Les coulisses du critique - Partie 2



Il y a un mois, je te donnais mes précieux conseils pour ouvrir ton blog et qu'il soit presque aussi bien que le mien. Tu as acheté ton nom de domaine, tu as trouvé ton hébergeur, choisi ta plateforme, ton template, bidouiller le code pour obtenir un blog magnifique graphiquement.
Mais, car il y a un mais, bloguer n'est pas qu'une sinécure. Alors avant de publier ton premier billet, je vais te dire pourquoi tu as dépensé du temps et de l'énergie dans le vide...
Il est temps de te dévoiler le côté sombre du blogging .

Les coulisses du critique - part 2 revient sur la toile, et il n'est pas content !

L'idée de cette suite au tag vient de Marie-Claude Rioux du blog Hop ! sous la couette qui avait envie de poursuivre son auto-psychanalyse de blogueuse.


Chronophage, le blogging ?

Tu bosses 10 heures par jour, tu as deux gosses en bas âge, tu adores partir en week end, tu es abonné à 2 clubs de sport ? Si tu n'as pas découvert le moyen d'arrêter le temps, tenir un blog risque d'être compliqué.
Moi qui glande à longueur de temps au boulot, délaisse ma famille et passe mon temps affaler sur le canapé, le blog m'oblige à m'assoir devant mon PC pour te dire pourquoi ce roman m'a plu ou déplu. Parfois, cela va vite, mais parfois, cela demande de se remuer les méninges. Et au lieu de lire, tu te creuses la tête pour dire ton ressenti sur ce livre lu il y a un mois. Bref, parler de tes lectures t'oblige à moins lire !
Et si seulement il n'y avait que ça...

Le rythme de publication

Un blog est un type de site web utilisé pour la publication périodique et régulière d'articles personnels.Wikipedia
Dans la définition, il y a deux termes importants : périodique et régulier. C'est le deal, sinon, ce n'est plus un blog, mais un site web.
J'ai adopté un rythme de deux billets par semaine, que j'arrive plus ou moins à tenir en alternant des avis sur des livres, revues, séries ou films. Mais pas facile de s'y tenir, l'envie n'est pas toujours à la rédaction, parfois ce sont les pannes de lecture, les autres loisirs qui prennent le dessus.
Depuis deux ans, je publie en moyenne deux billets par semaine. Soit deux cent articles. Chacun prenant entre une à deux heures à rédiger, j'ai perdu 300 heures de lecture, ce qui représente à peu près une quarantaine de romans !
Et si seulement il n'y avait que ça... .

Les demandes d'auteurs

Je t'avais parlé des SP, mais il y a aussi certains auteurs qui te contactent directement pour te demander si tu serais intéressé de lire sa prose. Mon blog étant assez confidentiel, je ne croule pas sous les demandes, mais je lis à droite à gauche que cela n'est pas qu'une partie de plaisir.
Le premier auteur (Southeast Jones pour ne pas le nommer) qui m'a contacté l'a fait avec gentillesse et courtoisie, après avoir, je pense, lu quelques uns de mes avis. Un mail respectueux dans lequel il se présentait lui et ses textes. Plus étrange - et pour tout dire tout à son honneur - il a même fait la pub pour d'autres auteurs qu'il apprécie ! Bref, un échange chaleureux qui m'a permis de découvrir deux auteurs à la belle plume.
J'ai reçu d'autres demandes plus étranges pour des livres qui ne sont clairement pas dans mes styles. Soyons clairs, ceux là n'ont pas pris la peine de lire ne serait ce qu'un seul de mes billets et leur mail a tout l'air d'être du publipostage. Pas de suite pour ces demandes...
Je ne suis pas encore fait engueuler par des auteurs, d'autres blogueurs ont subi certaines de leurs colères, bloguer, ce n'est pas toujours une partie de plaisir.
Et si seulement il n'y avait que ça...


