Pour tant qu'il y aura des hommes




Les vacances, le ciel, le soleil et la mer. Sans compter la chanson de l'été, les tongs, les barbecues entre amis, la coupe du monde. Bref, c'est la joie dans les chaumières.
Mais moi toute cette liesse me débecte. Tous ces gens heureux en train de s'amuser me donne la nausée. Alors un peu de désespoir et de noirceur ne peut pas faire de mal...
Car comme le disait Léo Ferré :

Le Désespoir est une forme supérieure de la Critique. Pour le moment, nous l´appellerons Bonheur.

Alors je vous livre les paroles de ma chanson de l'été, tiré de l'album Du simple au néant, des Ogres de Barback. un texte qui n'a rien à envié aux romans les plus sombres de la SF....
Et plus bas, si vous êtes toujours d'attaque après les paroles, Le grand jeu de l'été ! Youpi.

Je pense que l'humanité n'est pas nécessairement la favorite de la nature,
Que l'humanité peut très bien disparaître,
Que nous ne sommes pas une espèce sacrée,
Qu'il y a eu 10 millions d’espèces animales jusqu’ici et que 9 millions ont été éliminées.
On est pas l'espèce élue comme on l'a cru longtemps.
La Nature peut très bien se passer de nous...
Et c'est nous qui pourrions nous éliminer.
[Hubert Reeves]


Dans un millénaire, on parlera encore de ce millénaire.
On ne sait jamais ce que le passé nous réserve, mais l'avenir ne reviendra pas.
Et dans ce millénaire, c'est ce siècle qui fera date, et qui fera tache.
Un siècle de turpitudes.
Nous en sortons exténués, inhibés, esquintés.
La queue entre les jambes de l'humanité.

Nuit et Goulag. Charnier et Brouillard.
Dans la nuit, les feux d'artifice projettent les ombres de la Kolyma, d'Hiroshima, et des trains pour Auschwitz, plutôt que le premier pas d'un homme sur la lune, Einstein tirant la langue, ou la beauté d'Ava Gardner.
Mais l'une des ruses de l'histoire veut que les siècles commencent et finissent là où ils veulent.
Ainsi de Sarajevo à Sarajevo, notre siècle a pris fin dans les débris de la chute du mur de Berlin.
Fini le siècle des grandes impuissances, voici venu le siècle de l'évidence :
Fin de l'histoire, Pensée unique, Nouvel ordre mondial.
Plus rien à voir, circulez.
Nous avons obtempéré.
Nous circulons, sans rien voir
[Daniel Mermet]

Les Ogres de Barback, Pour tant qu'il y aura des hommes

Sur le texte de Daniel Mermet, la littérature SF n'est pas avare en lecture : dystopie, anticipation sociale sont les genres à surveiller pour rafraichir votre misanthropie.

Mais, et c'est la question du Grand Jeu de l'été, que me conseillez vous sur le texte d'Hubert Reeves ? Ou, pour préciser, existe t-il des romans SF où le récit nous narre une aventure sans humains ? Je ne veux pas de livres qui racontent la déchéance de l'humanité et où l'Homme, à la fin du roman, déserte enfin la Terre. Je ne veux pas d'humain 2.0, d'élévation ou d’androïde anthropomorphe, mais une histoire sans humains, entièrement Autre de A jusqu'à Z. Allez, je veux bien une dizaine de pages sur la fin de l'humanité, mais pas plus. Car j'ai beau me creuser la tête, je n'ai pas de titres qui me viennent à l'esprit.
Qui dit jeu, dit cadeau, mais cela procurerait trop de joies et mettrait à mal ma misanthropie. Le seul bénéfice sera, peut-être, éventuellement, de voir le(s) roman(s) chroniqué(s) sur ce site. Et c'est déjà pas mal !

Pour conclure, un petit clip, non officiel, pour entendre la musique de cette chanson de l'été.
Attention, les images qui suivent peuvent heurter ceux qui ont encore un peu d'espoir en l'humanité.




Allez bonnes vacances. Et n'oubliez pas le principal, on crèvera tous !


10 commentaires:

  1. Ah, je me sens de bonne humeur maintenant, merci pour cet article !
    Par contre, je ne trouve aucune bonne réponse à ton grand jeu, et du coup ça m'interpelle aussi. "Dans la toile du temps" avec sa demi-histoire sur les araignées est peut-être ce qui s'en rapproche le plus ?

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    1. Je savais que ce billet pouvait combler nombre de personnes... J'aime pas la liesse, mais j'aime bien rendre service.
      Dans La toile du temps correspond à moitié à la question.

      Par contre, sur Facebook, on m'a conseillé le roman
      - Flatland d'Edwin Abbott Abbott, ou les protagonistes sont des formes géométriques
      - Un Monde en Pièces, roman graphique d'anticipation des frères Gry prenant pour cadre les pièces d'un échiquier

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    2. Je ne suis pas trop convaincu par "Un Monde en pièces" à la lecture du synopsis. Par contre, j'attends ta chronique de "Flatland" !

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    3. Il faut déjà que je le trouve, et après je m'y colle

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  2. Heureusement que l'oeuvre des Ogres ne se limite pas à cette chanson. Ils traitent souvent de thèmes graves sous des airs plus rock et plus festifs. Et c'est un groupe à découvrir.

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    1. Cet album est un plus sombre que les autres, ce qui en fait tout son charme. Un très bon groupe, à aller voir sur scène de préférence.

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  3. LOL!
    Ca c'ets de la présentation !

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  4. Bel été à toi aussi, et ne t'en fait pas, une météorite va bien se mettre sur tout passage pour mettre fin à toutes tes questions existentielles :P

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    1. Ben voilà une bonne nouvelle. Profite bien de tes dernières vacances aussi...

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