Affichage des articles dont le libellé est Les explocréateurs. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Les explocréateurs. Afficher tous les articles

Sloban, le mystère Cruvire

novembre 28, 2025

 

Pascal Casolari, Emmanuel Quentin, Emmanuel Régis, Les explocréateurs, 2025, 38 p, 24€ papier

 

Sur Cruvire, les ruines parlent, Sloban, lui, reste un mystère...

Pitch de l'éditeur : 

Suivez Sloban sur la planète gelée Cruvire.
Pour vivre au plus près l'intrigue, votre lecture est accompagné de visuels et il y a possiblité d'écouter les ambiances sonores de l'aventure et/ou d'écouter le texte lu par l'auteur. Vous pourrez profiter de la réalité augmentée sur certains visuels.

Mon ressenti : 

Le job de Sloban ? Observer un chantier archéologique. Observer, espionner, mettre la pression… on ne sait pas trop. En tout cas, cela suffit à l’équipe pour l’accueillir de manière glaciale : être une taupe, ce n’est jamais bon signe. Mais est-il vraiment une taupe ?

Dès le début de ce texte court et légèrement flippant, Sloban nous paraît étrange, presque décalé, laissant entendre que la raison de sa présence sur Cruvire n’a peut-être rien à voir avec cette supposée mission d’infiltration. La tension est palpable — renforcée encore par ce froid mordant et ce vent glacial que les illustrations rendent à merveille. Tout le livre baigne dans les nuances de bleu, parfait pour ce projet immersif… d’autant qu’il est possible de l’écouter avec une ambiance sonore (tu peux même audiolire la nouvelle).


Cruvire, c’est la nouvelle fouille archéologique du futur des Explocréateurs. J’avais déjà traîné mes bottes sur ce sol gelé avec Sonja. Avant ? Après ? Je ne vais pas spoiler. Mais si tu aimes avoir toutes les réponses une fois la dernière page tournée, passe ton chemin : chaque ruine n’apporte pas une certitude, mais une brique de compréhension… et une pelleté d’hypothèses. On se sent vraiment dans la peau d’un archéologue, tentant de reconstituer une époque avec trois cailloux et un fragment d’archive.

Physiquement, l’objet-livre est moins impressionnant que l’artbook Mutrae — qui, lui, est un vrai beau livre. Ici, le choix a été fait de proposer quelque chose de plus accessible. Petit plus : trois illustrations s’animent via une petite appli (un peu taquine, j’avoue : pas toujours simple d’obtenir l’animation du premier coup). Pour les gens comme moi qui ont du mal à visualiser certains décors, c’est un vrai plus.



Chaque ruine est aussi une exposition. Voici le récap vidéo lors du festival Les Oniriques en mars 2025 :





Et si tu veux en apprendre plus sur le projet, j’avais eu la chance d’échanger avec les trois Explocréateurs. Une autre interview ici


Explocréateurs de ruines futures

mars 10, 2025

À la croisée de l’art visuel, du sound design et de la narration, les Explocréateurs vous invitent à franchir un seuil, celui d’une expérience sensorielle inédite : l'exploration avec tous vos sens des ruines de civilisations futures, des fragments d’un temps encore à vivre.
Pascal Casolari, Emmanuel Régis et Emmanuel Quentin, architectes de ce voyage science-fictif, vous plongent dans un univers où les frontières du réel s'effritent. Mais est-ce vraiment de la science-fiction ? Ou ne serions-nous pas plutôt face à des archéologues temporels, des créateurs de mythes inversés, des sculpteurs de souvenirs oubliés ? Leur vision semble ancrée dans une réalité suspendue, flottant entre des fragments et des bribes de futur, une réalité qui pourrait aussi bien nous échapper que nous engloutir… Rencontre.


Tous les droits des visuels sont Les explocréateurs.



Le chien critique : Du 11 au 29 mars à Meyzieu (près de Lyon), nous pouvons visiter la planète Cruvire via votre exposition. Pouvez-vous nous dire ce que nous allons y trouver ? Quel est le thème ou concept central ?
Les explocréateurs : Le thème de notre exposition est la forêt. Il a été soufflé par les organisateurs du festival des cultures de l'imaginaire “Les Oniriques”.
À l’édition en 2019 (informations sur l’édition 2019), nous avions testé le principe central de nos expositions : un Cube. Ainsi, quand le visiteur pénètre dans le Cube de 2m x 2m x 2m, il se voit téléporté sur une planète inconnue. Vu les très bons retours du public - par l’immersion, certaines personnes pensaient que le Cube se déplaçait 😉 - les organisateurs souhaitaient nous commander une exposition. En 2025, nous y sommes et nous sommes ravis !

