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Bifrost n.108. Octavia E. Butler

février 23, 2023

 

Bifrost, Le Bélial, 2022, 192 p., 6€ epub sans DRM


Un bon numéro, avec deux auteurices que j'aime : Ketty Steward et Nicolas Martin.
Cela aurait pu être exceptionnel, malheureusement...

 
Collatéral, de Peter Watts
Des pêcheurs se font tuer par un cyborg militaire. Indignation mondiale, plateaux de télévision et l'armée qui tente de limiter la casse voir d'en sortir grandit.
Un jeu de dupes où on s'interroge sur la responsabilité du cyborg, de l'armée et de la technologie. La démonstration est brillante est fait froid dans le dos. Seul bémol, Peter Watts amoncelle trop de quincaillerie SF à mon goût.


Un soir d’orage, de Nicolas Martin
 


Glace, de Rich Larson
Deux frères, deux caractères, un groupe de jeunes et l'intégration. Difficile lorsque l'on est différent.
Je n'ai pas du tout accroché à ce texte a cause d'un univers froid et assez peu évocateur pour moi. La relation entre les deux frères m'a semblé assez convenu. Cela fait désormais plusieurs nouvelles que je lis de Rich Larson et la conclusion s'impose : il ne semble pas compatible avec le chien...

Enfants de sang, d’Octavia E. Butler

Fan de SF, tu as sûrement vu District 9 ? L'univers est le même mais inversé, ici ce sont les humains qui sont dans une réserve. Mais une réserve de quoi ?
Lorsque en quelques pages tu as l'impression d'avoir lu un roman de 300 pages, c'est soit que ce fut très laborieux, soit que l'univers créé te laisse ton imaginaire foisonner. C'est bien entendu la seconde explication qui est la bonne ici. Tout est juste, bien esquissé avec des protagonistes solides et une histoire qui tient la route et riche en sujets.


Pas grand chose qui m'ont donné envie de lire dans le cahier critique. De la fantasy de l'histoire, de la presque SF. C'est vrai aussi que lire son Bifrost 5 mois après parution n'aide pas, les romans qui me faisaient de l'oeil ayant déjà été lus : La guerre des Marionettes, Les Chants de Nüying, Composite (critique à venir), La Millième nuit. Et j'avais déjà lu ce qui aurait pu me plaire. Je note toute de même Un pays de fantômes de Margaret Killjoy chez Argyll, Le livre de Phénix de Nnedi okoraror et Nos futurs solidaires chez Actusf. Dans son édito, le chef parle de surproduction, mais même si la taille du cahier critique augmente (des avis plus longs souvent) on y trouve de plus en plus d'éditeurs généralistes...

Viens l'interview de Guillaume Sorel qui est excellente. Je pensais être un extra terrestre dans mon rapport avec les femmes et je vois que je ne suis pas seul. 


Cela me permet de parler ici de la couverture qui a fait couler beaucoup d'encre sur les réseaux sociaux (mais étrangement aucune réaction sur le forum du Bélial, pourtant rarement avare en débats houleux...). Au delà de l'illustration que je trouve belle, il y a deux choses qui m'ont choqué.
Comme on parle de Octavia E. Butler, on met une Africaine en couverture, automatiquement.
L'expression Femme puissante, qui est pour moi insultante voir contradictoire : est ce à dire que la majorité des femmes sont.... Et quand on parle des grands de ce monde, on dit les puissants, pas les hommes puissants.
Dans un article du dossier, Ketty Steward dit une chose qui je trouve résume bien mon ressenti sur la couverture :

Que comprenons-nous réellement de son travail si nous nous bornons à la considérer comme femme, noire et américaine, avec ce que nous fantasmons habituellement de ces caractéristiques? Quelles cécités nous créons-nous en supposant cette écrivaine capable, seulement, de rendre compte de sa réalité vécue, en un lieu et un instant donnés ? Comment apprécier son sens du récit, sa dextérité à manipuler les mythes, à placer l'espoir dans une approche du temps long et de l'espace infini ainsi que sa préoccupation pour le devenir de l'espèce humaine, si l'on s'obstine à ne voir en elle que la fille d'un cireur de chaussures, forcément obsédée par l'esclavage et sa propre couleur de peau?

Une couverture à chier donc.