La gestion des commentaires

Tu blogues tranquillement dans ton coin, sans demander rien à personne, jusqu'au jour où tu reçois un mail de ton hébergeur t'avertissant qu'une personne a laissé un commentaire sur ton blog. Stupeur, ce n'est même pas du spam, mais un humain qui se cache derrière un pseudo. Tu prends alors conscience que tes billets ne sont pas lus que par les robots de Google, Yahoo et consort. Bref, la gloire est au rendez vous, tu te vois comme une futur star d'internet. Puis vient le deuxième commentaire, et le troisième...
C’est bien beau tous ces messages, mais il faut leur répondre, et ça prend aussi du temps. En outre, tu t’aperçois que certains tiennent aussi un blog. Alors la moindre des choses,  c'est d'aller voir leur tanière et de laisser un petit commentaire.
Tu découvres dès lors plusieurs choses :
- ton blog n'est qu'une infime portion de l'univers de la toile. Tu croyais faire partie des quatre cinq blogs de ton domaine de lecture, et tu te retrouves en plein désespoir : tu n'es qu'une petite merde parmi tant d'autres. Très bon pour l'humilité, moins pour ton égo surdimensionné.
- que cela devient très vite chronophage, tu suis de plus en plus de blogs, tu commentes de temps en temps, ta liste de future lecture augmente sans arrêt. Et tu t’aperçois que tu ne pourras jamais tout lire, que tu n'es qu'un misérable vermisseau qui crèvera sans avoir pu lire ce roman qui te faisait envie. La vie est trop courte, la camarde t'attend.
- certains commentaient régulièrement ton blog, et un jour plus rien. Et au hasard de tes surfs, la personne continue de commenter chez ton voisin. Est ce que je ne suis plus le blog tant adulé ? Ai-je écrit une chose qui a déplut ? Bref, le doute. Et tu te rends compte que toi aussi il t'arrive de ne pas commenter pour diverses raisons. Cela te rassure, mais ce n'est toujours pas bon pour ton égo surdimensionné.
- Tu as commenté sur un autre blog, et au bout de un jour, puis deux, puis trois, toujours pas de réponses ! Ou pire, c'est le seul commentaire qui n'a pas reçu de réponses ! Là non plus ce n'est pas bon pour ton égo !

Résultat  : plus tu es commenté, plus tu commentes et moins tu lis. Mais c'est toujours un plaisir de voir des commentaires en fin de billet.
Pour le moment, je suis dans une phase creuse, je commente chez mes collègues les seuls billets qui me donnent envie ou pour le plaisir de raconter une connerie. Commenter prend du temps, il faut lire attentivement les chroniques, il faut faire des choix.
Et si seulement il n'y avait que ça...


Les statistiques

J'ai commencé ce blog à cause de Babelio. Ayant mis mes avis sur ce réseau littéraire, je me suis dit que je n'étais pas à l'abri d'une disparition de ce site et l'idée était d'en garder une trace au cas où. L'idée du blog est venu de là, une simple sauvegarde en ligne.
Sans pub, sans facebook, mais grâce à quelques éditeurs (Le Bélial surtout) qui ont relayé certains de mes billets, mon blog s'est fait connaitre de quelques aficionados. Certains blogs m'ont mis dans leur blogroll.
De fil en aiguille, on jette un oeil aux stats, d'abord distraitement, puis de manière plus attentive.
Premier constat : ce n'est jamais les billets dont je suis le plus content qui trustent les sommets !
Deuxième constat : lorsque je dis des conneries plus grandes que moi, cela fonctionne !!!
Conclusion : on vient surtout ici pour mon côté atypique.

