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Bifrost n.102. Arthur C. Clarke, l'odyssée de l'espace

juin 17, 2021

 

Bifrost, Le Bélial, 2021, 192 p., 6€ epub sans DRM

 
Les joies de l'actualité me feront toujours rire. Alors que l'équipe de Bifrost travaille depuis plusieurs mois sur ce Arthur C. Clarke, se déchaîne l'affaire Bragelonne, éditeur principal de cet auteur !!!
Alors choisis ton camp camarade, suit les recommandations de ce Bifrost ou laisse parler ton éthique..
 
 
 
Cela doit bien faire une cinquantaine de numéros que je suis abonné à la revue Bifrost, ce qui équivaut à 15 ans. Mais la revue existait avant et ce dossier spécial Clarke marque leurs 25 ans d'existence, soit une génération. Si j'ai claqué 700€ depuis tout ce temps (à 1000€, j'ai le droit à un UHL HS gratos ?), ce n'est sûrement pas un hasard, je trouve que Bifrost est la meilleure revue SF de France. De nombreux souvenirs en témoignent, comme les longues attentes entre deux numéros afin de me jeter avidement sur le cahier critique, source de mes achats SF. Il y a aussi le fameux numéro 69, Culture Rock et science-fiction, à la couverture horrible et un dossier ni fait ni à faire. Mais il y en a eu tant d'autres qui ont étoffé ma soif de découverte. Reste à savoir si ce spécial Clarck restera dans mes annales, celles du meilleur ou du pire...

On commence par 4 nouvelles, dont aucune d'auteur français, il fallait bien cela pour ce numéro anniversaire d'une revue ayant eu pour ambition à ses débuts de célébrer l'imaginaire francophone !

Les neuf milliards de noms de Dieu, Arthur C. Clarke

Des informaticiens sont envoyés au Tibet pour pondre un programme trouvant les 9 milliards de noms de Dieu. Pourquoi ?
Il paraît que c'est l'un des textes les plus connus de Clarke, ce qui me laisse très dubitatif sur la qualité du reste de son oeuvre...

La viandeuse, Ian R. MacLeod

Seconde guerre mondiale en Angleterre, une secrétaire semble porter la poisse aux pilotes dont elle s’émoustille, jusqu'à sa rencontre avec un pilote qui a "une chance incroyable, insolente" au "sourire qui ne réchauffait jamais ses yeux".
Voilà un texte où il ne se passe rien et où tout est dit, la guerre, ceux qui partent et ne rentrent pas, la place de la femme et les superstitions pour oublier l'horreur. Bref, j'ai adoré cette tranche de vie qui nous conte la grande histoire à travers la petite.

Je me dis, par exemple, que si tout le monde voyait ce que voyait Walt à l’époque, si tout le monde savait ce qui se passe vraiment à la guerre et subissait quelque chose comme ces visions, le monde serait un endroit plus paisible, où les gens se conduiraient de manière plus correcte les uns avec les autres. Mais on a la télé, maintenant, hein ? Tout le monde voit les enfants qui meurent de faim et les morceaux de cadavres dans les rues.

Demande d’extraction, Rich Larson

Des militaires se retrouvent face à une espèce alien hostile.
Même si cela se lit sans mal, je suis passé à côté de ce texte qui n'a rien éveillé en moi

L’Etoile, Arthur C. Clarke

Une expédition scientifique se dirige vers les lieux de l'explosion d'une étoile.
Encore un texte sur Dieu et la science, pas ma tasse de thé.
 
 
 
Le cahier critique, sans la petite pastille de méchanceté de Thomas Day, m'a donné envie de lire Friday Black de Nana Kwame Adjei-Brenyah; Les chats sont éternels de Fritz Leiber si il sort un jour en numérique; Le Grand Abandon de Cory Doctorow (chez Bragelonne, merde !).
Quelques avis sont disponibles en ligne
 
"Paroles de" , ma rubrique préférée avec Le coin des revues, se penche sur celui qui a commis la couverture, Manchu et qui t'apprendra pourquoi Manchu s'appelle Manchu. Et d'autres choses aussi.