Dossier Octavia E. Butler
J'ai connu la prose d'Octavia il y a 20 ans avec la sortie de La parabole du talent chez Au diable Vauvert. Et sa suite, deux romans que j'avais trouvé excellents mais je n'avais trouvé malheureusement rien d'autre d'elle.
Le premier article revient sur son parcours en liant bio et bibliographie. Très clair, il permet de connaître la dame et ses sujets de prédilection. Et je n'en reviens pas de comment elle est morte ! (en se prenant les marches de sa porte dans la gueule)
Suit un entretien avec l'autrice un peu bizarre, les questions n'y figurent pas, cela reste toutefois compréhensible. Un peu court mais j'aime beaucoup la façon qu'elle a de voir le monde et les rapports humains.
Ketty Steward analyse l'incommunicabilité, l'empathie et les rapports de domination dans l'oeuvre d'Octavia. Une clé de lecture fort intéressante, pour comprendre ses écrits mais aussi nos rapports sociaux.



L'éditrice de Au diable Vauvert revient sur les livres, les publications et sa réception en France. Marrant de voir comment la vie d'un livre peu évoluer au cours du temps, des modes. Octavia a été un peu en avance sur son temps et même si elle bénéficié de la reconnaissance de son vivant, cette dernière ne fut qu'un pâle écho de ce qu'elle est aujourd'hui. En attendant, chez le diable, Octavia ne disparaîtra pas de sitôt.

La série Patternist ne me donne pas envie, Liens de sang (voyage dans le temps à l'époque esclavagiste pour une protagoniste noire) me fait de l'oeil, comme le cycle de Xenogenesis (dont j'attendrai la fin de la publication pour m'y plonger, soit courant 2024). Un recueil de nouvelles devrait paraître en 2025, et il sera mien. Quand à la série des Paraboles, il faudra bien un jour que je la relise.


Explorer le milieu interstellaire, par Roland Lehoucq
Comment voyager vite et loin ? Pas grâce à la technologie (même si cela aide) , mais grâce à des astuces d'homo-sapiens. Bref il s'agit de trouver des astuces pour faire avec les moyens du bord. Mais pourquoi allez loin. Roland te dit tout.

 
 
 
D'autres sons de cloche sur le forum du Bélial

Bifrost n.106. Kim Stanley Robinson : Terraformeur utopiste

novembre 21, 2022

Bifrost, Le Bélial, 2022, 192 p., 6€ epub sans DRM


Kim Stanley Robinson est un auteur reconnu en SF, surtout pour sa trilogie martienne. Pourtant, tout le monde semble s’accorder sur un truc : c'est pas OUF.


Venise engloutie, de Kim Stanley Robinson
Voilà un titre simple qui résume parfaitement le texte. Quelques habitants vivent sur les toits aménagés  de bric et de broc - et oui, le bas des maisons est sous les eaux - et vivotent grâce au tourisme. Et oui, il y en aura toujours pour vivre sur le dos des catastrophes. Une tranche de vie précaire où il faut serrer les dents pour survivre. Ça se lit tout seul et vaut surtout pour ce commerce de la pauvreté.
Je ne peux que voir le parallèle avec le roman New York 2140 même si la ressemblance semble s'arrêter sur l'aménagement des toits.

On est peut-être des sims, de Rich Larson
Encore un titre qui résume parfaitement le texte, le monde deviendrait-il parfait ? Ou bien je suis dans une simulation qui me donne ce que j'ai envie, comment savoir ? C'est la même question que nos trois condamnés envoyés dans l’espace se posent. Un seul moyen pour connaître la réponse.
Un texte court qui arrive à nous rendre des personnages crédibles et une histoire qui tient debout sur un sujet recraché

Résonance lointaine, de Johan Heliot
Le Syndrome de Reconfiguration Neuronale ou Effet Enstein plonge les gens dans le coma. Certains se réveillent d'autres non. Mais en cas de réveil, le syndrome Einstein donne à ces personnes une soif de connaissance inextinguible. Voilà le genre de textes que j'aime, profondément humain, et qui rend réel l'imaginaire de l'auteur.

Expiation, de Tade Thompson
On suit les pas d'un mec qui entre dans un bar et où tout semble se passer très bizarrement. Sur une thématique ultra classique, l'invasion alien, l'auteur nous pond un texte bien conçu, drôle et flippant à la fois. 

