Janus

 

Alastair Reynolds, Pocket (Presses de la Cité), 2011, 896 p., épuisé

Les montagnes russes littéraires : un début prometteur, une longue et lente montée vers le frisson, une descente fracassante pour finir par un calme épilogue.

Présentation de l'éditeur :


En 2057, Janus, une lune de Saturne, quitte soudain son orbite. Unique vaisseau alentour, le Rockhopper, propriété d'une compagnie minière qui exploite la glace des comètes, est le seul véhicule spatial capable d'intercepter le satellite avant qu'il ne quitte définitivement le système solaire. En acceptant d'interrompre sa mission de routine pour effectuer une courte exploration de Janus, le capitaine Bella Lind et son équipage s'embarquent dans une aventure qui mettra à rude épreuve leur cohésion. Car, en réalité, Janus n'est pas une lune, mais un artefact extraterrestre qui leur réserve bien des surprises...


Mon ressenti :

Le prologue nous emmène dans un futur éloigné, où l'humanité a conquis les étoiles et essaimé sur plusieurs planètes. La chute de cette mise en bouche stupéfait et donne envie d'en savoir plus.
Mais pour ça, il va falloir patienter, patienter et patienter encore.

Alastair Reynolds, c'est l'auteur du cycle des inhibiteurs, un monument de Hard-SF. Un auteur qui aime écrire : le cycle fait plus de 3000 pages et reste un roman à traduire...
Janus, c'est 900 pages en poche, une quinzaine d'heure de lecture. Cela peut refroidir les ardeurs d'autant si c'est de la Hard-SF. De ce côté l'auteur la joue pédagogue et même une quiche en physique peut comprendre. Les années lumières qui ne correspondent à rien à monsieur et madame Tout le monde sont ici expliqué en termes simples, et de donner une idée des vitesses, et le vertige.

Quand ils atteindraient Janus, ils se trouveraient à treize heures-lumière de chez eux, si loin qu’un signal radio mettrait plus d’une journée à faire l’aller-retour entre la Terre et eux. Et ils ne se déplaceraient qu’à trois pour cent de la vitesse de la lumière, ce qui avait déjà de quoi inspirer une terreur justifiée. Trois pour cent de la vitesse de la lumière, autrement dit neuf mille kilomètres par seconde !
À chaque minute qui passait, ils parcouraient la distance séparant la Terre de sa lune, s’éloignant d’autant de leurs foyers.

L'auteur a la bonne idée aussi de mettre des personnages principaux féminins, ça change et apporte un petit plus. La mise en place de l'intrigue est facile à lire. L'auteur n'oublie pas les détails du "charme" des voyages galactiques : répondre au questions des journalistes; faire copain avec tous les élèves de la maternelle au lycée en passant par les interviews aux fans de SF. Voilà pour les cent premières pages.
Après, ça se gâte, il faut attendre la moitié du roman pour atteindre Janus et c'est long, très long. La quatrième de couverture parle de "remarquable justesse psychologique", moi j'ai trouvé les personnages pas assez subtils, caricaturaux. Donc leurs relations durant leur voyage vers Janus sont vites lourdes et sans intérêts, pour le lecteur et pour l'intrigue.

Arrivé à la moitié du roman cahin-caha, les pages commencent a se tourner plus rapidement, l'auteur me reprend dans ses filets (après 450 pages c'est pas trop tôt). Alastair Reynolds nous sort le grand jeu : premier contact, deuxième, troisième etc contact. Échelle de temps entrelacé, big dumb object. S'en parler du terrifiant "ange de glace". On en prend plein les mirettes, poussant des OOHHH, des AAAHHH et des OUUUAAAHHH.

Mais les relations entre les persos sont toujours aussi hasardeuses, l'auteur joue un peu trop avec les révélations. Quand on pense enfin connaître une chose, une péripétie opportune arrive et c'est reparti pour 50 pages de blablas avec des protagonistes dont je me contrefous.
La fin donne dans le pathos :  alors que tout explose dans un grand fracas, nos deux héroïnes prennent le temps de discourir sur ce qui aurait pu être mais qui n'a pas était. Les événements s'enchainent trop rapidement, donnant un sentiment de précipitation finale. Je pensais que le final allait me décoller la rétine des yeux, j'ai juste dû me mettre quelques gouttes de collyre dans les yeux après toutes ces pages lues.

Le titre Janus laissait espérer une finesse dans le traitement des personnages et de l'intrigue, tel n'a pas été le cas.

Le fil dédié sur le forum du Bélial contient quelques liens sur la chronologie de l'histoire et quelques notes et croquis de l'auteur.

8 commentaires:

  1. Je ne m'en souviens plus très bien, j'avais moins aimé que son cycle des Inhibiteurs mais j'avais quand même bien accroché.
    Alastair Reynolds ça ne vaut pas Wilson pour certain mais c'est très bien pour d'autres :-D

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    1. Un Reynolds ne vaut pas un Wilson (pour moi du moins) mais entre deux wilson, ça passe !
      Il faut que je m'attaque à sa dernière trilogie Les Enfants de Poséidon maintenant qu'elle est ternminée

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  2. Il est à mon programme de l'année. Je me feai donc une idée un peu plus tard, mais me voilà avertie de ne pas avoir d'attentes trop ambteiuses.

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    1. Je te conseillerai plutôt son one shot La pluie du siècle par rapport à Janus. Et bien sûr son cycle des inhibiteurs, mais celui là doit être dans ton programme.

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  3. J'ai constaté les mêmes penchants d'A. Reynolds sur son cycle des Inhibiteurs (premier tome en tout cas): assez de lenteur dans la mise en place de l'intrigue, une fin qui accélère, etc.
    Du coup faut pas être effrayé par les pavés, c'est certain!

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    1. Les lenteurs du premier tome dans son cycle des Inhibiteurs m'ont moins dérangé, je m'en doutais du fait de la mise en place de l'univers, mais il est quand même bavard ce Reynolds !

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  4. Je dois admettre que je partage ta critique, si ce n'est que j'ai accroché un poil plus vite, et que je garde un souvenir globalement positif de ce roman. Ce que j'en retiens : le "sense of wonder" est au rendez-vous, et des images fortes (que je ne veux pas révéler pour éviter le spoil intempestif...).

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  5. Un peu longuet mais du sense of wonder plein les mirettes une fois l'intrigue lancée.
    Je ne connaissais pas ton blog mais j'aime l'alliance article de fond et article culturel. Original. Je m'y arrêterai plus longuement...

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