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Bifrost n.113. Intelligence artificielle : le futur rêve-t-il toujours de moutons électriques ?

mai 23, 2024

Bifrost, Le Bélial, 2024, 192 p., 6€ epub sans DRM


Le futur rêve-t-il toujours de moutons électriques ?
Ce qui est sûr, c'est que notre présent est électrique et notre avenir incertain...



Le Charme discret de la machine de Turing, de Greg Egan
Malgré de bons résultats, Dan est licencié sans préavis, pour être remplacé par une IA, sur le champ, tandis que le crédit de la maison continue. La maîtresse de sa fille est remplacé par un programme informatique, tandis que sa femme est remplacée par un assistant de soin.
Egan prend son temps pour nous faire connaître ses personnages et leur quotidien bouleversé. Par petites touches, on explore leur entourage. Des tranches de vie assez éparses et diverses jusqu'au dénouement qui rassemble le puzzle de très belle manière. Brillant

Renaissance, de Jean-Marc Ligny
Quoi, un texte de Ligny sur les IA ?! Mais qu'à t'il fait de sa climatique fiction ? Pas d'inquiétude, nous sommes bien dans l'univers de ses derniers textes, quelques temps après la catastrophe écologique et climatique, les âges sombres. Ces derniers textes n'étaient pas très gaies, même si on décelait dans le recueil Dix histoires des âges sombres quelques nuages noirs qui s’étiolaient au loin. Ici on est quasi dans le Hope punk. Le pitch ? Un étranger explique comment il est arrivé dans ce camp nomade. Un très bon texte qui ne regarde pas d'un oeil noir les IA, c'est assez rare pour le signaler. Un vrai conteur ce Ligny

RêveVille, de Thierry Di Rollo
Une vie de rêve demande bien quelques sacrifices.
Une ville parfaite, des citoyens parfaits, le tout géré par des IA. Tout va bien, mais la disparition des ombres restent inquiétant. J'ai souvent du mal avec le style de Di Rollo, et cette nouvelle ne déroge pas à la règle. 

Rayée, d’Audrey Pleynet
Une épidémie se propage...
Premier réflexe, encore un succédané de post apocalyptique. Mais l'autrice nous concocte un univers assez original. Nous sommes en plein confinement et nous découvrons ce monde déliquescent. Pourquoi ?comment ? c'est le but de la nouvelle, je ne dévoile donc rien. Crédible et réaliste, autour du sujet de l'IA et aussi du bouc émissaire. Très bon texte.



Le cahier critique ne m'a pas donné envie de découvrir de nouveaux textes, même si Les nomades du fer me fait un peu de l'oeil. Le "parole de" donne la parole à l'illustratrice Saralisa Pegorier qui a oublié de mettre un soutien gorge à la couv' du dernier Bifrost et qui a fait couler beaucoup d'encre et surtout de noms d'oiseaux. N'aimant pas son univers, difficile de m'immerger complètement, mais il est toujours instructif de découvrir les façons de travailler des uns et des autres.



Dossier Intelligence artificielle

Après un tour d'horizon historique sur l'IA dans les écrits, qui augmentera malheureusement votre PAL. 4 références pour moi : Jack Williamson avec la novellaLes Bras croisés et le roman Les Humanoïdes;  Fredric Brown et son conte « La Réponse »; Le Problème de Turing d’Harry Harrison et Marvin Minsky; Robopocalypse de Daniel H. Wilson,  Nicolas Martin fait de même côté audiovisuel. Trois références pour moi :  les film Génération Proteus et War Games, ainsi qu'une série de livres qu'il a mis alors que ce n'était pas sa partie !!!  Le Programme conscience de Herbert et War games. Des IA machiavéliques arriveront on aujourd'hui à des IA bienveillantes ? Il semblerait...
Suit une ne interview de deux auteurs, d'un éditeur et d'un expert sur le sujet. Un croisement des points de vue bienvenue qui permet de mettre en avant les problématiques de cette technologie. Un point de vue féminin aurait été bienvenue. Ceci dit les 4 interviews sont d'accord sur un point, la question du droit d'auteur est primordial.
Frédéric Landragin nous explique la pensée et la construction de l'IA. Ou plutôt des IA celle symbolique et statistiques. Très pédagogique et didactique avec de nombreux exemples pour comprendre la théorie. Suis une sélection de romans sur la thématique qui a renforcé mon envie lire Le Programme conscience, mais aussi 2001 l'Odyssée de l'espace.
Pour conclure, un texte d'Ada Palmer qui permet de voir une vision positive du progrès technologique, pour peu que le politique au sens large s'en empare. Vision que je partage.