Le guide de lecture m'a donné envie de me pencher sur Austral de Paul J. McAuley

Kim Stanley Robinson : Terraformeur utopiste
Un bon dossier sur Kim Stanley Robinson qui m'a été très utile, merci L'épaule d'Orion) comme j'étais en train de lire Mars la rouge, que j'ai trouvé très chiant mais aussi intéressant. Cela a l'air d'être le style de l'auteur : de très bonnes idées mais des personnages inexistants, d'interminables longueurs et des raccourcis heureux. J'ai noté cependant deux titres, malgré les bémols : Les Menhirs de glace et Aurora. Mais aussi de découvrir un vieux roman, 1894, La fin du monde de Camille Flammarion, ainsi que Le Pire voyage au monde d’Apsley Cherry-Garrard (chez Paulsen), et La Lune est blanche de François & Emmanuel Lepage


Roland Lehoucq revient sur le film Don't look up. Pour celles et ceux qui se demandent inquiets si le ciel va leur tomber sur la tête, la réponse est dans l'article. Un très bon sujet, moins demandeur de paracétamol que d'autres. Et pour ceux qui ne veulent pas acheter ce numéro, il vous reste à écouter la méthode scientifique :


Grand entretien avec Kim Stanley Robinson
Jeudi 24 juin 2021
“La science-fiction est le réalisme de notre temps. C’est la meilleure façon de décrire le monde dans lequel nous vivons.” Et de facto, la littérature de notre invité est très ancrée dans notre présent ou dans un futur sur le point d’advenir… C’est lui qui imagine au début des années 90 ce que sera la colonisation de Mars, dans une trilogie qui fait date dans l’histoire de la SF. Il imagine encore le futur proche de notre planète soumise aux bouleversements climatiques anthropiques ou encore trois avenirs possibles à l'État de Californie. Multiprimé, toujours sensible aux questions politiques et écologiques, notre invité s’est également essayé à l’Uchronie dans une Europe décimée par la peste et reconquise par les civilisations asiatiques. Nous avons l’immense plaisir de recevoir Kim Stanley Robinson.
 
D'autres avis sur le forum du Bélial

Bifrost n.104. Stanislas Lem : un siècle de solaristique

mai 19, 2022

 

Bifrost, Le Bélial, 2021, 192 p., 6€ epub sans DRM


Presque un an de retard dans ma lecture des Bifrost, cette situation ne pouvait plus durer !


Willy le zinzin, Stephen King
Dans une famille, le dernier semble ne pas avoir toute sa tête, il aime la mort et discute avec son grand-père, jusqu'au jour où...
Un texte autour d'une actualité mondiale récente (devinez laquelle !) qui manque d'épaisseur sauf pour dénoncer le coût de la santé aux USA.

Un soupçon de bleu, de Ken Liu
Une uchronie où l'énergie est désormais dragonique. Dans une petite ville, l'arrivée de dragons laisse présager un développement économique.
Ken Liu se concentre sur ses personnages pour nous conter son histoire, qui se situe bien dans le genre de la SF malgré la présence de dragons. Beaucoup de choses s'en dégagent en peu de mots. A lire.

Fantômes électriques, de Rich Larson
Un échange dans une boîte de nuit entre une biologiste et la patronne du bar. Et un alien...
Pas compris où l'auteur voulait m'emmener, mais le chemin n'est pas désagréable, seule l'arrivée m'a laissé dans l'expectative.

Sixième croisade, ou comment Trurl et Clapaucius conçurent un démon de seconde espèce afin de terrasser l’infâme Grandgueulier, de Stanislas Lem
Un début très loufoque, comme l'indique le titre, autour d'un itinéraire spatial et des lieux parcourus. Après quelques pages on s’aperçoit qu'il s'agissait d'une sorte de guide plus ou moins imaginaire entre les mains de réels navigateurs. Je pensais que cela allait prendre une autre envergure, mais non, on reste dans le loufoque. Bref, je suis passé à travers ce texte dont les protagonistes sont l'objet d'une série de l'auteur.

Le cahier critique

Quelques livres étaient passés sous mon radar, j'avais oublié de noter d'autres pour les lire plus tard :
L'intégrale des romans de Gérard Klein, Espace-temps K, je n'ai jamais lu l'auteur, une bonne occasion de m'y mettre (et on reviendra sur sa casquette de directeur de la collection Ailleurs et Demain plus bas); La dernière Arche de Romain Benassaya, Oublier les étoiles, de XM Fleury
Thomas Day ne s'est pas arraché les yeux pour une fois en lisant les revues. Le "paroles de" nous fait un retour à Sauramps avec un nouveau libraire en charge du rayon imaginaire en lutte contre une direction plus versée par la diversification de la marchandise pour augmenter ses profits. Si en plus on vend un ou deux bouquins à côté, pourquoi pas !

