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Galaxies SF n.63 : Sport et Science-Fiction

avril 06, 2020

Galaxies SF, 2020, ? p. (numérique), 5€ epub sans DRM


Moi dont le prof de sport me demandait sans cesse d'arrêter d'user les bancs ou de jouer aux poteaux, me voilà à me farcir un dossier sur le sport !
Blogueur, ce n'est pas une sinécure, mais un sacerdoce !

Comme je le craignais, ce n'est pas un numéro qui m'a transporté. Le dossier manque d'épaisseur, d'analyse pour être vraiment pertinent.
Seules deux nouvelles ont eu mes faveurs : Kumak, de Gabriel Féraud et Fides, de Fabien Clavel

Nouvelles


Kumak, de Gabriel Féraud

Bienvenue sur Kumak, enfin, façon de parler car si tu t'y trouves, c'est que tu as de grosses dettes à rembourser et que tu vas finir tricard sur cette planète hostile et singulière. Une relation s'est établie avec une espèce locale, les Kormaks dans un système où chacun y trouve son compte. Mais le compte  est-il vraiment bon ?
En peu de pages, l'auteur nous crée un univers crédible et surtout nous dépeint cette osmose tout en nuance, où chacun profite de l'autre. Les perdants sont toujours les mêmes, les gagnants aussi : les grands pontes du capitalisme libéral.

L’humanité n’a rencontré que peu de vies extraterrestres, et il faut reconnaître que les Kormaks ne donnent pas envie de sympathiser. Réussir à communiquer avec eux n’a pas été un mince exploit. Il est déjà si difficile de se comprendre entre Terriens, alors avec une autre espèce d’un autre monde, on court à la catastrophe dès que l’on se dit bonjour.

La Mort en Colchide, de Daniel Walther
Du sexe, du sexe et encore du sexe en quelques pages, pas été plus loin...

La nouvelle Illusion, de Hervé de Peslouan
Un texte déterré de je ne sais quelle date, entre 1900-1978, la revue n'ayant pas jugé nécessaire de donner cette info !
L'histoire se passe dans deux siècles, où tout est automatisé mais où l'on vit comme chez les riches au début du 20ème siècle. Une jeune et belle fille se sent devenir femme et jette son dévolue sur le secrétaire de son père, qui va refuser ses avances. Que cache t-il ?
Sans prétention, daté, ça se lit vite et s'oublie tout aussi vite.


Dossier : Sports et imaginaire


Lorsque j'ai vu la thématique de cette livraison, je me suis demandé comment le dossier allait broder autour, car ne me venait en mémoire que peu de références. Dans son premier article, Meddy Ligner m'a vite démontré le contraire, le sport faisant partie intégrante de nombreuses œuvres, littéraires ou non. Cela devient vite une longue énumération, mais donnera plein de pistes à l'adepte de la sueur.
L'article suivant nous dit que Stephen King aime le baseball, et n'hésite pas à construire quelques références dessus, en majorité non traduits. Nous aurons même le droit à un poème inédit sur un stade de Baseball !
Avant lui, Robert Howard, le père de Conan, avait fait de même avec la boxe, pour preuve, la nouvelle L’Apparition sur le ring, qui tient du fantastique à la marge, et des stéréotypes racistes de l'auteur, avec ce combat entre le bon et le mauvais sauvage.
Un article revient sur deux sports mythiques : le Rollerball et le Rugball, une belle introduction pour une analyse qui reste à faire.

Le Fumet des sacrifices, de Rachel Tanner
Une course de char pour cette nouvelle dont j'ai du mal à voir le lien avec l'imaginaire.

Fides, de Fabien Clavel
Voilà une nouvelle sur un sport médiatique d'un nouveau genre : l'escape room dans un monde un peu plus futuriste que le notre pour pimenter le tout. L'auteur écrit ses lignes qui m'ont fait frémir : et si c'était le cas de ce texte ?

Cela devait être la surprise promise. D’habitude, les chaînes font tellement d’effets d’annonce que quand la révélation arrive, on est déçus."

Et bien non, nous avons bien une chute qui dessine ces divertissements futurs qui pourraient être la norme. C'est bien écrit, c'est original, bref un sans faute.
Je n'en dis pas plus pour ne pas vous déflorer la saveur de la découverte.

