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Une Heure-Lumière - Hors-série 2020

juin 04, 2021

 

Kij Johnson, Le Bélial, 2020, 112 p., presque gratuit


Une fois n'est pas coutume ?
On dirait bien que si, car pour la troisième année consécutive, j'ai pu lire le HS UHL (hors série de la collection Une heure lumière du Bélial !), alors que le quatrième a déjà pointé le bout de son noyau.

Présentation de l'éditeur :

Une heure-lumière, c’est la distance que parcourt un photon dans le vide en 3600 secondes, soit plus d’un milliard de kilomètres…
C’est aussi le nom d’une collection réunissant à ce jour vingt-six titres, un espace éditorial inédit, unique, tant par le fond que par la forme, qui ambitionne de faire voyager vite et loin le lecteur.
Une collection qui, en l’espace de quelques années à peine, s’est bâti un statut de référence dans le paysage éditorial hyper-saturé des littératures de genre. Une heure-lumière célèbre les horizons nouveaux ; le Hors-série 2020, troisième du genre, célèbre Une heure-lumière. Avec entre autres un long récit inédit signé Kij Johnson, autrice, dans cette même collection, de l’époustouflant Un pont sur la brume salué par une kyrielle de prix, dont le Hugo, le Nebula et le Grand Prix de l’Imaginaire.
Une heure-lumière… sous une pluie d’étoiles !

Mon ressenti : 

Voilà le HS UHL que j'attendais le plus, car il fait la part belle aux traducteurs. Du moins celles et ceux qui ont traduit un opus de cette fameuse collection.
Mais voilà aussi le HS qui m'a le plus frustré. Une quinzaine de traducteurs pour une trentaine de pages et dans cette collection, elles ne sont pas très grandes. Soit pas grand chose pour développer. Certains traducteurs devaient être en retard dans les travaux à rendre car ils font le minimum vital, entre anecdotes, ressentis. D'autres sont plus prolixes et bavard pour mon plus grand bonheur.
Au final, déçu je suis mais surtout à cause de mes attentes par rapport à ce sujet. C'est gratuit et on ne va pas cracher dans la soupe, c'est une opération commerciale qui a du sens même si je regrette encore une fois le peu de attention réservé aux lecteurs numériques. Heureusement les camarades sont là pour nous refiler leur surplus.


Retour à N’dau, Kij Johnson

Une nouvelle de Kij Johnson clôt l'ensemble qui pourrait être un spin-off à La marche du Levant. Soit une planète qui tourne paresseusement autour de son soleil. Résultat, des jours qui n'en finissent pas et si vous ne voulez pas mourir de froid, il faut bouger sans cesse pour parfaire son bronzage.
Une jeune fille d'un petit village spécialisé dans l'élevage de chevaux voit arriver des étrangers...
Il s'agit en fait d'un "western", qui n'est malheureusement pas mon genre de prédilection. Cela se lit sans mal, mais je n'en ai pas eu pour mon argent !!!


Comme les années précédentes, je lègue ce hors série au Maki, autre lecteur numérique malheureux, qui en fera ce qu'il veut.
Un énorme merci à Lutin qui m'a donné son double. Après RSF Blog, Nevertwhere, Albedo, c'est au tour de Au pays des Cave trolls de devenir le fournisseur officiel 2021. Les HS UHL se refilent en douce sous le manteau, comme les meilleurs drogues.
Bravo au Bélial pour nous offrir chaque année ce hors-série


Pour les autres avis, le forum du Bélial est ton ami

 

 

 

 

 

La Quête onirique de Vellitt Boe

octobre 28, 2019

Kij Johnson, Le Bélial, 2018, 200 p., 9€ epub sans DRM



A bas le jeunisme : Les vieilles aussi ont le droit à leur quête initiatique !

Présentation de l'éditeur :


Clarie Jurat a disparu. Nul ne sait où, mais il semblerait qu'elle se soit enfuie en compagnie d'un homme… un homme venu du monde de l'éveil. Au sein du Collège de femmes d'Ulthar, c'est la consternation : pareille fugue pourrait remettre en cause l'existence même de l'institution. Pour Vellitt Boe, le temps est venu d'abandonner ses atours confortables de professeure vieillissante au profit de sa défroque oubliée de voyageuse émérite ; retrouver son élève est impératif. Une quête qui la conduira loin, bien plus loin qu'elle ne l'imagine, d'Ulthar à Celephaïs, au-delà même de la mer Cérénarienne, jusqu'au trône d'une ancienne connaissance, un certain Randolph Carter…

Mon ressenti :


Suite à la fugue d'une de ses élèves dont, malheureusement, le père est un riche donateur, une vieille prof prend son ballot et part à la recherche de sa protégée. Le pitch aurait pu faire un magnifique téléfilm américain diffusé l'après midi sur M6 ou TF1, mais Kij a préféré en tirer une nouvelle fantastique se déroulant dans les contrées du rêve. Ouf !

