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Bifrost n.104. Stanislas Lem : un siècle de solaristique

mai 19, 2022

 

Bifrost, Le Bélial, 2021, 192 p., 6€ epub sans DRM


Presque un an de retard dans ma lecture des Bifrost, cette situation ne pouvait plus durer !


Willy le zinzin, Stephen King
Dans une famille, le dernier semble ne pas avoir toute sa tête, il aime la mort et discute avec son grand-père, jusqu'au jour où...
Un texte autour d'une actualité mondiale récente (devinez laquelle !) qui manque d'épaisseur sauf pour dénoncer le coût de la santé aux USA.

Un soupçon de bleu, de Ken Liu
Une uchronie où l'énergie est désormais dragonique. Dans une petite ville, l'arrivée de dragons laisse présager un développement économique.
Ken Liu se concentre sur ses personnages pour nous conter son histoire, qui se situe bien dans le genre de la SF malgré la présence de dragons. Beaucoup de choses s'en dégagent en peu de mots. A lire.

Fantômes électriques, de Rich Larson
Un échange dans une boîte de nuit entre une biologiste et la patronne du bar. Et un alien...
Pas compris où l'auteur voulait m'emmener, mais le chemin n'est pas désagréable, seule l'arrivée m'a laissé dans l'expectative.

Sixième croisade, ou comment Trurl et Clapaucius conçurent un démon de seconde espèce afin de terrasser l’infâme Grandgueulier, de Stanislas Lem
Un début très loufoque, comme l'indique le titre, autour d'un itinéraire spatial et des lieux parcourus. Après quelques pages on s’aperçoit qu'il s'agissait d'une sorte de guide plus ou moins imaginaire entre les mains de réels navigateurs. Je pensais que cela allait prendre une autre envergure, mais non, on reste dans le loufoque. Bref, je suis passé à travers ce texte dont les protagonistes sont l'objet d'une série de l'auteur.

Le cahier critique

Quelques livres étaient passés sous mon radar, j'avais oublié de noter d'autres pour les lire plus tard :
L'intégrale des romans de Gérard Klein, Espace-temps K, je n'ai jamais lu l'auteur, une bonne occasion de m'y mettre (et on reviendra sur sa casquette de directeur de la collection Ailleurs et Demain plus bas); La dernière Arche de Romain Benassaya, Oublier les étoiles, de XM Fleury
Thomas Day ne s'est pas arraché les yeux pour une fois en lisant les revues. Le "paroles de" nous fait un retour à Sauramps avec un nouveau libraire en charge du rayon imaginaire en lutte contre une direction plus versée par la diversification de la marchandise pour augmenter ses profits. Si en plus on vend un ou deux bouquins à côté, pourquoi pas !

Au travers du Prisme : Stanislas Lem

Viens le gros dossier Stanislas Lem, auteur que je ne connais guère et dont le seul écho que j'avais de lui était l'adaptation de son roman Solaris qui m'avait laissé sur le bord du chemin.
Après une biographie, des articles sur Solaris le cycle de Ijon Tichy, et de l'essai Summa technologiae, une grosse interview, tronquée dans la version papier, mais disponible dans la version électronique. Un beau morceau qui devrait plaire au plus grand nombre, de part la variété des sujets abordés. J'ai bien aimé son analyse sur le pourquoi certains livres se vendent et d'autres non. Certains passages sont un peu intellectuels pour moi cependant, mais tout le monde n'est pas aussi con que moi.
Le guide de lecture en français et en langues étrangères, faut dire que les textes disponibles en librairie sont plutôt rares. Ce n'est guère louangieux sur la bibliographie de Lem. J'ai noté un titre, mais du bout des doigts : L'invincible Son oeuvre a largement été adaptée, peu on franchit la frontière de l'Est et quasi aucun n'a su dépasser celle de la qualité. 
Quoiqu'il en soit, un solide dossier, comme souvent avec cette revue.

Scientifiction s'attarde sur les cryptomonnaies, en particulier le bitcoin et les NFT. J'y ai lu un truc étrange dont je n'avais jamais entendu parler : les prêts nus. Tu te prends en photo et vidéos et tu reçois de l'argent en échange. Si tu ne rembourses pas, hop sur le net ... L'humain n'aura de cesse de m'étonner.



Paroles de Nornes ou quand Lloyd Chéry se prend une veste.
Après un détour sur la collection Ailleurs et demain qui porte bien mal son nom désormais, Ailleurs et hier serait plus à propos, cette collection ne sortant plus de nouveautés. La cause : une guéguerre entre chefs, ego et sûrement pièces sonnantes et trébuchantes...
 
