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Severance

mai 25, 2023

 

Série de Dan Erickson, réalisée par Ben Stiller et Aoife McArdle, 2022, AppleTv, 9 épisodes

 
Le droit à la déconnexion de l'extrême


Pitch :

Mark Scout travaille pour Lumon Industries, où il dirige une équipe dont les employés subissent une opération chirurgicale de séparation entre leurs souvenirs liés à leur vie professionnelle et ceux liés à leur vie privée. Cette expérience risquée de l’équilibre entre travail et vie personnelle est remise en cause lorsque Mark se retrouve au cœur d’un mystère qui le forcera à affronter la vraie nature de son travail… et la sienne.


Mon avis :

Métro boulot dodo. Si tu en as un peu marre de ton quotidien de labeur, tu rêves sûrement de pouvoir te déconnecter le temps du travail, profiter de ton salaire, de ta vie sans les emmerdes du taf. Tu fais tes 8h et basta, plus aucun souvenir, plus pollué par tes collègues, les taches avilissantes. Et ce monde idéal existe dans cette série.

Des locaux spacieux



J'ai regardé cette série à cause de Nicolas Martin dans le podcast Vers la SF et au-delà. Comme il disait énormément de bien de mon Robert et de son Spin, je me suis dit qu'une personne ayant un tel bon goût dans la lecture ne pouvait être que de très bon conseil en série. Résultat, je lui en veux beaucoup, car une fois la dernière scène fini, j'ai poussé un grand NOOOONNNN devant mon poste.

Le pitch est assez simple, mais les scénaristes ont su tirer tout la moelle du concept. J'ai été d'abord distant, puis intrigué, ensuite captivé et un moment je me suis retrouvé au bord de l'abime, avec le vertige. Je me suis enfilé les épisodes en moins d'une semaine. C'est noir, c'est drôle, c'est absurde, c'est effrayant et angoissant. La série ne cesse de prendre de l'épaisseur, de l'ambition au fil des épisodes.

Une équipe joyeuse aux sourires crispées


Des acteurs excellents (Adam Scott, Patricia Arquette, John Turturro ou Christopher Walken), une belle photographie, des décors aseptisés, comme les souris de laboratoire dans un labyrinthe. En plus, je venais de commencer à lire La naissance du savoir de ce même Nicolas dont je parlais plus haut, et je venais de lire l'interview d'Evelyne Heyer sur la génétique, et surtout l'épigénétique qui a résonné en moi. Lorsque l'on t'enlève ta culture, ta personnalité, ton histoire, est ce encore toi ?

De belles trouvailles, comme les récompenses offertes aux salariés, avec beaucoup de parcimonie, comme des attrapes doigts, une gaufre party ou cerise sur le gâteau, un bar à oeuf ! Ces intermèdes absurdes amplifient le malaise que l'on ressent face à ces conditions de travail "bienveillantes". La série se permet plein de petites bifurcations pour explorer d'autres thématiques que le travail, étoffant encore son ampleur. Et un très beau générique en prime : 


Je regarde régulièrement des séries et cela faisait longtemps que je n'avais pas été aussi enthousiaste (Chernobyl). Vivement la saison 2.

La guerre des mondes - Chapitre II : l'affrontement

mai 16, 2022

 

Série de Howard Overman, Canal+/Fox, 8x45mn

 

Ta gueule, c'est quantique.

Présentation :

Après l’attaque extraterrestre qui a pratiquement éradiqué la vie sur Terre, les survivants s’organisent et ripostent pour reprendre le contrôle de la planète. En Angleterre, quatre mois après la première attaque, Bill progresse dans ses recherches : il découvre que les extraterrestres présentent d’étranges similitudes avec les humains et met au point un virus susceptible de les vaincre définitivement. Il s’interroge sur la proximité d’Emily avec les aliens. En France, alors que la menace extraterrestre s’intensifie, Catherine recueille Micah, un alien pacifique d’apparence humaine qui lui révèle que le cours des choses peut changer si elle trouve le professeur Bill Ward. Il lui confie son carnet de travail avant de mourir. Du côté des aliens, certains mettent en cause la radicalité de l’attaque menée par Adina. Il n’empêche, un affrontement sans merci se profile pour les deux camps, mettant à mal les certitudes de chacun.



