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L’agneau égorgera le lion

mai 14, 2025

 

Margaret Killjoy, Argyll éditions, 2024, 128 p., 6€ epub sans DRM


J'avoue que j'aurais peut-être préféré que l'agneau soit en fait un mouton… Ça aurait totalement changé la donne, non ?

Pitch de l'éditeur :

Après des années passées sur la route, Danielle Cain débarque à Freedom, une ville de l’Iowa squattée par des anarchistes, à la recherche d’indices sur le suicide soudain de son meilleur ami.
Sur place, l’ambiance a tourné à l’aigre depuis que les habitants ont invoqué un esprit protecteur, un cerf rouge sang à trois bois. À la fois juge et bourreau, l’animal commence à se retourner contre ses invocateurs.
Danielle espérait élucider les circonstances d’une mort mystérieuse, mais c’est peut-être bien tout une communauté anarchiste qu’elle devra sauver !

Mon ressenti :

L’agneau égorgera le lion est un court roman d’une centaine de pages. On y découvre, à travers les yeux de Danielle, une bourgade reculée, autoproclamée commune libre, où l’autogestion se dévoile en filigrane, sur fond d’enquête teintée de fantastique. La lecture est sympathique, mais j’en ressors avec un sentiment mitigé : le format court nuit, selon moi, à la profondeur du récit.

Les personnages m’ont semblé trop peu fouillés, parfois réduits à des rôles presque caricaturaux. Mis à part Danielle, à laquelle on pourrait s’identifier, les autres habitants de Freedom n’ont guère plus qu’un prénom et une fonction (gentil/méchant). Cela limite l’attachement, et donne l’impression de survoler la communauté, là où j’aurais aimé plonger dans ses contradictions et ses espoirs.

Côté crédibilité, certaines ellipses m’ont déstabilisé : Danielle comprend parfois en quelques heures ce qui aurait pu demander des jours, et le « combat final » laisse des zones d’ombre, notamment sur le rôle des forces de l’ordre... Cette histoire sympathique reste en surface. Peut-être est-ce le format qui veut ça, mais j’ai eu la sensation d’un trop-plein d’idées dans un espace trop restreint. Certes, on pourra me dire qu’il s’agit du premier tome d’une série (ce qui n’est pas clairement indiqué), mais si j’achète un one shot, j’attends une histoire bouclée et aboutie – même si, à la décharge du livre, l’intrigue principale trouve tout de même sa conclusion.

Je ne suis sans doute pas le cœur de cible de cet « urban fantasy » libertaire. J’avais choisi ce livre pour son ambiance anarchiste : elle est bien là, et l’autrice sait la rendre presque vivante, mais malheureusement les aventures ne semblent pas crédibles (cela aurait pu faire un bon épisode de Scoobidoo). J’aurais voulu plus : plus de chair autour des personnages, plus de gourmandise, plus de moyens de m’immerger dans cette utopie. Bref, le même ressenti lors de ma précédente lecture de l'autrice avec son Un pays de fantômes. Il y a cependant quelques réussites : ce cerf rouge qui juge et exécute les habitants, donne une originalité. La parabole sur le pouvoir et la dérive des utopies est bien vue, et l’ambiance fonctionne. Sans compter la très belle couverture.

Et les gens qui ne sont rien

octobre 19, 2023

 

Christophe Nicolas, Argyll éditions, 2023, 320 p., 11€ epub sans DRM



Encore un épisode cévenol...


Pitch de l'éditeur :

« Au secours ! Mon mari va me tuer ! Venez, vite ! »
Lorsque les gendarmes débarquent sur place, Emma Coulon git inconsciente près de son mari, le visage tuméfié.
L’affaire paraît simple – un adultère suivi de violences conjugales – et pourrait être bouclée dans l’heure, si le présumé coupable, Michaël Coulon, n’était pas le principal employeur de la région. Très vite, le maire et le procureur font pression sur l’adjudant Gerardin, fraîchement nommé à la brigade de Génolhac, petit village des Cévennes serré au milieu des collines. Peu importe si l’épouse est dans le coma, peu importe si l’amant demeure introuvable, Coulon doit être libéré sur-le-champ.
Mais Gerardin ne se laissera pas intimider, son passé l’en empêche. Il est décidé à coincer le coupable quoi qu’il lui en coûte.

Mon ressenti :

Un mari jaloux, une femme dans le coma, un possible adultère et la disparition étrange de l'amant. Le mari, coupable idéal, fait partie de la haute société locale.
Bref, un pitch classique dont le début se lit sans déplaisir malgré un style assez simple. Puis peu à peu, les apparences du meurtre cousu de fil blanc commencent à se lézarder et l'auteur relance régulièrement l'intrigue et l'intérêt.

