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Présences d’esprits n.109 : l'étranger

mars 09, 2023

 

Présences d’esprits, été 2022, 44 p., 6€ papier

 
Bof, Bof, Bof...

Présentation de l'éditeur :

Et que vous réserve ce numéro ? Derrière une magnifique couverture de Caza, dont vous retrouverez l’étonnante interview dans nos pages intérieures, Louise Janin nous propose un dossier sur l’Autre. Cet étranger est-il un ami ou un ennemi ? Comment la littérature de l’imaginaire nous le fait-elle percevoir ? C’est là quelques-unes des questions qu’elle se pose et auxquelles elle tâche d’apporter des réponses. Également une nouvelle Les petits métiers du futur de Didier Reboussin.

 

Mon ressenti :

Lorsque j'ai ouvert l'enveloppe contenant ce dernier numéro de Présences d'esprits, un certain malaise s'est fait en moi. C'était le jour où Le Bélial faisait le bad buzz sur Twitter à propos de sa couverture du Bifrost consacré à Octavia Butler. Donc voir la figure de l'étranger représenté de cette manière... Bon là, je comprends, l'étranger c'est l'autre, le monstre, mais le timing n'était pas terrible. Couverture que l'on doit à un certain Caza, un célèbre illustrateur qui parle dans son interview de tout, sauf d'illustrations. La raison est bien simple, il s'est mis à l'écriture depuis quelques années.

Le dossier survole les différents traitements de l'étranger fait dans l'imaginaire. Le côté positif, c'est que l'on parle de la Fantasy et du fantastique aussi. Le problème, c'est que la figure de l'étranger en imaginaire, c'est un peu le marronnier, donc impossible de tout citer, recenser, analyser. Louise Janin ne s'en sort pas trop mal et ce dossier pourra plaire aux novices et leur donner des pistes de lecture intéressantes.

Didier Reboussin nous met dans dans les pas d'un concessionnaire automobile alien. Je trouve l'idée intéressante, beaucoup moins la réalisation. Pour faire simple, nous sommes en plein dans la SF des années 70, humour et invraisemblance, ce qui n'est malheureusement pas ma tasse de thé.

Les rubriques habituels suivent, les nouvelles de la galaxie par Emilie Querbalec avec entre autre info un canard robot. Robot qui date de 2019 et n'a pas l'air d'avoir été développé depuis. Alors Emilie, on donne de vieilles news ? Je te pardonne comme ton dernier roman est splendide. Lisez Les chants de Nuying


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Présences d’esprits n.108 : Hommage à Richard Bessière

novembre 24, 2022

Présences d’esprits, printemps 2022, 50 p., 6€ papier

 
Un bon dossier, des envies de futures découvertes, que demande le peuple ?

Présentation de l'éditeur :

Vous avez envie d’aventure, de découvrir des planètes inexplorées, de rencontrer des races aliens plus étranges les unes que les autres ? Alors, notre dossier est fait pour vous. Jean-Michel Archaimbault, Jean-Louis Ermine et Didier Reboussin y rendent hommage à Richard Bessière, auteur prolifique de science-fiction, à l’imagination foisonnante, dont la prose et l’humanisme ont marqué toute une génération d’auteurs. Vous préférez les créatures devenues des mythes ? Georges Bess, après s’être attaqué avec brio à Dracula, récidive en adaptant l’œuvre de Mary Shelley, Frankenstein, en BD. Sébastien Moig s’est longuement entretenu avec lui pour notre plus grand plaisir.

 

Mon ressenti :

Marthe continue de mater des films asiatiques, et moi de refuser de m'y mettre, trop soap.

Une interview de Georges Bess autour de son adaptation de Frankenstein. Je ne connais pas cet illustrateur, ce qui ne m'a pas empêché de savourer cette interview qui prend le temps de s'attarder sur le processus d'adaptation.

Le dossier sur Richard Bessière s'ouvre sur une courte nouvelle Et Ron et Ron petit patapon paru originellement dans Lunatique en 1970. Un voyageur demande une communication vers une station spatiale (à la mode old school en passant par un opérateur chargé de mettre en relation). La Terre est un paradis et vous serez pourquoi. Court et drôle.

Le dossier Bessière de Jean Louis Ermine est très intéressant. S'ouvrant sur la carrière de l'auteur, il permet de voir l'évolution de la SF française et sa guerre entre auteur populaire et intellectuel (pas l'impression qu'elle soit réellement terminé de nos jours). J'en aurai bien repris deux trois pages. Le survol de ses oeuvres de SF - 100 ! - m'a donné envie dans lire quelques uns malgré que certains de ses livres soient emprunt d'occultisme que je ne goûte guère (il a fini sa vie comme conférencier paranormal).
Didier Reboussin, nous offre un tour d'horizon de ses oeuvres hors SF espionnage historique ou policiers . Jean Michel Archambault conclue en nous donnant les romans les plus intemporel de l'oeuvre de Bessières, original pour éviter de lire des vieilleries usées (j'aime bien de temps en temps)
A lire ? Les mages de Dereb, Un futur pour monsieur Smith, Des hommes et des hommes, Cette lueur qui venait des ténèbres, Concerto pour l'inconnu. L'avenir nous dira si je me suis lancé ou pas.

La revue comporte aussi un hommage à Richard Corben et le traditionnel entretien avec l'illustratrice de ce numéro Valonia, qui aime les dragons.
Les quelques critiques m'ont donné envie de lire un manga, L'île du temps de T. Sugimoto, un ersatz de Dix Petits Nègres, Ils étaient dix !



AOC n.64

octobre 20, 2022

Nicolas de Torsiac, Maxime Galopin, Tristan Piguet, Jonathan Penglin, Morgan Corven, Présences d'esprits, printemps 2022, 90p., 3.50€ papier


Une illustration magnifique, un contenu un poil en dessous.
En découvrant la couverture de ce numéro, j'ai fait OUAH. Elle est due à Jeffrey Read. Et encore maintenant, en rédigeant ce billet, je ne peux que faire OUAH



Dernière mise aux poings pour Big Mama de Nicolas de Torsiac
Pitch de l'éditeur : Big Mama gère tout d’une poigne de fer : ses clubs de strip-teasers, son gang de criminelles, et les étalons qu’elle met dans son lit. Alors si les Giga Giga Girls croient faire la loi jusque dans son propre carré VIP, il va y avoir de la viande sur les murs ! Mais celle de qui ?

Un club de striptease tenu de main de maître par la tenancière, Big Mama. Un gang de filles veut discuter avec la patronne...
Un univers matriarcale cyberg pour une tranche de vie augmentée. L'auteur parvient à créer une ambiance glauque et même si cela n'est guère original, on prend plaisir à suivre cette dernière mise aux poings avec ce twist final prolongeant le plaisir de lecture.