Nous craignons que les artistes et les écrivains ne meurent de faim ? Ils sont déjà dans la misère, en raison d’un système de copyright inopérant qui favorise avant tout les monopoles. Nous craignons que l’image des acteurs soit récoltée gratuitement par les algorithmes pour produire ces histoires de superhéros pour collégiens ? Mais en réalité, presque tous les acteurs et actrices galèrent, cumulent souvent un deuxième boulot, sans moyen de gagner leur vie alors même que leur image ou leurs paroles se répandent dans le monde numérique. La plupart des profits générés par les tubes vont aux actionnaires, non aux musiciens. C’est là qu’est la véritable menace pour la prospérité humaine — pas chez l’IA.

La rubrique science donne la parole à Laurent Vercueil qui nous parle de l'énergie psychique, de l'ésotérisme qui a permît une invention réellement scientifique et encore utilisé aujourd'hui l'EEG en faisant le lien avec l'homme truqué, qui se confond avec l'inventeur Hans Berger dont on a récemment, en 2014, appris sa non détestation du régime nazi, alors que sa biographie suggérait le contraire...

Une Heure-Lumière - Hors-série 2021

septembre 13, 2021

 

Greg Egan, Le Bélial, 2021, 112 p., presque gratuit

 

 

Un château sous la mer

 
Greg Egan est un auteur dont la majorité des lecteurs ne comprennent rien à ce qu'il écrit, c'est Monsieur Hard SF version SM hardcore.
Un château sous la mer ne déroge pas à la règle, je n'ai rien bité au schmilblick ! Mais pour une fois, pas pour les raisons habituelles  : 99.99% est compréhensible, mais la chute est une chute obscure façon XXL. La première fois que j'ai lu la fin, j'ai pensé avoir loupé trois pages. A la seconde lecture, j'ai pensé être mal réveillé. A la troisième tentative, il a fallu me rendre à l'évidence, c'est Feyd Rautha le coupable. Pourquoi lui ? Il faut bien un coupable et ce ne peut être mon intelligence exceptionnelle. Et comme il est le traducteur de ce récit, c'est qu'il a fait un boulot de merde !
J'ai même une théorie hautement savante : l'ayant lu et n'ayant rien compris, il a traduit les dernières lignes de manière littérale et fanfaronne depuis en disant que la fin peut avoir plusieurs significations. Bref, il n'a rien compris non plus.

https://lepauledorion.com/2020/10/05/you-and-whose-army-greg-egan/


Mais nous sommes dans la hard SF. Greg Egan est un scientifique et il approuverait la méthode. Montrer ne sert à rien il faut aussi démontrer : ce que j'ai fait en lisant le texte en VO. Et là j'ai tout compris ! Si ce n'est pas une preuve... J'attends donc les excuses publiques de ce Feyd.
Preuve supplémentaire que cet ersatz de traducteur est un usurpateur : le titre VO est "You and Whose Army ?" qu'il traduit par "Un Château sous la mer" !!!
Donc s'il vous plaît Le Bélial, arrêter d'employer des amateurs et engagez de vrais professionnels, la profession n'en manque pas !

Avec tout cela, j'ai zappé de vous parler de l'histoire : Des quadruplés deviennent triplés, se sentent diminués et partent à la recherche du quatrième larron. Littéralement diminué, car ils sont le fruit d'une expérience scientifique ayant lié à jamais leurs cerveaux et souvenirs. L'histoire est prenante, Greg Egan nous livre peu à peu les éléments de compréhension jusqu'à la fin sabotée par Feyd Rautha !

