Coeurpol

 

Marie-Catherine Daniel, Géphyre éditions, 2024, 320 p., 8€ sans DRM


Une chèvre, un chameau, des rats, des mouettes et des éclopés...

 

Pitch de l'éditeur : 

Deux histoires dans une société post-apocalyptique, où l’entraide, la solidarité, et l’allégresse permettent de surmonter maladies et difficultés liées aux handicaps, dans la joie et beaucoup d’amour.

 

Mon ressenti : 

Dès les premières pages, je me suis demandé où je mettais les pieds. Le démarrage est déconcertant : la femme de Pedro est morte, son fils s’appelle Chameau et sa mère est une chèvre. Simple, non ? Vous comprenez pourquoi j’ai d’abord été décontenancé, avant de saisir, quelques pages plus tard, la logique sans faille de cet état de fait.

Nous sommes ici dans un post-apocalyptique original et iconoclaste, qui réussit l’exploit d’être lumineux malgré son décorum. Cette clarté, on la doit à une galerie de personnages qui se démène pour s'en sortir. Dans cette ville, la pollution a ravagé les corps et les esprits : tous sont handicapés, physiquement ou mentalement. C’est un texte profondément humain et inclusif sans même que l'on s’en rende compte. C'est d'ailleurs à regret que j'ai quitté cette bande de dingues si attachants.

La seconde partie nous offre un autre point de vue, à peine esquissé dans le premier texte: celui de  Nouvelle Aube, une société qui a su préserver sa technologie malgré l'apocalypse. Une expédition est envoyée chez les tarés après avoir repéré de la verdure sur des images satellites. Le monde, qui n'était que lointainement dessiné, prend ici toute sa mesure. En revanche, on progresse en terrain plus connu : le voyage va révéler que l'humanité se trouve davantage chez les exclus que dans cette société préservée. Si le premier texte intégrait l'inclusivité avec subtilité, ce n'est plus tout à fait le cas ici : le propos devient plus démonstratif, délaissant un peu le « show don't tell » au profit du message.

Ceci dit, il est si rare de trouver des récits post-apocalyptiques joyeux et découvrir ces tarés fut un immense plaisir.


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