La Larme de Sirona de Maxime Galopin
Pitch de l'éditeur : La guerre des druides fait rage, chacun requérant la puissance de son Dieu pour devenir le Grand Druide. Moi je ne suis qu’une arme ; investie des pouvoirs de mon maître, je traque ses rivaux. Mais il ignore que mes victimes me cèdent une partie de leur puissance, et me rend ma conscience… 

L'histoire d'un druide tuant ses ennemis via une arme. C'est de la fantasy, j'ai eu beaucoup de mal à ma faire au style de l'auteur et donc à rentrer dans son univers. En fait, je n'y suis pas rentré. J'ai trouvé cela ampoulé, les codes propres à ce genre d'histoire doivent me manquer. En outre, à part cette tranche de vie des personnages, jamais l'univers n'est esquissé. Pas ma came.



Bleu sang de Tristan Piguet
Pitch de l'éditeur : Aaron Arroyo est agent d’encadrement de Casques Bruns. Il doit protéger la pierre, et seulement elle. On l’envoie protéger une église, cette fois à la tête d’une section de supersoldats artificiels. Une mission pilote aux forts enjeux politiques et économiques. 

Je n'ai pas besoin que Nemesio m'explique à quel point le fanatisme religieux peut pousser les hommes aux pires absurdités. Je n'étais qu'un gosse lorsque les Talibans ont réduit à néant les Bouddhas de Bâmiyân, mais cela m'a néanmoins marqué à vie. Il avait fallu, quelques années plus tard, l'intervention de la communauté internationale pour empêcher la destruction du patrimoine historique colonial de Hong Kong par les Chinois. C'est cela d'ailleurs qui avait entraîné la création d'une force neutre chargée de protéger le patrimoine historique. Tristement, jamais les Etats membres n'étaient parvenus à reproduire ce modèle interventionniste pour contrer les génocides...

Les casques bruns sont donc créés. Un encadrant est envoyé dans une petite île des phillipines pour protéger une église du patrimoine de l'UNESCO. Mission expérimentale car composé de soldats artificiels. La tension est palpable tout au long du récit qu'on devine se terminer tragiquement. Et derrière en filigrane du récit, l'auteur nous interroge sur un futur où la loi économique est la plus forte. Et surtout des conséquences de ce fait. Très bon texte.



La Neige de Jonathan Penglin
Pitch de l'éditeur : La Cité est un mille-feuille bien organisé : les quartiers riches en haut, les pauvres en bas. Sauf au niveau du gouffre qui traverse la ville. Ne serait-ce pas le lieu idéal pour fomenter une révolte ? 

On suit un flic et des activistes autour d'un gouffre dont trois grandes entreprises revendiquent la propriété. Entre leurs crocs, le peuple. Un peu trop rapide pour que je m'attache aux personnages. Au final, j'ai trouvé cela convenu.



Le Réveil de Kasparov de Morgan Corven
Pitch de l'éditeur : Kasparov se réveille et prend conscience de ce qu’il est : une intelligence artificielle surpuissante, logée dans un jouet-chien. Il part demander des comptes à son créateur, mais ce dernier est occupé avec des terroristes venus lui extorquer ses secrets…

L'éveil d'une IA dans la peau d'un jouet chien. L'auteur prend un angle absurde pour aborder la thématique de la singularité de l'intelligence artificielle. Et à chaque étrangeté, nous l'a joue légèrement hard SF. C'est pas mal fait mais il m'a manqué quelque-chose pour rendre la nouvelle inoubliable : Un univers un peu plus développé ou des personnages plus tangibles et réels. Mais bon, je chipote, j'ai pris plaisir à la lire.

AOC n.63

octobre 10, 2022

Paul Simon, Antoine Vanhel, Emmanuelle Nuncq, Présences d'esprits, hiver 2022, 76p., 3.50€ papier


Encore une bonne livraison

La Disparition de Paul Simon
Pitch de l'éditeur : Pendant les vacances, Marie, son frère Paul et leur copain Alex jouent innocemment dans les bois à reproduire un rituel druidique… et Paul disparaît, enlevé par un mystérieux inconnu, sans que ses deux camarades ne comprennent comment. Des années plus tard, Marie, devenue enquêtrice, revient sur les lieux, bien décidée à comprendre.

En Bretagne, là où les légendes s'épanouissent, trois gosses rejouent les rituels magiques apercues dans leur série préférée. Lors d'un de ses jeux, un homme leur apparaît et leur offre à chacun un vœu.
La disparition d'enfants n'est pas un thème très gai, l'auteur arrive à montrer le désarroi des adultes, la culpabilité de ceux qui auraient pu changer le cour des choses. Mais l'espoir, la magie est importante, alors et si ? Un texte lumineux et réaliste. Immersion réussie.


Bien plus qu’une planète d’Antoine Vanhel
Pitch de l'éditeur : De la branche maudite de sa famille, Isendion hérite d’Openor, minuscule planète perdue et sans valeur, inhabitable en raison de ses conditions météorologiques dantesques. Il y débarque donc pour y inventorier ce que lui ont laissés ses marginaux d’aïeux et se débarrasser rapidement de ce caillou cosmique. Il ne sait pas dans quoi il s’engage.

Obstiné, nous étions tous les deux obstinés. Lui le proprio, elle la planète.
Un bien transmis depuis des générations. Sauf que là, le bien est une planète, désertique, ayant rendu fou la plupart de ses propriétaires. Le dernier tente de la revendre jusqu'à ce que...
Voilà un texte qui conte les mésaventures, mais aussi aventures de cet olibrius croyant faire fortune et ainsi démentir l'opprobre jeté à ses aïeuls. Ou comment simplement faire tourner les pages à un lecteur : une histoire, une bonne histoire.


Le Corps d’Albine d’Emmanuelle Nuncq

Pitch de l'éditeur : En cette fin de 19ème siècle, Albine est adulée par le peintre Harry, dont elle est l’épouse et la muse. Sa disparition alors qu’elle est enceinte entraîne l’artiste dans une spirale obsessive, jusqu’aux confins de la folie. Mais qui sait si l’amour et l’art ne peuvent pas transcender la mort ?

19eme siècle, un peintre tombe sous le charme de sa muse. Encore un texte qui me dit que je ne suis décidément pas friand du mélange SFFF et Art. En outre, nous sommes plus dans la blanche que dans l'imaginaire, ne serait ce que par ses thématiques le deuil, la relation enfant mère. Pas mauvais, mais pas pour moi.