Mon ressenti :

Cette saison 2 nous embarque en post apocalyptique où on suit deux groupes. Disons le de suite , j'ai regardé jusqu'à la fin car c'est La guerre des mondes, mais avec un silence poli, un ennui profond et des haussements de sourcils nombreux.
Cela commençait plutôt bien avec un résumé de la saison 1 qui s'est révélé fort décevant : l'impression d'une bande-annonce plutôt qu'un réel résumé. Et moi après deux ans, j'ai vécu, j'ai lu, regardé d'autres séries. Après 2 épisodes pour se remettre les idées en place, l'envie d'en connaître plus sur nos personnages se fait ressentir jusqu’au moment où une explication arrive : c'est quantique. Quantique dans sa version populaire : c'est comme Ferme ta gueule.

Nos groupes de personnages se rejoignent et se séparent, des atomes quantiques sûrement. Les personnages réagissent de manière absurde, mais ne vous inquiétez pas, dans une réalité parallèle, quantique, ils auraient réagi comme de vrais humains. Un moment nous avons même le droit à la force gravitationnelle quantique qui permet de manipuler l'espace-temps quantique. 

- Merde, la France et l'Angleterre sont séparés par la mer !
- T'inquiètes, les téléspectateurs n'ont pas de cerveau.


Pas de bol pour le téléspectateur, entre toutes les réalités parallèles possibles et imaginables, nous avons eu le droit au scénario de merde, c'est la Loi de Murphy quantique. Mais le quantique, c'est fantastique, cela permet de traverser la Manche à pied, c'est toujours cela de pris.
Au fil des épisodes, l'intrigue n'avance guère, heureusement des histoires d'amour et de trahison seront présentes. Les haussements de sourcil deviennent la norme et je m'étonne lorsque l'intrigue devient réaliste.
Et une chose que je ne saurais leur pardonner c'est d'avoir dévoyé l'un des tenants de Spin sans avoir cité mon Robert !!!

Que reste t-il du roman de Wells ? Et les scénaristes de la série de répondre : quel roman ?


Mon avis sur la saison 1

Squid Game

novembre 22, 2021


Série créée par Hwang Dong-hyeok, 2021, 9 épisodes entre 30 et 60mn


Et toi derrière ton écran, comment réagirais tu à leur place ?

Synopsis : 

Tentés par un prix alléchant en cas de victoire, des centaines de joueurs désargentés acceptent de s'affronter lors de jeux pour enfants aux enjeux mortels.

Mon ressenti :

Voilà la série dont tout le monde parlait il y a quelques semaines, LA série qu'il fallait absolument regarder pour être dans le coup. Raté pour moi, j'ai donc pris le second train. Et j'ai bien failli ne jamais le prendre. Je regardais la hype de loin et je ne voyais pas l'intérêt de regarder des gens se faire tuer. Car oui, c'est bien le pitch : des personnes sont enrôlées pour participer à un tournoi dont le gagnant remportera un jackpot phénoménal. Quand aux autres...



Une tuerie de masse avec un joli côté voyeuriste, pas de quoi me faire poser ma liseuse. Mais une personne bien informée me disait que c'était moins con qu'il n'y paraissait. Et bien m'en a pris. Car ce n'est pas cela qui compte, la psychologie sociale a ici toute sa place : Comment des gens se font enrôler de plein gré dans ce jeu de dupes ? Comment vont-ils s'organiser pour tenter de mettre toutes les chances de son côté ? Comment vont-ils se trahir les uns les autres ? Le volontariat est-il vraiment volontaire ? Cela m'a fait un peu penser à l'expérience de Milgram où des personnes lambda deviennent des bourreaux sans avoir l'air d'y toucher.



Une série avec un côté social, car si les participants sont présents, c'est bien à cause de la société. Pauvreté, délinquance, marginalité ... Des personnages bien campés malgré la caricature, on s'attache à certains, on en déteste d'autres. On sent le drame tisser peu à peu sa toile et on se doute que cela finira mal, ou du moins qu'il n'y aura pas de gagnant. Des individus qui s'étoffent de par leur action, mais aussi par des retours en arrière sur leur vie, qui nous montre comment ils en sont arrivés là.


