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Bifrost n.101. Dan Simmons ouvre les tombeaux du temps

mai 11, 2021

 

Bifrost, Le Bélial, 2021, 192 p., 6€ epub sans DRM

 

Abonné à Bifrost depuis des lustres, j'attends toujours avec impatience la divulgation des dossiers à venir. Parfois c'est la joie, d'autrefois c'est la soupe à la grimace comme ici avec Dans Simmons, un auteur que je n'ai jamais lu. Déjà, les pitchs de ses romans ne me donnaient pas envie, et la réputation du bonhomme surtout, très à droite sur l'échiquier politique, fait que je me passe très bien de ne pas de lui donner mon fric.
C'est donc avec le bout des coussinets que j'ai abordé ce dossier qui ne m'a pas fait changer d'avis. Dan Simmons étant toujours vivant et sûrement armé d'une flopée d'avocats, est-ce pour ces raisons que le dossier était assez allusif sur sa pensée politique ? Bref, mon côté voyeur n'a pas été rassasié... Je ne m'étends pas plus sur le sujet, pas envie de gâcher de l'encre. Faut-il séparer l'homme de son oeuvre ? Pour moi la réponse est claire, non.


Greg Egan nous parle de La Fièvre de Steve qui nous conte l'histoire de Steve Lincoln qui a des rêves étranges. Rien à voir avec la covid, mais est-ce vraiment mieux ? Pas sûr. L'auteur a la réputation de produire des récits froids avec des personnages glacials, ce qui n'est pas le cas ici à mon avis. J'ai bien aimé ce texte qui nous laisse dans le flou à ses débuts et délite lentement le brouillard pour nous amener vers de la Hard SF accessible et merveilleuse.

Je vous ai donné toute herbe, de Christian Léourier nous invite sur une planète en cours de terraformation. Dan, un jeune homme se retire à l'écart des colons. J'ai toujours du mal à accrocher avec les écrits de l'auteur, ce texte n'échappe malheureusement pas à la règle.

Le Serveur et la Dragonne, de Hannu Rajaniemi est de la hard SF poétique. Si si, c'est possible. Cela nous parle d'un serveur (informatique) qui souffre de solitude et d'une dragonne 3.0. Feront-ils de beaux enfants ? Là est toute la question. J'ai dû comprendre 5% du texte, ce qui ne m'a pas empêché de l'apprécier. C'est aussi une traduction de Monsieur Apophis, un grand bravo et j'espère qu'il lui reste encore quelques cheveux après son travail qui n'a pas dû être une sinécure.

Un dossier critique toujours rempli à ras bord de livres, quelques critiques se trouvent sur le blog du Bélial. Thomas Day, après un congé d'un numéro, se penche sur les autres revues de l'imaginaire. Comme à son habitude, Galaxies SF lui permet d'épanouir sa créativité caustique pour mon plus grand bonheur. Seul étonnement, il a aimé une revue de vieux, le dernier numéro du Novelliste. J'espère que Lionel Evrard n'a pas fait de crise cardiaque.

Ma rubrique préférée, Paroles de, s'attarde sur Richard Comballot, Mr Interview de l'imaginaire. C'est toujours trop court à mon goût, mais c'est indispensable pour comprendre les coulisses de l'édition.

Roland Lehoucq nous parle du temps à travers Tenet. Comment en commençant par le concept du temps l'article en arrive à nous parler de thermodynamique et d'entropie, vaste sujet. J'ai dû zapper deux trois choses, car je ne mets aucun doute sur la véracité de l'article.

Ce numéro ne pouvait pas se clore sans un hommage à Joseph Altairac à travers une anecdote de bibliophile.

Le prochain Bifrost est consacré à Arthur C. Clarke. Auteur que j'ai peu lu : Les enfants d'Icare et Lumière des jours enfuis (écrit avec Stephen Baxter) sans être toutefois emballé. Mais j'ai très envie de découvrir ce dossier et, par la même, compléter ma découverte de l'auteur.