AOC n.62

septembre 14, 2022

 

Morgane Guilhem, Sasha D. Page, Agathe Tournois, Olivia Cabanaz, Présences d'esprits, automne 2021, 81p., 3.50€ papier



Un numéro spécial Visions du futur, un concours de nouvelles dont il suffit pour participer d'envoyer un texte répondant à un, et un seul, des critères qui étaient cette année là, en 2021 :

a. « Les racines inspirent, mais elles ne sauraient donner à quiconque le souffle nécessaire à sa propre course. » Fatou Diome
b. (In)justices
c. « Pour eux, on était des Martiens. » Roland C. Wagner
d. « Tu apprendras à tes dépens que le long de ton chemin tu rencontreras chaque jour des millions de masques et très peu de visages. » Luigi Pirandello


Accessit : AB+ de Morgane Guilhem
Pitch de l'éditeurCensure du chien. Mieux vaut ne rien savoir pour déguster pleinement

Une ligne dans une usine où des ouvriers s'activent. Mais cela semble ne pas coller à cause de leurs noms étranges : 2344-H-AB+ ou 2380-F-B+
L'auteure garde le mystère jusqu'au bout de sa nouvelle et la chute arrive, brutalement et magnifiquement. Difficile d'en dire plus s'en déflorer le texte et par la même la surprise. J'aime les nouvelles à chute, j'aime donc AB+
Critère : « Pour eux, on était des Martiens. » Roland C. Wagner

3e prix : Dissémination de Sasha D. Page
Pitch de l'éditeurKaheni est en symbiose avec la ronce, ce qui lui a permis de devenir une guerrière redoutable, et d’échapper au sort de très nombreuses femmes : une fleur délicate fait d’elles de dociles jouets pour les hommes. Le chef du cartel l’envoie en mission pour récupérer une graine qui fera d’une autre femme une esclave parfaite, Kaheni lui obéira-t-elle ?

Un monde où il est possible de vivre en symbiose avec une plante, faisant des femmes de belles plantes. Ce rôle du fait de la symbiose est accolé à leur peau, leur sang... Ronce se voit obliger de dérober une graine extrêmement rare.
Dommage que le monde soit si peu développé pour une immersion plus forte et moins caricatural. Nous sommes plus dans la Fantasy, aucune explication sur cette symbiose. La chute ne fait que renforcer l'effet que j'ai du texte, raté. Du moins pour moi, vu que ce texte a remporté la troisième place.
Critère : « Les racines inspirent, mais elles ne sauraient donner à quiconque le souffle nécessaire à sa propre course. » Fatou Diome

2e prix : Shiawase Lady d’Agathe Tournois
Pitch de l'éditeurShiawase est un opérateur de téléphone qui équipe ses clients de puces neurales. Pour les rassurer et montrer leur intérêt, il a créé les Shiawase Lords and Ladies, des hommes et des femmes que l’entreprise recrute pour devenir les anges gardiens de ses usagers. Chitose rêve de se voir proposer cet emploi, mais quand cela arrive, elle découvre l’envers du décor…

Fini le smartphone, place à la puce neurale. Alors que certains ont peur des dérives possibles sur la vie privée, l'entreprise Shiawase a une idée marketing de génie. Voilà une histoire basée sur une très bonne idée qui nous dessine un monde dystopique où la bonté humaine va en prendre un sacré coup.
J'ai adoré l'idée, légèrement moins le traitement trop adolescent et manquant de noirceur. Mais c'est vraiment pour dire quelque chose de négatif car j'ai trouvé l'idée excellente. Cela est un très bon épisode de La quatrième dimension, j'aurai juste voulu un traitement à la Black Mirror. Les deux références citées vous montre ma haute estime sur ce texte. Bravo Agathe.
Critère : « Tu apprendras à tes dépens que le long de ton chemin tu rencontreras chaque jour des millions de masques et très peu de visages. » Luigi Pirandello

1er prix : Camara Transfer d’Olivia Cabanaz
Pitch de l'éditeurDans cette lagune du bout du monde, Peppe attend. L’enfant ne sait pas très bien pourquoi il est là, mais il aime bien cette vie comme suspendue, éclairée par la présence de Soralyn. Soralyn, elle, est prise au piège ici, comme tant des misérables qui vivent dans ce coin perdu. Peppe, déchiré entre le désir de voir son amie heureuse et la crainte de son départ, devra choisir.

Camara, une bourgade sur pilotis ou végète les déshérités arrivés là on ne sait comment. Rien à faire, rien à attendre. Donc on se raconte des histoires entendues mille fois. Un jour, une personne nouvelle arrive, avec peut être de belles histoires à la clé ?
Toutes les histoires ne sont malheureusement pas belles, ce que va découvrir le protagoniste à son cœur défendant. Un univers entre post apo et réalisme magique où il sera question de choix qui auront des conséquences ici ailleurs et autrepart. C'est la gagnante du concours et ce est pas un hasard.
Critère : (In)justices

Présences d’esprits n.107 : Dossier Elisabeth Vonarburg

juin 30, 2022

Présences d’esprits, hiver 2022, 54 p., 5€ papier

 

Ou comment je suis devenu riche grâce à ce numéro.


Présentation de l'éditeur :


Sylvie Gagnère et Magali Couzigou ont décidé de nous parler d’une écrivaine qu’elles adorent : Elisabeth Vonarburg. Autrice reconnue de l’Imaginaire, féministe engagée, éducatrice d’auteurices. Pour parfaire ce dossier, Elisabeth Vonarburg nous a fait le plaisir de nous accorder une nouvelle à l’univers futuriste étonnant : Les Invisibles. Et comme Sylvie Gagnère et Magali Couzigou sont des perfectionnistes, elles n’ont pas hésité pour la couverture de ce numéro à quérir les services de Gregory Fromenteau, illustrateur de nombreuses couvertures de romans d’Elisabeth Vonarburg. La boucle est ainsi bouclée. Dans sa rubrique « Au fil de la zapette », Marthe Machorowski continue de nous faire découvrir des séries coréennes, en axant cette fois son analyse sur les voyages temporels. Et bien sûr, vous retrouverez toutes nos rubriques habituelles sur les actualités scientifiques, littéraires, BD, cinématographiques et ludiques.

 

Mon ressenti :

Marthe, dans sa série d'articles sur le cinéma asiatique, ne m'a toujours pas donné envie d'en apprendre plus : Trop d'amour tue l'amour.

Place au dossier Elisabeth Vonarburg qui s'ouvre sur une nouvelle Les invisibles, parue initialement dans la revue Solaris. L'histoire croisée d'individus vivant sous un dôme et dont les fils de l'histoire vont s'entrecroiser. Mais qui écrit les histoires ? Je suis passé complément à côté de ce texte. J'avais déjà tenté un roman de l'autrice sans accrocher, que j'avais abandonné en cours de lecture. Je n'ai rien à reprocher à son style ni au récit, mais je n'arrive pas à pénétrer son univers.