Lors de cette nouvelle exposition, vous foulerez la planète gelée Cruvire. Avec l'histoire de Sloban Skatanine, vous découvrirez le mystère de la planète. Par un Cube, des peintures, des dessins, des ambiances sonores et de la réalité augmentée, vous serez en contact avec le froid extrême, des montagnes gigantesques, des bases d’exploration, des humanoïdes, des robots, la faune et un temple, entre autres !

Voulez-vous écouter un enregistrement sonore qui a été ramené de la planète Cruvire ?


Pour cette exposition, Adeline LAFONT (linkedin.com/in/adeline-lafont3d) intervient à nouveau sur la création des vidéos pour la réalité augmentée. Elle est intervenue sur notre exposition à la chapelle désacralisée de Montagny Le Bourg en 2023.
Également, le visiteur découvrira un livre réalisé spécialement pour l’exposition (lecture libre et à la vente): “Sloban, le mystère Cruvire”.
Ainsi, au fil de l’exposition, chaque visiteur pourra s'asseoir et utiliser l’appareil photo de son téléphone mobile pour flasher un QR Code.
Alors, plusieurs possibilités lui seront alors proposées :
1. Lire chaque chapitre tout en écoutant son ambiance sonore.
2. Écouter la lecture de chaque chapitre bruité tout en admirant les visuels.
3. Lire et apprécier les visuels tout en écoutant une des deux ambiances sonores de la planète Cruvire.
4. Profiter de la réalité augmentée sur certains visuels.
L’album des ambiances sonores sera disponible sur la plateforme Bandcamp des indépendants de musique, sur le profil d’Emmanuel Régis.

Les Explocréateurs sont impatients de vous rencontrer sur la planète Cruvire !


Voulez-vous fouler la planète Cruvire ?



Comment est née l'idée du projet d'explocréateurs ?
En 2017, Pascal Casolari et Emmanuel Régis ont visité la “Cité Du Design” de Saint Etienne. Nous voulions collaborer à nouveau ensemble depuis longtemps. Alors, autour d’un café et au soleil, l’idée a été lancée. Emmanuel voulait revenir au sound-design/art. Pascal souhaitait peindre autour d’un thème fondateur des arts : les ruines.
Nous sommes fascinés par la science-fiction. Le Projet Ruines est donc né.
La même année, Pascal illustre la première de couverture du roman “Où s’imposent les silences” d’Emmanuel Quentin. Le projet comprend des visuels et des ambiances sonores. Emmanuel Quentin a ajouté une histoire à la vue et à l’écoute.


Le nom "Explocréateurs" est intrigant. Quelle est l'histoire derrière ce nom ? Quels sont les buts de ce projet ?
Simplement, Pascal Casolari a dit : “Nous sommes des explorateurs de nos créations !”.
Emmanuel Régis a immédiatement proposé: “Nous serons Les Explocréateurs !”.
Emmanuel Quentin était d’accord !

De gauche à droite : Pascal Casolari, Emmanuel Quentin, Emmanuel Régis


Pouvez-vous vous présenter ? Quel est votre rôle dans l’équipe ?

Pascal Casolari : je m’occupe de tout ce qui est visuel. Je suis peintre et illustrateur. Je peux alterner entre peinture et dessin digital avec Procreate et Photoshop. En traditionnel, je peins avec le médium acrylique et je propose des dessins sur papier avec mine de plomb, craie noire et liner rehaussé de craie blanche.

Emmanuel Régis : Je m’occupe de la création des ambiances sonores lors des expositions, de la communication tous azimuts, du site Internet, de la gestion des projets d’exposition et de notre association. Je suis beaucoup un chef d’orchestre (sans jeu de mots ;) dans l'organisation.

Emmanuel Quentin : selon l’ordre de création, je regarde les tableaux de Pascal, j’écoute les sons de Manu et comme cela m’inspire toujours, j’invente des histoires dans ces mondes oubliés. Mais les gars n’ont rien contre le fait que j’écrive une histoire d’abord et qu’ils s’en inspirent aussi. De toute manière, on procède toujours à des ajustements. Chaque nouvel ajout sur l’un des trois médias est susceptible de faire bouger les autres jusqu’à ce qu’on se dise : “Ah, là, c’est bon, on ne touche plus à rien”.


