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Le long cosmos

octobre 26, 2017

 

Terry Pratchett, Stephen Baxter, L'atalante, 2017, 432 p., 10€ sans DRM

 

Une ode à l'Imaginaire

Présentation de l'éditeur :

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Les mots pleuvaient du ciel dans toute la Longue Terre, partout où il y avait des oreilles pour entendre, des yeux pour voir et des esprits pour comprendre.

Cinquante-cinq ans après le Jour du Passage, l’Invitation résonne auprès de tous les êtres conscients. Mais qui en est à l’origine ? Faut-il y répondre ? Et comment ?
Comment ? Ceux qui se nomment les Suivants déchiffrent sous le message extraterrestre les plans d’une machine à l’échelle d’un continent ; l’élaborer demandera la contribution de tous les peuples de la Longue Terre.
Nos vieux amis, eux, ont d’autres soucis en tête. Josué Valienté, plus solitaire que jamais, s’égare dans les Hauts Mégas, où l’aventure tourne au désastre. Nelson Azikiwe se met en quête d’un petit-fils qu’il n’a jamais connu. Maggie Kauffman conduit une mission de sauvetage à deux cents millions de mondes de la Primeterre. Quant à Lobsang l’omniscient, il s’est retiré dans un monastère de l’Himalaya. Et pourtant…

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Mon ressenti :

Résumé très succinct à destination de ceux qui ont loupé les épisodes précédents :
En ce jour du passage, l'humanité prend conscience de l'existence de nombreuse terres parallèles que l'on peut visiter grâce à une patate (!) ou à son talent (tome 1). S'ensuit la découverte d'une faune ayant suivi un chemin de l'évolution différent, notamment les trolls, une sorte de Yéti un peu brusque certes, mais corvéable à merci (tome 2). La Primeterre, notre terre originelle, fait cependant face à l'éruption d'un gigantesque volcan provoquant un afflux de réfugiés dans les terres parallèles (tome 3). Catastrophe bien minime face à l'apparition de "monstres extraterrestres dévoreurs de planètes" (tome 4)

Josué est désormais vieux, mais a encore besoin de solitude avec pour seule compagnie sa canne ! Il décide de partir à l'aventure se ressourcer. Mais peut-on rester jeune dans sa tête tout en étant vieux dans son corps ? Et l'accident se produit et il se retrouve alité après s'être fait "renverser par un éléphanteau avec un masque de stormtrooper tout droit issu de La Guerre des étoiles". L'occasion de prendre le temps de découvrir la vie de ces énigmatiques trolls : les relations sociales, l'éducation des petits, la chasse. Cependant, j'aurais aimé plus de développement sur ces êtres ayant pris un chemin différent dans l'arbre de l’évolution. Nous apprenons bien deux trois choses, mais cela est vite survolée.

Lobsang s'en est retiré quand à lui dans son Tibet parallèle et virtuel, une nouvelle vie tranquille bientôt perturber par cette invitation qui vient du cosmos. En effet, certains individus perçoivent un message venu d'outre espace dans l'ensemble des longues terres. Quel est cette technologie permettant de communiquer instantanément dans les mondes parallèles? De qui provient ce message ? Sont-ils bienveillants ? Les suivants, toujours aussi hautain, s’allient avec les hommes pour répondre à ces différentes questions.
Nous retrouvons aussi ces iles vivantes, les Transbordeurs, en la personne de Deuxième personne du singulier. Des êtres étranges vivant en symbiose avec quelques humains et animaux. Mais du jour au lendemain, ces êtres passent dans les mondes parallèles. Est ce une conséquence de l'invitation?

Les références à des oeuvres, surtout filmiques, sont pléthores. On passe de Contact à Space cow boys et Star trek, Avatar, 2001 l'odyssée de l'espace ou à la littérature de l'époque du merveilleux scientifique. Stephan Baxter s'éloigne d'une science réaliste pour nous emmener dans l'imaginaire : des univers multiples avec des mondes étranges, tel celui ci avec ces arbres incommensurables qui demandent trois jours d'escalade pour atteindre le sommet, dont la vie dépend de l'électrolyse et dont des missiles en bois assurent sa survie ; une expédition dans l'espace temps en compagnie d'humains, d'humain 2.0, de deux gamins, d'un vieillard, d'un troll et d'un androïde !; des crocodiles arboricoles; ...

