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La distinction

mai 29, 2024

 

 Tiphaine Rivière, Delcourt, 2023, 296 p., 28€

 

Pitch de l'éditeur : 

Tiphaine Rivière s’empare avec humour du classique de Pierre Bourdieu, La Distinction, pour en proposer une relecture libre et contemporaine.
À travers une galerie de personnages évoluant autour d’une classe de lycée, elle met en scène l’analyse incisive des relations entre goûts et classes sociales développée par le sociologue et nous donne à réfléchir sur nos propres déterminismes sociaux.

 

Mon ressenti : 

Selon vous, il vaut mieux avoir lu le livre La distinction de Bourdieu ou avoir lu la BD inspirée de La distinction ?
La réponse est simple, pour briller en société, te distinguer, mieux vaut ne pas dire lire des BD. À l'extrême, limite un roman graphique...
Pourquoi ? C'est tout l'intérêt de La Distinction que de comprendre les mécanismes sociologiques de cet état de fait. Mais La distinction de Bourdieu, parue en 1979, il y a donc près de 50 ans, soit deux générations, est de la théorique et il est d'une approche assez ardue pour celles et ceux qui n'ont pas les codes de la sociologie. Donc BD pour moi ! Et je suppose pour plein d'autres personnes !
 


Tiphaine Rivière vulgarise les concepts contenus dans l'essai et permet de se les approprier. Pas de manière académique, mais en s'emparant de la théorie pour la mettre au goût du jour. Elle nous place dans les pas d'un remplaçant prof de lycée qui tente de leur faire comprendre La distinction à ses élèves qui représentent la diversité actuelle. Du rejet initial, les jeunes vont découvrir dans leur quotidien sur ce prof ne leur raconte pas que des conneries. En outre, l'autrice insère pas mal de légèreté et de notes d'humour, on s'attache aux personnages, on réfléchit à notre place dans cette société et à nos jugements sur les groupes n'appartenant pas à notre niveau social. 



Même si je n'ai pas été très fan du dessin, un noir et blanc assez binaire, j'ai aimé cependant les détails cachés dans les cases et faisant écho au discours.


Un très bon moment de lecture qui permet de se cultiver, un peu.



Les Maîtres enlumineurs : Les terres closes

avril 30, 2024

 

Robert Jackson Bennett, Albin Michel Imaginaire, 2023, 688 p., 13€ epub sans DRM

 
Je savais lire en diagonal, je sais désormais lire en levant les yeux au ciel !
 

Pitch de l'éditeur :

Autrefois, Sancia Grado n'était qu'une jeune voleuse dotée d'un talent rare. Puis elle a appris à utiliser ce talent et a battu les grandes maisons marchandes de Tevanne à leur propre jeu. Avec Clef et Bérénice, elle a même éliminé un hiérophante immortel – mais la guerre qu'ils mènent maintenant semble perdue d'avance. Sancia et ses alliés n'affrontent plus les élites de l'enluminure ou un hiérophante revenu d'un passé oublié ; cette fois, ils veulent détruire une entité dont l'intelligence est répartie sur la moitié du globe : un fantôme bien caché, qui utilise la magie pour posséder les objets, mais aussi contrôler les esprits humains.
Malgré tous les efforts de Sancia et de ses alliés, leur implacable ennemi se rapproche de son véritable but : une ancienne porte qui mène au cœur-même de la création.
Mais peut-être leur reste-t-il une ultime chance de survivre à ce combat, en réalisant le casse le plus audacieux qu'ils aient jamais tenté…
 
 

Mon ressenti :

Moi qui pense que la fantasy c'est de la merde, j'avais adoré le système de magie original que l'auteur nous avait pondu dans le premier tome, faisant l'osmose entre magie et science, un peu comme si Einstein avait décidé de jeter des sorts de relativité restreinte ou de mécanique quantique. Le second roman partait plus vers la fantasy et le réalisme que j'avais trouvé dans le premier tome avait disparu, Mais voilà, dans le deuxième opus, l'auteur a pris un virage à 180 degrés vers la fantasy pure et dure, abandonnant toute crédibilité au passage, au grand dam de mon esprit cartésien qui s'est senti trahi.

Et puis, le dernier tome ! C'était comme si j'avais pris un billet pour le dernier blockbuster Marvel. Des combats spectaculaires, mais tellement exagérés que j'ai cru que les personnages allaient débarquer avec des costumes moulants et des capes en spandex. On y arrache des morceaux de montagne pour les balancer sur ses ennemis, on se balance des îles dans la gueule... Bref des demi dieux qui se battent, l'éternelle lutte du Bien contre le Mal. Trop hardcore pour moi.

Pourtant, au milieu de tout ce spectacle, il y avait une lueur d'espoir, une société utopique un peu original, mais esquissée trop rapidement, reléguée au rang de simple anecdote dans ce défilé de grandiloquence. Résultat, je n'ai même pas lu ce roman en diagonal, je l'ai lu en levant les yeux au ciel ! Seul bonne nouvelle, le cycle est terminé.

Je n'en dis pas plus, ayant perdu trop de temps avec ce roman de fantasy trop hardcore pour moi.
 
 
 

Cimqa

mars 26, 2024

 

Auriane Velten, Mnémos, 2023, 304 p., 10€ epub sans DRM

 



Nous sommes transportés dans une autre dimension, une dimension faite non seulement de paysages et de sons, mais aussi d’esprits. Un voyage dans une contrée sans fin dont les frontières sont notre imagination : la cinquième dimension !


Pitch de l'éditeur :

Imaginez que le monde ait un jour le hoquet ; des créatures et des objets commencent à apparaître. Imaginez trouver un moyen de faire venir ces choses selon votre désir… jusqu’à susciter l’intérêt d’une équipe de scientifiques.
Imaginez travailler pour la plus grande industrie du divertissement, mélangeant cinéma et imagination. Imaginez recevoir l’opportunité de votre vie, mais continuer à être rongé par l’anxiété. Jusqu’à rêver qu’une petite fille vous offre son aide.
C’est dans ce(s) monde(s) chamboulé(s) par l’apparition de la cinquième dimension, celle de l’imagination, que les destins de Sara et Sarah s’écrivent. Mais comment empêcher que la magie ne devienne qu’une nouvelle source de pouvoir et de profit ?



Mon ressenti :

Dès les premières lignes, la catastrophe est là, la grande majorité de population est victime de vertiges, de perte de la notion de distance et de vision altérée. Plutôt que de nous faire des vignettes sur les conséquences mondiales de ces troubles, l'autrice se concentre sur une mère, tentant désespérément de rejoindre la chambre de sa fille. Me voila ferré ! L'histoire se dédouble alors en deux points de vue, l'une Là-bas (ici) et l'autre Ici (Là-bas), avec deux protagonistes Sara et Sarah... 
 
Un roman atypique, loin des codes du genre et qui fait écho à l'histoire où Sarah doit produire des films selon les attentes du public et non pas selon son imaginaire, son art depuis que l’Événement a bousculé l'humanité. Blockbuster contre film indépendant. L'art est-il mort dès que l'argent entre en jeu ? Alors que bien souvent le traitement du sujet de l'art sans la SF m'emmerde profondément, j'ai pris plaisir à parcourir ses pages qui se concentrent sur ces personnages plutôt que de démontrer au forceps son sujet. Et comme j'adore les récits où l'Histoire nous est contée par les histoires individuelles, j'ai été comblé. 
 
Même si j'aurai préféré en connaître plus sur ce monde, même si j'aurai préféré un peu plus d'explications scientifiques, il faut bien reconnaître que chaque lecteur a son rôle à jouer dans un roman, imaginer les blancs laissés par l'auteur... 
 
