Terra Humanis


Fabien Cerutti, Mnémos, 2023, 285 p., 10€ epub sans DRM

 

Autoroute Dystopie vers Utopie
 

Pitch de l'éditeur :

Aux côtés de la jeune et brillante Rébecca Halphen, de Luc Lavigne, son mari, et de la dizaine d’étudiants internationaux qui composent leur groupe d’amis, Fabien Cerutti nous propose de vivre jusqu’en 2109 le destin haletant, profondément humain et tumultueux, de Terra Humanis, un mouvement politique planétaire dont l’objectif est de faire dévier notre XXIe siècle de la trajectoire dystopique qu’il semble destiné à suivre. Particulièrement en matière climatique.


 

Mon ressenti :

Notre monde dans un siècle, beaucoup de romans ont eu l'occasion de donner leur point de vue face au changement climatique. C'est souvent sombre, très sombre. Fabien lui nous donne à voir un futur enviable, sans pour autant verser dans la guimauve.

Le roman s'ouvre sur un incipit de l'auteur nous expliquant l'origine de ce roman dont un passage résume une partie de mon ressenti :

[...] une odyssée-mosaïque au fil d'un XXIe siècle imaginaire. Le tableau d'un voyage impressionniste, peint par touches, qui a vocation à explorer, de manière divertissante, la façon dont nos sociétés pourraient répondre aux défis contemporains. Dans le temps restreint qui nous est imparti.

Même si je suis plus partisan du "Tout cramer" (Leodagan vs Kosigan ?), la proposition de l'auteur ne me semble pas si ridicule que ça, loin de là. L'originalité de son approche est de contourner les politiques et de mettre dans sa poche la majorité du monde, monsieur et Madame tout le monde, le milieu associatif et politique et les entreprises. Pour cela, il imagine la lutte contre le dérèglement comme une marque fun, à la pointe de la mode. Difficile d'en dire plus sans tout déflorer, cela peut paraitre ridicule en lisant mes trois lignes, mais l'auteur rend cela réaliste et crédible. J'avoue avoir été très dubitatif sur la proposition et après lecture, je me dis : "Pourquoi pas ?".

Le roman est court, ne s'encombre pas de détails techniques, mais de ce que j'ai comme connaissances sur ce domaine montre que Fabien Cerutti s'est documenté, et bien, sur le sujet. Il rend cela dynamique par des chapitres courts alternant les points de vue. Il n'oublie pas de montrer, entre les lignes parfois, que tout ne se passe sans mal, les gens morflent, le monde est ce qu'il est, mais il a fait le choix de plus montrer le côté "on peut surmonter les difficultés". Mon côté gourmand aurait voulu parfois un peu plus de développement, sans aller dans l'excès genre Kim Stanley Robinson.

Deux trois-points m'ont cependant dérangé : Le premier est Rébecca Halphen, une femme un peu trop brillante qui m'a semblé être le parfait deus ex machina : 250 de quotient intellectuel. Un personnage un peu plus "humain" aurait permis une meilleure identification du lecteur. Le second est le paratexte qui entoure le texte. Souvent je râle contre ce manque, mais ici il sert en grande partie à expliquer au forceps la volonté de l'auteur. Et Fabien, on se calme, tu as écrit un roman, tu n'as pas pondu la théorie qui unifie macro et micro. C'est moi lecteur qui décide ce que tu as voulu écrire ! Et on ne répond pas au lecteur Fabien, JAMAIS ! Le dernier concerne la fin. Arrivé au 3/4 du texte, l'auteur fait effectue un gros changement de braquet dont la pertinence m'a paru pour le moins bancal et pas nécessaire dans le sens où j'ai eu l'impression qu'elle ne servait qu'à réappuyer le propos de l'auteur.

Au final, un très bon roman, malheureusement un peu trop court et dont la dernière partie laisse sur un goût mitigé, de non fini. Mais je ne vais pas faire mon bâtard, malgré ces bémols, j'ai vraiment pris mon pied à la lecture.

2 commentaires:

  1. Si toi tu apprécies un ouvrage optimiste, c'est qu'il doit vraiment être de qualité.

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    1. Depuis qu'il aime les histoires d'amour, plus rien ne va, tout se perd !

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