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Bifrost n.103. Sylvie Denis : rêves cybernétiques

octobre 25, 2021

 

Bifrost, Le Bélial, 2021, 192 p., 6€ epub sans DRM


Moi j'aime quand mon Bifrost est bête et méchant, comme du temps des Razzies. Thomas Day nous sort le grand jeu pour nous parler de sa revue préférée, du moins celle qui éveille son talent de langue de vipère que j'adore. Et nous avons aussi un joli tir dans le paroles de nornes.
Sinon, le dossier est pas mal.


57 raisons qui expliquent les suicides de la carrière d’ardoise, de Sam J. Miller
Voilà un titre qui résume parfaitement le texte, mais pour le comprendre, il faut le lire. Une histoire d'amitié, de super pouvoir et de drames. Un texte court dont la forme permet un mystère sans qui ce dernier serait assez anodin.

Chacal, d’Olivier Caruso

Lorsque l'on meurt, on va en enfer ou au paradis, selon sa catégorie socioprofessionnelle. Un texte qui revisite la maxime "vendre son âme au diable". L'auteur nous pond un monde étrange dans une histoire étrange. J'ai cru comprendre à un moment, mais la fin est arrivée et m'a permis de savoir que je m'étais trompé.

Test d’écho, de Peter Watts
En fait, la nouvelle d'Olivier Caruso était très compréhensible par rapport à ce Watts. J'ai lutté quelques pages, mais non, je lisais des mots sans qu'aucun ne signifie quelque chose pour moi.

Le Palais du désert, de Thomas Day

Un père et son fils partent visiter le palais du désert.
Un texte court, un conte SF très plaisant dans un futur indéterminé, mais assez proche. Je ne peux en dire plus, mais j'ai rarement lu du Thomas dans une science-fiction aussi intimiste.


Le cahier critique m'a donné envie de laisser une chance à Ru de Camille Leboulanger ainsi que Le chant des glaces de Jean Krug, L'examen de Sylvain Neuvel. Dans la recension des revues, Thomas Day a du goût : il a aimé deux revues que j'ai appréciées (Le novelliste n.5 et Présences d'esprits n.103) et il s'en sort très bien pour dézinguer le Galaxies SF. C'est drôle et méchant, j'adore et je suis content d'avoir arrêté mon abonnement à cette revue.

Corinne Marotte, go between & cie
Paroles de s'attarde sur le rôle d'agent littéraire. Je n'ai pas trop compris ce qu'était réellement un agent de droits, à part vendre les droits du livre. Je pense qu'il me manque un maillon de la chaîne, celui de la vente des livres à l'internationale. En tout cas l'entretien est instructif même si je reste sur un flou. Donc Mr Bifrost, si tu lis ces lignes, un Paroles de sur ce marché boursier me ferait très plaisir.


Au travers du Prisme : Sylvie Denis

Contaminations
Sylvie Denis nous parle de notre monde dans trente ans et plus. Il fait chaud en France, peu de pluies ou alors dévastatrices. Dans la campagne, une famille vit dans une communauté agricole.
Une tranche de vie sur une vingtaine d'années. Sans nous épargner les lendemains qui déchantent, elle nous offre un peu d'espoir que les choses changent, que l'homme s'adapte et la nature avec. Peu d'espoir, mais espoir tout de même. Un texte doux-amer se concentrant sur les personnages.

Voilà une autrice que je ne connaissais pas, je pense que cela doit être la première nouvelle que je lis d'elle. Un long entretien intéressant sur son parcours. J'aime bien ce qu'elle dit de la SF, mais ses livres ne me parlent pas, c que le guide de lecture a confirmé. En outre elle écrit  peu, parfois en jeunesse. Un article revient sur la revue Cyberdreams et quelques anthologies dirigées pas Sylvie Denis. Et qui a fait découvrir en France des noms prestigieux comme Egan et Baxter.
Si un jour je tombe sur un de ses recueils de nouvelles, je pense tout de même m'y plonger.


Thiotimoline et autres canulars, par Roland Lehoucq et Fabrice Chemla
Le scientifiction nous parle d'une nouvelle d'un certain Asimov : Les Propriétés endochroniques
de la thiotimoline resublimée, ce qui nous vaut un cours de chimie, chose assez rare (unique ?) dans cette rubrique. Cerise sur le gâteau, c'est même compréhensible par les chiens.