Pas d'interview par contre cette année dans le hors série, Feyd Rautha doit prendre trop cher (pour un boulot merdique). Il faudra se contenter du catalogue une heure lumière. L'éditeur a trouvé la solution pour que les blogueurs ne râlent pas face à ce manque d'entretiens : inclure sur chaque livre de la collection une citation tirée de leur blog !
Mais votre serviteur n'est pas du genre à se laisser influencer, je critique tout de même. (J'entends les mauvaises langues persiflées que c'est à cause du fait que je n'ai pas de citation ! A ceux-là je leur tire la langue.)

Quand à Feyd, je n'ai qu'une chose à lui recommander, abandonner la traduction et trouver une place chez Ducros !
 
 
 
 
Un immense merci à Célinedanaë de m'avoir offert ce livre.
Vous pouvez retrouver son avis ici
Quant à moi, comme chaque année, j'ai refilé ce HS au célèbre maki Yogo
Pour les autres, il suffit de surfer sur le fil du forum Le Bélial


Bifrost n.101. Dan Simmons ouvre les tombeaux du temps

mai 11, 2021

 

Bifrost, Le Bélial, 2021, 192 p., 6€ epub sans DRM

 

Abonné à Bifrost depuis des lustres, j'attends toujours avec impatience la divulgation des dossiers à venir. Parfois c'est la joie, d'autrefois c'est la soupe à la grimace comme ici avec Dans Simmons, un auteur que je n'ai jamais lu. Déjà, les pitchs de ses romans ne me donnaient pas envie, et la réputation du bonhomme surtout, très à droite sur l'échiquier politique, fait que je me passe très bien de ne pas de lui donner mon fric.
C'est donc avec le bout des coussinets que j'ai abordé ce dossier qui ne m'a pas fait changer d'avis. Dan Simmons étant toujours vivant et sûrement armé d'une flopée d'avocats, est-ce pour ces raisons que le dossier était assez allusif sur sa pensée politique ? Bref, mon côté voyeur n'a pas été rassasié... Je ne m'étends pas plus sur le sujet, pas envie de gâcher de l'encre. Faut-il séparer l'homme de son oeuvre ? Pour moi la réponse est claire, non.


Greg Egan nous parle de La Fièvre de Steve qui nous conte l'histoire de Steve Lincoln qui a des rêves étranges. Rien à voir avec la covid, mais est-ce vraiment mieux ? Pas sûr. L'auteur a la réputation de produire des récits froids avec des personnages glacials, ce qui n'est pas le cas ici à mon avis. J'ai bien aimé ce texte qui nous laisse dans le flou à ses débuts et délite lentement le brouillard pour nous amener vers de la Hard SF accessible et merveilleuse.

Je vous ai donné toute herbe, de Christian Léourier nous invite sur une planète en cours de terraformation. Dan, un jeune homme se retire à l'écart des colons. J'ai toujours du mal à accrocher avec les écrits de l'auteur, ce texte n'échappe malheureusement pas à la règle.

Le Serveur et la Dragonne, de Hannu Rajaniemi est de la hard SF poétique. Si si, c'est possible. Cela nous parle d'un serveur (informatique) qui souffre de solitude et d'une dragonne 3.0. Feront-ils de beaux enfants ? Là est toute la question. J'ai dû comprendre 5% du texte, ce qui ne m'a pas empêché de l'apprécier. C'est aussi une traduction de Monsieur Apophis, un grand bravo et j'espère qu'il lui reste encore quelques cheveux après son travail qui n'a pas dû être une sinécure.

Un dossier critique toujours rempli à ras bord de livres, quelques critiques se trouvent sur le blog du Bélial. Thomas Day, après un congé d'un numéro, se penche sur les autres revues de l'imaginaire. Comme à son habitude, Galaxies SF lui permet d'épanouir sa créativité caustique pour mon plus grand bonheur. Seul étonnement, il a aimé une revue de vieux, le dernier numéro du Novelliste. J'espère que Lionel Evrard n'a pas fait de crise cardiaque.

Ma rubrique préférée, Paroles de, s'attarde sur Richard Comballot, Mr Interview de l'imaginaire. C'est toujours trop court à mon goût, mais c'est indispensable pour comprendre les coulisses de l'édition.

Roland Lehoucq nous parle du temps à travers Tenet. Comment en commençant par le concept du temps l'article en arrive à nous parler de thermodynamique et d'entropie, vaste sujet. J'ai dû zapper deux trois choses, car je ne mets aucun doute sur la véracité de l'article.