Lu en deux jours, c'est un polar honnête, mais sans relief particulier. Roman "social" (J'avais vu une interview de l'auteur (je crois) qui mettait en avant ce côté et c'est pourquoi je l'ai lu.), c'est ici que je trouve que cela pêche. Pour montrer l'injustice entre les riches et les puissants, c'est grâce un protagoniste qui monologue un peu trop sur les inégalités, bref cela arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. Le fameux show don't tell.
Autre écueil, je n'ai pas réussi à m'attacher à un seul personnage, qui manquent pour moi d'épaisseur. En outre, l'inspecteur est hanté par son passé dont l'enquête fait ressurgir les stigmates : un passage un peu trop obligé qui n'ajoute à mon sens rien à l'intrigue. Les notables sont tous pourris, les gendarmes aussi...

L'intérêt est plus dans l'enquête qui semble toujours se dérober vers d'autres coupables et fait ressortir un aitre drame qui s'était déroulé jadis dans la région. Un roman qui vaut donc la lecture pour son enquête rurale insaisissable, le reste étant trop classique.
La dernière page tournée, la question demeure : Et les gens qui ne sont rien ?
Dommage...

Un pays de fantômes

avril 04, 2023

 

Margaret Killjoy, Argyll éditions, 2022, 208 p., 10€ epub sans DRM


Une louable intention...

Pitch de l'éditeur :

Poussé par une industrie florissante et une politique expansionniste, l’empire borolien se tourne cette fois vers les Cerracs, un territoire montagneux composé d’une poignée de villes et de villages ; une simple formalité.
Journaliste en disgrâce, Dimos Horacki signe désormais des papiers ronflants dans une gazette de la capitale. Mais voilà que son employeur l’envoie au front écrire un article élogieux sur un général en vue de l’armée impériale.
Sur place, Dimos découvre la réalité de l’expansion coloniale, et surtout, il met un visage sur leurs mystérieux ennemis, les anarchistes de Hron, qui défendent non pas leurs possessions, mais leur mode de vie et leur indépendance. Et tandis que la guerre fait rage autour de lui, que ses pas le portent de ferme en village jusqu’à la cité-refuge de Hronople, le reporteur voit peu à peu ses convictions voler en éclat. 

 

Mon ressenti : 

En me promenant sur les étagères de ma médiathèque numérique, je tombe sur ce roman qui me faisait de l'oeil depuis une critique dans la revue Bifrost. Très heureux de voir que la petite maison d'édition Argyll fait désormais partie de mon offre numérique, je télécharge et lis illico. Un jeune journaliste mis au placard est envoyé sur le front d'un pays imaginaire. Il va découvrir une société étrange où chacun fait ce qu'il veut, tout en respectant l'autre. Des anarchistes ?

Il y a des livres qui ne supportent pas la comparaison, Un pays de fantômes en fait malheureusement les frais. Je venais tout juste de finir Les dépossédés d'Ursula, un Monument sur le mode de société anarchiste, le moment me semblait donc idéal de poursuivre l'aventure. Le désenchantement arrive cependant assez vite : que c'est candide ! Alors qu'Ursula te montre, Margaret dit, d'où de nombreux passages didactiques sur les anars. Heureusement, Margareth nuance son propos mais cela reste assez univoque. Les personnages m'ont semblé bien peu caractérisé, j'ai eu beaucoup de mal à savoir qui était qui au fil du récit.

Ajoutez à cela une trame linéaire et classique, le journaliste qui avait trop bien fait son travail se retrouve au placard, et devient d'une naïveté confondante face à l'altérité. Il retourne donc sa veste bien trop rapidement à mon goût, sans faire le travail d'investigation nécessaire. Ça se lit sans mal, la fin évite le happy end, mais rien n'y fait, cela me semble bien fade. Conclusion : mieux vaux lire cette histoire de fantômes et poursuivre avec Les dépossédés pour ne pas subir de déconvenues.
Et me voilà bien triste de devoir dire du mal d'un roman mettant en avant une société anarchiste...



Projet Harmonie

septembre 09, 2021

 

Christophe Nicolas, Argyll éditions, 2021 (1ère édition : 2012), 300 p., 8€ epub sans DRM


 
Plus c'est gros mieux ça passe ?