Paroles de nornes revient sur les différents prix dont celui sur le Grand prix de l'imaginaire contient une belle pépite :

Rubrique écrite par écrit par Org, Jean-Daniel Brèque & Erwann Perchoc.
Je parie sur une estocade en règle d'Org


Bifrost n.94. John W. Campbell : façonneur d'âge d'or

mai 02, 2019

Bifrost, Le Bélial, 2019, 192 p., 6€ epub sans DRM


Si vous trainez parfois sur la page Facebook du Bélial, vous savez que l'équipe éditoriale aime le whisky. De là à lui consacrer un dossier, il y a un pas allègrement franchi ici. Le rapport avec la SF ? Si tu ne le voies pas, c'est que tu es très jeune et que ta culture SF a encore quelques progrès à faire. En lisant ce numéro, tu apprendras que le clan Campbell ne se résume pas à cette boisson alcoolisée.


Nouvelles


Les Choses à barbe, de Sam J. Miller
Une présentation alléchante pour cette nouvelle :

Dossier John Campbell oblige, « Les Choses à barbe » propose une suite à The Thing, le film de John Carpenter, et donc, somme toute, à la novella « La Bête d’un autre monde » (aka « Who Goes There »). Un texte assez stupéfiant où Miller réalise une prouesse inédite : lier le récit campbellien à la problématique du sida, de la « gayitude » et de la condition des Noirs outre-Atlantique. Rien que ça.

MacReady est de retour chez lui, mais il a la mémoire pleine de trous. Sur fond de lutte des Noirs et de Sida, je suis passé complètement à côté de ce texte. Le style de Sam J. Miller n'est définitivement pas pour moi.

Les Nouvelles Aventures de Flip-Flop, de Laurent Queyssi
Un auteur se demande si il doit reprendre les aventures d'un célèbre personnage de BD, alors que son créateur avait clairement stipulé sa volonté que son oeuvre s'arrête à sa mort. Entre respect de l'oeuvre original, contrat mirobolant, difficile de faire son choix.
Un texte dans la veine fantastique qui ne me laissera pas un souvenir impérissable, mille milliards de mille sabords.


Le Triangle de Lavrentiev, de Michael Rheyss
Suite du cycle entamé dans le numéro 90 consacré à Edmond Hamilton que j'avais beaucoup apprécié, ce fut moins le cas ici, Michael Rheyss s'attardant sur un épisode, imaginaire, de la vie de Asimov, auteur que je ne connais pas. Ceci dit, j'aime bien l'idée sous-jacente, ce complot dont certains auteurs de science fiction sont investit.


Le ciel est mort, de John W. Campbell 
Le dossier nous dira plus loin que Campbell est l'un des pères de la Hard-SF, je m'attendais donc à une certaine plausibilité scientifique, ce qui ne me semble pas être le cas ici.
Un astronaute en devenir se retrouve projeter dans un monde froid où le ciel semble mort. N'ayant pas adhérer à la spéculation, j'ai eu du mal à entrer dans son univers et cela est un peu old school.


Ballades sur l’arc

Pas grand chose à me mettre sous la dent, que ce soit en revues ou en romans, j'y ai repéré tout de même Sixième du crépuscule et autres nouvelles, de Brandon Sanderson. En outre, j'avais envie de me plonger dans Les hommes frénétiques, l'avis présent en ligne confirme mon intérêt


Paroles de... la donne à Philippe Gady, illustrateur durable, collaborateur régulier au Bélial, un artisan qui préfère le papier à Photoshop. Il nous dévoile sa manière de travailler, et aussi ses autres centres d’intérêt.
 
Dans le fond, je ne cherche pas à faire reconnaître ma personnalité à travers un style « particulier » : mon principal moteur est de savoir mettre en valeur le sujet qui m’a été confié ; je ne signe d’ailleurs jamais ce que je fais

Au travers du prisme : John W. Campbell 


Six articles et une bibliographie composent le menu. Francis Valéry ouvre le feu en abordant le parcours de l'homme. Aborder est bien le terme adéquat tant j'ai trouvé que l'article se contentait à  être une longue liste de parutions, de résumés, plutôt qu'une analyse de la biographie et bibliographie. Qui est il dans la vie privé, comment a t'il changé le visage de la SF américaine ? Beaucoup trop survolé à mon goût.
Theodore Sturgeon, dans un texte de 1954, nous livre sa vision de son éditeur, un exercice qui tombe dans l'hagiographie, mais dont quelques passages permettent un aperçu de la SF d'alors, même si certaines choses ne changent pas :

Lorsque quelqu’un lui demande pourquoi il s’adonne à ce genre de littérature, l’écrivain de science-fiction n’a qu’à répondre : « Il faut bien vivre. » Voilà une vérité nouvelle qui a le mérite de satisfaire beaucoup d’écrivains et la plupart de leurs interlocuteurs.