C'est sombre sur le genre humain, même si des notes d'espoir demeurent. Et l'humour est de la partie pour alléger cette noirceur. Un humour parfois tranché, parfois burlesque, mais qui fonctionne. Les jeux, tirés du répertoire enfantin, sont bien choisis et participent au côté décalé de la série, comme les décors et musiques. On regarde, les yeux vissés sur son écran, on a ses favoris et on pleure lorsque ces derniers perdent ou l'on crie de bonheur lorsqu'un méchant se la prend à l'envers. C'est délicieusement monstrueux et gore, rempli de cruauté. Les twists permettent de pimenter le tout.


Quelques hiatus comme ce flic à la recherche de son frère dont on réalise rapidement les tenants et aboutissants, les riches forcément pervers. Mais ces quelques faiblesses n'arrivent pas à oblitérer le fait que j'ai passé un très bon moment à regarder cette série. Mon voyeurisme en a eu plein les mirettes tout en me brossant dans le sens du poil en me donnant des justifications intellectuelles.

Une deuxième saison est d'or et déjà prévue.

Pour aller plus loin, le podcast de C'est plus que de la SF


OVNI(s)

février 04, 2021

Série créée par Clémence Dargent et Martin Douaire, réalisée par Antony Cordier, 2021, 12x25mn



Complotement décalé.

Synopsis :

1978. Didier Mathure, brillant ingénieur spatial, voit son rêve partir en fumée lorsque sa fusée explose au décollage. Alors qu'il pensait avoir touché le fond, il est muté à la tête d'un bureau d'enquête spécialisé sur les ovnis géré par une équipe qui donne effectivement l'impression de vivre sur une autre planète. Sa mission : trouver des explications scientifiques aux apparitions de soucoupes volantes qui défraient la chronique. Un véritable enfer pour ce cartésien invétéré qui n'a plus qu'une idée en tête : se tirer de là au plus vite. Mais un événement extraordinaire va bouleverser ses certitudes, et lui ouvrir les portes d'un monde où plus rien n'est impossible.


Mon ressenti :

Un représentant de synthétiseur, seul sur une route de campagne, disparait et réapparait différent.
Un ingénieur dans l'aérospatiale français qui fait exploser en plein vol les idéaux spatiaux de la France et se retrouve catapulté à la tête du GEPAN, le bureau d'étude du paranormal en compagnie d'une fine équipe d'ovnis...

Décalé, loufoque poétique, cette série reste cependant réaliste dans son approche de la science et des phénomènes étranges. Soucoupes volantes, crop circle, enlèvement, ..., tout cela peut s'expliquer rationnellement, ou pas. De quoi passer de sceptique à convaincu, de rationnel à complotiste. Seul moyen pour éviter cela, expliquer et faire confiance à l'intelligence.


J'ai beaucoup aimé les acteurs, tous très bons dans leur rôle. Même si tout se passe dans les années 70, les problèmes actuels sont là, sans tapages. Les décors seventies, une bande son entraînante, les clins d'oeil nombreux aux années 70 (Jean Claude Bourret et les ovnis !) font le reste.
La fine équipe, très stéréotypée au départ, va révéler peu à peu sa complexité. Le tout en se marrant.


J'ai rigolé de bout en bout, réfléchi à notre besoin d'émerveillement et de compréhension. Une série barrée tout en étant sérieuse aussi dans son propos, d'autant que beaucoup de scènes sont inspirées de faits réels, d'ailleurs, le GEPAN a existé et continue sa mission sous le nom du GEIPAN, un service du très sérieux CNES.

Génial !


For all mankind - Saison 1

septembre 17, 2020

Série de Ronald D. Moore, Matt Wolpert et Ben Nedivi, 2019, 10 épisodes d'1h



Pour l'humanité entière ? Vraiment ?

Synopsis :


Imaginez un monde dans lequel la course à l'espace n'aurait jamais pris fin. Le programme spatial de la NASA est resté au coeur de la culture américaine et au plus proche des espoirs et des rêves de tout un chacun. Les astronautes de la NASA, véritables héros et rock-stars de leur époque, doivent gérer la pression qui pèsent sur leurs épaules, tout en gérant la vie de leurs familles.


Mon ressenti :


Cela commence fort dès les premières images où on voit un astronaute poser le pied sur la lune. Mais lorsqu'il relève sa visière et se met à parler, stupéfaction ! Une intrique posée de manière éblouissante.
Le reste va dérouler les conséquences de ce point de divergence.