 

Présentation de l'éditeur :

Au sein d’un laboratoire pharmaceutique, le professeur Guiraud tente une ultime expérience. Sa conscience lui pèse, le monde doit savoir…
Au même moment, Yannick Diaz défend à la télévision le livre qui lui a valu son licenciement, un essai sur les collusions entre médias et intérêts privés. Et alors que la tension monte sur le plateau, voilà que le journaliste s’effondre en direct, inconscient.
Ailleurs, une jeune célibataire désargentée accepte l’aide d’une maternité privée qui lui propose de l’accompagner gratuitement. Mais l’accouchement se passe mal, on doit l’anesthésier. À son réveil, Nathalie apprend que son bébé est mort-né. Pourtant, elle est certaine de l’avoir entendu pleurer.
Trois personnages plongés au cœur d’une terrible machination. De leurs actions dépend l’avenir du monde…


Mon ressenti :

De nos jours en France, on suit les pas d'un journaliste engagé, d'un scientifique et d'une femme enceinte dans un monde qui ressemble étrangement au nôtre.

J'ai acheté ce roman après avoir lu le très bon Trackés, où il était fait allusion à l'enquête journalistique Projet Harmonie. J'avais envie d'en découvrir plus sur ce journaliste lanceur d'alerte.
Et dès le début, j'ai commencé à tiquer : plus c'est gros, plus la vraisemblance s'en prend dans les dents ! Cela sera identique tout du long, c'est toujours énorme. L'auteur ne prend pas le temps de construire une crédibilité à son monde réaliste.

Mais en bon amateur de SF, j'ai dégainé ma "suspension consentie de l'incrédulité", volume à fond.
Et une fois le mode opérationnel, j'étais sur l'autoroute du thriller, pas d'arrêt aux aires d'autoroute, pédale d’accélérateur au plancher. On ne peut que louer ce divertissement, un véritable page turner. Dès le début, qu'une envie, finir au plus vite, garder les yeux ouverts pour lire un chapitre supplémentaire.

Je me doutais avant d'entamer ma lecture qu'il y aurait quelques hiatus, ce roman étant le second de l'auteur. Car oui, il s'agit d'une réédition, information que je n'ai trouvée ni dans l'epub, ni sur le site de l'auteur. Bref, de quoi se sentir un peu floué si on ne s'est pas informé avant l'achat.  

Troisième roman de Christophe Nicolas, nul doute que je lirai son prochain roman, en espérant qu'il s'assagisse dans les quelques invraisemblances.

Trackés

septembre 06, 2021

Christophe Nicolas, Argyll éditions, 2021, 376 p., 10€ epub sans DRM

 
L'été fut morose, tu as envie de te faire un bon thriller au cinéma ?
Mais toi, on ne te l'a fait pas, tu n'as pas envie de faire implanté une puce GPS comme Akhenaton. Donc pas de pass sanitaire, pas de cinoche !
Bonne nouvelle pour toi, pas besoin de pass pour rentrer dans une librairie et acheter Trackés.

 

Présentation de l'éditeur :

France, pays des droits de l’homme et du citoyen. Dans un climat de tensions sociales, un célèbre journaliste et lanceur d’alerte est froidement exécuté dans son appartement parisien.
Sur les lieux du crime, alors que certains concluent déjà à un acte terroriste, la capitaine de police Florence Roche exige d’être chargée de l’enquête. Placardisée pour raisons politiques, elle est déterminée à découvrir la vérité, quitte à ce que celle-ci déplaise à sa hiérarchie.
La policière trouve une alliée naturelle en Julia, fille du journaliste, mêlée malgré elle à l’affaire lorsqu’une des sources de son père la contacte, et la pousse dans les rouages d’une machination qui pourrait ébranler jusqu’aux fondations de notre démocratie.


Mon ressenti :

De nos jours, lors de manifestations en soutien au décès d'un jeune dans l'affrontement avec les forces de l'ordre, un jeune se fait arrêter par la police pour avoir participé à la manif.
D'un autre côté, un journaliste d'investigation qui a eu son heure de gloire est sur la piste d'un scoop. Peu de temps après, il est retrouvé assassiné.
Toute ressemblance avec des faits réels est totalement assumée : nous sommes à l'époque de Nuit debout et de la mort de Rémi Fraisse. L'auteur change les noms des personnes et des entreprises permettant un côté intemporel et fait quelques raccourcis avec la réalité pour nous dérouler son histoire de complot politique.

Trackés est construit comme un thriller mais ne fait pas l'impasse sur la réflexion autour du secret d'Etat, des lanceurs d'alerte, de l'informatique et des médias. Une fois commencée, l'écriture de Christophe Nicolas ne nous laisse qu'une seule échappatoire : finir au plus vite pour connaitre le dénouement. Une franche réussite.