Malgré une première moitié que j'ai trouvé longuette, la suite des aventures se dévore sans peine. Au lieu d'une explication rationnelle sur les raisons de cette longue terre, les auteurs lancent un long cri d'amour à tous les lecteurs de l'imaginaire, au concept de suspension consentie de l'incrédulité et à la puissance de se projeter dans un ailleurs imagé. On ne saurait rêvé meilleure conclusion à cette saga.

Seul regret, les couvertures, originales ou françaises, ne rendent pas justice au texte, sauf peut être celle de la dernière édition anglaise.



Quelques citations : 

Josué avait déjà entendu rire un troll. C’était un bruit auquel on ne s’habituait jamais.

« Quelle cause défendent ces manifestants ?
— Tout ce que vous voudrez, on l’a ! Les inconditionnels des soucoupes volantes. Les théoriciens du complot persuadés que le signal des étoiles annonce le grand retour des communistes.
— Ou de Hitler, ajouta Sheridan, hilare. Le vieil Adolf est un bon candidat, lui aussi.
— Le contraire m’aurait déçue.
— Les catholiques qui s’interrogent sur l’état de grâce des êtres galactiques à l’origine du message. Les islamistes qui craignent que le Penseur ne soit blasphématoire : serions-nous en train de créer une image de Dieu ? À l’autre bout du spectre, on a aussi des adeptes de sectes chrétiennes selon qui il faut précisément construire cette machine parce qu’elle détruira le monde et précipitera l’avènement du Christ. Faites votre choix.

Savez-vous à quoi on reconnaît un philosophe ? Au nombre de mots qu’il emploie pour se plaindre de toilettes bouchées.

Peut-être la coopération et la cohabitation entre plusieurs espèces étaient-elles la norme dans la Longue Terre, voire pour toute vie terrestre. Malgré la brièveté de son premier séjour sur l’île, Nelson avait eu le temps d’observer différentes variétés de dauphins qui nageaient ensemble. Pendant le Voyage de 2030, Valienté et Lobsang avaient même fait état de leur découverte, à quelque neuf cents passages du monde de référence, d’un groupe disparate d’hominidés issus de diverses évolutions parallèles, qui vivaient côte à côte dans la joie et la bonne humeur. À une époque, de telles scènes devaient se jouer en Primeterre également, mais, au cours de sa peu glorieuse carrière, Homo sapiens avait eu à cœur d’éliminer tous ses cousins les plus proches en s’arrêtant au chimpanzé. Isolés, les hommes avaient fini par juger inévitables la concurrence cruelle, voire l’extermination des rivaux.

Il éprouvait l’habituel choc culturel, voire physique, qui l’assaillait chaque fois qu’il retournait sur la Terre d’origine, le berceau de l’humanité. Il était stupéfiant de constater à quel point l’on avait modelé, taillé et réagencé le paysage, même par comparaison avec les Basses Terres de plus en plus colonisées, même dans ces faubourgs périphériques de ce qui n’avait jamais été qu’une petite ville. Il avait sous les yeux le résultat de cette habitude millénaire que l’homme avait prise de façonner la planète, d’éventrer la terre et de construire, construire, pour démolir ou bombarder ensuite, puis reconstruire.

— Quant à ces cratères, ils n’existaient pas dans la réalité voisine.
— Ils ne sont donc pas dus à des impacts de météorites comme sur notre Lune. Les habitants de ce monde se seront fait exploser.
— Il s’agissait d’une espèce plus stupide encore que l’humanité, alors, trancha Lobsang. Je vais le noter dans notre journal de bord. Remarquable découverte.
 

La longue utopie

octobre 17, 2017

Terry Pratchett, Stephen Baxter, L'atalante, 2016, 416 p., 10€ sans DRM



Que faire avec un moteur de Dyson ?