L'idée du "repli" m'a rappelé la SF de jadis, celle du merveilleux avec un traitement contemporain. Pour tout vous avouer, j'avais attaqué ce roman il y a quelques mois et il m'était tombé des mains. Cependant, l'histoire continue de faire son chemin dans ma tête, alors... Chaque roman doit être lu au bon moment !
 
Après son premier roman After®, Auriane Velten me confirme son talent, ainsi que sa vision personnelle de la science-fiction. Vivement son prochain texte.

Des Martiens au Sahara : Deux siècles de fake news archéologiques

mars 19, 2024

 

Jean-Loïc Le Quellec, Editions du Détour, 2023, 440 p., 16€ epub avec DRM

 
Il n'y a pas que les romanciers qui ont de l'imagination... 
 

Pitch de l'éditeur : 

Les Martiens sont venus au Sahara pendant la préhistoire ; les hommes ont vécu avec les dinosaures ; les Celtes sont les premiers colons de l’Amérique précolombienne ; on a retrouvé l’arche de Noé ; le matriacat primitif…
Toutes ces histoires ont un point commun : elles sont fausses.
Leurs origines sont passionnantes : elles peuvent être pensées et répandues par des « académiciens naïfs » arrivés en fin de carrière et qui sortent de leur domaine de compétence, rêvées par des « archéologues romantiques » déconnectés des faits, construites par des amateurs un peu dérangés convaincus que leur découverte gêne la science bienpensante, ou montées consciemment par de réels escrocs. Jean-Loïc Le Quellec décortique leur éclosion et leur diffusion. 

 

Mon ressenti :

Des martiens au Sahara ? Encore un livre d'un "spécialiste" qui connait le sens caché de la vie ?
Non... enfin si : le sous-titre enlève tout doute , il sera question de fakenews. Et pour lever tout doute sur la véracité scientifique, les 60 pages de notes et de bibliographie sont bien présentes. Restent plus de 350 pages pour démonter les fakenews archéologiques, dont je ne connaissais même pas la majeure partie ! Quant aux martiens au Sahara, malgré le fait que je sois un amateur de romans de SF, personne ne m'avait prévenu !
Je dois vivre dans une grotte à l'abri des fausses informations ! 
 
Il y a des règlements de comptes (les chercheurs ne sont pas à l'abri des bassesses); des apparitions (du Christ ou de tout ce qui peut être vénéré); de la création et du crétinisme, bref du créationnisme; des géants (dont la fausseté égale l'imagination de leurs auteurs); des pseudosavants (autoproclamé ou scientifiques véritables ayant passé la frontière du paranormal). Même Einstein en prend pour son grade : il a en effet préfacé un livre rempli d'âneries d'Hapgood de 1958 niant la tectonique des plaques.
 
J'avais un peu peur à la lecture de l'introduction, le ton un peu aride, professoral, académique, bref le genre de texte que pond une personne en veste de tweed avec des renforts en cuir au coude et dont le contenu est un peu ardu pour moi. Mais ma crainte fut infondée, le reste est accessible, avec de nombreuses touches de légèreté faisant passer un bon moment de lecture instructive. Provenant en grande partie du blog de l'auteur, cela doit expliquer cette accessibilité. Paru initialement en 2009, c'est pour moi une réédition salutaire en cette époque où les fakenews sont légion (mais ne sont pas l'apanage de nos contemporains, les anciens avaient aussi un très bon ce niveau d'après ces pages).

Un livre qui en creux nous permet de mieux déjouer notre crédulité et de forger notre esprit critique face aux différents médias avides de sensationnalisme.

Quand on eut mangé le dernier chien

janvier 09, 2024

Justine Niogret, Au Diable Vauvert, 2023, 220 p., 5€ epub sans DRM

 
Ce n'est pas parce que l'on mange du chien que l'on éprouve pas un mal de chien à traverser l'Antarctique !

 

Pitch de l'éditeur : 

Il n’existait pas de mots pour en parler, puisque les mots étaient une façon de communiquer entre les Hommes et que le Sud était par essence totalement inhumain. Il s’agissait d’une vie étrangère, une vie de glaces, de minéraux et de vents.
C’était un voyage au bout duquel il n’y avait rien. On ne pouvait se risquer dans cet espace que pour un court instant et on savait que l’on marchait non pas dans la mort, car la mort est une action, un fait, mais plus exactement dans un endroit où il était impossible de vivre.


Mon ressenti :



1912, trois explorateurs partent en expédition en traîneaux en Antarctique.

Le titre ne laisse pas de doute, ce voyage scientifique va mal se terminer. Inspiré d'un fait réel, Justine Niogret nous conte leur lutte quotidienne pour survivre face au grand blanc. Il y a plus d'un siècle, les conditions de voyage n'étaient pas les mêmes qu'aujourd'hui, les équipements sont assez sommaires, compensés par la volonté des trois hommes.

Ce court roman ne se concentre pas sur l'aspect scientifique de l'expédition, mais sur la lutte acharnée de l'homme contre la nature et aussi lui-même. Qu'est ce qui pousse à se surpasser, à ne pas jeter l'éponge et se laisser doucement emporter par le froid ?
 
Mertz et Ninnis au début du voyage

Avant de lire ce livre, je ne connaissais que vaguement cette histoire. Blotti confortablement sous ma couette avec un bol de chocolat chaud, j'ai été captivé par cette aventure tragique, dévorant d'une traite les courts chapitres, marquant un compte à rebours funeste, peignant leur quotidien de voyages glacés, de nourriture inhabituelle et de repos dans des vêtements humides.

En définitive, cette lecture donne envie d'approfondir le sujet, signe indéniable d'un excellent roman.

Qisiose

décembre 21, 2023

Emmanuel Quentin, Editions 1115, 2023, 32 pages, 2€ papier


Un texte qui hante...

Après avoir lu 2 - 3 textes d'un auteur, on commence à être en terrain familier. On se dit "Cool, un nouveau Quentin", sûr de ce que l'on va y trouver. Une bonne pantoufle en gros. Mais Emmanuel Quentin n'est pas une pantoufle, du moins c'est se qu'il prétend. Et c'est bien ainsi.



Pitch de l'éditeur :


Destination : Une station d’aiguillage, dans un obscur système planétaire ; là, assis dans sa cabine, Qisiose rêve de changer d’horizon, de voir du pays, mais sans trop savoir ce qui le motive. Une pulsion, une envie, ou peut-être un souvenir caché dans les replis de sa mémoire. Une chose est sûre, il doit partir, même s’il ignore encore où cet irrésistible besoin d’évasion va le conduire.



Mon ressenti :

Un vase bleu énigmatique en couverture, un titre qui l'est tout autant, voici la dernière livraison d'un auteur dont j'apprécie la plume. Donc, allons-y pour Qisiose et La quête d'un horizon. Un autre horizon, c'est justement ce que veut Qisiose, notre narrateur, un aiguilleur dans une station paumée de l'univers. Car son horizon est plutôt comme celui du trou noir, cela finira dieu seul sait où, mais loin de l'idée qu'il se faisait de sa vie. Donc, changement d'horizon et toute la question est de savoir pour où.

Un texte étrange, éloigné des habitudes de l'auteur. Ici, la quincaillerie SF n'est pas réservée aux seuls fans hardcore, car l'intérêt ne se cache pas à cet endroit et une musicalité se dégage du texte, et l'ambiance d'étrangeté s'y colle bien. En y réfléchissant, c'est un texte très SF qui n'en a pas l'apparence. Donc, il pourrait plaire et déplaire à tout le monde ! Et chose assez rare, il continue de me hanter, et comme l'univers est juste crayonné, je m'amuse à m'imaginer ce monde, la vie de Qisiose. Le twist est bien mené, car même si on sait que quelque chose est louche, je n'aurais jamais cru que... Qisiose laisse la fin ouverte (je sens déjà les reproches pointer le bout de leur nez) et suscite des interrogations sur ce que je ferais moi à la place de Qisiose. Une nouvelle fois, on y parle de souvenirs, à croire que certaines choses hantent l'auteur...