 
Retour de l'affaire sur le prix GPI accordé à Dune dans le Bifrost n.103 :


 

Le jury exige un droit de réponse dispo dans le n.104



 
qui donne droit au droit de réponse du chef de Bifrost dans le même numéro


Entre le fait d'accorder un prix à un membre du jury et la réponse grandiloquente, pas sur que la SF en sorte grandie et je me demande si connaître les coulisses du fandom SF est d'un quelconque intérêt (à part manger des pop corn)

 

Galaxies SF n.63 : Sport et Science-Fiction

avril 06, 2020

Galaxies SF, 2020, ? p. (numérique), 5€ epub sans DRM


Moi dont le prof de sport me demandait sans cesse d'arrêter d'user les bancs ou de jouer aux poteaux, me voilà à me farcir un dossier sur le sport !
Blogueur, ce n'est pas une sinécure, mais un sacerdoce !

Comme je le craignais, ce n'est pas un numéro qui m'a transporté. Le dossier manque d'épaisseur, d'analyse pour être vraiment pertinent.
Seules deux nouvelles ont eu mes faveurs : Kumak, de Gabriel Féraud et Fides, de Fabien Clavel

Nouvelles


Kumak, de Gabriel Féraud

Bienvenue sur Kumak, enfin, façon de parler car si tu t'y trouves, c'est que tu as de grosses dettes à rembourser et que tu vas finir tricard sur cette planète hostile et singulière. Une relation s'est établie avec une espèce locale, les Kormaks dans un système où chacun y trouve son compte. Mais le compte  est-il vraiment bon ?
En peu de pages, l'auteur nous crée un univers crédible et surtout nous dépeint cette osmose tout en nuance, où chacun profite de l'autre. Les perdants sont toujours les mêmes, les gagnants aussi : les grands pontes du capitalisme libéral.

L’humanité n’a rencontré que peu de vies extraterrestres, et il faut reconnaître que les Kormaks ne donnent pas envie de sympathiser. Réussir à communiquer avec eux n’a pas été un mince exploit. Il est déjà si difficile de se comprendre entre Terriens, alors avec une autre espèce d’un autre monde, on court à la catastrophe dès que l’on se dit bonjour.

La Mort en Colchide, de Daniel Walther
Du sexe, du sexe et encore du sexe en quelques pages, pas été plus loin...

La nouvelle Illusion, de Hervé de Peslouan
Un texte déterré de je ne sais quelle date, entre 1900-1978, la revue n'ayant pas jugé nécessaire de donner cette info !
L'histoire se passe dans deux siècles, où tout est automatisé mais où l'on vit comme chez les riches au début du 20ème siècle. Une jeune et belle fille se sent devenir femme et jette son dévolue sur le secrétaire de son père, qui va refuser ses avances. Que cache t-il ?
Sans prétention, daté, ça se lit vite et s'oublie tout aussi vite.


Dossier : Sports et imaginaire


Lorsque j'ai vu la thématique de cette livraison, je me suis demandé comment le dossier allait broder autour, car ne me venait en mémoire que peu de références. Dans son premier article, Meddy Ligner m'a vite démontré le contraire, le sport faisant partie intégrante de nombreuses œuvres, littéraires ou non. Cela devient vite une longue énumération, mais donnera plein de pistes à l'adepte de la sueur.
L'article suivant nous dit que Stephen King aime le baseball, et n'hésite pas à construire quelques références dessus, en majorité non traduits. Nous aurons même le droit à un poème inédit sur un stade de Baseball !
Avant lui, Robert Howard, le père de Conan, avait fait de même avec la boxe, pour preuve, la nouvelle L’Apparition sur le ring, qui tient du fantastique à la marge, et des stéréotypes racistes de l'auteur, avec ce combat entre le bon et le mauvais sauvage.
Un article revient sur deux sports mythiques : le Rollerball et le Rugball, une belle introduction pour une analyse qui reste à faire.

Le Fumet des sacrifices, de Rachel Tanner
Une course de char pour cette nouvelle dont j'ai du mal à voir le lien avec l'imaginaire.

Fides, de Fabien Clavel
Voilà une nouvelle sur un sport médiatique d'un nouveau genre : l'escape room dans un monde un peu plus futuriste que le notre pour pimenter le tout. L'auteur écrit ses lignes qui m'ont fait frémir : et si c'était le cas de ce texte ?

Cela devait être la surprise promise. D’habitude, les chaînes font tellement d’effets d’annonce que quand la révélation arrive, on est déçus."

Et bien non, nous avons bien une chute qui dessine ces divertissements futurs qui pourraient être la norme. C'est bien écrit, c'est original, bref un sans faute.
Je n'en dis pas plus pour ne pas vous déflorer la saveur de la découverte.