Deux bémols afin que l'auteur garde les pieds sur terre :
Certains événements font un peu trop gros, trop irréalistes, l'impression d'une main un peu lourde dans le dosage des faits. Cela donne un côté légèrement caricatural. Ceci dit, lorsque l'on se remémore tous les bla-bla leaks, les révélations tonitruantes autour des GAFAM et tout le toutim, on se dit que l'espèce humaine à une propension phénoménale à l'oubli. Et qu'au final, l'histoire de Trackés pourrait très bien être réelle.
Le second bémol est plus éditorial : j'aurai aimé retrouver à la fin un mot de l'auteur sur ce qui est véridique et ce qui a été romancé pour les besoins de l'histoire.

Mais Trackés est un thriller qui se dévore et peut faire réfléchir sur le fonctionnement de la société.
J'ai pris un immense plaisir à lire et je vais donc de ce pas me replonger dans la plume de l'auteur avec son Projet Harmonie dont il est fait allusion dans le roman.

Le réactionnaire Yogo a trouvé le roman binaire, et l'orientation politique ne l'a pas laissé Dup
Heureusement, les progressistes sont là pour rétablir la vérité : Le Syndrome Quickson qui s'est pris quelques mandales, et Lune qui nous sort son programme : lisez Trackés !


Je ne peux que conclure en mettant le texte de Daniel Mermet en Hommage à Rémi :

C’est l’histoire de deux enterrements.
Voilà deux enterrements qui tombent nez à nez, face à face.
Le premier c’est un enterrement très important…
C’est l’enterrement du roi du pétrole, le patron de Total mort accidentellement.
Hommage de la nation unanime !
Hommage de tous les médias !
Hommage de la terre entière ! Un hommage vibrant !

Le deuxième enterrement…
C’est celui de Rémi, Rémi Fraisse, 21 ans, tué par une grenade offensive tirée par un gendarme, dans une manif’ contre le barrage de Sivens.
Hommage beaucoup moins vibrant !
Le premier ministre parle de « casseurs », on parle de « bavure », on dit que « si l'on veut mourir pour des idées il faut assumer ».

A l’enterrement du patron de Total le roi du pétrole, on l’a peu souligné, il y avait des oiseaux.
Des oiseaux endeuillés. Des mouettes. Des goélands tout en noir.
Le noir de la marée noire.
Le noir de l’Erika. Le naufrage pour lequel Total a été condamné.
C’était des oiseaux du parti des oiseaux, le parti de Rémi, le parti des « djihadistes verts ».
Rémi Fraisse est un « djihadistes verts » ! C’est l’expression de Xavier Beulin de la FNSEA.

Passé le respect à l’égard des morts, les deux figures en quelques jours sont devenues les symboles de notre présent.
Deux symboles inconciliables.
Il faut choisir son camp : l’assassinat ou l’accident.
L’oligarchie a choisi !
Le gouvernement a choisi !
Le cynisme, la violence, le mépris, et tout ce qui dégoute et fait gonfler les rangs de la Marine.
Alors choisi ton camps camarade.
Le vent se lève, il n’y a pas d’arrangement.
Cours camarade !
Les oiseaux noirs en mourant te regardent.
Cours camarade !
Le vieux monde est derrière toi !



Le Crépuscule de Briareus

mars 18, 2021

Richard Cowper, Argyll éditions, 2021 (1ère parution VF : 1976), 350 p., 10€ epub sans DRM


Boum
L'astre du jour fait Boum
Tout avec lui dit Boum
Le monde entier fait Boum
Tout l'univers fait Boum



Présentation de l'éditeur :

Les étoiles meurent aussi…
Suite à l’explosion de la supernova Briareus Delta, située à 132 années-lumière, la vie est complètement chamboulée sur Terre. Alors que se succèdent tempêtes et typhons, prémices d’une nouvelle ère glaciaire, l’humanité se découvre soudain stérile. Les unes après les autres, les sociétés humaines s’écroulent, victimes de dérives autoritaires autant que d’un effondrement philosophique… Car que faire dans un monde sans avenir, vidé du rire des enfants ?
Réfugiés dans le sud de l’Angleterre, Margaret et Calvin survivent tant bien que mal. Jusqu’au jour où ils découvrent une petite communauté isolée où vit Elizabeth, étrange jeune femme issue de la Génération du Crépuscule. Dans cet enfer blanc, vierge de tout espoir, serait-elle la clef de la survie ?