Albédo, de Régis Goddyn
Une petite frégate, ça vous tente ? Non ? Même pas si elle se déroule sur Titan ?
La Terre est devenu inhabitable, ses habitants ont migré sur Mars, Vénus... Après quelques temps d'adaptation, place au plaisir et le grand retour des Jeux olympiques.
L'intérêt principal de ce texte réside surtout dans ses protagonistes, tous handicapés, du fait des diverses pollutions. Cependant, l'auteur oublie un peu vite cette particularité pour nous livrer un journal de course banal. Le lieu, Titan, ressemble à ce que pouvait en dire le merveilleux scientifique (je raccourci) et la critique sous jaccente aurait pu être mieux traité. J'ai l'impression que l'auteur a eu du mal à savoir vers où aller avec ce texte, comme le démontre le titre, qui ne correspond qu'à un "point de détail" de l’histoire.
Dommage car cela avait du potentiel

Plongée, de Sylvain Lamur
Voilà un texte qui commence très mal pour moi, le sous-titre étant : à travers le vide, vers la planète de l'amour.
Un nouveau sport : la plongée dans le vide depuis la lune vers une autre planète. Avec pour seule compagne une combinaison. Qu'est ce qui pousse ces sportifs a de tels exploits insensés ? L'ivresse du défi ? L'ivresse du gain ? L'ivresse de la gloire ? Ou simplement l'ivresse du vide ? Court, original et exploit de m'avoir fait aimer un texte avec de l'amour. Toute la question est de savoir que recouvre cet amour.

Le Saigneur des rings, de Meddy Ligner
Woody Allen, Sylvester Stallone et arnaque Arnold Schwarzenegger se prépare à un combat de boxe dans une Allemagne uchronique où les nazis l'ont emporté.
Un bon texte rempli d'humour et de tensions. La partie espionnage est le point faible de l'ensemble qui n'avait pas besoin de cette supercherie pour faire le job .

La où dormait l'océan, de Simon Boutreux *
Un petit marathon en solitaire en monde post apo. Alors que l'eau manque, cette victoire rapporte un an d'eau. Encore faut-il gagner contre le cagnard. Sympathique, mais l'univers manque d'originalité et la fin de peps

Articles

Bonnes feuilles. ou le rédac en chef fait sa pub en offrant le premier chapitre de son dernier roman ! Procédé qui m'hérisse le poil, pas lu donc

Musique et SF ne m'intéresse guère, l'article s'attarde sur Emerson, Lake and Palmer
Croisière au long du fleuve nous parle de J & D Le May. Du Space opéra en grande partie avec une influence poétique. Pas ma came mais j'aime bien cette chronique qui permet de découvrir des auteurs de la fameuse collection Fleuve noir

Kawthar Ayed nous parle de La traduction des néologismes dans les romans de science-fiction * en langue arabe. La traduction est un exercice de haut vol, d'autant plus lorsque la langue de raduction ne comporte pas les termes techniques adéquats. Que faire dans le cas des mots inventés par un auteur ? En début d'article, Kawthar Ayed pose aussi le problème sur la traduction de certains genres et sous genres.

Les rubriques habituelles terminent l'ensemble en nous donnant l'actualité des sorties BD *, littéraires et cinématographiques


Les  textes avec un astérisque * sont disponibles gratuitement en téléchargement sur le site de Club galaxies

Les chroniques de l’imaginaire ont aimé le dossier.


Le prochain numéro sera consacré à Sarah Newton, créatrice de jeux, autrice, et inconnue de moi.


Galaxies SF n.62 : Barjavel et l'écologie

janvier 09, 2020

Galaxies SF, 2019, ? p. (numérique), 5€ epub sans DRM


Sous une couverture hideuse et repoussante - de quoi vous dégouter à jamais d'avoir la main verte - se cache un dossier sur Barjavel et l'écologie.
Pas moins de onze nouvelles pour ce dernier galaxies SF chapeauté par Jean-Pierre Andrevon qui prend sa retraite de rédac chef, et j'espère surtout d'illustrateur, car c'est lui qui a commis cette ignominie.


Les météorites, de Céline Maltère
Courte nouvelle fantastique : alors qu'un printemps éternel est là, quelques flocons font leur apparition.
Une apocalypse que je qualifierai de psychanalytique, et à laquelle je n'ai pas adhéré.

Le vainqueur, de Patrik Centerwall
Alors que Dieu est mort, un mystérieux messager apporte l'Apocalypse. Une courte nouvelle ou le drapeau noir flotte de manière assez acerbe. Bien aimé le ton et le second degré qui s'en dégage.

Le Chœur malade, de Noé Gaillard & Richard Canal

La musique adoucit les moeurs ?
Dans un monde dystopique, la musique y est magique et sert entre autre de protection. Mais une tentative de meurtre est commise sur Le Dirigeant. Une enquête s'ouvre...
Une idée originale traitée un peu à la old school. C'est dommage car l'univers de science-fantasy aurait pu donner lieu à un très bon texte. Reste dès lors une sympathique histoire.

