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La naissance du savoir : Dans la tête des grands scientifiques

novembre 06, 2023

 

Nicolas Martin, Les Arènes, 2023, 400 p., 25€


7 mois pour lire ce livre. 7 MOIS !
A chier donc ? Analysons ce résultat avant d'en tirer des conclusions hâtives.

Pitch de l'éditeur : 

Nicolas Martin a réuni les plus grands scientifiques francophones, celles et ceux dont les travaux ont un retentissement international : dix hommes, sept femmes, dix-sept disciplines. Dans ces entretiens exclusifs, ces cerveaux remarquables nous ouvrent pour la première fois leur « boîte noire ».
Ils nous racontent d’où vient leur vocation, les qualités nécessaires pour mener à bien des recherches dans leur domaine, quelles ont été leurs réactions face aux échecs ou aux fausses pistes, comment s’organise leur pensée et si le moment eurêka existe réellement…
Jamais un tel panorama ne nous a été offert.
Ce livre est une plongée dans l’intimité de savants pleins d’humilité, qui s’expriment à cœur ouvert, dans une lanque accessible à tous. Avec une grande générosité, ils partagent leur savoir et leur savoir-être. Une vision du monde en forme de kaléidoscope passionnant.

Mon ressenti :

Parfois, il faut se rendre à l'évidence. Pour moi, ce fut de me rendre compte que jamais les plus grands noms de la science ne passeront une soirée avec moi. Face à ce constat, je ne baisse pas les bras et j'essaye de trouver un moyen de contourner le problème. Comme ici avec ce livre de Nicolas Martin qui me permet de converser avec 17 intellos.
Ce livre a aussi été une première pour moi, celle de ma rencontre avec le livre de chevet. Des années que j'entends tel ou tel dire ce livre est mon livre de chevet. Mais moi je peux adorer un auteur, un livre, mais jamais je ne le considère comme un livre de chevet. Et puis La naissance du savoir est arrivé, avec ces 400 pages bien fourni, bien dense. Impossible de le lire d'une traite, j'ai donc picoré au fil du temps, m'arrêtant à chaque interview et reprenant ma lecture le moment idéal. Donc il restait 7 mois à côté de mon lit, sur la table de chevet. Voici donc la raison pour laquelle je ne sors mon avis que maintenant. 

Nicolas Martin : Quelle est la découverte dont vous êtes le plus fier ?
Etienne Ghys : Je vais en donner deux, si j'ai le droit. D'abord ma thèse. J'en suis très fier parce que personne n'a fait mieux sur ce sujet depuis plus de quarante ans. Aujourd'hui, j'aimerais bien la réécrire avec tout ce que je sais, parce que j'en sais beaucoup plus qu'à l'époque. C'est un de mes projets. Je pense que je l'expliquerais beaucoup mieux aujourd'hui. J'ai dit ça une fois à un de mes anciens étudiants qui m'a répondu que ça allait faire "vieux pépé qui écrit ses mémoires". J'étais un peu découragé. Néanmoins, j'aimerais bien revenir sur ma thèse. p.142


"Les sciences, c'est la vie". Voici comment se conclue la préface de Nicolas Martin. Je ne sais pas si c'est une allusion à la série Kaamelott, Le gras, c'est la vie, mais j'espère que je passerai un aussi bon moment que dans la série. (spoiler : oui)
Françoise Combes : Dans mon adolescence, j'ai lu des tas de livres sur des chercheurs, pas seulement en astrophysique. J'ai lu des textes sur Copernic, mais aussi sur Pasteur, qui faisait de grandes découvertes et améliorait le destin de l'humanité grâce à la vaccination. Tous ces chercheurs me captivaient. Moi aussi, j'avais envie de chercher. De trouver bien sûr, mais surtout de chercher. Ma vocation s'est construite autour de la curiosité. p.239


Dans ce genre d'exercice, l'interview, j'adore me demander ce que moi j'aurai répondu aux différentes questions, même si je travaille en dehors du domaine scientifique. Il y a des chercheurs dont on se sent plus proche, de par leur approche de la vie, de leur travail. Ainsi Evelyne Haier ou Sabrina Krief. Ou encore Etienne Ghys, mathématicien, excellent vulgarisateur et médiateur. Déjà il habitait dans ma région, issu d'une famille modeste. Son père travaillait comme imprimeur pour une revue, Hommes & Migrations, qui existe toujours et dont je suis abonné à mon taf. Son père était en outre sourd, une problématique qui me touche aussi de par mon travail. Bref des liens. Comme son parcours scolaire où ce sont plus ses facilités qui ont dicté sa scolarité qu'un choix délibéré : il a su qu'il voulait être mathématicien après son doctorat ! Il parle aussi des quelques profs, instits ou bibliothécaires qui l'ont marqué dans sa jeunesse.
Ou encore Jean Pierre Sauvage, que j'ai trouvé très humble malgré un petit prix reçu, le Nobel de chimie.
Il y a aussi celles et ceux qui ne jurent que par leur équipe, minimisant leur apport, démontrant la touche de leurs collaborateurs. D'autres qui aiment s'étaler à chaque question. Pas un n'est identique, même si une chose les rassemblent tous : l'amour de leur métier, la volonté d'aller au plus profond des choses pour comprendre notre monde. Pour la découverte et la gloire ? Non, souvent juste pour la compréhension. Nombreux sont celles et ceux aussi faisant le constat d'un manque de pluridisciplinarité et qu'il faut aller vers cet état de chose. Croiser les regards, les idées, les savoirs...



Marc-André Selosse : J'ai été trop frustré de voir des gens qui savaient plein de choses mais ne répondaient pas à mes questions, alors même qu'ils prenaient du temps pour me parler. Ils n'étaient pas clairs. En réalité, ils se situaient de leur point de vue et non du point de vue de leur interlocuteur. Cette frustration me fera mûrir. p.265


Alors comment devenir un grand scientifique ? La curiosité et la compréhension semblent être partagées par l'ensemble des interviewés. Du moins c'est ainsi que je le ressens. En tant que lecteur de science-fiction, impossible de ne pas remarquer que certains citent des écrivains de SF ou ayant traité ce genre.

Un ouvrage accessible qui tente de faire le tour d'horizon du domaine scientifique (allez lire la préface de Nicolas Martin). J'ai adoré prendre le café avec ces petits puits de science et connaître leur parcours et surtout l'amour de leur métier.
Une fois la dernière page tournée, au vue de l'état du monde et de la connaissance accrue de cet état par les scientifiques, j'aurai cru être encore plus pessimiste que je ne le suis. Mais non, c'est l'espoir qui perdure. Grâce aux connaissances, la possibilité d'un changement est de l'ordre du possible.

