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Galaxies SF n.64 : Sarah Newton, bâtisseuse de mondes

mai 07, 2020


Galaxies SF, 2020, ? p. (numérique), 5€ epub sans DRM



Ne tournons pas autour du pot, cette livraison est tout à fait dispensable. Quelques nouvelles sont d'une lecture agréable mais rien de transcendant.
Quand au dossier...


Nouvelles


Rue de la mémoire qui flanche, de Mike Resnick
On commence par un hommage à Mike Resnick
Un vieux couple se rend chez le spécialiste, la femme est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Comment vaincre la maladie même si elle est incurable ? Comment vivre seul après avoir passé sa vie ensemble ?
Pas de misérabilisme, de voyeurisme ou de sentimentalisme, le ton juste pour cette nouvelle.

Unstitch your Mouth, de Guillaume Laffineur
Une sorte de conte SF-fantasy. Original, on comprend au fur et à mesure l'univers, musical, de ce texte.
Dans un monde étrange, un conflit oppose deux personnes. C'est à la méthode de sa résolution que l'on s'attarde.
La chute est délicieuse dans son retournement de situation.

Le Quetzal, de P.A. Desgranges
Un journaliste scientifique s'envole pour le Costa Rica pour le scoop du siècle. Il y sera question de transhumanisme, d'éthique et de théorie complotiste.
Tout en douceur, sans effet de manche, on suit le périple et l'interview. Et la chute arrive.
Simple et percutant, manque peut être de tenants pour en faire un texte mémorable.

La fin du Silicien, de Gulzar Joby
Naturel versus Artificiel, deux visions antagonistes de la technologie.
Une controverse se déroule sur une île entre deux tenants de la technologie informatique, l'une basée sur le silice, l'autre sur le végétal. Monde ancien vs monde nouveau, une position irréconciliable.
Reste cependant très anecdotique, l'auteur restant en surface et à eu l'idée étrange de dérouler son histoire dans un univers assez merveilleux.

Le paradoxe de l’identité, de Siana
Une histoire de voyage temporel à la mode Finney, où c'est par la "pensée" que le voyageur est projeté dans le temps.
Longuet.

Les Coucous, de Paul Hanost
Rien compris

La meilleure semaine de ma vie, de Thomas Baronheid *
Une affreuse bestiolle assoiffée de sang semble semer la mort dans un vaisseau spatial.
Un texte dans l'air du temps, la chute ménage son effet. Plaisant, mais vite oublié

Avec tout mon souvenir… affectueux… je crois, de Anthony Boulanger *
Un texte sur notre propension a déchargé notre mémoire à nos smartphones. et à oublier d'utiliser nos neurones. Un peu trop moraliste à mon goût et la critique est beaucoup trop succinte.

Sic transit…, de Charles Hagel
Le texte de jadis.
L'intro fait allusion à mon auteur favori " On sera surpris d’y retrouver comme un écho du Darwinia de Robert Charles Wilson (1998), avec ces navires du Commonwealth venant reprendre pied sur une Angleterre subitement rayée de la carte."
J'en frétillais d'impatience. Mais :
"Antisémite notoire, et donc à lire avec précaution, Charles Hagel n’a pas laissé de photographies, mais une fiche assez nourrie à la BNF."
Franchement, il y a tant de textes à déterrer,  était ce nécessaire de choisir celui ci ?


Sarah Newton, bâtisseuse de mondes


Un dossier un peu surréaliste dans sa structure.
Moi qui ne connait pas Sarah Newton, on entre de plain-pied avec un article hagiographique qui loue plutôt qu'explique la démarche de l'autrice. Résultat, je ne sais pas trop qui est cette dame !
Le deuxième article est bien entendu la bibliographie !!!! (quasi anglophone).
Puis nous avons l'entretien. C'est ce dernier qui sauve le dossier car il est assez vaste et intéressant pour peu que l'on aime les jeux de rôles.

Personnellement, je pense que le jeu de rôle est un outil d’éducation très puissant. Le jeu de rôle permet d’explorer des thèmes, des problématiques… Je suis toujours surprise en constatant que le jeu de rôle reste peu présent dans les écoles.


Si j'ai bien tout compris, Sarah Newton est une créatrice autrice de jeux de rôles, et a écrit quelques textes qui se situent surtout dans l'univers de ses jeux.
Fort heureusement pour nous donner une idée de sa plume, la nouvelle Vision rémanente clôt le dossier. Pour les non adeptes de la SF, une des critiques principales est que cela est du charabia. Et en tombant sur ce texte, je ne peux que plussoyer. L'autrice en fait des tonnes pour bien nous faire comprendre que l'intrigue se déroule dans fort longtemps et ou la technologie est omniprésente. Et pour cela elle emploie un charabia techno science-fictif qui ne veut absolument rien dire. En outre, les tentatives d'humour sont lourdes. La SF mérite beaucoup mieux...

Tu peux remettre l’exomémoire en marche, chef, télépensa-t-elle. J’ai envoyé un ver pour enquêter sur les autres occurrences de saturation cérébrale dans cet octant.


La corruption du flux de perception directe est le résultat d’une série d’algorithmes obscurs, mais identifiables. J’aurai besoin des muscles noosphériques de Missio.

La conception de la fusée et le voyage spatial dans la science-fiction*
Ayed Kawthar nous offre un petit tour d'horizon littéraire sur le voyage spatial. Plaisant à lire, avec des références pas trop nombreuses. On y parle des débuts mais aussi de voiles solaires, d'hyper espace et de trou de vers. Pour conclure sur les auteurs SF et l'ESA.


Le numéro de termine par les rubriques habituelles : tout ce que fait l'actualité livresque, BD ou cinéma de genre. J'y ai relevé l'anthologie "En situation de handicap… dans le futur" chez Arkuiris


Les  textes avec un astérisque * sont disponibles gratuitement en téléchargement sur le site de Club galaxies
A vos risques et périls...


Galaxies SF n.63 : Sport et Science-Fiction

avril 06, 2020

Galaxies SF, 2020, ? p. (numérique), 5€ epub sans DRM


Moi dont le prof de sport me demandait sans cesse d'arrêter d'user les bancs ou de jouer aux poteaux, me voilà à me farcir un dossier sur le sport !
Blogueur, ce n'est pas une sinécure, mais un sacerdoce !

Comme je le craignais, ce n'est pas un numéro qui m'a transporté. Le dossier manque d'épaisseur, d'analyse pour être vraiment pertinent.
Seules deux nouvelles ont eu mes faveurs : Kumak, de Gabriel Féraud et Fides, de Fabien Clavel

Nouvelles


Kumak, de Gabriel Féraud

Bienvenue sur Kumak, enfin, façon de parler car si tu t'y trouves, c'est que tu as de grosses dettes à rembourser et que tu vas finir tricard sur cette planète hostile et singulière. Une relation s'est établie avec une espèce locale, les Kormaks dans un système où chacun y trouve son compte. Mais le compte  est-il vraiment bon ?
En peu de pages, l'auteur nous crée un univers crédible et surtout nous dépeint cette osmose tout en nuance, où chacun profite de l'autre. Les perdants sont toujours les mêmes, les gagnants aussi : les grands pontes du capitalisme libéral.

L’humanité n’a rencontré que peu de vies extraterrestres, et il faut reconnaître que les Kormaks ne donnent pas envie de sympathiser. Réussir à communiquer avec eux n’a pas été un mince exploit. Il est déjà si difficile de se comprendre entre Terriens, alors avec une autre espèce d’un autre monde, on court à la catastrophe dès que l’on se dit bonjour.

La Mort en Colchide, de Daniel Walther
Du sexe, du sexe et encore du sexe en quelques pages, pas été plus loin...

La nouvelle Illusion, de Hervé de Peslouan
Un texte déterré de je ne sais quelle date, entre 1900-1978, la revue n'ayant pas jugé nécessaire de donner cette info !
L'histoire se passe dans deux siècles, où tout est automatisé mais où l'on vit comme chez les riches au début du 20ème siècle. Une jeune et belle fille se sent devenir femme et jette son dévolue sur le secrétaire de son père, qui va refuser ses avances. Que cache t-il ?
Sans prétention, daté, ça se lit vite et s'oublie tout aussi vite.


Dossier : Sports et imaginaire


Lorsque j'ai vu la thématique de cette livraison, je me suis demandé comment le dossier allait broder autour, car ne me venait en mémoire que peu de références. Dans son premier article, Meddy Ligner m'a vite démontré le contraire, le sport faisant partie intégrante de nombreuses œuvres, littéraires ou non. Cela devient vite une longue énumération, mais donnera plein de pistes à l'adepte de la sueur.
L'article suivant nous dit que Stephen King aime le baseball, et n'hésite pas à construire quelques références dessus, en majorité non traduits. Nous aurons même le droit à un poème inédit sur un stade de Baseball !
Avant lui, Robert Howard, le père de Conan, avait fait de même avec la boxe, pour preuve, la nouvelle L’Apparition sur le ring, qui tient du fantastique à la marge, et des stéréotypes racistes de l'auteur, avec ce combat entre le bon et le mauvais sauvage.
Un article revient sur deux sports mythiques : le Rollerball et le Rugball, une belle introduction pour une analyse qui reste à faire.

