La reine du Diable Rouge

 

Jean-Christophe Gapdy, 2019, Pulp-factory, 204 p., 14€ papier


Pour les fanatiques du ballon rond, méfiez vous, La reine du Diable Rouge n'est nullement le récit de la visite de la reine Mathilde dans les vestiaires de l'équipe de Belgique de football pour les féliciter de leur troisième place lors de la dernière coupe du monde.



Présentation de l'éditeur :


Gerulf, l’androïde, est le précepteur de Thomas. Lorsque le jeune garçon est enlevé, face à la lenteur des polices terrestres et malgré le peu d’indices dont il dispose, il se lance à sa recherche. Au cours de ses investigations, il découvrira une autre disparition qui lui semble inexplicablement liée : celle d’une jeune femme sur Mars.
Avec ténacité et pugnacité, il va enquêter, ce qui le conduira dans des situations de plus en plus périlleuses où se croisent intelligences artificielles, pirates et bellicistes des forces spatiales. Et, surtout, il fera la connaissance du Diable Rouge et de sa fascinante Reine.

Mon ressenti :



Vous adorez les polars avec leurs enquêtes policières retorses et machiavéliques, mais ce qui vous fait vibrer, c'est le bon vieux space opera avec vaisseaux, IA et pirates de l'espace. Jean Christophe Gapdy a pensé à vous en alliant les deux.

Thomas est un gosse de riche, et comme tout bon élite qui se respecte, il a un précepteur, Gerulf, pour prendre soin de lui et de son éducation. Son père est à la tête d'une entreprise interplanétaire dans les technologies de communication. Et ce qui devait arriver arriva : Thomas est kidnappé. Le bon précepteur se lance à la poursuite de son kidnappeur qui va l'emmener de la Terre à la Lune et sur Mars. Ou plutôt, de Terre à Lune en passant par Mars : "Du fait de l’occupation de Mars et de Vénus, le vocabulaire humain a évolué et la planète originelle est nommée Terre et non plus « La Terre ». De même, la Lune a perdu son article pour devenir Lune."
Classique ? Non, car tout ceci se passe dans l'univers de SysSol (développé pleinement dans pour un autre de ses romans, Les gueules des vers), où le système solaire a été colonisé. Les technologies ont fait un bon en avant, les IA, androïdes et humains sont, presque, devenus égaux. Ce monde futuriste n'est pas là que pour le décorum, c'est un des éléments de l'histoire. Sans certaines technologies, impossible de résoudre l'enquête. En outre, le précepteur Gerulf a un atout de taille, c'est un androïde à l'IA sur-développée.

En filigrane, l'intrigue tortueuse permet de nous interroger sur les ressemblances entre IA et humains.

Une IA ne se mesure pas à l’aune de sa conception, mais bien de son évolution. Pas plus qu’on ne peut connaître un humain en n’étudiant que sa petite enfance. Il serait sans doute intéressant qu’un jour quelqu’un se penche sur l’évolution psychoquantique des IA. 

Autre pistes de réflexions, les données et leur sauvegarde dans un monde numérique. le nettoyage des données sur les réseaux, la fameuse e-réputation qui permet de se refaire une santé à peu de frais. Ici les margoulins s'en servent pour effacer les traces de projet à la légalité douteuse. De quoi réécrire l'histoire à son intérêt.

J'ai beaucoup aimé la transposition SF du polar noir des années 50-60. 
Cependant, un bémol, assez subjectif, est lié au genre et aux codes du polar. Moi j'aime les romans où l'auteur donne tous les éléments dans son récit pour découvrir le malfrat, bref, les enquêtes à la pépé, à la Poirot. Ici, nous sommes plus dans la veine rebondissements, retournements de situations. Mais l'auteur le fait avec brio, nous amenant chaque fois vers une résolution qui s'avère fausse et trompeuse. Et lorsque l'on pense enfin découvrir un oubli d'un élément de l'intrique, celui ci se trouve comblé quelques paragraphes plus loin. Des touches d'humour émaillent le récit pour une lecture distrayante sans aucun temps mort.
C'est bourré de références, certaines révélées, d'autres plus obscures dont chacun trouvera les données en fonction de sa culture personnelle. J'y ai pour ma part trouver une relation avec le cycle Les Futurs Mystères de Paris d'un certain Roland C. Wagner, avec son détective aidé par une IA quantique. Et comme pour ce dernier, d'autres aventures risquent de paraitre si le succès est au rendez vous.

