160 lecteurs par billets, on pourrait se dire que cela est ridicule, ce que je vous concède largement. Mais ce chiffre ne veut strictement rien dire sauf à titre de comparaison entre Blogger et Analytics. Il faut regarder l'évolution année par année, ce qui est plus parlant (chiffre Analytics).



Mais il y a une chose qui me dit que je ne prêche pas dans le désert. Si je n'avais pas de blog, j'aurais sûrement parler de mes lectures à une ou deux personnes, comme je ne fréquente pas le fandom. Là, je me dis que je parle devant un petit amphi de 200-300 places, parfois plus, et je me dis pas mal, pas mal pour un chien...


Les coulisses du critique - Les emmerdeurs

juillet 02, 2020


Pour décrocher un job, faut avoir un CV en bonne et due forme : études, expériences professionnelles, compétences diverses et variées...
Est ce la même chose pour ouvrir un blog ? Y a t-il un minimum syndical pour exercer ?
Faut il être expert en littérature ? Faut il être un écrivain raté pour tenter de se refaire un ego ?
Faut t'il être parigot et fréquenter les salons littéraires ? Faut-il travailler dans l'édition ou le milieu des livres ?
Non, rien de tout ça, et parfois cela donne quelques tensions entre les tenants du savoir et les autres.
Il y a quelques temps, je te faisais visiter mon arrière cuisine, avec ses joies et ses peines. Désormais, place aux casses couilles qui te disent comment tenir ton blog.
 


Choisir sa place dans la société

Oui, il y a une stratification sociale dans la blogosphère (au sens large), basée sur des conventions implicites. Ou est ce seulement moi qui me fait un film ?

L'immigré et l'ouvrier :

Tout en bas, tu as la lie des blogueurs. C'est celui qui donne son avis en trois lignes sans justifier pourquoi il a aimé. Il est souvent bête et méchant, du moins c'est ce que l'on dit. Il a aimé ou pas, c'est tout ce que l'on saura.
Pour ma part, ses avis là ne m'intéressent pas, mais ils vont surement aider un lecteur à trouver le roman qu'il lui faut, en quoi cela pourrait me déranger ? Je n'aime pas, je ne lis pas.

Le technicien qualifié et le roturier.

Juste au dessus, tu as le blogueur qui donne son ressenti légèrement argumenté. Il aime, il déteste et t'explique pourquoi. Par contre, son analyse ne vole pas très haut.
C'est ici que je me range.

Le noble

Lui a une solide culture, et te le fait savoir. Même si il lit de la SF, de la sous littérature, il invoque Sénèque, Socrate et Platon. C'est le véritable critique. Il te montre qu'il a compris, assimilé et décortiqué le texte en fonction de sa place dans la littérature et la société.
Certains le font sans s'étaler, mais d'autres...


La légitimité

Je suis lecteur depuis ma plus tendre enfance, mais est ce suffisant pour te donner un avis sur mes lectures ? Jadis, c'était le bon temps, seul les gens de la haute savaient lire, nous étions entre gens de bonne famille. Depuis la démocratisation scolaire, n'importe quel quidam peut lire et se croit critique. L'auteur a passé des années à faire des études de lettres, à décrypter les techniques narratives et toi tu descends son travail en trois lignes alors que tu es éboueur ? Bien sûr, tu as le droit d'acheter des romans, il faut bien faire marcher le commerce, mais surtout ne donne pas ton avis, tu fermes ta gueule, laisse ça aux spécialistes.


Savoir écrire

Mais les attaques sur la légitimité sont rares, elles cachent souvent un sentiment de supériorité mal vu par les gens de peu. La première attaque sera donc sur ton écriture. Une faute de grammaire, de conjugaison,de syntaxe, un mot employé pour un autre. Et là le "Apprends à écrire, sale con, avant de donner ton avis" va débouler. Honte sur toi et ta famille. Ce n'est pas très reluisant, c'est vexant et l'introspection arrive, voir la dépression et l'arrêt du blog.
Pour ma part, je les emmerde et les conchie. Tu me juges sur l'apparence, libre à toi, mais cela ne veut pas dire que ma parole ne doit pas être entendu.
A cette fin, je te conseille de visionner cette excellente conférence drôle et intelligente sur l'orthographe :




Savoir lire

Rendre compte de ta lecture en respectant le Bescherelle n'est cependant pas suffisant. Encore faut-il savoir bien lire. Le "Tu n'as rien compris à ce que voulait dire le texte"  tombera assez vite. Parfois par les mêmes qui défendaient becs et ongles le sacro sainte interprétation littéraire. Mais toi, tu es hors limite, un ignare de la pire espèce, qui n'a même pas compris le BA BA du texte. Tu fais offense à l'intelligence de l'auteur, va plutôt lire Voici et laisse les grands auteurs en paix.
Moi, je dis que le lecteur a raison. Si je n'ai pas compris, c'est que l'auteur s'est mal fait comprendre, ou que j'étais trop jeune, trop vieux pour ce roman...