Le Fumet des sacrifices, de Rachel Tanner
Une course de char pour cette nouvelle dont j'ai du mal à voir le lien avec l'imaginaire.

Fides, de Fabien Clavel
Voilà une nouvelle sur un sport médiatique d'un nouveau genre : l'escape room dans un monde un peu plus futuriste que le notre pour pimenter le tout. L'auteur écrit ses lignes qui m'ont fait frémir : et si c'était le cas de ce texte ?

Cela devait être la surprise promise. D’habitude, les chaînes font tellement d’effets d’annonce que quand la révélation arrive, on est déçus."

Et bien non, nous avons bien une chute qui dessine ces divertissements futurs qui pourraient être la norme. C'est bien écrit, c'est original, bref un sans faute.
Je n'en dis pas plus pour ne pas vous déflorer la saveur de la découverte.

Albédo, de Régis Goddyn
Une petite frégate, ça vous tente ? Non ? Même pas si elle se déroule sur Titan ?
La Terre est devenu inhabitable, ses habitants ont migré sur Mars, Vénus... Après quelques temps d'adaptation, place au plaisir et le grand retour des Jeux olympiques.
L'intérêt principal de ce texte réside surtout dans ses protagonistes, tous handicapés, du fait des diverses pollutions. Cependant, l'auteur oublie un peu vite cette particularité pour nous livrer un journal de course banal. Le lieu, Titan, ressemble à ce que pouvait en dire le merveilleux scientifique (je raccourci) et la critique sous jaccente aurait pu être mieux traité. J'ai l'impression que l'auteur a eu du mal à savoir vers où aller avec ce texte, comme le démontre le titre, qui ne correspond qu'à un "point de détail" de l’histoire.
Dommage car cela avait du potentiel

Plongée, de Sylvain Lamur
Voilà un texte qui commence très mal pour moi, le sous-titre étant : à travers le vide, vers la planète de l'amour.
Un nouveau sport : la plongée dans le vide depuis la lune vers une autre planète. Avec pour seule compagne une combinaison. Qu'est ce qui pousse ces sportifs a de tels exploits insensés ? L'ivresse du défi ? L'ivresse du gain ? L'ivresse de la gloire ? Ou simplement l'ivresse du vide ? Court, original et exploit de m'avoir fait aimer un texte avec de l'amour. Toute la question est de savoir que recouvre cet amour.

Le Saigneur des rings, de Meddy Ligner
Woody Allen, Sylvester Stallone et arnaque Arnold Schwarzenegger se prépare à un combat de boxe dans une Allemagne uchronique où les nazis l'ont emporté.
Un bon texte rempli d'humour et de tensions. La partie espionnage est le point faible de l'ensemble qui n'avait pas besoin de cette supercherie pour faire le job .

La où dormait l'océan, de Simon Boutreux *
Un petit marathon en solitaire en monde post apo. Alors que l'eau manque, cette victoire rapporte un an d'eau. Encore faut-il gagner contre le cagnard. Sympathique, mais l'univers manque d'originalité et la fin de peps

Articles

Bonnes feuilles. ou le rédac en chef fait sa pub en offrant le premier chapitre de son dernier roman ! Procédé qui m'hérisse le poil, pas lu donc

Musique et SF ne m'intéresse guère, l'article s'attarde sur Emerson, Lake and Palmer
Croisière au long du fleuve nous parle de J & D Le May. Du Space opéra en grande partie avec une influence poétique. Pas ma came mais j'aime bien cette chronique qui permet de découvrir des auteurs de la fameuse collection Fleuve noir

Kawthar Ayed nous parle de La traduction des néologismes dans les romans de science-fiction * en langue arabe. La traduction est un exercice de haut vol, d'autant plus lorsque la langue de raduction ne comporte pas les termes techniques adéquats. Que faire dans le cas des mots inventés par un auteur ? En début d'article, Kawthar Ayed pose aussi le problème sur la traduction de certains genres et sous genres.

Les rubriques habituelles terminent l'ensemble en nous donnant l'actualité des sorties BD *, littéraires et cinématographiques


Les  textes avec un astérisque * sont disponibles gratuitement en téléchargement sur le site de Club galaxies

Les chroniques de l’imaginaire ont aimé le dossier.


Le prochain numéro sera consacré à Sarah Newton, créatrice de jeux, autrice, et inconnue de moi.


Galaxies SF n.62 : Barjavel et l'écologie

janvier 09, 2020

Galaxies SF, 2019, ? p. (numérique), 5€ epub sans DRM


Sous une couverture hideuse et repoussante - de quoi vous dégouter à jamais d'avoir la main verte - se cache un dossier sur Barjavel et l'écologie.
Pas moins de onze nouvelles pour ce dernier galaxies SF chapeauté par Jean-Pierre Andrevon qui prend sa retraite de rédac chef, et j'espère surtout d'illustrateur, car c'est lui qui a commis cette ignominie.


Les météorites, de Céline Maltère
Courte nouvelle fantastique : alors qu'un printemps éternel est là, quelques flocons font leur apparition.
Une apocalypse que je qualifierai de psychanalytique, et à laquelle je n'ai pas adhéré.

Le vainqueur, de Patrik Centerwall
Alors que Dieu est mort, un mystérieux messager apporte l'Apocalypse. Une courte nouvelle ou le drapeau noir flotte de manière assez acerbe. Bien aimé le ton et le second degré qui s'en dégage.

Le Chœur malade, de Noé Gaillard & Richard Canal

La musique adoucit les moeurs ?
Dans un monde dystopique, la musique y est magique et sert entre autre de protection. Mais une tentative de meurtre est commise sur Le Dirigeant. Une enquête s'ouvre...
Une idée originale traitée un peu à la old school. C'est dommage car l'univers de science-fantasy aurait pu donner lieu à un très bon texte. Reste dès lors une sympathique histoire.

Les anges rêvent-iels de Lamashires ?, de Jeanne-A Debats
Le titre donne le La : nous serons dans le farfelu, mais qui tient la route. Dans ce texte, on retrouve tout ce qui est à la mode en ce moment : genre, violence conjugale, inégalité, îlot réservé à l'élite.... Mais l'autrice arrive à amalgamer l'ensemble et je me suis mis à croire à l'histoire.



Dossier : Barjavel et l'écologie

Un article, une bibliographie et 9 nouvelles (dont une de Barjavel) composent ce dossier.
A part la nouvelle de Barjavel et de Bruno Pochesci, pas vu le rapport avec le dossier mais je ne connais très peu l'auteur. (Cela aurait pu être intéressant d'indiquer dans la présentation des nouvelles le rapport avec Barjavel...)

La politique est une saleté. Il n’y a pas de société idéale. Il n’y a pas de solutions sociales aux problèmes humains. Il n’y a que des compromis. Il n’y a que des sociétés un peu moins mauvaises que d’autres.
Barjavel

Andrevon commence de suite à poser la question "mais d'abord, c'est quoi l'écologie" pour en définir ce qui l'en entend, en gros protéger la Terre de l'homme. Andrevon "doit sa carrière" à Barjavel (et ne s'en cachant pas), l'article aurait pu être une éloge mais reste avant tout critique sur l'homme et son parcours. J'aurais aimé une analyse un peu plus poussée et le sujet restrictif, l'écologie, de l'article piège un peu son rédacteur. Ceux qui connaissent bien l'itinéraire de Barjavel en seront donc pour leur frais, ceux qui n'y connaissent rien apprendront deux trois choses et découvriront les textes qui pourraient leur plaire. 

La seule chose sur laquelle on ne peut se tromper, c’est que Barjavel fut un écologiste avant la lettre, un vrai amoureux de la nature. Mais, dans son refus de l’engagement, il est toujours resté du côté « des fleurs et des petits oiseaux », et aurait sans doute entretenu la plus grande méfiance envers l’écologie politique très militante d’aujourd’hui.
Andrevon

Colomb de la Lune, de René Barjavel
Voici l'histoire de Colomb de la Lune, parti sur la Lune pour donner à l'humanité les renseignements sur notre satellite. Mais...
Un texte écolo, peut-être un peu trop poétique pour ma pomme et qui joue avec la mise en abyme.

C’est pour Demain, de Bruno Pochesci
Bruno Pochesci aime bien titiller là où ça fait mal : connaissant son Barjavel et ses soupçons, lavés, de collaboration en 39-45 (dont l'article dit quelques mots), il situe son texte durant cette période avec comme protagoniste, un joli et fervent collaborateur !

La nostalgie l’étreint. C’était le bon temps. Celui de la gloire, de la belle vie et du devoir accompli. De la racaille enfin nettoyée au Zyklon B.