Faire d'une vieille marcheuse une nouvelle qui tient le lecteur en haleine n'est pas donné à tout le monde. Avec le mystère entourant le passé de la voyageuse, les contrées plus fantasmatiques les unes que les autres ou encore ce chat noir qui ne quitte pas les pas de Vellitt, on prend le pas de cette prof et on se demande vers où veut nous emmener l'autrice.


Les clefs de ce monde fantasmagorique nous sont livrés peu à peu, comme le passé de cette bourlingueuse. Ceci dit, l'histoire est assez linéaire : malgré la profusion d'ennemis lancés à ses trousses, dont les Dieux eux mêmes, Vellitt sans sort à peu près sans égratignures. Et la fin n'est pas à la hauteur du reste, me laissant un tout ça pour ça !

Avec une chatte en couverture, je pensais que la présence féline allait être bien plus importante. En lisant les avis des uns et des autres, pour comprendre cette place du chat, la connaissance de Lovecraft reste indispensable. En effet, ce texte est une réécriture de La Quête onirique de Kadath l'inconnue. Ce dernier était raciste et ne laissait que peu de place aux femmes, Kij en fait un texte féministe, en mettant une héroïne forte accompagnée de quelques égratignures à la société patriarcale. Mais je l'ai trouvé plus intéressante dans sa critique de la religion. Pour moi, il est nécessaire de connaitre le texte original pour apprécier pleinement cette quête.
J'ai pensé à Christopher Priest et son archipel du rêve en lisant ce livre, surtout dans sa partie sur l'eau, car le temps s'écoule différemment dans les contrées du rêve.


Cette édition est illustrée par Nicolas Fructus et se termine par un entretien de l'autrice. Des petits plus toujours bien sympathiques.

Cette novella a reçu le World Fantasy Award 2017 de la Meilleure novella ainsi que le Prix Wojtek Siudmak du graphisme : Nicolas Fructus pour ses illustrations.
Tous les avis des uns, des unes et des autres sur le fil de Bélial

Récapitulatif


Pour aller plus loin :

Si tu veux tout connaître des contrées du rêve, tu peux toujours écouter
H.P. Lovecraft  - Le Monstre de Providence, La compagnie des auteurs du 06 juin 2016
Chuchotements dans la nuit de Howard Phillips Lovecraft, Fictions du 08 octobre 2016
Le rêve, le cauchemar des neurosciences, La méthode scientifique du 13 mars 2017
L'espace-temps selon Lovecraft, La méthode scientifique du 03 novembre 2017
Des ombres sur Innsmouth, Fictions du 24 février 2018
La couleur tombée du ciel, Fictions du 03 mars 2018
S.T. Joshi : "Je suis Lovecraft", La méthode scientifique du 07 juin 2019

Quelques citations :


Elle n’avait jamais vu de rêveuses. Pas la moindre. Un jour, elle avait demandé pourquoi à Randolph Carter.
« Les femmes ne rêvent pas en grand », avait-il répondu, dédaigneux. « Elles rêvent de bébés, de tâches ménagères… De tous petits songes. »
Les hommes des contrées du rêve disaient sans cesse de telles idioties ; ceux du monde de l’éveil aussi, visiblement.

Pourtant plus gros, les ghasts et les gugs l’épouvantaient beaucoup moins. Ces êtres monstrueux avaient l’avantage de ne présenter aucun caractère humain, et on ne voyait nul trace d’intelligence dans leurs yeux effrayants. Quand on observait les goules, du point de vue de leur morphologie comme de leur comportement, rien n’était plus simple que d’envisager la possibilité de sa propre dégénérescence ; comme si la seule chose qui les séparait des humains, en définitive, se résumait aux articulations grotesques de leurs jambes. Parfois, Vellitt palpait sa mâchoire pour s’assurer que celle-ci ne s’était pas allongée, qu’elle n’avait toujours rien de canin.

Un Pont sur la brume

mars 06, 2017

Kij Johnson, Le Bélial, 2016, 140 p., 4€ epub sans DRM


Prix Nebula, Hugo et prix des lecteurs Asimov's en 2012.
Pour le prix du chien 2017, on repassera.



Présentation de l'éditeur :


Kit Meinem d’Atyar est peut-être le plus doué des architectes de l’Empire. Peut-être… et tant mieux. Car il lui faudra convoquer toutes ses compétences, l’ensemble de son savoir pour mener à bien la plus fabuleuse qui soit, l’œuvre d’une vie: un pont sur le fleuve de brume qui de tout temps a coupé l’Empire en deux. Un ouvrage d’art de quatre cent mètres au-dessus de l’incommensurable, cette brume mortelle, insondable, corrosive et peuplée par les Géants, des créatures indicibles dont on ne sait qu’une chose : leur extrême dangerosité…

Mon ressenti :


Voyage de Stefan Baxter, 800 pages : trois jours de lecture.
Un pont sur la brume, 140 pages : sept jours de lecture.
Bilan sans appel.
Fourni par Blogger.