La cabale est lancée

Tu as publié ta chronique, mais celle ci n'est pas au gout de l'auteur, de l'éditeur ou des autres blogueurs ?
L'auteur te le fait savoir et cela est de bonne guerre. Pourquoi n'aurait il pas le droit de défendre aussi son bout de gras ? Certains le font avec humour, d'autres ont encore mal digéré mais le plus souvent, ça ne va pas bien loin, on te bloque sur les réseaux sociaux, mais parfois... Voir ce qui s'est passé aux Etats Unis : Harcèlement : les littératures de genre n'y échappent pas

L'éditeur lui c'est un peu différent, c'est son gagne pain. Soit il t'ignore, soit il s'en amuse comme Le Bélial et Albin Michel Imaginaire qui n'hésitent pas à partager tous les avis. Ils ont compris que des mauvaises critiques peuvent avoir leurs intérêts. Certains blogueurs se voient bloquer sur Twitter ou Facebook, les services de presse deviendront plus rare, mais pas de sang qui coule...

Par contre, les plus méchants sont souvent tes pairs. Cela peut venir en commentaire de ton billet ou de ton post, mais aussi sur les forums (celui du Bélial est un must du genre). On met souvent ça sur le compte du débat d'idées, mais ne nous leurrons pas, c'est de ta légitimité dont il s'agit le plus souvent.




J'ai un peu vécu toutes ces péripéties mais les attaques étaient légères et je prends beaucoup de recul. Ces remarques viennent aussi de ce que j'ai vu sur les réseaux sociaux. Cela a parfois des conséquences : le blog ferme ses portes quelques temps ou définitivement.
Alors fais comme tu le sens. Tu veux donner ton avis en trois lignes, donne le. Si l'auteur est trop imbue de sa personne pour en prendre ombrage, si un autre blogueur te tombe dessus, c'est qu'ils sont trop cons, qu'ils passent leur chemin. Et surtout, si tu donnes ton avis publiquement, il ne faut pas s'étonner de recevoir des remarques aussi.

Chaque blog a ses lecteurs. Pour ma part, selon le roman que je veux lire ou que j'ai lu, je vais chez les uns ou chez les autres pour approfondir un point ou autre. Le post it de Gepe m'a autant donné envie de lire un roman que le Quoi de neuf sur ma pile de Gromovar. La plume  surréaliste d Artemus dada m' a fait connaitre des oeuvres que je ne connaissais pas tandis que Apophis m'a donné envie d'approfondir un sous genre ou une thématique. Les ressentis du Maki, de TmbM ou encore de Baroona me font souvent rire et acheter des romans même si il n'y a pas de véritable analyse derrière.
Où est le mal ? Je serais bien triste de n'avoir que trois blogs qui font la pluie et le beau temps et me dise ce que je dois lire ou ne pas lire.

Voilà, c'était juste un coup de gueule, cela fait du bien parfois !






Olangar : Une cité en flammes

juin 29, 2020

Clément Bouhélier, Critic, 2020, 667 p., 14€ epub sans DRM




Rien n'est jamais acquis !


Présentation de l'éditeur :



La menace d’une nouvelle guerre gronde aux portes d’Olangar.
Furieux de la pollution qui touche leur fleuve sacré, les elfes sont sur le pied de guerre. La Chancellerie charge deux nains, Kalin et Nockis, de trouver les preuves qui permettraient de maintenir la paix.
Pendant ce temps, dans l’arrière-pays, d’insaisissables incendiaires frappent au hasard, ne laissant dans leur sillage que des cadavres brûlés. Quand la province d’Enguerrand est frappée à son tour, la jeune suzeraine Evyna n’a d’autre choix que de revenir à la capitale pour mener l’enquête et arrêter les tueurs.
Elle ignore que, très loin de là, son ancien compagnon d’armes, l’elfe Torgend, a décidé de quitter son exil forcé sur le continent des orcs et de regagner lui aussi le royaume.