Voilà une uchronie légère autour de la conquête spatiale. Mais pas besoin de connaître l'histoire pour bien être immergé dans cette aventure où personnages réels et fictifs s'entremêlent.
Une série qui nous emmène dans l'espace et sur la lune pour mieux nous amener sur le plancher des vaches avec ses problèmes bien terre à terre.



Conquête spatiale, progrès scientifique, et au final, progrès social. Mais que cache véritablement ce dernier progrès ? Est ce une volonté d'évolution des moeurs, d'ouverture d'esprit ? Ou tout cela n'est que calcul politique ?
Sans forceps, la série nous parle de l'égalité homme/femme, des minorités ethniques ou encore d'homosexualité. Nous sommes dans les années 60/70, la société évolue parfois à son corps défendant, comme le montre l'interview des astronautes qui se concentre sur les capacités féminines alors qu'il n'aurait jamais osé remettre en cause celles des hommes.
L'excellent titre, qui fait référence à la phrase célèbre de Neil Amstrong "That's one small step for [a] man, one giant leap for mankind", résume fort bien le questionnement qui irrigue toute cette première saison.

Tout régime politique comporte sa part d'ombre
Et tout système bureaucratique est corrompu.

Ce sont les années bon temps où l'on pouvait fumer partout, même à l'hôpital, l'alcool fort coule à flot. La bande son reflète l'époque en rythme. Les moeurs sont bien montrés, à travers par exemple la place de la femme et de l'homme dans l'éducation parentale ou cette guerre froide qui fait naitre des suspicions envers les personnes au comportement hors normes sociales. Enfin, tous ne sont pas ennemis de la même façon, comme certains scientifiques nazis...



Une série où l'on s’envoie en l'air de manière spectaculaire, un peu trop d'ailleurs dans les derniers épisodes ou les catastrophes s'enchainent et le réalisme part en torche. On flotte entre Histoire et destin individuel.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas regardé aussi rapidement toute une saison, et désormais, j'attends la suite avec impatience.

Un incontournable pour Mme RSF Blog
Une excellente série, si ce n'est plus pour Mr 233°C

War of the Worlds - La Guerre des mondes - Canal +

janvier 30, 2020

Série de Howard Overman, Canal+/Fox, 8x45mn




Des aliens déciment en un claquement doigt 99% de la population mondiale.
Que font les survivants ?
L'amour !
Franchement, il n'y a rien à espérer de l'espèce humaine. Ou des scénaristes ?
Éliminez moi cette engeance humaine qui pense d'abord avec son sexe, elle n'en vaut décidément pas le coup.


Présentation :


Des astronomes détectent une transmission émanant d’une autre galaxie, preuve de l’existence d’une vie extra-terrestre intelligente. Quelques jours plus tard, l’humanité est détruite ; seule survit une poignée d’êtres humains qui comprendra bientôt les mystères cachés derrière cette invasion...



Mon ressenti :


Nous voici devant une adaptation libre du roman de Wells : l'action se passe dans notre présent, pas de martiens, mais des aliens qui viennent d'une autre galaxie. A défaut de la lettre, cette série respecte t-elle son esprit ?

Le premier épisode arrive en 45mn à nous présenter une galerie de personnages, l'arrivée des aliens et une extermination douce, contemplative, mais glaçante de réalisme. L'épisode suivant apporte le deuxième effet Kiss Cool : ce n'est pas encore finit, des chiens-robots rodent pour éliminer ceux qui seraient passées entre les mailles du filet. (Chiens qui ressemblent beaucoup à ceux de Metalhead de Black Mirror.)
Après, ça se gâte...
Nous sommes ici loin du blockbuster d'action bourré de testostérone et d'explosions tonitruantes. Quasiment toute l'action se passe hors cadre du fait du regard porté sur les protagonistes, ce qui augmente la tension lorsque la violence fait irruption, souvent sans prévenir. Sinon, le reste du temps, c'est calme plat, on entend le silence dans les rues désertées gorgées de cadavres, Cependant, cette lenteur est aussi le principal défaut de la série : l'intrigue n'avance guère, pire elle régresse !

Petite ballade matinale revigorante

Pourquoi les aliens s'en prennent à la Terre, qui sont-ils, que veulent-ils ? Au fur et à mesure des épisodes, pas de réponses, mais d'autres questions apparaissent, nous laissant interrogatif sur la suite des événements, saison 2 oblige.
En outre, certaines histoires ne sont présentes que pour rajouter du pathos  ou de l'émotion via des bluettes sentimentales. La fin du monde est là, mais le sexe avant toute chose, il faut bien repeupler le monde !
Les personnages deviennent assez nuancées au fur et à mesure des épisodes. Marquées par le traumatisme de l'invasion exterminatrice, de la perte de leur proches et de leur possible fin prochaine, leur comportement s'en ressent, l'alcool devient compagnon pour certains.