Ce numéro ne pouvait pas se clore sans un hommage à Joseph Altairac à travers une anecdote de bibliophile.

Le prochain Bifrost est consacré à Arthur C. Clarke. Auteur que j'ai peu lu : Les enfants d'Icare et Lumière des jours enfuis (écrit avec Stephen Baxter) sans être toutefois emballé. Mais j'ai très envie de découvrir ce dossier et, par la même, compléter ma découverte de l'auteur.

 

Bifrost n.45. Dossier Robert Charles Wilson - Greg Egan

mai 31, 2018

Bifrost, Le Bélial, 2007, 192 p., 11€ papier

 

Un vieux Bifrost consacré à Robert Charles Wilson. Mais le dossier se résume juste à une interview. Cependant, vous pourrez bénéficiez de deux autres, celle de Dantec et de Greg Egan avec même une analyse de son oeuvre.
Et pour le même prix, une couverture assez spéciale dont je me demande encore qu'elle est le rapport avec le contenu.

Interstyles


Divisé par l'infini, de Robert Charles Wilson
L’année qui a suivi la mort de Lorraine, j’ai envisagé six fois de me suicider. Envisagé sérieusement, je veux dire : je me suis installé six fois avec le gros flacon de clonazépam à portée de main et j’ai échoué six fois à le prendre, trahi par un instinct de survie ou dégoûté par ma propre faiblesse.
Je ne peux pas dire que je souhaite avoir réussi, parce que selon toute probabilité, j’ai bel et bien réussi, j’ai réussi à chaque fois. Six morts. Non, pas seulement six. Une infinité.
Fois six.
Il y a des infinis plus ou moins grands.

Le mari d'une salariée décédée de la librairie Finders y découvre des éditions anciennes de livres SF d'auteurs connus mais dont les titres semblent faux. Wilson nous invite dans l’étrange avec une plume agréable et subtile. Puis vient l'explication sur cette étrangeté des titres inconnus et là le lecteur est emmené dans un monde hommage à la SF.
Le mot magnifique de l'auteur sur cette nouvelle (dans le recueil Les perséides chez le même éditeur)
« Divisé par l’infini » a figuré cette année-là parmi les finalistes du prix Hugo, non, j’imagine, parce que c’est une nouvelle particulièrement originale ou réussie, mais parce que j’essayais si fort de pincer la corde fondamentale de la science-fiction qu’elle a fini par vibrer un instant.
(Avis extrait de mon ressenti sur le recueil Les Perséides)

Ivoire équarri, de Luc Dutour (pseudonyme collectif partagé par Johan Heliot et Xavier Mauméjean)
Emile Coué , le Pharmacien quantique et Joseph Poujol, dit le Pétomane sont deux agents de la Section des Statistiques dans leur troisième aventure. Contre espionnage pour sauver la France et ses colonies face à l'affreux Babar. Mouaih est le mot le plus sympathique de mon vocabulaire pour décrire cette nouvelle.


Yeyuka de Greg Egan
Monsieur hard SF nous emmène en Ouganda dans un futur proche. Alors que la technologie des pays riches a connu un essor phénoménal (fini les maladies, les accidents), les pays pauvres continuent de trinquer. Un médecin désoeuvré vient leur "apporter son aide" pour quelques mois.
L'auteur évite le regard hautain ou condescendant sur l'Afrique, et nous parle de l'engagement humanitaire de l'homme occidental face aux pays pauvres d'une manière très réaliste avec une chute splendide. Pas de jargon scientifique ici, juste l'humain face au mépris de l'industrie pharmaceutique.
Une nouvelle que vous pouvez lire ici ou dans le recueil Océanique

Cela ne faisait pas la moindre différence que je me sois porté volontaire vraiment par compassion ou à cause d'un certain manque de confiance en moi-même par crainte de mon obsolescence à venir. De toute manière, j'étais venu avec mes deux mains et une expérience suffisante de la chirurgie générale pour me rendre utile. S'il avait fallu être un saint pour guérir quelqu'un, la médecine aurait été condamnée dès ses débuts.