Comment s'articule votre collaboration à trois ? Comment organisez-vous le travail ?
On a un fil Messenger où tous nos échanges transitent. Emmanuel Régis appelle souvent l’autre Emmanuel et Pascal pour la régulation entre nous tous car le fil ne fait pas tout ! Nous avons aussi un carnet de bord où nous marquons nos idées quotidiennes.



Festival Du Fantastique 2022 (Béziers, France) du 07 au 09 octobre


Dans vos expositions, vous créez des atmosphères. Quels sont les éléments visuels et sonores qui doivent absolument être présents pour que l'expérience soit réussie selon vous ?
Nous travaillons de façon organique, comme un voyageur qui a une destination vague et dont le voyage, le cheminement est plus important que la destination. Il n’y a pas de plan posé au départ qu’il faudrait absolument suivre. On crée en se basant sur des intentions et des correspondances régulières. L’intention vitale est de générer de l’imaginaire chez les personnes qui nous suivent.


Vos expositions sont très immersives. Quelles émotions ou réflexions espérez-vous que le public vive en parcourant vos œuvres ?
On ne cherche pas à produire de la réflexion, s’il y en a, et bien tant mieux, c’est que l’imaginaire de chaque visiteur s’est (re)mis en marche.
Par contre, on cherche que chaque personne soit un explorateur du cosmos en foulant des planètes oubliées et en découvrant des mondes disparus. Par cette exploration, on souhaite que le visiteur soit ailleurs et qu’il en soit témoin dans son corps et son esprit, dans ses tripes. Souvent, le visiteur perçoit l’empreinte du passé par les restes de civilisations, de technologies, de cités, de biotopes et d’étrangetés. Sur chaque monde, le temps a permis à l’espace titanesque et sauvage de reprendre ses droits. Le visiteur est écrasé par l’environnement majestueux et gigantesque. Dans ces lieux bruts et aux dimensions hors normes, il fait l’expérience de sa fragilité d’humain ou d’extraterrestre. Le passé n’est visible que par ses multiples ruines. Alors, de nombreuses émotions peuvent parcourir le visiteur à travers ses sens dont celle d’être fragile.

Paysage de la planète Cruvire


Dans un monde saturé d’images et de contenu, comment arrivez-vous à faire en sorte que vos expositions se distinguent et donnent envie aux visiteurs de s’y perdre ?
Revenir à la simplicité des médias comme des peintures, des dessins, des histoires, des ambiances sonores et avoir très peu de technologie pour la réalité augmentée. Nous l’avons expérimenté, trop de technologie fait écran à la beauté des médias que l’on présente. Pour nous, la réalité augmentée sert à faire voir au public ce qui n’est pas visible à l’œil, comme un révélateur de l’invisible.


Quelles sont les réactions du public face à vos expositions ? Y a-t-il des retours qui vous ont particulièrement marqués ?
Nous installons un livre d’or et ça fait chaud au cœur les retours car le public nous dit souvent qu’il voyage dans un ailleurs improbable et que ça fait du bien dans un monde actuel complexe/toxique. On revient à l’imaginaire pour un ailleurs. Régulièrement, des personnes viennent une fois puis reviennent. On échange beaucoup avec le public.
Dans le Cube, des personnes peuvent y rester car elles se sont installées pour lire et écouter, sentir l’ambiance de la planète avec le meilleur point de vue. Parfois, on est obligé d’intervenir pour savoir si tout va bien ! Lors d’une exposition, un ensemble de tableaux étaient exposés. Le visiteur avait la possibilité de s'asseoir en face du tableau qu’il avait choisi. Puis de chausser le casque audio et de lire la nouvelle dédiée au tableau. On a donc eu le cas d’un couple qui est arrivé en début d’après-midi. La jeune femme a fait le tour de l’exposition. Puis, en silence, elle s’est mise en face d’une peinture, a chaussé le casque audio, lu la nouvelle, levant la tête régulièrement pour observer le tableau. Puis, le temps passant, son conjoint est parti faire un tour. Lorsqu’il est revenu, sa compagne avait changé de tableau et tout aussi concentré, dans son monde. Avec le sourire, le compagnon nous a fait part qu’il reviendrait à la fermeture !