Que justice soit faite !
Alors que nombre de collabos sont passés entre les mailles du filet, un voyageur prudent rode...
Un côté provoc comme Desproges savait très bien le faire pour une chute délicieuse de justice et de barbarie. Pochesci joue avec la bibliographie de Barjavel, émaillant son récit d'anecdotes utilisées à bon escient.
Sans conteste LA nouvelle de ce numéro

Flinguez-moi tout ça, de Daniel Walther
Un auteur prolixe en son temps, inconnu de moi, mais je vais regarder sa biblio de plus près désormais. Le prochain numéro de la revue comportera une nouvelle inédite, La mort en Colchide
Pour celles et ceux qui ont encore des doutes sur le fait que la SF militaire peut être antimilitariste, lisez ce texte.
Même si histoire est connue, l'auteur montre bien l'absurdité de la guerre et l'aveuglement de certains individus sur leur acte.


— … il y a bien assez de place pour tout le monde dans l’univers, prêchaient les tenants de cette philosophie. La guerre est une monstrueuse absurdité qui va contre les desseins du Créateur.
Mais personne ne les avait écoutés et, quand ils avaient commencé à faire du bruit et à défiler avec des pancartes, on avait mis le holà. Pour leur prouver que la guerre n’était nullement une absurdité mais une nécessité vitale, on leur avait fait enfiler l’uniforme de la Flotte de l’Espace et on les avait envoyés prêcher la compréhension mutuelle avec des armes de fort calibre. C’était une façon comme une autre de changer les mal-pensants en bien-pensants et de transformer les anarchistes en honnêtes citoyens.


Vice pure, de Fabienne Leloup
Futur lointain, sur une planète dirigée par le clergé...
Un mélange de religion, de science et d'asservissement pour un texte que je n'ai pas compris.

Le festin des amnésiques, de Philippe Astier *
Il s'agit ici de plusieurs nouvelles du même auteur. Entre SF et fantastique, des textes bien écrits, à la old school, mais qui manque cruellement de chute et d'entrain pour m'avoir passionné. Seul le dernier, qui narre la ballade d'un biologiste a eu l'honneur de me faire rire avec son côté conte monstrueux.

Le ciel au-dessus, de Dominique Douay
Une amnésique se réveille dans un endroit très étrange...
Une belle plume pour un texte très ouvert sur son interprétation. Avec en point d'orgue les mots, leur signification et aussi le ciel, au-dessus.
Dominique Douay est un des noms de la SF française, c'est aussi la première fois que je le lis.


Bob, de Matie-Olivia de Cabanaz *
Alors que les implants IA ont envahi le cerveau des gens, un nouveau type de produit apparaît sur le marché : Bob. Et il va tout faire pour que vous soyez heureux !
A force de se laisser diriger par nos assistants smartphone - courir, manger équilibrer, bien dormir...  - jusqu'où peut on aller sans perdre notre libre arbitre ?
Un texte qui se lit sans mal mais qui manque un peu d'un ton glaçant pour rester dans les mémoires.

Le quatrième appétit, de Robert Yessouroun *
Sous forme d'extraits divers, les conséquences de la technologie du rajeunissement.
Un traitement décalé qui m'a laissé sur le bord du chemin. Les conséquences sociales sont trop survolées et manquent de crédibilité.




Articles :

Suit un article de Franck Jammes sur le comics Marshal Law que je n'ai pas lu, les comics et moi n'étant pas compatibles

Crise des frontières et diabolisation de l’Autre * de Kawthar Ayed propose "d’étudier dans cette communication la crise des frontières et la diabolisation de l’Autre dans la littérature utopique/dystopique en étudiant en particulier Wang de Pierre Bordage, Globalia de J.-C. Rufin et 2103, Le Retour de l’éléphant de Abdelaziz Belkhodja."
L'intention est bonne, mais quelques pages ne suffisent pas à entrer dans le coeur du sujet. Reste un survol rapide et assez convenu.

L’écran du souvenir : Homunculus, d’Otto Ripert
Jean-Pierre Fontana nous parle d'une séries de films que seuls les personnes âgées de plus de 115 ans ont pu voir dans leur jeunesse. Il y sera question d'androïde et de lutte des classes.

Enfin, peut-être la raison de la retraite d'Andrevon : l'envie de rester plus longtemps affalé sur son canapé à regarder des films qui touchent de près ou de loin à la SFFF, dont de nombreux navets  ?
il m'a tout de même donné l'envie de visionner le film d'animation Monsieur Link de Chris Butler.
La rubrique est assez longue, le nombre de nanars consternants, mais bonne nouvelle, la rubrique deviendra bi-mensuelle, permettant d'ancrer plus dans l'actualité cinématographique.


Rien de transcendant, à part la nouvelle grinçante de Bruno Pochesci (dont on reparlera bientôt sur le blog pour sa novella Scories, une suite hommage au texte Les retombées d'un certain Andrevon !), ni de repoussant, dans ce numéro,et si vous aimez les nouvelles, vous serez servi.

Les  textes avec un astérisque * sont disponibles gratuitement en téléchargement sur le site de Club galaxies





Si vous voulez en connaitre plus sur Barjavel sans dépenser un kopeck, je vous conseille d'écouter l'émission que lui a consacrée La méthode scientifique, bien plus complète à mon humble avis.

René Barjavel : une oeuvre à l'abri des ravages du temps

https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-du-vendredi-21-decembre-2018
La méthode scientifique du 21 décembre 2018
Lien direct (enregistrer sous)
Comment Barjavel est-il devenu une référence de la science-fiction ? Quel fut son parcours et ses autres vies ? Comment percevait-il le progrès scientifique ? Quelles furent ses inspirations et qui inspira-t-il ?
Pour parler de l’œuvre de René Barjavel, nous recevons aujourd'hui Pierre CREVEUIL, président de l’association des Amis de René Barjavel, et Natacha VAS-DEYRES, chercheuse associée de l’université Bordeaux-Montaigne et spécialiste de la littérature d’anticipation.



Galaxies SF n.61 : Les quatre époques de la science-fiction au Québec

octobre 21, 2019

Galaxies SF, 2019, ? p. (numérique), 5€ epub sans DRM

Présentement, voici mon opinion sur le dernier numéro de la revue Galaxies SF consacré à la SF québécoise. Et il n'y a pas à fortiller des foufounes, c'est de la belle ouvrage, je ne me suis pas achalé à sa lecture.
Mais on va se calmer le pompon, on ne va pas se niaiser avec le puck, ni parler à travers son chapeau, osti de câlisse de ciboire de tabarnak, et on va voir tout cela en détail :

Sur les trois Galaxies SF que j'ai lues, les dossiers étaient assez mitigés, seul le numéro consacré à Julia Verlanger avait eu mes faveurs. La tendance va-t-elle s'inverser ?
Pas moins de onze nouvelles ici, dont deux ont clairement emporté mon adhésion : Nouer des liens de Ken Liu et Tinkerbelles de Michèle Laframboise.
Le dossier n'est pas en reste : composé de deux articles, un entretien et deux nouvelles, il m'a permis de connaitre la SF francophone canadienne, ses ressemblances et différences avec la France.
Une bonne livraison, donc.
Petit tour d'horizon...

Cristal, de Betty Biedermann

Inutile de garder des graines pour préparer les plants. Ici, il n’y aura pas de printemps.

Alors que les derniers jours semblent se rapprocher, une femme reste isolée dans sa campagne alors que tous les habitants ont été évacués. Une gangrène s'empare du paysage peu à peu. J’ai bien aimé le début de ce texte, mais la chute vient trop tardivement et maladroitement. Une sorte d'hommage à un célèbre facteur.

Nouer des liens, de Ken Liu

Deux marchands ambulants arrivent dans un petit village Nan en compagnie d'un étranger. Les nans vivent reculés de tout et cultivent du riz en haut de leur montagne.
Beaucoup de choses intéressantes dans cette nouvelle autour du vol par l'industrie pharmaceutique des connaissances millénaires des sociétés traditionnelles. Déjà, il y a cet ersatz d'écriture fait de noeuds sur une corde de chanvre reproduisant la forme des lèvres et de la langue et dont le style est donné par la forme finale de la corde nouée. En outre, Ken Liu arrive à faire ressentir le mépris, la condescendance de la société occidentale envers ces peuplades dites non civilisées.
La version originale est disponible sur le site de Clarkesworld Magazine, et ce texte fera partie du recueil que les éditions Le Bélial publient le 21 novembre : Jardins de poussière

C’est dingue de voir comment quelques feuilles de papier peuvent générer autant de migraines. Ça m’a fait regretter qu’on ne soit plus à l’ère victorienne, où j’aurais pu ramener de la jungle un « indigène » sans avoir à traiter avec un millier de bureaucrates de deux gouvernements qui ne s’aiment pas beaucoup.

Baignade en eau vive, de Antoine Lencou

Une petite fille crée un problème monstrueux en se baignant dans une piscine.
Avec humour, l'auteur nous parle d'IA, de sécurité et de contrôle. Et de ceux qui vivent à sa lisière.
Parabole autour de l'intégration et de la discrimination, les clés nous sont donnés peu à peu pour dévoiler un univers assez kafkaïen.
Une belle idée dont le traitement aurait pu être mieux effectué. Mais c'est déjà pas mal.