Ballades sur l’arc

Suit le fameux Cahier critique sur l'actualité du genre SF. Des avis toujours tranchés, il y a des choses qui ne changent pas, parfois très long (4-5 pages) comme celui sur Chasseurs de chimères qui me fait de l'oeil, ou Le papillon des étoiles de Bernard Werber qui en prend pour son grade. Le seul livre lu des recensions est Un choeur d'enfants maudits qui s'était révélé très, trop, glauque pour moi. Bref, peu de livres ont accédé à la prospérité depuis, à part quelques uns, dont Spin.
La chandelle de Maître Doc Stolze, rubrique défunte, s'attarde sur quelques livres de l'imaginaire parue en blanche.
Thomas Day était déjà en charge du coin des revues (et fanzines), lui non plus n'a pas changé.
Maurice Dantec parle à la Terre, un titre qui résume bien l'interview du feu provocateur et controversé écrivain. Très cultivé, ce qui n’empêche pas les idées nauséabondes.
Greg Egan ou la philosophie de la science nous offre une interview et une analyse de l'oeuvre et de sa métaphysique. Une pensée à l'opposé de Dantec. Et Denis Labbé n'a pas souffert d'une fin de non recevoir...

Au travers du Prisme : Robert Charles Wilson, des hommes et des idées

 « difficile », c’est quand on doit faire face, dans une cabine d’ascenseur, à un militariste de cent cinquante kilos qui tient votre œuvre pour « anti-américaine ».


Wilson, c'est le voisin idéal, pas envahissant, modeste et toujours prêt à dépanner. Son seul défaut, c'est d'être barbu, mais accordons lui qu'il l'a été bien avant tout ces hipsters,
Une interview intéressante, instructive par certains côtés, bien que l'auteur reste volontiers très évasifs sur certaines questions.

Je me souviens aussi qu’on m’emmenait dans une boutique où régnait l’odeur enivrante de la pulpe de papier et où je couvais du regard les couvertures de Galaxy et du Magazine of Fantasy and Science Fiction. On m’interdisait de les acheter, mais j’en avais une envie presque sexuelle.

De Bob Chuck Wilson en passant pas Robert Charles Wilson, désormais son patronyme seul suffit à tout amateur de SF. Alors qui est Wilson ? Élève médiocre, pourquoi s'est il mis à l'écriture ? Première nouvelle publiée en 1975 à 19 ans, premier roman 15 ans plus tard, quelles ont été ses influences, quel regard porte t-il sur ses textes de jeunesse ? Quel a été son premier texte Wilsonien ?
Quel est son film SF préféré ? Vous serez tout sur le canadien grâce à cette entretien que vous pouvez lire en ligne.

Mon goût pour la S-F et le fantastique date de ma si tendre enfance qu’il me paraît presque génétique, comme le phototropisme du tournesol. Je ne sais pas d’où il me vient, franchement.
Le dossier famélique se termine par une bibliographie. Greg Egan a eu une deuxième chance avec un vrai dossier il y a peu, à quand un vrai dossier Wilson ?


Ce qui définit la S-F, à mon avis, c’est son souci de l’imprévu. Le monde actuel était très différent dans le passé ; le présent aurait pu se révéler très différent selon l’évolution des événements ; et le futur sera forcément différent du présent. Ce sont là des idées simples, mais elles abondent en possibilités littéraires. Pour moi, le paradoxe est inverse : l’apocalypse n’a rien d’apocalyptique si c’est le Capitaine Futur qui la vit.
La couverture originale de Julian. Magnifique.

Les anticipateurs
L'histoire de la SF en feuilleton dans votre revue préférée avec pour ce numéro une analyse de l'oeuvre du comte Villiers de l'Isle Adam, qui nous a offert les Contes cruels, et L'Eve future où le premier androïde fera son apparition en 1880. J'avais repoussé la lecture de ce roman plusieurs fois, j'ai bien fait : très romantique, difficile d'accès, et empreint de mysticisme. bref, pas ma camelote.

Scientifiction

Roland Lehoucq et Claude Ecken dialogue sur la faisabilité de construire une arche stellaire. Pas si simple, le prouve cette deuxième partie : masse, propulsion, freinage, carburant, nourriture pour un voyage de 300 ans...