Mon ressenti :

Cela commence sur les chapeaux de roues avec des cadavres qui se ramassent à la pelle, nous sommes de suite en pleine action. Puis le rythme se calme pour poser l'intrigue et les personnages.
Cinq ans après les évènements contés dans Bans et barricades, nous retrouvons certains de nos camarades et certains de nos ennemis. Pas besoin d'avoir lu ce diptyque, mais comme il est absolument dantesque, cela serait idiot de passer à côté car les différents protagonistes ont leur background avec leurs petits secrets.
Un tome plus intimiste, se concentrant sur la complexité des personnages, leur failles, secrets, les non dits. Mais l'action est tout de même présente avec quelques batailles (le final sur une centaine de page et une enquête retorse sur cette menace sourde qui touche Olangar et les diverses provinces.

Alors que bans et barricades se concentraient surtout sur la lutte sociale, celle ci passe en second plan pour explorer la cause des différentes discriminations : L'économie, la finance et le politique avec ses zones franches sans aucun regard du pouvoir, des zones avec leurs propres lois. Pendant ce temps, les hommes politiques bataillent entre privilégiés, celui de l'ancien monde et le nouveau, noble contre bourgeoisie. Un sacré sac de nœuds qui pourrait allumer le brasier et donner une cité en flamme ?

Ce que j'ai aimé est surtout le melting pot interculturel que l'auteur nous balance. Peu importe les races, peu importe leurs anciennes inimitiés, il est toujours possible de les dépasser, de s'entraider. On reste donc dans une vision sociale de la société, ou la fraternité n'est pas un vain mot. Mais tout le monde est-il sur la même longueur d'onde ?

Peut être quelques longueurs, 2 ou 3 chapitres sur l'architecture et le fonctionnement d'un dirigeable m'a semblé un peu long. L'histoire d'amour m'a gonflé sérieusement. Le début du final fait un peu trop blockbuster avec ses explosions dans tous les sens et des héros qui s'en sortent...
Mais Clément Bouhélier réussit tout de même l'exploit de me faire lire, apprécier et attendre avec impatience le dernier tome de ce cycle de fantasy atypique. Une fantasy actuelle, dans l'air du temps, avec ses problématiques de genre, d'interculturel, de pauvreté, de terrorisme, de politique, de gestion du chômage et des fonds d'investissements privés, Bref, c'est un roman autour de la question sociale. Mais sans aucune lourdeur, cela reste du divertissement, et du bon.
L'auteur n'hésite pas à malmener l'imagerie classique de la fantasy, en jouant avec ses codes et en l'enrichissant de différents genres littéraires.

Une interview de l'auteur à propos d'Une cité en flammes sur ActuSF

Mon avis sur Bans et Barricades


Un petit agrandissement s'impose sur le coin en bas à droite :

Merci Critic (un petit lapsus sur le nom : moi c'est critique )


A.E. van Vogt : Mastermind

juin 25, 2020


Bifrost, Le Bélial, 2020, 192 p., 6€ epub sans DRM


Quoi, un dossier van Gogh dans Bifrost !
Étrange, mais pourquoi pas ? Cela m'aura fait connaitre un pan de son oeuvre que je ne connaissais pas : en plus de peindre, il écrivait de la science-fiction !

Voilà un auteur que je connaissais seulement de nom, représentant de l'âge d'or de la SF, l'occasion de découvrir pour moi un nouvel auteur via deux articles, un guide de lecture et une bibliographie.
Pascal J. Thomas nous parle de ce rêveur galactique en présentant la biographie de l'auteur, mais on tombe vite par la suite dans une bibliographie commentée et on perd un peu la vision de l'homme. Pour ceux qui ne connaissent pas trop l'histoire éditoriale de la SF américaine, cela peut paraître un peu abscons. J'ai l'impression que la vie de van Vogt est surtout connu par ce qu'il disait de lui, impression confirmée dans le second article qui donne des extraits d'interview et qui reprend les mêmes anecdotes déjà évoquées.
Van Vogt semble être un recycleur hors pair de ses propres textes, les recombinant à l'infini, il utilisait aussi une technique d'écriture singulière et était fan de "psychologie" dans sa version para et pseudo-sciences.
Dans l'intro du guide de lecture, il est dit :