Je n'ai jamais communiqué sur mes stats. A cela plusieurs raisons :
1. qu'est ce que t'en a à foutre ? Si tu viens me lire, est ce seulement pour te dire que tu fais comme tout le monde, ou au contraire que tu connais un site hyper-confidentiel so hype ?
2. la plateforme : je parle ici de Blogger. Blogger, c'est Google. Google, lui ce qu'il veut, c'est du contenu pour mettre sa pub et faire de l'argent. Te faire mousser est l'une de ses stratégies pour que tu continues à pondre du contenu, à créer d'autres blogs. Tu es un panneau d'affichage sur le bord de la toile. Alors les stats Blogger sont à l'avenant inouïes, vertigineuses.
3. le template : j'ai changé il y a un an la présentation de mon blog. Depuis, les stats ont explosé. la première présentation était binaire, la seconde a plein de gadgets, ceci expliquant cela.
4. Il y a aussi les visiteurs fantômes, les robots, les réponses au commentaire. Tu as 20 commentaires, 20 vues, puis les réponses, 20 vues supplémentaires, sans compter les autres visiteurs qui ont commenté et vont voir les autres commentaires...
J'ai installé google analytics, beaucoup plus précis (mais jusqu'où ???) et mes milliers de visiteurs se sont vites transformés en dizaine... Pour ton égo, choisi Blogger comme plateforme et n'installe pas google analytics, trop humble. 
Et si seulement il n'y avait que ça...

L'attrait de la nouveauté.

Un blog, c'est chroniquer l'actualité, les sorties littéraires. Chacun y va de son "Révolutionnaire" "Réjouissant" "Époustouflant" "A lire de toute urgence" "Indispensable" et autres joyeusetés. 
J'ai lu il y a quelques temps un bifrost de 10 ans d'âge. je ne peux que faire le constat d'un certain anonymat de ces sorties exceptionnelles qui révolutionnent le genre. La machine marketing fonctionne bien.
Pour ma part, j'ai eu de cruelles déceptions avec "Le livre de la décennie" et préfère regarder de loin le train passer. Quelques exceptions ici ou là, surtout pour les auteurs qui me sont chers. Les vieilleries recèlent quelques pépites qui me fournissent pas mal de joie.
Et si seulement il n'y avait que ça...


Tu voudrais-tu venir jouer dans ma cour ?

La rançon du succès de ton blog, c'est que tout le monde veut t'avoir dans son "catalogue". des blogueurs ont vu leur billets se transformer en livre, certains collaborent à tout va.
Pour ma part, j'ai fait une tentative de collaboration avec le webzine Futurs présents. Je faisais une sélection hebdomadaire des programmes radio télé en lien avec la SFFF. Cela s'appelait Ondes Futures. Quelques retours enthousiastes pour des statistiques très confidentielles. Au vue du temps passé à faire cette sélection... Donc pas sûr qu'Ondes Futures reviennent sur la toile, il faudrait que je trouve un outil de curation simple et fonctionnel pour m'éviter une mise en page laborieuse.
Quand à faire venir d'autres personnes dans ma cour, l'occasion ne s’est jamais présenté. Et je doute de la valeur ajoutée que mon blog puisse apporter.
Et si seulement il n'y avait que ça...

Stop ou encore ?

Après deux ans d'existence, le blog m'amuse encore mais je suis beaucoup plus souple dans mon rythme de publication : si j'ai des choses à dire, je fais un billet, sinon cela attendra. Si garder à tout prix le rythme se fait au détriment du contenu et du plaisir, cela n'en vaut pas la peine. Tant pis pour les stats, je resterai un blog confidentiel suivi par quelques personnes et cela me convient très bien.
Bref, vous allez encore devoir me supporter quelques temps...



Futur blogueur, si j'ai un conseil à te donner, c'est de rester un quidam anonyme qui peut lire de tout son soûl et ne pas s'emmerder avec la tenue d'un blog.
Et puis, soyons honnête, pourquoi ouvrir un blog alors que je te dis quoi lire et quoi regarder !


Je ne tagues personne, qui veut s'amuser à répondre prenne plaisir à le faire. Je serais cependant content que ceux qui ont joué le jeu lors du premier tag donnent leur point de vue sur le côté obscur du blog.

Je vous renvoie à l'épisode 1 pour découvrir en fin de billets les réponses de certains blogueurs. Pour l'épisode 3, rien de prévu, mais la licence est libre, alors qui sait...

J'ai remarqué ces blogs qui ont répondu à l'épisode 2 :
Hop ! sous la couette
Miscellanées
The autist reading
Cunéipage 
Nevertwhere


46 commentaires:

  1. Tiens, un commentaire auquel tu devras répondre (ou pas, mais ça voudra dire que tu t'en fous de mon amour propre !!!)

