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Invasions plurielles

février 20, 2023

Arnauld Pontier, Arkuiris éditions, 2023, 158 p., 3€ epub sans DRM


Les humains doivent-ils redouter les aliens ?
Ou les aliens redouter les humains ?

Pitch de l'éditeur :


Les seize nouvelles de ce recueil de science-fiction d'Arnauld Pontier explorent avec humour et fantaisie les différentes manières dont pourraient se dérouler nos premiers contacts avec des extraterrestres ou des entités d'autres univers.
Arnauld Pontier nous entraîne loin de nos connaissances et repères, dans des espaces où les humains sont, selon les cas, pionniers, spectateurs ou victimes des créatures qui peuplent les mondes des étoiles et au-delà, des créatures qui pourraient bien être intéressées par la conquête de la Terre.


Mon ressenti :

La sortie d'un bouquin d'Arnauld Pontier est toujours une bonne nouvelle pour moi et cerise sur le gâteau, il y en a ici 16. Sous une très belle couverture de Michel Borderie, les textes nous offrent différentes versions d'invasions, et donc de premier contact, la sucrerie indémodable des fans de SF, qu'il faudrait ici compléter par FF.
Je connais deux versants de la plume de l'auteur, l'une plus portée sur l'introspection et la poésie, l'autre plus populaire. C'est cette dernière qui nous intéresse ici. Mais populaire ne veut pas dire inintéressant car sous l'humour, la légèreté ou le pastiche, Arnauld Pontier nous interroge sur notre humanité, nos travers. Sous cette simplicité apparente, le bon mot, le twist, se cache une réflexion souvent assez pessimiste sur le genre humain, nous sommes vraiment une espèce irrécupérable. 

Les différents textes sont pour la plupart déjà paru ici ou ailleurs, mais à moins d'être un fan hardcore du monsieur, pour ma part il me reste beaucoup à découvrir, ce fut des "inédits". (4 inédits et quelques textes revues pour l'occasion)
Inévitable dans ce genre d'exercice, on accroche plus à certains textes qu'à d'autres, j'ai eu parfois l'impression - comme Le syndrôme Quickson - d'une ébauche, d'une esquisse d'idée, une promesse d'un texte plus réfléchi et abouti. J'aurai aimé aussi avoir plus de paratextes, le contexte de chaque nouvelle, le "Ce sont ces réflexions, que j’ai souvent jetées sur des tables de soirs d’apéro, entre potes ou en famille, ou fait tourner en boucle dans mon esprit d’auteur " de l'avant-propos étant un peu lapidaire...

Si j’ai intitulé ce recueil Invasions plurielles, c’est que je ne souhaitais pas me limiter à des belligérants humanoïdes, et que je ne comptais pas me limiter à la SF. « La Bête », « La Mort », par exemple, sont de pures récits de Fantastique, tandis que « Tolérance » relèverait presque de la Fantasy : « un monde imaginaire peuplé d’êtres surnaturels ».

A trois euros le recueil en numérique, ces quelques bémols ne doivent pas t'effrayer, c'est bien ton humanité qu'il faut craindre : Seras tu capable de regarder qui tu es vraiment ?



Un point sur la Lune (2014)
Futur, un point apparaît sur la surface de la lune. En fait une forme humanoïde. Que fait elle là...
Nous sommes dans un monde où l'apparence et notre libido est reine, ce qui peut occasionner quelques problèmes. Court et léger, je ne connaissais pas ce versant de plume d'Arnauld. Un peu déçu de commencer ce recueil de cette manière.


Les plaines d’Ishtar (2016)
Un jour une pluie de bulles a lieu. Des bulles qui éclatent en touchant une surface. Même dans l'espace il pleut des bulles et aussi dans les mers et les océans. Notre narrateur depuis rêvent aux plaines d'Ishtar...
Je ne sais pas si l'auteur est parti de l'expression "ça va en chier des bulles", ce qui me ferait rire, une nouvelle courte et légère, comme une averse.


Bestioles (2018)
Futur proche, les avancées technologiques semblent avoir un effet sur la lumière.
Un texte qu m'a fait penser au début du siècle avec ses romans qui s'interrogent sur les propriétés de la lumière. Ici le ton est résolument moderne, plus hard SF, avec une chute délicieuse. J'aurai même aimé quelques pages supplémentaires.


Planète sauvage 78 (2015)
Un vaisseau stationne sur une planète déserte. Et ne donne plus aucun signe de vie. Un vaisseau militaire est envoyé sur place enquêter.
Parfois, au vue de la chute, il vaudrait mieux ne rien savoir des raisons d'une disparition. Cette nouvelle m'a fait penser à la science d'aujourd'hui qui inspecte les exoplanètes à la recherche de la vie telle qu'on connait la chimie organique (comment faire autrement ?) comment déceler ce que l'on ne connait pas ? Vaste question qui mérite de rester sans réponse.