Gilles Boeuf : Nous sommes à la fin des années 1990 Paul Crutzen, Prix Nobel de chimie, a identifié le trou dans la couche d'ozone et popularisé le terme anthropocène. Ce concept me transperce. Je lis tout sur le sujet et je me rends compte que le plus puissant moteur des changements sur la Terre, c'est la présence de l'humain ! Lui et ses 23 milliards de poulets, 1,3 milliard de vaches 4 milliards de cochons J'avais passé ma vie à étudier la longueur du jour, la température, le sel de l'océan, qui ont toujours été les moteurs de l'évolution du vivant. Et tout serait battu en brèche par la présence d'une seule espèce sur les 2,4 millions qu'on dénombre aujourd'hui ? Ma vie en a été bouleversée. J'ai arrêté tout ce que je faisais et suis devenu beaucoup plus transversal, mû par un profond respect pour les sciences humaines et sociales. Je suis devenu humaniste. p.368


Deux critiques tout de même : Pourquoi avoir mis la numérotation des pages à l'opposé de ce qui se fait actuellement ? Tout sauf pratique. Et le manque d'une conclusion. Mais qui aurait été peut être de trop car m'aurais je posé la question une fois fini : alors comment naît le savoir ?

Gilles Boeuf : Nous sommes à la fin des années 1990 Paul Crutzen, Prix Nobel de chimie, a identifié le trou dans la couche d'ozone et popularisé le terme anthropocène. Ce concept me transperce. Je lis tout sur le sujet et je me rends compte que le plus puissant moteur des changements sur la Terre, c'est la présence de l'humain ! Lui et ses 23 milliards de poulets, 1,3 milliard de vaches 4 milliards de cochons J'avais passé ma vie à étudier la longueur du jour, la température, le sel de l'océan, qui ont toujours été les moteurs de l'évolution du vivant. Et tout serait battu en brèche par la présence d'une seule espèce sur les 2,4 millions qu'on dénombre aujourd'hui ? Ma vie en a été bouleversée. J'ai arrêté tout ce que je faisais et suis devenu beaucoup plus transversal, mû par un profond respect pour les sciences humaines et sociales. Je suis devenu humaniste. p.368
 

Petit plus, j'ai adoré deux ajouts à la fin de l'ouvrage, l'éditeur indique "l'exemplaire que vous tenez entre les mains a été rendu possible grâce au travail de toute une équipe" et liste les services, personnes.
Et aussi le dernier paragraphe : "En France, un livre a le même prix partout. C'est le prix unique du livre instauré par la loi de 1981 pour protéger le livre et la lecture. L'éditeur fixe librement ce prix et l'imprime sur le livre. Tous les commerçants sont obligés de le respecter. Que vous achetiez votre livre en librairie, dans une grande surface ou en ligne, vous le payez donc au même prix. Avec une carte de fidélité, vous pouvez bénéficier d'une réduction allant jusqu'à 5% applicable uniquement en magasin (les commandes en ligne expédiées à domicile en sont exclues). Si vous payez moins cher, c'est que le livre est d'occasion."
Clair et didactique.



Nicolas Martin : L'évolution de la technologie a-t-elle modifié votre façon de ver ou de réfléchir? Quelle innovation technologique a vraiment été un tournant dans votre carrière?
Gilles Boeuf : Je ne pense pas qu'une innovation en particulier ait changé ma façon de réfléchir. La frénésie technologique nous a rendu d'immenses services. Sans le numérique, comment aurions-nous archivé les milliards de bases génétiques issues du séquençage environne mental ? Pour autant, cela ne change pas la philosophie inhérente à tout cela. Comme l'écrivait Rabelais : Science sans conscience n'est que ruine de l'âme. Nous en sommes toujours là. Ce qui me heurte le plus, c'est l'utilisation de ces connaissances et de ces technologies pour des choses horriblement futiles. Qu'on arrête de vendre des billets d'avion Londres-Malaga à 5 euros pour aller s'alcooliser week-end. Les avions n'ont pas été inventés pour ça ! Nous assistons à une destruction massive de l'environnement pour des choses qui n'en valent pas la peine. Les mentalités doivent changer. Les rapports hommes-femmes aussi. Aucune espèce ne maltraite les femelles comme la nôtre. Je suis furieux quand on qualifie une horreur humaine de comportement animal. Non, les animaux ne font pas ça, ce sont des comportements humains ! p.369

Guide des genres et sous genres de l'imaginaire

mai 04, 2023

Apophis, Albin Michel Imaginaire, 2023, 208 p., 2€ epub sans DRM


Le Guide des genres et sous-genres de l'imaginaire, 
le De l'origine de l'imaginaire.


Pitch de l'éditeur :


Vous ignorez la différence entre un planet opera et un space opera. Vous avez quelque difficulté à distinguer un livre steampunk d’une gaslamp fantasy. Si on vous dit dieselpunk, vous pensez : « science-fiction anti-écologique, peut-être ? » Pas de panique ! Aucun genre, aucun sous-genre de l’imaginaire n’échappe à l’œil d’Apophis ! Votre guide en ces terrifiantes et merveilleuses contrées. Apophis est tombé dans la SF quand il était tout petit. Après trente ans de lectures-tout-seul-dans-son-coin, il décide, sur la suggestion d’un professionnel de l’édition, d’ouvrir son blog, Le culte d’Apophis (https ://lecultedapophis.com/), afin de partager ses analyses et impressions sur les romans de Science-Fiction, Fantasy et Fantastique, qu’il dévore avec toujours autant de plaisir. Très intéressé par la taxonomie et la phylogénie de ces littératures, il commence l’écriture d’une série d’articles sur le sujet, qui formeront la base du présent Guide.

Mon ressenti :

Certaines personnes aiment perdre leur temps. Un exemple au hasard, Apophis qui perd son temps, et le notre, à tenter de définir les genres de l'imaginaire sur 200 pages. Alors que cela est assez simple :
- la fantasy, c'est de la merde,
- le fantastique, c'est de la merde et
- la SF, c'est plus que de la merde !

Et surtout, qu'est-ce qu'on n'en a foutre de mettre des étiquettes ? Je ne suis pas bibliothécaire, libraire ou étiqueteuse ! Mais afin de soutenir mon camarade Apophis, j'avais acheté tout de même la première édition, dont je n'avais consulté que quelques parties en diagonale. Et à l'occasion de cette nouvelle édition en version papier, je me suis décidé à lire ce guide du début à la fin. En me disant, ça va être chiant pour quelqu'un qui se fout de la taxinomie exacte de tel ou tel livre.