Suit le regard de Campbell sur ce qu'est un bon texte de SF. Ecrivaillons du monde entier, prenez note et vous pondrez un texte qui fleure bon les années 30-50. Blague à part, il y a pas mal de choses que je trouve toujours d'actualité et de bon sens. Mais bon, je ne suis pas éditeur. Dommage que je n'ai pas lu les textes dont parle le sieur pour me faire une véritable opinion.
Campbell est un tout de même un sacré personnage, citant abondamment des textes qu'il a écrit sous pseudo. Égo quand tu nous tient, ...

Une idée n’a d’importance qu’au regard de la façon dont elle réagit aux gens et dont les gens y réagissent. Qu’elle soit sociale, politique ou mécanique, nous voulons que l’idée implique les gens.

Enfin, voici la plus grande des règles, la raison pour laquelle 99% des histoires écrites ne sont pas achetées par les éditeurs : ces derniers n’achètent jamais les manuscrits qui dorment dans les tiroirs. Si vous avez pris la peine d’écrire une nouvelle, envoyez-la-nous !

Tous lecteurs de SF adepte du genre connait Campbell, du moins de nom, mais peu de lecteurs français ont lu de ses textes, ces deniers n'ayant eu que peu l'honneur d'une traduction. La majorité se trouvent dans le recueil Le ciel est mort. Philippe Boulier nous livre une analyse de ces quelques textes, parfois mis en parallèle avec des textes non traduits. Cela donne envie de sortir ce recueil des limbes digitales de ma liseuse où il se trouve.

Suit un focus The thing, à travers la nouvelle originale La Bête d'un autre monde, ainsi que sur les trois adaptations cinématographiques par Thomas Day, le digne héritier de Campbell dixit Francis Valéry :

L’histoire de la science-fiction est jalonnée de figures d’écrivains-éditeurs, des personnalités fortes qui, menant une double carrière, ont marqué l’histoire du genre (en France, on pensera avant tout à Gérard Klein, mais on pourrait tout aussi bien citer Alain Dorémieux, Michel Demuth, voire, plus près de nous, notre collaborateur Thomas Day/Gilles Dumay…).

Un bien bel article qui analyse finement la nouvelle et ses adaptations. Pour ma part, j'avais plutôt bien aimé l'adaptation de 2011.
Je vous invite grandement à vous organiser un voyage polaire depuis votre canapé. Et en plus j'ai appris quelques anecdotes et une chose à propos de la nouvelle La Bête d’un autre monde :

Il en existe aussi une version longue, le court roman Frozen hell, retrouvé récemment, qui a donné lieu à l’automne 2018 à un kickstarter au terme duquel 155 366 dollars ont été réunis pour sa publication.

Le dossier se clôt par 4 extraits de lettres adressés à la team des auteurs campbelliens. Me laisse l'idée d'un homme logique, et froid, qui aime s'entendre parler.
Une bibliographie referme le tout



Scientifiction


Frédéric Landragin et Roland Lehoucq vous disent tout sur l'appareil photo, la photo et son utilisation dans la littérature (comme sujet ou procédé arratif) et le cinéma SFFF. Et ils nous dévoilent comment faire des phototrucages avec des soucoupes volantes, des ET ou encore des lutins.


Les derniers Bifrost numériques avaient tout de la mauvaise blague, l'équipe a réagit ici. Pas parfait, il y a encore quelques petits couacs ici et là, mais rien qui n’empêche sa lecture. Vous avez les encouragements du Chien critique.



La Cité de l'orque

février 04, 2019

 Sam J. Miller, Albin Michel Imaginaire, 2019, 320 p., 13€ epub sans DRM


Premier roman adulte de Sam J. Miller qui officiait auparavant dans la littérature jeunesse, le fameux Yonug Adult. Et cela se ressent fortement à la lecture.
Les thématiques avaient pourtant tout pour me plaire, le changement climatique et la loi d'airain du libéralisme : l'exploitation de son prochain. Mais le traitement reste très superficiel, trop.

