mercredi 11 mai 2016

Les quinze premières vies d'Harry August

Catherine Webb, Editions Delpierre, 2014, 432 p., 6€ epub sans DRM


Harry August se retrouve sur son lit de mort. Une fois de plus.

Chaque fois qu’Harry décède, il naît de nouveau, au lieu et à la date exacts auxquels il est venu au monde la première fois, possédant tous les souvenirs des vies qu’il a déjà vécues. Peu importent ses actions ou ses choix, le processus est toujours le même. Harry ne sait comment ni pourquoi, seulement qu’il en existe d’autres comme lui.

Alors qu’arrive la fin de sa onzième vie, une petite fille apparaît à son chevet. « J’ai bien failli vous rater, Docteur August, dit-elle. Je dois vous transmettre un message, passé d’enfant à adulte, d’enfant à adulte, à travers des générations depuis mille ans dans le futur. Le voici : « Le monde se meurt, et nous ne pouvons rien y faire. À vous de jouer. » »



Comme le titre énigmatique le dit, ce roman est l'histoire des quinze premières vies d'Harry August. Il nous raconte, comme le ferait une personne à la fin de sa vie, les épisodes marquants qu'il a traversés.
La mémoire étant ce qu'elle est, nous passons d'une anecdote à une autre, le fil conducteur n'étant visible que par le narrateur.
La construction du roman rend très bien ce point de vue non linéaire.
La contrepartie, le livre est difficilement compréhensible dans les cent premières pages. J'ai même lu des passages en entier en diagonale. Nous ne savons pas trop où tout cela va nous mener.
Puis vient la rencontre avec le cercle Cronus. Ici tout s'éclaire, s'accélère, il est difficile de refermer le livre avant de l'avoir terminer.

Harry est un être qui renait toujours avec la mémoire de ses anciennes vies. Il n'est pas le seul, d'autres connaissent le même sort.
Que faire de sa vie lorsque celle-ci n'est que répétition ? Rendre le monde meilleur ? Jouer à Dieu ? Profiter ? Quel sens donné à sa vie ?
Mais le monde se meurt… En se rapprochant de plus en plus.

« Je suis Harry August, né le jour de l'An 1919.
J'ai soixante-huit ans.
J'ai huit cent quatre-vingt-dix-neuf ans.
J'ai tué directement soixante-dix-neuf hommes[...] J'ai été témoin de quatre suicides, de cent douze arrestations, de trois exécutions [...]. J'ai vu le mur de Berlin se dresser et tomber, se dresser et tomber. J'ai vu les tours jumelles s'effondrer dans un nuage de flammes et de poussière, j'ai parlé avec des hommes qui rampaient dans la boue de la Somme, j'ai écouté des récits de la guerre de Crimée, j'ai entendu des chuchotements en provenance du futur, j'ai vu les tanks pénétrer sur la place Tian'anmen, j'ai parcouru à pied le trajet de la Longue Marche, j'ai goûté la folie à Nuremberg, j'ai vu mourir Kennedy et contemplé l'éclair d'une détonation nucléaire depuis l'autre côté de l'océan. »

La psychologie des personnages est très bien construite, l'histoire documentée, le style simple, la construction réussie, la fin attendue et inattendue.
Nous alternons entre passé, science et psychologie, de manière fluide et sans trop de lourdeur.
La communication entre ouroboriens et kalachakras (par contre, je n'ai pas compris la distinction entre ces deux termes, si quelqu'un peut m'aider dans les commentaires) à travers les siècles intéressante.

Difficile de critiquer ce roman sans en dévoiler l'intrigue.
Mieux que tout commentaire : à vos libraires.

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