Ce fut une erreur, car en à peine quelques pages, ma représentation de ce guide a évolué. Car il est bien plus - il n'est pas - qu'une planche d'étiquettes, il permet en fait de saisir l'évolution de l'imaginaire au cours du temps, de voir les liens entre les différents courants, leurs luttes aussi, ainsi que leur possible évolution. Et cela, c'est passionnant. Même sur la fantasy qui n'est pas ma tasse de thé, j'ai découvert que mes représentations sur tel ou tel sous-genre étaient erronées, et que les frontières entre SF / Fantasy et Fantastique étaient bien plus poreuses que je ne me l'imaginais. Et que tout l'intérêt de cette classification sert surtout aux lecteurs pour trouver facilement des lectures qui pourraient lui convenir. Lorsque j'ai découvert la SF, j'avais surtout un ou deux livres qui m'avaient plu, rien d'autre, je ne savais pas comment retrouver d'autres textes qui aurait pu me plaire, des heures passées perdues à chercher ce que je ne connaissais pas. Ce guide aurait été salutaire à l'époque. Mais encore maintenant, car même si cela fait des années que je lis de la SF, je suis loin d'être un amateur éclairé, au contraire d'Apophis. Bref, le Guide des genres et sous-genres de l'imaginaire sera ma lanterne dans la nuit de la SFFF, mon déluminateur !

Le style d'Apophis n'a rien de chiant, et ne donne clairement pas dans le verbiage : c'est vivant, parfois drôle et cela donne toujours envie de lire une page en plus, et une autre. Je pensais mettre 10 ans à lire ce guide, et voilà que je tente de trouver tous les moyens pour lire encore un chapitre supplémentaire. J'ai même pensé le prendre avec moi aux chiottes, mais imaginer Apophis me reluquant faire la grosse commission m'a convaincu que c'était une mauvaise idée ! Apophis nous donne aussi les clés pour élargir notre compréhension par sa connaissance du genre en dehors de nos frontières. La distinction SF F F est clairement française, et l'évolution des genres nous semble parfois étrange, alors que l'explication est à trouver à l'étranger. Dernier bon point, il nous dit clairement quand c'est SA position et pourquoi il a fait ce choix. Passionnant je vous disais.
Et pour terminer les compliments, cette version papier : Lecteur numérique, c'est le genre de livre dont je préfère avoir "en dur", afin de pouvoir y revenir et retrouver un passage facilement.
 

Darwin a changé le monde avec son De l'origine des espèces, Apophis va changer notre compréhension de l'origine des genres. 



Les compliments passés, place aux reproches ! Certains pensent déjà qu'Apophis a un ego surdéveloppé, alors...
Première critique, la place accordée à Robert Charles Wilson. Il est cité plusieurs fois (ça, c'est bien), mais où est SPIN ? (Il avait une de ses places dans "Ils sont parmi nous" bordel de merde). Dans la soft-SF, où sont Les affinités ? Ce sont tout de même deux romans incontournables. Donc voilà, Apophis n'est pas parfait et j’attends impatiemment une troisième édition corrigeant cette faute impardonnable.

Un petit bout d'encart perdu en début de page !


Et pour cette révision, pourquoi ne pas en profiter pour revoir la mise en page ? Je pense que l'éditeur ne pensait pas que ce livre ferait beaucoup de vente, donc pas trop de dépenses, on prend la mise en page epub et on colle. Résultat, une mise en page un peu étrange parfois, des encarts coupés entre deux pages...
Autre reproche, les vignettes d'illustration qui proviennent toutes du catalogue Albin Michel Imaginaire ou du Livre de poche. Connaissant un peu Apopohis, je pense être certain qu'il se fout de plaire ou déplaire à une maison d'édition, il aime ou pas, peu importe la chapelle. Et ce focus sur ces deux maisons d'édition dessert son propos, laissant croire à un partenariat derrière tout cela, et in fine pouvant laisser un doute sur le texte lui-même. (Alors que la raison doit être pragmatique à mon avis : une simple question de droits à l'image)
Ces deux derniers reproches sont à mettre au crédit de l'éditeur, qui ne semble pas avoir mesuré pleinement l'ampleur que ce livre pouvait avoir... (par contre, le prix est de 15€ en papier seulement) vivement la troisième édition. Et à cette occasion, comme je suis parti pour engueuler l'éditeur, pourquoi ne pas insérer un index par genre / sous-genre / auteurs ? Ce serait vraiment utile, car sans l'édition électronique, difficile de trouver rapidement. Et à la limite une arborescence des genres, sous genres et sous sous-genre. Oui je sais, je suis quelqu'un de très gourmand !

Que ces reproches ne t'empêchent cependant pas d'acheter ce guide, cela reste des détails mineurs qui ne gênent en rien la lecture. Mais pourquoi l'acheter alors que j'ai deux exemplaires à ma disposition ? Le livre que j'avais commandé avait une petite erreur d'impression sur une des pages du sommaire, l'éditeur m'a gentiment fait parvenir un exemplaire tout beau. Donc je fais gagner ce guide "abimé". Pour participer, c'est simple, tu réponds aux neuf questions afin que je sache si tu es digne d'avoir ce guide entre les mains. Si plusieurs participants ont toutes les bonnes réponses, cela sera le plus rapide qui le gagnera. Le concours est réservé à la France métropolitaine, vous pouvez remercier La Poste !
Fin du concours : le lundi 08 mai 2023, à 23h59mn59s 

Pour participer, tu cliques : https://forms.gle/884DoSY3mdTAEJVv5

Drame de l'édition : La page abimée



D'autres avis (et des excuses de Gilles Dumay, l'éditeur) sur le forum du Bélial











Alien, la xénographie

février 06, 2023

 

Nicolas Martin, Simon Riaux, Zariel, Editions ActuSF, 2022, 472 p.,32€

 
Ellen Ripley est morte, plus personne désormais pour combattre le plus terrifiant des xénomorphes.
Personne ?
Nicolas Martin, Simon Riaux et Zariel prennent la relève.
Alien, la xénographie, l'"éjac' faciale" du siècle !!!

Pitch de l'éditeur :

Créature mythique du cinéma, le xénomorphe préféré des amoureux et amoureuses de science-fiction ne cesse de revenir sur nos écrans. Dirigé par Nicolas Martin et Simon Riaux, cette Xénographie se propose d’explorer toutes ses facettes, de ses débuts à ses dernières incarnations. Composé de
spécialistes, le sommaire vous emmènera à la rencontre du monstre le plus cauchemardesque de l’espace...

Test de Rorschach
Que vois je ?
La Peur, la Mort, la Souffrance...