Réponse A - Un aspirateur
Réponse B - Une sphère... de Dyson
Réponse C - Une fin spectaculaire

(Indice : la réponse se trouve dans mon avis)


Présentation de l'éditeur :


Milieu du XXIe. Fuyant la Primeterre plongée dans l’hiver volcanique, l’humanité s’est réfugiée dans les mondes parallèles, où elle s’organise tant bien que mal en de nouvelles microsociétés. Josué Valiente, bon gré, mal gré, s’est mis en quête du secret de ses origines, un secret qui a vu le jour dans l’Angleterre victorienne.
De son côté, Lobsang a renoncé à ses desseins grandioses. Accompagné d’Agnès et de leur fils adoptif, il s’est retiré sur la lointaine Terre-Ouest 1 217 756 pour y mener incognito une existence frugale. C’est sur ce monde pourtant qu’apparaissent les signes d’un dérèglement qui menace, au-delà de la communauté clairsemée qui l’habite, au-delà de la planète elle-même, la Longue Terre dans son ensemble.
Lobsang, Josué, Sally Linsay, les Suivants eux-mêmes, ces nouveaux enfants de l’humanité à l’intelligence surhumaine, tous devront s’unir pour faire face à la catastrophe. Et certains se résoudre au sacrifice ultime…

Mon ressenti :

Résumé très succinct à destination de ceux qui ont loupé les épisodes précédents :
En ce jour du passage, l'humanité prend conscience de l'existence de nombreuse terres parallèles que l'on peut visiter grâce à une patate (!) ou à son talent (tome 1). S'ensuit la découverte d'une faune ayant suivi un chemin de l'évolution différent, notamment les trolls, une sorte de Yéti un peu brusque certes, mais corvéable à merci (tome 2). La Primeterre, notre terre originelle, fait cependant face à l'éruption d'un gigantesque volcan provoquant un afflux de réfugiés dans les terres parallèles (tome 3).

1850 - 2050, deux siècles de passeurs.


Quatrième tome des aventures de Josué et de ses compagnons, après avoir exploré la Terre et Mars, nos comparses vont explorer l'espérance qu'ils avaient placé en l'humanité - l'utopie - après la découverte de la longue terre.
Josué, la chevelure grisonnante, se tape sa crise de la cinquantaine. A la différence des mâles de notre espèce qui recherche une jeunesse perdue via des minettes affriolantes, sa crise se résume à la tentative de découvrir son histoire familiale. De là, nous partons dans les années 1850 durant le mouvement des chartistes qui fût à l'origine de la création des syndicats anglais. Cette recherche généalogique tombe admirablement bien car nous lecteurs étions intrigué par les passeurs. Ce talent était-il du à une évolution soudaine, ou cette possibilité était existante dans le passé ? Se pourrait-il que certains personnages célèbres et historiques soient en fait des passeurs, tel ce brigand qui détroussait les riches au profit des pauvres ? Ou ces anges de Mons durant la première guerre mondiale ? A ceux qui étaient dans le fond de la classe durant les cours d'histoire, les auteurs ne s'attardent pas longuement sur ces différentes époques, cela passe très bien. 
De même, un début de réponse est donné sur les raisons de cette longue terre, de quoi ingurgiter quelques légères touches quantiques.

Dans le tome précédent, une nouvelle race avait vu le jour : les bien nommés "suivants". Et voilà que cette race supérieure veut le bonheur de l'humanité. Les suivants étant surtout des esprits logiques et rationnels, les sentiments étant bon seulement pour les races inférieures, on se demande si il n'y aurait pas anguille sous roche.
Dans le même temps, sur une lointaine colonie, la découverte d'étranges créatures va chambouler le tout.

La majorité du roman suit ces différentes intrigues. Dans le dernier tiers, la science revient sur le devant de la scène, avec ce fameux moteur de Dyson dont une illustration ouvre le texte. Une rencontre du troisième type se concrétise, il sera aussi question de machines de von Neumann réplicantes, de terraformation "inversée". Cela reste accessible aux lecteurs profanes de ces théories et nos yeux s'émerveillent. Les conséquences de ce maelstrom donnent une fin spectaculaire.