« La Chapelle Désacralisée de Montagny Le Bourg » (France).
Les Explocréateurs du 26 août au 03 septembre 2023

Vos expositions ont souvent lieu lors d’événements liés à l’imaginaire, mais pas toujours, comme celle qui s’est déroulée dans La Chapelle Désacralisée de Montagny Le Bourg. Comment le public hors sphère SF apprécie vos installations ?
L’exposition a duré une semaine. Il y a bien eu des personnes qui sont juste passées car la porte était ouverte mais c’était une minorité. On a été agréablement surpris de la curiosité des personnes. Nous nous souvenons de cette femme âgée qui avait un a priori et une peur de la SF. Elle zappait sur sa télévision dès que de la SF pointait son nez. On lui a expliqué qu’il n’y avait rien de dramatique d’explorer une planète et son monde en ruine en s'asseyant pour lire une nouvelle, écouter une ambiance sonore et regarder un tableau. Souriante, rassurée et surtout ravie de cette ouverture par la SF, elle s’est promis de ne plus zapper de chaine TV !

Quel est votre processus créatif lorsque vous travaillez sur un nouvel univers pour Les Explocréateurs ?
C’est très simple, l’un propose quelque chose dans son média (cf. visuel, texte, son) puis ça rebondit en créativité sur les autres. De fil en aiguille, l’univers se met en place. À nouveau fonctionnement organique entre nous trois, une sorte de prototypage de rebond en rebond.


Lorsque vous travaillez à trois, comment gérez-vous l'équilibre entre vos idées personnelles et la vision collective ?
Nos idées personnelles sont communes, en phase entre nous trois, et on respecte les compétences médias de chacun donc l’équilibre est naturel.


Lorsqu’il y a des désaccords créatifs au sein du groupe, comment les résolvez-vous ?
On échange sur le fil Messenger et on s’appelle. Souvent, c'est Emmanuel Régis appelle les uns et les autres.


Le fait de travailler dans un collectif est une expérience particulière. Quels sont les apprentissages que vous avez tirés de cette collaboration ?
La collaboration est une richesse car on n’est pas seul : ça rebondit entre les uns et les autres ! Mais ça veut dire aussi qu’il faut écouter (pas qu’entendre) les autres collaborateurs. À les laisser faire, à lâcher pour que le collaborateur aille jusqu’à la fin de son idée.

Séance de travail de Pascal Casolari pour Mutrae


L'aspect scientifique influence-t-il vos créations ? Faites-vous des recherches approfondies avant de vous lancer dans un nouveau projet ?
Même si on regarde l’aspect scientifique parfois, et encore de loin, c’est l’imaginaire qui prime. On ne fait pas de recherches approfondies avant de lancer un nouveau projet.


Quelles sont vos principales sources d'inspiration ?
Pascal Casolari : Pour ma part le processus est assez hybride mais cela reste simple. Tout part pour moi de ce qui nous entoure, un paysage, un morceau de branche ou de caillou et ensuite la réalité change de direction, et mon imagination prend forme, et si ici il y avait autre chose, une ruine, un morceau, un stigmate d’un reste de quelque chose, un nouveau départ, etc. Et la réalité devient autre. Ma démarche est assez surréaliste, intimiste aussi. Comme ma technique est assez naturaliste, l’imaginaire devient vrai et c’est ce qui me fascine tout le temps.

Emmanuel Régis : Au niveau sonore, que les sons soient organiques et si possible, improbables, sachant que l’auditeur doit comprendre avec ses références sonores Terrestres. J'écoute beaucoup les bruits de mon quotidien et j’ai toujours un enregistreur semi-pro sur moi 😉. Également, j’écoute beaucoup de musique étrange ou pas, dans les films et les séries. J’observe donc énormément par mes oreilles !

Emmanuel Quentin : Je ne sais pas trop comment ça fonctionne. Je crois que c’est la compilation de beaucoup de choses. De l’observation, des sensations, des interactions et bien sûr… des souvenirs.


Quels sont vos projets futurs pour Les Explocréateurs ? Y a-t-il de nouveaux thèmes ou de nouveaux formats que vous aimeriez explorer ?
Actuellement, on expose avec un Cube. On souhaite donc exposer plusieurs Cubes dans un immense espace.

Le plan secret !



Pascal, tes illustrations ont une identité forte, comment as-tu développé ton style ?
Pascal Casolari : Je n’ai pas du tout cherché à avoir un style, j’ai plutôt cherché à avoir une démarche créative qui me correspondait. Comme je le disais plus haut, tout pour moi part du réel qui m’entoure, ensuite ma création fait le reste et j’attache de l’importance que ce que je produis ait une crédibilité et réalité troublante.


Pascal, en tant qu'illustrateur avec une expérience dans le jeu vidéo et le cinéma, comment concilies-tu l’aspect ludique et narratif dans tes œuvres visuelles pour le collectif ?
Pascal Casolari : Pour moi ce que je produis à du sens comme s'il existait ou a existé ailleurs. Emmanuel Quentin en trouve et tisse des liens narratifs incroyables en prolongeant le sens et les histoires et Emmanuel Régis y donne une profondeur spatiale et sonore qui donne à notre collectif une autre dimension proche du Cinéma comme une œuvre Totale profonde.