 


Mon ressenti :

Lorsque je regardai la première fois la saga alien dans ma jeunesse, je n'ai vu qu'un film d'horreur, flippant au possible, malaisant. Une frousse immense, je m'attendais chaque seconde que l'alien entre dans l'arène pour me faire sursauter, flipper, me mettre en position latérale de sécurité. Un autre film m'avait hanté dans un autre style : Freddy les griffes de la nuit.
Le premier alien fut (est) le summum de ma terreur, les trois suivants furent de bons films, sans l'effet de surprise. Les deux prequels ont préféré le registre de la comédie...

Lorsque Nicolas Martin m'a proposé de participer à l'aventure, au fond de moi, je savais que j'allais devoir affronter le plus méchant, le plus belliqueux de l'altérité. Mais étant adulte, pas le choix, il faut affronter ses peurs. J'ai regardé, et re-regarder et re-re-regarder. Par contre je suis quelqu'un de primaire : Alien reste pour moi la peur cosmique, pas moyen d'y voir autre chose. Alors ce livre tombe à pic pour me montrer les multiples lectures que l'on peut en faire. L'occasion d'appréhender cette saga a l'essence insaisissable, l'alien n'est pas gluant, visqueux pour rien...
Tous les différents points de vue illustres magnifiquement le propos : Alien n'est pas qu'un film, mais une référence. On y voit ce que l'on veut, il forme un tout, monstrueux, comme cette xénographie.

Je n'ai pas compté tous les auteurices, il y en a beaucoup plus que les doigts de me deux mains, mais c'est une somme. C'était aussi une de mes craintes : devant le nombre hallucinant de collaborateurices, il y allait forcément avoir des redites que je craignais nombreuses. Ce ne fut pas le cas, il y en a bien entendu un peu sur quelques paragraphes, mais rien qui m'a fait reposer le livre en pestant. Une autre critique serait les coquilles qui parsèment parfois le texte. Mais au vu du nombre de signes, cela reste raisonnable on dira.

Avant de décortiquer cette xénographie, un mot tout de même sur l'objet. Première chose, il ne contient pas d'oeufs, ni de spores, vous pouvez l'acheter sans crainte. Le livre est beau, couverture cartonnée et brillante, un signet en tissu pour marquer ta lecture. A sa réception, un peu déçu lors du feuilletage : pas beaucoup d'images et d'illustrations. Cependant, lorsque j'ai plongé dedans, cela m'a paru injuste. Les illustrations de Zariel sont magnifiques et complètent parfaitement le propos. Ni trop peu, ni pas assez, le parfait dosage. La mise en page est magnifique, soulignant et faisant référence à la saga sans pour autant l'emporter sur le texte.




Introduction : « Alien » : du « sense of wonder » au « sense of horror », Nicolas Martin, Simon Riaux
Les deux soutiers, les deux créateurs de ce monstrueux livre sonnent le LA, celle de l'horreur de l'espace. Ils reviennent vers quelques films jalons de la SF, hérédité lointaine d'Alien et précurseurs d'un renouveau eux aussi. Et ils nous allèchent avec ce qu'alien a fait au monde. Une mise en bave truculente, plus le choix, trop tard pour fermer le livre et sauver son âme, va falloir boire le calice jusqu'à la lie.


La beauté mort-vivante, Serge Lehman
Serge Lehman nous définit quelques termes s'appliquant à Alien : le sublime et le grotesque en s'adossant aux écrits de Edmund Burke et Pierre Jourde. Quel rapport ? Et bien lis ses quelques mots et tu comprendras.


Quiz : Connaissez-vous Alien ?, de moi-même
Je ne vais pas tomber dans l'égocentrisme, ce quiz étant de mon fait. Une critique tout de même : c'est trop dur, je n'ai pas réussi à avoir tout bon... Mais ma maman est contente ! 


Alien, le neuvième passager, Laurent Aknin
Quel neuvième passager ? Déjà une coquille alors que l'on attaque seulement les premières pages ? À moins que ...
Quoi de mieux que de commencer par le début avec une critique de ce premier film. L'auteur décortique la mise en scène pour nous montrer sa nouveauté et les emprunts d'Alien. J'ai bien aimé cet article n'étant pas un cinématographe, j'ai pu appendre plein de trucs, voir qu'il n'y a pas de hasard dans le film et que tout participe, comme le scénario, à nous foutre les jetons. Et on comprend pourquoi ce titre a la toute fin... 

Des clowns, des monstres, des rencontres nocturnes, la fantaisie qui séduit les enfants et la peur qui les fascine. Nous avons besoin de cela, de la noirceur et de la crasse...
Pierre Jourde

Walter Hill : « Une bonne histoire s'achève dans les larmes. », Simon Riaux
Co-scénariste des trois premiers Alien, l'interview est donc attendu. Qu'à t'il voulu dire à l'époque ? comment travaille t'il ?... On s'installe confortablement dans son canapé, et on déguste cet entretien. Et une fois tombé sous le charme, c'est fini, 5 questions et puis s'en va. Mais pourquoi c'est si court ?!

Je m'intéresse d'abord à ces personnages. Ce sont eux que je creuse, et je ne sais pas comment raconter une histoire si elle n'est pas en premier lieu l'histoire de gens qui ont initialement des motivations très simples, transparentes, qui les poussent à agir.


Le Xénomorphe, un monstre de papier ! Aux origines littéraires d'« Alien », Renaud Guillemin/L’épaule d’Orion
Le blog de L’épaule d’orion, c’est de la merde, mais que vaut son taulier en tant qu’auteur ? Il nous emmène à la chasse aux inspirations littéraires d’Alien. Bien entendu il nous parle de Dune (il est où mon Robert ?) ! C’est typiquement le genre d’article que je déteste au plus haut point, car me donnant l’envie de découvrir d’autres textes. Ici, j’ai envie de lire trois textes. Un conseil donc, sautez cet article qui ne fera qu’enrichir les multinationales de l’édition.
Et puis, en intitulant son article ainsi, c’est facile de le dire devant son ordinateur à des milliers de parsec d’un alien, mais oserait-il lui dire en face ?



La Musique qui réveille les monstres, Benoît Basirico
Pas de film sans musique. Alien serait-il devenu ce film mythique sans sa bande originale ? L’auteur revient sur sa conception, difficile dialogue entre Scott et Goldsmith, et nous décortique la partition. Un article un peu plus difficile pour moi, ayant en tête les images, les bruitages, mais beaucoup moins la musique. A mon prochain visionnage, je resterai avec les oreilles aux aguets.

Le Paradis perdu de Milton - Back to the future, Christian Lehman
Back to the future. Nous sommes en 1979, le 12 septembre exactement (comment peut on se souvenir aussi précisément de la date ?!), Christian Lehman pénètre dans une salle de cinéma pour regarder Alien. Question immédiate : mais qu'est ce que l'on s'en fout ? Mais 1979 est une date à part, un monde bien différent de celui de nos jours où l'on connait tout du film bien avant d'aller le voir. Une toute autre expérience. Et c'est ce qui fait l'originalité de cet article nous replaçant dans le contexte de l'époque.