Reste le gros de la revue, un dossier sur un des trois de la SF (trois que je n’ai quasi jamais lu). On ne va pas tourner autour du pot, j'ai rarement vu un dossier comme cela. Peut être était ce les célébrations des 25 ans de la revue, où le grand nom de l'auteur ou la covid. Quoiqu'il il en soit, c'est exceptionnel. Tous les articles qui composent ce numéro se complètent harmonieusement et font le tour complet du personnage et de ses différentes casquettes. Un entretien est même présent, un autre avec Baxter.
Pour ce numéro anniversaire, la revue se pare de 2 couvertures : une moche et une magnifique. J'aurais dû jouer au Loto ce jour-là, c'est la dernière que j'ai eue, ouf ! Par contre, les lecteurs numériques sont beaucoup moins chanceux...
 
 

Cela me fait penser aux anciens poids de balance, mais je ne vois pas le rapport avec l'auteur.


 
Ceci dit, j'avais très peu lu du Clarke, sans être enthousiasmé. Après lecture, Rama me fait de l'oeil ainsi que Chants de la Terre lointaine. Arthur est fan de métaphysique et de ce fait, j'ai un peu de mal à voir en Clarke l'un des grands de la SF. En outre, il a assez peu écrit, du moins seul et le dossier montre qu'il a commis pas mal de merde, seul ou à 4 mains. Je trouve qu'il a laissé plus a l'humanité en tant que scientifique qu'écrivain. Car Clarke est quand même l'un des pères des satellites géostationnaires, ce qui n'est pas à la portée de tous. Et les Trois lois de Clarke portent assez bien leur nom, dont la plus célèbre est sans nul doute possible : 

Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie
 
Ces considérations subjectives ne remettent pas en question le traitement complet et qualitatif de ce numéro. Ne tarde pas trop à aller l'acheter directement sur le site de l'éditeur, car il reste encore quelques couvertures belles en stock, après, tu n'auras plus que tes yeux pour pleurer.


Tous les autres avis sur le forum du Bélial (qui offre au regard quelques beaux roughs de Manchu)

Lumière des jours enfuis

décembre 14, 2017

Stephen Baxter, Arthur C. Clarke, Editions du Rocher, 2000, 418 p., épuisé


 

Souvent, dans la nuit sans bruit,
Quand le sommeil s’apprête à refermer ses chaînes,
Un tendre souvenir m’entraîne
Vers la lumière des jours enfuis.
Thomas MOORE 

Horizon bouché, le passé qui ouvre ses portes. Alors pourquoi ne pas y trouver refuge ? Mais on peut aussi "aller de l’avant, et décider de ne pas renouveler nos erreurs."



Présentation de l'éditeur : 


An 2033. Tandis qu'un astéroïde géant baptisé Absinthe fonce sur la Terre, l'empereur des médias Hiram Patterson annonce la création d'un procédé révolutionnaire de communication. La « Camver » permet de visionner instantanément des images provenant de n'importe quel endroit au monde. Mais cette invention recèle des possibilités insoupçonnées, qui vont bientôt changer le sort de l'humanité.
Le vieux rêve d'ubiquité est sur le point de se réaliser. Condamnés à brève échéance, les hommes sauront-ils en faire bon usage ? La plupart, en attente de l'Apocalypse, semblent se délecter de voyeurisme, de révisionnisme et de passéisme morbide. Mais certains, parmi lesquels le propre fils d'Hiram Patterson, vont tenter d'échapper à l'œil Omniscient de la Camver...

 

Mon ressenti :


Alors que la Terre et un astéroïde vont s'unir pour le pire dans 400 ans, l'équipe scientifique d'un magnat des technologies découvre un procédé pour visionner le passé.

Si le présent est merdique et l’avenir encore pire, le passé, c’est tout ce qui nous reste. 

Grande question à laquelle Baxter et Clarcke vont tenter de répondre.

Publié en 2000 lors de l'explosion de l'internet grand public (et de la bulle financière qui en suivra), les deux auteurs spéculent sur :
- l'industrie des technologies de communication et leur super puissance
- les libertés individuelles
- l'impact de cette innovation dans la société en générale

Un titre poétique, un pitch qui m'a de suite interpellé, quelques envolées lyriques scientifiques :

Le soleil était maintenant haut dans le ciel, mais la fusée était encore baignée d’une lumière artificielle éclatante, auréolée des vapeurs exhalées par la masse des ergols cryotechniques de ses énormes réservoirs.