 

Décrassage, de Rich Larson

Une femme, un homme, dans une salle d'attente...
Un texte autour de la violence sexuelle et du consentement. « Heureusement », dans ce monde futur, il est possible de faire machine arrière !
La technologie aurait pu être poussée un peu plus loin, dès que l'on a compris où voulait nous emmener l'auteur, cela fait un peu pschitt.

Futurisme, de Marc Elder

Comment seront nos jardins publics une fois que la pollution aura eu la peau de la nature ? Vaste question à laquelle la technologie peut répondre. Un texte écologique datant de 1931 qui m'a fait rire jaune.
Le vrai nom de l'auteur est Marcel Tendron, qui a remporté le Goncourt en 1913, devant Le Grand Meaulnes d’Alain-Fournier et Du côté de chez Swann de Marcel Proust.

Le grand jeu, de Paul Hanost

De la SF militaire. En quelques pages, l'auteur tente de faire rentrer un univers. Mais trop, c’est trop.

Ah les garçons !, de Hugo van Gaert *

Un vaisseau fait une drôle de rencontre....
Texte Pulp avec l'outrance qui va avec, mais l'auteur inverse les rôles et les genres. La technologie futuriste du vaisseau spatial de la mort of death est splendide : on a rien inventé de mieux depuis les cartes perforées ! Et le tout a bien ravi mes zigos.

— Vous voulez que je vous dise, Major : ce garçon, il a du clito !
— C’est vrai qu’il faut en avoir dans le vagin pour faire ce qu’il va faire. Lieutenant, nous aurions sans doute dû essayer de le retenir, mais si jamais il en revient vivant, nous lui devrons une fière chandelle. Sans aucune allusion, bien entendu !

Fondation, de Sébastien Danielo *

Un vaisseau monde s'échappe de la Terre (?) avant que celle-ci ne se meure dans l'espoir de fonder un ailleurs meilleur. Mais...
Le titre emprunte celui d'un célèbre roman, que je n'ai pas lu. Un univers assez étrange fait de djinn, d'ornithorynque, de dragons dans un univers très SF. Tout cela se comprendra par la suite. Manque cependant un je ne sait quoi, la fin est aussi un peu abrupte, mais ouvre une clé de compréhension qui change de fond en comble le récit.

Le Cid, Renaud Bernard *

Une pièce de théâtre SF. Je n'ai même pas eu le courage de la lire.

Dossier : La SF au Québec (et en Ontario), un dossier présenté par Jean-Louis Trudel

Dans mon Petit Guide de la science-fiction au Québec, j’avais abordé exclusivement la science-fiction québécoise, en français et en anglais. Dans le présent dossier, c’est toute la science-fiction francophone du Canada qui est à l’honneur. (Il ne sera donc pas question de la science-fiction francophone des États-Unis ou des Antilles.) Pour faire court, je parlerai parfois de science-fiction québécoise, mais sans exclure le reste du Canada.

Production de science-fiction canadienne d’expression française (romans et nouvelles, 1960-2019)

Voilà les premières lignes du dossier et se pose la question : Pourquoi n'avoir pas intitulé ce numéro : La science-fiction francophone au Canada ? Bref, voilà qui commence très mal. Surtout lorsque le premier article s'intitule "Les quatre époques de la SF francophone au Canada" De quoi y perdre son latin !
Mais une fois rentrée dedans, un article très érudit, un travail de chercheur basé sur une étude complète, avec des tableaux et graphiques, qui n'évite pas les énumérations mais brosse un portrait d'une SF venue de l'extérieur et cloisonné par un catholicisme conservateur jusque dans les années 1960. A partir de là, la SF québécoise prend son envol et fait la part belle aux autrices.



S'ensuit une entrevue avec Yves Meynard. L'auteur m'étant inconnu, difficile de s'immerger lorsqu'il est question de ses textes. Mais l'entretien aborde aussi la thématique du dossier.

La traduction de textes de science-fiction en français : le cas de Rich Larson
Émilie Laramée nous parle de son travail de traductrice en y abordant les cas particuliers des néologismes, les mots à double sens ou polysémiques : faut-il ou non les traduire, comment en créé dans la langue traduite.
Petit problème, la traductrice parlant de son expérience de traduction en langue française québécoise, les exemples qu'elle emploie font parfois plouf. Mais ce point est aussi abordé avec l'exemple du trou du cul !

Par exemple, en français québécois, « trou de cul » rend très bien le terme anglais « asshole », car il est plus insultant que le « trou du cul » français. En France, « connard » rend mieux l’idée de « asshole », c’est-à-dire d’un être égoïste et imbécile qui se sert des autres à son propre avantage dans la vie de tous les jours.

Les olives de 4H3SSO-L24A, de Dave Côté

Il s'agit d'une suite de la nouvelle « Les Olives de Mélanie » (2015). Un extraterrestre se rend sur Terre pour goûter aux olives, dont un culte est voué sur sa planète. S'ensuit des quiproquos à propos des représentations des us et coutumes des terriens étudiés à partir de fragments épars. Une sorte d'archéologie humaine qui manque cependant de style et de mordant.

Tinkerbelles, de Michèle Laframboise

Mellune observe le groupe de loin. Ses poings forment des bosses éloquentes dans ses pantalons. Mais aucune poche n’est assez profonde pour y enfouir toute la haine et le mépris qui la font trembler.

Chimères, humains modifiés génétiquement et cisgenre pour une nouvelle bien ciselée se déroulant sur une colonie martienne.
Un très bon texte, très humaniste, pour combattre les conditionnements/représentations genrés les plus ancrés en nous. Tout événement tiré de notre réel est bien entendu fortuit.

Articles :

Musique et SF : John Serrie – Planetary Chronicles

Croisière au long du fleuve : Perry Rhodan
La série allemande de science-fiction avec 3000 épisodes à son actif, qui peut se vanter d'en faire autant ? Jean-Michel Archaimbault, en bibliophile avertit, se lance dans l'étude de ce monument. Un article complet pour les fans et collectionneurs.

Pierre Stolze dissèque la littérature générale à la recherche de SF, il en revient avec quatre romans : Les crayons de couleur, L’Algorithme du cœur, Transparence et La mer monte. Seul ce dernier aura ses faveurs, et encore, de justesse (Le maki l'a lu, lui aussi).

Le roman Transparence sera-t-il un jour publié en Folio/SF ? Puisse Dieu nous en préserver, et surtout en préserver Pascal Godbillon, son directeur de publication.

Suit quelques avis sur les sorties littéraires et BD

Les  textes avec un astérisque * sont disponibles gratuitement en téléchargement sur le site de Club galaxies

Galaxies SF n.60 : Terraformer la lune ?

septembre 23, 2019

Galaxies SF, août 2019, 226 p. (numérique), 5€ epub sans DRM


La dernière livraison de Galaxies SF nous propose de terraformer la Lune.
Alors on prend sa bêche, sa hache et son marteau et on s'y met. Ce que l'équipe de Galaxies SF aurait dû faire, le dossier étant famélique...





Lune et 2019 évoquent un cinquantenaire, l'édito de Pierre Gévart nous parle de ses souvenirs des "premiers pas", qui devraient résonner chez pas mal de monde :

Je n’ai qu’un très vague souvenir des championnats de France de football, je ne me suis jamais passionné pour le Tour de France, ni pour aucune compétition sportive, mais je connaissais à la seconde près le temps passé dans l’espace par chacun de ceux et de celle (celle était au singulier) qui avaient connu l’ivresse de l’apesanteur.



On commence par une flopée de nouvelles.

La Zone du Dedans, de Bruno Pochesci *



Un physicien fait mumuse avec son accélérateur de particule à cheval entre la France et la Suisse, l'expérience tourne mal et apparait une singularité, qui m'a légèrement rappelé celle d'Annihilation, ses effets étant pourtant très différents.
Si rien n'est fait, c'est peut-être l'univers entier qui disparaitra !!!

Oui, pour être écrivain, il faut avoir l'esprit créatif !


On ne présente plus Bruno Pochesci, l'auteur qui ne se prend jamais au sérieux, mais qui adore les selfies, surtout si cela le transforme en lune via un rouleau de PQ. Donc nous sommes dans la veine satirique et humoristique, très peu dans la spéculation. Les titres de chapitres donnent une idée du contenu  : La fin justifie les doyens; Antipréons, tu perds ton sang froid...
C'est drôle, ça se lit tout seul et de cette singularité, il nous concocte une nouvelle libertaire enjouée, qui rappelle par moment les chansonnettes de Brassens.

S’en suit une bagarre générale, à laquelle seules Karima, Jeannette et Magali se soustraient, navrées d’assister malgré elles à la première guerre franco-suisse depuis l’époque napoléonienne, nudiste de surcroît, doublée d’une énième baston civile entre villageois gaulois.

Je pense néanmoins que Bruno devrait écrire un peu moins de conneries sur Facebook et se concentrer un peu plus sur son travail, pour qu'il nous ponde des merveilles que je sens poindre sous ses airs de rigolo de service. On se ressaisit, "bon Dieu de Planck" !