Albédo, de Régis Goddyn
Une petite frégate, ça vous tente ? Non ? Même pas si elle se déroule sur Titan ?
La Terre est devenu inhabitable, ses habitants ont migré sur Mars, Vénus... Après quelques temps d'adaptation, place au plaisir et le grand retour des Jeux olympiques.
L'intérêt principal de ce texte réside surtout dans ses protagonistes, tous handicapés, du fait des diverses pollutions. Cependant, l'auteur oublie un peu vite cette particularité pour nous livrer un journal de course banal. Le lieu, Titan, ressemble à ce que pouvait en dire le merveilleux scientifique (je raccourci) et la critique sous jaccente aurait pu être mieux traité. J'ai l'impression que l'auteur a eu du mal à savoir vers où aller avec ce texte, comme le démontre le titre, qui ne correspond qu'à un "point de détail" de l’histoire.
Dommage car cela avait du potentiel

Plongée, de Sylvain Lamur
Voilà un texte qui commence très mal pour moi, le sous-titre étant : à travers le vide, vers la planète de l'amour.
Un nouveau sport : la plongée dans le vide depuis la lune vers une autre planète. Avec pour seule compagne une combinaison. Qu'est ce qui pousse ces sportifs a de tels exploits insensés ? L'ivresse du défi ? L'ivresse du gain ? L'ivresse de la gloire ? Ou simplement l'ivresse du vide ? Court, original et exploit de m'avoir fait aimer un texte avec de l'amour. Toute la question est de savoir que recouvre cet amour.

Le Saigneur des rings, de Meddy Ligner
Woody Allen, Sylvester Stallone et arnaque Arnold Schwarzenegger se prépare à un combat de boxe dans une Allemagne uchronique où les nazis l'ont emporté.
Un bon texte rempli d'humour et de tensions. La partie espionnage est le point faible de l'ensemble qui n'avait pas besoin de cette supercherie pour faire le job .

La où dormait l'océan, de Simon Boutreux *
Un petit marathon en solitaire en monde post apo. Alors que l'eau manque, cette victoire rapporte un an d'eau. Encore faut-il gagner contre le cagnard. Sympathique, mais l'univers manque d'originalité et la fin de peps

Articles

Bonnes feuilles. ou le rédac en chef fait sa pub en offrant le premier chapitre de son dernier roman ! Procédé qui m'hérisse le poil, pas lu donc

Musique et SF ne m'intéresse guère, l'article s'attarde sur Emerson, Lake and Palmer
Croisière au long du fleuve nous parle de J & D Le May. Du Space opéra en grande partie avec une influence poétique. Pas ma came mais j'aime bien cette chronique qui permet de découvrir des auteurs de la fameuse collection Fleuve noir

Kawthar Ayed nous parle de La traduction des néologismes dans les romans de science-fiction * en langue arabe. La traduction est un exercice de haut vol, d'autant plus lorsque la langue de raduction ne comporte pas les termes techniques adéquats. Que faire dans le cas des mots inventés par un auteur ? En début d'article, Kawthar Ayed pose aussi le problème sur la traduction de certains genres et sous genres.

Les rubriques habituelles terminent l'ensemble en nous donnant l'actualité des sorties BD *, littéraires et cinématographiques


Les  textes avec un astérisque * sont disponibles gratuitement en téléchargement sur le site de Club galaxies

Les chroniques de l’imaginaire ont aimé le dossier.


Le prochain numéro sera consacré à Sarah Newton, créatrice de jeux, autrice, et inconnue de moi.


L'institut

février 27, 2020

Stephen King, Albin Michel, 2020, 608 p., 17€ epub avec DRM




A bas les expérimentations sur les animaux.
Vive les expérimentations sur les enfants !


Présentation de l'éditeur :


Au cœur de la nuit, à Minneapolis, des intrus pénètrent la maison de Luke Ellis, jeune surdoué de 12 ans, tuent ses parents et le kidnappent.
Luke se réveille à l’Institut, dans une chambre presque semblable à la sienne, sauf qu’elle n’a pas de fenêtre. Dans le couloir, d’autres portes cachent d’autres enfants, dotés comme lui de pouvoirs psychiques.
Que font-ils là ? Qu’attend-on d’eux ? Et pourquoi aucun de ces enfants ne cherche-t-il à s’enfuir ?


Mon ressenti :

Enfant surdoué - pouvoirs psy - complot, pas très original tout cela.
Mais peut-être que le traitement l'est ?
Et bien non. Dès le début, on se doute du comment cela va finir. Reste le mystère de cet Institut qui permet de tourner les pages, bien aidé en cela par le talent de conteur de Stephen King. Car même si l'histoire a été cent fois lu, le style fait que l'on a envie d'aller jusqu'au bout du roman.
Autre problème pour moi, c'est mon rationalisme. Alors de la télékinésie et de la télépathie, j'ai un peu de mal à y croire. Ajoutez y un soupçon de fantastique, des rebondissements capillotractés par moment, et je décroche.
En parallèle, nous avons l'histoire d'un ancien flic perdu dans une bourgade désertique. C'est ici que l'atmosphère prend vraiment son potentiel en nous décrivant merveilleusement le quotidien dans ce trou perdu.