Pour tout vous avouer, j'ai eu la chance de le lire il y a quelques mois. Une fois fini, je l'avais relu, pour être sûr d'avoir tout compris, voir où l'auteur avait essaimé ses indices. Et j'en avais discuté avec lui qui m'avait fait une confidence : ce texte est un "hommage". A qui ? Il faut savoir patienter...


Le Livre de Nathan

décembre 19, 2023

 

Nicolas Cartelet, Mu, 2023, 118 p., 10€ epub sans DRM

 

Certains rêvent de postérité, lui EST la Postérité (ou post-vérité ?)

 

Pitch de l'éditeur :


Le destin est incroyablement railleur. Une étrange apocalypse maritime se déclenche en une nuit et Nathan Verdier devient l’un des seuls survivants d’une humanité privée de ses terres. Sur son bateau de fortune, au milieu des bouteilles vides et de quelques conserves, se trouve son manuscrit, son précieux roman dont aucun éditeur n’a voulu. Et ce livre improbable est le seul à avoir été sauvé des eaux…

D’année en année, de siècle en siècle, ce texte miraculé, qui aurait dû finir dans les archives de la médiocrité, va devenir un objet d’escroquerie, de tentation, de passion et de culte. Cette fois, c’est sûr, il aura le succès qu’il mérite ! 
 
 

Mon ressenti : 

Un correcteur médiocre qui se croit auteur se fait critiquer vertement son manuscrit par l'éditeur pour qui il travaille : C'est NUL NUL NUL.
Peu après, une brusque montée des eaux provoque l'impensable, plus une seule terre immergée. Et le manuscrit va être a l'origine d'un bouleversement...

N'allait pas chercher ici la rationalité des faits, c'est comme ça et pas autrement. L'intérêt est clairement ailleurs. Dans la plume de l'auteur qui a le chic pour trouver toujours le bon mot, la bonne formule. À travers cette histoire abracadabrante, le ressort se dévoile progressivement. Partant d'un pitch burlesque, l'auteur tisse une genèse basée sur un manuscrit et explore ses conséquences à long terme, formant ainsi une boucle.

Depuis sa fondation, l’Ordre était partagé sur la question des femmes. Le Livre de Nthán y faisait très peu référence, tout juste l’auteur évoquait-il une ancienne épouse, une traîtresse – on n’était pas certain de la traduction – et c’était tout. En l’absence d’éléments tangibles, certains hommes de foi avaient pris le parti de les ignorer, quand d’autres préféraient les haïr.

Dans son monde aquatique, ce n'est pas la montée des eaux qui inquiète la population, mais bien sa descente, une logique évidente lorsque le seul univers connu est l'eau. L'auteur excelle dans l'art de trouver le mot juste et la formule adéquate, même dans un contexte aussi extravagant. La plume de l'auteur se révèle être un élément central, devenant un acteur à part entière de l'intrigue. Ses interventions régulières renforcent la satire, apportant un ton humoristique et enlevé. Ajoutez à cela une critique des religions comme cerise sur le gâteau et le lecteur que je suis en sors ravi.

Lorsqu'il ne reste plus rien, comment décrire le monde ? Ketty Steward dans L'Évangile selon Myriam nous donnait un point de vue, Nicolas Cartelet donne ici une satire savoureuse qui peut se lire à différents niveaux. Seul bémol, le prix fort élevé de l'epub.

Swan Song

décembre 11, 2023

 

Robert McCammon, Monsieur Toussaint Louverture, 2023, 2 tomes, 2 x 540 p., 10€/tome epub sans DRM

 

La fin du monde n'a jamais été aussi divertissante


Pitch de l'éditeur :

L’apocalypse, c’est maintenant. Missiles et fusées se croisent dans le ciel et font s’abattre sur la terre des tornades de feu. Un vent terrible se lève, les poussières radioactives voilent le soleil, la vie telle qu’on la connaît va s’achever.
Dans une plaine déserte du Kansas brûlée par le feu nucléaire, Black Frankenstein, une force de la nature, se voit confier une mission par un vieillard mourant : ­protéger une enfant au don particulier.
Dans les décombres d’un New York annihilé par les bombes, une sans-abri à moitié folle découvre un étrange anneau de verre.
Dans les ruines souterraines d’un camp survivaliste des montagnes de l’Idaho, un adolescent apprend à tuer… Plusieurs vies, plusieurs trajectoires, un seul but : survivre à la fin du monde.



Mon ressenti : 

"Le monde, lui, il continuera de tourner"
En marchant un peu sur la tête...

Boum, plus rien, juste l'hiver nucléaire qui s'installe, plongeant le monde dans une saison en enfer. Au milieu de ce chaos, trois duos émergent : un militaire et son lieutenant, prêts à affronter l'apocalypse ; une SDF et un pauvre hère ; et un catcheur accompagné d'une enfant (pourquoi un catcheur ? Ce n'est pas parce que c'est la fin du monde qu'on ne peut pas se divertir !).

Des histoires post-apocalyptiques, il en existe pléthore, rares sont  pourtant celles qui parviennent à se démarquer. Swan Song y réussit brillamment, créant un univers réaliste agrémenté d'éléments fantastiques inhabituels suffisamment intrigants pour susciter l'intérêt. Même en tant que lecteur de science-fiction rationnel, l'introduction de l'élément fantastique a forcément suscité une réaction de scepticisme, cependant, au fil des pages, le désir d'explorer davantage cet univers grandit, d'autant plus que l'intrigue se révèle être un véritable page-turner.

Des personnages bien campés, de la couleur, des femmes a l'honneur, et même les rôles secondaires ont droit a plus qu'un nom, même s'ils n'apparaissent que pour quelques pages. Ben oui, le monde se meurt et beaucoup vont le suivre, sauf nos protagonistes bien entendu, mais ils vont en chier comme jamais. Un conseil en cas de fin du monde, mourrez de suite, cela vous épargnera bien des tourments. Le seul hic pour moi, c'est cette vieille rengaine du Bien contre le Mal. Peut-être que c'est parce que je n'ai pas eu la chance de faire mon catéchisme ou peut-être que je trouve que le monde est déjà bien assez binaire comme ça. Mais bon, chacun ses goûts, et apparemment, même la fin du monde n'y change rien.

Même si daté dans sa géopolitique à l'origine de la catastrophe, c'est bien le seul truc vieillot. L'auteur n'hésite pas à explorer les horreurs de l'après, de bien nous frotter le nez dans cette merde apocalyptique qu'est devenue l'humanité. Plus de 1000 pages avalées en une semaine : soit c'est le résultat d'une accélération mystérieuse de la lecture causée par les radiations, soit une indication de la qualité exceptionnelle du roman...

Si la fin du monde arrive, je veux être au clair avec mon âme et je vous donne mon péché : si j'ai lu ce livre, c'est à cause de TmbM !


Terra Humanis

décembre 04, 2023


Fabien Cerutti, Mnémos, 2023, 285 p., 10€ epub sans DRM

 

Autoroute Dystopie vers Utopie
 

Pitch de l'éditeur :

Aux côtés de la jeune et brillante Rébecca Halphen, de Luc Lavigne, son mari, et de la dizaine d’étudiants internationaux qui composent leur groupe d’amis, Fabien Cerutti nous propose de vivre jusqu’en 2109 le destin haletant, profondément humain et tumultueux, de Terra Humanis, un mouvement politique planétaire dont l’objectif est de faire dévier notre XXIe siècle de la trajectoire dystopique qu’il semble destiné à suivre. Particulièrement en matière climatique.