Technique militaire : habiller les civils de couleur voyante pour éviter de se prendre des balles !

Des situations, assez nombreuses, sont aussi très peu réalistes : Les militaires sont cons comme des balais (pléonasme), ils partent en expédition à la cool, sans casque alors que les chiens robots adorent viser la tête, et se baladent en tenue de camouflage avec une scientifique vêtu de son manteau rouge sang ! Une base militaire se fait décimer alors qu'une mère de famille qui n'a jamais touché à un fusil d'assaut règle son compte à un alien. Les voitures ne fonctionnent plus, mais aucun ne pense à prendre un vélo pour se rendre d'un point A à un point B. La marche à pied, rien de tel pour maintenir son corps en alerte !

Mais d'autres éléments donnent envie de regarder toujours plus : les interrogations sur la guerre, l'extermination, la colonisation, la science sont assez bien amené et reflètent assez bien l'esprit du roman d'origine. Même si aucune réponses n'est apportées, cela augmente le réalisme de la série avec ses protagonistes perdus dans ce cauchemar sans explications. Et que dire de cette tension sous-jacente du quotidien avec ces aliens quasi absents de l'image mais présents à chaque seconde.

Une série avec du potentiel, très réaliste dont je regarderai la saison 2 en croisant les doigts pour que ce soit aussi la saison finale.





Je vous conseille d'écouter la superbe émission que lui a consacré La méthode scientifique

La Guerre des mondes : Mars, et ça repart

La méthode scientifique du 17 janvier 2020
https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-emission-du-vendredi-17-janvier-2020
La page contient en outre un lien vers une magnifique critique du roman original ! (merci)
Téléchargement direct (Enregistrer sous)
Retour sur le roman d’H. G. Wells paru en 1898, ainsi que les différentes adaptations qui ont suivi. Comment Orson Welles a-t-il révolutionné la fiction radiophonique ?
Le Père-Noël des amateurs de science-fiction est passé avec les bras chargés de cadeaux en fin d’année dernière et parmi ces cadeaux, non pas une, mais deux adaptations du chef d’œuvre de H.G. Wells, La guerre des mondes. Une britannique, produite par la BBC, qui situe l’action à l’époque du tournant d’origine ; une autre, plus libre, produite par la Fox et Canal Plus, qui la situe dans l’Europe contemporaine. Et c’est peut-être à ça que l’on reconnaît un chef d’œuvre. Chaque époque y projette ses propres problématiques. Naguère, la montée du fascisme, la guerre froide, puis le terrorisme et aujourd’hui l’apocalypse climatique et la crise des réfugiés.
La guerre des mondes : Mars, et ça repart ! C’est le programme destructeur qui est le nôtre pour l’heure qui vient. Bienvenue dans La Méthode scientifique.
Et pour remonter à la racine et évoquer le chef d’œuvre d’H.G. Wells, sa postérité et ses multiples adaptations, nous avons le plaisir de recevoir Pierre Lagrange, sociologue des sciences, chercheur associé au laboratoire interdisciplinaire d’étude sur les réflexivités et Jean-François Merle, éditeur chez Omnibus, qui a publié à peu près tous les grands classiques de Wells et plus récemment, une édition illustrée de La Guerre des mondes, dessins d’Alvim Correa.


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The War of the Worlds - La Guerre des Mondes - BBC

janvier 23, 2020

Série réalisée par Craig Viveiros, BBC, 2019, 3 x 1h


De la scientific romance, au sens littéral !

Une série tirée du fameux roman de Wells réalisée par la BBC laisse présager le meilleur.
Une diffusion sur TF1 laisse présager le pire.


Présentation :


Woking, 1905, en Angleterre. Intelligente et en avance sur son temps, Amy étudie les sciences naturelles à l’université. La jeune femme entretient une relation qui fait scandale avec le passionné George, un homme marié. Lorsque la population doit faire face à une invasion martienne, les deux amants n’hésitent pas à se mettre en danger pour venir en aide à leurs proches.