 

Aventures sidérantes, l’antho pulp !

juillet 13, 2020

Textes réunis par Martin Lessard, Flatland, 2020, 256 p.,16€ papier


Des francophones à l'assaut du pulp américain

Présentation de l'éditeur :


D’Amazing Stories à Galaxy, en passant par Wonder Stories, Weird Tales et Astounding, les « pulps » ont régné durant la première moitié du vingtième siècle ! Les histoires d’empires galactiques aux planètes étranges, de savants fous pénétrant l’atome, de colossaux ordinateurs capables de provoquer la fin du monde, d’envahisseurs extraterrestres aux multiples tentacules, de mutants aux pouvoirs inexpliqués ou d’automates incontrôlables menaçant la sécurité nationale peuvent aujourd’hui nous paraître décalées, voire grotesques… Et pourtant, tous les grands courants de la science-fiction moderne trouvent leur inspiration dans ces magazines populaires aux illustrations de couverture flamboyantes et colorées ! Aventures Sidérantes, par la voix d’autrices et auteurs francophones, leur rend un hommage vibrant… et résolument moderne !

Mon ressenti :

Moi ce que j'aime dans le Pulp, c'est quand il n'y en a pas ! Alors pourquoi accepter un service de presse de la part de l'éditeur ? Parce que c'est gratuit dirons les mauvaises langues. Non, pas seulement. J'aime bien lorsque des auteurs d’aujourd’hui rendent hommage aux anciens, cela donne un coup de neuf au vieux truc et cela permet parfois de découvrir des textes sortis jadis. En outre je connaissais quelques auteurs et autrices au sommaire et j'avais envie de continuer à explorer leur univers.
Comme dans toute anthologie, selon vos affinités, vous naviguerez entre des textes passables et des bons. Et dans l'ensemble j'ai plutôt était satisfait par rapport à la promesse du sujet de l'aventure sidérante hommage à la SF de l'âge d'or. Parfait pour l'été qui arrive.
Donc si tu aimes lire des textes dont la vraisemblance n'est pas la préoccupation principale, ce recueil fait le boulot. Pour les autres, faites comme bon vous semble...

Chaque texte est succinctement résumé et chaque auteur a le droit à sa petite notule biographique en fin d'ouvrage. Le tout s'ouvre sur un avant propos de Xavier Dollo qui nous explique le pourquoi de cette anthologie. Martin Lessard préface de manière posthume ce livre et je partage sa comparaison pulp/dessert :

On ne peut pas manger que ça, mais une petite gâterie bien grasse et sucrée de temps à autre, ça ne fait de mal à personne.


Petite revue rapide de l'ensemble des 16 nouvelles :


Une station ordinaire, de Patrice Lajoye
Ne jamais se fier aux apparences.
Suite à la disparition d'un Vortex, une station spatiale se retrouve isolée du reste de l'humanité. Quelques siècles plus tard, des retrouvailles ont lieu.
Deux twists bien amenés, surtout le dernier. Le pulp est bien présent à travers un transhumanisme et une histoire à priori balisée qui fait le job.


La française des oeufs, de Jean Michel Calvez
Un consultant donne l'idée du siècle à  La société des jeux français. Fini le grattage, place à l'oeuf ! Mais attention au coucou !
L'occasion pour l'auteur de décliner jeux de mots foireux, analogies bidons autour de l'oeuf. Plaisant et rigolo avec une fin sidérante.


Les Martiens, de Christian Léourier
"Un bon martien est un martien mort."
Enfin sur Mars. Problème, des martiens s'y trouvent et sont belliqueux. La glorieuse force armée est chargée de faire le ménage.
Classique, mais cela fonctionne toujours. Et même si la chute est attendue, elle arrive à surprendre par son éthique.


Darwin et le dragon, d'Olivier Caruso
Darwin, le docteur Moreau et un dragon sont sur une île...
Darwin se morfond, sa théorie a été battue en brèche. Un jeune scientifique a la preuve que l'évolution reste cependant possible. Une réécriture de l'histoire plaisante qui permet de relier la réalité et l'imaginaire.


Six pour l’apocalypse, de Bruno Pochesci
Une horde du contrevent version hallucinée où on suit une équipe de guignols lutter contre des moizis. C'est complètement foutraque, du grand n'importe quoi gore et porn très seventies. C'est du Pulp comme il en existait et qui heureusement n'existe plus. Le plus con dans tout ça, c'est que j'ai été malgré tout assez intrigué pour voir où tout cela nous menait. Heureusement.


Et veiller l’infini, de Cyril Carau
Des hommes augmentés, la guerre contre l'envahisseur, une histoire d'amour et du sexe. Nous sommes bien en terre pulp. Mais l'auteur ne fait qu'imiter à mon avis et n'apporte pas un plus moderne à l'ensemble. En outre, la fin est un peu trop métaphysique pour me plaire.