Au travers du Prisme : Stanislas Lem

Viens le gros dossier Stanislas Lem, auteur que je ne connais guère et dont le seul écho que j'avais de lui était l'adaptation de son roman Solaris qui m'avait laissé sur le bord du chemin.
Après une biographie, des articles sur Solaris le cycle de Ijon Tichy, et de l'essai Summa technologiae, une grosse interview, tronquée dans la version papier, mais disponible dans la version électronique. Un beau morceau qui devrait plaire au plus grand nombre, de part la variété des sujets abordés. J'ai bien aimé son analyse sur le pourquoi certains livres se vendent et d'autres non. Certains passages sont un peu intellectuels pour moi cependant, mais tout le monde n'est pas aussi con que moi.
Le guide de lecture en français et en langues étrangères, faut dire que les textes disponibles en librairie sont plutôt rares. Ce n'est guère louangieux sur la bibliographie de Lem. J'ai noté un titre, mais du bout des doigts : L'invincible Son oeuvre a largement été adaptée, peu on franchit la frontière de l'Est et quasi aucun n'a su dépasser celle de la qualité. 
Quoiqu'il en soit, un solide dossier, comme souvent avec cette revue.

Scientifiction s'attarde sur les cryptomonnaies, en particulier le bitcoin et les NFT. J'y ai lu un truc étrange dont je n'avais jamais entendu parler : les prêts nus. Tu te prends en photo et vidéos et tu reçois de l'argent en échange. Si tu ne rembourses pas, hop sur le net ... L'humain n'aura de cesse de m'étonner.



Paroles de Nornes ou quand Lloyd Chéry se prend une veste.
Après un détour sur la collection Ailleurs et demain qui porte bien mal son nom désormais, Ailleurs et hier serait plus à propos, cette collection ne sortant plus de nouveautés. La cause : une guéguerre entre chefs, ego et sûrement pièces sonnantes et trébuchantes...
 
 
Retour de l'affaire sur le prix GPI accordé à Dune dans le Bifrost n.103 :


 

Le jury exige un droit de réponse dispo dans le n.104



 
qui donne droit au droit de réponse du chef de Bifrost dans le même numéro


Entre le fait d'accorder un prix à un membre du jury et la réponse grandiloquente, pas sur que la SF en sorte grandie et je me demande si connaître les coulisses du fandom SF est d'un quelconque intérêt (à part manger des pop corn)

 

Bifrost n.102. Arthur C. Clarke, l'odyssée de l'espace

juin 17, 2021

 

Bifrost, Le Bélial, 2021, 192 p., 6€ epub sans DRM

 
Les joies de l'actualité me feront toujours rire. Alors que l'équipe de Bifrost travaille depuis plusieurs mois sur ce Arthur C. Clarke, se déchaîne l'affaire Bragelonne, éditeur principal de cet auteur !!!
Alors choisis ton camp camarade, suit les recommandations de ce Bifrost ou laisse parler ton éthique..
 
 
 
Cela doit bien faire une cinquantaine de numéros que je suis abonné à la revue Bifrost, ce qui équivaut à 15 ans. Mais la revue existait avant et ce dossier spécial Clarke marque leurs 25 ans d'existence, soit une génération. Si j'ai claqué 700€ depuis tout ce temps (à 1000€, j'ai le droit à un UHL HS gratos ?), ce n'est sûrement pas un hasard, je trouve que Bifrost est la meilleure revue SF de France. De nombreux souvenirs en témoignent, comme les longues attentes entre deux numéros afin de me jeter avidement sur le cahier critique, source de mes achats SF. Il y a aussi le fameux numéro 69, Culture Rock et science-fiction, à la couverture horrible et un dossier ni fait ni à faire. Mais il y en a eu tant d'autres qui ont étoffé ma soif de découverte. Reste à savoir si ce spécial Clarck restera dans mes annales, celles du meilleur ou du pire...

On commence par 4 nouvelles, dont aucune d'auteur français, il fallait bien cela pour ce numéro anniversaire d'une revue ayant eu pour ambition à ses débuts de célébrer l'imaginaire francophone !

Les neuf milliards de noms de Dieu, Arthur C. Clarke

Des informaticiens sont envoyés au Tibet pour pondre un programme trouvant les 9 milliards de noms de Dieu. Pourquoi ?
Il paraît que c'est l'un des textes les plus connus de Clarke, ce qui me laisse très dubitatif sur la qualité du reste de son oeuvre...

La viandeuse, Ian R. MacLeod

Seconde guerre mondiale en Angleterre, une secrétaire semble porter la poisse aux pilotes dont elle s’émoustille, jusqu'à sa rencontre avec un pilote qui a "une chance incroyable, insolente" au "sourire qui ne réchauffait jamais ses yeux".
Voilà un texte où il ne se passe rien et où tout est dit, la guerre, ceux qui partent et ne rentrent pas, la place de la femme et les superstitions pour oublier l'horreur. Bref, j'ai adoré cette tranche de vie qui nous conte la grande histoire à travers la petite.