Les anges rêvent-iels de Lamashires ?, de Jeanne-A Debats
Le titre donne le La : nous serons dans le farfelu, mais qui tient la route. Dans ce texte, on retrouve tout ce qui est à la mode en ce moment : genre, violence conjugale, inégalité, îlot réservé à l'élite.... Mais l'autrice arrive à amalgamer l'ensemble et je me suis mis à croire à l'histoire.



Dossier : Barjavel et l'écologie

Un article, une bibliographie et 9 nouvelles (dont une de Barjavel) composent ce dossier.
A part la nouvelle de Barjavel et de Bruno Pochesci, pas vu le rapport avec le dossier mais je ne connais très peu l'auteur. (Cela aurait pu être intéressant d'indiquer dans la présentation des nouvelles le rapport avec Barjavel...)

La politique est une saleté. Il n’y a pas de société idéale. Il n’y a pas de solutions sociales aux problèmes humains. Il n’y a que des compromis. Il n’y a que des sociétés un peu moins mauvaises que d’autres.
Barjavel

Andrevon commence de suite à poser la question "mais d'abord, c'est quoi l'écologie" pour en définir ce qui l'en entend, en gros protéger la Terre de l'homme. Andrevon "doit sa carrière" à Barjavel (et ne s'en cachant pas), l'article aurait pu être une éloge mais reste avant tout critique sur l'homme et son parcours. J'aurais aimé une analyse un peu plus poussée et le sujet restrictif, l'écologie, de l'article piège un peu son rédacteur. Ceux qui connaissent bien l'itinéraire de Barjavel en seront donc pour leur frais, ceux qui n'y connaissent rien apprendront deux trois choses et découvriront les textes qui pourraient leur plaire. 

La seule chose sur laquelle on ne peut se tromper, c’est que Barjavel fut un écologiste avant la lettre, un vrai amoureux de la nature. Mais, dans son refus de l’engagement, il est toujours resté du côté « des fleurs et des petits oiseaux », et aurait sans doute entretenu la plus grande méfiance envers l’écologie politique très militante d’aujourd’hui.
Andrevon

Colomb de la Lune, de René Barjavel
Voici l'histoire de Colomb de la Lune, parti sur la Lune pour donner à l'humanité les renseignements sur notre satellite. Mais...
Un texte écolo, peut-être un peu trop poétique pour ma pomme et qui joue avec la mise en abyme.

C’est pour Demain, de Bruno Pochesci
Bruno Pochesci aime bien titiller là où ça fait mal : connaissant son Barjavel et ses soupçons, lavés, de collaboration en 39-45 (dont l'article dit quelques mots), il situe son texte durant cette période avec comme protagoniste, un joli et fervent collaborateur !

La nostalgie l’étreint. C’était le bon temps. Celui de la gloire, de la belle vie et du devoir accompli. De la racaille enfin nettoyée au Zyklon B.

Que justice soit faite !
Alors que nombre de collabos sont passés entre les mailles du filet, un voyageur prudent rode...
Un côté provoc comme Desproges savait très bien le faire pour une chute délicieuse de justice et de barbarie. Pochesci joue avec la bibliographie de Barjavel, émaillant son récit d'anecdotes utilisées à bon escient.
Sans conteste LA nouvelle de ce numéro

Flinguez-moi tout ça, de Daniel Walther
Un auteur prolixe en son temps, inconnu de moi, mais je vais regarder sa biblio de plus près désormais. Le prochain numéro de la revue comportera une nouvelle inédite, La mort en Colchide
Pour celles et ceux qui ont encore des doutes sur le fait que la SF militaire peut être antimilitariste, lisez ce texte.
Même si histoire est connue, l'auteur montre bien l'absurdité de la guerre et l'aveuglement de certains individus sur leur acte.


— … il y a bien assez de place pour tout le monde dans l’univers, prêchaient les tenants de cette philosophie. La guerre est une monstrueuse absurdité qui va contre les desseins du Créateur.
Mais personne ne les avait écoutés et, quand ils avaient commencé à faire du bruit et à défiler avec des pancartes, on avait mis le holà. Pour leur prouver que la guerre n’était nullement une absurdité mais une nécessité vitale, on leur avait fait enfiler l’uniforme de la Flotte de l’Espace et on les avait envoyés prêcher la compréhension mutuelle avec des armes de fort calibre. C’était une façon comme une autre de changer les mal-pensants en bien-pensants et de transformer les anarchistes en honnêtes citoyens.