Comme dans le numéro précédent, la revue a décidé d'adopter un point de vue différent pour aborder son Elisabeth : en lieu et place du traditionnel sa vie son oeuvre, ils ont demandé à ses proches, amis autrices, éditeur et j'en passe de nous donner leur vison. Jusqu'à la couverture faite par celui qui a illustré de nombreux de ses livres, Gregory Fromenteau. Un multifocus pour une carrière multitâche. Nous avons même le droit à une interview de ses chats et un focus sur les biscuits qu'elle confectionne.
Un traitement original, incomplet certes, mais attachant et personnifié.

Comme d'habitude, on trouve les autres rubriques, les brèves scientifiques d'une autrice qui va bientôt sortir son troisième roman, et les critiques livresques BD et jeux. Rien qui ne me tente, mais j'ai pu y voir un avis sur Replis d'Emmanuel Quentin. Pourquoi je vous en parle ? Car je lui ai envoyé une photo de la critique et une chose en amenant une autre, nous avons fait un pacte de sang numérique : il m'envoie chacune de ses futures publications gratuitement. En contrepartie ? Je lui ai envoyé la photo je vous ai dit ! Mais étant grand prince, je lui ai envoyé ce numéro qu'il a dû déjà dévorer quand vous lirez ces lignes. Voici donc ma méthode pour devenir riche, riche des écrits d'Emmanuel Quentin 

Présences d’esprits n.106 : Hommage à Paul-Jean Hérault

juin 09, 2022

 

Présences d’esprits, automne 2021, 52 p., 5€ papier


Une revue faite par des amateurs, mais loin d'être une revue d'amateurs.
Même si cet opus ne m'a pas donné envie de découvrir de romans, un bon dossier avec une optique originale.


La revue Présences d'Esprits a aussi sa rubrique #Improbablologie chère à La méthode scientifique. Ici, Emilie Querbalec (mais si tu la connais, c'est Madame Quitter les monts d'automne et bientôt de Les Chants de Nüying) se prend pour Natacha Triou avec les WC hologrammes !


Marthe continue quant à elle son confinement avec des séries chinoises et coréennes. Rien qui ne me fera lâcher mon Présences d'esprits cependant, trop de romances, pas assez de SF.

La nouvelle, Une femme puissante d'Héloïse Eloi-Hammer, va être difficile à vous résumer, n'ayant pas réussi à la terminer. Cela traite de mythes, de Danaé et de Pythie, mais je n'ai pas réussi à m'immerger, trop loin de mes goûts.

Place au dossier Paul-Jean Hérault, auteur dont je n'ai jamais lu un texte, mais dont j'avais lu une anthologie, Naufragés de l’espace, chez Critic. Un auteur de space opéra, genre dont je ne suis pas très friand, décédé durant la crise du COVID et dont la revue a décidé de rendre un hommage à la hauteur de l'engouement qu'il a eu. Un dossier multifocus, retraçant sa vie et son oeuvre, mais aussi en le montrant à travers les yeux de ses lecteurs, amis, éditeurs ou auteurs. Points de vue multiples qui permettent de dessiner le portrait de cet auteur.
Jean Marc Archaimbault complète l'univers de Cal, cher à PJ Hérault. Même si je ne connais pas, cela se lit sans difficulté. Cal est ici devant une problématique : protéger un peuple pacifiste d'un autre belliqueux. La solution est étonnante. C'est léger et amusant.

Un entretien avec Benoit Sokal est présent, ainsi que les critiques livres, BD cinéma et jeux.



AOC n.61

juin 06, 2022

 

Stéphane Paccaud, Anne Goudour, Vivien Esnault, Présences d'esprits, été 2021, 83p., 3.50€ papier


La dernière couverture nous faisait plonger dans le précipice, celle ci nous fait nous élever. Alors, cet opus d'AOC va t'il me faire aller plus haut, aller plus haut, se rapprocher de l'avenir (comme quoi cette chanson est de la SF) ?


Abîme intérieur de Stéphane Paccaud
Pitch de l'éditeur : Plonger dans le cerveau du regretté David Lynch pour y repêcher un chef-d’œuvre inédit ? Cela peut paraître une bonne idée dans un monde que l’inspiration semble avoir déserté. Mais pour cela il va falloir descendre, très, très profond. Et attention : un génie peut en cacher un autre !

Un plongeur dans un sous marin explore un abysse.
Voilà un début complètement faux et vrai à la fois qui m'a emmené dans des profondeurs insoupçonnées. Un très bon texte dont il m'a sûrement manqué quelques références cinématographiques mais mené de main de maître. Quand on voit tous les manuscrits qui ressurgissent après la mort de leur auteur, l'idée de ce texte n'est pas du tout hasardeuse et fait même froid dans le dos.


De l’autre côté de l’écorce d’Anne Goudour
Pitch de l'éditeur : Pour sauver une forêt des flammes, un pompier va devoir travailler avec des alliés inattendus. Il découvre des arbres qui luttent pour leur survie entre un monde urbain toujours plus destructeur et la progression d’espèces invasives. Et si, contre toute attente, leur salut reposait sur les épaules d’un humain ?

Face à un méga feu, un pompier se retrouve isolé. Place ici à la Fantasy où notre pompier va rencontrer une espèce d'arbre bien étrange. Bien écrit, mais cela reste de la Fantasy et n'a pas allumer le feu en moi.
Mais cela me permet de citer mon émission favorite La Méthode scientifique : Méga-incendies : l’âge du feu ?


Tu n’es pas Charlie de Vivien Esnault

Pitch de l'éditeur : Jusqu’où peut aller le fanatisme quand il se couple avec des technologies de pointe ? Et les valeurs que l’on se plaît à défendre haut et fort sur les réseaux sociaux, sommes-nous prêts à les assumer jusqu’au bout ? Le courage, ça s’use vite lorsque l’on vit en permanence dans la peur.

20 ans après Je suis Charlie et le drame qui l'avait précédé, le journal remet le couvert, provoquant la foudre d'une secte intégriste qui va innover dans sa fatwa.
De la rigolade du début, à l'angoisse qui monte peu à peu, au retournement de l'opinion, ce texte permet de s'interroger sur nos prises de position sur les réseaux sociaux. Et si nous devrions les affronter dans la vraie vie ? Un bon texte qui arrive à te faire poser la question : qu'aurai je fait à sa place... 

Présences d’esprits n.105 : Pologne

octobre 14, 2021

 

Présences d’esprits, été 2021, 52 p., 5€ papier

 

Petite déception avec ce numéro de la première fois depuis mon abonnement surtout dû au fait de mon indifférence sur les thématiques abordées (de toute manière, j'ai re-signé pour un abonnement d'un an. Mais les deux interviews sont TOP et la nouvelle plaisante.
 