Je me dis, par exemple, que si tout le monde voyait ce que voyait Walt à l’époque, si tout le monde savait ce qui se passe vraiment à la guerre et subissait quelque chose comme ces visions, le monde serait un endroit plus paisible, où les gens se conduiraient de manière plus correcte les uns avec les autres. Mais on a la télé, maintenant, hein ? Tout le monde voit les enfants qui meurent de faim et les morceaux de cadavres dans les rues.

Demande d’extraction, Rich Larson

Des militaires se retrouvent face à une espèce alien hostile.
Même si cela se lit sans mal, je suis passé à côté de ce texte qui n'a rien éveillé en moi

L’Etoile, Arthur C. Clarke

Une expédition scientifique se dirige vers les lieux de l'explosion d'une étoile.
Encore un texte sur Dieu et la science, pas ma tasse de thé.
 
 
 
Le cahier critique, sans la petite pastille de méchanceté de Thomas Day, m'a donné envie de lire Friday Black de Nana Kwame Adjei-Brenyah; Les chats sont éternels de Fritz Leiber si il sort un jour en numérique; Le Grand Abandon de Cory Doctorow (chez Bragelonne, merde !).
Quelques avis sont disponibles en ligne
 
"Paroles de" , ma rubrique préférée avec Le coin des revues, se penche sur celui qui a commis la couverture, Manchu et qui t'apprendra pourquoi Manchu s'appelle Manchu. Et d'autres choses aussi.


Reste le gros de la revue, un dossier sur un des trois de la SF (trois que je n’ai quasi jamais lu). On ne va pas tourner autour du pot, j'ai rarement vu un dossier comme cela. Peut être était ce les célébrations des 25 ans de la revue, où le grand nom de l'auteur ou la covid. Quoiqu'il il en soit, c'est exceptionnel. Tous les articles qui composent ce numéro se complètent harmonieusement et font le tour complet du personnage et de ses différentes casquettes. Un entretien est même présent, un autre avec Baxter.
Pour ce numéro anniversaire, la revue se pare de 2 couvertures : une moche et une magnifique. J'aurais dû jouer au Loto ce jour-là, c'est la dernière que j'ai eue, ouf ! Par contre, les lecteurs numériques sont beaucoup moins chanceux...
 
 

Cela me fait penser aux anciens poids de balance, mais je ne vois pas le rapport avec l'auteur.


 
Ceci dit, j'avais très peu lu du Clarke, sans être enthousiasmé. Après lecture, Rama me fait de l'oeil ainsi que Chants de la Terre lointaine. Arthur est fan de métaphysique et de ce fait, j'ai un peu de mal à voir en Clarke l'un des grands de la SF. En outre, il a assez peu écrit, du moins seul et le dossier montre qu'il a commis pas mal de merde, seul ou à 4 mains. Je trouve qu'il a laissé plus a l'humanité en tant que scientifique qu'écrivain. Car Clarke est quand même l'un des pères des satellites géostationnaires, ce qui n'est pas à la portée de tous. Et les Trois lois de Clarke portent assez bien leur nom, dont la plus célèbre est sans nul doute possible : 

Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie
 
Ces considérations subjectives ne remettent pas en question le traitement complet et qualitatif de ce numéro. Ne tarde pas trop à aller l'acheter directement sur le site de l'éditeur, car il reste encore quelques couvertures belles en stock, après, tu n'auras plus que tes yeux pour pleurer.


Tous les autres avis sur le forum du Bélial (qui offre au regard quelques beaux roughs de Manchu)

Bifrost n.100. Thomas Day : Sexe, Dragons & Rock 'n' roll !

avril 08, 2021

 

Bifrost, Le Bélial, 2020, 192 p., 6€ epub sans DRM

  

Sous la plume acide de Thomas Day/Gilles Dumay, un coeur sensible s'y cache t'il ?


La Bête du loch Doine, de Thomas Day
La religion de l'arbre, voilà le nouveau créneau de ce jeune homme à la recherche de la foi véritable. Une tranche de vie très réaliste dans un royaume écossais qui interroge foi vs religion. Très beau texte qui finit un peu abruptement.

Circuits, de Rich Larson
Dans ta jeunesse, ou une fois adulte, tu passais ton temps à faire aller ton train sur son circuit pendant des heures. Et si tu avais tout le temps du monde, tu aurais continuais sans fin. Voilà la mésaventure qui arrive à une IA dans un monde dévasté. En très peu de pages, l'auteur nous pond une histoire et un monde crédible, tous en sensibilité.