La fille des couloirs, de Sylvie Gagnère

Une dystopie humaniste, ça existe ? Et bien oui. Dans un monde futur où les habitants sont parqués dans des blocs stratifiés (des monades ? nous n'en seront pas beaucoup plus), nous faisons la connaissance d'une jeune irrécupérable qui enrage contre le système. L'occasion de nous dévoiler un peu de cet univers.
Si l'autrice n'est pas éducatrice spécialisée dans la vie, je ne comprends pas. Et c'est là où le bât blesse, le récit est trop ancré dans le réel.  Il ne suffit pas de quelques néologismes et d'une société stratifiée, codifiée, pour en faire un univers science fictif .
Ceci dit, le texte en dit long sur les exclus de la société, sur ceux qui se battent au quotidien pour une société inclusive et humaine. Le récit de vie de la jeune est criant de vérité. Si les thématiques migratoires, des frontières vous plaisent, lisez.

Pour les oiseaux, de Celia Chalfoun

Deux gamins amoureux dans la campagne normande apprennent à se servir d'une étrangeté en eux et par la même, se découvrent.
La revue pose la question de savoir si c'est de la SF en répondant par l'affirmative. Pour moi, la magie indique qu'il s'agit de fantasy, mais peu importe le flacon pourvu qu'on est l'ivresse. Et la magie a eu lieu, juste un bémol sur le peu que l'on apprend sur ce monde où certains reçoivent des signes, les prédicateurs, et d'autres s'en servent pour communiquer, les communicateurs. Un univers à développer. Chiche ?


Chroma, de Laurianne Gourrier

Nouvelle planète, nouvel horizon. Après quelques mois sur Chroma, l'insouciance berce l'équipe, le monde donne ses premières connaissances rassurantes. Mais un jour, certains changements se produisent.
Quelques couleuvres difficiles à avaler, comme le fait que chacun puisse sortir de la colonie sans avertir les autres ou partir sans équipements, mais qui permettent à l'histoire de fonctionner, la tension monte pour capoter vers la fin. En outre, cela laisse tout de même un sentiment de bienveillance un peu trop soutenu à mon goût.

Mécanopolis, Miguel de Unamuno

Voici une nouvelle très courte où un explorateur découvre une ville entièrement mécanisée sans aucun humain. Une ville futuriste sans âme, l'horreur absolue. On pourrait résumer ce texte par : A bas le progrès ! Auquel il faudrait ajouter des relents de colonialisme blanc. C'est un texte exhumé, datant de 1913 et qui à mon sens aurait pu très bien rester dans la poussière et l'oubli.

Mercredi ?, de Thierry Soulard *

Encore une nouvelle très courte avec un twist final réussit. Un scientifique travaille sur une recherche qui devrait révolutionner le monde. Cependant, difficile d'en dire plus sans tout déflorer.

Le Cube, de Aline Jeannet *

Rien compris au truc, j'ai arrêté ma lecture avant la fin.


Dossier : Terraformer la Lune ?


Voilà enfin le dossier qui fête les 50 ans des premiers pas de l'homme sur la Lune. On commence par un article de Jean-Pierre Laigle qui nous dresse un portrait littéraire de la terraformation lunaire. Les œuvres dont c'est le sujet principal n'étant pas légion, l'auteur est allé fouiller au plus profond des livres pour nous trouver quelques passages où des auteurs ont rendu notre satellite habitable. Bien documenté, cela a dû demander pas mal de recherche. J'ai aimé cette approche différente pris par la revue, en lieu et place des romans toujours cités à droite et à gauche.
L'article se poursuit par une bibliographie et puis c'est tout. ! Il y a bien quelques nouvelles sur cette thématique qui suivent, mais quand je vois une revue intitulée de cette manière, avec "dossier" inscrit dessus, j'ai envie de plus. Un article seul est un article, plusieurs articles font un dossier, du moins dans mon esprit.

Pitch de vente aux Archétypes, de Michèle Laframboise

Une fine équipe se retrouve pour une vente assez spéciale sur la lune avec des vendeurs assez à cheval sur les principes. Des archétypes, littéralement, comme personnages pour une histoire assez particulière. Ai-je aimé ou non reste la grande question.

Lune Verte, de Jean-Louis Trudel

Un homme prend son petit déjeuner comme chaque matin. Mais cette matinée va lui laisser un goût particulier en bouche.
Cela commence comme un texte de l'époque du merveilleux scientifique, avec une lune habitable et habitée pour finir par une science fiction actuelle, avec des immensités de temps. Un poil trop long à se mettre en place pour moi, mais le voyage est sidéral.

Gens de la Lune, de Joseph Jacquin *

Est-on le 01 avril ? Pas d'explications sur ce texte, à moins d'avoir lu avant l'article de Jean-Pierre Laigle. Il s'agit de la reproduction d'un fac simile, donc d'images, illisibles sur une liseuse qui n'est pas adaptée à ce format de fichier. Pas très malin pour un texte qui ne concerne que les ajouts de la version numérique.


Articles

Pour conclure, un article sur Musique et SF : Pink Floyd/des échos de science-fiction. N'étant pas un inconditionnel du groupe, j'ai préféré m'abstenir. Et un autre biographique et bibliographique sur Louis Thirion, romancier qui a ouvré chez l'écurie Fleuve noir

On finit par le dépouillement des romans et BD sortis récemment, dont quelques titres dénichés hors éditeurs spécialisés.




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Challenge Summer Star Wars

Galaxies SF n.58 : Julia Verlanger

avril 23, 2019

 

Galaxies SF, mars 2019, 226 p. (numérique), 5€ epub sans DRM

 

Ken Liu, Serge Brussolo, Michel Jeury, Thomas Geha/Xavier Dollo et bien entendu Julia Verlanger : une belle affiche que nous propose ce numéro.
Et je vous le dit sans roulement de tambours, les atours (sauf la couverture !) sont aussi beaux que le contenu. Si vous voulez en connaitre plus sur qui se cache derrière le prix Julia Verlanger remis lors de chaque Utopiales, une seule direction, la boutique en ligne de la revue.
Grande revue de détails du contenu :

Nouvelles


Ceux qui restent, de Ken Liu
Une singularité apparait dans le monde, il est désormais possible de télécharger son cerveau dans un ordinateur. Finit la mort, Vive l'immortalité. Dans un mode en déliquescence, beaucoup font le choix de quitter le navire. Mais pas tous.
Ken Liu choisit une approche humaine de ce trope de la SF et nous fait vivre cette singularité à travers le regard, et le choix, d'une famille dans un monde post apo. Un bon texte sur ce qu'est la Vie après ce bouleversement. Je regrette juste une maladresse : comment, dans un monde qu'on imagine de plus en plus dépeuplée et dont la technologie régresse, entretenir tous ce réseaux de machines ?

La fille qui saigne, de Shweta Tanej
De la SF indienne, pas très courant. Dans un monde post apo, la fertilité des femmes est devenue une rareté, une famille a la chance de toucher le pactole, une de leur fille vient d'avoir ses règles.
On pourrait croire que du fait de leur rareté, la place des femmes en Inde s'améliore, et bien...
Il y des choses qui ne changent pas, ou seulement en pire. Le monde imaginé par Shweta Taneja est réaliste, elle nous fait rentrer rapidement dans son histoire et son marché. Une réussite en seulement quelques pages avec en bonus une bonne chute.Un texte assez pessimiste sur le genre humain.

Le nouveau superviseur, de Jean-Pascal Martin
Futur lointain, les hommes récupèrent les produits miniers sur des exoplanètes. Les machines ne font pas tout, la main d'oeuvre est toujours nécessaire, main d'oeuvre qui a fait l'objet d’amélioration génétique pour pouvoir s'adapter . Et les mineurs restent ce qu'ils sont, travail harassant, vestiaires remplis de posters sexistes. Petit retournement de paradigme ici, critique sociale d'autre part, mais rien n'y fait, j'ai trouvé cela très anecdotique.

L’Amour dans les brumes du futur (Russie -1924), de Andrei Marsov
Petite nouveauté à partir de ce numéro, avec une nouvelle patrimoniale datant d'avant 1948. Un texte russe écrit par un auteur obscur qui aurait pu, dû ?, rester dans les archives. A part une critique de l'état soviétique, nous sommes dans une SF ode à la liberté. Ni le style, ni l'histoire ne m'a fait vibrer.
Espérons que l'archéoSF sera plus flamboyante dans les prochains numéros.

Immersions, de Stéphane Miller *
Une nouvelle drogue fait son apparition permettant de faire des tentatives de suicide virtuelles. C'est linéaire et on connait la fin de suite, les personnages sonnent creux...