La boifouille, d'Éric Vial-Bonacci
Nous suivons les pérégrinations d'une boifouille sur une planète. Je suis passé à côté de ce texte qui m'a un peu rappeler Le monde vert.


Sky is the limit, de Nando Michaud
Une expédition est lancée à l'assaut de la galaxie voisine. Mais au fur et à mesure du voyage, les vrais raisons se dévoilent peu à peu.
Variation scientifico éthique capitaliste qui bat en brèche le développement outrancier. Bien Pulp. Trop pour moi.


Et chez vous, tout va bien ?, de Laurence Suhner
Un scientifique se trouve chez lui mais quelque chose cloche. Lui, sa santé mentale ou autre chose ? Une variation autour du la figure du savant fou autour des conséquences parfois désastreuses des expériences scientifiques.
Après lecture, une seule question : rien d'étrange ne se déroule chez vous ?


L’herbe plus mauve ailleurs, d'Emmanuel Quentin
Un titre énigmatique qui nous entraine en Amérique auprès d'un farmer d'un village paumé. Et il attend, car lui, il les a vu les monstres de l'espace...
Texte assez court qui réussit à poser une ambiance et une histoire réaliste. Le thème du premier contact y est abordé de manière original. Joli.


La relève, de Xavier Mauméjean
J'ai plus aimé la présentation que le texte.

Tandis que les vaisseaux de l’Âge d’or filent au-delà des étoiles,
la Terre doit continuer de tourner. Nombre de héros pulps étant partis s’illustrer ailleurs, il faut en recruter de nouveaux, ici et maintenant. Se prépare alors la transition vers l’Âge d’argent…
Je pense qu'il m'a manqué quelques références super héroïques pour comprendre.


Ah ! les garçons, de Pierre Gévart

Textes déjà lu dans le numéro 61 de la revue Galaxies SF. J'aurais pu vous mettre le lien mais vous avez le droit au copier coller. Non, ne me remerciez pas.
Un vaisseau fait une drôle de rencontre....
Texte Pulp avec l'outrance qui va avec, mais l'auteur inverse les rôles et les genres. La technologie futuriste du vaisseau spatial de la mort of death est splendide : on a rien inventé de mieux depuis les cartes perforées ! Et le tout a bien ravi mes zigos.


Un goût si délicat, d'Alain Rozenbaum
La science fiction nous permet souvent de nous mettre à la place de, qui est précisément le sujet ici où il est question d'une petite visite dans une ferme d"élevage/abatage, sous la bonne garde des Rovace, des chiens androïdes multitâches. On voit rapidement comment cela va finir, mais l'auteur arrive tout de même à nous glacer le sang.


Impress Genetic Inc., d'Élodie Boivin
Alors que madame fanfaronne, auréolée de gloire dans différents coktails, Monsieur ravale sa rancune. Il n'est qu'un faire valoir remplaçable. Dirigeante d'une boîte de transhumanisme, son mari a peut être une idée pour exercer sa vengeance.
Variation Pulp où on inverse les rôles et s'amusent avec des inventions abracabrantes.


Le diamant Mogul-Topor, de Gulzar P. Joby
Une histoire de pirates de l'espace à la recherche d'un diamant, mais cette fois ci, ce sont les femmes à la manœuvre. Je ne suis pas très fan de ce genre d'histoire et m'y suis ennuyé.


La récalcitrante du Cachalot, de Michèle Laframboise
Lorsque tout est automatisé, et orchestré par une IA, cela peut vite tourné au cauchemar lorsque l’appareil se grippe, en l’occurrence ici, une simple porte. Pourquoi cette porte refuse t'elle de s'ouvrir ?
Un texte rempli d'humour, plein de fausses pistes dont la révélation finale est surprenante. Une friandise pulp bien troussée.


Avis réalisé dans le cadre d'un service de presse




Bifrost n.93. Peter Watts : le choc du futur

février 11, 2019

Bifrost, Le Bélial, 2019, 192 p., 6€ epub sans DRM



À moins que le monde s’effondre d’ici là.
Erwann Perchoc

Peut on aimer à la fois les chats et les hommes ? C'est la question primordiale à laquelle va tenter de répondre la revue Bifrost

 

Les nouvelles

La Longue patience de la forêt, de Christian Léourier
Monsieur Lanmeur nous entraine dans l'éternel histoire entre se satisfaire de ce que l'on a et découvrir les promesses de l'inconnu, ce qui en fait un texte tout indiqué pour ce dossier. Assez classique sur le fond, la plume de l'auteur permet cependant de passer un agréable moment.