Présentation de l'éditeur :


22ème siècle.
Les bouleversements climatiques ont englouti une bonne partie des zones côtières. New York est tombé ; les États-Unis ont suivi. Au large de pays plongés dans le chaos, de nombreuses cités flottantes ont vu le jour. Régies par des actionnaires, elles abritent des millions de réfugiés.
C'est sur Qaanaaq, l'une de ces immenses plateformes surpeuplées, qu'arrive un jour, par bateau, une étrange guerrière inuit. Elle est accompagnée d'un ours polaire et suivie, en mer, par une orque. Qui est-elle ? Est-elle venue ici pour se venger ? Sauver un être qui lui serait cher ?

Mon ressenti : 


La cité de l'orque, c'est un riche, une idéaliste, un musclé et un jeune aux dents longues qui écoutent la radio sur île artificielle. Sur ce, arrive une légende, ... et une maladie. 
Après quelques lignes accrocheuses qui nous raconte la légende et nous mettent en haleine, le reste est très long à démarrer et on commence seulement à comprendre les enjeux à la moitié du livre. Et le mythe fait vite pschitt : le personnage dont tout le monde a entendu parler, que tous cherchent est juste en train de s'entrainer à la salle de sport ! Pour le mystère, on repassera.

Le défaut principal, et unique, de ce roman, c'est la jeunesse de son auteur. Il veut trop en faire, trop dire, trop démonter. Sam J. Miller à des idées à foison, une vision politique de la société, mais cela reste un brin trop naïf. J'avais l'impression qu'il avait fait une check list de tout ce qu'il devait parler dans son bouquin :
Les logements vacants : une honte alors que tant de monde vit dans des conditions insalubres;
Le réchauffement climatique, les réfugiés, les communautarisme : c'est vendeur ;
Les internés : cela montre l'oppression de la norme, de la société;
Les coursiers à vélo : ben j'aime le vélo, donc j'en parle;
Le fossé entre pauvres et riches : c'est pas bien;
Les minorités sexuelles : trop hype;
Les ninja warriors et autres yamakasi : ils ont la classe !
Les relations homme animal : qui peut ne pas s'attendrir devant un ours blanc ?

Et donc un casting qui plaira aux opprimés, il y a de la couleur, des pauvres et comme tout bon livre qui parait actuellement, des personnages genrés. Soq est celui qui m'a donné le plus de mal, il a l'identité dans l'entre deux, donc ce sera "ils". De quoi me sortir de la lecture à chaque fois, j'avais plus l'impression d'être en face d'un schizophrène. Malgré cela, c'est le personnage que je trouve le plus réussi du livre, grâce à son ambiguïté.
Les autres personnages manquent de profondeur, et chacun, à tour de rôle, aura quelques pages, avant de passer au suivant. Leur évolution frise parfois le ridicule, comme cette chef de gang qui fait sa pleureuse devant tous les tueurs de son clan parce qu'elle vient de retrouver fiston.

Pour les scènes d'actions, ce n'est pas tellement mieux, c'est rocambolesque, et lorsque je vois des personnages tailler la bavette tranquillement alors qu'ils sont en plein assaut, j'ai l'impression de regarder un mauvais nanar : Attention les méchants, si vous pouviez attendre quelques minutes avant de nous mettre sur la gueule, nous organisons une petite réunion de famille, si vous pouvez avoir l'obligeance de respecter la seule chose qui compte dans ce bas monde.
Comme l'auteur respecte le cahier des charges du thriller, nous avons aussi le droit à quelques scènes de sexe. Moi, les scènes de cul inutile, ça me bassine grave. Ici, petite nouveauté, pas de maman et papa font un câlin, mais papa et papa font un câlin. Résultat, les scènes de cul homo me font autant chier que celles des hétéros. Mais bon, on pourra toujours mettre en avant le gay friendly.

Ce qui m'a manqué, c'est un vrai traitement des sujets, une noirceur dans l'ambiance. Les événements sont bien trop souvent téléphonés, cela manque de bagout pour construire un récit un peu plus pertinent. En forçant le trait, j'avais l'impression de me retrouver chez Disney, avec des méchants grotesques qui ne sont là que pour faire triompher le Bien. Oh qu'ils sont méchants les méchants, heureusement qu'il y a les gentils. Et la famille !
Pour un livre qui tente de casser les conventions et représentations sociales, sexuelles, j'ai trouvé ce retour au source familiale très marrant.