Des millénaires de silence nous attendent, de Catherine Dufour
Deux femmes, une jeune, une vieille. Qu'est ce que la société attend elles ? Pas ce qu'elles ont envies en tout cas. Un joli texte, plein de cynisme et d'amertume, mais avec une once d'espoir : et si on envoyait tout se faire foutre ?

Décapiter est la seule manière de vaincre, de Thomas Day
La fille de son père.
Dans un monde cyberpunk, l'Asie a gagné contre l'occident. Les multinationales géantes se combattent selon les rites ancestraux. Qui gagnera ?
Un texte qui réussi à construire un monde malgré le peu de pages et à nous emmener dans l'univers sans foi ni loi du monde de l'entreprise.



Suit le cahier critique qui m'a donné envie de découvrir : L'obscur de Philippe Testa; L'espace entre les guerres de Laurent Genefort (quelques critiques gratuites ici)

Le coin des revues se devait d'être à la hauteur pour un dossier spécial Tomas Day. Mais après la longue interview, il lui restait bien peu de temps pour lire ses revues. Par chance, certaines ont tout fait pour alléger son planning de lecture en faisant leur maximum pour qu'ils ne les lisent pas où si peu. Morale de l'histoire, à part Bifrost, ne perd pas ton temps...

Paroles de est la petite pastille que je dévore en premier, et cette fois, il est consacré à mon chouchou : Nicolas Martin. Même si je connaissais pas mal de choses, c'est toujours un plaisir que d'entendre parlera de la méthode scientifique et des passions de son animateur vedette. Mais j'ai tout de même appris une chose, j'ai raté l'émission sur les tortues. Et personne ne m'avait prévenu ! Alors après les tardigrades, les blobs et les ornithorynques, voilà ma prochaine écoute avec un suspense intenable : sera t-il question, un court instant, des tortues ninjas ?


La résilience, c'est l'art de rebondir selon Cyrulnik. Et on peut allègrement comparer Gilles Dumay à une balle rebondissante... Rarement lu un entretien aussi riche, humain, intime, franc (çà je m'en doutais). Il vide son sac sans fausse pudeur, avec un sacré recul et sans rancune ou rancoeur. J'ai souvent une image de familles riches lorsque j'entends parler d'édition. Même s'il n'est pas né dans la dèche, le boss a roulé sa bosse jusqu'à plus soif...

Gilles Dumay est pour moi celui qui m'a fait découvrir Robert Charles Wilson et je ne peux m'empêcher de faire un parallèle : Ses aventures en Asie m'ont fait penser aux chronolithes, avec son personnage qui bourlingue en moto, retardant sans cesse son retour à la civilisation. Gilles Dumay y trouvera t'il son Kuin à vaincre ? Rien n'est moins sûr, mais je lirai la suite des aventures avec un immense plaisir dans le Bifrost n.200.
Une interview fleuve comme je les aime, s'attardant plus sur l'auteur comme l'indiquait le titre du dossier et l'homme, l'éditeur se faisant plutôt "timide". Au final, un dossier à lire pour tout amateur de la prose de Thomas Day. Dossier qui contient aussi un court entretien avec Ugo Bellagamba, plus anecdotique. et un guide de lecture. Même si je doute d'être fan de sa prose, Sexe, Dragons & Rock 'n' roll n'est pas ma came, j'ai repéré 2-3 textes: Stairways to hell, L'automate de Nuremberg, Cette année-là l’hiver commença le 22 novembre et Sept secondes pour devenir un aigle. (toutes les critiques publiés dans les anciens Bifrost)


 

Galaxies SF n.61 : Les quatre époques de la science-fiction au Québec

octobre 21, 2019

Galaxies SF, 2019, ? p. (numérique), 5€ epub sans DRM

Présentement, voici mon opinion sur le dernier numéro de la revue Galaxies SF consacré à la SF québécoise. Et il n'y a pas à fortiller des foufounes, c'est de la belle ouvrage, je ne me suis pas achalé à sa lecture.
Mais on va se calmer le pompon, on ne va pas se niaiser avec le puck, ni parler à travers son chapeau, osti de câlisse de ciboire de tabarnak, et on va voir tout cela en détail :

Sur les trois Galaxies SF que j'ai lues, les dossiers étaient assez mitigés, seul le numéro consacré à Julia Verlanger avait eu mes faveurs. La tendance va-t-elle s'inverser ?
Pas moins de onze nouvelles ici, dont deux ont clairement emporté mon adhésion : Nouer des liens de Ken Liu et Tinkerbelles de Michèle Laframboise.
Le dossier n'est pas en reste : composé de deux articles, un entretien et deux nouvelles, il m'a permis de connaitre la SF francophone canadienne, ses ressemblances et différences avec la France.
Une bonne livraison, donc.
Petit tour d'horizon...