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    1. T'as pas un gosse à t'occuper plutôt que d'emmerder les blogueurs sérieux ?
      Je réponds juste pour ton amour propre, mais c'est pas du joli joli !

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    2. J'en ai même deux mais je te réponds quand même. Car scoop : ils ont aussi un père. Et j'ai internet au boulot. Les blogueurs c'est rien que des feignasses.

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    3. Ben voilà, encore une fonctionnaire qui utilise les moyens mis à disposition par la collectivité et son temps de travail pour l'utiliser à des fins personnels. Vive Macron

      Sans compter l'utilisation abusive du mâle pour s'occuper de ses gosses alors que c'est clairement une compétence féminine !

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  2. Les blogs c'est le mal, mais tu le fais bien !

    Et pour Futurs Présents, hélas, on n'a pas dû savoir trouver notre public :/

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    1. Merci Xapur.
      Pour Futurs Présents, tu as au moins essayé, et cela fait de l'expérience. Alors qui sait...

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  3. Bon j'avoue, je n'ai pas lu ton bavardage mais je suis entièrement d'accord avec toi.

    Allez, je retourne à ma vie... Bah oui, je n'ai que ça !

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    1. Je n'en attendais pas moins de toi !
      Une bonne et longue vie, comme on dit

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  4. Et si seulement il n'y avait que ça...
    Les commentaires, c'est pour moi le nerf de la guerre, le juste milieu entre passer 35 heures par semaine pour être connu/populaire/influent et n'être lu par personne. Un commentaire ça faire toujours plaisir et ça donne un peu de sens à l'écriture/la lecture : ça crée du lien quoi. Certes ça peut prendre un peu de temps, mais ce n'est pas non plus extraordinaire si on parvient à le faire régulièrement. Le plus dur reste, parfois, de trouver quelque chose à dire (ce qui me rappelle avoir eu une conversation quasi identique avec Tigger Lilly, et où elle me proposait de faire un article pour apprendre à poster un commentaire. =P).
    Pour le reste, pas grand chose à rajouter, je suis d'accord avec la plupart de ce que tu dis. Une règle : que cela reste un plaisir. À moins de vouloir dominer la blogosphère bien sûr.
    En tout cas, je te félicite d'avoir trouver une belle manière d'avoir des vues et des commentaires, je sens qu'on ne va pas trop attendre avant la partie 3. =P

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    1. Je crois que je vais arrêter de lire et me spécialiser dans les tags, si c'est ce que veut le public ! Et j'attends avec impatience ton billet sur comment rédiger un commentaire.
      Pour la partie 3, rien de prévu pour l'instant.

      Pour les commentaires, tu as parfaitement raison, cela permet de savoir que notre blog intéresse au moins quelques personnes, ce qui est bien suffisant pour nombre de blogueurs.

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    2. Oui, il sort quand d'ailleurs ce billet ?

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    3. Promis, si jamais un jour j'arrive à faire un truc amusant, je le publie. =P