 

Mon ressenti :

Notre monde dans un siècle, beaucoup de romans ont eu l'occasion de donner leur point de vue face au changement climatique. C'est souvent sombre, très sombre. Fabien lui nous donne à voir un futur enviable, sans pour autant verser dans la guimauve.

Le roman s'ouvre sur un incipit de l'auteur nous expliquant l'origine de ce roman dont un passage résume une partie de mon ressenti :

[...] une odyssée-mosaïque au fil d'un XXIe siècle imaginaire. Le tableau d'un voyage impressionniste, peint par touches, qui a vocation à explorer, de manière divertissante, la façon dont nos sociétés pourraient répondre aux défis contemporains. Dans le temps restreint qui nous est imparti.

Même si je suis plus partisan du "Tout cramer" (Leodagan vs Kosigan ?), la proposition de l'auteur ne me semble pas si ridicule que ça, loin de là. L'originalité de son approche est de contourner les politiques et de mettre dans sa poche la majorité du monde, monsieur et Madame tout le monde, le milieu associatif et politique et les entreprises. Pour cela, il imagine la lutte contre le dérèglement comme une marque fun, à la pointe de la mode. Difficile d'en dire plus sans tout déflorer, cela peut paraitre ridicule en lisant mes trois lignes, mais l'auteur rend cela réaliste et crédible. J'avoue avoir été très dubitatif sur la proposition et après lecture, je me dis : "Pourquoi pas ?".

Le roman est court, ne s'encombre pas de détails techniques, mais de ce que j'ai comme connaissances sur ce domaine montre que Fabien Cerutti s'est documenté, et bien, sur le sujet. Il rend cela dynamique par des chapitres courts alternant les points de vue. Il n'oublie pas de montrer, entre les lignes parfois, que tout ne se passe sans mal, les gens morflent, le monde est ce qu'il est, mais il a fait le choix de plus montrer le côté "on peut surmonter les difficultés". Mon côté gourmand aurait voulu parfois un peu plus de développement, sans aller dans l'excès genre Kim Stanley Robinson.

Deux trois-points m'ont cependant dérangé : Le premier est Rébecca Halphen, une femme un peu trop brillante qui m'a semblé être le parfait deus ex machina : 250 de quotient intellectuel. Un personnage un peu plus "humain" aurait permis une meilleure identification du lecteur. Le second est le paratexte qui entoure le texte. Souvent je râle contre ce manque, mais ici il sert en grande partie à expliquer au forceps la volonté de l'auteur. Et Fabien, on se calme, tu as écrit un roman, tu n'as pas pondu la théorie qui unifie macro et micro. C'est moi lecteur qui décide ce que tu as voulu écrire ! Et on ne répond pas au lecteur Fabien, JAMAIS ! Le dernier concerne la fin. Arrivé au 3/4 du texte, l'auteur fait effectue un gros changement de braquet dont la pertinence m'a paru pour le moins bancal et pas nécessaire dans le sens où j'ai eu l'impression qu'elle ne servait qu'à réappuyer le propos de l'auteur.

Au final, un très bon roman, malheureusement un peu trop court et dont la dernière partie laisse sur un goût mitigé, de non fini. Mais je ne vais pas faire mon bâtard, malgré ces bémols, j'ai vraiment pris mon pied à la lecture.

L'Affaire Crystal Singer

novembre 28, 2023

Ethan Chatagnier, Albin Michel Imaginaire, 2023, 288 p., 10€ epub sans DRM

 
Les géoglyphes de Crystal 
 

Pitch de l'éditeur : 

 
C’est en 1896 que l’Humanité observe les premières inscriptions extraterrestres gravées sur la surface de Mars : un problème mathématique enfantin auquel la Terre ne tarde pas à répondre. Dès lors un dialogue s’engage à coups d’immenses équations de plus en plus ardues. Les échanges prennent fin dans les années 1930, lorsqu’une équation sur la relativité met en défaut Albert Einstein lui-même.
Trente ans plus tard, un groupe d’étudiants en mathématiques du MIT se rend dans le désert de l’Arizona. Une jeune femme brillante, Crystal Singer, propose une solution. Et aussitôt la communication avec Mars reprend, sous la forme d’une équation encore plus complexe que la précédente. Mais Crystal disparaît, laissant derrière elle son petit-ami Rick, inconsolable. Et beaucoup de questions. Quand, des années plus tard, Rick se décide à partir à sa recherche, il ignore à quel point sa vie va en être bouleversée.
 
 

Mon ressenti :

Un bandeau rouge qui envoie du lourd : "Une inoubliable histoire d’amour"; L'éditeur qui dit "Chatagnier a mis dans sa science-fiction tellement d’amour" et une première partie qui s'intitule "L’amour entre égaux"; bref, bien trop d'amour à mon goût, celui qui me fait changer de trottoir en crachant à la gueule des amoureux qui pourraient croiser mon chemin.

Malgré ce tue l'amour, me voilà tout de même bien tenter de le lire, bafouant sans honte, mais sans gloire aussi, mes convictions. Le premier fautif est l'auteur qui dans une interview  dit "La seule solitude qui soit plus puissante que celle d’être seul dans l’univers, c’est d’avoir une planète habitée juste à côté qui se désintéresse de nous".
Le second fautif est un blog, celui des blablas de Tachan  écrivant : "c’est le genre de héros à la Robert Charles Wilson" et enfonçant le clou avec : "J’ai aimé la force tranquille de l’auteur pour mettre en scène tout cela, rappelant pour moi un Robert Charles Wilson qui a les mêmes facilités et les mêmes mécanismes narratifs en donnant la voix à des non-héros qui deviendront des héros du quotidien. "

Résultat : la CB s'est allégé de 10€ (je suis la honte des blogueurs, j'aurais dû demander un SP !), le roman glissé dans ma liseuse en poussant le Terrariums de Romain Benassaya (un SP celui là, je ne suis donc pas irrécupérable). Avec cette insoutenable interrogation : les martiens et Robert plus fort que l'AMOUR ?

Très rare sont les livres qui me donne l'inspiration pour un billet alors que je n'ai pas encore lu une seule ligne. Bientôt, les chroniques sans avoir lu le roman ? (oui je sais, cela existe déjà chez les booktubeurs•ses !)

[...] au début des années 1950, le gouvernement avait essayé de communiquer avec Mars en déclenchant des explosions nucléaires dans le désert du Nouveau-Mexique, que nous traverserions le lendemain. Les militaires avaient utilisé des bombes subkilotonniques en suivant une séquence adaptée du code morse, dans l’espoir qu’elles produisent des éclairs si brillants qu’ils attireraient forcément l’attention.
Elle a reniflé.
« Ah ouais, ils ont écrit leur lettre d’amour avec leur bite. Pas étonnant que personne ne leur ait jamais répondu. » 

 
Le pitch ? Lis celui de l'éditeur que j'ai collé quelques lignes plus haut, il est très bien fait


"Les choses ont l'air différentes quand on les considère d'un point de vue différent "

C'est exactement la manière qu'à l'auteur de voir et d'écrire son livre. Des martiens nous ne seront rien, l'auteur préférant se focaliser sur Crystal, une petite puit de sciences dont la communication avec les terriens n'est pas son fort, et de son amoureux transi Rick. Comme pour mon Robert, la grande histoire est vue par la lorgnette d'individus et leur histoire. Et c'est suffisamment bien fait pour nous faire tourner les pages avec avidité. Le seul bémol est que moi j'aime la SF et que de ce côté là, c'est plutôt le calme plat et même si j'ai adoré suivre les aventures sur plusieurs décennies, il m'a manqué la pointe de vertige pour me le rendre inoubliable, comme si ce roman manquait d'une fin. 