 

Mon ressenti :

On connait tous les grandes lignes du récit de Wells : des tripodes débarquent sur Terre et ravagent tout sur leur passage. Cette série respecte assez la trame originelle, tout en modernisant certains aspects.



Début du  XXème  siècle, dans une Angleterre puritaine, un couple de la bonne société commet le pire : l'adultère assumée. Scénario écrit au 21ème siècle, Madame est un esprit libre qui étudie les sciences et se joue de la norme. Mais les martiens eux n'ont que faire de la morale...
On inverse les personnages du roman original, c'est une femme sur le devant de la scène, une femme forte émancipée, qui rompt avec les conventions. Cependant, c'est bien beau de jouer la corde féministe, mais les gros plans sur son visage, sa beauté, sa force de caractère finissent par avoir l'effet strictement inverse : on en reste à l'image d'Épinal de faire valoir de la femme ! Son homme prend donc le rôle dévolue habituellement au féminin, il est faible, ne pense qu'à lui. Mais par amour, le sens du sacrifice sera t-il vainqueur ? Le récit se concentre un peu trop sur leur merveilleuse histoire d'amour, envers et contre tous. Et chose qui m'a irrité fortement, la femme devient une icône quasi christique, sonnant le renouveau.

Oh, une éclaircie ! L'espoir ? Dieu ?


Autre nouveauté, on complète l'oeuvre de Wells en y insérant une suite sous forme de flash forward, qui nous emmène dans un monde post apocalyptique rouge sang qui n'est pas des plus réussi.  En outre, ces sauts dans l'avenir démontent toute possibilité de tension, le spectateur connaissant déjà la fin.

Fidèle à l'oeuvre par contre, c'est le ressenti des habitants face à cette chose tombée du ciel. Alors on fanfaronne un peu, on prend la pose devant cet ersatz de météorite (comme quoi, les selfies ne datent pas d'aujourd'hui !) et on s'en prend plein la gueule juste après lorsque la menace apparait. Années 1900 obligent, les communications sont ce qu'elles sont et avoir des retours sur ce qui se passe est pour le moins délicat.




Les effets spéciaux font un peu cheap, sauf les tripodes que j'ai trouvé très convaincant dans leur modernité high tech face à ce 20ème siècle. Budget oblige, la production a aussi du faire avec la contrainte des figurants, qui sont assez peu nombreux, rendant les scènes de foule assez comique.


Le message politique du roman, la violence de la colonisation, est quasiment absent. Pour faire bonne figure, 2-3 sentences lors du dernier épisode et puis s'en vont. Comme la place de la femme avait déjà été abordée, restait le sujet du moment, l'écologie, aussi vite abordé et oublié.

Un enfant lit une bande dessinée et je me demande si il ne s'agit pas des illustrations d'origine. Si quelqu'un connait...


Je n'ai jamais réussi à m'attacher aux personnages (dont la direction d'acteurs m'a paru faiblarde), l'histoire étant connue, il ne reste pas grand chose à laquelle s'accrocher et les quelques éléments de modernité apportés ne m'ont guère convaincus.
Pour moi, une adaptation ratée.

Me reste à regarder l'adaptation qu'en a faite Canal +, transposant le récit dans notre présent.


Je vous conseille d'écouter la superbe émission que lui a consacré La méthode scientifique

La Guerre des mondes : Mars, et ça repart

La méthode scientifique du 17 janvier 2020
https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-emission-du-vendredi-17-janvier-2020
La page contient en outre un lien vers une magnifique critique du roman original ! (merci)
Téléchargement direct (Enregistrer sous)
Retour sur le roman d’H. G. Wells paru en 1898, ainsi que les différentes adaptations qui ont suivi. Comment Orson Welles a-t-il révolutionné la fiction radiophonique ?
Le Père-Noël des amateurs de science-fiction est passé avec les bras chargés de cadeaux en fin d’année dernière et parmi ces cadeaux, non pas une, mais deux adaptations du chef d’œuvre de H.G. Wells, La guerre des mondes. Une britannique, produite par la BBC, qui situe l’action à l’époque du tournant d’origine ; une autre, plus libre, produite par la Fox et Canal Plus, qui la situe dans l’Europe contemporaine. Et c’est peut-être à ça que l’on reconnaît un chef d’œuvre. Chaque époque y projette ses propres problématiques. Naguère, la montée du fascisme, la guerre froide, puis le terrorisme et aujourd’hui l’apocalypse climatique et la crise des réfugiés.
La guerre des mondes : Mars, et ça repart ! C’est le programme destructeur qui est le nôtre pour l’heure qui vient. Bienvenue dans La Méthode scientifique.
Et pour remonter à la racine et évoquer le chef d’œuvre d’H.G. Wells, sa postérité et ses multiples adaptations, nous avons le plaisir de recevoir Pierre Lagrange, sociologue des sciences, chercheur associé au laboratoire interdisciplinaire d’étude sur les réflexivités et Jean-François Merle, éditeur chez Omnibus, qui a publié à peu près tous les grands classiques de Wells et plus récemment, une édition illustrée de La Guerre des mondes, dessins d’Alvim Correa. 
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Years and Years