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  5. Bon. Je me sens clairement obliger de contribuer car le sujet m'interpelle. Je te rejoins sur énormément de considérations et notamment sur le fait, qu'en tant que jeune bloger, il faille se poser vraiment la question de l'intérêt de tenir un blog. Personnellement, ça a tenu 6 mois mais parceque je me suis pas posé forcément les bonnes questions au départ. Je me voyais tout révolutionner et puis la vie fait, qu'au final, tu te rends compte qu'il n'est pas humainement possible de tenir le rythme. Alors ok c'est bien beau d'aller voir les blogs a droite à gauche mais l'ambition est toujours la même : on veut du volume sur son propre blog.
    Au delà de ça, pardon de le dire mais, un blog de littérature SF tout le monde s'en fout ou presque. Les seuls qui sont touchés sont une minorité, on est dans un phénomène de niche. Et qu'on vienne pas me dire qu'on tient un blog pour faire découvrir les littératures de l'imaginaire aux néophytes, qui peut sérieusement croire que les lecteurs de littérature dite "blanche" aurait besoin de lire un blog de SF pour être convaincu de franchir le pas ?!
    Bref tout ça pour dire qu'il faut se poser les bonnes questions avant d'entamer sérieusement une activité de bloging. Soit on a du temps à perdre et pourquoi pas sinon c'est voué à l'échec.. autant rester un lecteur et pas s'emmerder à publier quoi que ce soit.
    Et sur " l'interaction" entre bloger on reste sur quelque chose de purement artificiel qui ne mérite pas tant d'efforts. Il faut bien comprendre qu'il n'est pas dans l'intérêt de "l'establishment" du bloging d'accompagner les nouveaux venus car ils sont potentiellement source de concurrence à court ou moyen terme.
    Bref, je reste très amer en rapport à ma (courte) expérience mais si je devais donner un conseil à quiconque voudrait se lancer là dedans : fuyez pauvres fous.

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    1. Je suis content que tu viennes commenter, je me posais des questions sur ton blog, surtout que lorsque je rédigeais un commentaire à ton dernier billet, lorsque je l'ai envoyé, j'ai eu une belle page 404. Je me suis dit, il y en a un qui va m'engueuler ! Et puis le jour d'après, le lendemain, le surlendemain, toujours pas de "réparation" et j'ai pensé que cela n'était pas un problème technique ! Je ne connais pas les raisons de ce fait, ce que j'en lis entre les lignes est assez amer et triste...
      Pour ma part, j'ai commencé le bloging sans vouloir tout chambouler, je n'avais pas d'attente particulière, donc cela n'a été que du plus. Je me considère toujours comme un petit nouveau, et commence juste à percer à découvrir le fandom SFFF. Je regarde cela de loin, ce n'est pas ce qui m'intéresse. Je reste à l'ombre des grands blogueurs et j'ai beaucoup de recul sur notre visibilité. Après tout, cela n'est que littérature, de genre de surcroit. Comme tu le dis, nous sommes lus par les amateurs du genre, c'est tout, pas de quoi fouetter un chat !

      En tout cas, moi, j'ai été et je suis très content, sincèrement, d'avoir fait ta connaissance.

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    2. Hey mais moi je me suis fait des copains et on se marre bien aux Utopiales :D

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    3. Normal que vous vous marrez aux Utos, vu les gueules des affiches.
      Je me doutais bien au vus de l'apparence de l'oréo qu'ils avaient mis des substances prohibées à l'intérieur.

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  6. Mais heureusement qu'il n'y a pas que ça, sinon tout le monde bloguerait et personne n'aurait le temps de lire les blogs :)

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    1. Les blogueurs regardent les blogueurs,
      Les blogueurs commentent les blogueurs,
      Où sont les lecteurs ?
      Alors, on danse !

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  7. « Je vais te dire pourquoi tu as dépensé du temps et de l'énergie dans le vide...
    Il est temps de te dévoiler le côté sombre du blogging. », dis-tu.

    Permets-moi d’écrire en quoi tenir un blog n’est pas une dépense d'énergie inutile. Au contraire.

    Le blog de critiques (dites créatives) c’est d’abord une manière de poursuivre une conversation entamée avec un.e ou des auteur.e.s (de roman, de film, BD, série Tv, etc.), quand bien même celui-ci ou celle-là ne lirait pas les critiques qui y sont publiées, en disant ce qu’on pense de son travail.
    Et pour ce faire, plutôt que d’envisager la critique comme elle l’est très souvent, utile et pragmatique, à tel point qu’on y utilise parfois des notations ou des étoiles, considérons-la de manière littéraire.
    Autrement dit, il y a un nécessaire travail d’écriture dans ma manière d'envisager le produit d'un tel blog.

    Lequel passe donc par le vocabulaire, le style, les effets, etc.. Et contre toute attente, la narration.
    Au point que la critique peut, elle aussi, parfois, devenir une fiction.
    N’est-ce pas d’ailleurs, le meilleur moyen de parler d’une fiction qu’au travers d’une autre fiction !? Un façon de se faire auteur à bas bruit.

