lundi 12 juin 2017

Avance rapide


Michael Marshall, Milady, 2014 (parution originale 1994), 384 p., 6€ epub sans DRM


Titre prémonitoire, j'ai un peu usé de l’avance rapide sur certains passages de ce livre à l’humour goguenard.


Présentation de l'éditeur :


Stark n’est pas un privé comme les autres. Il aime les chats et possède un goût inné pour choisir ses chemises. Plus encore, il a un don qu’il utilise dans les cas d’urgence. Un don tellement incroyable qu’il vaut mieux ne pas en parler. On le prendrait pour un fou.
C’est pourquoi, lorsqu’on lui demande de retrouver un haut-fonctionnaire qui a disparu, il ne s’attend qu’à une enquête banale… Mais voilà, l’affaire est plus compliquée qu’il n’y paraît et la solution tend dangereusement vers le passé de Stark. Un passé qu’il avait oublié, mais qui, en revanche, se souvient bien de lui.
Dans un univers à venir complètement déjanté où les objets parlent, où rêve et réalité règlent leurs comptes à grands coups de poing, Stark est le seul qui peut faire la différence, car il n’y a pas de retour en arrière possible et le temps presse.

Mon ressenti :


Quelques siècles dans notre futur, de gigantesques mégalopoles ont vu le jour, la mixité sociale n'est plus au goût du jour et chacun vit dans des Quartiers qui répondent à ses inspirations ou n'a pas eu de bol et croupira dans des quartiers qui lui sera impossible de partir. Le privé Stark a planté ses guêtres dans le Quartier coloré où il est de bon ton d'harmoniser sa tenue vestimentaire au risque de vous faire engueuler par les murs ! Il accepte d'enquêter sur la disparition d'un haut fonctionnaire du Quartier des Actionneurs où le temps est de l'argent. L'occasion de voyager à travers différents quartiers aux particularités parfois étonnantes, tel le Quartier Chat où habitent des ... Ou le quartier du son à cheval sur le bruit. Bref, je ne vous en dit pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte.



C'est très inventif, l'humour est présent à chaque paragraphe et on s'amuse à découvrir ces quelques Quartiers. L'occasion de rencontrer une foule de personnages plus barré les uns que les autres, ou des objets qui ont du répondant. Plus que l'enquête en elle même ou le privé, assez commun, c'est l'univers dans lequel ils sont qui donnent le potentiel au livre. Cela donne une première moitié qui se lit rapidement sans révolutionner le genre mais avec plaisir notamment du fait du ton gouailleur du narrateur.
Puis l'intrigue prend une tournure radicalement différente et nous emmène en plein inconscient à travers le Jeamland. La narration change de rythme, les situations prennent un tour plus psychanalytique et intropectif, le ton décalé s'amenuise. Ce pays m'a laissé froid et j'ai du de nombreuses fois utiliser l'avance rapide.

Un roman éclectique qui aurait pu être un agréable divertissement mais dont je n'ai pas réussi à suivre la tournure des événements.

Le maki en sort très déçu, le papillon dans la lune y a fait une belle découverte

Quelques citations :


Quelques explications. Il y a très longtemps, les cités étaient organisées en fonction de la race et du niveau de vie de leurs habitants. Plus maintenant. Les gens ont dû trouver que ça n’avait pas grand intérêt… Passer son temps à haïr ses voisins était sans doute trop fatigant. En même temps, le concept de ville s’est modifié. Quand une capitale couvre soixante-dix pour cent d’une nation, les choses doivent être organisées un peu différemment.
Les quartiers sont devenus des Quartiers, des États libres. Les habitants d’un Quartier apprécient la même chose. Si on n’aime pas, on fout le camp pour trouver un coin plus à son goût.
Sauf si on naît dans un Quartier pourri… Dans ce cas, on reste où on est. Certaines réalités ne changent jamais. Et alors ?

Mon gadget était une Grenade-Rhume. Toute personne se trouvant à moins de deux mètres de l’explosion chopait une crève maximale avec tous les effets secondaires : rhinite, mal de crâne, toux, courbatures, la totale. Rien de fatal mais, une fois atteint, on n’a qu’une envie, rentrer chez soi, prendre un grog et se glisser sous la couette pour regarder des vieux films. L’idée de courir après un malade mental dans un tunnel noir vous fait déjà mal à la tête.

Il y a un dieu, quelque part, dont la seule fonction est de me pourrir la vie. Vous allez dire que je le cherche en acceptant des missions de ce genre. Mais ne vous y trompez pas : le méchant petit dieu participe à mes ennuis. À l’autre bout de l’Univers, un type a passé un pacte avec les autorités en place. Il a vendu son âme contre une vie sans emmerdes. Comme il a bien fallu faire quelque chose avec ces chieries surnuméraires, on me les a données.

La rébellion et la révolution sont des idées nocturnes, des pensées de 2 heures du matin – le résultat des yeux cernés et du café noir. Les révolutionnaires et les activistes ne seraient pas si virulents si on les couchait à 23 heures.


 
 
 

2 commentaires:

  1. Encore une fois nous sommes d'accord... cela aurait pu être bien mais au final non !

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    1. J'ai lu ta critique trop tard... On ne m'y reprendra plus.

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