vendredi 10 juin 2016

Le camp

Christophe Nicolas, Fleuve Éditions, 2016, 400 p., 14€ epub sans DRM



Un hameau perdu des Cévennes, tous les habitants disparus, sauf un nourrisson qui hurle.
En quelques chapitres courts, nous voilà pris dans l’histoire. L’inexplicable vient de survenir dans le réel.

Le cadre : un milieu rural, parfois rustre, taiseux où l’on se méfie de l’étranger, de celui que l’on ne connait pas. Où les rumeurs sont plus importantes que la vérité. Un institut pour déficients mentaux. Une base militaire.
Les personnages croqués sont rarement les plus évoqués dans la littérature : ils ne sont pas assez vendeurs d’après les éditeurs qui préfèrent les CSP++, il faut bien faire rêver la populace.
Des références à X-Files et son fameux Mulder, au téléfilm La controverse de Valladolid, et bien d’autres encore.

Christophe Nicolas a le chic pour nous égarer, lançant des pistes sur le mystère : un complot militaire ? Un phénomène fantastique ? Des extra-terrestres ? Nous perdons nos repères et nous avons hâte de finir le livre. D’autant que l’auteur alterne les chapitres avec différents points de vue, se situant parfois dans le passé.

Vers le milieu du roman, nous quittons l’univers surnaturel pour une ballade, bien que sympathique, plus ancré dans le réel.
Puis les révélations commencent à se faire. Et là, j’ai été déçu du tour pris par l’intrigue. Les explications données par l’auteur sont minimalistes et une bonne suspension de votre incrédulité est de mise. L’originalité n’est plus de mise. A trop vouloir perdre le lecteur, j’ai eu l’impression que l’auteur n’arrivait pas à conclure son histoire de manière satisfaisante.

Ceci dit, c’est un roman riche en suspense et un agréable divertissement dans sa première moitié.



Les romans, eux, ne marchaient pas à tous les coups. Les premières minutes de lecture s’avéraient toujours périlleuses, le désespoir tapi derrière chaque phrase, prêt à lui sauter à la gorge. Mais quand elle parvenait à se plonger dans l’histoire – des romans noirs de préférence, sans aucune trace de romance –, réellement dedans, elle reprenait vie, l’espace d’un instant, dans la peau d’un autre. Ça ne durait jamais longtemps, juste assez cependant pour échapper au néant, remonter à la surface et reprendre assez d’air pour affronter les ténèbres jusqu’à la bouffée suivante.


Marie fut éjectée sur le côté tandis qu’elle contemplait encore son poignet. Un bracelet fluo, impossible à ôter sans le casser, comme dans les festivals de rock. Étrangement, l’image qui lui venait à l’esprit était plutôt celle des boucles d’identification, orange elles aussi, qu’on fixait aux oreilles des vaches.


« Survivre, c’est pas ça ! Il y a un minimum, merde ! Si pour t’en sortir, tu as besoin de démolir les autres, alors tu n’es plus un homme et tu mérites de crever ! »
Mais la dernière phrase condamnait également celui qui l’avait prononcée.

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