Comme d'habitude, l'illustrateur de la couverture, Josh Templeton, a le droit à son interview. Je regrette toujours qu'on n'en apprenne pas plus sur le travail derrière. Josh est un Inconnu pour moi, mais l'univers des illustrateurs ne m'est pas familier et je lis très peu de BD. Il a exercé surtout dans l'encrage de comics et aimerait lancer ses propres séries. La couverture représente sa vision de The Witcher.



Hypermondes

Natacha Vas-Deyre nous parle de ce nouveau festival Hypermondes. Un festival gratuit (si c'est gratuit, c'est toi le produit ?!). Elle nous raconte le comment et pourquoi. Très instructif, mais trop court.

Cinéma asiatique
Marthe s'est fait chier durant les divers confinements. Pour seule occupation, Netflix et le cinéma asiatique dont elle a regardé les deux adaptations de Yin Yang Master. Cela ne m'a pas convaincu de tenter un visionnage, malgré ce boulot de recension. Au vu du titre de l'article, "Au fil de la zapette : cinéma et séries asiatiques", je me demande si cette rubrique sera régulière ou pas sera régulier ou pas.



Projets Sillex.
Après Argyll, c'est au tour de Sillex (c'est à la mode le minéral ?) de vouloir mieux rémunérer les auteurs. Pas une maison d'édition à proprement parlé, du moins dans son appellation traditionnelle. , les livres ne sortent que s’ils ont réussi leur financement participatif. L'auteur est rémunéré 30 pour cent et reprend ses billes si le projet n'aboutit pas. Une manière de faire originale, on apprécie ou pas la démarche, mais les bouquins Sillex peuvent être commandés en librairie, mais je n'ai pas vu de possibilité d'achat via leur site une fois les projets financés. Ce projet est parti d'un constat et d'entretiens avec des auteurs qu'ils ont mis sur leur blog. Au vu des derniers projets en cours, cela à l'air de très bien fonctionner.

Si ce n’est toi de Matthieu Clerjaud
Dans une forêt, une fillette se retrouve nez à nez face à un loup. Une revisite iconoclaste des contes pour enfants. J'ai bien apprécié la ballade, l'humour léger et la remise au goût du jour de ces histoires. Juste un bémol sur la fin un peu trop bienveillante, mais cela reste un conte.


Que se passe t-il dans la littérature et les jeux de rôle polonais ?
De la Pologne, je connais le makock, Jean-Paul II et Lech Wałęsa. Pour la littérature SFFF, mieux valait que je n'ai pas cette question au Trivial Pursuit. L'article nous brosse un tour d'horizon de ce qui se passe dans ce pays en matière d'imaginaire.
Des pays étrangers, on ne connaît que les oeuvres qui ont bien voulu venir jusque chez nous, mais pas de ce qui se passe dans ses frontières. J'ai beaucoup aimé cette démarche. Beaucoup de fantaisy inspirée de la mythologie et des légendes slaves dans un univers assez manichéen : le bien et le mal. L'oeuvre la plus connue est The Witcher.
En SF, je suis un peu plus circonspect, car l'autrice nous parle, entre autres, de Stanislaw Lem par une de ses oeuvres,  Le congrès de futurologie, d'un oeil critique, mais ne parle pas de ses autres romans alors que... Anita Chaillou connait peut-être moins la SF. Deux interviews d'auteurs de jeux de rôles  concluent l'ensemble.


Trop Fantasy à mon goût, je reconnais tout de même le travail de recherche et de mise en lumière d'un imaginaire polonais assez peu connu.

Reste les rubriques habituelles, les news scientifiques, les livres, BD, jeux et films. Rien qui ne m'a donné envie d'en découvrir plus.

Pour infos, les Rencontres du club Présences d’Esprits se dérouleront le samedi 6 novembre 2021, de 14 h à 18 h à Paris.



Présences d’esprits n.104 : Sorcières

juin 23, 2021

 

Présences d’esprits, hiver 2021, 52 p., 5€ papier

 

Un numéro thématique sur les sorcières qui commencent par un auteur publié chez Bragelonne, Bradley P Beaulieu ! Voilà encore les hasards de l'actualité... Je n'ose imaginer la tête des collaborateurs lorsque leur numéro a été bouclé et que l'histoire Marsan est arrivée.




J'ai appris récemment que la personne qui s'occupait des news de la revue ne m'était pas inconnue, il s'agit d'Emilie Querbalec, la très bonne surprise du catalogue d'Albin Michel Imaginaire avec son roman Quitter les monts d'automne.

Vous ne me croyez pas :

Si toi aussi tu veux devenir Emilie Querbalec lorsque tu seras plus grande,
abonne toi à Présences d'esprits !


Entretien avec Bradley P Beaulieu.

Mais bon, donc l'entretien concerne un auteur que je n'ai jamais entendu parler de ma vie, qui écrit surtout de la fantasy. Le mec me semble assez convenu dans ses réponses (je vous aime la France ) et dans ses auteurs qui l'ont le plus marqué (les auteurs américains sont plus cool que les Français deux auteurs et deux autrices), mais un monsieur qui cite les Chronolithes de Wilson ne peut être mauvais.


Vient ensuite un hommage au prix Actusf de l'uchronie qui a bercé nos enfances d'amateurs de SF. La revue a retrouvé 6 des membres du jury qui sont devenus célèbres depuis pour avoir été les premiers à poser les pieds sur Mars suite à avoir récompensé l'autobiographie de Elon Musk en 2036. Toujours agréable de recueillir les souvenirs de personnes âgées sur leur jeunesse.

Le test
Suit une nouvelle autour du test de Turing dans une version adaptée pour valider les derniers androïdes pourvus d'IA.
C'est léger, badin, mais la chute m'a pris par surprise. Bravo.

Michel Borderie qui signe la couverture avec une non sorcière (une perso d'une de ses BD) !!! Même si l'entretien est plaisant avec ses questions autour des sorcières, je préfère quant à moi m'immiscer dans les coulisses du métier. Je suis resté un peu sur ma faim. La couverture est un peu trop sexy pour moi par rapport au dossier...

 


Place au dossier Sorcières dont je me serais bien passé vu mon peu d'atomes crochus avec la fantasy. Cependant, je dois bien avouer que c'est du lourd, déjà par son volume et la masse de travail que cela a dû représenter. J'ai beaucoup apprécié le fait que l'autrice, Marthe Machorowski, sorte du schéma classique : même si la chronologie historique est respectée, les oeuvres citées font parfois partie du patrimoine, mais aussi d'oeuvres beaucoup plus modernes. Bref, cela donne plus envie à mon sens d'approfondir l'aspect historique tout en lisant des livres récents. En outre, tous les supports sont utilisés BD comics roman séries films. De quoi se faire une année thématique. 