décembre 02, 2019

Série de Russell T Davies, 2019, 6x1h



Les années sombres...
En douceur et profondeur.
Formidable



Présentation :


La vie des Lyons, une famille de Manchester, racontée sur 15 ans alors que la Grande-Bretagne se retire de l'Europe et qu'un nouveau monde émerge. Vivienne Rook, une célébrité rebelle devenue une femme politique majeure, divise l'opinion par ses prises de position controversées. Son arrivée au pouvoir va bouleverser le pays et bien au-delà. Une famille ordinaire peut-elle faire la différence ?

L'insouciance, avant les cataclysmes à venir


Mon ressenti :



Une famille lambda, un peu bourgeoise pris dans les tourments de la vie et de ses drames. Pas la famille conservatrice : Il y a l'aîné, qui a bien réussi professionnellement, marié à une black et ses deux enfants métis. Son frère, une sorte d'assistant social, qui tente de loger des réfugiés toujours plus nombreux. Sa soeur, la militante activiste, toujours à l'autre bout de la planète pour défendre bec et ongles ce que l'en quoi elle croit. Et le canard boiteux, la dernière soeur, dans la dèche et en fauteuil roulant, qui ne l'a pas empêché de faire des mouflets avec autant de pères différents. Et la mère de toute cette progéniture, dans sa maison de campagne où toute la tribu vient passer les fêtes.
Chacun à son rôle, qui va évoluer au gré des événements extérieurs, dont la montée d'une femme politique à la langue bien pendue. Ou comment un parti populiste va accéder au pouvoir.

Vieille réac souriante. Mais...


Raconté sur 15 ans, avec en point fixe les fêtes familiales et un barbecue hivernal, la tension monte crescendo, l'emballement des incertitudes, des crises internes ou externes et leur retombés sur les Lyons.
Un futur sombre mais contrebalancé par un humour british. La scène du coming out de la fille, époustouflant de drôlerie et d'humour grinçant pour nous démontrer que nous ne sommes pas toujours aussi ouvert d'esprit qu'on se le dit.
La série arrive aussi à nous montrer son côté dramatique, dans toute son horreur banale, quotidienne sans toutefois tomber dans la sinistrose et laisse présager un lendemain meilleur.

Pour des lendemains déenchantés


Et surtout, cette ascension d'un parti populiste, brossant dans le sens du poil les bas instincts de la populace. Le bas peuple, mais pas seulement, la rhétorique fallacieuse touche aussi toutes les couches de la population.
Écologie, dérèglement climatique, guerre, transhumanisme, économie flagellante. politique sociale, immigration, droit d'asile, crise bancaire, racisme, relation géopolitique, démocratie, vie politique, militantisme, homosexualité et autres. Des sujets sociaux qui apparaissent en filigrane de la vie quotidienne, juste parfois évoqué mais permettant d'ancrer dans le réalisme cette société proche.

Etre homo et immigré : Aïe Aïe Aïe


La bande son est à l'unisson et nous emporte avec elle dans le tourbillon de la vie.
Seul bémol, alors que l'anticipation sociale tient la route, celle technologique est beaucoup plus hasardeuse et bancale et nous sort du réalisme de la série.
Mais pour le reste, c'est du tout bon.
En outre, une série de 6 épisodes, pas de saison supplémentaire de pévu, pas de blabla inutile, juste l'essentiel.

Si tu aimes Robert Charles Wilson, pour son approche personnel d'événements mondiaux, regardes Years and Years.
A regarder de toute urgence, pour vous préparez au mieux au pire.