Pascal Casolari travaillant sur le projet Sonja


Emmanuel Régis, la musique est très importante dans la création d'une atmosphère, comment y travailles-tu ?
Emmanuel Régis : J’ai toujours un enregistreur numérique sur moi donc dès que j’entends un son qui peut être transformé en un bruitage d'un autre monde, je dégaine ! J'utilise également des synthétiseurs analogiques ou d’étranges machines de constructeurs musicaux qui eux aussi sont bizarres ou d’autres mondes 😉. Le hasard sonore est important pour obtenir un son improbable qui me semble nouveau.
Pour obtenir des bruitages, les sons naturels ou de synthétiseurs sont toujours manipulés pour évoquer l’ailleurs, le gigantisme des mondes énigmatiques et autres entités extraterrestres issus de mes compères. Par conséquent, pour en accentuer ces effets, il y a ajout d’échos, de réverbérations, de modulations de fréquences, de différents niveaux de volumes et enfin d’une spécialisation statique et dynamique des bruitages, etc.
Pour que l’alchimie de chaque ambiance sonore « prenne », tous ces bruitages sont orchestrés dans le temps. Ce montage est vital pour créer l’émotion voulue. Il y a de nombreux bruitages. Il peut y avoir quelques pistes de bruitages jusqu’à plus d’une centaine.
Tous ces processus de création prennent du temps pour découvrir la pépite sonore qui me dit que ça fonctionne à l'oreille.


Emmanuel Régis, comment ton expérience de gestionnaire de projet et de sonoriste influence-t-elle la structuration des expositions et l'expérience immersive qu'elles proposent ?
Emmanuel Régis : D’exposition en exposition, je cherche à rendre l’expérience du public plus immersive pour libérer son imaginaire.
L’expérience de gestionnaire de projet:
1. Permet de recycler et optimiser: le stockage du matériel, le montage et démontage d’une exposition, l’organisation.
2. Permet d’archiver toutes les données numériques. Il y a donc une base de référence pour la prochaine exposition: liste du matériel, plan électrique, etc.
3. Permet de gérer le temps pour être à l’heure. C’est surtout moi qui bats la mesure pour être à l’heure et éviter des stress inutiles pour tout en chacun et surtout le directeur d'exposition s’il y en a un.
L'expérience de sonoriste:
1. Permet de savoir ce qui va fonctionner au niveau de l’espace: taille, type de bâtiment, matière, etc.
2. D'expérimenter de nouveaux modes de diffusion: casque, enceintes, plusieurs zones de diffusion ou mono-zone, etc.

Carte mentale d'Emmanuel Régis pour Contre vents et marées


Emmanuel Quentin, en tant qu’écrivain de science-fiction, comment rendre ton imaginaire tangible pour le public ?
Emmanuel Quentin : Alors cela dépend bien sûr des textes, mais en règle générale, je fais en sorte d’avoir des scènes très claires dans ma tête et de les restituer telles que je les “vois”. Il y a un côté “cinématographique”, même si je ne m’attarde pas toujours sur les descriptions. L’approche avec les “Ruines” est un petit peu différente parce que nous jouons sur l’aspect mystérieux des mondes explorés, des liens qui les relient. Nous n’en dévoilons pas trop, mais nous connaissons le pourquoi et le comment. Cela peut avoir parfois un côté intangible, mais c’est la construction globale de nos créations qui veut ça. Lorsque tous les cubes seront réunis en une même place, un même temps, toutes les pièces du puzzle dévoileront le fin mot de l’histoire…


Emmanuel Quentin, comment arrives-tu à faire le pont entre tes écrits et l'univers visuel des expositions ?
Emmanuel Quentin : Je ne crois pas vraiment faire des ponts. Une fois, je me suis inspiré d’un tableau de Pascal Casolari destiné pour les Ruines et j’en ai fait la nouvelle Attendre l’aurore pour l’anthologie Naufragés de l’espace aux éditions Critic. Cela s’est imposé naturellement. L’univers peint par Pascal collait absolument à la thématique et l’histoire m’est venue presque d’un seul coup. C’était génial comme expérience. Sinon en règle générale, j’arrive à scinder les deux, même si je suis sûr qu’un simple visuel de Pascal pourrait m’inspirer bien des histoires de romans.