Un bon divertissement, les pages se tournent très facilement, mais il m'a manqué quelques profondeurs qui parsemaient le tome 3. Les auteurs parlent de guerre, d'extinction des espèces autochtones, de racisme et de différences mais cela reste assez bref. Les conséquences sociétales de cet événement sont traités légérement, et malgré l'infini de monde possible, nous ne pouvons que constater que l'homme demeure un loup pour lui.
En outre, l'histoire de Stan Berg, un jeune suivant qui se découvre est un peu trop rapidement traité et sert plus de Deus ex machina que de moteur à l'intrigue.
Quelques petits bémols mais dans l'ensemble le spectacle est bien présent.

Réponse à la devinette
Vous avez répondu
A : Élargissez  votre culture scientifique en lisant ce roman
B : Oui, on peut faire une sphère de Dyson, mais ce concept est juste effleuré ici. Pour ceux qui voudrait savoir à quoi ressemblent la vie dans une telle sphère, lisez le cycle d'Omale de Laurent Gennefort
C : Bravo, vous savez lire


Quelques citations :


L’intelligence des Suivants était un don à double tranchant : on ne pouvait trouver réconfort dans aucune illusion.

Nous ne goûtons guère les arts visuels, au contraire de vous autres. Nous les comprenons, mais ils ne nous émeuvent pas. »
L’aveu choqua Rocky. Il pensa aux bandes dessinées dont il avait nourri sa liseuse. « Vous n’avez pas d’œuvres d’art ?
— Pas visuelles, non. Nous n’aimons pas beaucoup non plus la fiction, les contes. Il nous manque apparemment la capacité à nous immerger dans l’imaginaire.
— Elle est polie, Rocky, ricana Stan. Il ne lui manque aucune capacité. Ce qu’elle veut dire, c’est que c’est à vous autres humains qu’il “manque la capacité” de résister aux ruses hypnotiques des conteurs.





La longue Mars

février 20, 2017

Terry Pratchett, Stephen Baxter, L'atalante, 2015, 416 p., 10€ sans DRM 

 

La longue terre III. Après un premier tome divertissant, le second m'avait laissé de marbre. Ce tome renoue avec le divertissement spectaculaire, l'exploration de Mars, et la réflexion. De la très bonne SF populaire.


Présentation de l'éditeur :

 

La Primeterre est dévastée. L’éruption du Yellowstone a noyé les États-Unis sous la cendre et rendu inhabitable une grande partie de la planète. Des flots de réfugiés se massent dans les Terres parallèles adjacentes, bientôt surpeuplées. Il faut s’adapter pour survivre.
Dans ce contexte post-apocalyptique, l’énigmatique Lobsang décèle l’émergence dans l’humanité de jeunes surdoués à l’intelligence incomparable. Est-ce une chance ou une menace ? Il invite Josué Valienté, lui-même marginal dans son enfance, à enquêter auprès de la jeunesse atypique de Belle-Escale. Une jeunesse à laquelle Maggie Kauffman, commandant du dirigeable Armstrong II, aura affaire dans les circonstances les plus calamiteuses…
De son côté, Sally Linsay reçoit un message de son père, avec qui elle n’a plus de contact depuis le Jour du Passage. Le génial inventeur nourrit le projet de se rendre sur Mars afin d’en explorer les profondeurs parallèles, convaincu d’y faire une fabuleuse découverte. Laquelle ? Et surtout à quel prix ? 

Mon ressenti :

 

Nous retrouvons les personnages croisés dans les tomes précédents, juste après l'éruption d'un volcan sur les terres étasuniennes de la Prime Terre : Le commandant de twain Maggie Kauffman, défenseuse acharnée des droits des trolls, fidèlement accompagnée de son chat androïde; Josué à la recherche d'une sorte d’Homo superior, et de Sally Linsay, l'aventurière intrépide. Trois fils narratifs qui pourraient se résumé par Est-ce ainsi que les hommes vivent ?
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