Ash ne sourit pas, Ash ne jouit pas, Ash fait son travail

Ce qu'« Alien » a changé à ma vie, Ava Cahen
Regarde t'on Alien différemment selon que l'on est une femme ou un homme ? Oui nous répondra Ava Cahen. C'est toujours difficile - impossible ? - de se mettre à la place de. Ici, cela permet de connaître le ressenti d'une femme, sa vision d'Alien. Voir que les scènes marquantes sont parfois différentes selon notre genre. Alien film, multi focal assurément.


Il faut beaucoup aimer les Aliens, Hélène Frappat
Hélène Frappant fait les liens entre films, entre horreur et science fiction .... Avec une telle profusion d'articles, il fallait bien que cela arrive : passer à côté. Trop symbolique, trop érudit, trop cinéphile, trop réflexif. Trop de trop pour le pauvre clebs que je suis.

Alien, la xénographie ou Alien, l'échographie ?

Alien, 40 ans d'effets spéciaux - Entretien avec Gilles Penso, Nicolas Martin, Simon Riaux
Second entretien et la peur est présente, tapie derrière le dernier mot de la page : est ce que cela sera aussi trop court ? Bonne nouvelle ici, l'interview est longue est a été très intéressante pour moi. On fait le tour des effets spéciaux de la saga et de ce que cela provoque dans la mise en scène. Et au final, mieux qu'un article aride sur les effets spéciaux, Gilles Penso nous donne sa vision de la place des effets spéciaux et de ce qu'ils peuvent apporter ou saborder dans un film.


Pourquoi le monde a tort de ne pas aimer « Alien, la résurrection », Geoffrey Crété
Alors déjà, petite rectification sur le titre : le monde moins Geoffrey Crété et moi, car je l'aime bien cet opus. Sous prétexte de nous parler d'alien la resurrection, l'auteur nous parle de la saga entière, des dessous comptables, créatifs et scénaristiques. Un bien bel article fouillé qui devrait amener le monde (moins deux personnes) à revoir d'un oeil nouveau cet opus.


Prometheus, Alien: Covenant - La divine trahison de Ridley Scott, Simon Riaux
Pris la main dans l'oeuf ! Simon Riaux tente de réhabiliter, l'air de rien, Prometheus et Covenant en noyant son papier (son torchon ? 🤣) au milieu de tous les articles de la xénographie. Nous ne sommes pas dupes !
Simon Riaux, seul devant l'éternel tente de réhabiliter les deux prequels qui ont tant fait hurler les fans de la saga. Avec son bâton de pèlerin, ses explications tiennent la route, me permettront de jeter un regard nouveau sur ces deux opus. Mais avant, il faudra, même après quelques années de visionnage, que mes yeux s'arrêtent de saigner et que mes zygomatiques arrêtent de se marrer... Pas gagné.



Sigourney Weaver : La belle de la bête, Guillemette Odicino
Guillemette crie son amour pour la star de cinéma. Une hagiographie de sa carrière dont j'aurai aimé un traitement plus biographique en complément.


Les Vaisseaux du 8e passager, Roland Lehoucq
Avant de parler du contenu, petit détour par le titre de l'article qui renverse le point de vue. Génial.
Quant au contenu, Roland fait son Lehoucq, c'est-à-dire pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, qu'il décortique ici les vaisseaux de la saga au prisme de notre science actuelle, voir d'hypothèses si cela est impossible actuellement. Une leçon de science qui permet de réviser, d'apprendre pour les non scientifiques quelques notions. Et comme d'habitude, c'est brillant.


Notes éparses sur « Alien », Léonard de Vinci et l'apocalypse, François Angelier
François Angelier nous parle de Giger, de biomécanique, de contraire et d'apocalypse. Sûrement pas compris la moitié de la pensée de l'auteur, mais de ce que j'ai compris, pense avoir compris, cela permet d'avoir une autre lecture de la saga.



De grossesse aberrante en parturition mystique, les trois premiers volets à du cycle d'Alien, impulsé par la vision noire de Giger, s'avèrent sans doute moins une saga de science-fiction qu'une méditation héretique sur l'accomplissement du Salut, la naissance du Sauveur ou comment y remédier. Un exercice de « sémioclastie », de jeu de massacre théologique, un combat à mort entre signes contraires.


Alien : Le début par la fin, Victor Bonnefoy
Victor Bonnefoy, son nom ne me dit rien, mais sa biographie dit qu'il est connu comme On the panda. Et justement j'avais lu la polémique sur Twitter il y a quelques mois. Bref, cela refroidi l'envie de se jeter sur ce texte... Bonne idée cependant, le point de vue d'un enfant des années 90 découvrant Alien par Prometheus !!!

En voyant cette illustration, j'imagine le xénomorphe faire crisser ses doigts
et s'amuser de la peur des hommes.
Comme jadis Freddy Krueger le faisait contre un tableau.
J'ai PEUR.


Alan Dean Foster : "Ma représentation mentale de Ripley n'a jamais été très claire", Nicolas Martin, Simon Riaux
Autant jouer franc jeu : il y a un an, je ne savais même pas que des novélisations du film existaient.
Et leur auteur n'est autre que Alan Dean Foster qui a l'air d'être Monsieur novélisations. Interview très enrichissante pour moi, j'ai adoré les réponses de l'auteur : franches !!! Ce qui m'a surpris, c'est que l'auteur a écrit les livres d'après les scénarios sans avoir vu une seule image ou esquisses des films. Pas forcément envie de les lire, sauf Alien covenant origin, un prequel à Covenant. Bien entendu, le monde étant comme il est, c'est le seul roman non traduit... Autre roman qui aurait était intéressant de lire c'est la suite de Prometheus, qui restera malheureusement dans la tête de l'auteur...


Alien et Predator : Chassés-croisés, Alexis Roux
Plus intéressant qu'une analyse des deux films, Alexis Roux nous parle surtout des liens entre les deux sagas. Et l'envie de regarder à nouveau Predator, film que j'ai vu il y a fort longtemps.


Alien Comics - La terreur en quadrichromie, Alex Nikolavitch
Alex Nikolavitch a la lourde charge de s'occuper des adaptations comics de la saga. Et elles sont nombreuses. Moins porté sur ce média, cette recension ne m'a pas donné envie de jeter un oeil sur certaines séries. Mais un article bien complet qui devrait ravir les fans de comics.


