lundi 13 juin 2016

Un ange s'est pendu. Le faisceau chromatique : tome 1

Roland C. Wagner, Fleuve noir, 1988, 192 p., épuisé

 


Roland C. Wagner nous narre une époque que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaitre : un temps où fumer au resto, en sortir bourré et reprendre son volant pour se finir dans un bar n’était pas répréhensible.

Il est l’auteur du monumental cycle Histoire d'un futur lui-même subdivisé en deux parties, dont le plus connu est Les futurs mystères de Paris composé de 9 romans.
Le faisceau chromatique précède cet ensemble et comporte trois tomes parus aux éditions Fleuve noir dans la mythique collection Anticipation. Collection qui aimait découper les romans de ses auteurs en plusieurs parties pour faire durer le plaisir et grossir leur tirelire.

Quatre comparses se retrouvent bloqués dans des mondes parallèles après une soirée bien arrosée. L’événement déclencheur est un ange retrouvé pendu à un réverbère… Rêve ou réalité ?

Nous retrouvons ici les marottes de Roland C. Wagner : la musique, la drogue (en particulier le LSD) et l’humour, le tout lié par le psychédélisme. Un des premiers romans qu’il a écrit et cela se ressent fortement : beaucoup trop de dialogues qui n’apportent rien, un univers que l’on pressent riche mais qui n’est qu’effleuré.

Nous sommes clairement devant un brouillon de son Histoire d’un futur. Les connaisseurs du cycle prendront plaisir à retrouver certains éléments fondateurs ou mineurs (le chien jaune), les autres risquent de ne plus lire de cet auteur. A ceux là, je vous conseille ses futurs mystères de Paris, œuvre plus mature et plus accessible, bien qu’inégale en qualité.

"Elric pressa le pas en apercevant la forme blême de son bâtiment. Il avait hâte de se glisser dans son lit. Il était presque arrivé à la porte vitrée quand il distingua un vague mouvement à la périphérie de son champ visuel. Une hallucination du coin de l’œil provoquée par l’alcool ? Il pivota d’un quart de tour, sur ses gardes. Plusieurs habitants de la résidence avaient en effet été attaqués et roués de coups par une bande de rockloubs la semaine précédente.
Mais ce n’étaient pas des rockloubs.
Ce n’était qu’un ange, qui se balançait doucement au bout d’une corde nouée à un réverbère."
"Ce qui compte, c’est pas de savoir si Hersant contrôle 60 ou 80 % de la presse régionale, ni s’il est actionnaire de la Cinq ou de la Six, ni même s’il possède Le Figaro ou Libération… De tout ça, on s’en fout. Hersant ou Goldsmith, Guy Lux ou Drucker, Chirac ou Mitterrand ne sont que des symboles, des figures de proue, des représentations à forme humaine de courants d’influences et de facettes du pouvoir. On peut se passer des noms du moment qu’on connaît les éléments essentiels. Dire « Hersant », c’est simplement un moyen plus rapide d’exprimer les idées de pouvoir de la presse et de l’argent, de monopole – médiatique ou non – et de droite, au sens politique du terme, ainsi que quelques autres que je ne vais pas m’amuser à détailler. De même, Guy Lux symbolise la culture « ringarde », voire l’absence totale de culture…"

"À quoi pensez-vous quand je vous dis « Billy » ?
Au rock, répondit Vince, hilare. Le rock à Billy…"




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