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Vers les étoiles

décembre 14, 2020

Mary Robinette Kowal, Denoël Lunes d'encre, 2020, 560 p., 17€ epub avec DRM

 

Prix Hugo, Prix Locus, Prix Nebula, Prix Sidewise,
De quoi te mettre des étoiles pleins les yeux,
d'ici quelques tomes...


Présentation de l'éditeur :

1952. Une météorite s’écrase au large de Washington, dévastant une grande partie de la côte Est des États-Unis et tuant la plupart des habitants dans un rayon de plusieurs centaines de kilomètres. Par chance, Elma York et son mari, Nathaniel, en congé dans les Poconos, échappent au cataclysme et parviennent à rejoindre une base militaire.
Elma, génie mathématique et pilote pendant la Seconde Guerre mondiale, et Nathaniel, ingénieur spatial, tentent de convaincre les militaires que la météorite n’a pu être dirigée par les Russes. Mais, ce faisant, ils découvrent que la catastrophe va dérégler le climat de manière irréversible et entraîner, à terme, l’extinction de l’humanité.
Seule issue : l’espace. Une coalition internationale lance un programme spatial de grande envergure… inaccessible aux femmes. Elma compte pourtant bien y prendre part et devenir la première Lady Astronaute.


Mon ressenti :

Cela commence sur les chapeaux de roues, alors qu'un couple s'ébat dans une résidence secondaire, une météorite s'écrase non loin de là, ravageant une partie des États Unis. On suit notre couple de scientifiques qui a la catastrophe aux fesses.
Et là, c'est le drame. A vouloir précipiter les événements, il arrive la mésaventure des coureurs de fond partis comme une fusée, le souffle devient court après quelques centaines de mètres, on fait du sur place.

Mais que c'est long ! Je venais de terminer le Bifrost consacré à Shirley Jackson, et j'ai eu l'impression de lire le même genre, de la domestic fiction. Même si son mari est sympathique, il reste un homme des années 50, très peu pour lui le ménage, la cuisine et la paperasse, c'est le rôle de Madame. Et Madame est épuisée, alors elle oublie de payer la facture d'électricité. Mais son mari est compréhensif, il ne lui jettera pas l'opprobre. Bref, une femme d'intérieure épuisée.



Par contre, elle trouve un peu de reconnaissance dans son boulot de calculatrice, même si il faut parfois se payer quelques mains aux fesses. Mais là aussi, son mari veille au grain et comme il est un de pontes de cette pseudo NASA, gare aux mains baladeuses. Le problème principal d'Elma, c'est le public et le stress, elle aime pas cela Elma, un peu du style agoraphobe (ou autisme de haut niveau ?). Alors elle vomit. Beaucoup, souvent. Pas glop, mais son mari est compréhensif, ou plutôt aveugle sur ce coup là, car malgré des années de vie commune, il ne connaissait pas son point faible.



Donc entre les factures et les vomis, cela n'avance pas, les étoiles sont toujours aussi loin dans le ciel, la catastrophe météoritique passe à l'arrière plan. Le fond est plutôt pas mal dans cette uchronie, l'ambiance, le style, on y parle racisme, égalité des sexes et on se doute que tout cela va changer avec le temps. Mais les étoiles restent toujours aussi haut dans le ciel, et moi je n'arrête pas de me dire : envole toi, Elma, envole moi !





En fait, c'est une uchronie très ancrée dans notre réalité, je pense connaitre comment tout cela va se dérouler, d'autant que j'avais déjà regardé la série For all mankind qui parlait à peu près du même sujet, avec aussi parfois les mêmes écueils, trop ancré sur les personnages, pas assez dans l'espace. Arrivé à la moitié, et au vue des 2 tomes supplémentaires parus en langue original (merci pour l'info Mr Denoël !) et les autres nouvelles dans le même univers, je me dis que le chemin va être décidément très long vers les étoiles et préfère arrêter là mon désintérêt croissant.
Moi, ce que je voulais, c'était être un peu plus près des étoiles...




 

Si comme moi tu n'aimes pas les trucs à rallonge, écoute plutôt la méthode scientifique sur les Mercury 7 qui te donnera en outre plein de références notamment sur le groupe Mercury 13 qui rassemblaient des pilotes femmes, autrement appelé First Lady Astronaut Trainees (FLAT) (doc sur Netflix).
Emission qui te donnera aussi une furieuse envie de t'abonner à Disney + !!!