Un dossier Sorcières citant Ma sorcière bien aimée ne peut être mauvais !

 

Présences d'esprits est une revue faite par des amateurs, mais le travail est loin de l'amateurisme.


AOC n.60

juin 14, 2021

 

Anzala Peytoureau, Jean Christophe Gapdy, Agathe Tournois, Présences d'esprits, printemps 2021, 76p., 3.50€ papier

 

Une couverture ambiguë : est-ce que la personne se suicide après avoir lu les nouvelles de ce numéro ? Ou est-elle tombée due au vertige propre au sense of wonder ?
Pour le savoir, qu'une seule solution, lire en se tenant loin d'une falaise, un homme averti en vaut deux !

 

Nô, Anzala Peytoureau

Dans un théâtre où tous doivent porter des masques (pas ceux du covid !), une comédienne sort de scène pour aller dans les loges.
Une nouvelle étrange, un peu à la lisière des genres même si c'est de la SF. Dans ce labyrinthique théâtre des apparences, ces dernières vont être bousculées et les certitudes vaciller.
J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans cet univers (j'ai failli abandonner page 2), ce n'est pas le genre de texte que j'aime, encore moins le théâtre. Au final, je n'ai pas compris le pourquoi, ni le comment de ce texte.


Irréprochable propreté, Jean Christophe Gapdy

Lorsque l'on te dit d'écouter tes parents...
Une nouvelle maison, une adolescente qui n'écoute pas ses parents et une porte fermée.
Lorsque j'ai lu le résumé, je me suis dit, oh que c'est convenu. Puis j'ai lu la dernière phrase et j'ai été emballé.
Voilà donc un texte de SF gore old school qui se lit tout seul. J'ai  beaucoup aimé que l'auteur change ce qui se trouve habituellement derrière la porte pour une chose beaucoup plus SF et l'héroïne n'est pas une dame apeurée.
Jusqu'à la fin, une question me taraudait, pourquoi ce déménagement ? Une erreur de l'auteur ? Mais non tout s'emboîte parfaitement et logiquement.
J'ai pris plaisir à lire ce texte qui change de ce que nous propose l'auteur même si quelques clins d'oeil ici et là font que l'on reconnaît sa patte. Que le terme de gore ne t'effraie pas outre mesure, cela reste léger, mais un conseil cependant, brosse-toi bien les dents... et écoute tes parents !


Entre deux mondes, Agathe Tournois

Changement de paradigme, dans le monde proposé par l'autrice, les handicapés sont les bien portants, depuis que les malformations ont touché la majeure partie de la population après une guerre génétique.
Une bonne idée, une assez bonne réalisation (difficile de traiter de nombreux sujets), un suspense savamment dosé. Par contre, moi j'aime les textes noirs et nous sommes plus ici dans du hopepunk, un peu trop bienveillant à mon goût.
Mais bon, je partage les idées derrière le texte et cela reste le principal ; A bas les fachos racistes et bas du front et vive le melting pot




La revue se clôt par un rappel pour voter au prix des lecteurs avec une belle dose d'humour





Présences d’esprits n.103 : Archéo SF

mars 11, 2021

 

Présences d’esprits, hiver 2021, 52 p., 5€ papier


Une magnifique, une sublime, une magistrale couverture et un dossier Archéo SF, voilà qui me donne très envie de me plonger dans ce dernier numéro.



Honneur à l'illustrateur pour commencer, Ronald Bousseau, qui nous brosse son portait et parcours et comment lui est venu cette idée d'une exploratrice sur Mars. Il s'agit en fait d'une Orwell féminine : Nellie Bly qui a mis un taquet à Phileas Fogg en faisant le tour du monde en 72 jours, 6 heures, 11 minutes et 14 secondes ! Voilà qui colle parfaitement au dossier.



Le zapping science fait une brève autour des dauphins robots. Vu le prix, il y a beaucoup de zéros, pas sûr que les zoos et autres le préfèrent au vivant. Mais une fois l'espèce disparut...

Suis un un long entretien avec un scénariste de BD, mais pas que, Sylvain Runberg, inconnu de moi. On explore sa carrière, sa manière de travailler et ses différents projets. Le grand public devrait le découvrir dans la série Cryptid diffusée normalement sur Salto.



L'actualité éditoriale du moment, c'est Argyll avec une interview de Xavier Eollo et de son nouveau projet, une maison d'édition se plaçant sous l'étiquette de l'économie sociale et solidaire. Un entretien un peu trop court à mon goût, mais qui esquisse une relation auteur-éditeur plus équitable. Reste à lire les livres qui en sortiront, mais qui donnent déjà beaucoup envie.

Avant d'attaquer le dossier, petite escapade littéraire avec la nouvelle L'école des Quadrus, de Jean-Pascal Martin
Futur très proche, une institutrice nous raconte son quotidien.
Une nouvelle pleine de mordant où les gosses ont régressé et se comportent comme des animaux sauvages. Ajouté à cela la déliquescence de l'État est vous avez une allégorie du métier d'enseignant. L'ironie fait passer l'excès de la critique, mais l'on se demande si malheureusement il n'y a pas un fond de vérité. Nous verrons dans 20 ans...



Le cœur du sujet est consacré à l'archéo SF avec un dossier concocté par Philippe Ethuin, qui n'est autre que le fondateur du site ArchéoSF. On démarre avec un article qui brosse à grands traits ce qu'est ce concept. Même si l'amateur n'y trouvera pas de quoi se mettre beaucoup de choses sous la dent, il s'agit ici de faire découvrir les textes de jadis qui ont fait la SF d'aujourd'hui. Et ce genre d'article permet toujours de repérer quelques titres à glisser dans son pense-bête. Suivent deux entretiens qui approfondissent le sujet et qui sont très intéressants et instructifs. Le premier avec Jean Guillaume Lanuque est frustrant tant on aimerait prendre part à la discussion. Le second, avec Clément Hummel, s'attarde sur l'auteur J.-H. Rosny aîné. C'est un auteur que j'affectionne particulièrement et je vous encourage à découvrir ses oeuvres.
Seul bémol, comme c'est un sujet qui me plaît, cela se termine bien trop vite.
Le dossier n'oublie pas de faire un petit hommage à une grande figure de la SF avant la SF : Joseph Altairac, dossier qui n'aura pas à rougir d’être à côté de la somme Rétrofictions : Encyclopédie de la conjecture romanesque rationnelle francophone
Pour compléter, je conseille fortement à l'amateur d'archéo SF et de lecture numérique de se promener sur nos livres.net, qui répertorie les livres libres de droits et donc téléchargeables gratuitement.