Cette pièce débordait de matériel high-tech, malgré cela, ce sale type s’apprêtait à prendre sa température en utilisant la méthode la plus rudimentaire. Pourquoi ?
Pour briser ma résistance, songea Luke. Pour bien me faire comprendre que je suis un cobaye, et quand vous disposez de cobayes, vous pouvez obtenir toutes les données que vous voulez, de la manière que vous voulez. D’ailleurs, peut-être même qu’ils n’ont pas besoin de prendre ma température. C’est peut-être une façon de dire : Si on peut te fourrer ce truc dans le cul, qu’est-ce qu’on peut y fourrer d’autre ? Réponse : Tout ce qu’on veut.

608 pages qui aurait dû en compter 200, malheureusement, ce n'est pas le cas et on s'ennuie assez vite. Dommage, car un des sujet sous-jacent, doit on sacrifier la jeunesse pour son propre bien, aurait pu être intéressant.

Sur un même motif final, je vous conseille plutôt le Terminus de Tom Sweterlitsch, chez le même éditeur, mais en imaginaire cette fois ci, en moins cher et sans DRM (pour ce que ça sert, le roman étant sur les réseaux pirates le jour de sa sortie). Espérons que la politique numérique d'AMI influence positivement le reste de la maison Albin Michel.


Elevation

avril 29, 2019

Stephen King, Le livre de poche, 2019, 160 p., 7€ epub avec DRM



Aucun fardeau n'est trop lourd pour ce brave Scott Carey habitant dans cette bonne vieille ville conservatrice de Castle Rock.

Présentation de l'éditeur :


Dans la petite ville de Castle Rock, les rumeurs circulent vite. Trop vite.
C’est pourquoi Scott Carey ne veut confier son secret à nul autre que son ami le docteur Bob Ellis. Car avec ou sans vêtements, sa balance affiche la même chose, et chaque jour son poids diminue invariablement. Que se passera-t-il quand il ne pèsera plus rien ?
Scott doit également faire face à un autre problème : les chiens de ses nouvelles voisines ont décidé que sa pelouse était le lieu idéal pour faire leurs besoins. Entre le couple et Scott, la guerre est déclarée. Mais lorsqu’il comprend que le comportement des habitants de Castle Rock, y compris le sien, envers les deux femmes mariées met en péril le restaurant qu’elles ont ouvert en ville, il décide de mettre son « pouvoir » à contribution pour les aider.

Mon ressenti :


En moins de dix pages, le ton est donné, le décor planté, et les personnages crédibles : Stephen King est considéré comme le maitre de l'horreur, mais il est surtout un réel conteur.
Et il en faut du talent pour savoir accommodé l'histoire d'un mec qui maigrit sans régime et une embrouille autour de crottes de chien.

Un récit fantastique très réaliste, rempli d'une profonde humanité, une ode à la différence et une parabole sur le poids de la vie. Sans effets grandiloquents, Stephen King nous conte cette tranche de vie dans une Amérique conservatrice qui accepte les différences si ces dernières restent bien planquées deriière les portes fermées. Par contre, si vous avez l'outrecuidance de pavaner votre altérité de manière ostentatoire, gare à vos miches, d'autant si vous êtes une femme chef d'entreprise, lesbienne et venait d'arriver à Castle Rock.
Cerise sur le gâteau, Stephen King parvient à se sortir brillamment d'une morale qui aurait pu sombrer dans le pathos ou le sirupeux. Pas d'horreur ici, si ce n'est le celle du comportement humain.
La mésaventure de Scott Carey rappelle celle d'un homme qui rétrécit, clin d'oeil assumé, le roman étant dédié à Richard Matheson.



Critique réalisée dans le cadre d'un Service de presse

Bifrost n.80 : Dossier Stephen King

mai 11, 2016

Bifrost, Le Bélial, 2015, 193 p., 6€ epub sans DRM


Quatre nouvelles ouvrent ce numéro, dont deux de Stephen King

- Mauvaise herbe, de Stephen King : un agriculteur bas du front découvre un météorite. Nouvelle inédite en français qui aurait dû, à mon avis, le rester. Pour les fans.

- Chaussures de course, de Ken Liu sur le travail des enfants et la société de consommation. Cette nouvelle est intéressante par son sujet engagé.

- La Reine pêcheuse, d'Alyssa Wong sur la pêche aux sirènes. Bon texte sur la condition féminine.

- La nuit du tigre, de Stephen King. Nouvelle fantastique autour d'un conflit dans un cirque.
Fourni par Blogger.