Dans l'espace, personne ne vous entendra jeter des dés, Bertrand Bonnet
Alien ayant été dérivé sur tous supports imaginables, place au jeu de rôle, qui est arrivé très tardivement sur les tables : 2019 !!! Bertrand Bonnet nous décortique le jeu de rôleen long et en large. Un joli aperçu du contenu de la boîte qui m'aurait presque donné envie de me faire une partie de jeu de rôle.


Trahir ou périr : Le dilemme des adaptations de l'univers Alien en jeu vidéo, Guillaume Baychelier
Alien a rapidement disséminé dans les jeux vidéo, dès 1982, avec la console Atari 2600. Guillaume Baychelier analyse les différents opus qui n'ont malheureusement jamais réussi à adapter l'ambiance du film. Plus que dans la licence, c'est surtout dans d'autres titres que l'horreur s'est infusée et inspirée. À ce jour, seul Isolation a su sortir du marasme et proposer une expérience ludique fidèle.


D'« Alien » à « Alien: Isolation » - Une expérience ciselée dans la continuité des films, Jehanne Rousseau
Jehanne Rousseau nous offre une partie de jeux vidéo et décortique les arcanes de cet opus qui a tant ravi les fans. Très déçu par cet article qui donne diablement envie d'y jouer : cependant, j'ai tenté l'aventure, mais la caméra subjective me donne la gerbe. Ou serait-ce tout simplement ce que l'on appelle la PEUR ? Si tu aimes les sensations fortes, coure y jouer.


Alien : Le visqueux en nous, Géraldine Mosna-Savoye
Excellent. Même si je ne suis pas féru de philo, l'autrice a su pour moi tirer la substanfique moelle de l'alien et du pourquoi il nous fait terriblement, foncièrement peur.

Vous avez trois heures...


Alien, l'esprit féminin de la ruche, Jeanne-A Debats
Jeanne-A Debats, féminisme, militantisme et avec un titre pareil, on se doute de ce que l'on va trouver. Et bien détrompe toi, voici un article très intéressant et complet sur l'esprit de ruche avec une belle approche historique en SF. Ainsi qu'un lien avec la place de la femme dans Alien. Alien féministe ? C'est bien mal connaître Jeanne A Debats...



Les Androïdes dans « Alien », un monstre peut en cacher un autre, Natasha Vas-Deyre
Et si les androïdes étaient plus monstrueux que l'alien ? Voilà l'interrogation de Natacha Vas-Deyre qui nous permet de comprendre un des sujets explorés dans la saga. Plus difficile d'accès, les clés données permettent de voir, si il en était encore besoin après tous les précédents articles de voir la richesse de la saga.


« Alien » anatomie de l'angoisse : Une exploration psychanalytique, Anthony Huart
Psychanalyse dans le titre, voici que je commence à faire moins le fier et lève les yeux d'avance sur le sempiternel aspect sexuel d'Alien. Et là, Anthony Huard prend le contre-pied... Me voilà ferré.
Donc Anthony fout l'alien (la saga, pas la bestiole, psychanalyste, pas super héros !) sur le divan. En ressort de son analyse que le sujet est l'angoisse. Oh, pas la petite angoisse, mais l'Angoisse avec un A majuscule, l'Angoisse primordiale de l'être. Donc pas de sexe, mais on parle de mamans tout de même.





« Alien » : entre dieu et diable, Fabrice Chemla
Après le divan, place aux Écritures de la religion et de la mythologie. L'alien fait son Malin, moi moins n'étant pas très porté sur le religieux. Mais l'auteur explore de nombreuses facettes intéressantes pour ma culture personnelle.


Ne fais pas le Malin, ou j'appelle Ripley !


Étude exobiologique des xénomorphes, Li Cam
Après avoir vu ce qu'il y avait dans la tête d'un alien, voyons ce qu'il a sous sa carapace.
Difficile de savoir, l'alien étant assez réfractaire à se prêter comme cobaye scientifique. Cependant les films donnent quelques indices et parfois leur contraire. Ce tour d'horizon est plaisant à lire, mettant en parallèle avec nos espèces et les comportements sur terre.


Dans la matrice de l'aliénation, personne ne vous entendra crier, Élise Thiébaut
Elise Thiébaut est en colère. Et je la comprends, elle s'est pris une "éjac' faciale" avec Alien ! Et lorsque l'on est colère, on dit ce que l'on a sur le cœur. Je ne sais pas trop où veut bien en venir Elise, e que je sais, c'est qu'elle en a gros. Et je suis plutôt d'accord avec elle  : on en a gros !


Le Vrai monstre est la machine capitaliste, Ariel Kirou
L'ultra gauchiste Ariel Kirou nous montre l'hypercapitalisme à l'oeuvre dans Alien, mais aussi dans d'autres oeuvres littéraires ou cinématographiques. Pour un film de 1979, offrir tant de prospectives qui se révèlent juste est un peu effarant.


Place aux textes littéraires maintenant :

La Bête et la belle, Chloé Delaume
Un poème pour commencer la partie consacrée aux auteurices de l'imaginaire.
Une variation sur la belle et la bête en mode gauchiste. Même si la poésie et moi font deux, j'ai trouvé cela plutôt pas mal goupillé.


Excellent


Alien nation, Catherine Dufour

Cette nouvelle vaut l'achat du bouquin à elle seule !





Aliénation, Jean Baret






Cet auteur réussira t'il à rendre courtois le xénomorphe ?



La petite ambassadrice, Grégoire Courtois





Ceux qui restent, Nicolas Martin

Qui fait le plus peur ?
Nicolas Martin
ou le xénomorphe ?


Très satisfait de ces nouvelles qui ont l'intérêt de ne pas copier l'univers d'alien, mais de le compléter. Toutes sont différentes et apportent des points de vue différents.

Et voilà, c'est fini, la dernière page est tournée de bien belle manière. Alien, la xénographie, c'est un indispensable dans ta bibliothèque.




 


 
 
 D'autres avis : 

Le troll va de ce pas revisionner l'ensemble de la saga (sauf les deux derniers, faut pas déconner !)
 

Les dinosaures de notre temps

novembre 28, 2022

Kenneth Lavocara, UGA éditions, 2021, 162 p., 13,50€ papier


Sans histoire, un fossile n'est qu'une pierre parmi d'autres


Présentation de l'éditeur :

Les dinosaures, disparus depuis longtemps peuvent-ils nous apprendre encore des choses sur notre avenir ? Oui, répond le paléontologue Kenneth Lacovara.
L’auteur tisse ensemble les histoires de notre éveil géologique, de la lutte épique de l’humanité pour comprendre la nature des temps profonds, la signification des fossiles et notre propre place sur le vaste et généreux arbre de la vie.Il nous entraîne dans un voyage dans le temps, à l’époque où les dinosaures régnaient sur la Terre pour découvrir comment ils ont réalisé des exploits sans précédent. Apprenez les secrets des paléontologues pour trouver des fossiles et explorez des questions originales mais profondes, telles que : un pingouin est-il un dinosaure ? les bras minuscules de T. rex sont-ils la clé de sa puissance et de sa férocité ?