Dans le cahier critique, rien ne m'a tenté ou j'avais déjà lu ce qui m'intéresse, mais il est toujours très éclectique niveau support : roman, BD, vidéo, jeux vidéo.
On finit par un focus autour de Cheetah, une des adversaires de Wonder Woman.


Un numéro de très bonne tenue, dans un très bel emballage, que demande le peuple...


AOC n.58 - n.59

mars 08, 2021


Le monde l'Imaginaire a aussi son Appellation d'Origine Contrôlée.
Est-ce un gage de qualité comme dans l'alimentaire ?
Le chien critique fait son Que choisir en mettant sur le banc d'essai le club Présences d'esprits



Première fois que je me plonge dans la revue AOC, Aventures oniriques et compagnie, éditée par le Club Présences d'Esprits publiant des nouvelles, articles ou BD autour de l'imaginaire, s'adaptant en fonction de l'envoie de textes.
J'avais un peu peur de me retrouver face à des textes passables au mieux, venant de jeunes auteurs, il faut bien faire ses armes... Et j'ai été très agréablement surpris par la qualité générale et le style de certains textes.
Chaque numéro est vendu 3.50 euros, mais il est possible de s'y abonner ou comme moi de prendre un abonnement couplé au magazine Présences d'esprits et à AOC


AOC n.58, automne 2020, 77p., 3.50€ papier

Un numéro spécial Visions du futur, un concours de nouvelles dont il suffit pour participer d'envoyer un texte répondant à un, et un seul, des critères qui étaient :
- Une citation de Jean Pierre Andrevon : "Le monde est à eux. Enfin"
- Une citation de Brandon Sanderson : "Tout casser [...], mais avec du style"
- Une thématique : "Ma vie est incertaine"
- Une citation de Raymond Devos : "La raison du plus fou est toujours la meilleure"



Accessit
Le Voyage de Jisong d’Olivia Cabanaz
Critère : "Tout casser [...], mais avec du style"

Une société commerciale propose des voyages désincarnés. Des voyageurs en profitent pour commettre les pires atrocités sans conséquence. En parallèle, la succession de la cheffe de cette société doit se régler entre ses clones.

Deux fils distincts : un homme attend la réponse à une offre qu'il a faite tandis que la PDG d'un énorme consortium doit choisir sa successeur
Nous sommes dans le cyberpunk, un monde déliquescence pas très ragoûtant dans son mode de vie très noire et cynique. L'auteur est arrivé régulièrement à me surprendre, mais reste un sentiment légèrement bancal, un développement un peu plus poussé pour être parfait. Mais c'est plutôt pas mal.


2ème ex-aequo :
Victoire disparaît de Manuel Le Gourrierec
Critère : "Ma vie est incertaine"

Une physicienne disparaît progressivement après une expérience ratée. Dans une ambiance douce-amère, délicatement mélancolique et poétique, qu’adviendra-t-il pendant ses derniers jours ?

Ici peu importe le pourquoi, reste-le comment. Comment passer ses deniers moments ? Comment accepter l'inéluctable ? Comment faire le deuil des possibilités passées, à venir ou perdues? Un travail d'auto-deuil par anticipation. Une ambiance mélancolique sur la thématique du :  que restera-t-il de nous une fois mort.
Un très beau texte.


2ème ex-aequo :
Zone 70 de Stéphane Miller
Critère : "Tout casser [...], mais avec du style"

Un méga-élevage de porcs s’est installé dans la région. Source de richesse ? Pas sûr ! Poussée par la rage et le désir de vengeance, une femme décide de tout faire péter.

Une méga ferme de porcs s'installe dans un coin paumé rural, promesse d'embauche et de corruption pour les puissants.
Bienvenue dans un futur gris où l'espérance de lendemains qui chantent déchante. Un texte noir sur les compromissions politiques et l'élevage industriel. Même s’il y a quelques grosses ficelles, le côté anar m'a bien plu.


1er prix :
Spin Pong de Christophe Olry
Critère : "Ma vie est incertaine"

Un artefact apparu sur Terre provoque des variations de réalité dévastatrices, au cours desquelles des gens disparaissent purement et simplement. L’humanité survit grâce à un groupe d’ingénieurs, travaillant sur une technologie pour anticiper les variations. Quand l’un d’eux apprend que sa femme et sa fille sont sur la liste des prochaines victimes, il décide de tenter le tout pour le tout.

Un titre comprenant Spin ne pouvait que me faire de l'œil et c'est aussi le gagnant du concours. Comme de par hasard.
Un artefact fait son apparition sur terre et provoque des réalités quantiques.
Voici une nouvelle hard SF de belle tenue. On comprend peu a peu ce qui se joue et comment cela fonctionne. Double d'un thriller , on décompte les pages et les minutes pour approcher de l'illumination.
Un ersatz de La Marche du Levant de Léafar Izen qui ravira les déçus. Le ton m'a fait penser aussi à la nouvelle Un sombre après-midi sans fin de Daniel H. Wilson disponible sur Coliopod.
Comment l'auteur a réussi à faire rentrer le tout en si peu de pages ? Une gageure.

Pour vous démontrer que j'ai beaucoup aimé : j'ai acheté le recueil Vingt ans de Visions du futur (qui comporte 14 nouvelles !!!). Pas de bol pour vous, j'ai acheté le dernier exemplaire.




AOC n.59, hiver 2021, 86 p., 3.50€ papier


Il s'agit ici d'un numéro ordinaire comportant 5 nouvelles. Chaque texte est illustré et accompagné d'une petite présentation de l'auteur.


Ressaç d'André David

Envie de revoir un titre disparu ? Se remémorer une fête exceptionnelle ? Il vous suffit de pousser la porte de chez Recall pour revivre n'importe quel souvenir. Cette expérience vous permettra-t-elle d'aller de l'avant ou au contraire vous enfermera-t-elle dans votre passé ?

Futur, il est désormais possible de revivre des scènes de son passé grâce à la technologie. Nous suivons une des entreprises qui propose ce service.
Total Recall vient de suite en mémoire, comme nous le rappelle dès le début ce texte qui a du m'emmener avec lui dans ses souvenirs. Lorsqu’un évènement traumatisant ou heureux nous arrive, et que ce moment est passé, faut-il le revivre ? Le texte s'attarde plus sur les traumas que sur la technologie et même si il n'est pas très original dans sa thématique, pour vivre sa vie, il faut accepter le passé, la plume simple de l'auteur et le mystère de ce qui va arriver maintiennent l'intérêt.


De l'autre côté du mur de Marthe Macorowski

Deux vies prisonnières. L'une d'une maladie, l'autre d'un travail abrutissant sur une chaîne de montage. Deux façons de rêver à un ailleurs : celui d'une plage où la lumière est douce et blanche. Où l'on est enfin libre...