Un roman qui allie les codes du  polar et du space opera pour nous offrir un moment de lecture distrayant, à la gouaille joyeuse et intelligente.
JC Gapdy est un jeune vieux auteur, je le suis depuis son premier recueil (Aliens, Vaisseau et Cie). Il sait construire une intrigue, à le sens du merveilleux et développe un univers immense qui s'étoffe au fil des parutions, tel un Laurent Genefort. Si vous ne voulez pas passer a côté du nouvel auteur qui monte, vous savez ce qu'il vous reste à faire...

Critique réalisé dans le cadre d'un Service de Presse.

L'équipage du Galion des étoiles a aussi aimé se perdre dans ces aventures au rythme "endiablé".




Citation :


Le vol et l’alunissage furent agréables. La douane lunaire beaucoup moins. On me scanna à travers les portiques d’un couloir sécurisé, me contrôla et chicana de ne rien trouver sur moi. Les robots finirent par me laisser passer avec, sans doute, une pointe de regret dans leurs algorithmes. Par bonheur, trop réduite pour appeler des humains qui, eux, m’auraient bloqué pour le plaisir.

8 commentaires:

  1. Tu le vends plutôt bien. En revanche, même si je sais qu'il ne faut pas s'arrêter à ça, la couv' est à pleurer.

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    1. Je le dis et re-dis : Gapdy est un auteur à découvrir.
      Pour la couverture, j'ai oublié d'en parler dans mon billet, c'est vrai qu'elle est très kitch. Les couleurs sont vraiment spéciales. Cependant, l'imagerie correspond bien au contenu. Mais ça pique les yeux. En même temps, pour une maison d'édition qui contient pulp dans son nom...

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  2. C'est vrai que la couv' fait un peu mal aux yeux. Mais qu'importe le flacon...
    Tu le vends bien, ça me tenterait presque !

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    1. Je le dis, re-dis et re-re-dis : Gapdy est un auteur à découvrir.
      Mais attention, pas de version numérique ! Et c'est dommage car la liseuse est monochrome ;p

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  3. La couverture nous vient elle aussi directement des années 50-60 ? =P
    En tout cas, bel hommage : il ne faut pas se fier à ton introduction (enfin, si, mais non) comme il ne faut pas se fier à la couverture. ^^

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    1. J'aime beaucoup Gapdy (je l'ai déjà dit, non ?), mais il a deux casseroles à son actif :
      - il choisit toujours des maisons d'éditions qui ne proposent pas de version numérique (une exception à la règle avec sa dernière nouvelle dans une anthologie Le temps revisité)
      - ses livres ont toujours une couverture sortant de l'ordinaire, dirons nous en langage diplomatique (et la dernière anthologie ne fait pas exception à la règle !)

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  4. la couverture n'est pas une grande réussite.....
    Mais ensuite, tu sais que j'adore :
    -les polars avec
    - les enquêtes policières retorses et machiavéliques
    - le bon vieux space opera
    - les vaisseaux,
    - les IA
    - les pirates de l'espace

    alors, bien écrit et avec du peps. Conclusion : JE PRENDSSSSSSSSS!

    T'ai-je signalé que je trouvais la couverture moche ?

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    1. Pour la couverture, il faut la regarder avec des lunettes en relief, elle prend alors tout son sens.
      Logiquement, il y a tout dans ce roman que tu adores, et j'ai été assez évasif, il y a d'autres surprises.
      Et je crois qu'il y a un bundle Roman + Lunettes si tu commandes directement sur le site de l'éditeur !

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