Cristal, de Betty Biedermann

Inutile de garder des graines pour préparer les plants. Ici, il n’y aura pas de printemps.

Alors que les derniers jours semblent se rapprocher, une femme reste isolée dans sa campagne alors que tous les habitants ont été évacués. Une gangrène s'empare du paysage peu à peu. J’ai bien aimé le début de ce texte, mais la chute vient trop tardivement et maladroitement. Une sorte d'hommage à un célèbre facteur.

Nouer des liens, de Ken Liu

Deux marchands ambulants arrivent dans un petit village Nan en compagnie d'un étranger. Les nans vivent reculés de tout et cultivent du riz en haut de leur montagne.
Beaucoup de choses intéressantes dans cette nouvelle autour du vol par l'industrie pharmaceutique des connaissances millénaires des sociétés traditionnelles. Déjà, il y a cet ersatz d'écriture fait de noeuds sur une corde de chanvre reproduisant la forme des lèvres et de la langue et dont le style est donné par la forme finale de la corde nouée. En outre, Ken Liu arrive à faire ressentir le mépris, la condescendance de la société occidentale envers ces peuplades dites non civilisées.
La version originale est disponible sur le site de Clarkesworld Magazine, et ce texte fera partie du recueil que les éditions Le Bélial publient le 21 novembre : Jardins de poussière

C’est dingue de voir comment quelques feuilles de papier peuvent générer autant de migraines. Ça m’a fait regretter qu’on ne soit plus à l’ère victorienne, où j’aurais pu ramener de la jungle un « indigène » sans avoir à traiter avec un millier de bureaucrates de deux gouvernements qui ne s’aiment pas beaucoup.

Baignade en eau vive, de Antoine Lencou

Une petite fille crée un problème monstrueux en se baignant dans une piscine.
Avec humour, l'auteur nous parle d'IA, de sécurité et de contrôle. Et de ceux qui vivent à sa lisière.
Parabole autour de l'intégration et de la discrimination, les clés nous sont donnés peu à peu pour dévoiler un univers assez kafkaïen.
Une belle idée dont le traitement aurait pu être mieux effectué. Mais c'est déjà pas mal.

 

Décrassage, de Rich Larson

Une femme, un homme, dans une salle d'attente...
Un texte autour de la violence sexuelle et du consentement. « Heureusement », dans ce monde futur, il est possible de faire machine arrière !
La technologie aurait pu être poussée un peu plus loin, dès que l'on a compris où voulait nous emmener l'auteur, cela fait un peu pschitt.

Futurisme, de Marc Elder

Comment seront nos jardins publics une fois que la pollution aura eu la peau de la nature ? Vaste question à laquelle la technologie peut répondre. Un texte écologique datant de 1931 qui m'a fait rire jaune.
Le vrai nom de l'auteur est Marcel Tendron, qui a remporté le Goncourt en 1913, devant Le Grand Meaulnes d’Alain-Fournier et Du côté de chez Swann de Marcel Proust.

Le grand jeu, de Paul Hanost

De la SF militaire. En quelques pages, l'auteur tente de faire rentrer un univers. Mais trop, c’est trop.

Ah les garçons !, de Hugo van Gaert *

Un vaisseau fait une drôle de rencontre....
Texte Pulp avec l'outrance qui va avec, mais l'auteur inverse les rôles et les genres. La technologie futuriste du vaisseau spatial de la mort of death est splendide : on a rien inventé de mieux depuis les cartes perforées ! Et le tout a bien ravi mes zigos.

— Vous voulez que je vous dise, Major : ce garçon, il a du clito !
— C’est vrai qu’il faut en avoir dans le vagin pour faire ce qu’il va faire. Lieutenant, nous aurions sans doute dû essayer de le retenir, mais si jamais il en revient vivant, nous lui devrons une fière chandelle. Sans aucune allusion, bien entendu !

Fondation, de Sébastien Danielo *

Un vaisseau monde s'échappe de la Terre (?) avant que celle-ci ne se meure dans l'espoir de fonder un ailleurs meilleur. Mais...
Le titre emprunte celui d'un célèbre roman, que je n'ai pas lu. Un univers assez étrange fait de djinn, d'ornithorynque, de dragons dans un univers très SF. Tout cela se comprendra par la suite. Manque cependant un je ne sait quoi, la fin est aussi un peu abrupte, mais ouvre une clé de compréhension qui change de fond en comble le récit.