 

Mon ressenti :


Petit test pour commencer


Réponse en fin de billet
 
 
 
 
Pourquoi le terme de dinosaure a t-il une connotation péjorative ?
En quelques pages, l'auteur nous démontre notre absurdité et que l'étude de notre passé éclaire notre futur, afin de tirer des leçons pour notre présent. Dès l'introduction, me voilà ferré...

Plus que les dinosaures, Kenneth Lavocara nous conte avec humour, pédagogie et vulgarisation l'histoire de la paléontologie. Qui est une discipline très récente alors que certains fossiles ont des millions d'années. Il répond aussi à la question de comment notre environnement influe notre façon de voir : la théorie de la terre jeune ne pouvait cohabiter avec l'existence de fossiles. Donc pas de fossiles, mais des cailloux. Et si fossile, la terre est beaucoup plus vieille. CQFD
La paléontologie est une histoire imbriquée - sans géologie pas de paléontologie ! - dont le livre nous raconte l'évolution avec deux Charles qui ont changé la vision du monde, littéralement : Lyell et Darwin pour la biologie.

Des cailloux, encore des cailloux. Ça m'énerve les cailloux !!!

Un livre qui se lit comme une friandise et l'image du dinosaure nous permet d'avoir un panorama des découvertes scientifiques au fil du temps. Pas chiant pour un sou, c'était ma plus grande crainte, je sors de cette lecture ravi et avec un peu plus d'espérances sur l'humanité. C'est rempli d'anecdotes, comme celle ci qui me reste en mémoire plusieurs mois après lecture : l'auteur invite une archéologue sur un site de fouille pour lui montrer le travail de paléontologue. La collègue ne voit que des cailloux, ce qui fait bien rire Kenneth, d'autant plus lorsqu'elle ramasse un "fossile" qui n'est en fait... qu'un caillou. Et là la collègue de rire: il s'agit en fait d'un morceau de hache ! On voit ce que l'on a appris à voir.

Aujourd'hui, nous sommes les maîtres des continents des mers. Notre espèce est tout sauf douce et déclenche un désastre environnemental d'une telle ampleur que l'on peut a juste titre le qualifier de sixième extinction. Nous réchauffons la planète, faisons fondre les glaciers et provoquons la hausse du niveau des mers. Le dioxyde de carbone que nous libérons dans l'atmosphère réagit avec l'eau salée et acidifie les océans, entraînant la mort des récifs de corail. Nous fauchons les forêts pluviales, comblons les zones humides et entraînons le dégel de la toundra. Nous empoisonnons notre environnement avec des pesticides, des métaux lourds et une mixture infernale de résidus pharmaceutiques. D'après une étude récente98, le taux d'extinction actuel est mille fois supérieur au taux naturel. Nous sommes l'astéroïde ! Et il est bon de rappeler que les dinosaures non aviens et les trois quarts de la vie sur Terre ne sont pas les seuls à avoir péri dans la cinquième extinction de masse : l'astéroïde a été détruit également.

 
Ce livre donne surtout une réponse à une question que tout être vivant a dû se poser un jour : que faire si un T-Rex veut faire de vous son repas ? Je vous laisse réfléchir, je mets la réponse en fin de billet.
Seul bémol, je trouve qu'il manque une iconographie car n'étant pas paléontologue, j'ai dû de nombreuses fois aller voir sur internet les œuvres dont parlait le livre.
 
Un immense merci à Alice Gallori, la traductrice, qui m'a envoyé un exemplaire, dédicacé qui plus est. J'aimerai bien vous toucher un mot sur son travail, mais je n'ai pas fait de lecture comparée VO/VF (de toute manière, vu mon niveau d'anglais...). Le seul truc que je puis dire : ça se lit tout seul, donc...



Réponse au test :

"Le mosasaure : pas un dinosaure. Les mosasaures étaient des lézards marins plus étroitement apparentés aux varans de Komodo qu'aux dinosaures. Comment pouvons-nous trancher la question ? Ils ne possèdent pas les traits anatomiques qui définissent les dinosaures. Le ptérosaure : pas un dinosaure. Les ptérosaures, qui comprennent les célèbres ptérodactyles, étaient des reptiles volants qui ont vécu en même temps que les dinosaures, mais ils n'étaient pas des dinosaures pour autant. Une fois de plus, leur anatomie n'est pas la bonne. Les ptérosaures sont très proches des dinosaures, mais ils descendent d'un ancêtre commun aux deux groupes, qui existait avant l'apparition des premiers dinosaures. Le crocodile : pas un dinosaure. Les crocodiles sont actuellement les parents les plus proches des dinosaures, mais ils ne sont pas des dinosaures. Ils ne passent pas le test de l'anatomie, eux non plus. Le bébé manchot tout mignon et duveteux : oui, c'est un dinosaure ! Les manchots, ainsi que tous les autres oiseaux, sont des dinosaures. Ils ne sont pas des parents proches des dinosaures, ils sont des dinosaures. C'est un choix binaire très simple : soit on est un dinosaure, soit on ne l'est pas; il n'y a pas d'entre-deux. Les dinosaures aviens, que nous appelons les oiseaux, possèdent ou ont eu des ancêtres qui possédaient tous les traits définissant les dinosaures. Les oiseaux sont des dinosaures au même titre que T rex, Stegosaurus et Dreadnoughtus."


Que faire si un T-Rex veut faire de vous son repas ?

"Les êtres humains sont relativement agiles et peuvent pivoter sur eux-mêmes en une fraction de seconde. Tyrannosaurus rex, par contre, devait avoir du mal à en faire de même. Une grande partie de la masse de son corps de 14 mètres était placée loin de son centre de gravité. Imaginez-vous essayant de pivoter alors que vous portez un poteau téléphonique sur vos épaules. La conservation du mouvement angulaire vous ralentirait considérablement. Donc, que faire si un T-rex vous poursuit et s'apprête à vous avaler comme un cookie bien fondant? Faites demi-tour! Je sais, l'idée de se retourner sur un Tyrannosaurus en pleine chasse est terrifiante et laisse franchement à désirer, mais cela reste votre meilleur espoir d'avoir la vie sauve. Je dois toutefois reconnaître que je serais le dernier à me porter volontaire pour mettre cette hypothèse à l'épreuve si l'occasion se présentait."