Razzies 2007
Ce numéro se termine par les Razzies 2007 : le prix du pire, sobrement sous titré : bienvenue chez les éditeurs qui prennent les lecteurs pour des cons.
Razzies qui prendront leur retraite après 10 ans de bons et loyaux services dans le numéro 65. Mais pour les plus jeunes, vous pouvez vous faire une idée en lisant les résultats de cette période.
Plein de mauvaise foi, de vérités rarement exprimées au grand jour, de taquineries, ces prix étaient un bol d'air frais pas au gout de tout le monde. Bref, tout les éditeurs en prenaient pour leur grade, ennemi comme ami, et je crois me rappeler que même Le Bélial en faisait les frais de temps en temps.
Nous avons le droit désormais au Prix des Lecteurs Bifrost, beaucoup moins drôle... A quand un courrier des lecteurs ?

Bifrost n.88. Dossier Greg Egan : Les temps futurs

novembre 08, 2017

 

Bifrost, Le Bélial, 2017, 192 p., 6€ epub sans DRM

Editorial : Olivier Girard y déplore le manque de talents - publiables - français en SF, d'où un sommaire des nouvelles 100% anglophone. Il évoque aussi quelques changements à venir : des nouvelles plus nombreuses dans les prochaines livraisons. A suivre...


La Dernière plume de Matthew Kressel.
Un écrivain se retire pour écrire son dernier roman que personne ne lira. Il reprendra l'inspiration auprès d'une jeune muse. Nostalgie de l'ancien temps qui ne reviendra plus, y est déploré la fin du papier : nous sommes dans la science fiction, si c'est juste pour déplorer les nouvelles technologies, sans autres fondements que la nostalgie... Un texte dépourvu d'originalité sauvé toutefois par un habillage SF plaisant. Mais bon, si je lis de la SF, ce n'est pas pour avoir des textes au thématique de littérature générale. Le directeur du Bélial déplore le manque de talent français, ce n'est pas cette nouvelle qui m'a démontré que les anglosaxons font mieux. Comme le dit Egan dans l'interview :

Utiliser la science-fiction pour bricoler des métaphores sur des thèmes familiers revient à la dévoyer ; c’est comme prendre un microscope pour s’en servir de presse-papier.

La Vallée de l'étrange de Greg Egan
Difficile de résumé sans spoiler, donc passons directement aux thématiques : Qu'est ce qui fait la conscience, l'identité ? Les souvenirs ? L'expérience ? Au delà de la non acceptation des androïdes et de la non reconnaissance de leur existence par la société, Greg Egan nous interroge sur Et si nos souvenirs étaient incomplets, serions nous la même personne ? Serions nous une personne ? Un bon texte au personnage attachant.


Suit le fameux Cahier critique sur l'actualité du genre SF. Afin de pouvoir prévoir ses futurs achats. Indispensable pour ne pas jeter de l'argent par les fenêtres. Le nombre de pages de la revue n'étant pas illimité, quelques critiques en ligne ici
J'y ai repéré Au bal des actifs; Celestopol qui me faisait envie, mais me fait douter d'après quelques points soulevés; L'enfer du troll (qui traine sur ma liseuse de même que son instinct), Le Moineau de Dieu (idem)
La présentation d'Oregon de Pierre Pelot avait tout pour me plaire, mais la conclusion de Laurent Leleu a de quoi refroidir les ardeurs. Idem pour Playground de Lars Kepler
Déjà lu et chroniqué par mes soins : Metro 2035 - La Cité des miroirs - L’Arche de Darwin
Dans Le coin des revues (et fanzines), rien à sauver d'après Thomas Day

La revue donne ensuite la parole à un illustrateur : Caza et à des librairies fantômes ! De quoi voyager dans le temps pour les parisiens.


Arrive alors le spécial Greg Egan. Pas de photo du monsieur, mais un scan de son cerveau, pas si mal !