Casus Belli, de Thierry Faivre *
La nouvelle est présentée de cette manière "Du bon space opera comme on n’en fait heureusement encore". Pas sûr de partager cet avis. Une présence humaine est détectée dans une région de l'espace contrôlé par des aliens visqueux. Pour éviter une guerre interplanétaire, un vaisseau va tenter de repêcher l'intrus. On se croirait devant un épisode de Doctor Who, la référence n'est pas usurpée ici. Ecrit dans un style old school, il faut prendre le texte au second degré. Mais cela reste un exercice assez vain au final



Dossier Julia Verlanger

Croisière au long du fleuve, Didier Reboussin
On attaque enfin le dossier consacrait à cette dame plus connue sous le nom de Gilles Thomas dans la collection Fleuve Noir Anticipation. Se dessine le portrait d'une écrivaine populaire (et fière de l'être) qui n'avait pas sa langue dans sa poche, ce qui dénotait dans le fandom de l'époque. On apprend au final peu de chose sur la personne, Julia étant un peu secrète, mais quelques anecdotes apportent un éclairage bienvenue, notamment sur sa trilogie de l’Autoroute sauvage. Se dessine surtout une vision du fandom et du monde de l'édition des années 70. Une belle entrée en matière

Certains ont pensé qu’elle avait pris le pseudonyme de Gilles Thomas parce que les éditions du Fleuve Noir délivraient une littérature plutôt masculine et que la présence d’un nom féminin y était officieusement proscrite. C’était sans doute vrai sous François Richard, où la mère d’André Caroff, Mme Carpouzis signait ses romans José Michel. Même punition pour Jane Andrée Péheu qui se cachait derrière le pseudonyme de Jean Murelli. Je pense pourtant – Julia intégra le Fleuve quand François Richard y régnait encore – qu’il n’y avait là qu’une partie de la vérité. Julia possédait suffisamment de tempérament pour imposer son premier nom d’auteur et n’était pas, à ma connaissance, particulièrement sensible à cet aspect de la question. Ce n’était pas une « faible femme ». Le vrai problème c’est qu’à l’époque le Fleuve Noir exigeait l’exclusivité du nom d’auteur, ce qui imposait en règle générale d’en utiliser un autre si l’on voulait être édité ailleurs (à l’exception de Carsac et Barbet qui avaient conservé leurs pseudonymes, mais Barbet devait signer ses romans au Masque du nom d’Olivier Sprigel…). C’est donc probablement pour cette raison qu’elle opta pour celui de Gilles Thomas. Il y aurait eu ainsi une œuvre signée Julia Verlanger, écrivaine connue dans le Landerneau de la SF essentiellement comme nouvelliste et celle d’un petit jeune, sans passé, avec le champ libre devant lui. Cela reste une hypothèse. Quand nous nous sommes vus pour la dernière fois, Gilles Thomas venait juste d’apparaître, et je ne me souviens pas que nous ayons abordé ce sujet. Il semble que Julia ait voulu garder le secret sur ce pseudonyme. Elle reprochera ultérieurement à Michel Jeury de révéler le pot aux roses lors d’une convention de SF.

Les lecteurs plébiscitèrent ses livres. Julia avait beaucoup de respect pour eux. Elle écrivait par passion, bien sûr, et si cela pouvait améliorer les fins de mois de son couple, c’était tant mieux ; mais jamais au détriment de son public. Elle s’élevait d’ailleurs contre l’attitude que d’autres affichaient : « Et le lecteur ? demande une petite voix timide. Le lecteur ? kekseksa ? On s’en fout, de ce con-là ! Qu’il ferme sa gueule ! Comment ? On s’applique à lui décrasser la cervelle, à le hisser vers les Hauteurs Sublimes, à le faire “réfléchir”, et il ne serait pas content ? Mais qu’il aille en vitesse se faire cuire une pierre philosophale ! Vérité Première selon nos petits prophètes : c’est public ? Beurk ! C’est dégueu ! Personne n’y pige rien ? C’est évidemment supra-génial ! »


Une jungle de diamants, Xavier Dollo
L'introduction ressemble un peu trop à l'article précédent mais apporte un contrepoint intéressant sur la SF politique des années 70 :

Actuellement, se croyant investie d’une Mission Sacrée, elle [La SF] nous délivre du Message. Tant de Messages que le pauvre lecteur, ahuri, patauge et s’enlise dans des marécages d’ennui. » « La SF française a toujours eu cette maladie fâcheusement moutonnière de suivre le courant des Modes. Elle se voulait autrefois littéraire avant tout. Au profit de fioritures de style pas obligatoirement heureuses, elle oubliait l’essentiel : raconter une histoire. Elle l’oublie toujours, hélas.

Julia écrivait comme on parle, et ses amis savent qu’elle parlait bien. Si bien qu’à la lire aujourd’hui, on a toujours l’impression de l’entendre. Stefan Wul

Mais la suite permet de s'attarder sur l’archétype des personnages et des sujets dans les romans de
Julia Verlanger. Au final, une analyse de l'oeuvre qui donne envie de s'y plonger. Un très bel article. A la vue de cette connaissance quasi intime de l'oeuvre de son aînée, cela ne m'étonne guère que Thomas Geha/Xavier Dollo a voulu lui rendre hommage dans ses romans autour de l'univers Alone.


La voix au téléphone, qui me parlait du futur, Serge Brussolo
Texte paru en annexes de l'intégrale des oeuvres de Julia Verlanger parue chez Bragelonne.
Serge Brussolo revient sur son amitié avec l'autrice, et d'une dame qui parait froide au premier abord, nous découvrons un peu mieux celle qui se cache derrière cette façade. D'un article qui aurait pu tomber dans l'anecdotique, nous apprenons au final beaucoup sur cette autrice. Et comme l’article plus haut, nous en apprenons encore plus sur le monde de la SF de ces années 60-80

Elle apportait de pleines brassées d’émotion dans un genre qui, la plupart du temps, est à peu près aussi sentimental qu’une équation mathématique. À force de trop s’astiquer les idées, on se dessèche de partout ailleurs, c’est bien connu.

Julia ne faisait pas dans le bricolage ricanant, genre : « Je vaux beaucoup mieux que ça, c’est juste pour payer mes factures. » Elle aimait écrire pour un public populaire, le distraire, le faire rêver. Elle n’avait pas honte d’être lue par un autre lectorat que celui des agrégés de Normale Sup’ ou des intellos parisiens qui prennent facilement racine dans n’importe quel cocktail pourvu que le whisky coule à flots. [...] Car dans les années qui suivirent, on se soucia fort peu du lecteur, ce qui comptait, c’était d’être apprécié par les trente « maîtres à penser » du fandom. Les autres ? Quels autres ?

Plus anecdotiques, Entretien avec Bruno Lecigne qui nous donne un aperçu du travail éditorial autour des adaptations en BD par Les Humanoïdes Associés depuis 2006 de quelques romans.
L'interview de Julia Verlanger par Hans-Claudius Platt parue dans la revue Lunatique no 20, en février 1966, qui montre surtout les progrès qui ont été fait dans les questions posées aux auteurs depuis : il s'agit en fait d'une retranscription d'après souvenir d'une conversation menée durant trois heures. C'est court et on y apprend pas grand chose, mais cela reste l'une des seules interviews qui restent. Pour vous donner un type de question réponse, celle ci vaut son pesant d'or :

HCP : Envisagez-vous de continuer à écrire, et quelle sera votre future production ?
JV : J’envisage éventuellement d’écrire plutôt un roman que des nouvelles. J’ai déjà un titre : Les Portes sans retour. [Julia Verlanger m’expose le thème de ce roman : c’est très alléchant !]

Correspondances, Michel Jeury / Julia Verlanger donnent quelques extraits de lettres, trop court, et trop souvent, il manque le contexte pour se faire une réelle opinion sur les réponses de l'autrice.
Le dossier se clôt sur 4 nouvelles :

Les rois détrônés, de Julia Verlanger
Dans un futur où la population vieillit, les jeunes sont portées aux nues et ils ont désormais tous les droits jusque leur majorité. Mais l’arrivée sur le marché d'un médicament qui ralentit le vieillissement va changer la donne. Deux jeunes un peu délinquants vont faire les frais de ce revirement. La SF est ici prétexte à un texte sur les rapports conflictuelles entre jeune et adulte, entre politique progressiste et politique réactionnaire. Le message l'emporte malheureusement sur le récit.

Répression, Julia Verlanger
En ce début des années 80, Julia Verlanger, sous le pseudonyme de Gilles Thomas, en avait marre d'entendre certains utilisait le mot de répression à tort et à travers, son texte montre ce que signifie ce terme pour elle dans un avenir proche où arrive au pouvoir un gouvernement prônant un ordre nouveau. Alors que les premières semaines ne montrent aucun changement, des étudiants qui font le blocus de leur fac vont découvrir dans la pratique ce qu'est une politique répressive. Un texte très violent, qui montre aussi les lâchetés des uns et des autres face à une certaine résistance. Glaçant.

Après moi le déluge, Didier Reboussin
L'homme a désormais coloniser d'autres planètes et s'en sert comme pourvoyeuses de matières premières, détruisant ainsi les biosphères. Un propriétaire de cirque va tenter de tirer profit d'un sabotage, mais une clique d'écolos va lui donner du fil à retordre. Un texte à l'ancienne, la planète se nomme Gadoue, sur les méfaits de l'exploitation à outrance des ressources de notre planète via une résistance passive mais radicale.