Vice pure, de Fabienne Leloup
Futur lointain, sur une planète dirigée par le clergé...
Un mélange de religion, de science et d'asservissement pour un texte que je n'ai pas compris.

Le festin des amnésiques, de Philippe Astier *
Il s'agit ici de plusieurs nouvelles du même auteur. Entre SF et fantastique, des textes bien écrits, à la old school, mais qui manque cruellement de chute et d'entrain pour m'avoir passionné. Seul le dernier, qui narre la ballade d'un biologiste a eu l'honneur de me faire rire avec son côté conte monstrueux.

Le ciel au-dessus, de Dominique Douay
Une amnésique se réveille dans un endroit très étrange...
Une belle plume pour un texte très ouvert sur son interprétation. Avec en point d'orgue les mots, leur signification et aussi le ciel, au-dessus.
Dominique Douay est un des noms de la SF française, c'est aussi la première fois que je le lis.


Bob, de Matie-Olivia de Cabanaz *
Alors que les implants IA ont envahi le cerveau des gens, un nouveau type de produit apparaît sur le marché : Bob. Et il va tout faire pour que vous soyez heureux !
A force de se laisser diriger par nos assistants smartphone - courir, manger équilibrer, bien dormir...  - jusqu'où peut on aller sans perdre notre libre arbitre ?
Un texte qui se lit sans mal mais qui manque un peu d'un ton glaçant pour rester dans les mémoires.

Le quatrième appétit, de Robert Yessouroun *
Sous forme d'extraits divers, les conséquences de la technologie du rajeunissement.
Un traitement décalé qui m'a laissé sur le bord du chemin. Les conséquences sociales sont trop survolées et manquent de crédibilité.




Articles :

Suit un article de Franck Jammes sur le comics Marshal Law que je n'ai pas lu, les comics et moi n'étant pas compatibles

Crise des frontières et diabolisation de l’Autre * de Kawthar Ayed propose "d’étudier dans cette communication la crise des frontières et la diabolisation de l’Autre dans la littérature utopique/dystopique en étudiant en particulier Wang de Pierre Bordage, Globalia de J.-C. Rufin et 2103, Le Retour de l’éléphant de Abdelaziz Belkhodja."
L'intention est bonne, mais quelques pages ne suffisent pas à entrer dans le coeur du sujet. Reste un survol rapide et assez convenu.

L’écran du souvenir : Homunculus, d’Otto Ripert
Jean-Pierre Fontana nous parle d'une séries de films que seuls les personnes âgées de plus de 115 ans ont pu voir dans leur jeunesse. Il y sera question d'androïde et de lutte des classes.

Enfin, peut-être la raison de la retraite d'Andrevon : l'envie de rester plus longtemps affalé sur son canapé à regarder des films qui touchent de près ou de loin à la SFFF, dont de nombreux navets  ?
il m'a tout de même donné l'envie de visionner le film d'animation Monsieur Link de Chris Butler.
La rubrique est assez longue, le nombre de nanars consternants, mais bonne nouvelle, la rubrique deviendra bi-mensuelle, permettant d'ancrer plus dans l'actualité cinématographique.


Rien de transcendant, à part la nouvelle grinçante de Bruno Pochesci (dont on reparlera bientôt sur le blog pour sa novella Scories, une suite hommage au texte Les retombées d'un certain Andrevon !), ni de repoussant, dans ce numéro,et si vous aimez les nouvelles, vous serez servi.

Les  textes avec un astérisque * sont disponibles gratuitement en téléchargement sur le site de Club galaxies





Si vous voulez en connaitre plus sur Barjavel sans dépenser un kopeck, je vous conseille d'écouter l'émission que lui a consacrée La méthode scientifique, bien plus complète à mon humble avis.

René Barjavel : une oeuvre à l'abri des ravages du temps

https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-du-vendredi-21-decembre-2018
La méthode scientifique du 21 décembre 2018
Lien direct (enregistrer sous)
Comment Barjavel est-il devenu une référence de la science-fiction ? Quel fut son parcours et ses autres vies ? Comment percevait-il le progrès scientifique ? Quelles furent ses inspirations et qui inspira-t-il ?
Pour parler de l’œuvre de René Barjavel, nous recevons aujourd'hui Pierre CREVEUIL, président de l’association des Amis de René Barjavel, et Natacha VAS-DEYRES, chercheuse associée de l’université Bordeaux-Montaigne et spécialiste de la littérature d’anticipation.



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