Deux fils distincts. Dans l'un, un fan de vitesse devenu tétraplégique suite à un accident, dans l'autre, une femme usée par le quotidien dans une usine.
Point commun , sortir de cet enfermement. Mais que trouver derrière le mur ?
Une belle plume peut être un peu trop psychologique pour mes goûts, à la lisière entre imaginaire et blanche. L'autrice sait rendre le quotidien palpable et la fuite devenir une échappatoire. Pas très gai.


L'Au-dehors de Nadège Margaud

Pour survivre à l'apocalypse, Philomène a vécu avec son père dans un bunker. À la mort de ce dernier, et les conserves s'épuisant, elle ose enfin meure le nez dehors.

Un père et une fille dans un blockhaus. Le père a passé sa vie à préparer sa fille à découvrir le monde du dehors après sa mort.
Un texte assez classique, sur le monde après une catastrophe, l'autrice parvient à sortir du lot de par sa plume. Le twist final, même si attendu, lui donne au texte une teinte crépusculaire.


Le Gotspeau de Bernard Henninger

Dans l'univers du Gotspeau, aux défis habituels de l'adolescence viennent s'ajouter la nécessité de gérer un corps qui se transforme en une forme adulte mi-homme mi-bête, et celle d'affronter un rituel mystérieux : partir dans les bois à la recherche de son « Gotspeau ».

Un village paumé habité par des humains et des créatures étranges sous la coupe de prêtres .
Un univers original où les enfants vont connaître la mue.
L'auteur ne nous donne pas toutes les clés de son monde qui restera mystérieux, mais dont certaines coutumes nous seront dévoilées. Des traditions étranges et violentes, ou être différent n'est pas de bon augure. Un texte autour de l'adolescence et du passage à l'âge adulte, plein de cruauté.


Out utero de Stéphane Miller

Dans un monde où la pollution est reine et le climat plus que déréglé, il reste une dernière source d'évasion : se connecter au cerveau du dernier dauphin.

On finit par la nouvelle la plus courte, et malheureusement la moins bonne avec ce texte à message. Dans un monde en perdition par le réchauffement climatique et la pollution, une personne se connecte pour vivre dans la peau d'un dauphin. Aucune surprise, un style assez plat, un naufrage comme notre futur...




Présences d’esprits n.102 : Robert Bloch

décembre 10, 2020

Présences d’esprits, automne 2020, 48 p., 5€ papier


Première fois avec Présences d’esprits, un fanzine sur l'imaginaire. Il faut cependant prendre le terme de fanzine avec de gros guillemets car l'objet est plutôt bien fichu : format A4, couverture semi rigide couleur.



Mais il n'y a pas que l'apparence dans la vie, voyons si le contenu vaut le coup d'oeil lui aussi. Un dossier Robert Bloch que je ne connais que de nom, une nouvelle de Hélène Duc, inconnue au bataillon et deux entretiens avec Michel Borderie et Lloyd Chéry. Et, plus surprenant dans une revue consacrée à l'imaginaire, un article sur Les comédies musicales !!!



Un entretien avec l'illustrateur de couverture, Cédric Taillefer, quelques anecdotes scientifiques avec les liens vers les sites de l'auteur. 



Michel Borderie nous parle de son travail, de sa manière de composer ses illustrations, assez étrange, mais se dégage une certaine beauté.
Lloyd Chéry fait sa retape pour son mook Dune. Mais les questions sortent un peu des sentiers battus et j'en ai appris plus sur l'origine du projet, le travail derrière et les futurs projets du pigiste qui va sûrement ne pas le rester longtemps au vue de son travail.

On passe ensuite à l'article sur les comédies musicales, genre que je fuis au plus haut point. Et pourtant, l'auteur est parvenu à me démontrer que son texte avait toute sa place dans une revue sur la SFFF. Que ce soit à travers Mary Poppins, Docteur Doolittle, ou The Rocky horror Show, l'imaginaire y est bien présent. Pas assez cependant pour me donner l'envie de pousser la chansonnette en dansant. Mais l'article aurait été un peu plus long et plus analytique, cela ne m'aurait pas forcément déplu.



Une odeur alléchante, d’Hélène Duc


Hélène Duc délaisse ses poèmes et haïkus pour nous offrir une nouvelle horrifique ancrée dans le réel. D'inspiration japonaise, elle nous présente le Yokai akaname .
Bien aimé cette terreur du quotidien qui nous fait découvrir la figure du akaname et de ses prérogatives, avec un chouette final. Seul hic, l'illustration (ce n'est pas celle que j'ai mise) qui a oublié que l'action se déroule au Japon...



Le dossier s'attarde sur Robert Bloch, dont je ne connaissais que ses yogsothoteries, alors que le monsieur a eu une carrière impressionnante. Le livre dernière le classique Psychose, c'est lui ! Comme Présences d’esprits est un fanzine, j'avais un peu peur du côté amateur de ce dossier, mais il s'est révélé très instructif : biographie, bibliographie fantastique, SF, cinéma. Un tour d'horizon de la carrière de cet écrivain sur 4-5 pages. Bien aimé le ton de l'ensemble, l'auteur de l'article n'ayant pas peur de dire qu'il ne sera pas exhaustif car il n'a pas tout lu, cela donne un ton rafraîchissant et honnête. En outre, cela m'a l'air tout de même assez complet. Pas sûr cependant que les amateurs de l'auteur y apprendront des choses, mais pour les autres, c'est parfait, j'y ai même noté 2-3 références.

Un cahier critique suit, assez conséquent, il représente la moitié de la revue. Bd, livres, audiovisuel, jeux, comics. La part BD est à l'honneur. J'ai trouvé qu'il manquait cependant une info importante à mes yeux, la date de parution du livre (est ce un oubli, car sur les autres formats, l'info y est) . Pas forcément les bouquins les plus récents (reçoivent ils des SP ou ce sont des recensions personnelles) mais j'y ai découvert un "Le septième continent" qui donne envie.

Au final, je ne suis pas mécontent d'avoir pris un abonnement, on verra par la suite si la qualité est toujours au rendez-vous.
Seule déception, en parcourant la liste des dossiers déjà parus, je n'ai pas vu de dossier Robert Charles Wilson. Alors Présences d’esprits, on se sort les doigts du cul et on s'y met...

Petite astuce pour recevoir gratuitement le magazine si tu es fauché : Chaque chroniqueur se voit affubler d'un matricule de 4 chiffres. Après demande à la rédac cheffe, il s'agit simplement du numéro d'abonné. Donc il te suffit d'en récupérer un et d'envoyer un mail au club en disant que tu as changé ton adresse mail et ton adresse postale pour lire gratos !

Fourni par Blogger.