jeudi 12 mai 2016

Les Derniers jours de mai : Un navire ancré dans le ciel - La Mort marchait dans les rues :

Roland C. Wagner, Les moutons électriques, 1989, 384 p., 4€ sans DRM


Ce roman est une réédition en un volume de deux livres (Un navire ancré dans le ciel, La mort marchait dans les rues), forme conforme au désir de Roland C. Wagner. A l'origine, ce texte faisait partie du livre Histoire du futur proche paru en 2014, désormais épuisé. Une version électronique de ce roman est néanmoins disponible auprès de l'éditeur Les moutons électriques.

Nous sommes en 2013 dans un Paris d'anticipation (roman écrit en 1979). Une chasse à l'homme entre un meurtrier aux pouvoirs extrasensoriels et un policier. Mais rien n'est aussi simple, la réalité n'a pas l'air d'être ce qu'elle devrait être. Et d'autres événements viennent semer le trouble.

Roland C. Wagner tisse ici les premières trames du cycle Histoire d'un futur qu'il construira durant vingt ans. Des évènements étranges (nous y reviendront plus tard) ont provoqué l'apparition de mutants aux talents parapsychiques. L'Europe décide d'intégrer cette population nouvelle, ce qui n'est pas de l'avis de notre patrie. La France se retire de l'union européenne afin de s'abstraire de l'intégration des mutants et de traités bioéthiques trop contraignants. Les services publics sont à la peine, la police est laissée à l'abandon et la sécurité abandonnée à une milice privée. Les autorités s'intéressant plus à leurs intérêts privés plutôt qu'au bien commun.
Le futur dessiné par l'auteur n'est pas très reluisant mais fait preuve d'une certaine clairvoyance lorsque l'on fait le parallèle avec notre époque.

Pour les connaisseurs du cycle, ce roman en jette les prémisses. Les évènements étranges décrits seront la future Grande Terreur primitive ; le Dragon Rouge, un des archétypes de la psychosphère ; le narrateur principal est l'esquisse du personnage Tête de mort qui apparaitra plus loin dans le cycle, dont Tekrock avec le fameux Baron roux et La marquise.

La partie thriller est bien menée, les personnages bien écrit si on considère la maison d'édition qui a initialement édité le livre (Fleuve noir).
La dernière partie retrace l'errance de Killer dans une capitale mise à sac par une guerre civile. L'errance du narrateur rejoint celle de Paris. Nous sommes en plein trip halluciné et crise de manque, les fils narratifs se mélangent, se séparent et se rejoigne. le combat fait rage, la démocratie est en péril, l'humanité sur un fil, et un homme se bat contre son addiction à l'héroïne. Il faut accepter de se laisser entrainer par la plume de Roland C. Wagner, perdre pied, ne plus savoir où est la réalité. L'errance devient psychanalyse, les concepts se brouillent et s'altèrent. le style colle parfaitement au besoin du récit.
Pour ma part, j'ai eu un peu de mal à me laisser porter par cette errance physique et mentale à la recherche d'une identité. Mais cela m'a permis de découvrir une autre facette de l'auteur.

Version électronique à 3.99€ sans DRM. Merci Les moutons électriques.


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