Le Cid, Renaud Bernard *

Une pièce de théâtre SF. Je n'ai même pas eu le courage de la lire.

Dossier : La SF au Québec (et en Ontario), un dossier présenté par Jean-Louis Trudel

Dans mon Petit Guide de la science-fiction au Québec, j’avais abordé exclusivement la science-fiction québécoise, en français et en anglais. Dans le présent dossier, c’est toute la science-fiction francophone du Canada qui est à l’honneur. (Il ne sera donc pas question de la science-fiction francophone des États-Unis ou des Antilles.) Pour faire court, je parlerai parfois de science-fiction québécoise, mais sans exclure le reste du Canada.

Production de science-fiction canadienne d’expression française (romans et nouvelles, 1960-2019)

Voilà les premières lignes du dossier et se pose la question : Pourquoi n'avoir pas intitulé ce numéro : La science-fiction francophone au Canada ? Bref, voilà qui commence très mal. Surtout lorsque le premier article s'intitule "Les quatre époques de la SF francophone au Canada" De quoi y perdre son latin !
Mais une fois rentrée dedans, un article très érudit, un travail de chercheur basé sur une étude complète, avec des tableaux et graphiques, qui n'évite pas les énumérations mais brosse un portrait d'une SF venue de l'extérieur et cloisonné par un catholicisme conservateur jusque dans les années 1960. A partir de là, la SF québécoise prend son envol et fait la part belle aux autrices.



S'ensuit une entrevue avec Yves Meynard. L'auteur m'étant inconnu, difficile de s'immerger lorsqu'il est question de ses textes. Mais l'entretien aborde aussi la thématique du dossier.

La traduction de textes de science-fiction en français : le cas de Rich Larson
Émilie Laramée nous parle de son travail de traductrice en y abordant les cas particuliers des néologismes, les mots à double sens ou polysémiques : faut-il ou non les traduire, comment en créé dans la langue traduite.
Petit problème, la traductrice parlant de son expérience de traduction en langue française québécoise, les exemples qu'elle emploie font parfois plouf. Mais ce point est aussi abordé avec l'exemple du trou du cul !

Par exemple, en français québécois, « trou de cul » rend très bien le terme anglais « asshole », car il est plus insultant que le « trou du cul » français. En France, « connard » rend mieux l’idée de « asshole », c’est-à-dire d’un être égoïste et imbécile qui se sert des autres à son propre avantage dans la vie de tous les jours.

Les olives de 4H3SSO-L24A, de Dave Côté

Il s'agit d'une suite de la nouvelle « Les Olives de Mélanie » (2015). Un extraterrestre se rend sur Terre pour goûter aux olives, dont un culte est voué sur sa planète. S'ensuit des quiproquos à propos des représentations des us et coutumes des terriens étudiés à partir de fragments épars. Une sorte d'archéologie humaine qui manque cependant de style et de mordant.

Tinkerbelles, de Michèle Laframboise

Mellune observe le groupe de loin. Ses poings forment des bosses éloquentes dans ses pantalons. Mais aucune poche n’est assez profonde pour y enfouir toute la haine et le mépris qui la font trembler.

Chimères, humains modifiés génétiquement et cisgenre pour une nouvelle bien ciselée se déroulant sur une colonie martienne.
Un très bon texte, très humaniste, pour combattre les conditionnements/représentations genrés les plus ancrés en nous. Tout événement tiré de notre réel est bien entendu fortuit.

Articles :

Musique et SF : John Serrie – Planetary Chronicles

Croisière au long du fleuve : Perry Rhodan
La série allemande de science-fiction avec 3000 épisodes à son actif, qui peut se vanter d'en faire autant ? Jean-Michel Archaimbault, en bibliophile avertit, se lance dans l'étude de ce monument. Un article complet pour les fans et collectionneurs.

Pierre Stolze dissèque la littérature générale à la recherche de SF, il en revient avec quatre romans : Les crayons de couleur, L’Algorithme du cœur, Transparence et La mer monte. Seul ce dernier aura ses faveurs, et encore, de justesse (Le maki l'a lu, lui aussi).

Le roman Transparence sera-t-il un jour publié en Folio/SF ? Puisse Dieu nous en préserver, et surtout en préserver Pascal Godbillon, son directeur de publication.

Suit quelques avis sur les sorties littéraires et BD

Les  textes avec un astérisque * sont disponibles gratuitement en téléchargement sur le site de Club galaxies
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