La nuit des cannibales

 

Gabriel Katz, Pygmalion, 2017, 384 p., 14€ epub avec DRM

De la trilogie Le puit des mémoires, j'ai gardé en tête une plume efficace et pleine d'humour.
Je ne pense pas avoir déjà lu de romans avec des cannibales, alors qu'en les deux sont réunis, pourquoi ne pas y regarder de plus près ?

 

Présentation de l'éditeur :


«Le réveil, déjà... Il est sept heures. Bizarre, j’aurais juré l’avoir réglé sur huit. Sous ma main, la table de nuit est plus basse que d’habitude. La radio gueule un truc qui ressemble à Madonna ou Lady Gaga, bref ce n’est pas France Info. Je me lève dans le noir et me demande d’où vient cette infâme odeur de pieds. Je n’ai jamais senti des pieds de ma vie, et même si j’ai assez bu pour me réveiller dans un lit qui n’est pas le mien, ça n’a jamais fait puer personne. L’interrupteur, enfin, me tombe sous les doigts. J’allume.
Je regarde mon bras... qui n’est pas mon bras. Mon nez me paraît pointu, mes pommettes aussi. Putain, je ne suis pas moi.»
Lorsque Maxime de Retz, homme d’affaires de 43 ans, se réveille dans le corps d’un ado, la situation est pour le moins embarrassante. Mais, quand on essaie de l’assassiner, là, tout part carrément en vrille.

Mon ressenti :


Se réveiller dans la peau d'un autre n'est pas une idée des plus originale, et peut rappeler une série de films avec un certain Christophe Lambert. Mais l'auteur se démarque un peu dans l'explication de cette métempsychose.

Gabriel Katz prend son temps pour nous révéler le pitch de départ, une centaine de pages. Le temps de faire la rencontre avec quelques personnages qui ont comme particularité de s'être réveillé dans le corps d'une autre personne. L'occasion de nombreux moments d'humour : se retrouver dans un corps adolescent avec une famille inconnue n'est pas si facile à gérer. Les vieux se rappellent leur jeunesse perdue au travers de ces corps jeunes. Les péripéties enchainent assez rapidement, les pages aussi. On se surprend à sourire face à quelques bon mots ou situations croquilognesques et on a envie de savoir ou tout cela va nous mener.
Par contre j'avais souvent l'impression qu'il s'agissait plus d'un retour dans le passé que d'un réveil dans la peau d'un autre : dans la façon que l'auteur se moque des étrangetés du quotidien, du mode de vie ou de la décoration des intérieurs. Le mode de vie entre vieux et jeunes est certes différents.mais le fait de mettre en les mains de ces ados de vieux téléphones, de décrire des intérieurs vieillissants a fait que je ne savais plus trop où j'en étais. 

Côté personnages, et bien il y en a. Et il y a de l'action surtout. Les personnages font ce que demandent la trame du livre. Si vous cherchez plus, pas de bol. Dans sa trilogie du Puits des mémoires, l'auteur nous faisait réfléchir sur l'identité, ici, nous sommes face à un page turner pur et dur et si réflexion il y a, elle se résume à deux trois phrases. Les plus jeunes d'entre vous risquent de ne pas saisir les situations où l'auteur se moque de la jeunesse, les plus vieux d'entre vous se diront sûrement que c'est un bouquin pour les jeunes vu le manque de réflexions. Bref, pas sûr que ce roman trouve son public.

Au final, nous avons Perte de mémoire + Tueurs aux trousses, soit le pitch du Puits des mémoires, on ne peut dire que Gabriel Katz se renouvelle, à part passer de la fantasy au fantastique.
Ça se lit très rapidement, sans prise de tête. Vite lu, vite oublié. Mais bon, j'ai repensé à Christophe Lambert et ça, ça n'a pas de prix, pas comme ce roman. 384 pages d'après l'éditeur : l’ayant lu en numérique, je pense que le texte a été bien aéré. Un prix élevé au vue du nombre de pages  et en plus des DRM.

Quelques citations :


Les gens ont beau savoir ce que je suis, ils s’entêtent à me voir comme ce que j’ai l’air d’être.

Bref, j’ai une agence de mannequins, qui marche assez bien pour m’avoir payé ma classe E, mon appart, et ma Rolex – d’occase, mais deux mille euros quand même. Je m’habille en noir, parce que dans mon milieu, c’est ça ou s’habiller créateur, or je me contrefous des fringues. Je me suis fait pousser une petite barbe, c’est la mode, et puis ça va bien avec mon style. Je me suis offert la dernière télé 3D, que je n’ai jamais regardée en 3D, parce qu’il n’y a pas beaucoup de films en 3D, mais quand il y en aura, j’aurai déjà la télé. J’ai un iPhone, un iPad, un iPod, trois crédits dont un sur vingt ans, et une pension alimentaire qui me rappelle tous les mois qu’il n’y a rien de plus con que le mariage.



3 commentaires:

  1. Ah! Là ru refroidis mes ardeurs!!!
    Le nombre de pages n'est pas si révélateur, je lui préfère le nombre de mots, ou encore avec Kobo, une estimation du temps de lecture.

    Bon je verrai à l'occasion, mais je n'ai pas envie d'une redite du Puits pour l'instant.

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    1. @lutin82 : Yogo a répondu à ton questionnement, fourchette basse donc.
      Un livre distrayant, mais sans plus.

      @yogo : merci

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