L'Évangile selon Myriam
Ketty Steward, Mnémos, 2021, 208 p., 10€ epub sans DRM
Premier roman de Ketty Steward que je lis, enfin...
J'ai découvert cette autrice (oui même les femmes écrivent de nos jours...) dans une fiction sur France Culture. Et depuis, ce texte me trotte dans la tête, pas parfait, mais voilà, il fait partie de ma vie de lecteur. Ou plutôt d'auditeur. Mais peu importe, livre ou pièce radiophonique, les images émergent des mots.
Alors on regarde sa bibliographie, mais rien de long, ni de SF. On patiente, au détour d'une revue, on retombe sur sa plume, on lit quelques-unes de ses microfictions sur Twitter, on regarde quelques interviews ici ou là, on patiente... Elle fait partie de ton existence, pas très proche, mais toujours présente, en filigrane. Et puis un jour tu vois qu'elle va publier un roman, de SF en plus. SF entre guillemets, car tu sais que Ketty n'aime pas les étiquettes, donc elle les arrachent un peu et collent d'autres morceaux d'étiquettes. C'est elle qui décide, car c'est Ketty qui écrit. Toi ton rôle de lecteur, c'est de lire ce que Ketty écrit. Et le blogueur de te dire ce que le lecteur a pensé de l'écriture de Ketty. C'est l'ordre des choses. C'est ainsi et pas autrement. De toute manière c'est écrit d'avance, tout n'est qu'un éternel recommencement. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut pas s'amuser avec les écrits : on peut les réécrire, on peut même prendre des textes sacrés et les malaxer, les mélanger, avec des contes aussi, des mythes. De toute manière, textes sacrés, contes ou mythologies racontent la même chose, c'est juste écrit différemment.
Voilà
ce que Ketty a écrit ici. Enfin pas Ketty, Myriam. Le sacerdoce de
Myriam, c'est d'écrire ce qui a disparu, pour ne pas oublier, pour que
son peuple se rappelle. Mais bon, Myriam fait ce qu'elle peut, de ce
qu'elle se souvient. Les souvenirs sont parfois mensongers, trompeurs.
Alors un bout de ça et de ceci, quelle différence ? Le principal, c'est ce
qui est dit dans ces écrits. Et ces saynètes nombreuses, ces petits
bouts de rien finissent par ce mélanger, s'amalgamer et finissent par ce
lier, quelque chose en émerge, qui est plus que le total de ces bouts.
Sans oublier les épices pour donner du goût. Et Myriam, ou Ketty, a choisi
d'y incorporer quelques pincées d'humour. Pas trop, des légères,
juste pour permettre aux bouts d'exalter tous leurs sucs.
Ketty
écrit, le lecteur lit.
Si toi aussi tu lis, lis donc ce que Ketty écrit.
Et bonne nouvelle, il paraît que Ketty écrit encore.
J'aime beaucoup cet article. J'ai lu, j'ai moins aimé, mais j'ai apprécié l'idée et la démarche
RépondreSupprimerCe n'est pas une narration classique, mais la plume de l'autrice a réussi à m'emporter.
Supprimer"Sans oublier les épices pour donner du goût" : ah, tu as lu "Dune" finalement ? 👀
RépondreSupprimerBon, ça fait 1-1 avec l'avis de Yuyine, j'attends le départage.
Nope, toujours pas.
SupprimerJe pense que c'est un livre que tu peux apprécier. Il est peut-être clivant, mais dans tous les cas, je pense que le lecteur sait que c'est un bon livre.
Super article :) je le lirai probablement un jour ^^
RépondreSupprimerC'est une autrice qu'il faut que je lise un jour. Le résumé de ce roman a l'air prometteur en plus !
RépondreSupprimerLes retours sont parfois mitigés, mais moi j'ai adoré. Une autrice trop peu connue.
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