Les ressources de l’univers sont illimitées et à notre disposition ! Consommons, gaspillons : le monde est fait pour cela et après nous le déluge ! Ces fous, eux, parlaient d’équilibre, de préservation des biosphères… Mais qu’est ce que cela voulait dire, respecter un équilibre ? Et à quoi cela servait-il ? Des fous, ce n’étaient que de pauvres fous ! On ne vivait qu’une fois alors autant y aller carrément ! De toute manière, la seule chose qui comptait c’était le fric !

Guarden, Thomas Geha
Thomas Geha a rendu hommage à Julia Verlanger à travers ses romans autour d'Alone, ou dans cette nouvelle Guarden. Dans un monde post apo, un alone se fait capturer par d'étranges créatures. Pourquoi ? Une nouvelle légèrement fantastique qui prend un ton résolument SF. Bien aimé

J’avais connu quelques Alones qui avaient fait d’elles leurs compagnes de route. Plus rarement de chiens, dont les espèces s’étaient éteintes les unes après les autres. Peut-être avaient-ils été trop longtemps les gentils toutous à leurs papas et mamans. Tant et si bien qu’ils avaient beaucoup servi de bidoche fraîche aux vrais animaux sauvages… et aux hommes qui mouraient de faim après la Grande Cata. Quant aux chats, ces indépendants notoires, ils avaient proliféré. Un chat, c’est débrouillard. Un chien élevé pour paresser dans un salon, beaucoup moins.
J’avais fini par penser que l’homme était un peu chien, sur la durée.


Musique et SF : Brian Lustmord
Un genre inconnu de moi, le dark ambient, un artiste dont je n'ai jamais entendu parler, Brian Lustmord. Assez sombre, mais d"inspiration SF, Jean-Michel Calvez nous dit tout sur ce musicien.

La Bio-Mimétique, Pierre-Emmanuel Fayemi
Troisième partie d'un dossier consacré à l'innovation, il est question ici de la nature comme inspiration technologique, notamment à travers le Shinkansen, un TGV urbain japonais, le gecko, un animal collant ou encore l’imeuble Eastgate Centre d’Harare inspiré d'une termitière. Une bonne mise bouche qui s'avère bien trop courte, j'aurais aimé en apprendre d'avantage.

L'article Entretiens avec des professionnels de l’innovation * portent bien son nom. Cela parle innovation donc, inspiration et créativité, le tout saupoudré de SF. Cela se résume en fait à une explication de métiers, de CV et m' apparu surtout comme une mise en avant d'entreprises.


Sous le Scalpel du Docteur Stolze, Chroniques de lecture et (S)trips s'attardent sur quelques sorties de romans et BD. Trop de romans sont sortis il y a quelques mois, bref, si vous cherchez à en savoir plus sur les futures parutions pour préparer votre banquier, ce n'est pas ici qu'il faudra venir regarder. La revue étant bimestrielle, j'ai été très étonné de ne pas y voir les sorties printanière.


Les  testes avec un astérisque * sont disponibles gratuitement en téléchargement sur le site de club galaxies https://clubgalaxies.yolasite.com/Téléchargements.php


Après ma lecture de sa trilogie de La terre sauvage, sa plume m'avait donné envie de continuer à lire de ses textes, ce dossier ne fait que me conforter dans ma décision.
L'édition epub fait toujours autant plaisir à lire. Cher Bifrost, je ne peux que vous conseiller de contacter la personne qui en à la charge, elle pourrait vous donner deux trois astuces...

Un deuxième son de cloche sur Les chroniques de l'imaginaire

Galaxies SF n.57 : Zombies

avril 08, 2019


Galaxies SF, janvier 2019, 226 p. (numérique), 5€ epub sans DRM



Non seulement les Ch'tis sont pédophiles, chômeurs et consanguins, mais en plus ils lisent de la SF. Et en font même une revue. Alors les Ch'tis, bons pour l'euthanasie ou juste des représentations nauséabondes ?

Nouvelles



Diplopie, de Philippe Curval
Un ado souffre du syndrome de diplopie, le fait de voir deux images qui se superposent. Mais est ce vraiment cette maladie ?
Servie par la plume de Curval, nous sommes dans une veine satirique, un pastiche des romans SF de papy. C'est rigolo à défaut d'être mémorable.

Lupihaques, de Léa Fizzala
Nous sommes à la lisière du monde réel et virtuel. Pour des raisons obscures, le serveur d'une des réalités virtuelles va être formaté, ce qui n’est pas au goût d'une personne. Très bien écrit, ce texte devrait être la prémisse d'un futur roman. Réinventer le réel serait la thématique. Mouaih.

Dans la nécropole troyenne, de Jean-Louis Trudel
Deux archéologues sont en concurrence pour découvrir la tombe d'un homme. Une nécropole d'un nouveau genre qui m'a fait penser à la pollution de l'espace. Bien aimé le fait que les protagonistes ne s'appelle pas Pierre, Paul, Pierrette ou Paulette, ce n'est pas grand chose, mais si. Un space opera légèrement hard SF très plaisant.

Rex (Tremendae majestatis), de Pierre Stolze
Je connais l'auteur à travers sa feu rubrique dans Bifrost "À la chandelle de Maître Doc Stolze"
Assez rare la musique classique en SF, surtout lorsque le mélomane est sidérurgiste. Bien que le lien avec les littératures SFFF soit assez tenue, permet de passer un agréable moment de lecture.

Guerre contre la Lune, de André Maurois de l’Académie française
Une nouvelle énergie est disponible, et va mettre la Terre à feu et à sang. D'un autre côté, le peuple, suite à une presse uniforme et sans saveurs, s’ennuie. Et l'ennuie n'est jamais bon. Comment lutter contre la guerre qui se profile ?
Un texte patrimonial de 1928 d'un membre de l'Académie française, excusez du peu. Et il nous livre une anticipation qui n'a pas pris beaucoup de rides, j'ai beaucoup aimé.

Dès 1930, les théoriciens de la politique avaient commencé à comprendre que toute démocratie, étant un gouvernement d'opinion publique, est en réalité aux mains de ceux qui font l'opinion publique, c'est-à-dire des propriétaires de journaux. Dans tous les pays, de grands industriels, de grands financiers s'étaient efforcés d'acquérir les journaux importants et y avaient peu à peu réussi.
Très adroitement, ils avaient respecté les formes extérieures de la démocratie ; les peuples continuaient à élire des députés, ceux-ci à faire des ministres et des présidents, mais présidents, ministres et députés ne pouvaient durer qu'en acceptant les directives des maitres de l'opinion publique. Ils le savaient et se montraient soumis.

Vous connaissez nos lecteurs ; vous savez combien il est facile de les diriger... Ne les avons-nous pas vus guéris par des remèdes qui n'avaient d'antre mérite que d'être bien lancés ? Ne les avons-nous pas connus fous de livres dont ils ne comprenaient pas un mot, d'une peinture qui les ahurissait, simplement parce qu’une adroite campagne d'éditeurs ou de marchands de tableaux les avaient préparés à tout accepter ?

Dans tous les cas, dans tous les pays, on observe les mêmes phénomènes… La haine de l'ennemi est créée, puis maintenue par des récits de crimes, d'attentats, à peu près semblables dans les deux camps. L’esprit critique disparaît entièrement, le bon sens devient un vice, la crédulité un devoir. L'invention la plus invraisemblable est aussitôt acceptée par une opinion publique affolée... A un peuple irrité, on peut tout faire croire de l'ennemi...


Exodust, de Carol Bedouet
Une expédition scientifique est envoyée sur une planète d'Alpha du Centaure.
Beaucoup trop de maladresses pour être efficace et un texte trop explicatif pour le lecteur avertit de SF, qui a déjà lu ce genre d'histoires. Pourra plaire à celles et ceux qui font leurs premiers pas dans le genre, la chute faisant le sel du récit.

La Malédiction de Vaucanson et autres Contes, de Patrice Lussian
Trois petits contes fantastiques assez introspectif. Pas assez frappant pour rester en mémoire.


Copyright Galaxies SF

Dossier Zombies

On commence par une courte approche historique et une analyse psychanalytique de la figure du zombie. Pour moi qui ne me suis pas trop attardé sur la question zombiesque, c'est instructif, mais il m'a manqué une analyse bien plus poussée avec d'autres dimensions, notamment sociale, pour être pleinement satisfait. J'avais l'impression d'être plus devant un ressenti qu'une réelle analyse. même si une courte bibliographie conclue l'ensemble, des notes de bas de page aurait été bienvenue pour connaitre d'où viennent certaines affirmations de l'article.
En outre, l'article nous apprend les origines haïtiennes du zombie, pour 20 pages plus loin nous dire que le zombie haïtien n'a rien à voir avec le zombie moderne !!!

il faut vraiment considérer le zombie haïtien et le zombie moderne comme deux personnages qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre, hormis le fait qu’ils partagent le même nom.