Nous avons abordé l’homme, son rapport à son œuvre et, en écho, l’apport de cette dernière au corpus SF. De fait, nul ne peut revenir sur le statut de géant de l’Âge d’or de van Vogt, et son importance dans l’histoire du domaine 

Mais moi je n'ai pas vu réellement l'apport de van Vogt dans l'histoire de la SF. Et pour cause, c'est en lisant les avis sur une sélection de ses oeuvres qu'on découvre son apport dans le corpus de l'imaginaire. Une chose qui m'a fait tiquer, c'est le propos de Jacques Sadoul :

Le Monde des Ā est un particularisme national : roman le plus connu de van Vogt, il jouit d’une renommée qui s’étend au-delà du cercle des lecteurs habituels de science-fiction. Il a été traduit par Boris Vian et est considéré par Jacques Sadoul, directeur des éditions Opta, puis de J’ai Lu, comme le roman qui a lancé la SF en France à sa sortie en 1953.
Serge Lehman, grand pourfendeur de l'apport français de la SF, a bien du se marrer...

Au vue du guide de lecture, sa plume n'est plus au goût du jour, ni du mien. Cependant, l'équipe de la revue à eu la bonne idée de nous mettre une de ses nouvelles Le village enchanté. Quoi de mieux que la lecture pour se faire sa propre opinion.
Et en l’état, j'ai apprécié. Après un naufrage sur Mars qui le laisse seul membre de son équipage, ce dernier tombe sur un village enchanté. Une seule chose à faire pour survivre : S'adapter.

Un dialogue homme ville intéressant avec une chute qui conclue de belle manière l'ensemble. A réserver cependant a ceux qui aiment les temps anciens où on pouvait déambuler sur Mars sans combinaison et y découvrir des formes de vie.


Les autres nouvelles de ce numéro m'ont moins emportées. Plaine-guerre, de Thierry di Rollo nous parle d'une étrange guerre que ne renierai pas Christopher Priest. Un soldat demande une permission qui lui est accordée. La guerre pour la guerre qui use les hommes. J'aurai voulu un développement sur quelques pages supplémentaires, mais ne boudons pas notre plaisir devant cet avenir sombre.

Le dernier verrou de Sveta Koslova, de Franck Ferric nous parle d'un futur proche qui nous est présenté à travers une protagoniste sur les traces de son passé. Une belle écriture qui nous parle du dérèglement climatique tout en douceur face à une technologie en pleine essor qui use encore plus encore cette bonne vieille Terre. Si vous aimez les gouffres géants dont l'actualité se fait de plus en plus l'écho, c'est à lire.

C'est vous Sannata3159 ?, de Vandana Singh nous met dans la peau d'un animal destiné à l'abattage.
Futur déprimant, ville et stratification sociale, chômage comme horizon. Un abattoir vient s'installer dans le quartier et offrir du travail. Bien écrit mais pas très original. Deux semaines plus tard j'ai du me relire le tout en diagonale pour faire ce retour.

Michel Pagel conclue la partie des nouvelles avec À la recherche du Slan perdu qui lie Proust à van Vogt. N'ayant lu aucuns des deux auteurs, j'avais peur de passer à côté de ce texte et au final, ce n'est pas le Slan qui était perdu, mais bien le chien !

Suit le fameux cahier critique dont vous pouvez retrouver gratuitement quelques critiques en ligne sur le blog du Bélial.
Thomas Day nous livre son avis sur les autres revues de l’imaginaire, toujours sans filtre et avec humour. J'avoue que c'est l'article que je lis en premier lors de la réception de la revue (et je regrette le temps ou les critiques des romans avaient ce ton spécifique)
Paroles de ... s'attarde sur la librairie spécialisée Le Nuage vert. Voilà le second article qui est lu dès réception et toujour savouré avec plaisir nous montrant les différents champs de la littérature de l’imaginaire.

Car il faut bien finir, c'est le rôle qui échoue à Roland Lehoucq et son scientifiction. Le confinement lui a donné des forces (La Force ?) car il s'est mis en tête de déplacer la Terre ! Ou du moins nous dire que Liu Cixin avait peut être fumé un peu trop de cigarette qui font rire avant d'écrire sa novella. Pour tous ceux qui ont lu Terre errante, c'est impératif de lire cet article. 