Eau (2010)
Une humanité lointaine, immortelle, connait une avarie sur son vaisseau. Le seul choix qui lui reste : errer des siècles pour retrouver l'espace connu, ou tenter de sa chance sur une planète océan.
Un texte qui complète la thématique de planète sauvage. Quand on vous dit de stériliser tout ce qui rentre et qui sort d'une planète...


Stella (2023)
Un vaisseau doit dévier de sa route pour répondre à un signal de détresse. Pour ma part, ayant visionné le film Alien, je leur dirai bien de faire le sourd. Comme dans le film, tout se passe bien jusque... Heureusement, Arnauld Pontier a l'intelligence de ne pas copier toute l'intrigue. Une fin ouverte, un peu trop à mon goût car il y a matière à développer. Dans d'autres textes ?


La Bête (2015)
Futur. Non, retour en arrière : passé, une fête bat son plein entre gens de la haute royauté. Alors que tout se passe parfaitement, le noir se fait.
Je suis passé complètement à côté de ce texte dont je pense n'avoir su capter la référence.


Pièce maîtresse (2018)
Un vaisseau alien, immense, vingt fois la taille de Mars fait son apparition dans le système solaire. Branle bas de combat...
On y voit l'égocentrisme et la fierté mal placée de l'humain face à l'incompréhensible. Ça se lit comme du pulp mais reste en filigrane l'impossibilité de comprendre l'autre.


Comme une insurrection lente (2023)
Après des années de vache maigre, salaud de vegan et de bienpensance, la viande fait son retour en grâce. Malheureusement, il n'en reste plus que très peu. Heureusement, la découverte sur une planète de sortes de dinosaures va combler les marchands.
La loi du commerce est gravée dans l'airain, le profit seul compte. Arnauld Pontier nous conte une histoire qui doit sans doute faire référence à La hanse galactique. un humour noir, du cynisme, un petit régal.


La fille à la parole muette (2015 et réactualisée)
Un empire galactique, une substance dont elle a besoin qu'il doit collecter sur de lointaine planète. Une très courte nouvelle qui m'a laissé de marbre.


L'oeuf (2015)
Un oeuf gigantesque apparaît sur un green de golf.
Si vous aviez un doute sur la connerie humaine, cette nouvelle devrait le lever. Sous forme de satire burlesque, l'auteur étrille nos comportements face à l'inconnu. Et le bilan n'est pas très glorieux... Une friandise acide et beaucoup moins légère qu'il n'y paraît.


Eden et caetera (2019)
On nous appele pas les fourbes pour rien...
Premier contact, enfin. En ce futur pas très glorieux pour notre planète, les aliens proposent un marché intéressant.
Arnauld Pontier égratigne encore nos travers dans ce texte : plus rien ne nous étonne (un vaisseau aussi gros que la lune ? Déjà vu dans les films...) Et nous essayons toujours profiter au maximum de notre prochain, autant alien qu'il soit.
Un sous texte toujours aussi sombre, caché sous la légèreté.

Les gouvernements du monde entier ne furent aucunement réticents à livrer leurs ressortissants. [...]À vrai dire, les gouvernements virent même là une aubaine : ceux qui partaient n’avaient aucun avenir ici. Il s’agissait pour la plupart d’assistés, de laissés pour compte, de citoyens inutiles qui ne faisaient pas tourner la machine économique, mais, au contraire, vivaient à ses crochets. [...] Mais dans l’ensemble, à part quelques émeutes, parce que le grand vaisseau ne pouvait emmener tout le monde en une seule fournée, cela ne généra aucun problème majeur. Et, cerise sur le gâteau, c’était une bonne chose pour la démographie de certains pays, galopante… En résumé : bon débarras !


La Mort (2015)
Lors d'un bal masqué, une convive au mœurs dissolues pour la société décidé d'y venir déguiser en La Mort.
Même lorsqu'une soirée déguisée a lieu, il faut respecter certains codes. Et ne jamais oublier que l'habit ne fait pas le moine...  Divertissant mais pas inoubliable.


Bases d'observation (2023)
Très court texte sur une invasion par usurpation d'identité. Mais rien ne semble se passer comme prévu.
La vie est décidément étonnante !
Court mais laisse songeur.


Élyranthe (une histoire d’) (2023)
Une courte pastille humoristique autour de la souffrance que l'on inflige à plus petit que soi. (Par exemple les homards...)
Cela commence poétiquement sur la description d'un départ d'un paquebot immense et luxueux pour finir comme une sale blague. On rit, un peu amer...