    Elle ne doit pas faire non plus l’économie d’une perspective, laquelle permet en outre de parler du contenu sans en faire forcément un résumé. Rien de plus rebutant en effet, que de découvrir tout ce qui fait le sel de ce qu’on s’apprête peut-être à lire ou à voir, en en lisant la critique.

    Ce point de vue donc, peut apporter une plus-value en accouchant de quelque chose que l’auteur n’a pas forcément mis de manière volontaire dans sa création, mais qui fait sens (au moins pour celui qui en parle). Ou qu'il a décidé de cacher.
    Ainsi le critique a-t-il tout intérêt à se creuser les méninges pour accoucher de sa critique.

    Outre l’aspect esthétique, littéraire, de la critique, passer par un blog, à l’époque du capitalisme de consommation, donne l’occasion de lui faire un pied-de-nez. Tout en instaurant une sorte de deadline, d'éviter la procrastination. car comme tu l'as dit un blog nécessite un certain rythme de publication.

    Au cœur d’une société dont même les loisirs sont tarifés, quoi de plus révolutionnaire que de proposer quelque chose de gratuit sans espérance de contreparties !?
    Le fin du fin est bien entendu d’opérer sous pseudonyme, croche-patte à la « selfisation » du monde.
    Certes cet acte gratuit passe par un refus des « services de presse », adjuvant indispensable à la critique institutionnelle, ou par des liens marchand vers des plateformes de VPC. Et l’absence de publicités.

    Comme on le voit, le blog de critiques créatives peut être une sorte de retrait du monde marchant, un moment de contemplation, une sorte de politesse qu’on rend à quelqu’un avec qui on a passé un bon moment. Une manière de ralentir, en réfléchissant que ce qu'on fait.
    Ou pourquoi pas, mais ce n’est pas vraiment mon créneau, avec quelqu’un avec qui on a passé un mauvais moment. Une manière tout aussi productive à condition d’y contrôler ses pulsions. Un contrôle qui relève d’ailleurs aussi de la politique dans une société occidentale toute versée dans l’assouvissement de ses propres pulsions, au détriment de l’Autre (avec une majuscule).

    En définitive le blog est quasi une agora philosophique, un terrain d’entrainement politique anti-libéral, une manière d’être au monde. Chapeautée par une esthétique.
    C’est aussi l’occasion de nouer des sympathies 2.0, en lisant d’autres blogs et en commentant, parfois, leurs billets.

    [-_ô]

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    1. Pour ma part, au vue de mes capacités littéraires, je reste dans le pragmatique, mais en y mettant souvent une touche de provocation qui appelle parfois à réaction. Ce qui m’amène à la suite de ton commentaire.

      Je n’avais jamais envisagé, du moins consciemment, le blog comme finalité politique, mais j’avoue que ta vision est enchanteresse. De ce que tu dis, j’y vois derrière le fantôme de l’éducation populaire, donc politique, permettant aux lecteurs de s’approprier l’espace numérique, et public. L’éducation populaire est malheureusement agonisante, même si ça et là on peut distinguer quelques soubresauts.

      Bien que je partage nombre de points que tu soulèves, je ne peux cependant m’empêcher de voir le fossé entre vision politique et réalité. Je suis d’un naturel désabusé, je ne pense pas que les quelques poches de résistance ici ou là puissent changer la donne. Pire, je ne suis pas sûr que le peuple, au sens noble, veule du changement, si ce n’est dans un mode encore plus individualiste. Vaste débat…

      Je comprends mieux le positionnement de ton blog désormais, une poétique engagée pour un futur dégagé.

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    2. Au sujet de l'aspect littéraire, il est bien évident que chacun fait en fonction des ses propres moyens. Lesquels soit dit en passant ne pourront que progresser.
      Pour l'aspect politique il est tout aussi évident que ce n'est pas un blog, qui risque que changer la dévotion que voue la société occidentale au dieu Mammon.