Au final dommage, car nous avons un roman politique sur la possibilité d'un lendemain autre qui aurait pu être intéressant. Je trouve que l'auteur a juste effleurer son univers et ses thématiques. Soit l'univers vous transportera, et vous ferez preuve de largesse devant les défauts de jeunesse, soit l'univers vous semblera un brin superficiel, et vous resterait comme moi aux portes de la cité. La cité de l'orque reste à écrire.

Même si ce grand format est dépourvu d'annexes, Albin Michel Imaginaire n'oublie pas ses lecteurs en ajoutant en ligne quelques petits bonus, tels une nouvelle et une interview de l'auteur (voir plus bas). Je trouve ces petites attentions toujours très plaisantes.

Reflet du monde actuel dixit Yogo, un roman qui parle autant du présent qu'il met en garde pour le futur (Lune). Gromovar y a vu un prolongement crédible de notre monde. Une plongée dans un univers sombre et complexe nous dit FeydRautha dans une ville imaginaire inoubliable pour Nicolas Winter
Yuyine est sur la même longueur que moi : d’excellents ingrédients pas assez exploités.
TmBm conçois qu'il puisse plaire aux amateurs d'ours et à tous ceux qui ont un abonnement à Marineland !

Critique réalisée dans le cadre d'un service de presse.




Le vêlage

Pour vous appâter, l'éditeur vous offre une nouvelle ayant lieu dans le même univers. Ce texte a posé les jalons du roman, écrit quelques années plus tard.
Malgré ma déception après la lecture de La cité de l'orque, j'ai tout de même lu la nouvelle autour d'une relation père/fils. Un texte à chute dont on voit arrivé malheureusement le twist final bien trop tôt.
Cela pourrait vous plaire si vous êtes un ado qui détestez votre papa mais qui au fond de votre coeur, l'aime énormément. Ou si vous êtes un papa dont votre ado vous saoule avec ses mimics à la con, mais au fond de votre coeur, vous l'aimez énormément.
Si vous êtes un chien sans coeur, cela ne vous fera ni chaud, ni froid.

Yogo et Baroona ont trouvé le texte bouleversant, le troll a lu un très beau texte parfaitement maitrisé. Une écriture intimiste et aiguisée comme un éclat de glace selon FeydRautha. Artemus Dada apporte son - petit - bémol : un peu trop de pathos



Une interview de l'auteur est disponible sur le site d'Albin Michel Imaginaire




Quelques citations :


Une ligne droite, du Bras Un au Bras Huit. Ironie qui ne manquait jamais de faire sourire Soq : il était si facile de passer du luxe et de l’opulence à la crasse et à la surpopulation. Sinon, comment parviendraient-ils à nous sucer si facilement jusqu’à l’os ?

Tout le monde s’accorde à dire que c’est un mythe, cette autarcie. Qu’elle n’a été utilisée que pour justifier les pires atrocités. Cette antienne a déjà servi au cours de l’histoire : « Ils restent entre eux, ils se croient au-dessus des autres, ils nous détestent. » Elle a permis de désigner tel ou tel groupe d’individus, d’en faire une menace qui ne pouvait être réglée que par l’expulsion, voire l’extermination.

La vie est beaucoup plus facile à vivre lorsque vous reconnaissez que votre ignorance dépassera toujours votre savoir de quelques longueurs.

Nous n’aurions pas dû être de ce monde. Nous étions la preuve vivante que des crimes horribles avaient été commis par quelqu’un qui, habilement, avait su réveiller les passions meurtrières d’une bande d’intégristes armés jusqu’aux dents. Nous étions une abomination, leur racontait-il, une insulte à la loi divine, qui dit que l’humanité doit avoir le pas sur les animaux. Ces crétins, bien sûr, ne furent que trop heureux de gober ça, trop heureux de faire porter le chapeau à un groupe d’individus qui avaient le malheur d’être différents et qui ne voulaient qu’une chose : qu’on leur fiche la paix. Des siècles plus tôt, ç’avait été les immigrés, les Noirs. Il y avait toujours des boucs émissaires. C’était sur ces fondations que ce pays s’était construit, Je t’ai tout pris, et maintenant, je t’explique que c’est de la faute de ton voisin, car il n’a pas la même tête que toi.



Récapitulatif

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