Mercury Seven : le club des 7

La Méthode scientifique du 01 décembre 2020
https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-emission-du-mardi-01-decembre-2020

Si vous n’avez pas rêvé devant "L'étoffe des héros", le film de Philipp Kaufmann sorti en 1983, adapté du roman de Tom Wolfe, peut-être vous laisserez vous emporter par la série homonyme, diffusée actuellement sur Disney et qui raconte elle aussi ce destin hors du commun de sept hommes, recrutés pour propulser les Etats-Unis en tête de la course à l’espace contre la Russie. Une aventure « bigger than life », dont les américains ont le secret, et qui nous replonge dans les tout débuts de la conquête spatiale, sous le feu des projecteurs, lorsque chaque lancement était une prise de risque inouïe, et où tout reposait sur les épaules de ces hommes qui jouaient leur vie, en direct, devant les caméras.
Mercury Seven : le club des 7. C’est le programme casse-cou qui est le nôtre pour l'heure qui vient. Bienvenue dans La Méthode scientifique.

 

Hier, les oiseaux

juin 11, 2019

Kate Wilhelm, Denoël, 1977, Livre de poche, 2018, 318 p., 8€ epub avec DRM


Si tu en as marre de te faire réveiller à l'aube par le bruit infernal des piafs, ce roman est pour toi.

Présentation de l'éditeur :


La planète est exsangue, ravagée par la pollution, la guerre, la maladie. Les Sumner, de riches propriétaires terriens, pressentent que l’effondrement du monde est proche. Ils décident de construire à Bear Creek, dans leur domaine de Virginie, un centre de recherches scientifiques et d’y organiser la vie en autarcie. Après le cataclysme, les hommes et les femmes se révèlent stériles et disparaissent en quasi-totalité. Créer des bébés par clonage semble pallier la reproduction sexuée. Mais, au fil des générations, les clones sont-ils encore des humains  ? Le retour inflexible de la Nature va-t-il obliger une microsociété à bout de ressources à franchir les frontières pour explorer le monde  ?


Mon ressenti :


Un roman post apocalyptique où l'humanité disparait suite à la pollution de l'environnement, il en sort 10 par mois désormais. Hier, les oiseaux a cependant été écrit en 1977, on peut donc parler de roman novateur pour l'époque.

Le principal défaut de ce roman vient de l'optique prise par l'autrice qui a préféré se focalisé sur l'humain (et ses clones) plutôt que sur la plausibilité scientifique. Les causes ayant amené à la pollution et a la disparition quasi complète de l'humanité sont envoyés en deux lignes. Le worldbuilding est donc assez bancal. En outre, les progrès réalisés depuis autour du clonage datent clairement le livre dans son époque, mais les questions éthiques soulevées restent intéressantes.

Une fois ceci accepté, que reste t il ? L'intérêt à mon sens est que ce post apo revisite le genre en nous proposant une post humanité différente à partir du clonage de l'humain. Elle nous propose une confrontation entre humains et clones, ce qui les différencient ou les lient. Une nouvelle civilisation nait, sur les ruines de la précédente. Qu'est ce qui fait civilisation, c'est la vaste question de ce roman. Lorsque l'individu est interchangeable, lorsque chaque individu est assigné à un rôle, à une fonction, lorsque l'on fonde une société sur l'instant, en oubliant le passé et la projection vers l'avenir, que reste t-il de l'humanité ?
Découpé en trois parties qui abordent l'éthique autour de la science, l'écologie, la sexualité, les normes sociales et l'individu face au groupe, la trame se déroulent sur quelques décennies pour explorer l'évolution de cette société nouvelle.
Centré sur la communauté autarcique, au plus près des individus, ce roman permet un questionnement toujours pertinent sur les questions sociétales et écologiques
Le genre de livres qui donnent peu d'inspirations aux graphistes, si ce n'est pour faire des couvertures hideuses.


Lekarr a apprécié la plume de l'autrice et la délicatesse de sa réflexion sur le devenir de l'homme.
Shaya a trouvé le roman
bien agréable à lire


Prix Hugo 1977
Prix Locus 1977

Récapitulatif

La forêt sombre

décembre 20, 2018

 

Liu Cixin, Actes Sud, 2017, 656 p., 15€ epub avec DRM


Le plus grand obstacle à la survie de l’humanité, c’est l’humanité elle-même.

La mort n'est rien, le mourir est tout.

Présentation de l'éditeur :


L’humanité le sait désormais : dans un peu plus de quatre siècles, la flotte trisolarienne envahira le système solaire. La Terre doit impérativement préparer la parade, mais tout progrès dans les sciences fondamentales est entravé par les intellectrons. Grâce à ces derniers, les Trisolariens peuvent espionner toutes les conversations et tous les ordinateurs, en revanche ils sont incapables de lire dans l’âme humaine. Parallèlement aux programmes de défense classiques visant à lever des armées spatiales nationales, le Conseil de défense planétaire imagine donc un nouveau projet : le programme Colmateur. Quatre individus seront chargés d’élaborer chacun de leur côté des stratégies pour contrer l’invasion ennemie, sans en révéler la nature. Ils auront à leur disposition un budget presque illimité et pourront agir comme bon leur semble, sans avoir besoin de se justifier. Livrés à eux-mêmes, ils devront penser seuls, et brouiller les pistes. Trois des hommes désignés sont des personnalités politiques de premier plan et des scientifiques éminents, mais le quatrième est un parfait anonyme. Astronome et professeur de sociologie sans envergure, le Chinois Luo Ji ignore totalement la raison pour laquelle on lui confie cette mission. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il est désormais l’un des Colmateurs, et que les Trisolariens veulent sa mort.