      Reste qu'on peut tenter de faire quelque chose en dehors du Marché (alors que la critique passe par ledit Marché), en en contournant les règles, et en essayant de ne pas participer au nivellement culturel ambiant. Alors même que les sujets des critiques sont issus de la culture de masse.

      Bref, une manière de passer de la théorie à la pratique en étant bien conscient de ce qu'elle a de dérisoire et d'inutile.

      Mais on peut aussi voir les choses autrement, chacun étant bien sûr libre d'inventer son propre blog.
      [-_ô]

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    3. J'aime bien ta philosophie du blog, avec le pas de côté pour tenter d'éviter une récupération par l'idéologie libérale.
      Et comme tu dis, des petites touches par ici ou par là-bas, qui peuvent si nous sommes nombreux, faire évoluer les choses.

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    4. Je ne veux pas semer la zizanie ou lancer de grands débats, mais je me sens tout de même obligé de réagir à une chose.
      Tu parles, Artemus Dada, de se libérer du capitalisme et de la société de consommation, de ne pas suivre la marche imposée du monde donc, et pourtant tu prônes la vertu des échéances et du rythme ("Tout en instaurant une sorte de deadline, d'éviter la procrastination"). Cette contradiction m'interpelle, car ce rappel aux notions de productivité est un pur produit du capitalisme et de la société de consommation, où tout instant doit être "utile" et servir la hausse des PIB...

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    5. Désolé j'avais loupé ta remarque.

      Eh bien tu peux en effet le voir comme cela, toutefois la production d'une critique libre & gratuite, quand bien même répond-elle à un souci de productivité (ce que je ne dis ni ne pense, je parle de contrarier une nonchalance "naturelle" par l'imposition auto-consentie de "délais") contourne quand même la marchandisation du fait même de sa gratuité. Quand à son utilité, si mes critiques en ont indéniablement une pour moi (que je n'exposerai pas ici pour le coup), je doute qu'elles en aient beaucoup pour les autres. D'autre part, leur "construction", échappe (sauf humour) à un classement ou une notation.

      Mais le propre du capitalisme de consommation étant la récupération a tout craint, il ne serait pas étonnant d'être récupéré.

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    6. Oups, je voulais dire "à tout crin" (lapsus révélateur).

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  8. Intéressant, du coup comme j'ai un billet en préparation sur ton épisode 1 je vais sûrement faire le 2 aussi ^^
    Mais je trouve que tu as bien résumé le drama du blogueur qui a tellement envie de lire mais qui au final passe son temps à commenter, écrire, mettre en page et cie...
    Et j'espère que tu trouveras une formule plus simple pour Ondes futures, j'aimais bien le concept personnellement et je les lisais tous même si je trouvais pas toujours une connerie à dire en commentaire ^^.

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    1. En plus, en sachant qu'il y a un épisode 2, tu vas pouvoir répondre en évitant les redites. Je surveille tes prochains billets donc.
      Pour Ondes futures, je suis sûr que l'outil existe, reste à le trouver, c'est cela qui va être long et difficile.

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  9. Haha je viens de lire dans l'épisode 1 --> Évasion Imaginaire, il s'en bat les couilles ! xD J'en ris encore :')
    Bon bah ça se fait que je dois répondre au côté obscur du Blog. Mmh. On va essayer de faire ça pour fin du mois ou début août en fonction du temps que j'ai. Mais encore une fois, avoir la vision de qqun qui est dans le circuit depuis un bon moment déjà c'est intéressant, et mettre en avant les mauvais côtés est aussi important que de montrer les bons.
    Quant à Alterran qui est parti, je suis genre super triste, on avait commencé presque en même temps et ça avait plutôt bien accroché mais voilà, il a ses raisons :(
    Bon, l'ami quadrupède, à bientôt pour la suite du TAG !

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    1. Je n'ai fait que te citer !
      Deux ans d'existence, mais je me sens toujours comme un petit jeune, donc il faut prendre mes avis avec légèreté et pas comme une marche à suivre.
      Et rien ne presse pour répondre, un seul mot d'ordre : le plaisir !
      Pour Alterran, cela m'a paru brusque, mais je respecte son choix. Peut être qu'il nous reviendra dans quelques mois

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  10. Il est 22h22 mais regarde bien l'heure affichée sur le commentaire...