Mon ressenti :

Un homme, une femme, perdus dans une région enneigée sont à la recherche de ne je ne sais quoi. Ce quoi est justement le sujet de ce roman.
Voilà un texte assez atypique qui mêle plusieurs sous-genres de la science-fiction : le post apo, les mutations génétiques, les pouvoirs psys et les aliens, ce qui n'est pas très courant et laisse planer un sérieux doute sur la qualité du texte. Mais au final, l'auteur s'en tire avec les honneurs, ce bric-à-brac hétéroclite se tient de belle manière. Je partage le ressenti du troll en ce qui concerne une ressemblance avec un certain Robert Charles Wilson : des personnages très humains, concrets, réalistes, ainsi que dans le traitement du sujet. Ce n'est pas la catastrophe, l'événement extraordinaire qui est important, mais ses conséquences. Le fait de savoir en partie ce qui va se passer en plaçant la fin en tout début permet d'éviter le livre catastrophe et de se demander comment nous en sommes arrivés là. Et ici, et une fois encore, l'humain ne fait pas beaucoup preuve d'humanité. Ces divers éléments m'ont beaucoup intéressé, comment une société fait société, ou pas. Des thématiques très actuelles.
Mais à l'inverse d'un Wilson qui va avoir une approche plus scientifique , c'est ici que le bât blesse pour moi, nous n'avons que très peu d'éléments rationnels. Pire, les éléments spirituels se font de plus en plus prégnants. Dont la fin renforce trop fortement cet aspect.
Plus que les années 70, ce roman m'a fait beaucoup pensé aux approches des romans de première partie du 20e siècle.



Pendant des années, on avait pris l’habitude d’entendre crier au loup à propos des armes nucléaires, des engrais chimiques, des vapeurs d’essence et, par-dessus tout, de la population. Il y avait eu chaque fois une extraordinaire sécrétion d’adrénaline, et pour quels résultats ? Les armes étaient de plus en plus nombreuses et meurtrières, on utilisait de plus en plus les engrais, on fabriquait de plus en plus de voitures avec la bénédiction des économistes du gouvernement et des leaders syndicaux ; les aliments synthétiques formaient une bonne part du régime et l’augmentation de la population avait atteint un tel rythme que, selon les évaluations, les victimes des tempêtes briaréennes seraient remplacées trois mois après les funérailles de la dernière. Alors, quand les spécialistes commencèrent à gémir, à prédire la fin du monde, le public, ivre de catastrophes, répliqua sotto voce, en cent langues différentes : « Je m’en fiche. »


L'éditeur croit en son poulain de jadis il devrait publié un autre roman de l'auteur : au vu du titre, je crains un traitement empreint de spiritualité ou de religiosité. A voir...

Un éditeur résolument atypique : pour son premier livre, il s'agit d'une réédition
Sorti initialement en 1976 dans la collection Présences du futur, pourquoi payer 20€ alors que la première édition est facilement trouvable pour quelques euros ?

  • Il y a déjà la couverture, franchement, dans une bibliothèque, il n'y a pas à réfléchir longtemps, celle-ci est magnifique.
  • Si tu lis en numérique, c'est la seule version légale, à un prix plus que raisonnable et sans DRM
  • La traduction a été revue par le traducteur officiel de l'Imaginaire, Pierre-Paul Durastanti himself
  • Pour les annexes : je regrette régulièrement le prix des livres grand format, sans plus valu. Ici, ce n'est pas une, mais deux annexes qui ont été ajoutées : deux articles de Christopher Priest, qui est fort instructif et marrant pour le regard sur le monde de l'édition de cette époque et d'une interview avec Richard Cowper.

    La philosophie qui sous-tend un grand nombre de récits de SF me semble être à la fois dérisoire et dépassée. Trop souvent, elle n’est guère plus qu’une fantaisie adolescente de pouvoir (prendre et donner) qui est, je suppose, le résultat d’une tentative de projeter l’éthique commerciale capitaliste dans l’espace. Pourtant, la plupart des meilleurs récits de SF des trente dernières années ont nagé à contre-courant de cette marée


Donc bravo Monsieur Argyll. Après contact, il m'a dit qu'il allait tenter de faire de même pour les rééditions. (on saute le pas et on fait de même avec les romans inédits, chiche ?)

Le syndrome Quickson a décelé de véritables fulgurances de modernité. (c'est pas faux)

Au pays des cave trolls a apprécie les questionnements intemporels

Et Un papillon dans la lune a comblé son hypo post-apo


Avis réalisé dans le cadre d'un service de presse (encore merci le troll !)



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