Mon ressenti :


Vous vous promenez tranquillement, vous traversez la route, et PAF, vous voilà catapulté grand sauveur de l'humanité. Lorsque l'on est taillé pour le costume de super-héros, c'est cool, mais si vous êtes plutôt du genre misanthrope, que l'humanité vous débecte et la voir crever à petit feu vous fait atteindre l'extase, devoir la protéger n'est pas trop dans vos principes. Alors...

Autant vous le dire tout de suite, si vous lisez ce livre pour découvrir comment les trisolariens vont nous mettre la pâté, passez votre chemin, il y a un tome 3 derrière, vous n'aurez le droit qu'à un "petit" amuse gueule. Mais à la place, vous croiserez des colmateurs, des fissureurs, des évasionnistes et même une malédiction. Liu Cixin (et/ou son traducteur) est un petit rigolo, est à la place du fameux "sourire du plombier", nous aurons le droit au "sourire du colmateur". Je vous laisse découvrir de quoi il s'agit...

La forêt sombre va vous faire tourner bourrique, l’intrique y est aussi retorse que dans le tome 1, on ne comprend les tenants et les aboutissants qu'à la fin, fin qui se promène loin, très loin : elle arrive même à la fin du livre. Et pour y arriver, va falloir s'équiper de patience, enfiler de jolies pages dont on se demande ce qu'elles viennent faire là. Le tome 2 a pris 200 pages qui auraient à mon sens du avoir le bon sens de ne pas exister. Il y a aussi cette scène hallucinante de tactique militaire dont même moi, l'objecteur primaire anti-militariste, a su que cela allait posé un sérieux problème. La justification est assez foireuse, mais permet du grand spectacle.
Les personnages sont toujours aussi inexistants, on s’emmêle les pinceaux pour savoir qui est qui.
Le plus dommageable a été pour moi les cassures dans le rythme, entre récit personnel, Grande histoire, thriller, hard SF ou SF militaire que j'ai trouvé mal ficelé.
Donc il y a du Bof, ...

...mais aussi du Wouah. Ce roman m'a mis en joie par son pessimisme assez rare et virulent. Loin du nous sommes des hommes, rien n'est impossible pour nous, qu'ils viennent se frotter à nous ses salopards de trisolariens et ils vont découvrir de quel bois nous nous chauffons. Enfin, s ils arrivent à temps, car on pourrait même faire le sale boulot à leur place, faire place nette pour qu'il se retrouve le bec dans l'eau après leur voyage intersidéral de 4 années lumière. Il y a sombre dans le titre, c'est un élément important. Toujours crépusculaire, le pessimisme vis à vis de l'humanité est notable, malheureusement gâché par un épilogue digne des blockbusters hollywoodiens.
L'auteur embrasse pas mal de thématiques sociétales, les sciences physiques, la géopolitique et la politique. Pourquoi résister, pourquoi combattre ? Qu’est ce qui fait société ? Comment vivre avec une épée au dessus de sa tête ? (cette thématique sera beaucoup plus développé dans La mort immortelle) Et puis il y a surtout cette forêt dont Fermi aurait bien des choses à dire. Beaucoup d'interrogations intelligentes poussant à la réflexion. Reste qu'il manque clairement un souffle romanesque pour rester dans les mémoires.

Le récit reste original par rapport à la production habituelle, lire une histoire se déroulant principalement avec un regard oriental permet une approche culturelle différente bienvenue. Liu Cixin aborde le thème de la rencontre d'une manière inhabituelle, les méchants pas beaux qui veulent nous exterminer restent une énigme, le point de vue est humain.

Au final, une lecture mitigée, assez exigeante, mais dont je suis content d'avoir lu. Résultat des courses, ce tome m'a donné envie de lire le suivant, à la suite et que j'ai dévoré.


Apophis : malgré quelques défauts, j’ai trouvé La forêt sombre globalement passionnant


Chut maman lit : un deuxième tome un peu moins addictif que le premier mais qui fait évoluer son récit de manière très convaincante.

Anudar : ce roman n'est pas sans défauts et pourtant, il y a ici une telle ambition et une si belle capacité à réinterpréter le fonds science-fictif que l'on ne peut qu'applaudir !