Futur proche, nous suivons les traces d'un magnat de l'industrie des télécommunications, Hiram Patterson, dont le seul intérêt semble être son entreprise. Sa réussite et l'éradication de la concurrence comme philosophie de vie, impactant profondément la cellule familiale à travers ses deux fils, l'un pourri gâté, le parfait gosse de riche arriviste, l'autre chercheur émérite. L'enquête d'une journaliste opportuniste va révéler quelques secrets de famille...

Parallèlement, nous suivons l'impact de cette nouvelle technologie dans la société, la religion, la justice, les guerres et les institutions. Chaque personne, chaque entreprise, chaque institution, chaque pays peut observer en temps réel ce qui se passe chez ses voisins. Et que dire quand les possibilités de cette Camver révèlent le passé. L'occasion de revisiter en léger différé quelques épisodes de l'histoire de l'Homme, tel que l'épopée dramatique d'Hibernatus, les secrets de La Joconde ou la véritable histoire d'un dénommé Jésus.
C'est aussi la découverte par nombre de personnes de vérités cachées sur leur conjoint(e), d'espionner son voisin, de découvrir les roueries des personnalités politiques "irréprochables". Et aussi de redécouvrir les erreurs du passé, mémé si ces deniers avaient déjà été découvert en leur temps par des chercheurs dans des revues ou livres obscurs.

Histoire personnelle, grande histoire, les deux auteurs nous baladent aussi à travers de grand voyage temporel à l'origine de la vie sur terre ou dans des voyages intersidéraux.
Un roman assez divers avec pour dénominateur commun la vérité et le poids des images. Certains moments plus réussi que d'autres, les aventures de la famille Patterson étant parfois à la limite du rocambolesque. A cause de ce défaut, je n'ai jamais réussi à pleinement m'immerger dans le récit qui qui s'est apparenté à un longue suite de rebondissements, d’envolées spatio-temporelles et d'interrogation sur le droit à la vie privée.

Un livre bancal dont le sujet aurait mérité un meilleur traitement, le meilleur se trouvant dans le titre.
Sur la possibilité de visionner le passé, je m'en vais lire la novella de Ken Liu, L'homme qui mit fin à l'histoire.




Quelques citations :



Le présent était une bulle scintillante, en expansion, de vie et de conscience active, renfermant le passé piégé comme un insecte dans un bloc d’ambre.
— Vous n’êtes plus une néophyte en matière de RV, Kate. Vous avez des implants sensoriels qui…
— Qui représentent le minimum requis pour pouvoir évoluer dans notre monde moderne. Avez-vous déjà essayé de prendre l’avion à l’aéroport de SeaTac sans avoir un minimum de capacités RV ?
Il se mit à rire.
— En général, j’ai une escorte officielle. Vous vous dites probablement que tout cela fait partie d’une vaste conspiration organisée par les multinationales ?
— Naturellement. Quoi d’autre ? L’invasion technologique de nos demeures, véhicules et lieux de travail a depuis longtemps atteint le point de saturation. Aujourd’hui, c’est à notre corps qu’ils en veulent.

Ce n’est peut-être pas évident pour vous, dans votre cage dorée, mais la planète est déjà livrée à la violence et à la barbarie. Ce qu’il nous faut, c’est une machine qui nous permette de comprendre le point de vue de celui qui est en face de nous. Si nous sommes incapables d’y arriver, toute la reprogrammation du monde sera absolument inutile.

C’est comme un écolier qui regarde la solution d’un exercice à la fin du livre. Ce ne sont pas les réponses en elles-mêmes qui importent, mais le cheminement mental qui y conduit. La Camver va court-circuiter toute une série de sciences : la planétologie, la géologie, l’astronomie… Durant les générations à venir, nos scientifiques n’auront plus rien à faire que répertorier, compter, classer, comme des collectionneurs de papillons duXVIIIe siècle. Ce ne sera plus de la science, mais de la taxinomie.