Début du texte Sloban Skatanine d'Emmanuel Quentin pour Les Oniriques 2025



Quel est le rôle de l'espace et du lieu dans vos créations ?
Le lieu a une importance mystique car pour nous il est un peu comme un livre ouvert en trois dimensions ou le public peut s’y mouvoir en regardant, écoutant et lisant une histoire ou plusieurs histoires. C’est le lieu où le spectateur peut être acteur aussi, il fait partie comme nous de l’explocréateur.


Quels sont vos projets individuels ?

Pascal Casolari
: pour ma part, en plus de mes cours chez ESMA Lyon ,du collectif et des illustrations en commandes, je poursuis une démarche créative picturale différente mais liée au thème des fragments de Ruines.

Emmanuel Régis : toujours dans le thème de la science-fiction, j’ai sorti un album en numérique et physique “Tssaänène” que l’on peut préécouter et acheter sur Bandcamp, la plateforme des indépendants de musique:
https://emmanuelregis.bandcamp.com/album/tssa-n-ne
J’ai d’autres activités comme la facilitation personnelle:
https://www.eveillenvol.com/#No00

Emmanuel Quentin : j’ai commencé la rédaction d’un nouveau roman. À vrai dire, je l’avais commencé il y a un moment mais je n’arrivais pas à y entrer complètement. Maintenant que j’en ai trouvé la clé, j’investis la place et aménage le tout à mon goût. Je ne sais pas encore quand je vais en sortir. Je découvre de nouvelles pièces tous les jours !


Exposition « Tous Dans le Game ! » (Vaugneray, France) le 16 novembre 2024


Questions poil à gratter :


A l’ère de l’intelligence artificielle, pensez-vous que votre travail est davantage destiné à nourrir les IA ou à toucher et surprendre un public humain ?
Il est clair que l’on est sur les réseaux sociaux donc on nourrit bien des serveurs et autres algorithmes.
On est curieux de savoir ce que fait l’IA de nos visuels, textes et sons. On ne tardera pas à le découvrir.
Nous pensons, comme évoqué ci-dessus dans les questions, que revenir à une forme de simplicité, que certains diront vintage / low-tech, permet à nous Humain, de nous retrouver.
Puis, faire de ses mains comme un artisan, comme nous le faisons, à nouveau, nous permet Humain de nous retrouver en tant qu’Être.


Est-ce que l'immersion dans vos expositions est un moyen de fuir la réalité… ou de mieux la comprendre ?
Sûrement les deux: fuir la réalité pour une prise de recul pour y revenir et donc mieux la comprendre.


Les Explocréateurs : des créateurs de mondes ou des déconstructeurs de la réalité ? Où commence l’imagination et où finit-elle ?
Justement, on souhaite que le visiteur ne sache plus où sont la réalité et l’imaginaire 😉.


Votre site internet est très complet, mais impossible de le trouver ou d’y trouver quoique ce soit. Qui est l’auteur de cette monstruosité ?

Le site est très complet car à chaque événement il est remis à jour. Le créateur du monstre est Emmanuel Régis, il a été peiné que le Chien Critique le morde violemment. Quelle folie est passée dans la tête de ce vieux toutou ? Évidemment, avec du recul, un chien a des pattes donc il a du mal à cliquer sur des images. Depuis, on a ajouté que l’entrée du site est un fil d’actualité et qu’il faut cliquer sur les images pour des compléments d’informations.
Pour aller plus loin, il y a bien un souci de référencement, et tout chien foufou que tu es, on te remercie de l'information. Gentil toutou, oups 🙂


Une chance de voir vos cubes lors des Utopiales ou du festival d’Angoulême, ou plus généralement lors de grands événements ?
On est preneur ! Avis à celles et ceux qui lisent vos lignes !


Un dernier mot avant de plonger dans les Ruines ?
Chien Critique, avec plaisir de te rencontrer du 11 au 29 mars lors de notre exposition dans le cadre “Les Oniriques 2025” !

Proposition scénographique avec une vue des Cubes Plats






Mon avis sur les nouvelles de leur projet Ruines, sur Les disparus de Montagny, ou sur Mutrae

Ils sont tous les trois sur les différents réseaux sociaux, n'hésitez pas à suivre leur travail. Et surtout d'aller les féliciter lors des festivals.