Mon avis

Le problème à trois corps

décembre 03, 2018
 

Liu Cixin, Actes Sud, 2016, 432 p., 10€ epub avec DRM


Quand quelqu’un meurt, un autre vient pour prendre sa place,
mais quand la pensée elle-même part en vrille, c’est la fin de la science.


Tic-Tac, Tic-Tac, Tic-Tac, Tic-Tac


Présentation de l'éditeur :




Mon ressenti :


Ye Wenjie est l'un des fruits de la Révolution Culturelle chinoise, mais le fruit gâté. Sa famille de scientifiques est marquée du sceau de l’infamie : anti-révolutionnaire. Et dans cette Chine des années 60, cela vous catégorise plus qu'une chaine ADN. 
De nos jours, Wang Miao lui est un spécialiste en nano-matériaux et pratique la photographie en amateur. Lorsqu'il constate que tous ses développements photographiques comportent tous une suite de nombre sonnant comme un décompte, ces certitudes d'être ancré dans un monde stable vont vite chancelé.

Je ne peux que saluer le talent de Liu Cixin : il arrive à lier une intrigue aux éléments assez éparses : Histoire, Astronomie, Jeu vidéo, Mathématiques, Informatique, Astrophysique, Physique fondamental, étude du soleil, le fameux problème à trois corps, et bien sûr les joies de vivre dans un payx communiste. Un roman complexe, à la structure éclatée, mais qui parvient à maintenir l'équilibre entre suspense, révélation et grand dévoilement. Chaque élément de l'intrigue s'imbriquera parfaitement à l'ensemble une fois la dernière page tournée, du travail d'orfèvre.
Cependant, je regrette une narration en dents de scie; le pendant de cette construction. Les chapitres sont assez inégaux quand à leur contenu, passant du récit historique au thriller jusqu'à de la Hard SF. Chacun y trouvera son compte au final, mais cela hache le plaisir de lecture.

Il y a un peu du vertige du Spin de Wilson dans ce Problème à trois corps, dans cette grande épopée dans le temps et l'espace. Mais Wilson est décidément un plus grand conteur, ses personnages plus ancrés dans dans l'histoire, marquant les lecteurs. Ici tel n'est pas le cas. En outre, j'ai eu un peu de mal au début à différencier les noms des uns et des autres, les personnages étant pour certains très peu caractérisés.

Un roman Hard SF doublé d'une réflexion sur l'autorité, le liberté et la révolte. Quelques très belles images restent une fois l'aventure finit, comme cet ordinateur analogique impressionnant.
Ce premier roman de la trilogie peut se lire de manière indépendante, l'imagination du lecteur faisant le reste et vous pourrez choisir la fin qui vous plait le mieux en fonction de vos opinions.Ou bien continuer l'aventure...

Nombreux sont ceux de la blogosphère à l'avoir lu : Yogo, Lorhkan, Lune, Lhisbei, Lutin, Apophis,
Blackwolf, Xapur, FeydRautha, Maman...


Mon avis


Quelques citations :



Je suis un homme simple et direct, on voit mon cul au fond de ma gorge.

- Que faites-vous ici ? demanda un des collègues de Wenjie.
- Je sauve le monde.
- Vous sauvez… Vous sauvez les habitants de la région ? C’est vrai que l’environnement ici est vraiment…
- Vous êtes donc tous les mêmes ! explosa soudain Evans de colère. Quand on vous parle de sauver le monde, vous ne pensez qu’aux humains ! Et sauver les autres espèces, c’est dérisoire ? Qui a donné aux humains une telle place d’honneur sur la planète ? Non, les humains n’ont pas besoin d’être sauvés. Ils vivent déjà bien mieux qu’ils ne le méritent.

Mike, je vais te raconter comment les dinosaures se sont éteints. Un astéroïde a percuté la Terre, le monde est devenu un océan de flammes, puis a sombré dans une très longue obscurité glaciale… Une nuit, tu t’es réveillé d’un cauchemar, tu m’as raconté que tu avais rêvé que tu vivais à cette époque terrifiante. Je vais te dire maintenant ce que j’aurais voulu te dire à l’époque : tu aurais été chanceux de vivre à la fin du crétacé, car notre époque actuelle est encore plus effrayante, les espèces vivantes terrestres disparaissent bien plus vite que pendant le crétacé tardif. La vraie extinction de masse, elle a lieu maintenant ! Fiston, ce que tu as vu aujourd’hui n’est rien, ce n’est qu’un épisode minime dans une gigantesque tragédie, nous pouvons nous passer d’oiseaux de mer, mais nous ne pouvons pas nous passer du pétrole. Peux-tu seulement imaginer un monde sans pétrole ? Tu vois cette belle Ferrari que je t’ai offerte en cadeau d’anniversaire l’an dernier et que je t’ai promis que tu pourrais conduire après tes quinze ans ? Sans pétrole, ce n’est qu’un vulgaire tas de ferraille, tu ne pourrais jamais la conduire. Si tu veux rendre visite à ton grand-père, il te suffit de prendre mon jet privé et tu traverseras l’océan en une petite dizaine d’heures seulement. Sans pétrole, tu devrais prendre un voilier et tanguer sur les flots pendant un mois… Ce sont les règles du jeu de la civilisation : s’assurer tout d’abord de la survie de l’espèce humaine et lui garantir une vie confortable. Tout le reste est secondaire.