Tolérance (2015)
Ici ce sont les humains qui envahissent une planète après avoir mangé la leur. Une population indigène pacifiste qui laisse les humains exploiter leur planète. Mais ces satanées humains en demandent toujours plus...
Le concept de temps obsède décidément notre auteur qui nous dévoile un moyen de défense particulièrement pacifiste mais néanmoins radical. Une fable philosophique qui clôt ce recueil, manière de dire que nous n'apprenons rien de nos erreurs. Le temps n'est décidément pas bénéfique pour nous.

Le temps revisité

juin 17, 2019
 

Anthologie coordonnée par Stéphane Dovert, Editions Arkuiris, 2019, 416 p., 3€ epub sans DRM


Peut-on en 2019 sortir une anthologie sur la thématique éculée du voyage dans le temps ?

Présentation de l'éditeur :

Aussi présent qu’impalpable, le temps semble rythmer métronomiquement la partition de nos vies.
Quoi de plus faux !
Les vingt nouvelles de ce recueil, dans les registres de la science-fiction et du fantastique, nous prouvent que le temps n’est pas un long fleuve tranquille ; que son cours capricieux s’écoule dans tous les sens ; que l’on peut l’inverser, le réduire, l’allonger voire le superposer dans une cacophonie d’instants plus ou moins bien maîtrisés.


Mon ressenti :


Voilà une anthologie que j'ai acheté pour le nom d'un seul auteur au sommaire, une chose extrêmement rare, voir unique. Mais j'aime bien sa production, et de deux, je voulais au moins une fois acheter avec mes propres deniers une de ses œuvres. Voilà chose faite. Et trois euros en numérique pour 20 nouvelles, ce n'est pas du vol. (à moins que les auteurs ne touchent que dalle ?)
La majorité des auteurs m'étaient inconnus, seuls deux noms surnagés : Jean Christophe Gapdy, la cause de mon achat et Arnauld Ponthier.
L’anthologie s'ouvre sur un avant propos et se termine par une bio-bibliographie des différents auteurs. J'aurais aimé trouvé une petite présentation des différents textes, surtout que le site de l'éditeur est clairement à revoir en terme d'informations données. L'édition numérique  est acceptable dans son ensemble, si ce n'est des problèmes dans l'interlignage et l'absence de chapitrage, assez chiant sur un livre de 400 pages.
L'anthologie se trouve facilement chez les libraires mastodontes en ligne, beaucoup moins ailleurs.

Au vue de cette mise en bouche, j'avais peu confiance dans l'intérêt de ce livre, mais certains auteurs s'en sont sortis avec brio :


Double peine, Nicolas Sick
Que ne ferait on pas par amour ?
Un texte qui commence mal, cela parle d'amour. Et au final, j'ai beaucoup aimé. J'y ai trouvé beaucoup d'originalité et d'inventivité. Une histoire somme toute assez simple mais l'auteur instille beaucoup de doutes et d'interrogations sur ce qui s'est passé, sur l'anticipation de la justice et de la peine. En plus, plusieurs effets Kiss Kool essaiment le récit. J'ai cru voir la chute. Et non. Les nouvelles peines sont glaçantes d'un possible futur.
Le pitch : une jeune femme est reconnue coupable pour un fait dont on ne connait rien. Le couperet tombe, 53 ans de condamnation. Et elle sourit. Pourquoi ?


Tempus Fugit, Antoine Vanhel
Des mercenaires augmentés sont appelés sur une station dans l'espace. Une mission à priori simple qui va prendre une tournure singulière. Les mercenaires ont tout de l'attirail classique, mais ont un petit plus peu vu dans mes lectures : il peuvent se mouvoir dans d'autres temps, plus rapide que le notre afin de surprendre leurs adversaires. Un très bon texte



Chasse temporelle, Jean Christophe Gapdy

Une poursuite à travers temps, un fast and furious à la mode SF.
Le pitch : Futur, un savant invente la machine à voyager dans le temps, mais son bio-androïde le tue et s'échappe dans une autre époque. La chasse est lancée. Comme à son habitude, l'auteur, sous une apparente simplicité, s'amuse avec son lecteur. Et les certitudes de ce dernier vont vaciller sur leur base. Bref, je me suis fait avoir comme un bleu. On revisite certains éléments historiques qui vont prendre dès lors une autre saveur. A découvrir.
L'intrigue se passe dans l'univers de syssol, sans qu'il soit nécessaire de le connaître. L'auteur a développé un site internet pour vous faire découvrir son monde qui emprunte à plusieurs genres : Hard-SF, Cyberpunk, Spac opera, Polar noir. Je le dis et re-dis et re-re-dis, lisez du Gapdy, c'est bon pour les neuronnes.


D"autres auteurs n'ont pas à rougir de leurs performances.

Texto, Cédric Teixeira
2016 Une ado meurt pour un texto non reçu. 2028… deux scientifiques font des essais de téléportation quantique (si si ça existe)
Dommage qu'il y ait quelques invraisemblances qui font que l'histoire fonctionne, car sinon, c'est un texte très plaisant. Pour ceux qui aime les paradoxes temporel.