Pour le numéro suivant, on reste à la même époque, mais en explorant une figurine féminine : Shirley Jackson

Pour conclure, Bifrost est LA revue dont la blogosphère SF attend la réception avec impatience pour se livrer à un petit jeu : l'ouverture de l'enveloppe. Voici ma tentative d'extraction sans l'abimer :




Pour les miséreux qui ne peuvent se permettre de s’acheter cette revue, vous pouvez toujours vous rabattre sur le podcast de C'est plus que de la SF consacré à l'auteur :






La revue des mondes imaginaires Bifrost vient de sortir un excellent numéro sur cet auteur connu pour avoir écrit Le Cycle du Non-Ā traduit par Boris Vian en personne. Van Vogt qui est né en 1912 et décédé en 2000 est un monstre sacré de l’âge d’or de la science-fiction américaine. Le canadien rejoint les grands noms comme Asimov, Robert Henlein, Fritz Leibert, Clifford D. Simak, Theodore Sturgeon, Artthur C Clark. Pour parler de cet auteur pas comme les autres, nous avons invité Pascal J Thomas. Il est l’auteur du fameux article biographique dans le dernier Bifrost.

Les avis des uns, des unes et des autres sur le fil du forum du Bélial


Terre errante

juin 22, 2020

Liu Cixin, Actes Sud, 2020 (1ère parution 2000), 80 p., 7€ epub sans DRM



Plus c'est gros, mieux c'est !
Pas toujours, pas toujours...


Présentation de l'éditeur :


Dans un futur proche, le Soleil se transforme progressivement en géante rouge. La Terre se meurt. Pour contrer cette extinction programmée, les Nations se regroupent pour mettre en branle un projet d'une ambition folle : transformer la planète bleue en un vaisseau spatial à part entière...


Mon ressenti :


Le soleil va bientôt exploser, la Terre décide donc de foutre le camp.
Voilà un pitch sommaire digne de la SF à papa, mais qui peut faire le job avec un bon auteur à la barre. Avec Liu Cixin, Monsieur "Le Problème à trois corps", et même si c'est du reconditionné, je me dis que cela devrait être une partie de plaisir, surtout avec les retours des uns et des autres. Car la SF, ce n'est pas que le post apo ou l'anticipation pessimiste, c'est surtout le sense of wonder, le fait de t'en mettre plein la gueule et sortir de ta lecture avec des étoiles plein la tête.
Donc, même si le fait de transformer notre planète en vaisseau spatial peut paraitre tiré par les cheveux, c'est un peu de cet émerveillement que l'on recherche parfois.

L'incrédulité, pourquoi pas, mais qu'on assume. Et ce n'est pas le cas ici. Liu Cixin nous la joue hard SF, se veut réaliste dans la technologie utilisée. Même si je ne suis pas un scientifique, j'ai tout de même eu de sacré doute sur la possibilité et les conséquences de propulser notre belle bleue vers un ailleurs meilleur. (ce que notre cher professeur Lehoucq confirmera dans le scientifiction consacré à ce texte dans le Bifrost 98)

Mais passe encore à la limite, je suis peut être trop rationnel, trop terre à terre. L'important, c'est l'histoire, les personnages qui peuvent faire passer de grosses couleuvres. Robert (Charles Wilson) sait que j'aime bien cette focale centrée sur un individu, nous donnant par le petit bout de la lorgnette les conséquences sociétales et politiques. Mais encore ici, ça pêche. Trop court pour développer un personnage crédible, le traitement des bouleversements induits restent en surface et semble bien peu crédible encore une fois.

Bref, ni l’histoire, ni la vraisemblance ne m'ont satisfait. Pire, alors qu'il me restait quelques pages pour savourer le twist final, mon désintérêt était tel que j'ai attendu 24 heures pour les lire avec un ennui poli.
Et de toute manière, c'est trop cher, bien trop.

Un film en a été tiré, dispo sur Netflix : The Wandering Earth. Je pense que je vais faire l'impasse dessus.

Le maki est à demi conquis, le papillon a passé un bon moment de lecture, Maman t'ordonne de le lire, sur le post-it est marqué "vertigineux", Andudar a apprécié la belle leçon.







Ondes Futures du samedi 20 au vendredi 26 juin 2020

juin 19, 2020

Ondes Futures, une télé et une radio résolument SFFF !
Chaque semaine, ma sélection de programmes SFFF pour ne plus jamais vous endormir devant la petite lucarne ou au volant.


Cette semaine sur les ondes :

Galilée au centre de la télévision;
La pilule se la raconte,
Et un youtuber te donne bonne mine.


Tout cela et bien plus encore : https://wke.lt/w/s/uJbbBg

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