Elle entretenait même l’espoir que l’arrivée d’Absinthe modifie quelque peu la manière dont les gens traitaient leurs semblables. Si tout devait prendre brutalement fin dans quelques générations, à quoi bon poursuivre des querelles ancestrales ? Et pourquoi l’humanité passerait-elle le peu de temps qui lui restait à s’infliger des souffrances supplémentaires ?
Il y aurait encore des guerres jusqu’à la fin, sans aucun doute, mais il ne serait plus possible de déshumaniser et de diaboliser un adversaire si n’importe qui pouvait allumer un Écransouple pour regarder ce qui se passait vraiment chez celui qui était désigné comme l’ennemi du moment. Il ne pourrait plus y avoir de propagande mensongère sur les capacités, les intentions et la résolution d’un adversaire. Si la culture du secret finissait par être brisée, aucun gouvernement ne pourrait plus jamais s’en tirer après avoir commis des crimes pareils.
Mais elle était peut-être un peu trop idéaliste.

Après tout, le voyeurisme n’était pas que le fait des pervers sexuels. Chaque jour, dans les nouvelles, il était question d’individus qui, pour une raison ou pour une autre, avaient, en épiant leurs proches, découvert des secrets, des trahisons ou autres mauvais coups qui avaient causé une hémorragie de divorces, de violences familiales, de suicides, de conflits mineurs entre amis, conjoints, frères et sœurs, enfants et parents : tout le monde lavait son linge sale, supposait-elle, avant de devenir un peu plus adulte en s’habituant à vivre derrière des vitres transparentes.

La plupart de ces horreurs passées étaient parfaitement connues avant la Camver, naturellement, et nombre de chroniques historiques véridiques et consciencieuses avaient été écrites, mais l’affligeante et universelle banalité de tous ces faits, la réalité trop humaine de tous ces actes de cruauté, de douleur et de gaspillage demeurent profondément navrantes.

Naguère, le temps était considéré comme le guérisseur de tous les maux. Aujourd’hui, le baume de l’éloignement a disparu.

Les enfants d'Icare

août 21, 2017

Arthur C. Clarke, Milady, 2013 (parution originale 1953), 336 p., 6€ epub sans DRM


Les étoiles ne sont pas pour l’Homme

Des aliens bienveillants, mais asociaux et taiseux, veulent à tout prix faire notre bonheur. Il est où le loup ?

Présentation de l'éditeur :

Ils sont apparus sans crier gare, leurs immenses vaisseaux flottant au-dessus des plus grandes capitales mondiales.
Les Suzerains, des extraterrestres infiniment plus avancés, et qui affirment être là pour le bien de l’humanité. Et effectivement, même s’ils refusent pour le moment de se montrer, tout ce qu’ils font pour la Terre s’avère bénéfique : désarmement général, éradication des maladies, de la faim et de la misère.
Pourtant... ne faudrait-il pas se méfier de ces mystérieux bienfaiteurs ? Et se demander quelles sont leurs véritables intentions quant à l’avenir de l’espèce humaine ?

Mon ressenti :


Un début qui happe le lecteur : Les américains et les soviétiques se lancent dans une course à l'espace, alors que le décompte débute, des vaisseaux apparaissent dans le firmament terrestre. La futile tentative humaine de défier l'espace stoppe net devant la démonstration de notre petitesse face à la technologie alien.
Les extraterrestres sont bienveillants mais du genre taiseux et asocial : ils ne se montrent pas et quand à dire les raisons de leur présence, si ce n'est un lapidaire nous sommes là pour votre bien... Cependant, ils apportent avec eux une haute technologie qui va modifier radicalement le mode de vie terrestre : la baisse du temps de travail entrainent une hausse spectaculaire des loisirs festifs ou formatifs; la société politique se métamorphose, un gouvernement planétaire voit le jour, les conflits stoppent. Le bonheur à l'état pur. mais tout cela est régi par les fameux suzerains à la main de fer dans un gant de velours. Une utopie dictatoriale ou une dictature bienveillante, à vous de voir. Certains sont dubitatifs sur la bienveillance alien mais l'"ignorance" des extraterrestres quand aux actes violents est redoutablement efficace. Voilà pour la première partie excellente.
Première incursion chez Mr L’Odyssée de l’espace et suite à la lecture de ces premières pages, je me demande comment j'ai pu passer à côté de cette pépite autant d'années.
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