Incipit, Thibaud Faguer-Redig

 … Car chacun garde en mémoire les images des orangs-outans se balançant, terrifiés, au sommet d’arbres momentanément épargnés par les mercenaires du bois. Quelques heures plus tard, après de molles tentatives d’expropriation, les pauvres bêtes se fracassaient le crâne au sol et étaient presque aussitôt broyées par les troncs vaincus.
Voici l'incipit par lequel s'ouvre le texte, de quoi intriguer.
Lorsque la maladie est mortelle, la pénurie de temps se fait jour. Même si nous sommes plus dans la littérature générale, en quelques pages, l'auteur nous peint un jeune dont la vie s'échappe peu à peu, sans mélo, et avec brio.


Lettres à Revers, Emmanuelle Nuncq
Tout le monde s'est au moins posé une fois ce genre de questions : et si ma vie s'était déroulée différemment. C'est ce qui arrive à Eléonore, une dame de la Cour qui se réveille un matin la veille. Et chaque jour, l'antechronologie se répète. Cela illustre le propos mais la fin était couru d'avance. 


Le Chat du réfrigérateur, Audrey Aragnou
Chat quantique, univers multiple et prémonition à la mode humour. Une petite friandise rafraichissante, je n'en attendais pas moins au vue du titre.


Temps mort, Arnauld Pontier

Un duel entre deux hommes, difficile d'en dire plus. En quelques lignes, une réflexion absurde sur ce que nous faisons de notre temps.



Avec le temps, Arhana
Un vieil artiste, une jeune amoureuse, une amoureuse éconduite, une demande spéciale. Et une vengeance. Une bon divertissement qui évacue le côté fleur bleu qui m'avait fait très peur.


Pour le reste, cela est beaucoup plus mitigé par rapport à la thématique du voyage dans le temps.
Premier écueil à éviter : l'amour et le voyage dans le temps. Si je lis de la SF, c'est que je n'en ai rien à foutre de l'Amour, sinon, je choisirai un autre rayon pour acheter mes bouquins. Premier écueil où sont tombés :
Alexandre Ratel et ses Naufragés de l’éternité où un plongeur perd la vie lors d'une tentative d'apnée, pour se réveiller sur le Titanic. Une histoire qui aurait pu être bonne : si les personnages étaient plus consistants et réalistes, et si le côté fleur bleu et religieux étaient absents.
Céline Chevet et son Reset nous conte une histoire d'amour sur fond de multivers et de sauvegarde quantique. Bancal et mièvre.
Stéphane Dovert et ses Alternatives nous parle d'une scientifique qui travaille dans un centre de recherche militaire à fabriquer des petites armes biologiques toutes mimis. Jusqu'au jour où un quidam arrive à pénétrer dans son bureau sans y être annoncé. Étrange car on ne rentre pas comme dans un moulin dans une base militaire. Cela parle multivers quantique avec une petite originalité : ici, c'est l'instant qui permet de réécrire le passé pour qu'il s'adapte au choix effectué. Intriguant, avant que l'histoire d'amour ne vienne plomber le tout.

Deuxième écueil : éviter ce qui a déjà été écrit mieux par d'autres. Faites l'effort de lire les oeuvres majeures du genre, cela vous évitera d'écrire dans le vide.
Cotton time de Jules Edmond Label nous parle d'un voyageur temporel qui se retrouve à une autre époque que celle de son retour, en pleine prohibition. Passé le fait du voyageur du futur qui s'étonne des us et coutumes d'une époque révolue, la fin s'égare dans les paradoxes. Manque d'originalité pour satisfaire mon appétit.
Pierre Montbrand et son Retour en Bavière nous entraine durant la seconde guerre mondiale, des scientifiques travaillent sur un programme temporel avant d'être exfiltré vers les Amériques. De nos jours, des phénomènes étranges de produisent aux Etats Unis. L'un des scientifiques va devoir se jouer du temps pour déjouer le plan nazi. Pas très original les nazis et le voyage dans le temps. Mais l'auteur nous entraîne dans son histoire, ce qui n'est pas si mal

Troisième écueil : me donner envie de lire le texte, c'est parfois très subjectif. Soit le style ne me convenait pas, ou l'histoire était trop longue à se mettre en place ou encore nous étions trop dans la blanche. Bref, lu jusque la fin si le texte était court, abandonné dans le cas contraire : L'interdit de Roger Raynal, Mayeul de la Serre et ses Danses nocturnes, Agathe Tournois et son Examen temporel, Éric Lysøe et sa Perle d’éternité, Le passage de Michelle Labeeu et enfin Charlotte Mangaud et son Temple d’un éternel été


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