L'interview est le moment que j'attends le plus à chaque livraison de la revue. Et cette dernière a bien failli ne pas exister, Greg Egan ayant "envoyés chier dès la seconde question de l’interview qu’on avait entrepris de lui consacrer (non non, on a pas les boules) " l'équipe du Bélial. Plus d infos ici. De fait nous avons le droit à une "vieille" interview de 2011. On y côtoie un auteur militant et droit dans ses bottes concernant l'utilisation de la science dans la SF. Un homme qui fait la part des choses entre SF d'émerveillement et la sienne très méthode scientifique. Il apparait cependant par instant comme détenteur de LA vérité, mais n'est ce pas le lot de tout le monde ?
La fin des certitudes, de Philippe Boulier, est l'article qui m'a le plus emporté, décrivant les différentes thématiques et approches de l'auteur. Ayant peu lu de lui, mais lisant régulièrement des avis sur ces textes, je voyais un Greg Egan hard science pur et dur, mais c est aussi un penseur critique sur notre société bien que le sieur s'en défende.
Un article se penche sur la cas Quarante deux, une confrérie secrète organisant des déjeuners entre initiés, et dont il semblerait aurait usé de son influence pour que Greg Egan soit publié en France ! J'avais souvent entendu parlé des 42, sans savoir réellement ce que cela recouvrait, me voilà informé.
Les deux guides de lecture (romans et nouvelles) sont frustrantes à deux titres : les romans les plus abordables sont les moins réussis. Et le guide étant le fait de plusieurs chroniqueurs, difficile de se faire un jugement précis an fonction des goûts et des couleurs des uns et ses autres. On pourra aussi reprocher quelques redondances entre les guides et l'article de Philippe Boulier.
Bref un dossier très instructif et frustrant : l'oeuvre est inabordable pour le simple mortel que je suis. Et en vieillissant,  le bonhomme ne met pas d'eau dans son vin car il conseille désormais "que le lecteur ait un crayon à la main pour noter les passages à éclaircir, ou aille sur son site lire un article de vulgarisation scientifique complémentaire et peut-être même nécessaire…"
Pour ma part lire de la science fiction, c'est s'émerveiller et s’interroger sur la société, Greg m'a clairement fait comprendre d'aller côtoyer d'autres auteurs. Dommage car ce traitement science et réflexions sociétales est plus qu'intéressant.


Je ne suis pas intéressé par les histoires qui invitent le lecteur à rester bouche bée « d’émerveillement » face à la taille de l’univers, aux échelles de temps cosmologiques ou aux étrangetés quantiques, ni par les histoires qui abordent la notion, évidente depuis maintenant longtemps, qu’il n’y a aucun dieu et que nous n’avons aucun but préexistant, comme s’il s’agissait d’une humiliante révélation soulignant notre insignifiance et notre impermanence. La littérature qui se confronte véritablement avec la réalité n’est pas choquée par ce que l’on connaît déjà depuis des siècles. À la place, cette littérature s’émerveille du fait que nous ayons réussi à en apprendre tant au sujet de l’univers, et en savoure les détails.
Une œuvre d’art qui ne dit rien sur les lois de l’électromagnétisme, la gravité, la mécanique quantique, rien sur l’ancrage physique de la conscience, rien sur le processus lors duquel nous avons appris les lois qui gouvernent tout ce qui nous entoure, cette œuvre serait pareille à une œuvre d’art représentant la Terre actuelle mais sans la moindre mention des lois et coutumes humaines, des tensions entre l’individu et la société, des représentations d’une ville, d’un village, d’une forêt ou d’une rivière. Un art qui ne voit pas le véritable environnement dans lequel nous vivons – la réalité physique dans son sens le plus large – serait myope et équipé d’œillères, quelque chose d’aussi absurde que pathétique.

Roland Lehoucq nous livre un scientifiction sur Des roues dans l'espace
Si vous pensez que certains vaisseaux sont circulaires et tournent sur eux même pour faire joli, je ne peux que vous inviter à lire l'article. Le bon professeur Lehoucq va vous expliquer le pourquoi de la chose via les concepts de gravité artificielle, d'impesanteur, d'inertie et de force centrifuge...
Et nous livre un conseil si toutefois vous avez l'occasion d'aller sur ce genre de vaisseau spatial : "Je ne recommande donc pas de jouer au basket ou de faire du saut en hauteur dans une station orbitale" ou bien alors d'avoir un sac à vomi proche !