La porte de cristal. Les Livres de la terre fracturée Tome 2

septembre 27, 2018


N. K. Jemisin, J'ai lu, 2018, 448 p., 16€ epub sans DRM


Seule bonne nouvelle avec ce tome 2, pas besoin de dépenser mon argent pour le tome 3 !

Attention, tome 2 oblige,
Lire la 4ème de couverture va vous dévoiler un élément important de l'intrique du tome 1,
Lire mon ressenti dévoile aussi certains éléments, mais pas l'élément important !


Présentation de l'éditeur : 

La Cinquième Saison jette les derniers vestiges de la civilisation dans une froide nuit sans fin. Essun – jadis Damaya, puis Syénite, mais qui n’est plus aujourd’hui que vengeance – a trouvé un abri, mais pas sa fille. Son chemin croise à nouveau celui d’Albâtre, le destructeur du monde revenu d’entre les morts, porteur d’une demande qu’elle seule peut satisfaire et dont il ne peut résulter que le chaos...
Pendant ce temps, le pouvoir de Nassun, sa fille, ne cesse de croître. Elle a suivi son père, Jija, loin au sud, où l’attend un autre fantôme du passé de sa mère.

Mon ressenti :


Nous avions quitté nos protagonistes devant LA révélation, la Cinquième Saison pointe dès lors le bout de son nuage de poussières toxiques. Alors qu'Essun remuait ciel et terre dans le tome 1 pour retrouver sa fille enlevée par son mari meurtrier de leur fils (oui, ça parait compliqué mais ça ne l'est pas : papa tue son fils et se barre avec sa fille. Maman veut retrouver sa fille, et par la même son mari pour avoir avec ce dernier une petite discussion que l'on se doute être assez virulente, voir violente). Donc Essun, après des milliers de kilomètres parcourus la rage au ventre, décide de se reposer dans une petite communauté troglodyte. (Qui pourrait lui en vouloir en cette période sombre, à part sa fille ?) Ici, elle et son espèce, les orogènes, sont bien vus et accueillis les bras ouverts, alors pourquoi allez tenter le diable en affrontant une saison pour retrouver son meurtrier de mari alors qu'il est peut être clamsé depuis des mois et sa fille avec lui. Un peu de repos ne peut pas faire de mal, surtout en compagnie de son vieil ami et amant Albatre. Essun se sédentarise, une conversation amicale au coin du feu avec un mangeur de pierre à ses pieds, c'est tout de même la belle vie.

Ce qu'elle ne sait pas, c'est que son mari et sa fille ne sont pas morts ! Papa ayant une vision assez restrictive de ce que doit être et faire un enfant (il ne faut pas transformer en glaçon ses camarades, il ne faut pas transformer en glaçon ses camarades,...), il décide d'envoyer sa fille dans un centre de réadaptation. Les orogènes, c'est comme les homosexuels (dixit notre gentil et humaniste pape), un bon psychiatre et ça repart ! Mais existe t-il seulement un bon psy ? Ne sont-ils pas tous des pervers cachés comme les religieux ? (mais je m'égare...)

Nous allons donc suivre les aventures de maman chez les troglodytes et de Nassun chez le psy. Présenté comme cela, ce n'est pas très vendeur, donc Jemisin va vous parler un peu plus des Gardiens, des Mangeurs de pierre et des Obélisques. De cette manière, l'aventure n'avance pas, et le lecteur s'impatiente fortement, mais cela permet de faire une trilogie.
L'histoire de Maman chez les troglodytes est tout ce qui est de plus connu des amateurs de post apo : une communauté fermée qui va s'entredéchirer. Et comme seul envie de continuer, pourquoi Albâtre a fait ce qu'il a fait. Bref, c'est assez mince et long pour avoir l'info.
L'histoire de Nassun chez le psy est aussi convenue : papa ne m'aime pas, maman ne m'aime pas, personne ne m'aime : VENGEANCE. Et l'étrange impression que tout cela finira par un tome 3 en forme de : "Essun, je suis ta fille". (à lire avec la voix de Dark Vador en tête)