ZeroS,  de Peter Watts
Une histoire de jumeau maléfique, de camarade cadavre et de zombies. Une nouvelle qui se situe dans l'univers de ses romans Vision Aveugle et Echopraxie, mais compréhensible pour le non initié. Alors, comment se fera la guerre dans l'avenir ? Aussi moche qu'aujourd'hui sans aucun doute, cyborg ou pas. Autant j'aime la vision de l'humanité de l'auteur, autant j'ai du mal avec ses textes qui me paraissent pour la plupart un peu abscons.

Carnets de bord


Suit le fameux Cahier critique sur l'actualité du genre SF. Afin de pouvoir prévoir ses futurs achats. Indispensable pour ne pas jeter de l'argent par les fenêtres. Le nombre de pages de la revue n'étant pas illimité, quelques critiques en ligne ici et aussi ici
Une fois n'est pas coutume, Apophis m'a donné envie de lire un roman de fantasy, Olangar de Clément Bouhélier qui me fera découvrir un nouveau sous genre : la (politique-)fantasy.
La critique de Frankenstein 1918 me donne encore plus envie de m'y plonger. Avec quelques doutes, je lirai peut être Underground Airlines, Dimension Technoscience@venir et Complainte pour ceux qui sont tombés.

Rien de bien alléchant dans les revues, il faudra cependant que je jette un jour un oeil sur la revue Galaxie.

Paroles de... s'attarde sur les coulisses du festival Les Rencontres de l’Imaginaire de Sèvres en compagnie de son fondateur Jean-Luc Rivera.Comme toujours avec cette rubrique, c'est toujours instructif, mais j'aimerai qu'elle soit un peu plus longue, il y a toujours un goût de trop peu.

 

 

Au travers du Prisme : Peter Watts

Vient le dossier consacré à Peter Watts à travers un long entretien, un court essai et une bibliographie.

Apprécier l'instant... craindre l'avenir : un entretien, par Erwann Perchoc
Voilà le morceau de choix du dossier, un long entretien sans langue de bois, avec beaucoup de verve, de recul et de second degré, sans oublier un peu de humour grinçant et son amour incommensurable pour l'espèce humaine. Peter Watts s'y livre sans fard, une enfance heureuse dont les psys doivent se régaler :

Mon père lui a fait son coming out le lendemain de ma naissance — j’imagine qu’il m’a jeté un coup d’œil et a décidé que cinq rapports hétérosexuels répartis sur treize années étaient un prix trop élevé pour une si maigre récompense —, et lui a proposé le divorce.

Concernant les reproches réguliers faits sur sa narration :

Les abus en tant que tels étaient émotionnels — et, au moins, ça m’a appris deux-trois trucs qui m’ont plus tard été utiles pour la création de personnages.
Même si pas assez, selon certains critiques. Mais c’est la vie.

Laissons maintenant les lecteurs de Bifrost pouffer de dédain à la vue de Peter Watts pontifiant sur les subtilités de la narration. Allez-y, les gens, prenez tout le temps qu’il vous faut.

Quand à son amour pour l'humanité mesquine, il est entier :

Vous n’êtes rien que des mammifères humains. Vous paradez, vous donnez des coups de boule, vous luttez pour les ressources comme une myriade d’autres espèces de mammifères — et si vous avez des trucs intelligents à dire, vous laissez souvent vos instincts parler à la place. Grandissez, bordel, ou admettez que vous n’êtes qu’une bande de primates, tout juste bons à vous lancer mutuellement vos fèces à la gueule, mais avec plus de vocabulaire que bien d’autres.

Vous ne pouvez pas avoir le beurre et l’argent du beurre ; vous pouvez reconnaître que vous n’êtes qu’un mammifère égoïste ou vous pouvez affirmer que vous êtes supérieur aux animaux sauvages, mais dans l’un ou l’autre cas, ayez l’honnêteté de vous comporter en conséquence. Ne prétendez pas être l’Espèce Élue de Dieu puis passer votre putain de vie à vous comporter comme un bulot.
Les gens peuvent se restreindre et penser au long terme. Dans la majorité des cas, ils ne le font pas. Ils utilisent leur néocortex non pour contrôler leurs instincts, mais pour trouver des excuses à ces derniers. Nous ne nous battons pas pour des ressources, nous « propageons la démocratie » ; nous ne pratiquons pas la sélection de parentèle, nous « purgeons les infidèles » ; nous ne violons pas nos femmes, nous « respectons les commandements divins » pour peupler la planète de nos enfants. Nous nous comportons à peu près comme n’importe quel mammifère sur Terre, mais nous refusons de l’admettre.