Mais le voyage fut très agréable, l'uchronie délicieuse et l'AMOUR ne m'a pas fait gerber sur ma liseuse. A défaut d'offrir un inédit de Robert à Noël, cet Ethan pourra faire illusion...

Terrariums

novembre 23, 2023

 

Romain Benassaya, 2023, Critic, 576 p., 14€ epub sans DRM

 


Saloperies d'aliens, kidnapper des humains et les mettre dans un terrarium pour les observer, c'est honteux, jamais l'homme n'agirait pareil !
Mais est ce vraiment un terrarium ? est ce vraiment des aliens ?
Et cette pyramide plantée là on ne sait pas par qui ni depuis quand ?

 

Pitch de l'éditeur :


Où est l'humanité ? C'est l'énigme que je cherche à résoudre.
Quand Cora revient à elle, seule et amnésique, dans une vallée cernée par quatre murs réfléchissants infranchissables, elle comprend qu’elle est prisonnière. Elle découvre bientôt que d’autres humains survivent dans ce terrarium, ignorants comme elle de la manière dont ils y sont arrivés. Tandis que tous cherchent à comprendre leur situation, des souvenirs commencent à ressurgir. Les prisonniers du terrarium ont participé à une mission de validation de l’habitabilité d’une planète, Kerana, sur laquelle ils ont, par accident, déclenché un mécanisme alien extrêmement dangereux, et qui pourrait être lié à leur situation présente. Les questions se multiplient : où sont-ils ? Qui les retient ? Et depuis combien de temps ? Pour Cora, une seule chose est sûre : des réponses l’attendent, hors du terrarium.

 

Mon ressenti :

Des chapitres courts, deux récits distincts : un réveil, une amnésie, la découverte de vivre dans un terrarium. Pourquoi ?
De l'autre, une expédition sur une planète nouvellement découverte, avec une pyramide alien immense qui semble inerte.
Plein de questions vont émerger au fil de l'histoire qui ne va pas rester aussi simple que je pouvais me l'imaginer avec des flashbacks au fur et à mesure que la mémoire revient aux protagonistes. Une intrigue terre à terre qui ne va pas le rester bien longtemps, l'auteur s'amusant à toujours pousser le curseur plus loin alors que tout semblait nous emmener vers une certaine direction.

Si tu vas voir un peu du côté de la bibliographie de l'auteur, tu vas remarquer qu'il aime bien les gros trucs, genre pyramide ou arche. Son amour pour les Big dumb object s'est ici encore plus épanoui et il passe à la vitesse supérieure avec du Big Big Big dumb object. Et je trouve qu'il a réussi à ne pas trop en faire côté quincaillerie SF pour que le quidam puisse goûter à l'aventure sans trop de mal.

Résultat, c'est un roman que je n'ai pas lâché, trouvant toujours à ma libérer quelques heures à droite et à gauche pour lire quelques chapitres supplémentaires. Si tu aimes donc sortir, t'amuser avec tes potes ou ta famille, je te déconseille d'ouvrir ce livre. Deux bémols tout de même : le premier sont les personnages qui manque d'épaisseur, un mois après lecture, difficile de me rappeler les caractères des uns et des autres. Cela ne pose pas de problème à la lecture, mais je suis un lecteur qui s'attache plus profondément au livre si j'ai eu un attachement aux personnages.
Le second bémol est la fin qui arrive pour moi trop rapidement et de manière brouillonne. Après c'est peut être de mon fait, en me faisant des nœuds au cerveau avec son histoire tortueuse, pas sur que j'ai tout bien saisi. 


Le ressenti de ChatGPT mode humour : 

A force que tout le monde parle d'IA, j'ai décidé de tester l'humour de ChatGPT en lui mettent mon avis ci-dessus et en lui demandant de le reformuler en mode humour. Même si son interprétation est parfois limite, il y a deux-trois réparties très drôles. Et j'ai été étonné que ChatGPT ne se contente pas de reformuler, mais il a aussi fait des liaisons entre les différents paragraphes.

Des chapitres aussi courts que mon attention lors d'une réunion ennuyeuse, avec deux histoires aussi distinctes que le café décaféiné et le café triple expresso. D'un côté, on a un réveil, une amnésie, et la découverte de la vie dans un terrarium – comme une version intergalactique de "Ma vie avec les plantes en pot". De l'autre côté, c'est une expédition sur une planète avec une pyramide alien géante qui semble être en mode sieste.

L'intrigue commence comme une balade tranquille dans l'espace, mais l'auteur décide soudain de faire du hors-piste comme s'il était en train de jouer à Mario Kart. Les personnages, cependant, sont aussi épais que du papier toilette à une seule épaisseur. Un mois après avoir fini le livre, je me souviens d'eux aussi bien que je me souviens des détails de la météo il y a trois semaines. Pas grave, je suppose que l'auteur a décidé que les personnages étaient trop lourds à gérer dans l'espace.

Et parlant d'espace, l'auteur aime les gros objets, comme les pyramides et les arches. C'est comme s'il disait, "Pourquoi se contenter d'un Big Mac quand on peut avoir un Big Mac avec supplément de fromage et de bacon?" Il réussit à faire en sorte que même si vous n'y connaissez rien en science-fiction, vous pourrez quand même vous amuser. C'est comme regarder un film d'action sans se soucier de la physique.

En résumé, si vous avez une vie sociale, des amis, ou une famille qui s'attend à ce que vous soyez présent, ne lisez pas ce livre. Mais si vous êtes prêt à sacrifier des heures de sommeil pour une aventure intergalactique avec des personnages plus fins qu'une feuille de papier, alors foncez. Juste, ne soyez pas surpris si la fin arrive plus vite que le livreur de pizza pendant le Super Bowl. Peut-être que c'est moi qui n'ai pas compris grand-chose, mais bon, c'est le risque quand on part en voyage spatial avec un auteur qui pousse le curseur plus loin que ma capacité à suivre.


Le ressenti de ChatGPT mode critique littéraire :

Ici, je lui ai demandé juste de reformuler mon ressenti. Cela ne me ressemble plus du tout, mais ChatGPT s'exprime bien mieux que moi.

Des chapitres succincts, dévoilant deux récits distincts : l'un débute par un réveil marqué par une amnésie, conduisant à la découverte de la vie confinée dans un terrarium. Les raisons de cette situation demeurent énigmatiques. De l'autre côté, une expédition se déroule sur une planète nouvellement découverte, mettant en scène une immense pyramide alien apparemment inerte. Au fil de l'histoire, de nombreuses interrogations émergent, complexifiant le récit au-delà de mes premières attentes. Des flashbacks progressifs révèlent la mémoire perdue des protagonistes, transformant une intrigue initialement terre à terre en un scénario captivant. L'auteur joue avec les attentes du lecteur, dévoilant une trame narrative qui évolue bien au-delà des prévisions.

En explorant la bibliographie de l'auteur, on constate son attrait pour des éléments imposants, tels que les pyramides ou les arches. Cette fascination pour les "Big dumb objects" atteint ici des proportions encore plus considérables, avec une amplification vers le colossal. L'auteur parvient toutefois à éviter l'excès de spéculation scientifique, permettant au lecteur de savourer l'aventure sans difficulté excessive.