On finit par les paroles de Normes et l'appel au vote pour le prix des lecteurs Bifrost 2017.
Pour finir, une version epub toujours bancal : un sommaire non mis à jour totalement, des espaces très nombreux qui apparaissent ou disparaissent, des renvoies aux notes non valides, un roman imputé à un autre auteur. Rien de rédhibitoire à la compréhension mais ces problèmes durent depuis pas mal de numéros. Agaçant. Réagissez ! (une version corrigée a été mise en ligne le 06 novembre, après rédaction de mon avis, mais j'ai la flemme de vérifier si tout est rentré dans l'ordre)

Les lutins aiment écrire sur les arbres, donc attention si vous avez la fibre écolo. Et Xapur lance un appel à l'aide à l'équipe du Bélial : Mais pourquoi sont-ils si méchants avec leur collaborateur ? Et Lecture42 s'est fait taxer quelques euros par l'équipe du Bélial ! Mais que fait la police ?

Cérès et Vesta

septembre 08, 2017

Greg Egan, Le Bélial, 2017, 120 p., 4€ epub sans DRM


Une approche clinique de thématiques humanistes

Présentation de l'éditeur : 


Cérès d’un côté, Vesta de l’autre. Deux astéroïdes colonisés par l’homme, deux mondes clos interdépendants qui échangent ce dont l’autre est dépourvu — glace contre roche. Jusqu’à ce que sur Vesta, l’idée d’un apartheid ciblé se répande, relayée par la classe politique. La résistance s’organise afin de défendre les Sivadier, cible d’un ostracisme croissant, mais la situation n’est bientôt plus tenable : les Sivadier fuient Vesta comme ils peuvent et se réfugient sur Cérès. Or les dirigeants de Vesta voient d’un très mauvais œil cet accueil réservé par l’astéroïde voisin à ceux qu’ils considèrent, au mieux, comme des traîtres… Et Vesta de placer alors Cérès face à un choix impossible, une horreur cornélienne qu’il faudra pourtant bien assumer…


Mon ressenti :


Greg Egan est un fantôme dont un des loisirs est de jouer au football quantique et un autre de pondre des textes de Hard-SF. Dans Cérès et Vesta, il a pensé aux pauvres lecteurs allergiques à ce genre et a évité de mettre des théories scientifiques dont même les noms vous filent des maux de tête. Merci Greg.

Bifrost n.81 : Dossier Pierre Pelot

mai 11, 2016

Bifrost, Le Bélial, 2016, 193 p., 6€ epub sans DRM

Livraison de janvier 2016 de la revue Bifrost avec un dossier autour de Pierre Pelot

Pour une nuit, de Pierre Pelot : un récit autour de la maladie mentale, la réalité et l'utopie. Ce texte, bien écrit, poétique et rempli de colère, m'a fait penser aux textes de certaines chansons de Léo Ferré dernière époque tel le chien, Et basta !, Words words words…

Les yeux de l'arc-en-ciel, de Greg Egan : Un enfant doté d'implants oculaires décide de les hacker afin de distinguer tout le spectre des couleurs. Texte autour de la différence et de la vision du monde. Réjouissant.

L'amidéal, de Pierre Pelot : Un écrivain en panne d'inspiration, légèrement dépressif, voit débarquer un quidam qui se dit être son ami. Une nouvelle sur l'écriture, la société et l'amitié.

Bifrost n.79 : Dossier Yves & Ada Rémy

mai 11, 2016

Bifrost, Le Bélial, 2015, 197 p., 6€ epub sans DRM


Une nouvelle livraison de Bifrost, avec un dossier sur Yves et Ada Rémy, que je connaissais de noms et allais enfin en connaître plus.

Comme habituellement, nous débutons par quelques nouvelles :
- Nuits cristallines, de Greg Egan. Il est question ici d'intelligence artificielle. Est-elle si artificielle que nous pouvons le penser ? Que se passe t-il lorsque nous jouons à dieu ? J'ai adoré cette nouvelle et sa mise en abime.

- Facteur X, de Laurence Rivière. A réserver aux inconditionnelles de Doctor Who. Et si cette série avait été française ? Un demi siècle de revisite de notre patrimoine audiovisuel. Drôle et documenté.
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