Valérian et la Cité des mille planètes

Film de Luc Besson, 2017, 02h20




Tremble industrie de l'entertainment américaine, tremble. Les bouffeurs d'escargots dégainent leur arme ultime pour venir conquérir vos parts de marché. Super Luc signe un blockbuster valant bien de nombreux nanars US


Présentation :


Au 28ème siècle, Valérian et Laureline forment une équipe d'agents spatio-temporels chargés de maintenir l'ordre dans les territoires humains. Mandaté par le Ministre de la Défense, le duo part en mission sur l’extraordinaire cité intergalactique Alpha - une métropole en constante expansion où des espèces venues de l'univers tout entier ont convergé au fil des siècles pour partager leurs connaissances, leur savoir-faire et leur culture. Un mystère se cache au cœur d'Alpha, une force obscure qui menace l'existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valérian et Laureline vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l'avenir de l'univers.

 

Mon ressenti :

Je n'ai pas lu les BD, mais j'ai vu le film.
Et j'aurais sûrement du faire l'inverse...

Évacuons tout de suite les sujets fâcheux du film :

- Casting : Acteur est un métier, pourquoi n'avoir alors pas pris des gens dont c’est la profession pour faire le film ? Grande question.
Valerian est une tête à claque ainsi que sa partenaire, madame Moue. Lui a le rôle du tombeur, l'autre de celle qui fait semblant de lui résister. Aucun d'eux ne va mourir, et ils vont se rouler une galoche dans les toutes dernières secondes du film, quel suspens.

Moue 1 en bikini
Moue 2 en armure

- Voix : J'ai regardé le film en VF et j'ai bien rigolé en entendant les premiers mots de Laureline. Quelle ton pourrait on donner à une "belle" blonde ? Quelques réunions stratégiques plus tard : suave et sensuelle ! La bonne blague.

- Les ET : Dieu a fait l'homme à son image, et l'homme a fait l'alien à la sienne. Tous les aliens nous ressemblent : une tête, deux bras et deux jambes ! La seule différence est qu'ils ont utilisé à plein le nuancier de peinture de leur partenaire Leroy Merlin, ainsi que sa gamme de silicone pour rajouter un gros nez ou de grosses lèvres

Peinture Valentine ton taupe ref:45895 - Silicone imitation bois ref:89657
 
 - Durée : Film de SF oblige, les plus de deux heures règlementaires sont respectés et c'est long. La première partie passe cependant assez vite, mais dès que l'action semble être en branle, c'est long, long.
Alors on remplit. Comme on a signé un beau gros chèque à Rihanna, autant qu'on la voit faire son numéro. (Pas de bol, elle est pas aussi bonne danseuse que le réalisateur pensait, il a fallu prendre une doublure et engager une équipe à plein temps pour les effets spéciaux). Çà permet de rajouter des scènes qui ne servent à rien, mais on a pu lorgner sur son décolleté, ses guiboles et son maquillage Maybeline.
La même scène chez Télérama ou quand des intellectuels veulent se la jouer : 

Au coeur du film, encore une créature féminine, et pas n'importe laquelle : la chanteuse Rihanna, dans un superbe numéro transformiste qui finit en une belle métaphore sur les apatrides et les sans-papiers.

- Scénario : le budget a été alloué aux effets spéciaux, on fait dans l'américain, on oublie. Alors oui, je me promène en armure de la mort of death pour me laisser enlever par le premier ET venu sans broncher. Je suis blonde, je peux pas penser à tout et il faut bien que mon prince vienne me sauver.
Et oui je casse la gueule au méchant très méchant pour lui apprendre à respecter son prochain et par là, je ne respecte plus ma hiérarchie, pour deux secondes plus tard faire un laïus sur "j'suis un militaire moi, je respecte les ordres" Mais bien sûr.
La liste est trop longue pour signaler toutes les incohérences et grotesque des situations, gageaons que vous trouverez votre bonheur chez l'odieux connard.
 
- Le paradis : depuis toujours, pas de changement : ciel bleu, plage blanche de sable fin, mer turquoise et indigènes très indigènes ! Ben voyons, même au 28ème siècle, les représentations ont du bon. Bien la peine aussi de tirer sur la corde humaniste pour nous montrer des images comme celles là.

Juste avant leur expulsion pour l'arrivée de Denis Brogniart
- Niaiserie : Luc Besson est aux manettes et c'est un indécrottable optimiste : alors oui l'amour, la paix, le vivre ensemble sont là et feraient même gerber un bisounours. Et vous rereprendez bien un peu de mysticisme religieux...


Ayant évacué les sujets qui fâchent, nous pouvons parler sereinement du reste. Reste qui se réduit à peau de chagrin : côté positif, une scène m'a surpris, celle où Laureline est un coquetier géant, je ne l'avais pas vu venir et j'ai trouvé ça drôle, et je l'avoue, j'ai même ri.
Et pour une fois, pas d'imprimante 3D, mais une jolie bestiole tout mimi qui duplique tout.