Et leur site : https://www.lesexplocreateurs.com/


Ruines, des nouvelles du futur

février 27, 2025



Je vous avais déjà parlé des Explocréateurs, à travers l'artbook Mutrae ou de la nouvelle Les disparus de Montagny. Pour vous rafraîchir la mémoire, c'est un projet hydre à trois têtes, avec du son, des images et du texte, soit Emmanuel Régis, Pascal Casolari et Emmanuel Quentin.
En explorant les vestiges de leur site (j'en ai vu des sites de merde, celui-là est pas mal dans le genre), j'ai pu y dénicher quelques fragments textuels inédits. Le concept des Explocréateurs est simple, mais efficace : nous faire voyager à travers des mondes disparus en nous mettant dans la peau d'un explorateur découvrant des vestiges à travers une peinture, un texte et une ambiance sonore. Chaque exposition est une nouvelle fouille archéologique du futur, où les pièces exhumées racontent un bout d'une histoire. Si vous cherchez du contenu tout digéré, passez votre chemin. Ici, on sonde les profondeurs, on assemble les indices, on devient un explorateur.



Avant l'impact

 

https://www.lesexplocreateurs.com/ProjetRuines/Ruine12/AvantLImpact/AvantLImpact.htm

Ce court texte, issu de l'univers de Mutrae, nous fait rencontrer un être à la perception temporelle non-linéaire, guidant des Majks vers leur destination. Une lecture qui demande plusieurs relectures pour en saisir les subtilités, mais qui promet des révélations futures au fil du projet Ruines. Un texte qui joue avec l'étrangeté pour mieux nous perdre dans ses méandres.
Le son et l'image complétant le texte permettent une meilleure immersion.



Les puits de Lygarios

https://www.lesexplocreateurs.com/ProjetRuines/LesOniriques2019/LesOniriques2019.htm

Texte disponible aussi en audiolecture, avec une ambiance sonore. C'est cette version que j'ai écoutée. J'ai beaucoup aimé ce texte, qui pose parfaitement l'univers qui semble fantastique dans ses deux tiers. L'auteur a su recréer l'ambiance mystérieuse et qui devient de plus en plus effrayante au fur et à mesure du récit. Bref, j'étais dans la peau de Sal’mon, vivant tous ses tourments. Très bonne chute, si je puis dire...
Le pitch : Sal'mon se réveille, amnésique et perdu, hanté par une mission inconnue. Alors que des bouts de mémoire lui reviennent, le sable où il est allongé est parcouru de secousses…
Je vous conseille de mettre l'ambiance sonore pour lire la carte mentale de Emmanuel Régis. Je ne suis pas fan de musique "électronique" et j'ai bien accroché sur ce coup. Cela permet d'entrer dans l'univers du créateur et voir les chemins qu'il a pris pour créer son ambiance sonore.


Sonja

https://www.lesexplocreateurs.com/ProjetRuines/FestivalDuFantastique2021/FestivalDuFantastique2021.htm

Une jeune apprentie archéologue est larguée dans une zone glacée afin d'étudier un monument unique sur cette planète. Bien entendu, les choses vont mal tourner...
Une histoire assez classique et même si le texte est court, le personnage de Sonja et l'endroit sont bien restitués. Conclusion : classique, seule la fin change un peu le braquet, mais je suis resté sur ma faim.

Contre vents et marées

https://www.lesexplocreateurs.com/ProjetRuines/SalonDeLaBdCharvieuChavagneux2022/SalonDeLaBdCharvieuChavagneux2022.htm
 
Vygoran, un jeune Forcide, tente de découvrir l'essence du Principe qui régit son peuple. Son histoire nous est conté par un narrateur qui s'adresse directement au lecteur et entrelace son récit avec celui de Sonja. Les dessous de l'affaire ? Pas vraiment, une  nouvelle pièce du puzzle Ruines qui pourrait se rapprocher du genre de la fantasy : un jeune découvre la vérité sur son monde et deviens le héros de son peuple (le terme de héros est ici à prendre avec des pincettes, nous ne savons pas réellement l'impact de la découverte de Vygoran). Une histoire pas forcément originale mais dont l'imbrication dans les Ruines offrent une toute autre ambition. Ou comment découvrir la vérité contre vents et marées.



Planète Yâmlâ : Les Üüs & Les Yâmmmâx

https://www.lesexplocreateurs.com/ProjetRuines/FestivalDuFantastique2022/FestivalDuFantastique2022.htm
 
Ici, c'est Emmanuel Regis qui prend la plume pour nous conter l'histoire des Üüs et des Yâmmmâx. Un texte en deux parties, où la première nous plonge dans l'étrangeté radicale des Üüs face à un événement dramatique. J'ai particulièrement apprécié cette confrontation à une altérité totale, dans un récit teinté de noirceur.
 