L'espace

décembre 03, 2020

Nicolas Martin, Matthieu Lefrançois, EPA éditions, 2020, 157p., 25€

Contributeurs : Carlo Rovelli (Préface), François Forget, Alain Riazuelo, Sandrine Codis, Hélène Courtois, Roland Lehoucq



L'espace, l'état des savoirs, et même plus encore...


Présentation de l'éditeur :


En 1957, au début de l'ère spatiale avec le lancement de Spoutnik, le Big Bang divise les astrophysiciens. Personne alors ne parle de matière noire, les trous noirs sont encore des objets hypothétiques et les exoplanètes sont, peu ou prou, un rêve de science-fiction. En 2100, que connaîtrons-nous de l'espace ? L'être humain aura-t-il posé le pied sur Mars ? Aurons-nous découvert des traces de vie ailleurs que sur Terre ? Pourrons-nous envoyer une sonde, voire une navette au-delà de notre système solaire ? Et l'installation sur une autre planète sera-t-elle possible ? En partant de l'histoire de l'astrophysique et de la cosmologie, Nicolas Martin et cinq astrophysiciennes et astrophysiciens décryptent cinq des grands enjeux de la recherche spatiale et dessinent le visage de l'univers de demain.

 

Mon ressenti :

L'espace, c'est grand. Et c'est surtout rempli de trucs divers et variés. Comme des planètes, des lunes, des trous noirs... Mais comment cela fonctionne t-il ? Comment est-on passé d'une Terre centre du monde à une Terre grain de poussière ? Voilà l'objet de ce livre.




On commence par une préface de Carlo Rovelli, une pointure dans la physique théorique. Et miracle, moi le petit lecteur de SF, je comprends ce qu'il dit. Tout sera de même tout au long de ce livre, accessible à celle et ceux qui sont intéressés par le sujet sans pour autant avoir les connaissances scientifiques idoines.
Il nous donne au cours de ses 5 parties une petite approche historique de la thématique, comment les paradigmes sont nés, ont été bousculés au cours du temps et l'explication des grandes découvertes récentes. Les auteurs auraient pu s'arrêter là mais ont décidé de franchir le pas de la prospective pour nous jeter dans l'avenir et nous proposer de possibles découvertes que laissent entrevoir les innovations récentes.

Le livre s'ouvre sur notre système solaire pour peu à peu nous emmener vers les super amas, la création de l'univers, pour revenir sur nos pas et nous renvoyer illico dans l'espace. J'ai beaucoup apprécié la partie sur les trous noirs : dès le démarrage, en deux petits paragraphes, je comprends enfin ce qu'est un trou noir. Et l'émerveillement se fait.

En astronomie, la vitesse de libération, aussi appelée «vitesse d'évasion», décrit la vitesse à laquelle un corps sans propulsion autonome doit être lancé pour échapper définitivement à l'attraction gravitationnelle d'un astre. Sur Terre, cette vitesse vaut un peu plus de 40 000 km/h. Cette notion s'explique naturellement à partir des équations de la gravitation formulées par Newton à la fin du XVIIe siècle.
À cette même époque, le consensus s'établit autour de l'idée que la lumière ne se déplace pas instantanément mais à une certaine vitesse, certes très grande mais qui reste finie, de l'ordre de centaines de milliers de kilomètres par seconde. À titre de comparaison, alors que la Terre met une année pour faire le tour du Soleil, il ne faut à la lumière qu'une cinquantaine de minutes pour parcourir la même distance. Elle met par conséquent un certain temps à parcourir la distance séparant deux points de l'espace. Or, si l'on considère que la lumière est soumise à la gravité comme n'importe quel corps, il est logique de conclure que, si un astre est suffisamment compact, sa vitesse de libération sera supérieure à la vitesse de la lumière et que cette dernière finira piégée dans son champ de gravitation, sans jamais pouvoir s'échapper. Aucune lumière émise par cet objet ne pouvant plus parvenir jusqu'à nous, nous aurions l'impression d'être face à un corps totalement invisible.


En creux, c'est la méthode scientifique qui se fait jour peu à peu, comment les théories ou l'observation, ont, par des coups de génie ou de hasards, abouti aux découvertes. La science chaque jour se confronte à la réalité et revoie sa copie si nécessaire, parfois avec bruit et fureur.


Mais toi qui écoute régulièrement la méthode scientifique, cela ne te sert à rien d'acheter le bouquin ? Et bien si, car dans les émissions, les sujets sont souvent sur un point précis d'une théorie, mais ici, nous avons un essai qui relie le microcosme et le macrocosme, c'est le Livre du Tout !
Accessible certes, mais aussi ardu par moment. Comme dans la partie sur le Big Bang qui met en jeu des théories bien peu assimilables par un chien tel que moi. Mais la partie qui suit sur la structure de l'univers, est beaucoup moins ardue et reprend les concepts évoqués auparavant. Tout dépendra donc de ton appétence pour les sujets. Et cela permet de mesurer l'évolution ou non de ton intelligence lors d'une relecture. 




Des clins d'oeil à la SF sont bien entendus de la partie et nous retrouvons quelques petites touches de légèreté. La partie sur la structure de l'univers m'a enchanté, rempli d'anecdotes sur la vision de la cosmogonie ou autres. Des étoiles plein les yeux, d'autant plus avec la belle iconographie.



Tout est il parfait ? Le chien critique serait il aveuglé par son amour de l'émission ?
Non, deux bémols. Si la majorité des livres sortent en noir sur fond blanc, c'est que c'est facile à lire. Les encarts sont sur un fond de couleur et rendent la lecture plus difficile pour mes yeux vieillissants.
Et j'aurai bien aimé un signet, comme l'objet est relié.


Je suis relativement étonné d'avoir apprécié ce livre car je ne suis pas trop essai, le blabla, très peu pour moi. Et au final, j'ai pris énormément de plaisir à le lire en quelques jours seulement, dans mon canapé voguant à travers l'univers, les trous noirs, les galaxies...
Et comme dans son émission, Nicolas Martin a tenté de respecter la parité dans le choix des contributeurs, un petit plus à saluer comme il se doit.
Et dernière chose : souvent, les auteurs n'osent pas dire qu'ils ne savent pas, mais pas ici. Si les connaissances scientifiques n'ont par permis de connaitre un point, c'est dit. Cela parait idiot mais cela m'a beaucoup plu.



Si tu veux en apprendre plus sur Nicolas Martin, il te dit tout (ou presque, nous avons oublié d'évoquer Gaston) sur son parcours et les coulisses de La méthode scientifique dans un entretien fleuve qu'il m'avait accordé en 2019 : La méthode scientifique : la science critique

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