Bref, ce fût long, très long. La seule qualité que j'y ai vu est sur le style : j'avais trouvé cela assez pompeux sur le tome 1, cela est mieux passé sur le tome 2, soit car je l'ai lu à la suite de l'autre et je commençais péniblement à m'y faire, soit car je me désintéressais de plus en plus de cette histoire. Et la question primordiale qui demeure lorsque le mot Fin apparait : comment ai-je pu lire ce roman jusqu'au bout ? Soit je suis un peu pervers (mais je ne suis ni psy, ni prêtre !), soit Jemisin sait, un peu, légèrement, tenir une intrigue !
Inutile de vous dire que je me suis ennuyé ferme et que je me contrefous de la suite des aventures de nos protagonistes, les cieux se transformeront en pierre sans moi, pas l'envie d'être pétrifié par cette longue et ennuyeuse histoire.

Pour une trilogie qui a reçu trois Hugo, le nombre de lecteurs sur Babelio est assez étonnant : 140 pour le tome 1, 30 pour sa suite ! Apophis sera-t'il le seul lecteur babeliote du tome 3 ?

Chez les blogueurs SFFF, Apophis a lu un roman non seulement riche, mais qui, plus encore, est subtil. Blackwolf a passé un très bon moment de lecture bien porté par une plume efficace, soignée et entraînante. La pipelette Zina y a découvert une histoire riche et intense qui ne ménage pas ses héros. Sylvie Sagnes a trouvé ce roman bien fichu, bien mené, bien traduit, ce deuxième tome appelle le troisième, vite, viiiiite ! Anudar a apprécié le véritable talent de conteur de N. K. Jemisin
Une note discordante chez Xapur qui s'est parfois un peu ennuyé dans ce tome qui fleure trop la transition.

Mon avis sur La cinquième saison



Citation : 


Une seule citation, qui m'a fait rire et sortir de ma stupeur léthargique, d'autant qu'elle se situe vers la fin.


Nassun se montre toujours très polie avec Nida et Umber. Ce n’est pas parce qu’ils ont envie de la tuer qu’elle doit oublier les bonnes manières.



La cinquième saison. Les Livres de la terre fracturée Tome 1

septembre 13, 2018
 

N. K. Jemisin, J'ai lu, 2017, 480 p., 16€ epub sans DRM


Les jeunes avaient, ont, Harry Potter, les adultes ont désormais le leur. Moins rigolo, plus cru et plus noir.
Alors, à quand le Fulcrum en Lego ? A quand un BOB Nike Hansaplast ? A quand le jeu de société, si tu perds, tu es brulé au troisième degré ?



Présentation de l'éditeur :


La terre tremble si souvent sur votre monde que la civilisation y est menacée en permanence. Le pire s’est d’ailleurs déjà produit plus d’une fois : de grands cataclysmes ont détruit les plus fières cités et soumis la planète à des hivers terribles, d’interminables nuits auxquelles l’humanité n’a survécu que de justesse. Les gens comme vous, les orogènes, qui possédez le talent de dompter volcans et séismes, devraient être vénérés. Mais c’est tout l’inverse. Vous devez vous cacher, vous faire passer pour une autre. Jusqu’au jour où votre mari découvre la vérité, massacre de ses poings votre fils de trois ans et kidnappe votre fille.
Vous allez les retrouver, et peu importe que le monde soit en train de partir en morceaux.

Mon ressenti :


Il n'est pas bon de naître différent dans certaines communautés, car cela présage souvent le pire à venir, cela entraine le mauvais sort dans le village. Sur cette planète (laquelle ? la terre dans le futur), la couleur de peau ne pose aucun problème, mais avoir un don pour parler à la Terre et en obtenir certains dons est un sacré handicap. On appelle ces gens là les Orogènes. Alors certains parents compatissants, hérétiques ou imbéciles les cachent. Mais la vérité finira toujours par advenir. Surtout lorsque cette planète ressemble à notre Pangée d'il y a quelques années. Un super continent où les forces telluriques modèlent le paysage. Et provoquent, de temps en temps, une cinquième saison, un hiver nucléaire en quelque sorte qui peut durer jusque un siècle, voir plus ! Et les Orogènes, pour leur plus grand malheur, évitent de se faire carboniser en épargnant leur village de la catastrophe. Dès lors, la chasse aux sorcières est lancée. N'allait pas croire que ce destin soit funeste, il est même assez charitable car si vous êtes repéré par une âme empathique comme orogène, l'école de Poudlard le Fulcrum a des méthodes d'enseignements, et de châtiments, assez innovantes dans la cruauté.