Quand à sa vision de notre société :

Si mes premières nouvelles plaidaient pour le sauvetage de la planète, mes textes les plus récents tendent à avoir des buts plus modestes : ces temps-ci, je préconise qu’on traque les Trump, les Koch, les Harper et les Trudeau du monde entier, qu’on les traîne dans la rue et qu’on les roue de coups jusqu’à ce que mort s’ensuive. Il est peut-être trop tard pour éviter la catastrophe, mais on aura une petite vengeance contre ces connards qui se sont mis en travers du chemin. (Bien sûr, vu comment ces gens sont bien protégés, cette ambition s’avère à peine moins irréalisable que sauver la Terre. Mais il ne faut pas perdre espoir.)


En route vers la dystopie avec l'optimisme de la colère, par Peter Watts
Ce texte est connu des lecteurs du recueil Au-delà du gouffre, car il s'agit de sa postface, un peu trop digressive à mon goût sur sa mésaventure étatsunienne.
Dommage d'avoir repris cet article ici, les fans de Watts le connaissent, l'entretien qui le précède donne une idée très claire de ce que pense l'auteur.

Si mes écrits tendent à la dystopie, ce n’est donc pas par amour pour celle-ci, mais parce que la réalité m’y oblige. Un environnement dévasté n’est plus facultatif quand on met en scène le futur proche. Tout ce que je peux faire à présent, c’est imaginer pour mes personnages une manière de se débrouiller avec les cartes qu’on leur a distribuées. Qu’ils implantent faux souvenirs et menottes neurologiques chez leurs employés, qu’ils puissent ordonner l’immolation de dix mille réfugiés innocents… n’est pas ce qui constitue la dystopie. Ce qui la constitue, c’est l’héritage dans lequel ces actions horribles sont les meilleures possibles, où tout autre choix serait pire ; un monde dans lequel des gens commettent des massacres non par sadisme ou par sociopathie, mais parce qu’ils essayent de faire le moins de mal possible. Ce n’est pas un monde que mes personnages ont construit. Seulement celui que nous leur avons laissé.
Il n’y a pas de vrais méchants dans le Monde de Watts. Si vous voulez des méchants, vous savez où chercher.


Eriophora et tisseur de récits : un guide de lecture
Si vous ne connaissez pas l'auteur, ces diverses recensions devraient vous donner quelques pistes. J'avais lu Starfish sans enthousiasme débordant, mais Apophis m'a donné envie de continuer la suite de la trilogie Rifteurs, malgré ses quelques bémols. Quand aux autres romans, la hard SF est peut être trop présente pour moi. Dommage.
Pour les pauvres qui ne peuvent s'acheter la revue, Bifrost a pensé à vous en mettant en ligne les avis parus dans leurs pages les années précédentes : Peter Watts, guide de lecture auxiliaire
Et vous pouvez même retrouver la bibliographie d'Alain Sprauel en ligne


Scientifiction : Les monstres de la science-fiction : des morphologies et des gènes hors-norme, par J-Sébastien Steyer, Alise Ponsero et Roland Lehoucq
Après un rapide détour historique, l'article s'attarde sur les monstres de notre présent, qu'ils soient issus de Tchernobyl, du marronnier de la presse avec le clonage de dinosaure ou encore les ciseaux génétiques CrispR-Cas9 en faisant le parallèle avec différents films.


Le long entretien suffit à lui même pour acheter ce numéro (que je vous conseille d’acheter en version papier, l'epub faisant mal aux yeux...), même si vous y découvrirez un auteur à la Alain Delon, c'est à dire qui aime parler de lui à la troisième personne. Pour ma part, Watts n'est pas pessimiste, juste réaliste.



D'autres avis ici et là 

Fan devant l'éternel, lutin88 l'a lu avec avidité, Xapur s'est laissé piégé par deux blogueurs et envisage de lire l'auteur dans le texte. Un de ses même blogueurs plonge même sans vergogne dans le conflit d'intérêt.


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