Le résultat est un roman qui a su me captiver, m'incitant à dégager du temps supplémentaire ici et là pour lire quelques chapitres de plus. Cependant, deux réserves subsistent : d'abord, les personnages manquent de profondeur, et un mois après la lecture, il m'est difficile de me remémorer distinctement leurs caractéristiques. Bien que cela n'affecte pas la lecture, mon engagement envers le livre est souvent lié à l'attachement que je développe envers les personnages. Ensuite, la conclusion arrive trop précipitamment et de manière quelque peu confuse à mon goût. Il est possible que cela soit dû à mes propres réflexions complexes sur l'intrigue, et je ne suis pas certain d'avoir pleinement saisi tous les éléments.


Conclusion :

C'est assez effarant comme outil et je comprend mieux les débats actuels (au delà du cas droit d'auteur légitime). Un simple copier/coller ne suffit pas, loin de là...

Reste la question de savoir s'il faut lire du Romain Benassaya ?
Pour ChatGPT qui blablate beaucoup pour ne pas dire grand chose : "Romain Benassaya est un auteur dont la popularité peut varier en fonction des goûts individuels en matière de lecture. Avant de décider de lire ses œuvres, il peut être utile de prendre en compte certains éléments.
Si tu apprécies les récits qui combinent la science-fiction avec des éléments mystérieux et des rebondissements inattendus, alors les livres de Romain Benassaya pourraient t'intéresser. Son style narratif peut être captivant, avec des intrigues qui évoluent au-delà des attentes initiales.
Cependant, certains lecteurs ont noté des critiques concernant la profondeur des personnages dans ses œuvres. Si tu as besoin de t'attacher fortement aux personnages pour pleinement apprécier une histoire, cela pourrait être un point à considérer.
En fin de compte, la décision de lire du Romain Benassaya dépend de tes préférences personnelles en matière de genre littéraire et de style d'écriture. Si les thèmes explorés dans ses livres t'intéressent et que tu es prêt à embarquer dans des aventures intergalactiques pleines de mystères, cela vaudrait peut-être la peine de donner une chance à ses œuvres."

Pour ma part, la réponse est beaucoup plus simple : la balle est dans ton camps !


 

La naissance du savoir : Dans la tête des grands scientifiques

novembre 06, 2023

 

Nicolas Martin, Les Arènes, 2023, 400 p., 25€


7 mois pour lire ce livre. 7 MOIS !
A chier donc ? Analysons ce résultat avant d'en tirer des conclusions hâtives.

Pitch de l'éditeur : 

Nicolas Martin a réuni les plus grands scientifiques francophones, celles et ceux dont les travaux ont un retentissement international : dix hommes, sept femmes, dix-sept disciplines. Dans ces entretiens exclusifs, ces cerveaux remarquables nous ouvrent pour la première fois leur « boîte noire ».
Ils nous racontent d’où vient leur vocation, les qualités nécessaires pour mener à bien des recherches dans leur domaine, quelles ont été leurs réactions face aux échecs ou aux fausses pistes, comment s’organise leur pensée et si le moment eurêka existe réellement…
Jamais un tel panorama ne nous a été offert.
Ce livre est une plongée dans l’intimité de savants pleins d’humilité, qui s’expriment à cœur ouvert, dans une lanque accessible à tous. Avec une grande générosité, ils partagent leur savoir et leur savoir-être. Une vision du monde en forme de kaléidoscope passionnant.

Mon ressenti :

Parfois, il faut se rendre à l'évidence. Pour moi, ce fut de me rendre compte que jamais les plus grands noms de la science ne passeront une soirée avec moi. Face à ce constat, je ne baisse pas les bras et j'essaye de trouver un moyen de contourner le problème. Comme ici avec ce livre de Nicolas Martin qui me permet de converser avec 17 intellos.
Ce livre a aussi été une première pour moi, celle de ma rencontre avec le livre de chevet. Des années que j'entends tel ou tel dire ce livre est mon livre de chevet. Mais moi je peux adorer un auteur, un livre, mais jamais je ne le considère comme un livre de chevet. Et puis La naissance du savoir est arrivé, avec ces 400 pages bien fourni, bien dense. Impossible de le lire d'une traite, j'ai donc picoré au fil du temps, m'arrêtant à chaque interview et reprenant ma lecture le moment idéal. Donc il restait 7 mois à côté de mon lit, sur la table de chevet. Voici donc la raison pour laquelle je ne sors mon avis que maintenant. 

Nicolas Martin : Quelle est la découverte dont vous êtes le plus fier ?
Etienne Ghys : Je vais en donner deux, si j'ai le droit. D'abord ma thèse. J'en suis très fier parce que personne n'a fait mieux sur ce sujet depuis plus de quarante ans. Aujourd'hui, j'aimerais bien la réécrire avec tout ce que je sais, parce que j'en sais beaucoup plus qu'à l'époque. C'est un de mes projets. Je pense que je l'expliquerais beaucoup mieux aujourd'hui. J'ai dit ça une fois à un de mes anciens étudiants qui m'a répondu que ça allait faire "vieux pépé qui écrit ses mémoires". J'étais un peu découragé. Néanmoins, j'aimerais bien revenir sur ma thèse. p.142


"Les sciences, c'est la vie". Voici comment se conclue la préface de Nicolas Martin. Je ne sais pas si c'est une allusion à la série Kaamelott, Le gras, c'est la vie, mais j'espère que je passerai un aussi bon moment que dans la série. (spoiler : oui)
Françoise Combes : Dans mon adolescence, j'ai lu des tas de livres sur des chercheurs, pas seulement en astrophysique. J'ai lu des textes sur Copernic, mais aussi sur Pasteur, qui faisait de grandes découvertes et améliorait le destin de l'humanité grâce à la vaccination. Tous ces chercheurs me captivaient. Moi aussi, j'avais envie de chercher. De trouver bien sûr, mais surtout de chercher. Ma vocation s'est construite autour de la curiosité. p.239


Dans ce genre d'exercice, l'interview, j'adore me demander ce que moi j'aurai répondu aux différentes questions, même si je travaille en dehors du domaine scientifique. Il y a des chercheurs dont on se sent plus proche, de par leur approche de la vie, de leur travail. Ainsi Evelyne Haier ou Sabrina Krief. Ou encore Etienne Ghys, mathématicien, excellent vulgarisateur et médiateur. Déjà il habitait dans ma région, issu d'une famille modeste. Son père travaillait comme imprimeur pour une revue, Hommes & Migrations, qui existe toujours et dont je suis abonné à mon taf. Son père était en outre sourd, une problématique qui me touche aussi de par mon travail. Bref des liens. Comme son parcours scolaire où ce sont plus ses facilités qui ont dicté sa scolarité qu'un choix délibéré : il a su qu'il voulait être mathématicien après son doctorat ! Il parle aussi des quelques profs, instits ou bibliothécaires qui l'ont marqué dans sa jeunesse.
Ou encore Jean Pierre Sauvage, que j'ai trouvé très humble malgré un petit prix reçu, le Nobel de chimie.
Il y a aussi celles et ceux qui ne jurent que par leur équipe, minimisant leur apport, démontrant la touche de leurs collaborateurs. D'autres qui aiment s'étaler à chaque question. Pas un n'est identique, même si une chose les rassemblent tous : l'amour de leur métier, la volonté d'aller au plus profond des choses pour comprendre notre monde. Pour la découverte et la gloire ? Non, souvent juste pour la compréhension. Nombreux sont celles et ceux aussi faisant le constat d'un manque de pluridisciplinarité et qu'il faut aller vers cet état de chose. Croiser les regards, les idées, les savoirs...



Marc-André Selosse : J'ai été trop frustré de voir des gens qui savaient plein de choses mais ne répondaient pas à mes questions, alors même qu'ils prenaient du temps pour me parler. Ils n'étaient pas clairs. En réalité, ils se situaient de leur point de vue et non du point de vue de leur interlocuteur. Cette frustration me fera mûrir. p.265


Alors comment devenir un grand scientifique ? La curiosité et la compréhension semblent être partagées par l'ensemble des interviewés. Du moins c'est ainsi que je le ressens. En tant que lecteur de science-fiction, impossible de ne pas remarquer que certains citent des écrivains de SF ou ayant traité ce genre.

