Rivages

Gauthier Guillemin, Albin Michel Imaginaire, 2019, 256 p., 10€ epub sans DRM





Moi aussi je fréquente les grands auteurs :

C'est un beau roman, c'est une belle histoire
C'est une romance d'aujourd'hui




Présentation de l'éditeur :


On l'appelle le Voyageur. Il a quitté une cité de canalisations et de barbelés, un cauchemar de bruit permanent et de pollution qui n'a de cesse de dévorer la forêt. Sous la canopée, il s'est découvert un pouvoir, celui de se téléporter d'arbre en arbre.
Épuisé, il a fini par atteindre un village peuplé par les descendants de la déesse Dana, une communauté menacée par les Fomoires, anciennement appelés "géants de la mer". Là, il rencontre Sylve, une étrange jeune femme au regard masqué par d'impénétrables lunettes de glacier. Pour rester avec elle, dans ce village interdit aux Humains, le Voyageur devra mériter sa place.

Mon ressenti :


Il était une fois, une ville d'une contrée lointaine luttait contre un oppresseur vert et hostile, le Dômaine. Le Voyageur, un citadin fatigué, usé par la vie, décide d'en finir et prend la route de cette nature tyrannique. A son grand étonnement, la Mort ne vient pas, mais bien au contraire, lui ouvre en grand ses bois. Le Voyageur va découvrir un monde qu'il n'osait imaginer. ou plutôt, un monde imaginé.

On ne va pas faire durer le suspense plus longtemps, ce roman n'est pas du tout ma came : le respect de la nature, vivre en symbiose avec elle, tout cela est bien beau, mais fleure trop le fameux "C'était mieux avant". J'avais l'impression d'être devant un Science vs Nature, le Bien contre le Mal. D'un retour à la terre, je préfère celui d'un Manu Larcenet, plus rigolo et beaucoup plus nuancé quand aux représentations des citadins et/ou des culs-terreux.
Le style est clairement à l'opposé de mes choix littéraires, chaque chapitre s'ouvre en effet par un extrait de grands poètes et nous sommes beaucoup dans l'introspection et contemplation.
L'histoire d'amour qui ne manque malheureusement pas d'arriver tient plus du prince qui vient délivrer la pauvre princesse.

C'est dommage, car l'idée générale était bonne, l'ode à l'imaginaire, aux histoires, contes et mythes amènent un plus incontestable mais j'ai trouvé que l'auteur n'allait pas assez loin dans sa logique.
J'ai aussi bien aimé ce village gaulois ondins avec son côté anarchiste, où chacun se voit attribuer un rôle en fonction de ses compétences, mais doit participer à la vie et aux charges de la vie communautaire.

Seul sur le sable
Les yeux dans l'eau
Mon rêve était trop beau
L'été qui s'achève, tu partiras
À cent mille lieues de moi
Comment t'aimer si tu t'en vas
Dans ton pays loin là-bas ?
 
Les vieilles étiquettes du genre prennent de plus en plus de plomb dans l'aile. Jadis, c'était simple, il y avait la SFFF : science-fiction, fantasy et fantastique. Désormais, tout fout le camp ! Nous voici en face d'une fantasy post apocalyptique doublée d'une utopie. L'avenir est au métissage, et c'est très bien ainsi. Et comme le dit la formule, qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse.
Cependant, on peut mélanger les genres, littéraires, mais pas les codes : Monsieur est du genre taiseux, il veut bien écouter l'histoire des autres, mais ne laisse rien filtrer de son passé, c'est un mâle alpha, la plus belle Ondine, Sylve, un croisement entre Cyclope de X-men et Méduse, ne peut que tomber folle amoureuse, même si elle sait qu'un jour, son homme repartira !
J'avais parfois l'impression que l'auteur ajoutait des événements, personnages, sans trop s'en occuper par la suite.
Au final, un conte philosophique un peu niais, un Damasio écolo-poète !

Rivages était un one shot qui s'est transformé en diptyque, La fin des étiages paraitra chez le même éditeur au printemps 2020, sans moi comme lecteur.


Vous pouvez lire une interview de l'auteur sur le site d'AMI

Critique réalisée dans le cadre d'un service de presse.

23 commentaires:

  1. On ne plaisante pas avec Michel Fugain. Jamais.
    ;-)

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  2. Par contre avec Roch Voisine tu peux y aller... ;-)

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    1. Roch Voisine est injustement oublié. Il a réenchanté la chanson française !

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  3. Ils sont top, tes grands poètes ! Moi aussi ça m'a lourdée, tous ces bouts de grands auteurs... comme pour dire : je peux écrire, je me réclame d'eux.... non mais.

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    1. Ce qui m'avait fait "marrer" en commençant le livre, c'est la première citation (de mémoire) de Perse, alors que je mets en sous titre de mon nom de blog "JE CAUSE et je GUEULE comme un chien " et que la phrase juste avant est "Je n´écris pas comme de Gaulle ou comme Perse"

      Le problème des exergues, c'est qu'il faut aussi que la plume suive, ce qui manque clairement par moment. Après, chacun ses goûts littéraires et cela reste un premier roman.

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  4. Moi je n'ai rien contre l'effet conte et j'aime bien ce genre; donc je prends.

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    1. Si même mes avis négatifs donnent envie de lire le roman, où va le monde !
      J'espère que le voyage vers ce rivage se passera mieux pour toi.

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    2. Ok. Je te dirai après lecture si les rivages sont accueillants.

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    3. Pour un premier roman, je l'ai trouvé plutôt réussi; une belle invitation au voyage, à l'introspection, une atmosphère onirique genre Michael Roch que j'adore.. On a le droit d'être contemplatif ,désolée. Mais bravo pour ton blog que je connais depuis peu.

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    4. Mais cela ne me dérange pas que tu as apprécié le voyage. A chacun son livre.
      Merci d'être repassé pour me dire ton ressenti.

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  5. C'est officiel, j'ai Roch Voisine dans la tête pour la soirée. Merci, hein…

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    1. Une soirée en compagnie de Roch Voisine n'a aucun prix.
      Et avec un peu de chance, tu liras ma réponse demain et tu profiteras de Roch encore une journée. 🤣

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  6. Après une critique aussi enflammée, je ne peux que citer à mon tour un grand poète : "Qu´est-ce qu´on a fait des tuyaux, des lances et d´la grande échelle ?".

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    1. Je remarque que nous avons les mêmes références musicales, les grands esprits se rencontrent.

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  7. Je te rejoins : bien trop contemplatif pour moi !

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  8. Tu ne donnes pas envie de lire le roman, mais bravo pour cette chronique musicale et purée j'ai "c'est un beau romaaaaan" dans la tête :D

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    1. Beaucoup m'en veulent pour cette chronique musicale. Mais comme la musique adoucit les moeurs...

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  9. C'est merveilleux quand même, même quand tu n'aimes pas un roman tu donnes envie de s'y intéresser pour comprendre comment tu en es arrivé à une telle chronique ! Heureusement que je manque de temps xD.

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