On poursuit avec un entretien avec un zombie, où Ïan Larue se prend pour un zombie qui a de l'humour, les questions au ton doctorale et les réponses humoristiques font que c'est un peu bancal. Mais Ïan Larue par son franc parler éructe quelques sentences bien senties :

La société, en vrai, a horreur des « femmes » et des hybrides. Elle persécute les « étranger·es » et les « migrant·es », elle hurle à la mort quand on manipule des cellules, elle refuse les personnes transgenres, non binaires ou intersexes. Mais quand il s’agit de fiction, au contraire, ça l’enchante !
Mi-humaine mi-vampire, la fille de Bella ! Mi-humain mi-animal, le patron du Merlott ! La fantasy regorge d’hybrides et de « femmes » – peut-être parce que « le lecteur » est avant tout une lectrice, soyons mercantiles !

Un autre article est un petit guide du zombie dans la littérature, au cinéma, à la télé et dans les consoles. Ludivine Picot, qui a rédigé le dossier, est peut être très sympathique dans la vie, elle donne dans le ton léger, mais il ne faut pas confondre légèreté et foutage de gueule : Romero est balancé en quelques lignes, un jeu comme Resident evil n'est même pas cité, et plein de romans singuliers autour du mort vivant n'ont pas le droit de cité... Elle cite tout de même la série In the flesh.qui renouvelle le genre.
Moi qui déjeune rarement avec des zombies, j'ai l'impression que ma culture en la matière me permettrait de citer beaucoup plus de références. Pour sa défense, elle dit dans son article 

J’ai essayé de t’énumérer quelques exemples qui me semblent pertinents vis-à-vis du sujet traité, mais ce n’est qu’une toute petite partie des œuvres consacrées au zombie et, surtout, ce n’est que mon avis. 

Mais nous sommes dans un dossier. Ne pouvoir mettre tout le monde d'accord, pas de problème, mais je pense qu'il y a des figures incontournables. Quels sont les oeuvres majeures qui ont modifié, apporté du sang neuf à la figure du zombie, détourner les codes... Devant un tel dossier, j'attends de pouvoir lire, visionner, jouer avec les références majeures de la thématique.
Je pensais que Ludivine était une incollable sur le sujet,  vu qu'elle en a eu la charge, ce guide me fait douter, l'article suivant confirme :

Avant de travailler sur la figure du Zombie, j’étais une jeune padawan qui ne savait rien. You know nothing Jon Snow… enfin, Ludivine. J’ai commencé à lire des livres et des essais généralistes

Le dossier se clôt par quelques conseils assez léger sur les zombies, glanés par ses lectures sur cette thématique clairement dispensable, même si deux trois passages relèvent le niveau.

Plus sérieusement, la confrérie zombie possède une qualité que nous avons beaucoup de mal à intégrer en tant que genre humain : la tolérance. Les zombies ne font aucune distinction, vous ne trouverez jamais chez eux la moindre trace de discrimination. Et c’est une chose dont nous, les êtres humains, ne pouvons pas nous vanter. Vous ne subirez jamais plus le racisme, l’homophobie, la misogynie, rien de tout cela. Les zombies sont purement égalitaires


Zombi de lait, de Mémoire-du-Temps
Original dans son approche du mort vivant, un peu moins dans son traitement. Je n'aime pas trop les bons sentiments et ici ils ont la part belle. En outre certains éléments de l'intrigue m'ont paru pour le moins pas très logique, me faisant sortir de l'histoire. Mais pourra contenter les lecteurs bienveillants si ils aiment les relations bébés-adultes.


Zombies en Beaujolais, de Bruno Pochesci
Un salon de l'imaginaire avec ces auteurs et éditeurs entre caresse et rancœur. Puis l’imaginable arrive.
Je me suis éclaté à lire ce récit à l'humour ravageur. En plein dans l'actualité du moment que ce soit avec les gilets jaunes ou la place de la femme, ça grince et cela fait énormément de bien. Un auteur que je suivrais les sorties.

Puis il rature le tout, se demandant une fois de plus comment il a pu tomber si bas. Qu’est-ce qu’il lui a pris, bordel de Sauron, de se mettre à écrire de la fantasy ? Une trilogie, en plus, pour être original ! La science-fiction et le fantastique ne lui rapportaient certes pas un kopeck, mais au moins jubilait-il en écrivant.

John Gunash et Valerio Zuccadura se croisent en faisant mine de ne pas se connaître, le regard de l’un tourné vers un étalage à l’opposé du champ visuel de l’autre. Raccords sans le savoir sur le fait qu’il y a bien mieux à faire dans la vie qu’attendre d’une rivière qu’elle charrie sous vos yeux le cadavre d’un ennemi présumé, ou de simples connards. Intuition d’autant plus pertinente que, d’une part, même un fleuve de la taille de l’Amazone, du Nil et du Mississippi réunis, ne saurait contenir l’ensemble des ceusses reconductibles à cette dernière catégorie ; et de l’autre, qu’il y a de fortes chances pour que nombre de nos semblables nous classent d’office dans ce vaste club de nuisibles, brise-miches et autres peine-à-laisser-jouir.

 

Articles

Midnight Nation : la Marche des invisibles, de Franck (Zaïtchick) Jammes
Midnight Nation est une série de comics écrite par Joe Michael Straczynski et dessinée par Gary Frank, cet article revient en long et en large sur cet oeuvre où les invisibles deviennent visible. N'étant pas très fan de comics, j'ai survolé son analyse, mais cela m'avait l'air de bon niveau.

Le cinéma apocalyptique, représentation de la catastrophe, par Marine Gruchet
C'est quoi l’apocalypse au cinéma ? Et bien des nanars mais pas que. Petit tour d'horizon avec quelques films apocalyptique et post apo les plus représentatifs du genre. Un très bel article

Musique de films SF
Alors que les aliens détruisent l'humanité, la musique classique vient adoucir le tout. Des débuts de la musique dans les films SF à aujourd'hui, les oeuvres majeurs du genre sont analysés par Jean-Guillaume Lanuque. Encore du très bon niveau.

Ces deux derniers articles n'ont rien à voir avec la qualité du dossier et je m'étonne qu'ils n'aient pas été mis à l'intérieur de ce dernier, en révisant un peu leur propos.

6 Mois de cinéma SF et F
Jean-Pierre Andrevon est un écrivain assez prolixe bien connu de nos genres, on pourrait penser de prime abord qu'il ne s'éloigne pas trop de son clavier. Et bien détrompez vous, il fréquente assidument les salles obscures, je crois qu'il a vu tous les films SFFF de ces derniers mois, de quoi me donner l'envie d'en visionner moi aussi : Dans la brume, Pacific rim uprising, Jurassic world : fallen kingdom, Sans un bruit, Kin : le commencement, Ant-man et la guêpe, Détective dee : la légende des rois célestes, L’ile aux chiens, The cloverfield paradox


Conclusion :


Le site de la revue fait peur, la mise en page de l'édition pdf frôle l'amateurisme (et je me demande avec quelques appréhensions si la mise en page est identique pour la version papier), mais pour la version epub que j'ai en main, elle fait très bien le boulot. Si je compare aux dernières livraisons de la revue Bifrost, cette dernière devrait en prendre de la graine.

Le dossier Zombie n'est ni fait, ni à faire, mais les articles hors dossier sont très instructifs et j'ai savouré quelques nouvelles. Le numéro suivant est consacré à Julia Verlanger, Dame-Homme de la SF que j'ai découvert récemment. Et il y a quelques jolis noms à l'affiche : Ken Liu, Xavier Dollo, Serge Brussolo et Thomas Geha entre autres.

Pour vous faire une petite idée de la revue, un supplément gratuit existe au format numérique
Ce supplément concerne l'édition papier qui comprend 192 pages. Si vous achetez la version électronique, les pages supplémentaires y sont déjà insérées


Anecdote 1 : si vous êtes comme moi lecture numérique, vous savez comment on commande. 24h sur 24, on met le livre dans son panier, on dégaine sa CB et quelques secondes plus tard, le livre est téléchargeable. Mais ici, après avoir eu la confirmation que mon règlement était accepté, rien. Pas de lien pour télécharger la revue, pas d'email. Il est tard, on attend le lendemain, et on reçoit un email avec la revue électronique. Résultat, pas de robot derrière cette revue, mais de vrais humains. Pas très grave au demeurant, mais un petit mail après le paiement pour expliquer cette réalité ne serait pas du luxe et éviterait quelques frayeurs après avoir renseigné son numéro de CB

Anecdote 2 : J'ai acheté les numéros 57 et 58 en même temps, mais le lendemain, le mail m'indique que la version électronique du 58 n'est pas encore prête et que je la recevrai d'ici quelques jours (ce qui a été le cas). Moi, quand j'achète un epub, c'est souvent pour le lire de suite. En outre, je trouve qu'il aurait été judicieux et honnête de mettre sur le site en Précommande plutôt qu'En commande. 

Anecdote 3 : Je râle, je râle, mais j'ai tout de même envoyé un email à la revue pour leur dire ce que j'en pensais, avec humour, car il n'y a pas eu mort d'hommes. J'ai adoré la réponse du rédacteur en chef : "Merci pour votre message"




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