Un ouvrage accessible qui tente de faire le tour d'horizon du domaine scientifique (allez lire la préface de Nicolas Martin). J'ai adoré prendre le café avec ces petits puits de science et connaître leur parcours et surtout l'amour de leur métier.
Une fois la dernière page tournée, au vue de l'état du monde et de la connaissance accrue de cet état par les scientifiques, j'aurai cru être encore plus pessimiste que je ne le suis. Mais non, c'est l'espoir qui perdure. Grâce aux connaissances, la possibilité d'un changement est de l'ordre du possible.

Gilles Boeuf : Nous sommes à la fin des années 1990 Paul Crutzen, Prix Nobel de chimie, a identifié le trou dans la couche d'ozone et popularisé le terme anthropocène. Ce concept me transperce. Je lis tout sur le sujet et je me rends compte que le plus puissant moteur des changements sur la Terre, c'est la présence de l'humain ! Lui et ses 23 milliards de poulets, 1,3 milliard de vaches 4 milliards de cochons J'avais passé ma vie à étudier la longueur du jour, la température, le sel de l'océan, qui ont toujours été les moteurs de l'évolution du vivant. Et tout serait battu en brèche par la présence d'une seule espèce sur les 2,4 millions qu'on dénombre aujourd'hui ? Ma vie en a été bouleversée. J'ai arrêté tout ce que je faisais et suis devenu beaucoup plus transversal, mû par un profond respect pour les sciences humaines et sociales. Je suis devenu humaniste. p.368


Deux critiques tout de même : Pourquoi avoir mis la numérotation des pages à l'opposé de ce qui se fait actuellement ? Tout sauf pratique. Et le manque d'une conclusion. Mais qui aurait été peut être de trop car m'aurais je posé la question une fois fini : alors comment naît le savoir ?

Gilles Boeuf : Nous sommes à la fin des années 1990 Paul Crutzen, Prix Nobel de chimie, a identifié le trou dans la couche d'ozone et popularisé le terme anthropocène. Ce concept me transperce. Je lis tout sur le sujet et je me rends compte que le plus puissant moteur des changements sur la Terre, c'est la présence de l'humain ! Lui et ses 23 milliards de poulets, 1,3 milliard de vaches 4 milliards de cochons J'avais passé ma vie à étudier la longueur du jour, la température, le sel de l'océan, qui ont toujours été les moteurs de l'évolution du vivant. Et tout serait battu en brèche par la présence d'une seule espèce sur les 2,4 millions qu'on dénombre aujourd'hui ? Ma vie en a été bouleversée. J'ai arrêté tout ce que je faisais et suis devenu beaucoup plus transversal, mû par un profond respect pour les sciences humaines et sociales. Je suis devenu humaniste. p.368
 

Petit plus, j'ai adoré deux ajouts à la fin de l'ouvrage, l'éditeur indique "l'exemplaire que vous tenez entre les mains a été rendu possible grâce au travail de toute une équipe" et liste les services, personnes.
Et aussi le dernier paragraphe : "En France, un livre a le même prix partout. C'est le prix unique du livre instauré par la loi de 1981 pour protéger le livre et la lecture. L'éditeur fixe librement ce prix et l'imprime sur le livre. Tous les commerçants sont obligés de le respecter. Que vous achetiez votre livre en librairie, dans une grande surface ou en ligne, vous le payez donc au même prix. Avec une carte de fidélité, vous pouvez bénéficier d'une réduction allant jusqu'à 5% applicable uniquement en magasin (les commandes en ligne expédiées à domicile en sont exclues). Si vous payez moins cher, c'est que le livre est d'occasion."
Clair et didactique.



Nicolas Martin : L'évolution de la technologie a-t-elle modifié votre façon de ver ou de réfléchir? Quelle innovation technologique a vraiment été un tournant dans votre carrière?
Gilles Boeuf : Je ne pense pas qu'une innovation en particulier ait changé ma façon de réfléchir. La frénésie technologique nous a rendu d'immenses services. Sans le numérique, comment aurions-nous archivé les milliards de bases génétiques issues du séquençage environne mental ? Pour autant, cela ne change pas la philosophie inhérente à tout cela. Comme l'écrivait Rabelais : Science sans conscience n'est que ruine de l'âme. Nous en sommes toujours là. Ce qui me heurte le plus, c'est l'utilisation de ces connaissances et de ces technologies pour des choses horriblement futiles. Qu'on arrête de vendre des billets d'avion Londres-Malaga à 5 euros pour aller s'alcooliser week-end. Les avions n'ont pas été inventés pour ça ! Nous assistons à une destruction massive de l'environnement pour des choses qui n'en valent pas la peine. Les mentalités doivent changer. Les rapports hommes-femmes aussi. Aucune espèce ne maltraite les femelles comme la nôtre. Je suis furieux quand on qualifie une horreur humaine de comportement animal. Non, les animaux ne font pas ça, ce sont des comportements humains ! p.369

Et les gens qui ne sont rien

octobre 19, 2023

 

Christophe Nicolas, Argyll éditions, 2023, 320 p., 11€ epub sans DRM



Encore un épisode cévenol...


Pitch de l'éditeur :

« Au secours ! Mon mari va me tuer ! Venez, vite ! »
Lorsque les gendarmes débarquent sur place, Emma Coulon git inconsciente près de son mari, le visage tuméfié.
L’affaire paraît simple – un adultère suivi de violences conjugales – et pourrait être bouclée dans l’heure, si le présumé coupable, Michaël Coulon, n’était pas le principal employeur de la région. Très vite, le maire et le procureur font pression sur l’adjudant Gerardin, fraîchement nommé à la brigade de Génolhac, petit village des Cévennes serré au milieu des collines. Peu importe si l’épouse est dans le coma, peu importe si l’amant demeure introuvable, Coulon doit être libéré sur-le-champ.
Mais Gerardin ne se laissera pas intimider, son passé l’en empêche. Il est décidé à coincer le coupable quoi qu’il lui en coûte.

Mon ressenti :

Un mari jaloux, une femme dans le coma, un possible adultère et la disparition étrange de l'amant. Le mari, coupable idéal, fait partie de la haute société locale.
Bref, un pitch classique dont le début se lit sans déplaisir malgré un style assez simple. Puis peu à peu, les apparences du meurtre cousu de fil blanc commencent à se lézarder et l'auteur relance régulièrement l'intrigue et l'intérêt.

Lu en deux jours, c'est un polar honnête, mais sans relief particulier. Roman "social" (J'avais vu une interview de l'auteur (je crois) qui mettait en avant ce côté et c'est pourquoi je l'ai lu.), c'est ici que je trouve que cela pêche. Pour montrer l'injustice entre les riches et les puissants, c'est grâce un protagoniste qui monologue un peu trop sur les inégalités, bref cela arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. Le fameux show don't tell.
Autre écueil, je n'ai pas réussi à m'attacher à un seul personnage, qui manquent pour moi d'épaisseur. En outre, l'inspecteur est hanté par son passé dont l'enquête fait ressurgir les stigmates : un passage un peu trop obligé qui n'ajoute à mon sens rien à l'intrigue. Les notables sont tous pourris, les gendarmes aussi...

L'intérêt est plus dans l'enquête qui semble toujours se dérober vers d'autres coupables et fait ressortir un aitre drame qui s'était déroulé jadis dans la région. Un roman qui vaut donc la lecture pour son enquête rurale insaisissable, le reste étant trop classique.
La dernière page tournée, la question demeure : Et les gens qui ne sont rien ?
Dommage...