Je vous signale l'avis d’Erwan Perchoc sur le blog du Bélial, qui dépeint la série de bien belle manière.



Chernobyl

juillet 22, 2019

Série de Craig Mazin, réalisée par Johan Renc, 2019, 5 épisodes d'une heure environ




Il n'y a jamais loin d'un cher Nobel à Tchernobyl
Desproges

Heureusement qu'en 1986, la France n'était pas communiste, nos camarades dirigeants nous auraient dit que le nuage de Tchernobyl se serait arrêter à nos frontières...



Synopsis :  

26 avril 1986, l'histoire vraie de la pire catastrophe causée par l'homme et de ceux qui ont sacrifié leur vie pour sauver l'Europe du drame. L'explosion d'un réacteur à la centrale nucléaire de Chernobyl, en Ukraine, a de terribles conséquences aussi bien sur le personnel de l'usine, que sur les équipes de secours, la population et l'environnement.


Mon ressenti : 


Choses à faire en cas d'explosion d'une centrale nucléaire.

- Minimiser les événements : l'homme politique est une espèce assez proche de Dieu, il est omniscient. Il sait mieux que les scientifiques ce qui s'est passé et prend les décisions justes pour son peuple. L'homme politique sait écouter la bonne parole, il sait séparer le bon grain de l'ivraie : si on lui dit que c'est une catastrophe unique en son genre, dangereuse pour la population, il pouffe devant ces complotistes.

- Trouver des héros : La nation est forte, ses partisans aussi. Braver le danger est synonyme de l'homme invulnérable. Ici les héros seront disponibles en grande quantité, les lanceurs d'alerte pourchassés.



Rare une série qui arrive à me mettre "à la place de", Chernobyl y arrive les doigts dans le nez. Résultat : impossible pour moi de regarder plus d'un épisode à la fois tellement le récit est glaçant dans son réalisme. Même si certaines scènes peuvent soulever l'estomac, c'est surtout les conséquences politiques et sociétales qui vous glacent le sang. Par le choix de quelques personnages clés vivant la catastrophe au plus près et tentant de sauver les meubles - le politique, le scientifique, le quidam - cette série nous permet de comprendre ce qui s'est passé et les erreurs commises qui ont abouti à la catastrophe. La série évite le manichéisme de bien belle manière, les personnages sont humains, avec leur faiblesse et leur courage, leur côté sombre et humaniste.
Quelques scènes mettent la tension à son paroxysme, comme celle où trois personnes doivent ouvrir une valve sous la centrale dans un réduit rempli d'eau, de tuyauteries, et de radiations fait monter l'angoisse, d'autant avec cet accompagnant sonore comme seul compagnon : le bruit des compteurs geyser qui s'affolent de plus en plus.

L'horreur politique de la catastrophe ne fait pas oublier non plus l'horreur des conséquences de la radioactivité sur le corps humain. De ce côté, il faut parfois avoir l'estomac bien accroché, le film de zombies n'est pas loin. (Même si j'ai quelques doutes devant la possible contamination humain/humain). Un autre épisode indisposera les amis des bêtes. Mais la série ne joue pas la surenchère voyeuriste, la bande sonore suffisant grandement à mettre mal à l'aise.



Des premiers instants du drame au procès des dirigeants de la centrale, un drame sanitaire, humain et politique cauchemardesque. La série évite, à mon sens, de faire le procès unique et à charge de l'URSS. Facile de dire que si la catastrophe se serait passé en France, la situation aurait été très différente. Mais dans les faits ? Qui pour reconnaitre de suite la gravité de l'accident ? Qui pour dire la vérité à la population ? L'accident nucléaire de Fukushima nous a montré que les soviétiques ne détiennent pas la palme de la vérité/mensonge...
Pour moi cette série permet de se demander comment cela se passerait aujourd'hui chez nous.

Le seul bémol que j'apporterai, c'est que j'avais envie d'en apprendre plus sur les événements. Mais une série qui donne envie de consulter d'autres documents a réussi son pari, celle d’éveiller la curiosité et de s'informer plus par la suite.



Sébastien Carassou - si mes souvenirs sont bons - donnait ce conseil pour visionner la série Black Mirror : se mettre en position latérale de sécurité. Et bien, c'est encore plus vrai pour Chernobyl.
Une mini série de 5 épisodes sans temps morts. A regarder avant que la centrale nucléaire à côté de chez vous n'explose...






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