Le mot de la fin laissé à Télérama (et ils n'ont pas tout a fait tort, n'est ce pas la principale critique faite aux pulps et  au space op ?)
Alors, oui, peut-être, comme souvent chez Besson, le scénario est simpliste : le bien, le mal, avec des flash-back pour être sûr que tout le monde a bien compris. Mais il y a quelque chose qui fait un bien fou dans ce blockbuster : la candeur. Des rétifs dans la salle ? Dans l'espace, on ne les entendra pas ricaner...


Vert a trouvé le film sympathique, Alias a un avis “mitigé” tirant légèrement vers le “toupourri” et Lhisbei est très bon public, elle a ri deux fois aux blagues de Besson, c'est tout de même le double que moi.

16 commentaires:

  1. Des billets critiques toujours intéressants, qu'on ait vu ou pas, qu'on partage ou pas ton avis, les billets sont toujours inventifs (et malgré la multitude de blogs il n'y en a pas tant que ça qui le propose) et plaisants à lire. Merci !
    ___
    Une petite précision toutefois, si je peux me permettre.

    Les "pulp magazines" on été un support, dans lequel ont paru ou sont apparu une multitude de genres(et de sous-genres): S-F, polar hard-boiled, etc..
    Alors que le "space opera" est justement un de ses sous-genres. Mettre "pulps" et "space opera" côte à côte, donne l'impression que les "pulps" sont un genre en soi. [-_ô]

    J'espère que tu excuseras cette maniaquerie "taxonomique".

    Cordialement.

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    1. Merci Artemus pour tes compliments.

      Tu es tout excusé. Quand je faisais référence aux pulps, c'était plus pour parler de l'"esprit pulp". Tu as donc bien fait de préciser pour éviter tout malentendu.

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  2. Mouais, quand je vois Besson, moi, je part en courant !

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  3. Parfois j'aime ce que fait Besson parfois moins.
    Vu dans la famille - enfin, tous sauf moi car j'tais malade - et les retours sont conformes à ton ressenti. Un acteur tête à claque... et là, j'arr^te car c'est le perso principal et j'ai as envie de me faire c***

    Donc, je passe.

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    1. Beaucoup d'erreurs de casting dans ce film. Si il n'y avait que ça, cela aurait pu passer avec un bon directeur d'acteurs et un scénario. N'est pas Bresson qui veut.

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  4. cette histoire de coquetier m' intrigue......

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    1. Pour assouvir ta curiosité, il ne te reste plus qu'à visionner ce chef d'oeuvre du septième art. Et me pardonner pour ce supplice.

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  5. Ce film aura au moins une qualité : nous permettre de lire cette plaisante critique. =P
    Je souligne par contre un point : concernant le choix des "acteurs", Besson n'a-t-il pas justement voulu se rapprocher de certains films américains ? Il suffirait qu'il ait vu Star Wars 7 juste avant de se décider...

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    1. Merci.
      Je pense que le choix des acteurs a été murement réfléchi pour faire des entrées, pas un bon film !

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  6. C'est sûr que les acteurs n'aident pas à apprécier le film, c'est vraiment dommage que Besson n'ait pas voulu investir dans des têtes d'affiche (le film aurait sûrement mieux marcher aux Etats-Unis en plus).
    C'est pas plus mauvais qu'un blockbuster américain moyen et visuellement ça reste joli (c'est une belle prouesse pour un film français quand même xD)

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    1. Je suis d'accord avec toi, ce film vaut bien de nombreuses adaptations américaines, mais devant la pléthore de sortie, il aurait mieux fait de jouer à se démarquer du lot, et en choisissant comme tu le dis des acteurs qui savent jouer.

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  7. Excellent retour qui me rappelle de mauvais souvenirs. Le pire, le duo d'acteurs qui m'avait totalement fait sortir du film, notamment le fait que leur jeu ne cesse d'appuyer énormément sur leurs pulsions hormonales.

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    1. Une direction d'acteur déplorable, un mauvais choix de comédiens et plouf l'immersion.
      Par contre, à part quelques scènes un peu trop appuyées, je n'ai pas trouvé que les "pulsions hormonales" étaient trop présentes. Disons plutôt qu'elles ne prennent pas trop le pas sur le sujet principal.

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  8. La scène du coquetier chapeauté est vraiment pas mal, oui (pour le reste, on repassera). Je n'ai toujours pas lu les BD non plus. je crois que le film m'a vacciné...

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    1. Je suis d'accord, le film n'a pas du beaucoup tenter les foules de passer voir ce qu'il en était de la BD.
      Et pour la fameuse scène, j'étais déjà en train de faire ma mauvaise langue lorsque je l'ai vu arriver dans cet accoutrement. Et paf, retournement de situation.
      Seul Point positif sur 02h20

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