mardi 8 août 2017

Le monde vert


Un Luc Besson avant l'heure : un univers riche, de l'action et une absence totale d'histoire et de personnages. Le tout baignant dans le mysticisme.

Présentation de l'éditeur : 


Dans cinq milliards d’années, le Soleil est près d’exploser. La Terre est devenue une jungle omniprésente dont les lianes s’étendent jusqu’à la Lune en une surprenante toile d’araignée tissée par les Travertoises. Au fil des millénaires, en effet, notre satellite a ralenti sa course et surplombe désormais toujours la même face de la Terre. Gren et sa compagne Yattmur, ultimes descendants de la race humaine, parcourent cette jungle, d’un monde à l’autre, à la recherche de leurs semblables et de quelque chose qui ressemblerait à l’Ancien Temps... 

 Mon ressenti :

Prix Hugo en 1962, considéré comme un classique de la SF, j'ai un peu de mal à comprendre pourquoi. Après quelques recherches, ce roman n'en ai pas un, il s'agit d'un fix up de cinq nouvelles et cela se ressent parfois dans la non conclusion de certains périples.

Très loin dans le futur, le soleil est en fin de course, l'homme ne s'est pas révélé le plus adapté à cette évolution, à l'inverse de la flore, omniprésente et dangereuse. On voyage en compagnie de quelques personnages dans ce monde à l'imagination débridée mais très vite survolée. Les péripéties s'enchainent sans temps morts, le lecteur n'a pas le temps d'apprécier le monde créé par l'auteur.
"Roman imagé, roman de visionnaire, Le Monde vert est avant tout un spectacle."
Le science-fictionnaire, Stan Barrets
On pénètre très,trop, rapidement dans cette foret gigantesque, l'action bat son plein, les cadavres se ramassent à la pelle (comment les Hommes ont-ils pu résister jusque-là demeure un grand mystère)
Plus dérangeant, le récit est souvent coupé par des explications sur l'évolution de la flore et la faune, l'auteur n ayant pas réussi à les intégrer dans la narration de manière convaincante.
Les personnages sont à peine esquissés, une psychologie primaire : moi chef, toi obéir. Si toi pas content, toi banni et na !
Le tout finit dans un gloubi boulga mystico-religieux

Quelques passages durs à avaler : des araignées mutantes longues de quelques kilomètres ont tissé des toiles reliant la lune à la terre ! Une morille symbiotique qui aurait pu être crédible mais rend plutôt l'ensemble grand-guignol. 
Peut être novateur en son temps, je pense que c'est un texte profondément ancré dans une période historique de la société et du courant littéraire. Bref, le lire de nos jours n'est pas la panacée.

Seul bénéfice que j'en ai tiré :  j'ai appris qu'on peut très bien lire en diagonale sur une liseuse.
Un autre roman Croisière sans escale à l'air plus convaincant, l'avenir nous le dira...

Il n'existe pas de version numérique légale.

J'aurais du lire l'avis de Xapur avant de commencer ce roman !

 

8 commentaires:

  1. Je vais passer mon tour, les araignées mutantes dignes des années 60 ne m'attire pas plus que çà ! ;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je comprends. En outre le livre ne procure même pas le plaisir de ces vieux films.

      Supprimer
  2. Réponses
    1. Je viens d'aller lire ton ressenti. J'aurais du le faire avant.
      J'ai adoré ton "roman écrit après indigestion de… morilles"

      Supprimer
  3. Une histoire abracadabrantesque. Sans moi, mais ravi de savoir qu'un tel livre existe et qu'il a reçu un Hugo ! Dès le début tu m'as refroidi avec la référence à Besson.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La référence était là pour faire peur.
      Un prix littéraire reste le reflet de son époque et de ses juges.

      Supprimer
  4. On l'avait lu en lecture commune sur feu le Cercle d'Atuan en 2010 (et on n'en garde pas un bon souvenir ^^)

    RépondreSupprimer
  5. Tant d'éloges... ça me refroidit. Et pourtant, ce roman est dans ma PAL, ouille !

    RépondreSupprimer