Voici une infime partie de l'univers créé par N.K. Jemisin, le reste est à l'avenant. Pour nous faire découvrir sa terre fracturée, nous suivons les pas de trois femmes à différents âges de la vie. Point commun, elles sont toutes orogènes et une cinquième saison, la plus belle, la plus mortelle, approche.
Trois personnages, trois styles d'écritures, trois histoires pour une histoire.
Un style assez particulier pour le récit de Essun, écrit à la deuxième personne du pluriel, une sorte de livre dont vous êtes le héros qui ne facilite pas l'entrée dans le roman. D'autant que vous êtes confrontés directement au monde sans en connaître les codes, qui vous seront donnés au fil de votre périple. Cela ne m'a pas dérangé outre mesure, tout est expliqué en tant et en heure et participe au mystère. Et vous avez un glossaire et un repère chronologique en fin pour vous aider. 

Le plus gros écueil pour moi, c'est une écriture alambiquée, ampoulée, faite de circonvolution. Jamais de lignes droites, on prend des chemins détournés pour raconter le moindre événement. L'impression que l'autrice voulait à tout prix gagner un prix littéraire avec ce roman, et donc j'en fais des tonnes pour épater la galerie. Cela m'a paru pompeux, un peu vain et très long parfois.

Un roman entre fantasy et SF, intelligent dans ses thématiques (discriminations, violences, et écologie,...), foisonnant dans son univers, un roman qui avait tout pour me plaire mais m'a néanmoins moyennement convaincu du fait de ses choix stylistiques. N'en reste pas moins l'envie d'aller voir ce qui se cache derrière cette porte de cristal. (teasing : c'est encore plus long et chiant !)

Des avis unanimes :
A lire absolument, un alliage d'une pureté inégalable entre dépaysement et réflexion. Apophis
Un roman captivant, proposant un univers torturé et une lutte pour exister savoureuse. Aldoblog - Et comme c'est tellement bien, un deuxième billet
Un premier tome intelligent, percutant efficace. Blog O Livre
De l'aventure, de l'émotion et du suspense, un vrai plaisir de lecture Les lectures du Maki 
Une œuvre ambitieuse qui interroge notre capacité à se réinventer. Les pipelettes
Un monde passionnant et de beaux personnages. Quoi de neuf sur ma pile 
J'ai fini le livre en larmes et impatiente de lire la suite. Un papillon dans la lune
Un très bon début de série De livres en livres 
Et bien d'autres encore (seule Nevertwhere ne l'a pas lu, mais il est dans la PAL de son mari, elle le lira après !)

Et une fausse note
La lecture de la cinquième saison a été pénible pour moi. Ours inculte

Prix Hugo du meilleur roman 2016, ses suites ont toutes deux connues la même punition.
Il vient de remporter le prix Planète SF :

La cinquième saison gagne le prix PSF 2018 car c’est un excellent roman. Worldbuilding, construction, personnages, traitement thématique, écriture, rien ne peut être reproché à ce texte, bien au contraire, tout peut y être loué.

Si si, on peut lui reprocher des choses...


Mon avis sur La porte de cristal


Fahrenheit 451

mai 13, 2018


Ray Bradbury, Folio SF, 2016 (parution originale 1953), 240 p., 6€ epub avec DRM


L’abêtissement comme asservissement.

Votre vie de tous les jours vous satisfait, la société dans laquelle vous vivait vous comble.
Alors, allez acheter Fahrenheit 451 et brûlez-le !


Présentation de l'éditeur :


451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres, dont la détention est interdite pour le bien collectif. Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement poursuivi par une société qui désavoue son passé.


Mon ressenti :



Des enfants qui s'abrutissent à l'école et se défoulent pour de vrai à Grand Theft Auto.
Des adultes qui parlent d'une seule voix, celle de la Nation, celle de la norme. La lecture se résumant à lire des publicités ou des scripts de telenovelas.
La délation comme seul lien, l'égoïsme pour compagne.
Des pompiers au pas : protéger les citoyens du pire danger qui soit : la réflexion.
Bienvenue chez nous !

Brûle livre brûle.
Brûle connaissance brûle !
Brûle idée déviante brûle !
Brûle esprit critique, brûle !

Une anticipation visionnaire par bien des points, une prescience de l'avenir phénoménale. Car débarrassé de ces oripeaux SF, bien des points abordés par Bradbury sont devenus notre quotidien : Ses murs-écrans et le besoin d'en recouvrir chaque mur ressemblent furieusement à nos écrans plats dont nous devons acheter le dernier modèle plus grand, plus coloré, plus Hi-Fi pour admirer comme il se doit 22 connards en shorts.
Ces enfants qui s'amusent pour évacuer la pression à écraser les piétons, se bastonner, voler est le scénario du célèbre jeu vidéo Grand Theft Auto.
Que dire de ses émissions dont nombre de nos séries et télé réalité n'auraient pas à rougir.
Quand à la promotion du livre, de la Culture, cela fait bien longtemps que l'épitaphe a été gravé sur leurs tombes, le dernier coup de grâce rendu par Macron pour en faire un lieu de loisir publicitaire sans livres...
Beaucoup d'auteurs en aurait fait une anticipation pleine de fureur, de bling bling à la cyberpunk. Ray Bradbury préfère prendre la voie de la poésie. Fini l'âge d'or, le monde change, les désillusions se ramassent à la pelle, le monde nouveau n'est pas celui espéré.