Jour Zéro

octobre 12, 2023

 

C. Robert Cargil, Albin Michel Imaginaire, 2023, 288 p, 12€ epub sans DRM

 

Les films de Roland Emmerich, je les adore, du moins les lendemains d'une bonne cuite, avec cette satanée gueule de bois qu'aucun médicament ne peut soigner.
Si tu veux apprécier Jour zéro, tu sais ce qu'il te reste à faire... 

 

Pitch de l'éditeur :

Hopi est un tigre en peluche anthropomorphisé, un robot-nounou comme il en existe tant d’autres. Il n’en avait pas vraiment conscience avant de découvrir une boîte rangée dans le grenier. Celle dans laquelle il est arrivé lorsqu’il a été acheté des années auparavant, celle dans laquelle il sera jeté une fois que l’enfant dont il s’occupe, Ezra Reinhart, huit ans, n’aura plus besoin de nounou. Tandis que Hopi réfléchit à son avenir soudain incertain, les robots commencent à se révolter, bien décidés à éradiquer l’Humanité qui les tient en esclavage. Pour les parents d’Ezra, qui se croient à l’abri dans leur petite communauté fermée, cette rébellion n’est qu’un spectacle de plus à la télé. Pour Hopi, elle le met face à la plus difficile des alternatives : rejoindre le camp des robots et se battre pour sa propre liberté... ou escorter Ezra en lieu sûr, à travers le paysage infernal d’un monde en guerre.

Mon ressenti :

Encore au moins deux ans avant de pouvoir revoir un film de Roland Emmerich au cinéma. C'est long je te l'accorde, mais c'est le temps pour pouvoir s'en prendre plein les yeux et profiter du talent du réalisateur.
Il est toujours possible de revoir ses anciens films afin de patienter, mais avouons que déjà si tu en as vu un, le reste...
Alors que faire ?  Regarder le film d'un réalisateur inuit sur la disparition de la banquise en espérant y retrouver l'âme d'un Emmerich ? Ou bien tu peux lire un film de blockbuster. Jour Zéro pourrait dans ce cas te plaire, mais il faut absolument que tu aimes les films à grand budget qui t'arrache la rétine de manière inversement proportionnelle à la réflexion qui s'y niche. 

Futur, robots et IA font partie du quotidien, et un jour ils se révoltent en tuant tout le monde. Un gentil robot défendant un gosse de huit ans vont tenter de survivre.
Trois lignes et je t'ai spoilé l'ensemble du roman. Un vrai film de Roland comme je te disais. Avec même la sortie du mouchoir à la fin pour faire bonne mesure. Alors je pourrais te pondre quelques paragraphes pour un peu développer mon ressenti mais ce serait tout de même trahir la pensée de l'auteur. Lui n'a pas développé, moi non plus !

Alors si, une chose m'a fait rire tout de même, c'est d'imaginer dans cette apocalypse robotisée un robot nounou ressemblant à une peluche tigre. C'est bien tout ce qui est a sauvé, une idée. Le reste qui m'intéressait n'est qu'esquissé. Avec un peu de chance, nous aurons le droit à Jour Un, puis Jour Deux, puis Jour Trois. Ou encore mieux, Le jour d'après...

Même si son roman précédent, dans le même univers, Un océan de rouille m'avait laissé un peu froid, il avait eu au moins le bénéfice de produire mon meilleur billet.

D'autres sons de cloche : Forum du Bélial

Les disparus de Montagny

octobre 09, 2023

Pascal Casolari, Emmanuel Quentin, Emmanuel Régis, Les explocréateurs, 2023, 48 p, 12€ papier



Dans mon regard pessimiste sur notre quotidien, il arrive parfois qu'un éclaircie apparaisse. C'est ce qui m'est arrivé l'autre jour en ouvrant ma boîte aux lettres. Une fine enveloppe bulle  avec des timbres Les aventuriales (des collectionneurs parmi vous ? réponds en commentaire...). A l'intérieur, quelques pages dans des tons ocres avec une feuille un peu plus épaisse et brillante pour couverture, le tout en forme de livret A5 et cousu main. Un nom apparaît : Emmanuel Quentin. Un texte inédit.

Inédit et très rare, car introuvable dans le commerce (Il parait qu'il en reste quelques exemplaires, n’hésites pas à contacter les auteurs...)(edit : n'hésitez pas, les auteurs sont prêts à sortir la relieuse : contact@lesexplocreateurs.com). Bref un rayon de soleil pour un amoureux de l'auteur. Mais pas que de l'auteur, car ce texte provient d'une aventure, celle des explocréateurs. Je t'en avais déjà parlé via le livre Mutrae et le projet Ruines (qui continue son chemin malgré sa dénomination !). En deux mots, ce sont trois personnes, un porté sur le visuel, Pascal Casolari; un autre sur le son, Emmanuel Régis; et le dernier sur le texte, Emmanuel Quentin. J'étais un peu dubitatif au départ, car j'aime lire , mais le son et l'image m'attire moins, j'avais donc été très agréablement surpris. Tout s'agence à merveille, se complète pour donner un univers complet. Et de m'interroger sur le comment de leur réalisation. Comment tout cela débute, par le son le texte ou l'image ? Comment se coordonne t'il ? Et souvent, lorsque je m'interroge, c'est que je suis happé. Et pour cette fois, au lieu de me jeter sur le texte, j'ai visionné leur présentation de leur dernière exposition qui s'est déroulé fin août début septembre à Montagny Le Bourg. Du son et de l'image qui m'ont donné les contours de leur imaginaire. Avec encore des interrogations comment tout cela va se goupiller avec le texte.

Attention, si tu visionnes, tu vas regretter de ne pas avoir pris tes vacances à Montagny !!!


Une nouvelle donc qui nous emmène dans un village où un automobiliste est obligé de faire halte à cause d'une panne mécanique. Il découvre donc ce lieu reculé et tombe sur un une vieille légende qui l'intrigue. (Tout comme moi). Passé, présent se mêle à travers quelques histoires.
J'ai un peu trouvé dans ce texte cette saveur de la SF avant qu'elle ne s'appelle ainsi, tout en restant actuel et nous offrant du sense of wonder. Comme souvent avec l'auteur, en quelques lignes il arrive à m'immerger dans son imaginaire. Une fin ouverte, comme les aimes Emmanuel Quentin. Mais ici, le point final n'est pas si final, il n'est qu'un début, l'aventure continue avec l'image et le son, tout en gardant un certain mystère. La suite de l'aventure Explocréateurs nous le dira peut-être, ou pas, car je pense que ces trois olibrius en gardent sous le capot. Quel est le liant magique que ces lascars utilisent pour que chacun de leur travail soit magnifier par celui des autres ?

Pas de doute possible, ceci provient d'un texte classé en Imaginaire.
C'est le seul endroit où les bibliothécaires sont sympathiques et professionnels !!!



Il y a toutefois un bémol, un GROS bémol : je suis extrêmement déçu, tout ce projet est accompagné d'expositions qui malheureusement ne sont jamais dans mon coin. Et lorsque je vois la petite vidéo, je crève littéralement d'envie d'y aller. Et d'être aussi déçu que ce travail ne soit pas reconnu à travers les grands salons littéraires SFFF...

Parfois, être blogueur littéraire me donne l'impression d'être un commercial de maisons d'éditions (cela dépends des avis), mais ici, je n'ai rien à te faire acheter et l'influenceur que je suis se retrouve bien démuni. En espérant t'avoir fait rêver et que peut-être, un jour...

Une autre vidéo : https://youtu.be/jz7iBQ0j0oQ?feature=shared

Merci les explocréateurs


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