D'autres textes existent, mais ne sont accessibles qu'en contactant directement les Explocréateurs ou en visitant leurs expositions. La prochaine aura lieu lors du festival Les Oniriques à Meyzieu, où les ruines de Sloban Skatanine seront mises à jour, apportant de nouvelles pièces à la compréhension de cet univers.



Les disparus de Montagny

octobre 09, 2023

Pascal Casolari, Emmanuel Quentin, Emmanuel Régis, Les explocréateurs, 2023, 48 p, 12€ papier



Dans mon regard pessimiste sur notre quotidien, il arrive parfois qu'un éclaircie apparaisse. C'est ce qui m'est arrivé l'autre jour en ouvrant ma boîte aux lettres. Une fine enveloppe bulle  avec des timbres Les aventuriales (des collectionneurs parmi vous ? réponds en commentaire...). A l'intérieur, quelques pages dans des tons ocres avec une feuille un peu plus épaisse et brillante pour couverture, le tout en forme de livret A5 et cousu main. Un nom apparaît : Emmanuel Quentin. Un texte inédit.

Inédit et très rare, car introuvable dans le commerce (Il parait qu'il en reste quelques exemplaires, n’hésites pas à contacter les auteurs...)(edit : n'hésitez pas, les auteurs sont prêts à sortir la relieuse : contact@lesexplocreateurs.com). Bref un rayon de soleil pour un amoureux de l'auteur. Mais pas que de l'auteur, car ce texte provient d'une aventure, celle des explocréateurs. Je t'en avais déjà parlé via le livre Mutrae et le projet Ruines (qui continue son chemin malgré sa dénomination !). En deux mots, ce sont trois personnes, un porté sur le visuel, Pascal Casolari; un autre sur le son, Emmanuel Régis; et le dernier sur le texte, Emmanuel Quentin. J'étais un peu dubitatif au départ, car j'aime lire , mais le son et l'image m'attire moins, j'avais donc été très agréablement surpris. Tout s'agence à merveille, se complète pour donner un univers complet. Et de m'interroger sur le comment de leur réalisation. Comment tout cela débute, par le son le texte ou l'image ? Comment se coordonne t'il ? Et souvent, lorsque je m'interroge, c'est que je suis happé. Et pour cette fois, au lieu de me jeter sur le texte, j'ai visionné leur présentation de leur dernière exposition qui s'est déroulé fin août début septembre à Montagny Le Bourg. Du son et de l'image qui m'ont donné les contours de leur imaginaire. Avec encore des interrogations comment tout cela va se goupiller avec le texte.

Attention, si tu visionnes, tu vas regretter de ne pas avoir pris tes vacances à Montagny !!!


Une nouvelle donc qui nous emmène dans un village où un automobiliste est obligé de faire halte à cause d'une panne mécanique. Il découvre donc ce lieu reculé et tombe sur un une vieille légende qui l'intrigue. (Tout comme moi). Passé, présent se mêle à travers quelques histoires.
J'ai un peu trouvé dans ce texte cette saveur de la SF avant qu'elle ne s'appelle ainsi, tout en restant actuel et nous offrant du sense of wonder. Comme souvent avec l'auteur, en quelques lignes il arrive à m'immerger dans son imaginaire. Une fin ouverte, comme les aimes Emmanuel Quentin. Mais ici, le point final n'est pas si final, il n'est qu'un début, l'aventure continue avec l'image et le son, tout en gardant un certain mystère. La suite de l'aventure Explocréateurs nous le dira peut-être, ou pas, car je pense que ces trois olibrius en gardent sous le capot. Quel est le liant magique que ces lascars utilisent pour que chacun de leur travail soit magnifier par celui des autres ?

Pas de doute possible, ceci provient d'un texte classé en Imaginaire.
C'est le seul endroit où les bibliothécaires sont sympathiques et professionnels !!!



Il y a toutefois un bémol, un GROS bémol : je suis extrêmement déçu, tout ce projet est accompagné d'expositions qui malheureusement ne sont jamais dans mon coin. Et lorsque je vois la petite vidéo, je crève littéralement d'envie d'y aller. Et d'être aussi déçu que ce travail ne soit pas reconnu à travers les grands salons littéraires SFFF...

Parfois, être blogueur littéraire me donne l'impression d'être un commercial de maisons d'éditions (cela dépends des avis), mais ici, je n'ai rien à te faire acheter et l'influenceur que je suis se retrouve bien démuni. En espérant t'avoir fait rêver et que peut-être, un jour...

Une autre vidéo : https://youtu.be/jz7iBQ0j0oQ?feature=shared

Merci les explocréateurs


Fourni par Blogger.