Texte cependant qui a quelques défauts : le revirement de Montag est un peu trop rapidement amené, les personnages manquent de profondeur (quand bien même ils reflètent la société décrite), l'enchainement des événements parfois improbables.
Le style m'a paru assez pompeux, mais cela reste un point subjectif et malgré la brièveté du récit, j'y ai trouvé quelques longueurs. Mais ce défaut fait aussi parti d'un certain éloge de la lenteur prôné par Montag.

Reste une fable critique sur les travers de la société, toujours d'actualité.
Une dystopie utopique car oui, les lendemains peuvent chanter.



Dans les années 90, l'éditeur était plus généreux, deux nouvelles et deux essais complétait le roman. Il faudra se contenter de nos jours d'une préface de Jacques Chambon, éclairante:

Une autre façon de brûler les livres est de les traduire en clarifiant l'obscur et en simplifiant le complexe.
Il y est aussi et surtout question de l'impérialisme des médias, du grand décervelage auquel procèdent la publicité, les jeux, les feuilletons, les « informations » télévisés. Car, comme le dit d'ailleurs Bradbury, « il y a plus d'une façon de brûler un livre », l'une d'elles, peut-être la plus radicale, étant de rendre les gens incapables de lire par atrophie de tout intérêt pour la chose littéraire, paresse mentale ou simple désinformation.

Un film en a été tiré, réalisé par François Truffaut en 1966
Prix Hugo 1954

Le danger n’est pas dans les livres, il est dans l’absence de livres.
Espace d'un temps

La force du propos rattrape le style assez suranné et ampoulé du roman.
Xapur

Un pompier un peu pompeux
Blog o Livre

Le film 1966 - A venir Le film 2018 - A venir

Quelques citations :


Jusque-là, ça n'avait jamais été plus compliqué que de moucher une chandelle. La police arrivait d'abord, bâillonnait la victime au ruban adhésif et l'embarquait pieds et poings liés dans ses coccinelles étincelantes, de sorte qu'en arrivant on trouvait une maison vide. On ne faisait de mal à personne, on ne faisait du mal qu'aux choses. Et comme on ne pouvait pas vraiment faire du mal aux choses, comme les choses ne sentent rien, ne poussent ni cris ni gémissements, contrairement à cette femme qui risquait de se mettre à hurler et à se plaindre, rien ne venait tourmenter votre conscience par la suite. Ce n'était que du nettoyage. Du gardiennage, pour l'essentiel. Chaque chose à sa place. Par ici le pétrole ! Qui a une allumette ? 

Elle ne voulait pas savoir le comment des choses, mais le pourquoi. Ce qui peut être gênant. On se demande le pourquoi d'un tas de choses et on finit par se rendre très malheureux, à force. Il vaut bien mieux pour cette pauvre fille qu'elle soit morte.

Mon oncle dit que les architectes ont supprimé les galeries parce qu'elles étaient inesthétiques. Mais d'après lui ce n'était qu'un prétexte ; la véritable raison, cachée en dessous, pourrait bien être qu'on ne voulait pas que les gens restent assis comme ça, à ne rien faire, à se balancer, à discuter ; ce n'était pas la bonne façon de se fréquenter. Les gens parlaient trop. Et ils avaient le temps de penser. Alors fini les galeries. Et les jardins avec. Il n'y a plus beaucoup de jardins où s'asseoir en rond. Et voyez le mobilier. Plus de fauteuils à bascule. Ils sont trop confortables. Il faut obliger les gens à rester debout et à courir.
Monsieur Montag, c'est un lâche que vous avez en face de vous. J'ai vu où on allait, il y a longtemps de ça. Je n'ai rien dit. Je suis un de ces innocents qui auraient pu élever la voix quand personne ne voulait écouter les "coupables", mais je n'ai pas parlé et suis par conséquent devenu moi-même coupable. Et lorsqu’en fin de compte les autodafés de livres ont été institutionnalisés et les pompiers reconvertis, j'ai grogné deux ou trois fois et je me suis tu, car il n'y avait alors plus personne pour grogner ou brailler avec moi. Maintenant il est trop tard.  

C'est le bon côté de la mort ; quand on n'a rien à perdre, on est prêt à courir tous les risques.

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