Havensele : Cité noire

 

Charlotte Bona, RroyzZ éditions, 2018, 387 p., 5€ epub sans DRM

 

Le chemin de l'enfer est pavé de bonnes intentions.

 

Présentation de l'éditeur :

Je me nomme Cité. Je ne suis pas humaine. Je vis dissimulée dans les profondeurs de la terre d’Islande. Je me suis éveillée à la fin d’une de vos guerres, happée par la douleur de ceux qui avaient connu vos camps de la mort. Votre pouvoir de destruction à Hiroshima et Nagasaki m’a terrifiée. J’y ai vu votre avenir : un chemin semé d’hécatombes jusqu’à votre complète extinction. Je suis une mère, une louve pour mes enfants, mes humains appelés dans leurs rêves et transformés par mes soins. Eux seuls survivront à l’apocalypse nucléaire. Nous sommes en 2021 et je demeure votre unique espoir.



Mon ressenti :


Commençons de suite par les sujets qui fâchent : une couverture Hum Hum, à croire que les petits éditeurs veulent à tout prix conserver leur relatif anonymat; et à l'intérieur, une société secrète, des pouvoirs psychiques, de quoi me faire lever les yeux après quelques lignes.
L'autrice avait cependant éveillé mon intérêt en parlant d'eugénisme dans son interview, j'ai pris mon courage à bras le corps pour continuer. Et tomber sur un début d'histoire d'amour, une belle scientifique anorexique adepte de sport de combat (lever des yeux, bis) et son beau mâle ténébreux et musclé (lever des yeux, ter). Dans ses bras, elle va oublier son douloureux passé (lever des yeux, quater) et renaitre femme (lever des yeux, quinquies). Des scènes de bisous (lever des yeux, sexies), de caresses (lever des yeux, septies) et un peu de sexe (lever des yeux, octies).

Il saisit son visage entre ses mains, ces mains si fortes, et l’embrassa avec délicatesse. Elle lui rendit ses baisers, puis s’enhardissant, se colla contre lui. Elle aimait son odeur qui évoquait le vieux cuir, si masculine et si sensuelle. 

Mais, entre ces levers d'yeux, des bons moments de lecture.
Premièrement, les personnages ne sont pas tous aussi stéréotypés que ce que j'en disais, ils sont hétérogènes et représentent la société dans leur diversité. Les noirs ne sont pas voleurs, ni violeurs, les arabes ne sont pas d'affreux terroristes, les homosexuels ne sont pas des folles... et l'autrice parle du racisme. D'autres aspects sociétaux sont parsemés ça et là.
La thématique de l'eugénisme est présente, sous la forme d'une sorte d'utopie qui semble virer vers la dystopie. Le consentement est aussi à l'ordre du jour, bref, des thématiques actuelles dans une société cosmopolite et diverses.

Deuxièmement, Charlotte Bona sait mener son intrigue, qui se densifie au fur et à mesure et prend un tournant différent de ce que je pensais. Plusieurs fois, j'ai du combattre le sommeil, arriver en retard au boulot, annuler une séance de muscu, pour continuer à lire un peu plus longtemps.
Les ressorts et personnages se nuancent, prennent de l'amplitude et se dévoilent peu à peu. Un bon page turner une fois zappé l'histoire sentimentale.

Au final, le récit prend une saveur beaucoup plus sombre au fil des pages. Pour une première publication de l'autrice, elle a réussi le test, même si le livre n'est pas tout à fait indiqué pour mes goûts, trop bit-lit par moment. Ce premier tome de cette trilogie se terminant par un retournement de situation, direction le tome deux avec Cité Blanche, en espérant que les promesses d'une tournure plus dystopique se fassent jour et que la romance s'estompe.
To be continued...

Lu dans sa version électronique qui n'a pas à rougir devant les versions parfois foutage de gueule de certains grands éditeurs de l'imaginaire. Seuls deux trois mots/phrases sont suivi d'un astérisque sans correspondance. Le problème a été signalé à l'éditeur.

Pour faire plus ample connaissance avec l'autrice, direction son entretien réalisé en septembre 2020


12 commentaires:

  1. J'en connais un qui, définitivement, ne choisit pas ses livres à leur couverture. Celles de tes dernières lectures rivalisent de mauvais goût !

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    1. C'est juste pour démontrer que je ne me fie pas à l'apparence.
      Mais même avec une liseuse, ça fait mal aux yeux !

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    2. Haha, est-ce la malédiction des petites maisons d'édition ?
      Peut-être pour faire le buzz...

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  2. Ce billet est à l'inverse du livre : ça commence comme une dystopie - la dystopie personnelle du chien critique - pour tendre de plus en plus vers l'utopie. Ouf, c'était effrayant et douloureux tous ces levages d'yeux.

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    1. Mais quel talent d'analyse de mon avis. Malheureusement, ce n'était pas intentionnel, mais sûrement inconscient !
      Pour les levages d'yeux, peut être que c'était un clin d'oeil aux fans d'astronomie qui regardent toujours le ciel ?

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  3. Tous les ingrédients semblent réunis pour en faire un roman agréable à lire. Ça nous change des sempiternels romans sur le réchauffement climatique,où il ne se passe strictement rien!Et où on ne propose jamais aucune solution ou ébauche de solution.

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    1. Pas totalement dans mes goûts, mais assez intrigué pour aller voir le tome 2. L'autrice sait mener son intrigue et cela reste le principal.

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  4. Tes dernières lectures sont surprenantes et différentes. C'est bien de nous ouvrir la voix... mais je vais passer sur ce coup là !

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    1. Faut se diversifier de temps en temps. Et des quelques auteurs "inconnus" que j'ai lu, je me dis que la relève est assurée.

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  5. Contente de voir que tu as aimé malgré les levages d'yeux ^^ Décidément, le Chien n'aime pas trop les histoires d'amour...et pourtant, c'est un moteur puissant de l'âme humaine ! ;) En tout cas, le premier tome est super dans ses thèmes et son rythme.

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    1. Je pense ne pas être le coeur de cible de cette trilogie, mais cela est passé tout de même assez bien.

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