Miles Vorkosigan



Lois McMaster Bujold, 1992, J'ai lu, 384 p., épuisé (disponible dans l'intégrale 2 de la saga Vorkosigan, 22€)


Des trous de ver, des militaires, des mercenaires, des luttes d'influence et un nain !

Présentation de l'éditeur :


Etre officier à bord du Prince Serg, le vaisseau spatial le plus moderne de l'empire de Barrayar, tel est le rêve de Miles Vorkosigan. Mais auparavant, il doit remplir honorablement sa première mission, à la station météo de l'île Kyril.
Le plus dur, ce n'est pas tant le froid polaire qui règne sur l'île. Non, le problème, ce sont les moqueries des autres officiers. Il faut dire qu'avec sa taille — à peine un mètre trente — , Miles ne passe pas... inaperçu ! Mais le pire, c'est le général Metzov, le chef de la base. Un forcené de l'autorité. A cause de lui, Miles est accusé de mutinerie et renvoyé dans la capitale.
C'est faux, bien sûr, mais pour Miles, mieux vaut se faire discret, du moins pendant quelque temps. Carrière brisée ? Non, car ce nabot surdoué a plus d'un tour dans son sac à dos !

Mon ressenti :


Finir son école militaire en étant le "fils de" et découvrir son affectation sur une planète glacée en tant que météorologue, il y a de quoi être désabusée. Voilà la mésaventure de Miles Vorkosigan. Alors, pour être dans la merde, autant s'y jeter les deux pieds dedans, philosophie qui semble être le crédo de ce jeune diplômé. Une vocation martiale somme toute assez étrange car l'autorité, son respect et filer droit est à l’opposé de son caractère. Et pour couronner le tout, son immersion chez les troufions risque d'être difficile car il mesure 1m40 et marcher droit est un exploit pour lui !

Moi, j'aime les militaires dans des grands feu de joie, alors j'ai été un peu perdu dans les diverses grades, mais la personnalité, multiple, de Miles, pleine de sagacité, de finesse d'esprit et son génie tactique m'ont fait oublier ce détail. La partie sur la planète glacée m'a bien divertit, la suite s'est corsée.
Les luttes d'influences, intrigues politiques et stratégie de bataille spatiale ne sont décidément pas ma came. Et ce tome en comprend une large partie !
En outre, j'ai commencé cette saga par le tome que je pensais le plus approprié à mes goûts, mais il m'a manqué tout le passé des aventures de Miles qui sont indispensables, à mon sens, à la compréhension du personnage. Il retrouve dans ce tome certains des comparses croisés dans les épisodes précédents, des allusions assez nombreuses dans la seconde partie sur ses mésaventures, sur les intriques politiques et sur le monde ont finit de me faire chavirer.

Une saga assez iconoclaste, pleine d'aventures, de péripéties avec de nombreuses touches d'humour et de second degré qui plairont aux amateurs de space opera et de SF militaire. Les dialogues sont souvent savoureux et truculents. Pour ceux qui comme moi ne connaissent pas trop les codes de ces différents genres, cela risque d'être un peu plus compliqué. Cependant, l'auteur ne s'appesantit pas trop sur les détails scientifiques de la technologie : il y a des trous de vers, comme vous avez deux jambes, on les utilise sans se demander pourquoi.




Pour un autre son de cloche, Albedo a eu l’impression de voir l’histoire se dérouler sous ses yeux.


Quelques citations :


Les vieilles craintes génétiques étaient si subtilement enracinées, si contagieuses encore maintenant, qu’on pouvait être battu à mort par des gens qui, sans même savoir pourquoi ils vous haïssaient, se laissaient emporter par l’excitation d’une réaction de groupe. Miles était tout à fait conscient d’avoir toujours été protégé par le rang de son père, mais des horreurs pouvaient arriver à des êtres socialement moins favorisés. Deux ans plus tôt, un incident horrible avait eu lieu dans la Vieille Ville, à Vorbarr Sultana ; un clochard infirme avait été castré par une bande d’ivrognes à coups de tessons de bouteille. On tenait pour un signe de progrès que l’affaire eût fait scandale au lieu d’être simplement classée. Un infanticide récent dans le quartier des Vorkosigan avait soulevé encore plus de remous. Il n’y avait pas à dire, le rang, qu’il fût social ou militaire, avait son utilité. Miles entendait bien gravir autant d’échelons qu’il le pourrait tant qu’il en avait l’occasion.

Miles soupira, s’appuya avec lassitude sur ses coudes.
— Tu sais, les patriotes planétaires comme les Barrayarans – nous, les gens de Barrayar –, nous nous trompons. Le cadre des officiers estime que les mercenaires n’ont pas d’honneur, parce qu’ils sont à vendre. Mais l’honneur est un luxe que seul peut s’offrir un homme libre. Un bon officier impérial comme moi n’est pas lié par l’honneur, il est juste lié. Combien de ces honnêtes gens est-ce que je viens de vouer à la mort par des mensonges ? C’est un drôle de jeu.

Mais la lance imploseuse suceuse d’énergie avait une portée extrêmement courte, en termes de vitesses et de distances spatiales à peine une douzaine de kilomètres. Or les vaisseaux devaient coopérer pour s’aborder, ralentir, se rapprocher et manœuvrer. Etant donné aussi la modeste échelle du volume des couloirs, le combat donnait parfois l’impression de redevenir du corps à corps, sauf que les formations trop serrées attiraient les attaques en « mur de soleils » par masses d’atomes. Le serpent qui se mord la queue. Le bruit courait sous le manteau que l’éperonnage et l’abordage pourraient bien être remis à l’honneur. Jusqu’à ce qu’arrive la dernière surprise sortie des ateliers du diable, en tout cas. Miles évoqua, saisi d’un regret poignant, le bon vieux temps de la génération de son grand-père où les gens pouvaient se tuer proprement à cinquante mille kilomètres de distance.


6 commentaires:

  1. Oh! Mais c'est un avis très très soft! Je ne m'attendais pas à un retour aussi bien tourné. Oui, j'adore et j'avais espéré te faire partager mon trip avec Miles. Tant pis, je suis heureuse que tu aies tenté alors que ce n'est pas ton registre. :-)

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    1. Je suis content d'avoir découvert car elle a pas mal d'atouts et je peux comprendre l'engouement qu'elle provoque.

      Je lis actuellement un autre roman que tu recommandais et après 2/3 je suis conquis. Bzzzz (indice)

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  2. "il y a des trous de vers, comme vous avez deux jambes, on les utilise sans se demander pourquoi."

    Mouahahah.

    Le traitement a l'air soigné, humour, second degré. Je ne connais pas l'auteur, tu as lu autre chose de lui ? Ou tu as tenté ce livre un peu au pif, avec ton flaire de chien ?

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    1. C'était ma première incursion chez l'auteure, découvert via les critiques louangeuses de quelques tomes chez le lutin d'Albedo qui m'avaient mis l'eau à la bouche.
      Si tu aimes le space op et la SF bidasse, tu pourrais y prendre plaisir.
      Une série toujours en cours, malgré les 20 tomes...

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