    Nous vivons dans une dimension parallèle ou alors le chien a déménagé ?

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    1. Ben il indique 22h23, soit tu es en avance, soit je suis en retard !
      Le chien n'a pas déménagé, c'est google qui s'amuse à changer mon fuseau horaire sans rien me demander. Problème réparé, jusqu'à la prochaine taquinerie de Google.

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    2. J'ai toujours été en avance sur mon temps ! :-p

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  11. Super comme épisode 2 ! Je crois que j'ai du rater la définition avec "régularité moi, et je cours après le temps pour répondre aux commentaires !

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    1. Il y a toujours une différence entre la théorie et la pratique, on fait ce qu'on peut, on est pas des machines !
      J'avais pas vu passer tes réponses au premier épisode, je rajoute ton lien sur le billet. Et pour l'épisode 2 ?

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    2. Absolument pour les machines ! Et oui je vais tenter la partie 2 mais un peu plus tard ;)

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  12. Très intéressant ce côté obscur. Plus je lis les blogs, plus j'ai l'impression qu'on a tous un peu les mêmes problèmes, notamment le manque de temps et un rapport parfois conflictuel ou compliqué avec les statistiques. Ensuite, je suis très positive sur le blogging, je recommande absolument: rédiger des billets a affiné ma propre expérience de lecture et lire les billets des autres a élargi mes horizons, sans compter que j'ai maintenant une trace de ce que je lis... Si je n'avais pas blogué les sept dernières années, j'aurais lu deux fois plus mais j'aurais retenu deux fois moins. :D

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    1. J'ai remarqué aussi depuis que je chronique mes lectures une plus grande réflexion sur le contenu. Cela permet de prendre un peu de recul, de s'interroger sur les thématiques du livre, et comme tu le dis, on en garde une trace plus importante.

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  13. tu as bien raison. C'est ce que je fais ces derniers temps, avec trop de boulot. J'avais le choix tenter de maintenir un rythme de publication régulier sur mon blog ou laisser filer au grée de on humeur et du temps dont je disposais. Tu as vu : le premier choix j'aurais vécu cela comme une contrainte, alors que pour la 2° option, j'ai laissé parler l'envie et le plaisir de bloguer. AU diable les stats! vive le bloging plaisir!

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    1. On se met trop la pression parfois, il faut savoir garder le rythme plaisir. Et pour ton retour, tu nous a concocté de belles chroniques.
      Vive le slow-bloging

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  14. Et hop, la partie II est rédigée... elle sera en ligne cet automne, na !!!

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    1. 30 secondes pour répondre au Tag, 2 mois pour la publication

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  15. Il est excellent ton Tag! Je me suis bien amusée à lire tes réponses!

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    1. Merci. Je n'ai pas vu de réponses à ce tag sur ton blog. Et je serais curieux de lire ton opinion sur ces questions. En plus, tu es une légende me dit ton dernier billet.

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    2. Et ben voilà, tu les as eu! Je ferai la deuxième partie un peu plus tard (fin du mois d’août, si je n’oublie pas!). Une légende, moi? Meuh non, juste une fée qui pour vivre heureuse, vit cachée! :-P

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  16. Je dois être maso. En plus de lire ton billet, de le commenter - deux fois - j'ai lu tous les commentaires XD
    Très intéressant feedback sur la dure condition de blogueur.
    Mes réponses dans 2 semaines (je spoile un peu : ma régularité c'est une billet par semaine, celui de la semaine prochaine est déjà prévu alors ce sera pour la semaine d'après :p).
    Sinon juste sur les stats : en fait ça intéresse vachement les lecteurs/lectrices. Je suis de celles qui les exposent sans honte et ce sont des billets qui sont toujours très commentés, avec pas mal de vues (proportionnellement). Un peu comme les tags ou les bilans ^^

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